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Accueil du site > Tribune Libre > Je hais le football !

Je hais le football !

Je ne doute pas un instant que les matches de la Ligue des Champions offrent pour la plupart d’entre eux un spectacle de qualité. Il fut un temps où je me serais moi-même régalé en y assistant, au stade ou devant mon écran de télévision. Il faut dire que je suis tombé dans le football tout gamin. Et plus précisément le 13 juin 1956. J’avais neuf ans, et mon père m’avait emmené au Parc des Princes où se jouait la première finale de la Coupe d’Europe. D’un côté le Stade de Reims et le légendaire Kopa, de l’autre le fabuleux Real de Madrid emmené par le non moins légendaire Di Stefano. Sur la pelouse, 22 héros dont nous échangions, mes copains et moi, les effigies cartonnées dans les cours d’école. Malgré la défaite des Rémois, j’en étais reparti ébloui. Le charme s’est définitivement rompu en 1998…

Pour des raisons familiales, il m’a toutefois fallu attendre d’avoir 14 ans pour enfin chausser les crampons et entamer ma première année de compétition. Je portais alors le maillot noir et violet d’un modeste club d’arrondissement parisien. J’ai ensuite joué durant 32 ans dans divers clubs et encadré pendant plus d’une décennie des jeunes footballeurs du PUC (Paris Université Club).

Tout cela pour dire que le football, je connais bien. J’ai même accompagné de l’intérieur les premières années du Paris SG lorsqu’il était managé par un homme chaleureux et sincère, le vice-président délégué Guy Crescent, par ailleurs pédégé de l’entreprise de transports Calberson.  

Le football a commencé à me poser des problèmes avec l’arrivée en force du fric dans un milieu professionnel qui, jusque là, privilégiait encore les valeurs sportives et l’exemplarité éducative. La logique commerciale et la culture du résultat à tout prix ont définitivement pris le relais vers la fin des années 70, avec pour corollaire le développement généralisé du mercenariat et l’arrivée des affairistes à la tête des clubs.

Des dizaines de morts, mais le spectacle continue !

Par la suite, tout s’est accéléré. Il y a d’abord eu, le 29 mai 1985, l’effroyable drame du Heysel et l’attitude indigne de Michel Platini et de ses coéquipiers de la Juventus, euphoriques de leur victoire en finale de la Coupe d’Europe sur les Anglais de Liverpool alors que l’on venait de relever 39 morts et des centaines de blessés dans les tribunes ! Ce jour-là, un terrible pas a été franchi par des sportifs, ou prétendus tels, pour de futiles honneurs et un paquet de fric alors que l’on agonisait à quelques dizaines de mètres de la pelouse.

Puis est venu le triomphe de l’Olympique de Marseille, vainqueur du Milan AC en finale de la Coupe d’Europe le 26 mai 1993. Une victoire sur le terrain – grâce à un but d’anthologie de Basile Boli –, mais une victoire totalement usurpée car acquise grâce à un surendettement coupable qui a permis au sulfureux président de l’OM, un certain Bernard Tapie, d’aligner, au mépris de l’éthique sportive et des élémentaires règles de gestion, une formation que le club phocéen n’avait absolument pas les moyens de s’offrir. Un système de fuite en avant financier qui, hélas, est devenu depuis cette époque la règle des grandes nations du football européen et notamment d’un football britannique qui truste les victoires indues !

 Et voila que, quelques jours plus tard, éclate la pitoyable affaire du match acheté le 20 mai 1993 par l’OM face à l’US Valenciennes-Anzin, la fameuse affaire OM-VA qui se terminera : sur le plan judiciaire par un retentissant procès où sera démontrée l’absence de toute considération morale du donneur d’ordre Bernard Tapie ; sur le plan sportif par la relégation de l’OM en 2e division. Cette affaire a fait deux victimes : le football, sorti plus affaibli que jamais de cette épreuve, et Jacques Glassmann, le capitaine valenciennois, banni du milieu pour avoir osé dire la vérité, donnant une nouvelle fois raison au poète Guy Béart : «  Il a dit la vérité, il doit être exécuté ! »

Inutile de s’étendre – l’article n’y suffirait pas – sur les multiples incidents, parfois gravissimes, causés ici et là par les hordes de hooligans. Comme lors de ce match France-Angleterre où des skinheads avaient, sous les yeux terrifiés des jeunes footballeurs que j’avais emmenés au Parc des Princes, fracassé une bouteille sur le crâne d’un paisible supporter anglais…

1998 : la France perd le sens de ses valeurs

Enfin est venue la Coupe du Monde 1998. Cette année-là, j’ai participé au printemps à une manifestation organisée à Paris entre République et Bastille contre la précarité et l’exclusion à l’appel d’une vingtaine d’associations. Nous étions moins de 8000 dans le cortège ! Comment s’en étonner alors que, depuis des mois déjà, on ne parlait que de football dans les médias, à longueur de journée et quel que soit le thème des émissions ? Quelques semaines plus tard, la victoire acquise, 1 000 000 de personnes euphoriques s’agglutinaient sur les Champs-Elysées autour de l’équipe de France pour un simple trophée sportif. Parmi elles, des dizaines de milliers de chômeurs et d’exclus, dramatiquement absents du défilé printanier qui avait été organisé pour leur venir en aide. Comble de la sinistre pantalonnade qu’a été cette année 1998 : durant l’automne, 300 000 chasseurs sont venus battre le pavé dans les rues de la capitale pour sauvegarder leurs acquis. Parmi eux, là aussi des milliers de chômeurs et d’exclus, beaucoup plus concernés et motivés par leur droit de tuer que par celui de vivre décemment de leur travail !

Jamais je n’ai éprouvé un tel écœurement pour mon pays et pour une majorité de ses habitants, capables de se mobiliser des mois durant pour un évènement futile mais incapables de consacrer ne serait-ce qu’une heure de leur temps à des causes sociales essentielles : le droit au travail et à la dignité ! Imaginons un instant ce qu’aurait pu être l’action sociale en France cette année-là si l’on avait dédié entre le printemps et l’automne 1998 ne serait-ce qu’un quart du temps, de l’énergie et de l’argent dépensés en marge d’une unique compétition sportive…

Les centres de formation : des machines à broyer

Je pourrais encore développer ici d’autres arguments concernant par exemple le dopage, les double billetteries, les paris truqués, et surtout les centres de formation des clubs professionnels dont j’ai pu, par le biais de joueurs dont je me suis personnellement occupé, découvrir à quel point ils cassent les jeunes (y compris naguère l’admirable AJ Auxerre de Guy Roux) avec la complicité des cadres techniques des districts départementaux et des ligues régionales ainsi que de nombreux clubs amateurs, intéressés financièrement à y envoyer leurs meilleurs talents pour toucher la prime dite de pré-formation... Mais c’est un dossier complet qu’il faudrait instruire, particulièrement concernant le sujet brûlant des centres de formation qui, pour un joueur formé (comprendre apte à rapporter du fric au club) en rejette entre cinq et dix autres sur le pavé avec pour seuls bagages d’énormes désillusions, un puissant sentiment de ratage, le poids des multiples vexations subies et un minable certificat de formation en gestion ou en secrétariat sans la moindre valeur sur le marché du travail. Mais plutôt que de parler de cet énorme gâchis humain, les grands médias préfèrent se concentrer sur les gagnants de ce système impitoyable, de cette machine à broyer : ceux qui, dans leur habit de lumière sponsorisé, font se pâmer par leurs brillantes roulettes ou leurs dribbles virevoltants des millions d’anesthésiés du bulbe, incapables de mettre les choses en perspective et de redonner au football la place qui lui revient, celle d’un simple loisir à l’importance dérisoire eu égard aux énormes problèmes humains, économiques et environnementaux qui secouent la planète.

Dorénavant, je ne regarde plus le football à la télévision que par intermittence, quelques minutes par ci, quelques autres par là, et avec, au fond de moi, un sentiment de profond mépris pour ce qu’est devenu ce sport dans sa version professionnelle. Mais contrairement à ce que j’ai affirmé dans un titre volontairement provocateur, je n’en continue pas moins à aimer profondément ce sport dans ce qu’il a de sain. C’est pourquoi il m’arrive, de temps à autre, de m’intéresser à une rencontre amateur ou à un match de jeunes lorsque mes pas m’ont poussé derrière la main-courante d’un stade...


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101 réactions à cet article    


  • abdelkader17 16 mars 2009 10:40

    La logique de marchandisation du monde a détruit les valeurs fondamentales de la société.
    En 1958 alors que les algériens se battaient pour leur indépendance certains footballeurs tels Mekloufi le stéphanois ou Zitouni le monégasque ont choisis de quitter la France pour constituer l’équipe du fln laissant derrière eux gloire notoriété et argent, Pensez vous qu’il en serez de même avec les nouvelles générations
    élévés au culte du fric,des apparences et de la frime.
    Passioné de football un peu plus jeune, j’en suis revenu tant l’indécence de ce sport est désormais marque de fabrique


    • Fergus fergus 16 mars 2009 11:06

      Fort heureusement, il existe encore des gens qui savent dire non. Et parfois de manière étonnante : il y a quelques années, j’ai connu un gamin surdoué qui avait franchi tous les échelons des sélections pour jouer en n°10 en... équipe de France minime.
      Ecoeuré par les magouilles et l’énorme pression qui lui était mise sur les épaules, y compris de la part de son père et de ses dirigeants de club, il a définitivement claqué la porte et mis ses crampons au clou pour vivre une existence normale de gamin de 15 ans.
      Mais ce cas est évidemment unique tant sont grands les rêves de gloire, de fortune et de notoriété qui détruisent chaque année quelques dizaines de gamins. 


    • foufouille foufouille 16 mars 2009 11:47

      ca c’est bete, avec son salaire il aurait pu ensuite changer les choses


    • Warhouha Warhouha 16 mars 2009 11:52

      Bonjour Kader.

      Je ne connaissais pas les joueurs que tu cites, et je te remercie de les porter à notre connaissance.

      Je vais de ce pas me renseigner sur la vie de ces compatriotes ; on a jamais trop d’exemples à suivre.


    • abdelkader17 16 mars 2009 12:03

      ouvrage "dribbleurs de l’indépendance" de Michel nait-challal editions prolongations.


    • Allain Jules Allain Jules 16 mars 2009 12:12

      @FERGUS,

      Très cher ami, vos arguments tiennent la route, c’est indéniable. En revanche, j’ai envie de crier à gorge déployée, J’AIME LE FOOT !

      Bien à vous !



    • Fergus fergus 16 mars 2009 12:37

      A Foufouille. Sauf que, compte tenu de la difficulté psychologique, des risques de blessures, des aléas de fin de croissance et des risques de dépression, ce gamin n’avait qu’environ 1 chance sur 3 ou 4 de devenir effectivement pro un jour !


    • Fergus fergus 16 mars 2009 12:43

      Bonjour, Allain Jules. Vous l’avez compris, moi aussi j’aime le foot, mais pas ce qu’il est devenu. Et encore n’avons-nous encore pas vu débarquer les équipes de marque qui, à l’instar des compétitions de tennis, pourraient un jour devenir réalité : la finale de la coupe de France opposera aujourd’hui Strasbourg-Munster Petits amis à Toulouse-Cassoulet Willam Saurin. Le pire est que c’est dans la tête de quelques managers depuis des années. 


    • Warhouha Warhouha 16 mars 2009 15:05

      @Kader : très bon article, merci de me l’avoir fait découvrir.


    • LE CHAT LE CHAT 16 mars 2009 10:42

       j’ai vu la même chose dans le milieu du Basket , ces jeunes à qui on fait miroiter la NBA et qui cirent le banc , ne jouant que les trente dernières secondes du match selon le bon plaisir du coach tout puissant , et qui sont pour la plus part en total echec scolaire . J’ai cessé depuis longtemps le bénévolat , écoeuré des magouilles et du comportement des dirigeants !


      • Fergus fergus 16 mars 2009 11:08

        Nous sommes bien d’accord, Le Chat, et l’on pourrait ajouter à la liste des ports gangrénés à des titres divers le cyclisme et le tennis, sans oublier le ski qui fourvoie chaque année de nombreux gamins dans des sport-études plus ou moins bidons.


      • Lisa SION 2 Lisa SION 2 16 mars 2009 10:57

        Bonjour Fergus,

        L’argent est ce " pouvoir " qui permet aux équipes les plus riches d’acheter les meilleurs joueurs des autres équipes, quitte à les laisser sur le banc de touche, et aux bookmakers chinois de fausser des matchs même dans d’autres sports. Je comprends que votre confiance ait fini par s’effondrer et c’est courageux de le reconnaitre en pubic. Regarder des petits matchs de province n’exclut pas d’y voir rentrer de formidables buts, et c’est extrèmement rassurant. Ces supporters inconditionnels de ce sport pourri sont les mêmes qui revoteront pour quatre années de plus de démocrature. Ils sont de cette majorité qui ne change jamais d’avis..pas vous !

        C’est pour les raisons que vous déclinez que je préfère le rugby où l’on ne voit jamais de simulations.


        • Fergus fergus 16 mars 2009 11:12

          Moi aussi, je préfère (et de loin) le rugby qui a su, pour l’instant, conserver ses valeurs sportives et morales de base malgré la professionnalisation et l’arrivée de mannes financières inconnues naguère. Pourvu que ça dure !


        • Emile Red Emile Red 16 mars 2009 11:51

          Dommage que vous y croyez encore, le rugby comme le hand sont bien engagés sur les rails du foot.


        • LE CHAT LE CHAT 16 mars 2009 11:54

          @emile

          justement , ce week sur téhéfin ils causaient du Chabal business , c’est devenu aussi indécent que dans le foot !


        • LE CHAT LE CHAT 16 mars 2009 11:56

          @emile

          cette starisation des rugbymen a l’air d’avoir les mêmes effets sur les résultats que pour les footeux !


        • Radix Radix 16 mars 2009 12:10

          Bonjour Lisa

          Vous dîtes que l’on ne voit jamais de simulation au rugby ?

          Vous devriez employer l’imparfait car depuis la professionnalisation de ce sport celà commence à apparaître.
          Certe d’une façon discrète mais évidente, l’exemple le plus frappant a étté inauguré par les Gallois il y a quelque années en simulant la blessure de deux piliers car ils étaient dominés en mélée.

          Si il manque un pilier (il n’y a qu’un seul pilier remplaçant) on n’a plus le droit de pousser la mélée, celà devient donc un moyen d’annuler une supériorité adverse.

          J’aime le rugby ou plutôt je devrais dire que j’aimais le rugby !

          Radix


        • abdelkader17 16 mars 2009 12:22

          Le rugby est désormais tout autant grangréné par le dopage et l’argent ,c’est désormais un constante, triche et sport sont la norme (cyclisme basket tennis foot aviron etc....) la performance ne sort pas du ciel, jusqu’à nous dire que les records du monde en natation était désomais du aux configurations des piscines ou des nouvelles combinaisons, le cynisme n’a plus de limite, vous me direz rael à bien réussi à se faire passer pour un gourou d’un genre nouveau ayant eu contact avec des extraterrestres, pour le salut d’une entreprise très lucrative.


        • Fergus fergus 16 mars 2009 12:46

          A Emile Red. La différence entre le rugby et le football est que le rugby, même s’il a fortemnt évolué dans le sens du business a quand même conservé ses valeurs traditionnelles sur le terrain et dans les tribunes : pas d’insultes racistes sur la pelouse et pas de hooligans dans les tribunes. Sacrée différence, non ?


        • Emile Red Emile Red 16 mars 2009 13:18

          Je ne suis pas sûr du tout de la pérénité du calme dans le rugby, déjà quelques prémices se font sentir lors des championnats et les valeurs sont de plus en plus reléguées au second plan, come je disais plus haut, le handball subit la même évolution, on le sens sur les parquets et dans les tribunes où la sérénité tend à disparaître.

          Pour exemple, ce matin, lu dans la presse régionale, la Féde Allemande a ouvert une information contre deux arbitres pour corruption et collusion, ça commence comme ça, non ?


        • Fergus fergus 16 mars 2009 13:21

          C’est pour cela que j’ai écrit plus haut "pourvu que ça dure !". Croisons les doigts !


        • Emile Red Emile Red 16 mars 2009 13:30

          Et comme je réponds, c’est, à mon avis, trop tard.

          La présence de Chabal dans le XV de France montre bien que le staff n’agit plus en fonction du résultat mais de la pression médiatique, de là toute les dérives qu’a connu le foot ces 10/15 dernières années, au ban de la presse spécialisée ou non.

          Je parie qu’à la fin de ce tournoi, il y aura remise en question des dirigeants, puis de certains joueurs trop peu médiatiques même si excellents pas ailleurs....


        • PtitLudo PtitLudo 16 mars 2009 11:01

          J’éprouve un peu le même sentiment, mais vis-à-vis du sport professionnel dans son ensemble. Pour ma part le déclic a été la fameuse coupe du monde de rugby 2007, et son mélange vaseux politico-moraliste.

          Alors je ne sais pas si c’est que je n’y faisais pas attention avant, mais j’ai l’impression que le sport ou les sportifs sont de plus en plus utilisés pour faire des sortes de morales à 2 balles qui m’horripilent comme si un sportif pro avait quelque chose à voir avec un citoyen lambda.

          Par exemple http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=21883, je crois que ça se passe lors d’un événement de ski, mais il y a plein d’exemples du même tonneau, jusqu’aux anciens sportifs qui viennent faire la morale sur les plateaux télés.

          Bref avec tout ça j’étais bien content ce matin de la déculottée du 15 de france, là on est sûr qu’il n’y aura pas de rapprochement avec la politique foireuse du gouvernement au hasard.


          • Forest Ent Forest Ent 16 mars 2009 11:07

            Tout cela est vrai de tout sport professionnel. Moi je ne le déteste pas : il m’indiffère complètement. Sans télé, on vit mieux.


            • Lapa Lapa 16 mars 2009 11:44

              le problème ces que ces dérives dues au fric et à la télé se ressente quand on pratique ledit sport même à un niveau beaucoup plus faible...

              pour ma part je reste fervent partisan du volley ball qui reste un sport collectif très décent et à l’esprit d’équipe le plus abouti et que j’adore pratiquer (enfin quand j’aurai fini mes convalescences...)


            • Fergus fergus 16 mars 2009 12:51

              A Lapa. Il n’y a quand même pas de comparaison entre le football professionnel et le football amateur de Ligue (compétition régionale) ou Corporatif (équipes d’entreprises) qui rassemble l’écrasante majorité des footeux. Tout au plus existe-t-il pour les meilleures équipes de ces niveaux des discussions sur des primes de matches de quelques dizaines d’euros !


            • jakback jakback 16 mars 2009 11:31

              Comme vous avez raison de souligner la déraison des peuples, qui chérissent au-delà de l’entendement ,des jeunes gens incultes qui gagnent en un an ,plus que le salaire de tout une vie de travail d’un supporter lambda, ce même supporter qui en dehors des stades, trouve inadmissible les salaires octroyés aux créateurs de richesses financières, industrielles, sanitaires et autres domaines de compétences .

              Rappel de Juvénal

               « Duas tantum res anxius optat : Panem et Circenses », telle est la violente diatribe adressée par Juvénal à l’encontre du peuple romain, un véritable cri républicain en pleine apogée de l’Empire. La Révolution, elle aussi, a eu en horreur l’image du peuple échangeant sa liberté contre des jeux, des divertissements, et du pain : l’éducation du peuple devint ainsi dans la jeune république française une priorité nationale.


              • Fergus fergus 16 mars 2009 12:54

                Vous avez eu raison de citer Juvenal, Jakback. Le problème est que les révolutions elles-mêmes peuvent engendre d’autres types de dérive en matière de sport, comme l’a illustrée naguère la RDA.


              • Fergus fergus 16 mars 2009 18:44

                En sport, la compétition n’est pas mauvaise en elle-même car elle donne de l’intérêt à l’opposition entre deux équipes. Vous observerez d’autre part que la compétition ne donne lieu à aucun débordement dans les petits sports non médiatisés, et par conséquent non gangrénés par le fric et par les directives de managers affairistes.


              • sisyphe sisyphe 16 mars 2009 11:39

                Ben oui : le foot business a totalement envahi l’esprit et les pratiques de ce sport, le plus populaire du monde. 
                Donc, autant soutenir les efforts actuels de Michel Platini, pour exiger le retour à un football plus sain, et à une réalité économique des clubs, hors de tout mécenats et endettements obscènes. 

                J’y ai moi-même joué pendant 30 ans, toutes les semaines ; alors, puissions nous de nouveau dire, sans ambiguité, et sans arrière-pensée : vive le foot !



                • Walden Walden 16 mars 2009 12:04

                  (Je ne connais rien au foot, cependant) comme l’auteur, je me souviens encore de l’horreur du Heysel et de l’incroyable spectacle du triomphe sans vergogne de monsieur Platini, courant d’innombrables tours "d’honneur" en fin de match, les bras levés pour la victoire, sous les tribunes ensanglantées. Vision insoutenable du paroxysme de l’indignité.

                  Vous dites que ce (tout petit) monsieur qui a toujours joué le jeu du business pour son plus grand profit personnel, milite aujourd’hui pour un football plus sain : pour notre édification, sauriez-vous nous décrire, même succinctement, en quoi consistent ces louables efforts ?


                • Fergus fergus 16 mars 2009 13:00

                  A Sisiphe et Walden.
                  J’ai rencontré Platini il y a bien longtemps dans une réunion où il avait développé ses idées, très saines, en matière d’accès aux centres de formation professionnels, et notamment sa volonté d’en retarder l’entrée pour ne pas couper trop tôt les jeunes de leurs familles.
                  Manifestement il a totalement échoué sur ce plan. Comme il échouera à imposer aux nations européennes un contrôle de gestion rigoureux interdisant tout recrutement à crédit, comme le pratiquent actuellement sans vergogne les Anglais.
                  Trop d’intérêts sont désormais en jeu, et le président de l’UEFA n’est plus qu’une marionnette sans pouvoir.


                • sisyphe sisyphe 17 mars 2009 03:14

                  							par Walden 							 														 (IP:xxx.x2.23.38) le 16 mars 2009 à 12H04 							 							
                  							

                  															
                  							
                  								(Je ne connais rien au foot, cependant) comme l’auteur, je me souviens encore de l’horreur du Heysel et de l’incroyable spectacle du triomphe sans vergogne de monsieur Platini, courant d’innombrables tours "d’honneur" en fin de match, les bras levés pour la victoire, sous les tribunes ensanglantées. Vision insoutenable du paroxysme de l’indignité.

                  Vous dites que ce (tout petit) monsieur qui a toujours joué le jeu du business pour son plus grand profit personnel, milite aujourd’hui pour un football plus sain : pour notre édification, sauriez-vous nous décrire, même succinctement, en quoi consistent ces louables efforts ?

                  Heureusement que vous avouez en preambule ne rien connaitre au foot ; votre intervention en est la confirmation.
                  Et d’une, votre memoire begaie, en ce qui concerne le Heysel : les joueurs de la Juve n’ont fait qu’un petit tour d’honneur, SANS SAVOIR qu’il y avait eu des morts ; ils n’en ont ete informes qu’a leur retour aux vestiaires.

                  Ensuite, Platini a eu une carriere internatione legitime, vu son talent, mais n’a connu que tres peu de clubs ; Nancy, Saint Etienne, et la Juventus de Turin, ce qui est tres peu pour un joueur international. Il faut savoir egalement qu’a cette epoque, les joueurs etaient payes facilement 10 fois moins qu’aujourd’hui ; donc, pour le cote "toujours joue le jeu du business", vous repasserez, d’autant que, comme le dit l’auteur de l’article juste au dessus, depuis qu’il est president de l’UEFA, il essaie d’assainir les methodes, la gestion economique des clubs, et est parti en guerre contre le foot-business, en essayant d’instaurer une regulation, au grand dam des grands clubs europeens, notamment britanniques.

                  Une fois que vous aurez pris connaissance de ces liens, vous pourrez parler en connaissance de cause, vous vous y connaitrez un peu mieux en foot, et ca vous evitera de raisonner avec des cliches moisis.

                  Quant a savoir si sa lutte aura un effet, je ne suis pas du tout aussi categorique que Fergus ; l’avenir seul nous le dira ; mais, en tout cas, on ne pourra pas lui reprocher d’avoir essaye de faire ce au’il pouvait, contre la derive que connait le foot.

                  							

                • Fergus fergus 17 mars 2009 08:57

                  Je crains que vous ne réécriviez l’histoire, Sisyphe, concernant le drame du Heysel. Car si les joueurs de la Juve ont prétendu ne pas avoir été mis au courant des morts en cours de partie, certains joueurs de Liverpool ont reconnu le contraire. Il y aurait donc eu sur le terrain une équipe clairvoyante et l’autre aveugle.

                  D’autre part, si vous avez les images en tête, vous ne pouvez pas ne pas vous souvenir de l’aspect cataclysmique des tribunes après la charge des hooligans de Liverpool dans les rangs de supporters italiens. Et des dizaines de corps emmenés sur des civières. Quand bien même ce drame n’aurait pas fait de morts, ce qui était évidemment impossible contre tenu de la violence inouïe de la charge, le seul nombre des blessés (on en a dénombré près de 600 !) aurait dû amener les joueurs de la Juve à un comportement plus digne.

                  Je n’oublierai jamais le sourire radieux de Platini brandissant la Coupe sur fond de tribunes dévastées. L’un des plus grands moments de honte du football mondial.

                   


                • Fergus fergus 17 mars 2009 17:01

                  Les avis divergent sur l’opportunité de reprendre ou de ne pas reprendre la rencontre, et je me garderai bien de prendre position sur ce qu’il fallait faire dans cette ambiance hallucinante. Mais vous ne m’enlèverez pas de l’idée que la décence eut commandé à Platini et ses coéquipiers de recevoir leur coupe et les médailles et de rentrer immédiatement au vestiaire sans manifester le moindre signe de joie débordante comme cela a été le cas.


                • souklaye 16 mars 2009 11:41

                   Les vérités provisoires du sport à la télévision

                  Le moyen le plus ordinaire de tuer le temps tout en simulant nos besoins naturels de violence reste le sport.
                  L’idée, en ce jour du seigneur et de psychanalyse du cuir, n’est pas de sustenter les dispensés d’EPS congénitaux, ni les junkies de la Ventoline et certainement pas de les opposer aux groupies de la testostérone en maillot mouillé et aux meurtriers de canapé.
                  Notre terrain de jeu sera votre salon, peut-être votre descendance et une banale histoire de but et de timing.
                  Le ressort économique et animal sont la promotion, la diffusion, l’instrumentalisation du sport dans une logique de contrôle social et d’embrigadement national, enfin comme partout.

                  http://souklaye.wordpress.com/2009/02/15/les-verites-provisoires-du-sport-a-la-television/


                  • thomthom 16 mars 2009 11:44

                    Quel réquisitoire !
                    Déjà, personnellement, je n’ai jamais compris l’intéret qu’on pouvait avoir à courrir derriere un ballon, et encore moins à regarder quelqu’un courrir derriere un ballon...
                    Alors voir que ce milieu est en plus pourri par le fric...


                    • LE CHAT LE CHAT 16 mars 2009 11:52

                      C’est en plus dangereux de regarder ce sport qui consiste à se balancer une petite balle jaune avec une raquette au dessus d’un filet de pêche pendant des plombes , tu risques le torticolis ! smiley


                    • Fergus fergus 16 mars 2009 13:03

                      Merci à vous, Parkway, pour ce commentaire.

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