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Accueil du site > Tribune Libre > Israël et l’Iran  : scénarios pour l’après-Vienne

Israël et l’Iran  : scénarios pour l’après-Vienne

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Impossible d’évaluer la position d’Israël sur la menace nucléaire iranienne avant la fin des négociations de Vienne, qu’il finisse par déclarer l’échec du septième cycle en cours, qu’il parvienne à un accord partiel ou total sur le retour des États-Unis et de l’Iran à leurs engagements dans le cadre du plan d’action conjoint de 2015 ou même qu’il annonce la poursuite des négociations pour d’autres cycles.

Cette dernière hypothèse n’est pas improbable. Du point de vue israélien, le pire scénario à Vienne est un accord partiel ou un engagement mutuel à geler l’enrichissement d’uranium déjà en cours en Iran, en échange d’un gel partiel des sanctions américaines.

Cela signifie laisser la situation inchangée et différer l’accès de l’Iran à des capacités nucléaires militaires, sans réduire cette ambition et sans contenir la menace. Pire encore, les négociations pourraient ramener les choses au point où l’ancien président Trump s’était retiré en 2018, en ressuscitant simplement l’accord nucléaire.

Cela confère à l’Iran certains avantages stratégiques et le tient à l’écart des questions sensibles telles que son programme de missiles, son expansion sectaire et le financement et la fourniture de drones aux milices.

Les réactions internationales témoignent des percées diplomatiques d’Israël dans la concertation et l’entente avec la partie européenne sur les menaces auxquelles l’État juif est confronté. Il s’est coordonné avec la France.

Il a également obtenu des engagements importants du côté britannique. La ministre britannique des Affaires étrangères Liz Truss a déclaré dans un article commun avec son homologue israélien Yair Lapid, qui s’est récemment rendu à Londres, que la Grande-Bretagne et Israël travailleraient «  jour et nuit  » pour empêcher l’Iran de devenir une puissance nucléaire.

Le temps presse, ce qui renforce la nécessité de travailler en étroite collaboration avec des partenaires et des amis pour contrecarrer les ambitions de Téhéran, ont déclaré les ministres dans un article commun publié dans le Telegraph.

La stratégie actuelle du gouvernement israélien contre la menace nucléaire de l’Iran semble plus intelligente et plus profonde que celle qui consiste à menacer l’option militaire. Elle ne révèle pas la véritable orientation du gouvernement israélien.

En d’autres termes, il y a une ambiguïté délibérée sur la position d’Israël ou sa prochaine action, que les négociations de Vienne aboutissent à un accord, quel que soit leur contenu, ou qu’elles échouent. Il s’agit en soi d’un moyen de pression important contre toutes les parties aux négociations, aussi bien contre l’Iran que contre les alliés occidentaux d’Israël.

Personne ne conteste qu’il y ait eu un accord américano-israélien sur les prochaines étapes. C’est du moins ce qui ressort des documents et déclarations officiels les plus récents. La diplomatie israélienne a également surmonté un différend passager avec la France.

Elle a également réussi à construire une position commune forte avec la Grande-Bretagne, comme nous l’avons déjà mentionné. Néanmoins, Israël a maintenu la pression sur l’atmosphère des négociations de Vienne pour s’assurer qu’une formule conforme à ses aspirations soit trouvée.

Le Premier ministre israélien Naftali Bennett a déclaré qu’Israël n’était pas tenu d’accepter un éventuel retrait de l’accord nucléaire signé avec l’Iran. Cette déclaration représente le point culminant des pressions israéliennes à cet égard.

Agiter la guerre et aller aux extrêmes dans le cadre de la politique de la corde raide n’a probablement qu’une influence limitée sur les décideurs iraniens, qui reconnaissent à leur tour que le calcul d’Israël pour décider de mener une attaque militaire contre les installations nucléaires de l’Iran est très complexe.

Il y a d’abord l’aspect opérationnel, livrer une éventuelle frappe avec précision et efficacité. Et il y a les conséquences de cette frappe et le coût de la réponse iranienne à travers les milices dispersées autour d’Israël au Liban, en Syrie, en Irak et dans les territoires palestiniens.

Cela signifie que la probabilité d’un conflit militaire multilatéral est élevée et que la sécurité du peuple israélien n’est pas garantie. L’Iran, qui parle souvent d’une «  réponse choquante  » à une éventuelle attaque israélienne, ne semble pas renoncer à ses rêves nucléaires.

Il se sent proche de la bombe et ses dirigeants pensent que l’arme nucléaire est un puissant moyen de dissuasion contre ceux qu’ils considèrent comme les «  ennemis  » du régime iranien. Pour eux, cette question fait partie des engagements idéologiques liés à la pensée et aux origines du régime.

Cela signifie que la communauté internationale tourne en rond  ; pour ébranler le «  rêve  » de l’Iran, il faut des solutions extrêmes et une pensée hors norme. En fait, dans les conditions internationales actuelles, l’acquisition urgente d’armes nucléaires pourrait ne pas être une demande iranienne immédiate.

L’analyse des faits et des expériences historiques similaires suggère qu’un seul pied dans le club nucléaire pourrait satisfaire le régime iranien à l’heure actuelle. La réussite du processus nucléaire attendra une décision politique et ne nécessitera pas d’études techniques supplémentaires.

Des centrifugeuses avancées peuvent être mises en service à tout moment afin d’accumuler davantage d’uranium enrichi. Ainsi, l’objectif de dissuasion immédiate de Téhéran a déjà été atteint.

En outre, l’Iran est plus préoccupé par les opérations clandestines contre son programme nucléaire que par les opérations militaires directes, non pas en raison de sa capacité à dissuader une attaque militaire, mais parce qu’il sait qu’il peut ainsi réagir et déclencher un conflit régional.

De telles opérations ont moins de chances d’atteindre leur objectif de destruction du programme nucléaire iranien que les opérations secrètes de cyberespionnage visant à cibler les installations nucléaires iraniennes ou, du moins, à retarder les ambitions nucléaires du pays. C’est ce que montrent les nombreuses opérations clandestines menées en Iran ces dernières années.


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5 réactions à cet article    


  • samy Levrai samy Levrai 8 décembre 2021 12:28

    C’est beau la propagande israelo américaine faite par les soumis volontaires, quelle belle carpette nous avons là.


    • uleskiserge uleskiserge 9 décembre 2021 11:03

      L’Iran a besoin de la bombe si ce pays ne veut pas finir comme l’Irak, la Syrie, la Libye, l’Afghanistan... le Yemen... le Liban...

      Trois ennemis mortels la menacent : USA, Israël et les Monarchies du Golfe.

      Il faut soutenir cette immense civilisation ; la plus importante de toute la région historiquement. 

      Les monarchies du Golfe et Israël n’ont rien offrir au monde ; demain... pas davantage. 

      Les enjeux sont aussi simples que ça.


      • DantonQ DantonQ 9 décembre 2021 17:45

        Israël nous bassine avec les « menaces pour sa sécurité » que ferait peser un Iran doté de la bombe atomique, mais sait-t’on jamais demandé les menaces qui pèsent sur la sécurité iranienne face à un Israël qui menace depuis des décennies de frapper militairement l’Iran ?

        Qui assassine ses scientifiques et commet des actes de sabotage et des attentats sur son territoire ? Sans compter les menaces américaines, avec sa flotte présente dans le golfe persique et ses bases à proximité ? 

        Est-ce que l’Iran n’est pas elle aussi en droit de se sentir menacer par ses ennemis ? 

        Dans ce contexte, quel meilleur assurance-vie pour ce pays que d’obtenir la bombe nucléaire pour tenir en respect ses ennemis et les dissuader définitivement de l’attaquer ? 

        C’est ce qu’à fait la Corée du Nord vis-à-vis des américains avec succès et même les néo cons américains ne s’aviseraient pas de lancer une attaque même conventionnelle contre ce pays... 

        Avec Israël et les Américains, le seul langage qu’ils comprennent c’est celui de la force ! Quand on leur montre qu’on est aussi fort qu’eux et que tout acte téméraire se paierait cash, ils arrêtent d’aboyer rentrent à la niche...


        • Tesseract Tesseract 10 décembre 2021 15:40

          @DantonQ
          J’ai connu autrefois un antiquaire, peintre à ses heures et faussaire. Il avait un grand talent pour copier les petits maîtres du XVIII ème.
          Il signait ses toiles avec un Q majuscule dans lequel il écrivait « Tula ».
          Êtes vous de la famille ?
           smiley


        • Tesseract Tesseract 10 décembre 2021 15:32

          Avec leurs délires génocidaires, tout le monde sait pourquoi les Mollahs veulent la bombe.

          Israël ne le permettra jamais.

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