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Accueil du site > Tribune Libre > Insécurité au Sahel : du tabou à la paresse

Insécurité au Sahel : du tabou à la paresse

Le 3 mars 2018, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Gsim), une coalition proche d’Alqaida revendiquait le raid sanglant de la veille, à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso.

Le 21 février, la tribune d’un « collectif de chercheurs », récemment publiée sur la page de Monde-Afrique, suggère, à la France, de « rompre avec la rhétorique martiale au Sahel  ». Les auteurs plaident la négociation avec les groupes jihadistes, un moratoire sur les frappes contre ceux-ci et une meilleure attention à la « réalité » de l’équilibre des forces, pour parvenir à l’invention de modes de règlement, par les sociétés en butte à l’extension de l’islamisme belligène. Le texte, sacrifiant en cela à la complaisance du tiers-mondisme décati, suppose que la France empêcherait, les Etats du champ, d’expérimenter de telles ouvertures.

Au demeurant, l’ensemble de l’exposé s’avèrerait recevable, n’étaient l’abus de naïveté et le flagrant délit de bonne foi, deux griefs dont s’accommode si mal la crédibilité intellectuelle des signataires.

Défaut de diagnostic

L’expansion du péril jihadiste ne provient pas seulement d’un échec imputable à une faillite de politiques publiques ou conséquence d’un accident de régulation, particulier à l’espace musulman ; que faudrait-il penser de la somme des injustices dans le reste monde où ne prévaut, pourtant, la tentation du meurtre suicidaire et de la terreur de masse au motif de la foi. Il s’agit, d’évidence, d’une dynamique de dissémination-contagion à l’œuvre au delà du Continent, sur l’intégralité de la mappemonde ; le déferlement jusqu’ici sous-estimé, met en scène un projet de domination universel, sous la conduite de volontaires souvent instruits et d’un degré de conviction, bien dissociable d’un arbitraire qu’ils subiraient au point de s’exonérer de leur libre-arbitre. Qui offre sa vie ne triche.

Aussi, convient-il de tordre le coup à la générosité galvaudée selon quoi l’extrémiste religieux sur-réagirait à la méchanceté des hommes. En vertu de ce préjugé à mi-chemin entre le marxisme du dimanche et la clairvoyance de bistrot, l’apprenti jihadiste trouverait, a contrario, dans un supplément d’équité et de redistribution, l’excuse de déposer les armes. Certes, la corruption des élites africaines, l’explosion de la démographie, la déforestation et le resserrement de la gouvernance autour de coteries acclimatées à la pratique impunie de la prébende, constituent le terreau d’une certaine porosité aux prédicateurs de la catastrophe. Partout et de toute époque, quand la nature se rend hostile, l’esprit embrumé se projette dans l’absolu de la récompense post-mortem.

Au Sahel – pourquoi ne pas commencer par une image aussi concrète – le sol, appauvri, ne nourrit plus les habitants. Ceux-ci, en surnombre, s’exilent s’ils le peuvent ou succombent au mirage d’une mise éperdue sur une éternité dont les vendeurs rivalisent de réclame ; finalement, eux, les démunis, que perdraient-ils d'investir dans l’absolu ?

Il n’est pas fortuit que les principaux foyers de l’extrémisme religieux recoupent des zones de désertification et de surnatalité. Aux paysans désemparés du Liptako Gourma, sur les confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso, les jihadistes apportent la promesse du paradis et, les gouvernements respectifs, un peu de réconfort matériel. Guidés par l’instinct de d’adapter aux avatars d’une adversité sans cesse en mutation, les populations locales jouent la duplicité comme joker de la survie ; à l’instar d’autres pays d’Afrique où la Salafia emménage sous les dehors d’une observance quiétiste du rite, les autochtones accueillent les deux propositions de l’alternative, en dépit de leur incompatibilité ; mieux, ils les conjuguent au présent de l’anxiété, qui est le temps du doute.

Cette ambivalence expose, au scepticisme, le postulat d’une ruralité victime du centre de pouvoir, du moins dédaignée par lui ; à croire l’approche dite du « développement », le jihadisme, ainsi excusé et justifié, s’assurerait ancrage mental, base de repli et de recrutement, voire profondeur de champ stratégique, du simple fait de son aptitude à capter et canaliser les frustrations de la majorité opprimée. De ce désaccord avec les signataires de la tribune, procède un grief encore plus empirique.

Le passé, un livre édifiant

Déjà, aux 18ème et 19 ème siècles, les régions de l’actuelle belligérance asymétrique, trahissaient une vulnérabilité similaire. Ousman Dan Fodio, théologien peulh, théorisait, déclenchait puis inspirait le jihad offensif, au-delà des frontières de l’actuel Nigeria, en direction du Tchad et de la Centrafrique. Sur ses brisées, Sékou Amadou, du Massina, El Hadj Oumar Tall au Fouta, Samory Touré dans le Wassoulou, et Modibo Adama fondateur de l’empire Adamaoua, prolongeaient la conversion sous la contrainte, pour l’avènement du sur-musulman puritain. Wahhabites avant la fortune des hydrocarbures, ils prescrivaient de s’en tenir à la lettre du Coran et de la Sunna et réprouvaient, par l’épée, l’innovation ou Bid’a.

Aujourd’hui, les héritiers de ces moines-soldats veillent entre les dunes du Sahara, prêts à fondre sur le Continent afin de le conformer et soumettre à la volonté de Dieu. Dans l’historicité de ces atavismes de coercition confessionnelle, la géographie et l’ethnicité défient le paradigme du déficit d’Etat de droit ; des millions de subsahariens se sont occis, au prétexte de la pureté et du salut ; la vague, percluse de ses excès, s’épuisa, un jour, pour renaître, à présent, sous nos yeux effarés. Fossoyeurs de leur singularité comme culture et récit anthropologique, acteurs d’un mimétisme qui les condamne à singer en vain le mode de vie de l’Arabie au 7ème siècle, des foules de musulmans souffrent d’une souche achevée de schizophrénie et nul ne l’ose dire.

Autant la majorité condamne la brutalité jihadiste, autant elle en accepte le postulat moral et se le transmet, ingénument. Jamais l’Organisation de la coopération islamique (Oci), non plus ses représentations et démembrements en Afrique, n’invitèrent les foules, à manifester contre Daesh, dès la fin d’un office du vendredi. D’ailleurs, il suffit d’aller entendre la bonne parole, d’une mosquée, à la suivante, à l’affût d’une nuance dans le sermon hebdomadaire. Sur 90% des cas, vous risquez de devoir écouter l’identique litanie de la culpabilité, l’obsession du péché sexuel, le châtiment dans les deux vies et les descriptions de l’enfer, toute grandiloquence enrobée de malédictions et de haine envers le mécréant croisé, le juif, l’athée, la fille en jeans moulant, les francs-maçons et des délires de même facture ; la stigmatisation de la femme, cette tentatrice perpétuelle, ressortit, ici, du refrain.

Des milliers d’enfants, élèves des écoles et instituts coraniques grandissent dans ce lien réfractaire à la modernité et terminent leur cursus par l’acquisition d’un diplôme d’inadaptation structurelle à l’hyper-compétitivité du monde, pour reprendre la phrase de Norbert Trenkle ; dans sa démonstration « Pourquoi l'islamisme ne peut pas être expliqué à partir de la religion  », l’essayiste allemand insinue que l’exigence, la rigueur et la rationalité du système de production occidental poussent les identités périphériques et concurrentes, à s’aligner ou emprunter le détour de la violence brute, pour combler un retard quasi-irrattrapable, au regard des critères élémentaires du capitalisme.

Ainsi, le jihad agressif offrirait, aux ratés et frustrés du globe, la rédemption de leur médiocrité dans la tension messianique au martyre. Sous peine de paraître insistant, nous supposeront, tout de même, les peuples du Sahel protagonistes de leur destin et, à ce titre, un brin majeurs. Aucune autorité ne les oblige à consommer le wahhabisme, un article qui répugne, désormais, à l’Arabie Saoudite, son laboratoire certifié.

Les munichois de l’Afrique

Une société en train de sécréter les germes de l’autodestruction, ne saurait tirer, d’au dehors, la thérapie de sa rémission. A ciel ouvert, le Sahel musulman produit, en excédent, la sève de l’intolérance et de l’uniformisation qu’aucun jihadiste ne renierait. Au fil des réunions d’experts auxquelles il nous fut permis d’assister, la discussion du substrat religieux embarrasse et suscite le silence sinon des circonlocutions d’évitement, autant dire la fuite en avant dans le déni ; l’expression « extrémisme violent » découle de ce camouflage, chaque jour tissé par-dessus la matrice du conflit, le noyau de sa germination.

Les sociologues, économistes et autres techniciens de la « résilience » éludent délibérément, la saturation des espaces de sociabilité par l’injonction d’outre-tombe ; beaucoup se refusent à admettre que l’enseignement méthodique de la culpabilité et de l’inquiétude plongent le croyant dans la panique du jugement dernier et le rendent malléable aux techniques prosélytes de persuasion.

Compte tenu de la sophistication du conditionnement au culte de la mort volontaire qui libère, la fréquence modeste des attentats-kamikazes tient de l’exploit ou de la chance. Or, au lieu d’œuvrer à l’éclosion d’une riposte idéologique qui concilie joie terrestre, faculté de croire et amour du prochain, l’interrogation du corpus sunnite et la réforme de son exégèse piétinent ; sans cesse différé derrière l’embrouillamini des projets de développement et des urgences de défense nationale, le rapport apaisé du musulman à sa religion s’érode, s’amenuise au profit d’un nihilisme qu’il serait fort hasardeux de réputer minoritaire. La laïcité des Etats subsahariens se rétrécit à un article de la Constitution. Les pouvoirs, sous pression du chantage à la tranquillité de court terme, cèdent au bricolage de compromis mensuels, dans l’illusion de récolter la paix, enfin.

Lorsque les rédacteurs de la fameuse tribune étayent la distinction entre les mouvements armés et leur branche pacifique parmi les « sympathisants » de d’Iyad Ag-Ghali, explicitement désignés « sans fonction militaire », la perplexité du lecteur le dispute à la stupéfaction. Après tout, Joseph Goebbels, non plus, ne se tenait à l’entrée des chambres à gaz.

Aussi, sarcasme mis à part, aimerions-nous savoir si l’éventualité du moratoire des frappes françaises contre les sanctuaires terroristes au Sahara-Sahel s’accompagnerait d’une aimable trêve à l’exécution des tueries de civils, ressortissants du Dar el harb. Non, les jihadistes ne veulent pas négocier, ils entendent asseoir un ordre de frayeur et d’angoisse qui occulte la femme, congédie l’art, élimine l’apostat et réduit l’économie à l’exercice du commerce. Il suffit de relire « La Gestion de la barbarie  », manifeste en comparaison duquel Mein Kampf pâlit, un tantinet.

 

La complication

L’Islam dit « traditionnel », notamment en sa version tempérée que le soufisme incarne, se livrait, depuis la colonisation, à une médiation de proximité, pour amortir le choc entre la capitale et les multitudes excentrées. A cette posture, l’Afrique de l’Ouest doit, sachons le valoriser, des décennies de stabilité, du moins sur le terrain des croyances. Qu’est-ce qui change ? Discrédité en sa compromission avec des régimes d’une appétence discutable à la vertu et encore moins enclins à la transparence, le leadership spirituel n’a cessé de perdre de son aura ; sur ses décombres, les pétrodollars du Golfe consolidaient, pendant 40 années de labour, l’effritement d’une piété de l’Afrique noire, au profit d’une importation sectaire et simplificatrice ; de là, le jihadisme prospère, maintenant.

En août 2017, à la faveur d’une étude d’une admirable sagacité, Moussa Tchangari décortiquait la perte d’influence, par les notables du magistère religieux, auprès d’ouailles en désarroi terminal ; témoins des collusions clientélistes de la mosquée et des régimes de fraude et de prédation, les pratiquants tournent également le dos aux marabouts et féticheurs ; ils escomptent, dans la littéralité du retour aux sources originelles de l’Islam, le prêt-à-penser qui rassure, encadre et exonère, même s’il n’améliore le quotidien. Des rescapés de l’endoctrinement relatent la fixation sur la mort, la dévaluation de la vie et l’impatience à la quitter pour rejoindre le cercle des élus. Qui aurait la curiosité et la patience de suivre les débats des groupes de discussion confessionnels sur Facebook, mesurerait, assez vite, le stade élevé de radicalisation et de raccourci conspirationniste chez les jeunes musulmans de l’aire saharo-sahélienne.

Certes, l’effet de mode y contribue mais il se dégage, d’une observation assidue des polémiques, la permanence d’un discours de la rumination et de l’acrimonie, qu’irriguent divers affluents, tels le racisme anti-blanc, un zeste de panafricanisme hystérique, l’imagerie de faux miracles par détournement de photo de vidéo et, bien entendu, la détestation viscérale de l’Occident, promoteur du vice, ennemi d’Allah, pilleur de nos richesses, à jamais justiciable des crimes de la colonisation et, pourtant, objet secret de nos fantasmes de jouissance et de liberté.

Dès janvier 2016, le documentaire Salafistes de François Margolin et Lemine Ould M. Salem démontrait le niveau inédit de connivence entre les praticiens de la guerre sainte et les jurisconsultes et « érudits » qui leur dispensent la fatwa, par téléphone, à mille lieux de la bataille ; le film dévoile le dialogue des mujahidin, avec leurs émules et cependant directeurs de conscience, basés en Mauritanie et parfaitement identifiables.

Peine perdue

Ni la France ni une quelconque puissance extra-africaine n’a vocation à envoyer ses fils mourir pour protéger les africains. A moins de cultiver le goût immodéré du masochisme, les vieilles démocraties ne reçoivent, en retour, qu’ingratitude et suspicion illégitime. Quand le militaire blanc vole à notre secours, nous hurlons volontiers à l’ingérence et suspectons la mise à sac de nos ressources ou quelque ruse oblique de l’impérialisme. Si le sauveur s’abstient et nous abandonne à l’incertitude du théâtre des opérations, nous nous empressons d’entonner la trompette du reproche invariable, « que fait l’Occident ? » Oui, sans nier la prévoyance et l’extrême utilité d’une association de l’Algérie à l’initiative du G5 Sahel, les alliés d’Europe et d’Amérique s’enliseraient, en revanche, à vouloir défendre, contre eux-mêmes, des dirigeants et des peuples qui entretiennent, à la maison, la fabrique du fanatisme ; l’incurie et la rapine des premiers, pousse les seconds à se réfugier, par affliction, dans la copie du pire modèle d’arabité, celui qui lie la délivrance au trépas.

En février 2018, Ahmedou Ould Abdallah conférait, à la lucidité de l’observation, valeur d’avertissement ; dans une séquence de franchise inaccoutumée en public sous la plume d’un ex- décideur des Nations unies, il éveille le Monde libre aux pièges de la manipulation par des kleptocraties perfidement rétives à ses valeurs.

Alors, n’ayons réserve ni pudeur à le reconnaitre, tant que l’Afrique ne dénichera, des profondeurs de sa mémoire, de quoi opposer une réplique d’immunité au néo-nazisme du Salaf, l’aide extérieure ne lui servirait qu’à s’aliéner, dans la dépendance d’une tutelle protectrice. Que nous recevions de nos amis, le concours logistique, la formation, l’entrainement et la technologie du renseignement, l’épreuve en cours demeure notre impasse. Nous ferions preuve de cynisme, de la leur prétendre imposer.

A trop contourner le questionnement sur les limites du sacré et son articulation à l’intérêt général, le Continent couve des générations spontanées de missionnaires du jihad ; en prolifération continue, elles s’apprêtent à assurer la succession d’Alqaida et de Daesh pour repartir à l’assaut de nos différences, faire subir, à nos enfants, les affres de la Grande Discorde, cette guerre civile dans l’Islam, dont l’historien tunisien Hichem Djait dénudait, en 1989, la férocité et la trivialité. Surtout, ne le répétez à voix haute, vous froisseriez, sinon, la susceptibilité chatouilleuse des musulmans. Chut, ne stigmatisons personne, cantonnons le défi à un problème de partage, fermons les yeux, Incha Allah, ça va passer….

 

Publié avec l'autorisation de l'auteur : Abdel Nasser Ethmane est fonctionnaire international, diplômé de sciences politiques, droit de l’Homme et polémologie, analyste des enjeux globaux de sécurité en Afrique de l’Ouest et du Nord.

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8 réactions à cet article    


  • Christian Labrune Christian Labrune 9 mars 12:59

    Ainsi, le jihad agressif offrirait, aux ratés et frustrés du globe, la rédemption de leur médiocrité dans la tension messianique au martyre. Sous peine de paraître insistant, nous supposeront, tout de même, les peuples du Sahel protagonistes de leur destin et, à ce titre, un brin majeurs. Aucune autorité ne les oblige à consommer le wahhabisme, un article qui répugne, désormais, à l’Arabie Saoudite, son laboratoire certifié.
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    Cet article d’Abdel Nasser Ethmane me paraît excellent, et bien des auteurs du Maghreb publiant sur AgoraVox, qui viennent nous chanter l’éternelle petite chanson expliquant le jihadisme et ses exactions comme une conséquence lointaine de la colonisation feraient bien d’en faire leurs choux gras - tout comme ceux qui leur servent la soupe en les commentant -,parce que tout en condamnant vertueusement un colonialisme que personne ne songerait plus à défendre, il font perdurer, en fait, l’idéologie même du colonialisme : les anciens colonisés ne disposeraient même pas de ce qui spécifie l’Homme avec un grand H, c’est-à-dire la liberté. Ils ne seraient que des pantins à qui on donnerait des armes pour s’entretuer et qui n’auraient pas d’autre possibilité que de massacrer en masse, en toute irresponsabilité, et de la manière la plus atroce.

    Cette conception déterministe extraordinairement simpliste est désormais ridicule. Le monde est en train de changer, et il est consternant de lire encore sur ce site, presque tous les jours, que le wahhabisme, c’est l’Arabie saoudite. L’explication a été vraie mais, elle ne l’est évidemment plus et le sera de moins en moins si le processus en cours se confirme. Les mouvements jihadistes en Afrique pourront de moins en moins s’autoriser d’un islam sunnite qui a désormais d’autres chats à fouetter du fait de la pression exercée au Moyen-Orient par l’expansionnisme chiite iranien dont beaucoup sur ce site, adhérant à la vision naïve des états européens signataires des accords de VIenne, n’ont pas encore compris le danger.

    l’Afrique est appelée à devenir dans le courant de ce siècle une formidable puissance économique. Il serait temps qu’elle prenne en main son destin et se réinvente en cessant de plaquer sur sa réalité des schémas d’explication depuis longtemps périmés. Cet article fait voir la bonne direction. 

     


    • Ruut Ruut 9 mars 13:23

      A qui profite le crime et la destruction.
      Une chose est certaine, elle ne profite pas aux Africains ni aux Burkinabés.
      Ce n’est pas en Détruisant que le pays se construira.
      C’est a chaque Africain de s’investir pour améliorer la situation du Pays.
      Le Burkina Faso est un Joli pays.
      Il dispose d’un potentiel énorme. Mais il souffre de 3 gros problèmes.

      1. C’est une poubelle géante (tout est jeté et pas dans des poubelles) Que ce soit chez les particuliers comme sur la voie publique.
      Pour ce soucis, une politique de récupération des ordures et une grosse campagne se sensibilisation dés l’école sur l’utilisation de poubelle me semble importante.

      2. L’urbanisation est trop limitée. (Routes et raccord en eau potable semblent des priorités, l’électrique pouvant aisément se faire par des panneaux solaires de manière autonome)

      3. Tout est toujours de la faute de l’état.
      Non il faut aussi se bouger et ne pas attendre tout du gouvernement.
      Surtout qu’il doit payer pour réparer ce qui as été détruit ce qui est simplement du gaspillage et ne profite a personne.


      • microf 9 mars 16:10

        @Ruut

        « A qui profite le crime et la destruction.
        Une chose est certaine, elle ne profite pas aux Africains ni aux Burkinabés.
        Ce n’est pas en Détruisant que le pays se construira.
        C’est a chaque Africain de s’investir pour améliorer la situation du Pays.
        Le Burkina Faso est un Joli pays ».

        J´ai beaucoup aimé votre commentaire, vous avez raison, c´est á chaque africain de s´investir püour améliorer la situation de son pays, et il ya qui l´ont fait, le Président Thomas SANKARA du Burkina-Faso : Je ne sais pas quel est votre âge, si vous avez connu l´époque oú se Président vivait encore, il n´est resté au pouvoir que 4 ans 2 mois et 11 jours.

        Pendant ce temps au pouvoir, d´un pays oú l´on mourrait presque de famine, il en a fait un pays auto-suffisant en tout, et économiquement viable.

        Voici ses objectifs lorsqu´il arrive au pouvoir en 1983 qu´il quitte suite á un assassinat le 15 octobre 1987.

        Source wikipédia

        "Il déclare que ses objectifs sont : « Refuser l’état de survie, desserrer les pressions, libérer nos campagnes d’un immobilisme moyenâgeux ou d’une régression, démocratiser notre société, ouvrir les esprits sur un univers de responsabilité collective pour oser inventer l’avenir. Briser et reconstruire l’administration à travers une autre image du fonctionnaire, plonger notre armée dans le peuple par le travail productif et lui rappeler incessamment que, sans formation patriotique, un militaire n’est qu’un criminel en puissance ». Il s’entoure de cadres compétents, défend la transformation de l’administration, la redistribution des richesses, la libération de la femme, la responsabilisation de la jeunesse, la décentralisation, la lutte contre la corruption, etc. Le 4 août 1984, la République de Haute-Volta est renommée Burkina Faso6.

        Comités de défense de la révolution

        Son gouvernement retire aux chefs traditionnels les pouvoirs féodaux qu’ils continuaient d’exercer6. Il crée les CDR (Comités de défense de la révolution), qui sont chargés localement d’exercer le pouvoir au nom du peuple, gérant la sécurité, la formation politique, l’assainissement des quartiers, la production et la consommation de produits locaux ou encore le contrôle budgétaire des ministères. Parfois, ils refusent après débats certains projets nationaux, comme celui de l’« école nouvelle », qu’ils jugent trop radical6. Les CDR auront toutefois tendance à se comporter en milice révolutionnaire faisant régner la terreur, luttant contre les syndicats (jugés dangereux car liés à l’opposition du FPV et du PCRV). Thomas Sankara dénonce toutefois certains excès des CDR, souvent liés à des disputes internes6.

        Concernant la démocratie, il développe une pensée originale : « Le bulletin de vote et un appareil électoral ne signifient pas, par eux-mêmes, qu’il existe une démocratie. Ceux qui organisent des élections de temps à autre, et ne se préoccupent du peuple qu’avant chaque acte électoral, n’ont pas un système réellement démocratique. […] On ne peut concevoir la démocratie sans que le pouvoir, sous toutes ses formes, soit remis entre les mains du peuple ; le pouvoir économique, militaire, politique, le pouvoir social et culturel »6.

        Politique intérieure

        Les dépenses de fonctionnement diminuent pour renforcer l’investissement. Les salaires sont ponctionnés de 5 à 12 % mais les loyers sont déclarés gratuits pendant un an. À Ouagadougou, une friche est réhabilitée en zone industrielle. Le nouveau régime vise à développer une économie ne dépendant plus de l’aide extérieure, que Thomas Sankara décrit ainsi : « Ces aides alimentaires […] qui installent dans nos esprits […] des réflexes de mendiant, d’assisté, nous n’en voulons vraiment plus ! Il faut produire, produire plus parce qu’il est normal que celui qui vous donne à manger vous dicte également ses volontés ». Les importations de fruits et légumes sont interdites afin d’inciter les commerçants à se fournir dans les zones de production situées dans le Sud-Ouest du Burkina Faso ; cela est favorisé par la mise en place de nouveaux circuits de distribution et d’une chaîne nationale de magasin. Les CDR permettent aussi aux salariés d’acheter des produits depuis leur lieu de travail6. En 1986, le Burkina Faso atteint son objectif de deux repas et de dix litres d’eau par jour et par personne. Le rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation pour les Nations unis déclare au sujet de Sankara : « Il a vaincu la faim : il a fait que le Burkina, en quatre ans, est devenu alimentairement autosuffisant ». Les fonctionnaires sont incités à porter l’habit traditionnel (Faso dan fani), ce qui conduit de nombreuses femmes à obtenir un revenu propre en tissant ce vêtement directement chez elles6.

        Soucieux d’environnement, il dénonce des responsabilités humaines dans l’avancée du désert. En avril 1985, le CNR lance ainsi les « trois luttes » : fin des coupes de bois abusives et campagne de sensibilisation concernant l’utilisation du gaz, fin des feux de brousse et fin de la divagation des animaux. Le gouvernement mène des projets de barrages alors que des paysans construisent parfois eux-mêmes des retenues d’eau. Thomas Sankara critique également le manque d’aide de la France, dont les entreprises bénéficient pourtant en majorité des marchés liés aux grands travaux6.

        Symboliquement, une journée du marché au masculin est instaurée pour sensibiliser au partage des taches ménagères. Sankara avance aussi l’idée d’un « salaire vital », prélevé à la source d’une partie du salaire de l’époux pour le reverser à l’épouse5.

        Source wikipédia



      • microf 9 mars 16:19

        @Ruut

        @microf
        Suite. Thomas Sankara

        Politique internationale

        Au niveau international, sa politique rencontre une approbation du mouvement altermondialiste, dans la mesure où il critique les injustices de la mondialisation, le système financier, l’importance du FMI et de la Banque mondiale et la dette des pays du tiers-monde les maintenant dans un cercle vicieux. Le Burkina Faso ne contracte ainsi pas de prêts avec le FMI, l’organisation voulant imposer ses « conditionnalités ». Thomas Sankara considère en effet ce système comme un moyen de « reconquête savamment organisée de l’Afrique, pour que sa croissance et son développement obéissent à des paliers, à des normes qui nous sont totalement étrangers »6. L’aide économique française est réduite de 80 % entre 1983 et 1985. En décembre 1985, le régime malien de Moussa Traoré entre en guerre pour quelques semaines avec le Burkina de Sankara5.

        Thomas Sankara définit son programme comme anti-impérialiste, en particulier dans son « Discours d’orientation politique », écrit en septembre-octobre 1983 par Valère Somé et enregistré dans la salle du Conseil de l’Entente puis diffusé à la radio le 2 octobre 198312. Ainsi, en novembre 1986, Thomas Sankara avait attaqué la France de la cohabitation en présence de François Mitterrand et devant les caméras pour avoir accueilli Pieter Botha, le Premier ministre d’Afrique du Sud, et Jonas Savimbi chef de l’UNITA, l’un et l’autre « couverts de sang des pieds jusqu’à la tête »13. De ce fait, aux yeux de Thomas Sankara, ces gouvernants « en portent aujourd’hui et toujours la responsabilité »14. Au sujet de la dette, anticipant la réaction des pays occidentaux, il insiste à Addis Abeba en 1987 sur la nécessité d’un refus collectif des pays africains de son paiement : « Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serai pas là à la prochaine conférence »5.

        L’assassinat

        Thomas Sankara est devenu gênant, du fait de sa lutte contre le néocolonialisme, menaçant la place de la France en Afrique ainsi que le pouvoir des autres chefs d’État d’Afrique de l’Ouest, au comportement plus docile6. Le 15 octobre 1987, Thomas Sankara est assassiné lors d’un coup d’État organisé par un de ses camarades les plus proches, Blaise Compaoré (plus disposé à soutenir les intérêts de la France, de la Côte d’Ivoire de Félix Houphouët-Boigny et du Mali de Moussa Traoré qui soutiennent ce renversement6). L’implication de la Libye de Mouammar Kadhafi a parfois été alléguée (en dépit du soutien politique et matériel qu’elle apportait à Sankara). Quelques jours plus tard, il est déclaré « décédé de mort naturelle » par un médecin militaire5. (

        Les responsables et les circonstances de sa mort restent assez mystérieux. Le gouvernement français de l’époque — un gouvernement de cohabitation avec Jacques Chirac Premier ministre et François Mitterrand président de la République — ainsi que plusieurs autres gouvernements africains proches de la France15,8 sont ainsi soupçonnés d’avoir soutenu cet assassinat, de même que Kadhafi [réf. nécessaire]16,8.

        Source wikipédia

        @ microf : Vous voyez alors @Ruut que les africains n´attendent pas qu´on vienne les aider, voila l´exemple du Président du Burkina-Faso, qui n´a pas attendu la manne tomber du ciel, il a pris l´initiative á travailler pour son pays et en 4 ans, 2 mois 11 jours, il a rendu son pays économiquement viable, s´il n´avait pas été assassiné, imaginez ce que serait devenu ce pays aujourd´hui.

        Il n´est pas le seul, á chaque fois qu´un patriote africain veut travailler pour son pays, il ya des forces néfastes qui l´écartent soit par le meurtre, soit par un coup d´État.


      • Ruut Ruut 16 mars 14:15

        @microf
        Thomas as montré le Chemin.
        Il fut Trahis par un des siens. Ce qui prouve que le problème est avant tout interne)

        Il est donc très important que Chaque Burkinabé se prenne en main et n’attende rien du Gouvernement qui aidera comme il le peut ceux qui s’aident eux mêmes.
        Vous avez des ministres de qualité et pas stupides mais ils ne peuvent pas tout faire eux mêmes.

        Aide toi et le Ciel t’aidera est vraiment d’actualité partout dans le monde.

        Ce n’est pas de faisant comme tout le monde n’importe quoi que les choses s’amélioreront.
        J’ai été choqué par 4 choses cette année 2018 au Burkina.
        1. Les poubelles inexistantes et la manie de jeter tout par terre (y compris dans les maisons)

        2. Le manque de volonté d’instruire les enfants aussi a la maison, sous prétexte qu’ils seront montrés du doigt par les autres si ils sont trop bon. ( Être nul a l’école semble la norme, ce qui est en tant que père vraiment choquant)

        3. Les toilettes (sauf dans certaines stations services).

        4. La douche au niveau des toilettes dans les maisons. (bilan les pieds sales a chaque fois que tu vas aux toilettes, sauf si tu laisse des tapettes dédiées ).... ça reste un problème de conception facile a résoudre.
        L’eau chaude ne serait pas non plus du luxe, ni difficile a déployer au niveau individuel, surtout que le soleil est la.

        Ce pays as des avantages face a l’Europe.

        1. Des poulets de Qualité et très bons, bien musclés et goûteux.

        2. Une faible urbanisation qui laisse une grande autonomie aux citoyens de faire ce qu’ils veulent a l’abri des lobbys. (Pourquoi ne pas développer des produits basés sur le 12 v de vos panneaux solaires et de vos batteries de voitures.)

        3. Des produits cosmétiques de qualité produits 100 % localement et bien meilleur que nos produits Européens. (Développer un Amazone Burkinabé ou un partenariat avec Amazone, aiderait a l’exportation de vos produits recherchés par les Européens mais inaccessibles et inconnus par ces derniers).

        4. Des expertises dans tous les domaines et une connaissance pratique des choses.
         
        5. Des vêtements somptueux qui rend vos femmes sublimes et vos hommes forts élégants. Et qui sont vraiment agréables a porter.
        évitez de délocaliser en Chine vos habits traditionnels actuellement de qualité.


      • Jonas 10 mars 08:55

        "Sur 90% des cas, vous risquez de devoir écouter l’identique litanie de la culpabilité, l’obsession du péché sexuel, le châtiment dans les deux vies et les descriptions de l’enfer, toute grandiloquence enrobée de malédictions et de haine envers le mécréant croisé, le juif, l’athée, la fille en jeans moulant, les francs-maçons et des délires de même facture ; la stigmatisation de la femme, cette tentatrice perpétuelle, ressortit, ici, du refrain."

        C’est aussi vrai en France. Mohamed Beggas, imam de la grande mosquée de Persan enseigne comment bien frapper sa femme.

        Vous voulez réellement connaître la vérité sur l’Islam ?
        Alors regardez et écoutez les prédicateurs et imams dans les plus grandes mosquées de France endoctriner des centaines de milliers de musulmans au fondamentalisme islamique misogyne, antioccidental, antichrétien et antisémite :
        http://islamineurope.unblog.fr/
        https://vimeo.com/user75660018


        • karibo karibo 10 mars 16:44

          Merci à l’ auteur de cet article excellentissime, de la gelée royale aux oreilles .


          • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 11 mars 19:02
            « Insécurité au Sahel : du tabou à la paresse » Il est temps d’en finir avec les armées nationales de l’idiotie qui comptent en leur sein des milliers de « généraux » qui mettent la Grand-Ours sur leurs épaules mais n’ont aucune connaissance du « concept de la Défense Nationale »... Que de corrompus incompétents !!! 
            Faire appel aux armées étrangères et de surcroît à l’armée française de l’occupation coloniale, je veux juste poser la question : Est-ce l’indépendance nationale est bien celle-là ?

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