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Accueil du site > Tribune Libre > Jamais Mahomet n’a prêché la guerre contre l’Occident

Jamais Mahomet n’a prêché la guerre contre l’Occident

Après les attentats du 11 septembre 2001, j’ai proposé à différents médias l’article qui suit, sans succès. Aujourd’hui, les polémiques autour de l’islam, du Coran et du personnage de Mahomet, les deux derniers débats télévisés de "C dans l’air« et de »Ripostes" montrent à l’évidence la nécessité de revenir aux sources de l’histoire. De même que nous, Français de souche, avons dans notre culture l’épopée napoléonienne avec ses pages de gloire et ses zones d’ombre, de même les Français issus de l’immigration ont droit à leur histoire. Puissent les médias comprendre que ce n’est pas en parlant dans le vide qu’on fera avancer les choses.

En islam, l’apologie du martyre est apparue en Arabie dans une situation de guerre. Il importait en effet de donner aux combattants un esprit total de sacrifice jusqu’à la mort. La bataille de Mouta, pourtant perdue par Mahomet face à une armée gréco-byzantine, est un bon exemple. Pour un musulman de cette époque, la défaite n’existe pas ; l’issue des combats est toujours une victoire. Ou bien c’est l’infidèle qui est envoyé en enfer (premier cas), ou bien c’est le martyr musulman qui monte au ciel (deuxième cas). La bataille perdue de Mouta fut une grande victoire musulmane. Les martyrs musulmans y furent très nombreux, et ceux qui ne le furent pas, s’ils revinrent à Médine, ce n’était pas pour fuir, mais pour être martyrs plus tard.1

Cette apologie du martyre était-elle dirigée contre l’Occident ? Certainement pas ! La bataille de Mouta est un conflit entre Mahomet et le roi de Roum, c’est-à-dire un pays d’Asie mineure dont la capitale était Byzance, alias Constantinople, aujourd’hui Istambul. Dans les rangs des adversaires de Mahomet, il y avait une majorité d’ancêtres des Turcs.

En réalité, on ne trouvera nulle part dans la vie de Mahomet la moindre action ou pensée hostile à l’égard de l’Occident. Quand, au début de son ministère, ses disciples durent s’enfuir de La Mecque, c’est en allant vers l’ouest qu’il trouvèrent refuge, en Abyssinie, royaume chrétien.2 Ses véritables ennemis extérieurs, c’est à l’Est qu’il les a trouvés, chez les princes d’Oman et de Bahrein, et surtout en Perse (l’Irak et l’Iran).3 La seule ambition de Mahomet - il faut le dire une bonne fois pour toutes - fut de réaliser l’unité politique d’une Arabie qui aurait vécu en bonne intelligence et voisinage, notamment avec l’Empire romain d’Occident, mais avec son identité propre. Et c’est bien dans cette optique qu’il a donné à l’Arabie une religion et un prophète... une religion et un prophète à l’image de ce qui donnait un sens à la vie dans les grands pays civilisés de cette époque. De même que le monde chrétien avait son prophète, Jésus, de même l’Arabie se devait d’avoir le sien, Mahomet. Jamais Mahomet n’a prêché la guerre sainte contre l’Occident. Les infidèles, c’est dans les pays arabes qu’ils se trouvaient.

C’est donc bien en Arabie qu’il faut comprendre l’islam de Mahomet, chef de guerre. Les principales batailles qu’il livra le furent contre les habitants de La Mecque - d’après certains témoignages écrits, il semble que la situation qui y régnait alors était condamnable et qu’on y adorait de multiples idoles - mais aussi contre les Arabes et les Bédouins du désert. Il faut ajouter à ceux-là les juifs d’Arabie qui n’ont pas voulu accepter de se placer sous son autorité en entrant dans une ummah dans laquelle se seraient rassemblés, dans un esprit de tolérance, chrétiens, musulmans et juifs de la région.

Les juifs tenaient alors de solides forteresses en Arabie. Par leurs plantations de dattiers, par leur savoir-faire, ils étaient la richesse du pays. Après la chute de leur forteresse de Khaïbar,4 on peut raisonnablement supposer que la plus grande partie d’entre eux sont devenus musulmans. Cette formidable armée verte que Mahomet fit défiler quelque temps après, comme à la parade, ne peut s’expliquer, en effet, que parce que les artisans juifs, fabricants de sabres et de cuirasses, se sont mis à son service.

Quant aux juifs qui ne voulurent pas devenir musulmans, Mahomet les plaça devant l’alternative suivante : la guerre ou leur retour chez eux... à Jérusalem.

Le premier combat qu’il livra contre les récalcitrants fut dirigé contre les juifs Beni Qaïnoqa qui tenaient des lieux fortifiés autour de Médine.5

A cette occasion, l’ange Gabriel dit à Mahomet : « Malheur aux mécréants qui violent un pacte à l’impromptu... Quant à toi, n’agis pas de même, procède avec eux à l’annulation du traité, de façon à retrouver ta liberté en toute justice (Le Coran, sourate VIII, versets 58 à 60). » Mahomet exécuta les ordres qui venaient du ciel : il ne fit la guerre qu’après l’avoir déclarée en bonne et due forme.

Après la défaite des Beni Qaïnoqa, Mahomet eut à se poser la question fondamentale : « Faut-il égorger les hommes et emmener les femmes en esclavage comme le prescrit le Pentateuque des Juifs ? ».6 C’est l’humble Abdallah qui lui donna la réponse, une réponse évidemment négative. Mahomet acquiesça : « Retournez, dit-il aux juifs, sur vos territoires de Syrie. »

Bien sûr, on me donnera l’exemple où Mahomet aurait fait passer au fil de l’épée plus de huit cents juifs après la bataille du fossé.7 Scepticisme de ma part ; aucun auteur ne s’est fait l’écho d’un tel holocauste. Il ne faut pas oublier, d’autre part, que ceux qui relatent les faits d’armes de Mahomet étaient des poètes et s’exprimaient dans un langage imagé. En réalité, les bourreaux musulmans tranchaient la mauvaise âme qui planait au-dessus de la tête des juifs par un coup de sabre symbolique. Et ensuite, ces vaincus devenaient musulmans.

Bien que chef de guerre dans un siècle de violence, il y a une humanité en Mahomet. Ne pas faire souffrir l’innocent est une constante de son action. Après sa grande victoire de Beder sur les infidèles de La Mecque, Allah dit aux prisonniers par la voix de son prophète : « S’il y a de la droiture dans votre cœur, non seulement je vous rendrai la liberté mais je vous donnerai des richesses supérieures à celles que vous avez perdues... Je suis le Clément et le Miséricordieux (Sourate VIII, verset 71) ». Mais dans les rangs d’une armée musulmane avide de butin, on n’acceptait pas toujours bien la nouvelle religion. Depuis sa tente, le Prophète entendait les cris des prisonniers et il en souffrait terriblement. Il ne réussit qu’à faire desserrer les liens du malheureux Abbas.8

En revanche, Mahomet est bien l’inventeur de l’attentat politique, dans le cas où cette solution pouvait faire l’économie d’une bataille meurtrière. C’est dans la ligne de cette stratégie - discutable certes - qu’il a commandité deux coups de main, l’un contre Kab, le chef des juifs Beni Nahdir, et l’autre contre Abou Râfi, le chef des juifs Khaïbar. Mais il faut préciser que le prophète avait donné des consignes pour que soient épargnées, non seulement la population, mais aussi les épouses de ces chefs.9

Mahomet était un chef de guerre, et il faut le comprendre avant tout en tant que chef de guerre. Pour imposer son pouvoir sur l’Arabie, il lui a fallu forger une armée d’une résistance et d’une abnégation totales. L’intendance étant parfois déficiente, il a entraîné ses soldats à jeûner jusqu’à un mois.10 Lors de ce que j’appelle la fausse bataille de Tabouk,11 qui ne fut, en réalité, qu’une épuisante marche disciplinaire, il leur a fait sentir sa main de fer. Avant l’engagement, il les a stimulés en les faisant mettre à genoux et en leur faisant réciter la prière collective du danger. Il les a passés en revue en leur promettant le paradis et en les décorant - ante mortem - du titre glorieux de martyr. Mais, combattant lui-même, il a aussi payé de sa personne. En pleine bataille d’Ohod,12 le bruit courait : « Le Prophète est mort ! ». Puis une autre rumeur parcourut les rangs des musulmans : « Non ! Le Prophète n’est pas mort, il est vivant ! »

Chef de guerre et chef religieux, Mahomet a vécu dans une époque de violence. Beaucoup d’indices laissent à penser toutefois qu’il a voulu faire évoluer les mentalités. A-t-il réussi ? Dans une certaine mesure, oui, dans une autre mesure, non.

Références : 1. page 269 d’un ouvrage ayant pour titre "Mohammed, sceau des prophètes". Extrait d’une Chronique du Xe siècle par Muhammad ben Jarîr ben Yazîd al-Imâm abû Ja`far at-Tabarî ; traduction du persan par Herman Zotenberg, publication française par les éditions Sindbad, 1983.

2. page 86.

3. page 250.

4. page 253.

5. page 178.

6. page 179.

7. page 232.

8. page 167.

9. pages 181 et 186.

10. page 135.

11. page 306.

12. page 189


Moyenne des avis sur cet article :  3.92/5   (434 votes)




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275 réactions à cet article    


  • La Taverne des Poètes 10 octobre 2006 10:50

    Sans prendre parti pour ou contre Mahomet, je vous remercie pour cet effort de recherche et d’objectivité sur ce sujet très délicat. Heureusement qu’il y a AgoraVox pour faire passer l’autre voix du peuple (« AgoraAlterVox » ?). Il est bon d’entendre tous les points de vue plutôt que de se forger des opinions toutes faites, celles qui passent bien dans les medias traditionnels.


    • ... 10 octobre 2006 14:37

      Félicitation M. Mourey. Un article salutaire en ces temps troublés. Et merci aussi Agoravox.


    • schroen (---.---.202.60) 10 octobre 2006 10:53

      Article très interessant


      • Gasty (---.---.169.137) 10 octobre 2006 10:58

        Attendez-vous à voir arriver une horde de sauvages dans les commentaires à suivre.

        Merci pour cette page d’histoire.


        • wrisya (---.---.231.251) 10 octobre 2006 11:07

          Bonjour M.Mourey,

          Votre article m’a beaucoup intéressé, j’aurai aimé qu’il soit plus approfondi afin de permettre une réflexion plus poussée et pourquoi pas comparative avec la lecture littératliste du Coran par les criminels d’obédience muslim...

          Cdt


          • Marsupilami (---.---.162.83) 10 octobre 2006 11:25

            @ Wrysia

            Salut Wrysia. Le point de vue de l’auteur est celui d’un ex-officier. C’est pourquoi son excellent article ne traite de Mahomet que comme chef de guerre. Ce que l’Islam est ensuite devenu est une autre question.


          • wrisya (---.---.231.251) 10 octobre 2006 11:44

            Bonjour Marsupilami,

            Effectivement, mon propos était surtout de m’interroger sur la lecture idéologique, et souvent très ignorante au niveau théologique et tout ce que cela suppose de recontextualisation historique, que fond certains croyants de cette facette de notre Prophète-psl) en arrivant finalement à déformer son message.

            Dounia Bouzar avait très bien expliqué, un peu vite d’ailleurs, cette dimension là : par exemple. le fait que des muslims se réapproprient la terminologie du Coran sans en saisir le sens comme pour le terme de « Mécréant » qui englobe de nos jours, si l’on souhaite appliquer une définition contextuelle religieuse, bien davantage d’acceptions que celle visant à définir le « non-muslim ». De plus, ce terme est aujourd’hui employé dans une vision trop violente et véhicule une intolérance, un mépris certain vis à vis des « autres ».

            Ce problème est justement lié à la nécessité de contextualiser le Coran dans ce qu’il a de propos historiques, mais parfois les muslims s’y refusent obstinément car ils craignent alors d’avoir cette lecture critique du Livre à l’aune de notre époque à nous, et non pas à celle d’il y a un millénaire...

            L’idéologie actuelle de certaines organisations « islamistes » veut justement démontrer en remaniant le texte à leur sauce que l’Occident est le Grand Satan et que les pays Muslims sont le Bien : cette définition manichéenne et presque xénophobe de l’altérité marque la volonté de faire de l’islam un instrument politique et non plus une Religion, instrument de vie spritituelle par excellence.

            Bien Cdt.


          • (---.---.121.183) 10 octobre 2006 11:09

            « En réalité, les bourreaux musulmans tranchaient la mauvaise âme qui planait au-dessus de la tête des juifs par un coup de sabre symbolique. Et ensuite, ces vaincus devenaient musulmans. »

            Il faut aussi savoir qu’à cette époque les conquêtes se faisaient avec des fleurs en jouant à « je te tiens tu me tiens par la barbichette », de toute façon les sabres étaient en carton juste pour la parade... smiley

            Merci en tout cas pour cette bonne tranche de rigolade smiley


            • (---.---.129.198) 10 octobre 2006 11:09

              « Le premier combat qu’il livra contre les récalcitrants »

              L’Occident ne serait-il pas compris sous cette dénomination sympathique de « récalcitrants » ?


              • Romain (---.---.10.200) 10 octobre 2006 11:10

                Interessante leçon d’histoire mais je doute que cela suffise à calmer la haine et les ardeurs guerrieres de bon nombre d’occidentaux et d’arabes. Les adeptes du ’choc des civilisations’ font la fête.


                • Paul M (---.---.203.157) 10 octobre 2006 11:21

                  @L’Auteur

                  Merci pour ces tranches de vie historiques du grand homme.

                  Mais l’histoire qui m’intéresse, moi, c’est celle dont parleront mes enfants et les leurs c’est-à-dire le présent.

                  Les émissions que vous citez, « C dans l’air » et « Ripostes » posent des questions actuelles. Je ne pense pas que pour résoudre les problèmes actuels, vis-à-vis de l’islam, il y ait besoin de remonter à la genèse même si cela devait aider à les comprendre.


                  • Marsupilami (---.---.162.83) 10 octobre 2006 11:21

                    Très bon article qui resitue bien Mahomet comme chef de guerre et homme politique dans son contexte historique. On comprend que l’auteur, étant lui même un ancien officier, ait privilégié ce point de vue.

                    Tout le problème est celui des sources, qui sont souvent des récits tissés de légendes apologétiques mais bon, on ne peut que faire avec les textes dont on dispose...


                    • mowglii (---.---.85.82) 10 octobre 2006 11:26

                      parler d’Occident au 7 eme siecle est un anachronisme.

                      pourquoi pas aussi se rassurer du fait que rien ne condamne la France dans le Coran ??


                      • mowglii (---.---.85.82) 10 octobre 2006 11:34

                        un ramassis de betise crasse cet article !

                        parler de donner à l’Arabie son unité politique est un autre anachronisme et du revisonnisme historique éhonté ! il y avait des tribus dont certaines etaient chretiennes et certaines juives et certaines polythéistes. il n’y avait aucune idée de unité de quoi que ce soit, car meme la notion d’arabie n’existait pas !

                        et dire que la seule ambition de ce prophete fut d’ordre temporel est ridicule ; cela revient à transformer le createur d’une religion en un nationaliste à la mustapha kemal !!


                      • mowglii (---.---.85.82) 10 octobre 2006 11:53

                        En arabie d’alors, dites vous , « il semble que la situation qui y régnait alors était condamnable et qu’on y adorait de multiples idoles » !!

                        mais diantre, un peu de distanciation historique !! essayez d’agir en historien !et pas en supporter !

                        que vous soyez musulman ou monotheiste ne peut pas vous permettre de critiquer ceux qui ne le sont pas, c’est à dire les polytheistes ! « les idolatres » ou alors c’est plus du tout un article « de journalisme historique » mais un papier engagé

                        Je dénonce avec vigueur votre racisme et votre mépris anti polytheistes ! (tout à fait dans la ligne du prophete ceci dit )

                        il est clair que vous n’interrogez pas les textes, vous vous contentez de prendre pour argent comptant les termes de l’hagiographie sur mahomet ;

                        Ce n’est pas parce que les hadits ou je ne sais quel vieux papier de propagande musulmane justifie a posteriori les guerres de mahomet en declarant que la situation en arabie etait « condamnable » qu’il faut reprendre cette version .


                      • Marsupilami (---.---.162.83) 10 octobre 2006 12:20

                        @ Mowgli

                        Vas sur le site de l’auteur et tu comprendras pourquoi il adopte ce point de vue... Ça craint !


                      • dom y loulou dom 17 juin 2007 20:31

                        @Marsupilami

                        j’ai regardé le site de l’auteur et je n’y trouve rien d’inquiétant. C’est quoi qui craint ? L’Histoire, les sujets passionants ?


                      • M’dameblue (---.---.184.231) 10 octobre 2006 11:35

                        Il est bon enfin d’avoir des versions différentes, fini le temps du prémacher,vient le temps de penser par soi même !! Ayons confiance en nous et en nôtre esprit critique...


                        • José w (---.---.25.142) 10 octobre 2006 11:36

                          Bravo pour votre article, même si vous êtes militaire...

                          Malheureusement, la cabale médiatique islamophobe parfaitement organisée bat son plein, et l’hyper-buzz, comme dirait l’un ders participants à la cabale multimédia à laquelle nous assistons, ne cessera pas tant que le Moyen-Orient ne sera pas entièrement remodelé par les grands lobbies militaro-industriels et financiers...


                          • gem (---.---.117.249) 10 octobre 2006 11:40

                            je ne voudrais pas dire, mais transformer l’empire romain d’orient en « royaume de Roum », et en faire les ancètres des turcs qui n’envahirent l’Anatolie qu’au XI ieme siècle (en venant d’asie centrale), il fallait le faire...

                            A un tel degré d’ignorance historique, j’ai arréter la lecture et j’ai voté NON.


                            • armand (---.---.113.18) 10 octobre 2006 11:54

                              Exact-c’est une erreur historique de taille dans un article intéressant par ailleurs. Notons aussi qu’il y avait encore une grande partie de l’Italie (exarchat de Ravenne) qui reconnaissait l’empereur d’Orient, ainsi que toute l’Afrique du Nord. D’ailleurs, à l’époque il s’agit tout simplement de l’empereur « romain » (d’où le terme de Roum pour désigner les byzantins, les chrétiens - ’roumi’-et l’Asie mineure (les Turcs fondent le sultanat de ’Roum’). Il faut attendre quelques années pour que Charlemgne se fasse couronner.

                              Mais les musulmans ne s’en sont pas pris uniquement à l’Empire romain d’Orient, ils avaient aussi les Perses sassanides dans le colimateur. Et ces deux empires qui se reconnaissaient comme les « deux yeux du monde » venaient de s’épuiser mutuellement dans une guerre sans merci... ce qui a facilité les choses.


                            • Stravos (---.---.132.162) 10 octobre 2006 12:20

                              Plutôt que de parler d’empire romain d’Orient (formellement c’est vrai), il vaudrait mieux parler d’empire Bysantin, car il s’agit d’un ensemble largement dominé par la culture Grecque.


                            • gem (---.---.117.249) 10 octobre 2006 12:48

                              Mais l’empire romain était de culture grecque, et même de langue grecque, depuis avant Jules César !


                            • Emile Mourey Emile Mourey 10 octobre 2006 21:11

                              A Gem

                              1.Erreur de lecture de votre part. Je dis simplement que l’armée byzantine rassemblait, en majorité, des habitants de la région qui sont des ancêtres des Turcs d’aujourd’hui et pas seulement des Romains. Evidemment, si vous pensez que les Turcs qui envahirent l’Anatolie au XIème siècle ont massacré toute la population existante pour la remplacer par leurs enfants à eux, je comprends votre réaction mais ne la partage pas.

                              2. Erreur de ma part en ce qui concerne l’expression « royaume de Roum ». Dans mon esprit, c’est bien contre une armée romaine que Mahomet a livré bataille même s’il s’y trouvait des auxiliaires venus du royaume de Roum. Mon erreur vient du fait que j’ai cru que Tabari surnommait ainsi l’armée romaine - dans l’esprit de Mahomet (page 269).


                            • Emile Mourey Emile Mourey 11 octobre 2006 00:32

                              A Gem

                              Je rectifie ma réponse à votre commentaire en essayant de comprendre ce que j’ai voulu dire dans cet article que j’ai rédigé en 2001. Ma phrase prête en effet à confusion. Je pense que j’ai voulu dire « l’Asie mineure dont la capitale était Byzance ».

                              En ce qui concerne la phrase « conflit entre Mahomet et le roi de Roum », c’est ce que laisse entendre Tabari. En revanche, il est bien précisé dans mon article qu’il s’agit d’une armée gréco-byzantine.

                              Désolé de vous avoir froissé à ce point.


                            • c florian (---.---.162.39) 10 octobre 2006 11:42

                              remettre les faits et les écrits dans leur contexte, c’est la base pour comprendre le passé. la vitesse (ou précipitation) de la société actuelle permet de moins en moins la réflexion. mahomet et le coran sont à étudier avec leur histoire, tout comme la marseillaise.


                              • JOJO2 (---.---.152.53) 10 octobre 2006 11:51

                                Cet article est un exemple typique de désinformation.

                                Parler « d’Occident » au septième siècle est en effet anachronique.

                                Le coran et les haddiths ne parlent en effet pas d’Occident ; et pour cause ... Mahomet n’a tout simplement pas eu le temps !

                                Lorsque les arabo-musulmans ont conquis l’Afrique du Nord (708, meurtre de la résistante Kahina), puis l’Espagne (711-713), puis se sont attaqués à la Gaule (719), Mahomet était mort (8 juin 632) depuis longtemps.

                                Ces textes parlent de « mécréants », « d’infidèles », des « associateurs », qu’il faut combattre et tuer s’ils refusent de se soumettre.

                                Et c’est bien ce qu’on observe toujours aujourd’hui.


                                • Marsupilami (---.---.162.83) 10 octobre 2006 11:58

                                  @ Jojo2

                                  Je pense que c’est délibérément que l’auteur a fait cet anachronisme, afin de mieux faire comprendre aux Occidentaux du XIXe siècle que nous sommes les buts militaires et politiques de Mahomet.

                                  Ce qu’il est advenu de la religion qu’il a fondée est une autre histoire que l’auteur n’aborde pas et dont on aimerait bien savoir ce qu’il en pense...


                                • Marsupilami (---.---.162.83) 10 octobre 2006 11:59

                                  Je corrige : XXIe siècle...


                                • Stravos (---.---.132.162) 10 octobre 2006 12:11

                                  Je le pense aussi : en utilisant ce terme d’occident, l’auteur a sans doute voulu répondre aux polémiques actuelles. De plus, vous avez raison, Mr Marsupilami, de souligner qu’une religion et son fondateur sont deux choses différentes, même si les croyants ont bien du mal à l’entendre...


                                • Patrick Adam Patrick Adam 10 octobre 2006 12:08

                                  @ l’auteur

                                  Désinformation totale. Comment Mahomet aurait-il pu parler et même avoir conscience d’un Occident qui n’existait pas. Mahomet a envoyé des disciples en Ethiopie chrétienne et ça c’est plutôt mal passé. Plus tard, il s’est allié aux Juifs de Médine pour les combattre plus tard le plus durement possible (comme un amoureux éconduit). Mahomet a cherché un pouvoir politique dans la péninsule arabique. Ses disciples n’ont fait que l’étendre.

                                  Qu’est-ce qui vous fait dire :« La seule ambition de Mahomet - il faut le dire une bonne fois pour toutes - fut de réaliser l’unité politique d’une Arabie qui aurait vécu en bonne intelligence et voisinage, notamment avec l’Empire romain d’Occident, mais avec son identité propre. » ?

                                  C’est du fantasme pur et dur. Citez une seule source crédible de ce que vous avancez....

                                  Mahomet avait une vision particulièrement étriquée du monde qui l’entourait. Il suffit, pour s’en rendre compte, de lire toutes les inepties qu’il a accumulées dans sa lecture de l’Ancien Testament. Tout n’y est que contresens et mauvaise récupération. Que ce soit sur le personnage d’Abraham, que sur celui de Moïse, d’Adam, et plus tard de Jésus. Prétendre qu’on a mis un sosie sur la croix au moment de la crucifiction rélève d’une vision théologique (et même politique) des plus cabreuses.

                                  Quand vous dites :« De même que le monde chrétien avait son prophète, Jésus, de même l’Arabie se devait d’avoir le sien », il est significatif de vous voir escamoter la « question juive » à laquelle il s’est confrontée, si on peut s’exprimer ainsi. Relisez l’histoire de Mahomet. Son action est en grande partie déterminée par ses rapports avec cette communauté. Il a cru longtemps que les Juifs le considèreraient comme un prophète. Et quand il s’est rendu compte qu’il ne l’accpeteraient jamais en tant que tel (du fait de sa non-judaïté), il les a combattus. C’est ça l’histoire. Et pas vos fantasmagories jeanyannesques.

                                  Patrick Adam


                                  • Marsupilami (---.---.162.83) 10 octobre 2006 12:25

                                    @ Patrick Adam

                                    Tu as bien entendu raison. Mais je rappelle que l’auteur est un ex-officier, qui ne traite du cas Mahomet que dans sa dimention de chef de guerre cherchant à se créer un territoire unifié pour y imposer sa loi par n’importe quels moyens. Cet angle de vue purement militaire est certes criticable parce que réducteur, mais il n’est pas illégitime.


                                  • Emile Mourey Emile Mourey 10 octobre 2006 16:20

                                    à Patrick Adam 1.Même si vous avez raison quant aux termes, je maintiens ma façon de voir le monde de l’époque de Mahomet, à savoir la permanence dans la continuité de l’Histoire d’un empire romain d’Occident et d’un empire romain d’Orient, l’un toujours centré sur Rome, l’autre toujours centré sur Constantinople. Que vous donniez au premier le nom d’empire chrétien et au second celui de royaume byzantin ne change en rien la marche d’une évolution qui a divergé : à l’Occident, un christianisme en pleine vitalité, à l’Orient, un christianisme et un judaïsme partagés en multiples courants contradictoires. N’expliquer l’Histoire que d’après le règne des rois et des empereurs et en fonction des oligarchies militaires qui se disputent le pouvoir, c’est ne voir que l’arbre qui cache la forêt.

                                    2. La lecture de l’Ancien Testament que l’on trouve dans le Coran n’est pas, selon moi, le fruit d’une interprétation personnelle de Mahomet, mais correspond à des interprétations qui avaient court dans la région. Ce qui est certain, c’est que Mahomet a refusé deux choses dans le judaïsme et le christianisme, premièrement certaines prescriptions barbares du Pentateuque, deuxièmement la résurrection de Jésus.

                                    3. Dans cette situation d’anarchie idéologique et militaire que connaissait l’ancien empire d’Orient, ce sont les moines de Bahira qui ont choisi Mahomet, et s’ils l’ont choisi, cela signifie qu’ils l’ont ensuite soutenu, évidemment pour mener une politique de réforme. En lisant le livre de Tabari, je ne pense pas qu’on puisse contester le fait que Mahomet ait voulu faire l’unité de l’Arabie.

                                    4. Je cite : ...« qui aurait vécu en bonne intelligence et voisinage, notamment avec l’Empire romain d’Occident, mais avec son identité propre. » ? Voir, entre autres, sourate dix, verset quarante-huit : « Toutes les nations ont leur apôtre. Lorsque leur apôtre est venu, il y eut des décisions de prises en toute justice et il ne leur fut pas fait tort. »

                                    5. Je ne vois pas en quoi « j’ai escamoté » la question juive ? Dans le livre de Tabari (page 345), la position de Mahomet est très claire. S’il a combattu les colonies juives d’Arabie, c’est parce qu’il estimait qu’il n’y avait pas place dans le pays pour deux religions. C’est une question politique et non pas de l’anti-judaïsme.

                                    6. En Histoire, il faut éviter de généraliser. Il y a des juifs qui n’ont pas voulu entrer dans l’ummah et d’autres qui y sont entrés. Et en effet, on est bien obligé de constater que ce sont ceux-là qui ont redonné son élan à un islam qui commençait à être lâché par ses premiers partisans.

                                    7. Enfin, vouloir expliquer l’Histoire sur le seul fait que les Juifs auraient refusé à Mahomet de mettre sur sa carte de visite le mot « prophète » me semble un peu léger. En réalité, c’est la fiscalité musulmane dont les Juifs n’ont pas voulue.

                                    8. Et pour terminer, je dirais que c’est une grave erreur de considérer Mahomet et son entourage comme des êtres à la culture « étriquée ». Je pense même qu’ils connaissaient les Commentaires de César. Lors du face-à-face avec les Beni-légionnaires de la bataille de Mouta, qu’ont fait les officiers musulmans ? Ils sont descendus de leurs chevaux et ils ont, d’un seul revers de sabre, coupé le jarret de leurs montures. Or, à la bataille contre les Helvètes, César avait donné l’ordre à ses officiers de mettre pied à terre « pour rendre le péril égal pour tous ». Bref, si les musulmans lisaient César, c’est qu’ils n’étaient pas ignorants de l’Occident.

                                    E. Mourey


                                  • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 10 octobre 2006 17:55

                                    Toute cette pseudo-histoire n’est que légende ou délire théologico-politique, voire manipulation pur et simple de tous les côtés !! : la résurrection magique d’un dénommé Jésus transformé en Christ fils de Dieu et fils de l’homme (double nature !) n’a rien à envier comme fantasme à la caractérisation de cette résurrection en tant que subtilisation d’un cadavre pour faire croire à un miracle, pour ne rien dire de ses apparitions postumes qui ne sont jamais que l’objet des témoignages de seconde main venant de croyants particulièrement fervents !

                                    Je dirais même au contraire... Ces fadaises ne résistent pas à l’examen rationnel et il n’ y a pas d’autre preuve de vérité que rationnelles et expérimentales objectives, ce que les miracles ont pour fonction de contredire jusqu’à l’absurde : les mystères


                                  • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 10 octobre 2006 18:43

                                    Le débat sur la question de savoir quelle religion serait par nature plus violente est parfaitement vain : la question de la paix et de la violence traverse chaque religion et, dans chacune d’elle, son histoire.

                                    Reste qu’aucune religion n’est rationnelle quant à ses dogmes fondamentaux et cette irrationalité constitutive peut toujours générer une foi dans l’absolu qui voit dans l’altérité un viol de cet absolu : l’adverse du Bien absolu ne peut être que la mal absolu vis-à-vis duquel aucun compromis n’est par définition possible et doit donc être rigoureusement interdit saus peine de trahison (ou apostasie).. Mieux : toute tentative de connaître le sens de la loi divine et éventuellement d’en discuter la caractère absolu (inconditionnel) peut être perçu comme un péché d’orgueil qui est pour toute religion, à ce niveau, fondamentalement le seul péché mortel (la sortie de l’innocence par la connaissance)

                                    Il y a une logique de l’irrationnel posé en absolu et cette logique est potentiellement violente, sauf à faire de cet absolu un motif de récuser comme vérité toute interprétation humaine donc relative de cet absolu.. ; Ceci n’est pas en soi impossible, mais cela le devient pour qui adhère à une religion comme à un dogmatique sacrée (indiscutable) à laquelle il faut se soumettre à la lettre et s’interdire à son égard toute interprétation personnelle et/ou toute relativisation historique sur fond de désir de connaître et de juger rationnellement.

                                    Mais pour s’élever à une telle vision de l’Absolu il est impératif de sortir des religions instituées en dogmatiques et en machines à produire de la soumission aveugle qui, au nom d’une paix intérieure, ne peut qu’être extrèmement violente vis-à-vis de l’extérieur. Toute l’histoire de la violence la plus extrème est en ce sens peu ou prou supportée par l’altérité religieuse au point que même des guerres sans Dieu doivent se donner une forme quasi religieuse de l’absolue vérité pour perdurer et se justifier indéfiniment .


                                  • slaf 15 novembre 2006 20:02

                                    bravo ! bravo !


                                  • Bullit Marcel (---.---.148.96) 10 octobre 2006 12:27

                                    Du’a du Sheikh Mohammed al Mohaisany à la Mecque, Sheick arrété depuis :

                                    Allah, dirige tes forces contre l’Amérique

                                    Allah, fasse que les ouragans soient constants contre eux

                                    Allah, transforme leur bonne santé en maladie


                                    • Ancillae (---.---.184.231) 10 octobre 2006 12:33

                                      A t- on interrogé les femmes de Mahommet afin de savoir ce qu’elles pensaient des tueries de leur cher et tendre quand après une bonne guerre , il posait ses mains ensanglantées sur leurs frêles épaules. ?..Je suis désolé , il n’y a pas d’époque violente, il y a de la violence chez l’Homme, elle contribue à lui donner un statut, lui permet de s’imposer et de prouver qu’avec le pouvoir il « bande » !! Mahommet et les hommes de guerre industrielle du 21 eme siècle, tous des détourneurs de pensée !!!


                                      • Kiri (---.---.233.210) 10 octobre 2006 12:39

                                        Outre les anachronismes déjà notés, je voudrais rappeler à ceux qui sont ébahis de cette « leçon d’histoire » qu’il n’y a aucune preuve historique ou archéologique de l’existence de Mahomet (pas plus que du Christ d’ailleurs).

                                        Les premiers textes faisant référence au prophète ont été écrit 100 ans après sa mort... Alors ratiociner sur ses intentions à l’époque est pour le moins fantaisiste et appelle aux qualités d’un médium, pas d’un historien : encore faut-il croire à la magie.

                                        Le mérite de cet « article » est de rappeler que Mahomet était un chef « de guerre » (ce que ni le Christ, ni Bouddha n’étaient), accoutumé à la violence et incitant à celle ci pour des raison de conquête : c’est du moins la trace laissée par la très rapide extension géographique de l’Islam, avec un succès guerrieir proprement faramineux

                                        Kiri


                                        • Marsupilami (---.---.160.183) 10 octobre 2006 12:50

                                          @ Kiri

                                          Tu as évidemment raison (voir mon post sur les sources basées sur sur des récits plus ou moins légendaires et très apologétiques). On ne peut qu’essayer de reconstituer à peu près ce qui a pu se passer en interprétant ces amalgames de mythes et de récits historiques. Tout ce dont on est sûr, c’est qu’il y a un Arabe qui a voulu se créer un empire à la pointe de l’épée (ou plutôt au tranchant du sabre) et qui a inventé une religion pour unifier les sujets de celui-ci. C’est le mérite de cet article de rappeler ce fait.

                                          La catastrophe qui s’en est suivi (la dissémination de l’Islam sur toute la planète) est un autre problème, dont je rappelle que j’aimerais savoir ce que l’auteur en pense.

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