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Accueil du site > Tribune Libre > Intelligences (Viabilités psychanalytiques en perspective 2)

Intelligences (Viabilités psychanalytiques en perspective 2)

On ne peut rester purement empirico-rationaliste avec la psychanalyse : l'empirico-rationalisme est un égalitarisme de l'intellect rassurant tout le monde. Il postule qu'en somme tout ne serait qu'affaire de performances intellectuelles, donc de degrés, dans le même ordre de compréhension (à la Ayn Rand, mâtinée d'Albert Camus - la mutité du monde, devant la raison humaine, in Le Mythe de Sisyphe) mais non. Car le rationalisme n'est pas si rationnel. Quant à l'empirisme, déjà Emmanuel Kant le relativisait dans un style pré-cognitivisite (tout ne vient pas que du dehors, mais aussi de la façon dont est faite la pensée).


Source filmique, Will Hunting,
l'histoire d'un surdoué qui n'a pas envie
de faire des mathématiques spéculatives,
y'a pas que ça dans la vie, heureusement.

 

Intérêt du QI

Le QI n'est pas un indicateur inintéressant en général, il faut simplement dire qu'à certains niveaux, la différence n'est plus seulement de degrés au sein du même ordre, mais bien d'autres ordres ... à l'aune intellectualiste du moins, qui reste une aune moyenne fondée en performances intellectuelles communicables. C'est que tout dépend des valeurs perspectives en place, sous l'empirico-rationalisme qui s'ignore ou veut s'ignorer comme intellectualisme égalitariste.

 

Nuances du QI

D'abord, le QE (quotient émotionnel), qui existe déjà parallèlement. On tire même des conséquences pratiques d'un faible QE. Pour ceux qui veulent creuser, des sites existent, tels que celui-ci (en lien).

Mais extrapolons sur un QF (quotient factionnel) car il faut voir l'intelligence incorporée des hommes (purement) pratiques, typique des hommes d'art & métier. Ils n'ont pas besoin de pouvoir s'expliquer théoriquement, ni de gérer des émois alentour. Il se peut que ce soient de grands sensitifs, d'ailleurs.

Un haut QI, ici, peut tout aussi bien empêcher la faction, si l'homme n'a pas été formé dans la pratique (comme c'est notoirement le cas en France, valorisant une culture théoricienne par cartésianisme académique, administrativement : "je pense, donc je pense encore plus sans agir").

Où l'on voit largement poindre à l'horizon un QP (quotient pulsionnel) dans la mesure où ni un QI, ni un QE, ni un QF n'ont jamais empêché personne d'être sujet à ses pulsions : ce QP s'intéresserait à l'autogestion instinctive d'une personne, à sa faculté de se canaliser et s'endiguer. Bien que le QI permette certaines rationalisations utiles dans la démarche pulsionnelle (rationaliser), tout comme un QE en termes de compréhensions (comprendre), ainsi qu'un QF en termes d'expurgations (extérioriser) il n'en reste pas moins que le QP a une autonomie - sous l'angle empirico-rationaliste.

En effet, un QI peut être gâché ou performé par les émotions, les factions et les pulsions. Un QE peut être gâché ou performé par les intellections, les factions et les pulsions. Un QF peut être gâché ou performé par les intellections, les émotions et les pulsions. Un QP peut être gâché ou performé par les intellections, les émotions et les factions. Chacun est brusqué ou exalté par les milieux plus ou moins intellectuels, émotionnels, factionnels et pulsionnels qu'il expérience en situation (d'où qu'on peut "rater" un test de QI, alors qu'on a tout pour y régner, selon les circonstances émotionnelles, factionnelles et pulsionnelles).

 

Le QI, un platonisme

Autant dire qu'on est ententivement limité par la seule prise en compte du QI, quoiqu'il en ait ou croie en avoir. Reste qu'en dehors des quotients, il existe déjà plein de mesures diverses et variées (on s'en donne bien des moyens ès profilages, tels que le MBTI) le QI étant celui ayant le plus de célébrité voire de succès (il est plus facile de mesurer des éléments logiques théoriques). Et pour cause : nous vivons toujours dans une culture fortement influencée par le platonisme qui, dans son éidétisme métaphysique voire superstitieux, inaugure néanmoins une pensée conceptrice bien connue des ingénieurs technoscientifiques et des logiciels de simulation - Kurt Gödel, Nick Bostrom et Allan Kurtzweil en chefs.

La moyenne, c'est l'humanité grosso modo qui - en tant que majoritaire - a pour elle de définir le normal de l'anormal, de définir la norme et ce qui en diffère. C'est le cas de toute majorité, et il n'y a pas de quoi en faire un drame minoritaire, néanmoins pour l'anormal/différant de la norme - en l'occurrence par les intelligences - il se trouve que l'empirico-rationalisme correspond à cette tendance intellectuelle à tout ramener à une expérience (empirisme) raisonnée (rationalisme) de sorte à ce qu'elle soit égalitaristement entendable par la majorité, en termes de QI seul (à partir de quoi on décrète des faibles : "crétins", des forts : "experts", et des originaux : "fous" ... en toute moyenne).

 

Heurs et malheurs de l'intellectualisme égalitariste

Ainsi la majorité rend l'intelligence moyenne, ou suffisamment moyenne, pour qu'elle semble accessible à tous (valeur d'égalité dans le domaine intellectuel) et ce n'est qu'à partir de là qu'est décrété intelligible ou sibyllin, tel ou tel propos (sachant que le sens du langage est nécessairement de moyenne pour sa plus large part, pas le choix puisqu'il s'agit de pouvoir coopérer en nombre). Mais c'est quand on a rendu un propos satisfaisant pour le plus grand nombre (empirico-rationaliste) qu'on a tendance à le décréter objectif, rationnel, raisonnable, logique, concret, efficace, normal, voire scientifique parfois.

Attention ! il n'y a pas à dédaigner la démarche, mais elle empêche d'intégrer d'autres ordres de réalités, peut-être plus artistiques parfois, mystiques d'autres, émotionnels souvent, et en l'occurrence métapsychologiques : la psychanalyse, qui n'est pas empirico-rationaliste, mais vital-existentialiste. Vital-existentialisme qui relève aussi des sciences humaines en général, de la littérature et critique idoine, et de quelques philosophies, à côté des philosophies empirico-rationalistes.

Emblématiquement : Henri Bergson, l'Evolution créatrice, Gilbet Durand, les Structures anthropologiques de l'imaginaire, Cornelius Castoriadis, l'Imaginaire comme tel, ou Michel Maffesoli, la Force de l'imaginaire.

Voir aussi : Viabilités psychanalytiques en perspective (1).

 

 

Cet article est terminé. Mais, si vous voulez diversifier, deux annexes :

 

 

Annexe 1 - Objection d'une personne se croyant "non-intelligente" : rejetée !

Si seulement je lis, je lis peu d'ouvrages qui ne racontent pas d'histoires. Ça m'endort. Je pourrais relire quinze fois la même phrase parfois. Si je ne peux pas imaginer j'ai trop de mal.

Je comprends parfaitement. C'est de toute psychologie de l'apprentissage : plus l'implication/le dynamisme sont grands, plus l'apprentissage est favorisé pour la moyenne des gens. Nous vivons dans une culture très théoricienne sous cet angle.

La France en particulier, est très cartésienne dans la démarche (René Descartes) : il faudrait toujours sortir des Discours de la méthode à l'administration, et notamment scolaire, mais comme on vient tous de ça, ça se perpétue même dans la déontologie générale, dans les mœurs & sentiences ! Ce principe qu'il faudrait toujours absolument tout contrôler dans son déroulement. Et pourtant, Descartes avait écrit des essais ! ...

Ailleurs qu'en France, la forme plus libre de l'essai est plus fréquente. Le pire, c'est qu'en France on a "cartésianisé" Friedrich Georg Hegel aussi : thèse, antithèse, synthèse. La méthode est absolutiste dans les mentalités. Disons qu'elle a le mérite de clarifier, mais au prix de combien de sueurs et de découragements dans l'apprentissage ! car elle formate aussi. Tout le monde ne peut simplement pas, et il n'y a pas de raison qu'il le doive.

C'est assez honteux, cette magistralité. Elle ne convient pas à toutes les intelligences. C'est une intelligence discursive avant tout, qui est surévaluée. Voici un très bon témoignage critique de la situation, à partir du domaine de l'ingénierie. Tout est là :

 

Après, du coup, il y a plein de YouTubers qui vulgarisent. Ils font le même travail didactique dans divers domaines, vraiment, que faisait l’Église catholique à travers les vitraux pour le christianisme : enseigner avec plus d'implication/de dynamisme, grâce aux jeux d'imagerie, de couleur et de lumière. C'est de l'iconographie, et les ingénieurs graphistes en savent quelque chose !

Cette intelligence a la vertu d'expliciter, mais elle n'est pas la seule opérationnelle : c'est bien couru aussi, que pendant qu'on discourt, on n'opère pas ! Théorie/pratique, intellectuel/factuel, raisonnement/agissement, etc. Au contraire, quand il s'agit d'être opératif, par exemple en peinture, il y a une intelligence gestuelle ; ou bien, en cas de danger/autodéfense, une intelligence instinctive ; ou encore, en cas d'intercompréhension, une intelligence mimique ; sans parler de l'intelligence formelle/imaginative, mais surtout de l'intelligence logico-spatiale (très valorisée aussi à l'école et dans la déontologie générale, à travers les maths et le sport notamment), etc.

Cela dit, les discours jouent aussi sur les opérations. Les mœurs & sentiences sont influencées et orientées par les discours. C'est leur intérêt, puisque les opérations en dépendent. Le discours est donc un genre subtil/mental/moral/invisible d'opérations. L'art en est un. N'ignorons jamais les humanités, gages d'esprit critique judicieux. Cela dit, il s'y cache beaucoup de manipulateurs, aussi, alors gare ! mais ce n'est pas un argument contre l'intelligence discursive. Il en faut.

 

Annexe 2 - Et l'Intelligence Artificielle, dans tout ça ?

A 2:08 dans la vidéo :

Les machines qu'on construit ont moins de bon sens qu'un rat aujourd'hui, elles sont super-spécialisées dans des domaines très pointus, mais on n'a pas de méthode pour l'intelligence générale telle que développent les bébés humains ou animaux.
 

 

Après, tout dépend qui utilise et comment, les potentialités de l'Intelligence Artificielle. On parle actuellement de la Chine, et sa surveillance faciale. Il existe déjà des techniques d'assistance à la visée sur les appareils militaires, ce qui permet de réduire "la charge mentale" du pilote. Donc bon, pour le meilleur et pour le pire, comme toujours.

C'est marrant parce qu'au lieu de conscience, le type dans la vidéo parle de bon sens et d'intelligence générale. Ce qu'on nomme conscience, c'est la constitution représentationnelle d'un soi, en plus des reconstitutions intentionnelles (phénoménologiques) des choses. Mais même la représentation construite d'un soi, est phénoménologique. On s'invente d'intelligence des phénomènes. Vastes processus attentionnels en faction (vigilance). D'où que les spirituels spéculent sur la notion "d'éveil".

La machine n'est pas humaine, n'a pas de bon sens intelligent ni son équivalent. Pour le moment elle ne peut rien du tout, mais on est libre de rêver science-fictionnellement : inventer des IA nurses capables de nous re-cultiver (comme dans Matrix) sur une planète viable qu'elles auraient dégottées (sur le mode Titan AE) au moins via utérus artificiel (s'il faut repartir de gamètes ou de cellules souches). C'est-à-dire que des machines pourraient disséminer l'espèce humaine sur des échelles incommensurables de temps, quitte à ce que les différentes missions ne se recroisent plus jamais même dans leurs développement à travers les étoiles (comme dans Stargate mais sans Goauld ni portail).

Mais ça, c'est une histoire qu'on se raconte le soir avant de s'endormir. Il faut respecter la Terre pour le moment, quittes à exporter nos industries polluantes sur la Lune ou Mars, histoire de continuer comme en 40 industrialiste capitaliste libérale.

 

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14 réactions à cet article    


  • JL JL 8 août 07:42

    ’’Un haut QI, ici, peut tout aussi bien empêcher la faction’’

     

     En français ça veut dire quoi ?


    • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 8 août 21:40

      Quand tu te prends trop la tête, tu ne fais rien.


    • pemile pemile 8 août 22:07

      @Marzhin Tavernier « Quand tu te prends trop la tête, tu ne fais rien.’

      J’aime bien votre  »je pense, donc je pense encore plus sans agir«  smiley

      J’ai moins aimé votre  »le type dans la vidéo" smiley


    • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 8 août 22:21

      C’est une compilation de textes épars.


    • Nous supposons que la compréhension des textes de Tavernier sont en quelques sorte des tests d’intelligence. Qu’avez-vous réellement saisi (au sens de l’intelligence pragmatique) de l’article de l’auteur ? Avez-vous déjà tenté de passer un Rorschach à votre ordi ? Que voyez-vous ? : une tache...mais encore ?


      • Abou Antoun Abou Antoun 8 août 20:06

        @Mélusine ou la Robe de Saphir.
        La Fée, c’est pas souvent que je vous plusse. Mais là ...
        Enfin si vous n’avez pas rien compris moi non plus, ça crée du lien comme on dit.


      • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 8 août 21:43

        Si vous vouliez dire que vous n’aviez rien compris, vous ne pouviez pas le dire avec une plus jolie façon, qui comprend l’essentiel.


      • Le Gaïagénaire 8 août 23:45

        @Marzhin Tavernier 8 août 21:43

        « il se trouve que l’empirico-rationalisme correspond à cette tendance intellectuelle à tout ramener à une expérience (empirisme) raisonnée (rationalisme) de sorte à ce qu’elle soit égalitaristement entendable par la majorité, en termes de QI seul (à partir de quoi on décrète des faibles :  »crétins« , des forts :  »experts« , et des originaux :  »fous«  ... en toute moyenne). »

        Un fascisme donc ?


      • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 9 août 18:46

        Avant tout une superstition qui, comme tout, peut tourner au fascisme.


      • Taverne Taverne 8 août 16:27

        C’est jamais bon quand c’est trop Q.I.


        • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 8 août 21:43

          D’une Taverne à un Marzhin Tavernier, ça dépend.


        • Abou Antoun Abou Antoun 8 août 20:19

          le QI mesure de la connerie :

          Un des exercices préférés de ces tests est la continuation des suites numériques.

          Voilà on vous donne disons 3 termes et vous devez dire celui qui vient après :

          Aainsi si on vous donne 1 2 3 et que vous proposez 4 on estime que vous n’êtes pas complètement idiot et que vous pouvez passer au degré suivant

          5 7 9 .... 11 bravo !

          Regardons un peu ce qu’il y a derrière. On veut voir si vous savez trouver une loi de récurrence disons une formule u(n) étant données les valeurs u(1), u(2), u(3).

          Sauf que dans la réalité de telles formules il en existe une infinité pour chaque début de séquence. Il en existe même une infinité de polynomiales où l’expression u(n) est un polynôme en n. C’est ce que les mathématiciens appelle un problème d’interpolation.

          Alors résumons, dans le meilleur des cas on va récompenser celui qui trouve une règle parmi des millions de plus petit degré possible (le plus souvent linéaire d’ailleurs). C’est la prime à la bêtise.

          Et encore on va valoriser un individu qui parce qu’il a trouvé une loi qui marche pour 3 valeurs, va généraliser immédiatement.

          Que diriez vous d’une personne qui a réussi à traverser la rue 3 fois sans se faire écraser qu’on peut le faire à chaque fois ? Moi je dis que c’est un crétin, les auteurs de QI le trouve intelligent. Ce sont eux les cons.

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