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« Je pense (au Génocide des Tutsis du Rwanda), donc je suis ...... »

Ce 17 juillet 2019 il y aura 25 ans que le Génocide des Tutsis du Rwanda (qui, rappelons-le, si nécessaire, a fait selon les chiffres de l’Onu, entre 800.000 et 1.200.000 morts, en moins de 100 jours, principalement des Tutsis et, accessoirement, des Hutus modérés) connaissait un terme officiel. L’armée du FPR (Front Patriotique Rwandais, soutenu par l’Ouganda et ses alliés de l’anglophonie), mettait en « déroute », après une guerre de 3 ans et 10 mois et après la signature des Accords de Paix d’Arusha du 3 août 1993, les Forces Armées Rwandaises (les FAR, « abandonnées » par les Français et des Belges) et achevait ainsi la prise du pouvoir de Paul Kagamé, par les armes et non par les urnes.

Il y a donc 25 ans que la Communauté Internationale, Amie du Peuple Rwandais, soutient une des dictatures des plus sanglantes, celle de Paul Kagamé du Rwanda[1].

La guerre d’invasion du Rwanda par l’Ouganda, du premier octobre 1990, ne serait-elle donc pas à considérer comme la genèse[2] du Génocide des Tutsis du Rwanda ? N’a-t-elle pas, en plus, eu comme suite logique les deux guerres et la « conquête », par le Rwanda, de son voisin, l’ex-Zaïre (devenu RDC) ? Il faut rappeler que c’est Paul Kagamé qui, en chassant Mobutu du Zaïre, en 1997, a « porté » Kabila « Père » au pouvoir de la RDC, avant de le faire assassiner[3], pour introniser Kabila « Fils ». Ces « péripéties » ont causé, entre 1996 et 2003 les morts (directes et indirectes) d’environ 6 à 8.000.000 de Hutus rwandais réfugiés et de Zaïrois/Congolais, « étrangers » au conflit et totalement innocents.

 

Ce 7 avril 2019, à Kigali, des cérémonies ont marquées le 25ième anniversaire du « début » du Génocide des Tutsis du Rwanda. En fait, c’est l’attentat terroriste du 6 avril 1994 contre les deux Présidents du Rwanda et du Burundi, qui est l’élément reconnu comme le déclencheur du Génocide qui, en quelque sorte, était commémoré, d’une manière indirecte. Or on ne connaît toujours pas qui a commis cet attentat. En effet, l’opportune « position » adoptée, aujourd’hui, par la Justice française ne débouche sur aucune autre conclusion que celle de dire, prudemment, qu’il n’y a pas assez de faits probants pour prononcer autre chose qu’un non-lieux[4] dans les enquêtes en cours depuis 1998 par les juges Brugyère, Trévidic et Herbaut à charge de l’’« Akazu »[5] de Kagamé. L’éventualité de l’apparition de « faits nouveaux » a cependant été sauvegardée pour, in fine, envisager la possibilité d’une réouverture de l’enquête, le cas échéant. En attendant : cela ne nous regarde plus ! ....... « Et l'on vit comme ça, jusqu'à la prochaine fois » !!!!! (Boris Vian).

 

Ces cérémonies « commémoratives du 7 avril » entrent dans la logique d’une pratique et d’une stratégie politique de jeux propagandistes visant à travestir la vérité sur ce qui s’est réellement passé dans la région des Grands Lacs Africains depuis le 01 octobre 1990, soit depuis bientôt trente ans. Tant que la vérité, toute la vérité ne sera pas dite, sur l’attentat du 6 avril 1994, il faudra que ces matraquages cérémonielles se parent de symboles du souvenir et de prétextes de la lutte contre l’impunité pour masquer l’horreur de ce qui pourrait se révéler comme étant la plus grande imposture de l’époque contemporaine. Et pendant ce temps-là, des personnalités politiques sont obligées de participer à des « fastes » dignes de ceux qu’un Kim Yong Un orchestre à Pyongyang. Certains se ridiculisent comme[6] Junker et « sa » torche. D’autres personnalités versent des larmes de crocodile et surenchérissent dans les « mea culpa », tel Ban Ki Moon, Bernard Kouchner, Guy Verhofstadt, Nicolas Sarkozy et consorts.

Mais au-delà des deux cérémonies du souvenir (Début et Fin du Génocide) on est obligé de constater déjà un certain nombre d’« incidents » assez significatifs. Parmi ceux-ci notons les trois suivants qui retiennent l’attention :

1 - Raphaël Glucksmann a tenu des propos qui ont provoqué une levée de boucliers, d’un certain nombre de femmes et d’hommes politiques français, lors de la campagne électorale européenne de 2019, compte tenu du caractère excessif de la position qu’il défendait dans sa réflexion sur le rôle de la France et du Président Mitterrand au Rwanda depuis bien avant le premier octobre 1990 jusqu’au 17 juillet 1994. Raphaël Glucksmann, fils du feu philosophe André Glucksmann[7], avait 11 ans au moment du discours de Mitterrand de La Baule en juin 1990. L’Aggiornamento politique qui s’en est suivi au Rwanda et qui avait déjà été planifié précédemment par le président Habyarimana, aboutissait en juin 1991 à la révision de la constitution rwandaise. Raphaël Glucksmann avait 12 ans à ce moment-là. Il en avait 15 au moment du Génocide des Tutsis du Rwanda. Il en avait 17 lorsque Mitterand aurait dit : « La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique..........[8]. » Il avait 25 ans quand il « réalise » un documentaire sur le Rwanda en 2004[9] sur base d’informations et de documentations fournies par des « étudiant(e)s » Rwandais(es)[10] venu(e)s en France via l’ONG qu’il avait fondée : « Études Sans Frontières (ESF) ». Les témoignages des survivants et proches des victimes y sont poignants de vérité. Mais, ne faudrait-il pas « revoir ce documentaire » et souhaiter que toutes celles et tous ceux qui y ont exprimés des avis sur la situation politique de l’époque, évaluent, au vu de l’évolution du pouvoir rwandais actuel et de la « sortie » de Raphaël Glucksmann, la partie du « contenu de ce film qui pourrait être perçue comme « prémonitoire » de sa « sortie » lors de la dernière campagne de propagande électorale européenne de 2019 »

Je pense que cet « incident » est triste au pays du Siècle des Lumière, des Droits de l’Homme et du Citoyen .... Mais si je pense que c’est triste ... ne dois-je donc pas préciser... « Je pense, donc je suis17 ... antisioniste » ?...

2 – Le Petit Royaume de Belgique avait été dénoncé par ce Diable de Donald Trump comme un nid de « rats », entre autre dans son quartier dit de Molembeek (casbah bruxelloise d’où seraient issus les terroristes islamistes de Paris et de Bruxelles). Trump n’avait peut-être pas tout à fait tort ... mais pour un pays fidèle partenaire de l’OTAN, c’était cependant assez dur à avaler ...... Mais voilà que la presse anglophone[11] révèle, noms à l’appuis, que ce petit Royaume serait aussi le berceau du terrorisme Kagaméen partout en Europe (et jusqu’en Afrique du Sud), et ce à travers les honorables membres[12] de son Ambassade (Rwanda House - sise dans un quartier BCBG de Bruxelles, Woluwe-Saint-Pierre) et de citoyens belges, d’origine rwandaise. Deux employés à la Société des Transports en Commun de Bruxelles (la RATP de là-bas), Belges d’origine rwandaise, auraient été « refoulés » de Grande Bretagne sous prétexte qu’ils s’y rendaient pour y perpétrer l’assassinat d’un opposant au régime de Kagamé. Personne, en Belgique, n’a réagi à cette expulsion. Parmi les agresseurs de Kayumba Nyamwassa[13] arrêtés en Afrique du Sud, un ressortissant belge d’origine rwandaise a été appréhendé et « devrait passer en Justice à Pretoria » ... Personne en Belgique n’a réagi à cette arrestation. Un citoyen belge d'origine rwandaise et un ami (natif du plat pays) ont été mystérieusement assassinés en Afrique du Sud alors qu’ils « enquêtaient » sur la mort de Kargeya[14]. .... Personne n’a réagi en Belgique à ces assassinats. Une Belge d’origine burundaise, Olga Mugege, a été suicidée à Kigali[15] ...... Personne ne s’est soucié, en Belgique, des circonstances étranges de sa mort. Judi Rever s’est vue mise sous la protection des Services de La Sûreté Nationale Belge (voiture blindée à l’appui) lors de sa dernière visite au royaume ... Personne ne parle, en Belgique, de ces mesures assez exceptionnelles .....

Je pense que ces « incidents » sont tristes pour ces ressortissants « belges » de la Capitale de l’Europe .... Mais si je pense que c’est triste ... ne dois-je donc pas préciser... « Je pense, donc je suis17 ... conspirationniste » ?...

3 – Et justement pour en (re)venir à Judi Rever, c’est par la presse anglo-saxonne, une fois de plus, qu’on apprend qu’elle intenterait une action en justice pour rupture abusive de contrat, contre la maison d’Edition Fayard qui, bien qu’engagée par signature, refuserait, soudain, d’éditer la version française de « In Praise of blood, the crimes of the Rwanda Patriotic Front » : « Rever recently initiated legal action against the French publisher Editions Fayard, which had signed a contract to publish her book but suddenly canceled[16] » (Ann Garrison). Je pense que cet « incident »[17] est triste pour le monde de la presse et des éditions qui était l’héritier de l’Aurore, d’Emile Zola, du « J’accuse », de Joseph Pulitzer et d’Ernest Vaughan .... Mais si je pense que c’est triste ... ne dois-je donc pas ajouter ... « Je pense, donc je suis17 ... révisioniste » ?

 

J’ai repris, ci-dessus, mes pensées à propos de trois points seulement de l’actualité plus ou moins récente .... mais il en faudrait ajouter encore plusieurs, si pas des dizaines pour tenter de cerner ce qu’on pourrait être en droit de « penser » .... mais chaque fois que je voudrais dire, « Je pense que ... », ne devrais-je pas, devant l’inquisition florissante et le devoir d’auto-culpabilisation, ajouter : « Je pense, donc je suis[18] ............. coupable » ?

 

[1] Le Professeur Emérite de l’Université d’Antwerpen, Filip Reyntjens a depuis plusieurs années qualifié Paul Kagamé de « Plus grand criminel, Chef d’Etat en fonction »

[2] « Série de faits et de causes s'enchaînant les uns les autres et aboutissant à un résultat »

[3] « C’est nous qui avons assassiné Kabila » (Gérald Gahima) et http://espoirpourtous.blogspot.com/2011/04/qui-tue-kabila-par-colette-braeckman.html

[4] Procureur en chef américain du tribunal militaire international de Nuremberg, Robert Jackson, fit à l’époque valoir dans sa déclaration liminaire : « Nous devons établir des événements incroyables par des preuves crédibles. »

[5] Littéralement : « Petite maisonnée » =Premier cercle des proches..

[7] † 10/11/2015

[10] Membres de la Directorate Of Military Intelligence (DMI) ?

[12] Couverts par l’immunité diplomatique

[13] Un ex-bras droit de Kagamé « réfugié » en Afrique du Sud et un des Fondateur du Rwandan National Congress (RNC)

[14] Un autre ex-bras droit de Kagamé entré en « résistance et réfugié » en Afrique du Sud avant d’y être assassiné par les membres de la DMI

[17] J’avais évoqué la problématique de la traduction française du livre de Judi Rever dans le « papier » suivant : https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/kagame-rever-1-6-n-2-genocide-des-208313

[18] René Descartes


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20 réactions à cet article    


  • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 8 juillet 16:20

    @ l’auteur

    Merci de venir assidûment accomplir ce devoir de mémoire révisionniste tant il est clair que la version officielle est frelatée.

    Je pense qu’une pédagogie assidue est à entreprendre tant le mensonge prévaut tous azimuts.

    Pour le novice en la matière, quelques soient les éventuels défauts que les spécialistes pourraient y trouver, je pense que le petit film de Paul-Eric Blanrue et Julien Thiel est un must see absolu tant je le trouve réussi et limpide :

    https://www.youtube.com/watch?v=iN1gZzdjFgc

    Pour ma part, je vais m’empresser d’acheter le livre de Judi Rever dont j’ignorais l’existence.


    • Bertrand Loubard 8 juillet 20:58

      @Luc-Laurent Salvador
      Merci de votre commentaire. Je ne suis absolument par certain que le livre de Judi Rever (non encore traduit en français) vous convaincra. En effet j’apprécie le fait que Judi Rever prenne les risques de dire des choses qui sortent de notre ordinaire. Mais cela finalement est assez connu de ceux qui côtoient journellement les « détails des réalités » dans lesquelles se cache le Diable (dont Dallaire a serré la main)..... J’ai produit une « analyse » de son livre, ici sur Agora vox. (Qui vaut ce qu’elle vaut). Mais ce qui est le plus troublant c’est que s’il ne s’agit pas d’une « fake news ».... on pourrait se demander comment est-il possible de faire faire à Fayard l’erreur de ne pas éditer la traduction française de ce livre ... ? Bien à vous.


    • Alexis 8 juillet 19:09

      Petite expérience perso dans la région.

      Je suis allé à Kigali et Bujumbura (capitale du Burundi voisin) plus de 15 ans avant la tuerie, à une époque où très peu de Français connaissaient les noms.

      Le chef d’escale Air France à Bujumbura nous expliqua qu’un massacre ayant fait plus de 100 morts avait eu lieu la semaine précédente dans l’aéroport. J’avais déjà vécu de près quelques massacres dans des aéroports, mais jamais de cette ampleur.

      Conclusion : cette « amitié » entre ces ethnies étant très ancienne, il ne devait pas être nécessaire de mettre beaucoup d’huile sur le feu pour qu’il dégénère..


      • Xenozoid 8 juillet 19:13

        @Alexis

        de là a ce que cela serve de leçon, le rwanda est maintenant le singapore de l’afrique,25 apres.....


      • Bertrand Loubard 8 juillet 21:11

        @Xenozoid

        Merci de votre commentaire. Oui, c’est vrai, Kigali serait devenu le Singapour de l’Afrique. Mais est-ce tellement exaltant si on se souvient que Singapour était devenue la place tournante du commerce de l’opium .... « Dès 1773, les Anglais avaient obtenu le monopole de la vente de l’opium en Chine, activité encore très confidentielle .... un produit de luxe et de corruption qui ne devait être autorisé qu’à l’exportation hors des frontières anglaises ». Il y aurait même eu 2 guerres de l’Opium autour des monopoles de l’Opium. Il est aussi vrai que les « chiffres » au Rwanda sont excellents...comme ceux de Volkswagen ?
        Bien à vous.


      • Xenozoid 8 juillet 21:15

        @Bertrand Loubard

        mois je pense que c’était le congo qui était visé

        et la région des grand lac en fait parti,d’ailleur l’ouganda armé par les européens/américains le savent eux


      • Bertrand Loubard 8 juillet 21:46

        @Alexis
        Merci de votre commentaire. J’ignore de quelles tueries vous parlez. 15 ans avant le Génocide des Tutsis du Rwanda cela devait être en 1979 ou 1980. Il est bien probable que ces tueries aient eu lieu ... mais à l’époque le pouvoir Burundais était essentiellement et exclusivement détenu par les militaires .... tutsis : depuis les Micombero, Bagaza et Buyoya. Ne dit-on pas que les remblais de la piste de l’aéroport de Bujumbura a été réalisé avec les corps des victimes du génocide des hutus de 1972 ?
        Bien à vous.


      • Bertrand Loubard 8 juillet 22:41

        @Xenozoid

        Merci de votre commentaire. Je suis absolument d’accord avec vous. Il n’est pas question de « pré carré français » ou de francophonie...L’argent n’a pas plus d’odeur que de nationalité ou de langue. Et le pillage des ressources d’un pays de « nègres » .... ce n’est rien puisque « ce ne sont pas gens...on ne dit d’ailleurs pas des gens .... on dit des nègres » (In « Coup de torchon » – Bertrand Tavernier). Bien à vous.


      • dr.jambon-beurre dr.jambon-beurre 9 juillet 07:46

        De toute façon, après une guerre, pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants il suffit d’observer le gouvernement qui a pris le pouvoir, regarder à qui il achète ses armes, quels sont ses alliés, quelle langue parle t’il ?

        Dans le cas du Rwanda, le but était d’éjecter la France et son influence de la région des grands lacs. Objectif atteint, mais pour quel bénéfice pour la population ?

        Les anglo-ricains paieront cher leurs multiples ingérences meurtrières et ceci ne m’étonnerait que cela se retourne contre eux le jour où ils ne seront plus les plus balèzes car il y a tout un tas de peuples et de pays qui ne peuvent pas les voir en peinture comme les latinos par exemple. L’Histoire ne se répète jamais mais elle bégaie tout le temps.


        • Bertrand Loubard 9 juillet 10:13

          @dr.jambon-beurre
          Merci de votre commentaire. Vous dites : « Dans le cas du Rwanda, le but était d’éjecter la France et son influence de la région des grands lacs ». Je suis relativement d’accord avec vous. Mais je pense que ce ne sont pas uniquement les anglophones nord-américains qui sont à la fois fabricants de canons et marchands de cimetières. S’il est vrai que le Rwanda a été un excellent tremplin pour s’« approprier » le Zaïre-RDC, ce l’était un peu pour tout le monde « complexe militaro-industriel » oblige. Les intérêts de la France en tant que telle au Rwanda même étaient minimes : pas d’investissement dans les « maigres » ressources (Café, thé, cassitérite), interventions culturelles à l’Université de Ruhengéri, Lycée Français (de Saint Exupéry .... mais Antoine pas Patrick !) et Centre culturel (Bâtiment, comprenant bibliothèque, salle de conférence et seule salle de cinéma digne de ce nom avant la génocide. Kagamé a fait raser l’ensemble). Pour le reste : « Colas, la route avance » devait de se défendre timidement contre l’Astaldi (enfant chéri de la Délégation de la Commission Européenne) et contre la CNCTPBPC (enfant chéri de la BM) ; Renault industrie ne faisait pas le poids vis-à-vis des célèbres « éléphants de la piste » de Mercedes-Benz, etc., etc. .... Le pétrole du Lac Albert aurait intéressé Total (mais en bonne compagnie et avec d’autres larrons en foire). De plus, le Lac Albert est quand même entre l’Ouganda et la RDC à plus de 1.000 km de Kigali ... et le pétrole n’y aurait attiré les vampires que depuis 2006 seulement ! (Emmanuel de Mérode en sait quelque chose !)
          Bien à vous.


        • Trelawney Trelawney 10 juillet 11:15

          J’ai vu dernièrement un reportage de Jean Christophe Klotz qui était l’un de rare reporter à être sur les lieux pendant le massacre. Cette histoire, par l’ampleur du massacre éclabousse tous les acteurs et même les témoins indirects.

          On a d’un côté des troupes rebelles (FPR de Paul Kagamé) qui étaient au début, financées et entrainées par les Russes, mais qui ont lâché l’affaire. Le FPR s’est retourné vars les USA qui eux n’avaient qu’une envie : limiter l’hégémonie française dans cette région (et elle date depuis l’indépendance du Congo). Donc le plan des américains est simple remplacer la dictature sanglante de Habyarimana (soutenue par la France) par celle de Paul Kagamé (plus banquable aux yeux des médias) et s’approprier à la barbe de la France le sous-sol du coin.

          La France de Mitterrand, pour contrer ce plan envoie des troupes officielles former le contingent des FAR et non officielles (Comme Roger Faulque est à la retraite on prend Baril etc.) pour prêter main forte au FAR sur le front.

          Pour l’instant c’est une histoire classique de « diplomatie extérieure ». Mais à cela il faut ajouter le contexte. François Mitterrand a un conseiller militaire personnel : Christian Quesnot. Et imaginez le poids du général personnel de François Mitterrand face à un ministre de la défense comme Joxe, puis ensuite Léotard (car on est en pleine cohabitation). Et bien quand Quesnot parle les autres se taisent et obéissent.

          Donc l’armée française forme le GIGN local (qui sera l’escadron de la mort des génocidaires). Elle forme aussi les milices locales pour servir de plastron au FPR. Donc l’armée française sans le savoir forme tout le bataillon des génocidaires.

          Ensuite Habyarimana, dont l’idée d’en finir définitivement avec les Tutsi germe dans sa tête à une femme et cette femme (qui habite toujours en France et qui n’a jamais été inquiétée) a une furieuse envie de remplacer son mari. Elle échafaude un plan diabolique : Elle tue son mari dans un attentat, qui a pour but de déclencher l’attaque du FPR vers Kigali, et la vengeance des Hutu sur toute l’opposition en place à Kigali. Pendant ce temps, Agathe Habyarimana se réfugie dans l’ambassade française où elle forme un gouvernement provisoire et met en place sans même en référé à qui que ce soit le génocide des Tutsi tant rêvé par son mari. Tout cela se fait dans l’ambassade française, seul représentation de l’autorité française puisque l’armée « officielle » n’est déjà plus là. L’armée officieuse s’est repliée à Goma pour organiser l’approvisionnement en armes et munitions qui serviront au génocide.

          Le gouvernement français (militaire compris) pense toujours que la famille Habyarimana est la bonne carte pour ce conflit.

          Les informations du massacre commencent à remonter à l’ONU, aux USA et en France par l’intermédiaire du réseau Kouchner.

          Les américains sont apeurés par les conséquences politiques de ce massacre et ne veulent pas être impliqué dans quoique ce soit. Ils pensent avoir été trop loin avec Kagamé, mais continue à l’approvisionner depuis l’Ouganda pour protéger les populations qui peuvent encore l’être. Ils font entrer les avocats qui disent que si le mot « génocide » est prononcé de façon officielle les USA devront en répondre si un tribunal enquête. Donc jamais on entendra ce mot à l’ONU.

          La France commence à comprendre qu’elle n’a pas choisi le bon cheval et tente d’envoyer des troupes là-bas pour calmer la situation. Elle déclenchera l’opération Turquoise qui dans les faits sera un fiasco total. En effet les troupes françaises protégeront les survivants de la zone nord qui sont en fait les génocidaires pour les exfiltrer avec armes et munitions vers le Zaïre. Ce qui déclenchera une guerre dans cette région. Guerre qui dure encore.

          Le juge Bruguière sans même se déplacer sur la zone de l’attentat décrétera qu’Agathe Habyarimana n’est pour rien dans cette histoire. Une seconde enquête après la mort de ce juge de pacotille dira tout le contraire. Et après c’est parole contre parole.

          Bref lorsque l’on ne veut pas voir et bien on ne voit pas !


          • Trelawney Trelawney 10 juillet 16:36

            @Trelawney
            Erratum : je confond toujours Boulouque et Bruguière. Bruguière et encore vivant. Mais ils sont tous les deux du même calibre


          • Bertrand Loubard 10 juillet 21:07

            @Trelawney
            Merci de votre commentaire. Je n’ai pas encore vu le film de Christophe Klotz dont je connais la réputation. Je ne manquerai pas de le visionner .... avec l’œil critique que vous me connaissez.
            Je crois cependant que certaines de vos informations sont inexactes. Vous dites par exemple ; « les troupes rebelles (FPR de Paul Kagamé) qui étaient au début, financées et entrainées par les Russes ». Il faut savoir que des « rebelles » sont des personnes (militaires et civiles) qui se révoltent et refusent de se soumettre aux autorités dont ils dépendent. Les nazis n’étaient pas des rebelles pour s’attaquer à la France durant la dernière guerre (bien que les Germains aient pu revendiquer des « droits » sur les terres du Saint Empire Germanique dont ils étaient, à la limite, les « héritiers-descendants » !!!). Le FPR étaient constitué de troupes régulières ougandaises formées de soldats ougandais d’origine de la diaspora rwandaise des années 60 (deuxième génération) et qui, prenant l’uniforme et les armes de l’armée du pays d’accueil, pour attaquer militairement le pays d’origine, perdaient de ce fait (suivant le HCR) le statut de réfugié. Ce qui ne signifie pas que les exilés rwandais n’avaient pas le droit de revenir au pays, ce qui était d’ailleurs en cours de préparation sous l’égide justement du HCR, juste avant octobre 90. Ce fait a fait dire à certains que le FPR devait « faire vite » pour devancer un retour des Tutsis exilés dans un cadre qui n’aurait pas donné, au FPR, le pouvoir absolu qu’il a conquis par les armes, par la guerre de 1990 à 1994 et la violence et non par les urnes.
            Vous ajoutez que le FPR a été soutenu par les Russes. Ceci est totalement inexacte, il faut vous rappeler que l’URSS était en pleine déliquescence jusqu’en décembre 1991 ... Ni l’Ambassade de l’URSS, ni celle de la Chine ni même celle de la Corée du Nord n’avaient pignons sur rue à Kigali, comme celles de Belgique, d’Allemagne, de France et des USA ....
            Vous parlez de la Dictature sanglante d’Habyarimana, mais ne citez aucun fait. Il est évident que le pouvoir d’Habyarimana se basait sur un « Mouvement » qui aurait pu porter le nom « de coalition d’unité nationale » (dans lequel se sont retrouvés des Tutsi, même des Ministres, entre autre au Plan.......). Bien qu’il y en eu des dérives certaines, entre autres contre une opposition qui n’avait rien à voir avec des clivages sociaux-ethnico-culturels, il n’y a jamais eu autant de rwandais dans la diaspora du temps d’Habyarimana qu’aujourd’hui, sous Paul Kagamé, toutes « proportions » gardées. Il n’y eut jamais d’agression du Rwanda sur ses voisins (comme les 2 guerres du Congo de 1996 à 2003 et celle larvée actuellement avec l’Ouganda).
            Vous parlez d’un « plan américain » .... mais je crois qu’une fois de plus cette approche est simplificatrice... comme je l’ai montré dans un commentaire ci-dessus, la France n’avait pas beaucoup d’intérêts au Rwanda et si Mitterrand aurait bien « parlé » de guerres des USA contre la France c’était évidemment de guerres entre « intérêts supra nationaux » dans lesquelles, une « partie » de la France se trouvait en opposition avec des « partenaires institutionnels multinationaux ». Même au Congo-Zaïre-RDC la France n’était pas la gardienne d’un « pré carré francophone » qui aurait inclus la RDC. Elle ne l’était certainement pas à partir du petit Rwanda entouré aux trois quarts, de pays anglophones ou inféodés à l’anglophonie canadienne, britannique, étatsunienne, israélienne et même belge, via les lobbies et autres multinationales.
            « .... l’idée d’en finir définitivement avec les Tutsi .... cette femme .... a une furieuse envie de remplacer son mari ». Il me faut croire que vous êtes intime de ce certains ont appelé l’« Akazu » ..... et c’est vrai que le Rwanda a connu son « coup de Rucunchu »...mais c’était un règlement de compte entre branches Ababega et Abayinginya en 1846 (?).
            ...J’ai encore beaucoup à dire sur votre commentaire...presque mot à mot...Mais je comprends que parfois le cœur a ses raisons que la raison ne comprend pas et que parfois cela rend aveugle...
            Il n’empêche que si toutes les dictatures sont condamnables certaines le sont plus que d’autres....(Georges Orwell)
            Bien à vous.


          • Bertrand Loubard 11 juillet 20:47

            @Bertrand Loubard

            En revenant à votre commentaire, je me dois de vous dire que, sur le moment, je n’avais pas fait le lien entre le Rwanda du FPR (1987-1988) et celui de la dynastie Nyinginya (1957-1958) et de son dernier Mwami. A cette époque effectivement, des proches du clan royal avaient, comme beaucoup de leaders des pays fraîchement « indépendants », penché vers le « non alignement » qui passait souvent par un « tâtonnement transitoire de radicalisation anticoloniale » du type lumumbisme ou genre « ultra gauche type soviétique » en réaction et opposition avec l’« impérialisme colonialiste occidental ». En 1955-1956 les non – alignés se constituent en un « groupe structuré » après la conférence de Bandung avec les Nasser, Tito, Soekarno et Nehru. Le Mwami du Rwanda à cette époque aurait effectivement eut des velléités de contacts avec la Chine de Mao, fort probablement refroidi par l’antisémitisme soviétique héritage d’un Staline récemment disparu. Le Rwanda indépendant fut cependant partie prenante dans ce mouvement des non-alignés sans toutefois aller jusqu’à briser ses « liens historiques » avec l’occident. Cela ne mettait manifestement pas en danger le principe du respect des frontières héritées du colonialisme, principe qui devait théoriquement favoriser la stabilité des pays africains ayant récemment accédé à l’indépendance. Les grands empires occidentaux n’existaient déjà plus à travers leurs « possessions » d’outre - mer ... Ce qui n’empêche que les ressources du Congo fraîchement ex-belge, pouvaient, d’ores et déjà, attirer les convoitises de certains (comme les impérialistes communistes). Ceci ne plaisait certainement pas au capitalisme occidental et plus particulièrement aux USA (Il faut se souvenir que l’uranium des premières bombes atomiques américaines provenait du Congo à l’époque belge ..... ce dont Lumumba ne s’est pas soucié ... mal lui en prit ! )
            Il n’empêche que Kagamé serait le fils de la sœur de la dernière Mwamikazi et de ce fait ne serait pas de la lignée royale la plus directe des Nyinginya et que le slogan « non au retour à un régime féodo-monarchique » avait malgré tout un sens prémonitoire au vu des « dérives régaliennes » actuelles du régime Kagamé. Bien entendu l’empalement pour vol de vaches est remplacé, pour opposition politique, à la mort par étranglement (Patrick Karegeya), décapitation (André Kagwa Rwisereka), ou égorgement (Anselme Mutuyimana). ; la hutte royale et son rugo sont remplacés par des « buildings-hôtels 5 * » à l’architecture bling-bling et piscine en toiture. ; les avantages de l’ubuhake sont remplacés par les Panama Papers de la Balck Jet Set. Il n’empêche que, contrairement à ce que j’ai cru comprendre de ce que vous disiez ..... le FPR n’a pas été tenté par la Russie mais a bien été armé par les USA à travers l’Ouganda et défendu à l’ONU par cette même « communauté internationale amie du peuple rwandais et des richesses de leurs frères congolais". Ceci est vrai même si Paul Kagamé n’était pas le premier choix des USA et de Musévéni ... mais devant le fait accompli de l’assassinat de Fred Rwigéma, par Paul Kagamé, il ne restait plus, faute de mieux, qu’à soutenir ce dernier .... ce dont Musévéni se mord les doigts depuis maintenant bientôt trente ans !!!! Bien à vous.


          • Emmanuel Cattier 12 juillet 22:44

            Filip Reyntjens a rédigé la constitution du régime ethniciste dirigé contre les Tutsi. Il défend ses protégés, même si leurs successeurs ont commis le génocide des Tutsi. Cet universitaire belge est d’une partialité notoire dans cette affaire.

             

            Pour le reste, comment peut-on mettre en balance le génocide des Tutsi, fait majeur, et d’éventuels crimes politiques dont les auteurs ne sont pour la plupart du temps pas connu, souvent hypothétiques, voire désignés par des personnes qui ont des comptes à régler ?

             

            Cet article poursuit la même stratégie que celle de tous ceux qui défendent mordicus la position des autorités françaises de l’époque : essayer de prouver que le FPR et son chef seraient plus criminels que les génocidaires que la France a soutenus, avant, pendant et après le génocide.

             

            Ils s’imaginent que cela pourrait "retourner l’opinion". Ils s’imaginent que cela pourrait les disculper dans l’opinion de toute complicité dans le génocide des Tutsi. Ils continuent dans leur aveuglement et restent aveugles. Ils ont peur car la complicité dans le génocide des Tutsi devrait tomber sous le coup de la loi de façon imprescriptible, selon la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide adoptée par l’Assemblée des nations unies en décembre 1948.

             

            Jusqu’où alla la complicité de la France dans le génocide des Tutsi ? Lisez ce compte-rendu de l’audition du général Varret, chef de la mission militaire de coopération au ministère de la défense, par les députés français en 1998 :

             « …Le Général Jean Varret a souligné que l’ambassadeur souhaitait une redéfinition de la coopération militaire, notamment à l’égard de la gendarmerie rwandaise, qui se comportait en véritable armée, et la transformation de la garde présidentielle en garde républicaine, mais il a jugé que l’objectif souhaité par l’ambassadeur, d’en faire une gendarmerie à la française, n’avait pas été atteint. Il a rappelé qu’à la suite de divers attentats, la gendarmerie rwandaise avait demandé, avec l’appui de l’ambassadeur, une formation d’officier de police judiciaire (OPJ), afin de pouvoir mener efficacement des enquêtes intérieures. Il a précisé qu’il n’avait envoyé que deux gendarmes car il s’était vite rendu compte que ces enquêtes consistaient à pourchasser les Tutsis, ceux que le Colonel Rwagafilita appelait “ la cinquième colonne ”. Cette action de formation a donc échoué. M. Bernard Cazeneuve s’est demandé s’il fallait comprendre que le souhait du Gouvernement rwandais de former des officiers de police judiciaire était en fait motivé par le désir de ficher les Tutsis. Le Général Jean Varret a confirmé que c’était effectivement son sentiment et qu’il avait tout fait pour freiner cette coopération avec la gendarmerie rwandaise, qui est demeurée superficielle. »

             

            En réalité le général Varret aurait voulu que cette coopération reste superficielle, mais il fut désavoué par l’état-major français, comme il le dit dans cette audition et comme il le confirmera dans son livre en 2018.

            Des Français ont donc contribué à "ficher des Tutsi". C’est avéré et confirmer par des documents connus.

            En 1992, une équipe de cinq officiers de police judiciaire français a aidé le gouvernement qui préparait le génocide à réorganiser le « fichier central » rwandais, c’est le terme rwandais qui désignait le fichier et le bâtiment où il se trouvait. Notamment des documents non contestés attestent qu’ils ont informatisé le fichier PRAS, fichier des personnes à rechercher et à surveiller. Tous ceux qui ont connus le Rwanda à cette époque savent que ces personnes étaient des Tutsi, considérés comme des ennemis de l’intérieur, complices du FPR de l« extérieur », formé de Tutsi exilés sous la violence.

            En 1992 également « la définition de l’ennemi », diffusée par l’armée rwandaise, déclarait que " L’ennemi principal est le Tutsi de l’intérieur ou de l’extérieur extrémiste et nostalgique du pouvoir, qui n’a jamais reconnu et ne reconnaît pas encore les réalités de la Révolution Sociale de 1959, et qui veut conquérir le pouvoir au Rwanda par tous les moyens, y compris les armes. Le partisan de l’ENI est toute personne qui apporte tout concours à l’ennemi principal. ".

            D’ailleurs il est avéré que dès octobre 1990 dix-mille Tutsi de l’intérieur furent emprisonnés par la gendarmerie rwandaise, simplement parce qu’ils étaient Tutsi. la Belgique a quitté aussitôt le Rwanda, mais la France s’est engagée au côté du régime ethniciste. Plusieurs massacres de masse de Tutsi eurent lieu de 1991 à 1993. Ces officiers de police judiciaire français n’ont jamais dit un mot là-dessus alors qu’ils étaient présents au Rwanda, pays plus petit que la Bretagne, et alors que des documents montrent qu’ils connaissaient ces faits. Ces officiers français faisaient plus du renseignement de guerre orienté contre l’ennemi principal que des enquêtes.

            Le moins que l’on puisse dire est que les autorités françaises des années 1990 ont pleinement obtempéré devant cette définition de l’ennemi clairement ethniciste.

            Voilà pourquoi cette complicité française est allée très loin, beaucoup trop loin, et pourquoi certains Français ont peur et racontent n’importe quoi pour se défendre.


            • Bertrand Loubard 13 juillet 20:48

              @Emmanuel Cattier

              Merci pour votre commentaire.

              Ceux qui ont connu Filip Reyntjens au Rwanda d’avant la guerre d’octobre’90, le tenaient pour un critique (« objectif » mais ferme et trop négatif) du régime Habyarimana et de ses dérives. Il leur paraissait plutôt « tendance » Alison Desforges. Il aurait « collaboré » avec celle-ci, étant adepte d’une approche positive et constructive de la nécessité d’une évolution prudente des institutions de la deuxième république. Ils se seraient retrouvés dans les prémices de la rédaction du célèbre livre : « Aucun témoin ne doit survivre » (Livre interdit dans le Rwanda de Paul Kagamé, où Alison Desforges était d’ailleurs devenue persona non grata.). A la mort d’Alison Desforges (Février 2009), Reyntjens écrivait : « I have worked a lot with Alison during the past twenty years, and we’ve been through hard and great times together. I’m losing a mother, a sister, a mentor and a friend ». Pour un sympathisant « promoteur » d’une « constitution ethniciste » hutue ayant conduit au Génocide des Tutsis cela paraît bien « étrange ». Surtout que Reyntjens devait être au courant qu’Alison Desforges, morte dans le crash de Buffalo (dont les causes ne furent jamais déterminées ; ce qui rappelle un autre « crash » non élucidé), revenait aux USA, depuis Londres où elle avait exposé un rapport dans lequel elle déconseillait au gouvernement britannique, l’entrée du Rwanda dans le Commonwealth.

              J’admets qu’il semble que, comme beaucoup d’observateurs dont les points de vues évoluent avec l’affirmation du caractère réel de la dictature de Paul Kagamé, Reyntjens ait lui - même pu paraître avoir une approche « fluante » dans la perception des « dérives » du régime de Kagamé (qui sont « tout » sauf « improvisées »). Ce qui n’en fait pas un « négationniste ». Ou si je m’abuse : pourquoi n’a-il pas encore été trainé en justice puisqu’en Belgique il existerait maintenant un équivalent des lois mémorielles françaises (Loi Gayssot)

               

              Vous dites : « ..... ceux qui défendent mordicus la position des autorités françaises de l’époque d’essayer de prouver que le FPR et son chef seraient plus criminels que les génocidaires que la France a soutenus, avant, pendant et après le génocide ..........  ».

               

              Il n’y a pas que des Français de « France à défendre « mordicus » ...... High Commissioner for Human Rights Navi Pillay : “Rwanda and Uganda are currently hosting senior military officers of the M23” (dont Bosco Ntaganda, aux ordres de Paul Kagamé, vient d’être reconnu comme un acteur de premier plan, coupable de crimes contre l’humanité et autres)

              Etablir un classement général des criminels de guerres pour décerner les trois premières places du podium n’a rien à voir avec les faits indiscutables que c’est bien le FPR qui a attaqué le Rwanda en octobre 1990, que ce sont bien les Hutus qui ont commis le génocide en 1994, et que c’est bien le FPR de Paul Kagamé qui a fait deux guerres au Congo de 1996 à 2003 (agrémentées d’« escarmouches » avec l’Ouganda, déjà !!!)

              S’il faut mettre en évidence une quelconque responsabilité de la France dans le Génocide des Tutsi du Rwanda cela devrait être fait dans le cadre chronologique, plus large et transparent, des soutiens de la « Communauté Internationale » au premier de tous les crimes, le crime contre la Paix, et ses conséquences directes et indirectes. Dans cette communauté internationale (qui était, déjà à l’époque et jusqu’à aujourd’hui, avant tout américaine, canadienne, anglaise, israélienne, belge) quel poids la France détenait-elle ? La réponse est simple au vu des spectaculaires résultats des multinationales anglo - saxonnes établies depuis en Afrique des Grands Lacs.

               

              Je crois qu’on devra encore discuter longuement, entre nous, de la tragédie rwandaise.

              Mais à l’époque, ceux qui savaient que ce n’étaient pas les Nazis qui avaient commis le massacre de Katyn, mais bien les Soviétiques, ceux- là qui n’ont rien dit à Nuremberg étaient – ils de négationnistes de la Shoah ? Mais viendrait-il jamais à l’esprit, de qui que ce soit, de dire que ceux qui ne soutiennent pas Kagamé et son régime devraient tomber sous le coup d’une loi pour révisionnisme des lois du marché et des valeurs du complexe militaro-industriel et plus particulièrement des intérêts économiques, financiers, industriels anglo-saxons ?

              Bien à vous.


            • Emmanuel Cattier 14 juillet 00:50

              @Bertrand Loubard

              Vos considérations périphériques n’arriveront pas à noyer le poisson. Elles évitent de répondre à l’essentiel de mon message : Pourquoi des Français ont-ils reçu l’ordre de notre état-major d’informatiser le fichier central rwandais et notamment le fichier « PRAS » des Personnes à Rechercher et A Surveiller, dans un contexte pré-génocidaire où les Tutsi étaient clairement ciblés ? 

              Ce fichage des Tutsi est un élément caractéristique d’une stratégie génocidaire à laquelle les autorités françaises ont clairement, mais secrètement, apporté leur concours technique entre 1990 et 1994 et alors qu’elles connaissaient l’intention de génocide des autorités rwandaises ouvertement exprimées dès 1990, selon le rapport et les auditions de la mission d’information parlementaire française, dont le président a soigneusement évité de faire une présentation honnête à la presse en décembre 1998 et dont j’ai rappelé des éléments fondamentaux dans mon premier message.

              Tant qu’on évitera cette question essentielle, liée à la définition même du génocide par les instances internationales, je n’irai pas plus loin dans le débat. C’est le nœud du problème de ce qu’il faut bien appeler la complicité des autorités françaises dans le génocide des Tutsi et le mensonge, négationniste de cette complicité, qui l’accompagne. C’est sans doute ce que le chef d’état-major français actuel appelle, avec l’espoir naïf de l’étouffer, une « vérité simple ».

              Désolé pour mon exigence, mais on ne pourra pas éternellement éviter cette question en se contentant de naviguer de façon imprécise sur les événements périphériques, graves certes, mais très secondaires par rapport à la magnitude violente d’un génocide. Rien ne peut excuser le recours à un génocide, ni le soutien objectif à une intention de génocide. 

              Certes on peut supposer, faiblesse de Français à l’égard de son pays sans doute, que les autorités françaises ne partageaient pas cette intention. Mais cela ne fut jamais exprimé. Peut-on rester neutre devant des forces génocidaires ? Ai-je des raisons objectives d’être si bienveillant avec mon pays ? La France n’a même pas respecté le premier des cinq accords de paix d’Arusha, alors que les autorités de l’époque ne cessent de clamer qu’elles les ont encouragés. Double langage. Mensonge.

              Dans un génocide les mots sont essentiels. Ce n’est pas la violence des souffrances subies par les personnes ciblées qui font d’un massacre de masse un génocide, mais l’intention des tueurs et donc leurs mots, surtout s’ils sont suivis d’actes hélas cohérents avec ces mots.

              Pas une seule fois les autorités françaises n’ont prononcé des mots pour décourager leurs alliés de commettre un génocide. Non, elles n’ont pas cessé de les soutenir, militairement, diplomatiquement et financièrement en faisant comme s’il n’y avait pas de génocide en projet, puis en cours, puis même après son accomplissement. Elles n’ont pas exprimé d’intention de génocide, mais les intentions de génocides exprimées n’ont pas enrayé sa stratégie de soutien à ceux qui les exprimaient. Le FPR n’a rien à voir avec cette stratégie française de négation de fait, à l’époque, d’un génocide. Le négationnisme est au cœur de l’entreprise génocidaire.

              J’observe d’ailleurs que dès sa création le FPR militait au contraire dans ses fondamentaux pour mettre fin à l’ethnisme rwandais, dont le directeur de recherche émérite du CNRS Jean-Pierre Chrétien, spécialiste de la région des Grands lacs, démontra la dérive irrationnelle de son développement. Une fois au pouvoir les mots du FPR se sont traduits en acte et les cartes d’identité ethniques furent rapidement abolies, avant de rendre illégale cet ethnisme dans la constitution rwandais, et de lutter aujourd’hui encore contre l’idéologie de ce « nazisme tropical », pour reprendre l’expression de Jean-Pierre Chrétien.

              Évidemment les stratèges français et les alluvions des génocidaires accusèrent le FPR d’abandonner l’ethnisme parce que cela les arrangeait politiquement. Les Français et le Hutu power avaient pourtant fait au FPR le procès d’intention de vouloir faire un génocide des Hutu.

              En réalité, le FPR a combattu les génocidaires Hutu pour bloquer leur projet génocidaire effectif et clairement manifesté. Cela ne fut pas un génocide des Hutu, Non seulement cela n’a pas eu lieu, mais la majorité actuelle de la population rwandaise aurait une carte d’identité de Hutu si ces cartes n’avaient pas heureusement été abolies.

              Les mots et les actes ont un sens. Il n’y a d’ailleurs scientifiquement toujours eu qu’une seule ethnie au Rwanda dans les derniers siècles. Cette ethnie parle une seule langue, le Kinyarwanda, partage les mêmes croyances ancestrales, coloniales, puis post coloniales, et toute la population fut toujours intégrée dans le même espace, sans cloisonnement géographique. C’est l’ethnie rwandaise.

              J’espère faire toucher du doigt au lecteur la complexité de cette soi-disant « vérité simple ».

              Si elles avaient exercé un esprit critique sur l’héritage des colonisateurs et des églises chrétiennes, notamment catholique, les autorités françaises n’auraient pas suivi l’idée simpliste et fausse des « ethnies » rwandaises. Elles auraient été plus intelligentes à temps et ne se seraient pas laissées embobiner par le Hutu power.

              Une stratégie erronée ne peut pas gagner la paix. Elle ne crée que des conflits.


            • Bertrand Loubard 16 juillet 21:06

              @Emmanuel Cattier

              Merci de votre commentaire et des informations que vous me fournissez. Pour y répondre, même sans faire référence à la « périphérie » des 8 à 10.000.000 de morts des guerres de l’Afrique Centrale, il me faudrait sans doute tant de pages et de références, depuis le port du voile (« le voile est une opération terroriste ») jusqu’aux bombes nucléaires européennes (mais non-israéliennes, sauf votre respect) que cela n’entrerait pas dans le cadre d’un dialogue (finalement assez réservé ?) de ce forum.
              Bien évidemment il me faudrait invoquer Glucksmann, les colonisateurs allemands et belges, le rôle de l’église catholique, la non existence de différences (tant que cela nous convient) entre populations d’un même pays, d’une même région ; en fait toute l’armada de ceux qui estiment (néo-colonialistes au deuxième degré, en tête ?) que les autres n’ont évidemment pas le droit d’avoir un avis basé sur une conviction intime, puisque contraire à la doxa et aux critères de l’inquisition ..... !
              Bien à vous.
              P.S. : Si j’en ai encore la santé, le temps et la force, j’aimerais vous répondre dans un « papier » ouvert à tout le « monde ».
              Bien à vous.


            • Emmanuel Cattier 21 juillet 07:55

              @Bertrand Loubard
              Je vois que vous préférez élargir encore la périphérie plutôt que d’approfondir ma question pointue. Circulez il n’y a rien à voir… Intéressez-vous à ce qui se passe ailleurs. C’est l’éternelle façon de détourner la question des points cruciaux et gênants.

              Mais puisque vous vous évadez en parlant « des 8 000 à 10 000 000 de morts des guerres de l’Afrique Centrale », voilà typiquement une façon de désinformer. Je pourrais vous parler des 80 à 100 millions de morts des guerres en Europe. Mais sur quelle période ?

              J’imagine que vous allez vous étendre sur ce qui me semble être une « fake news » bien colportée : les 4, 6, 8, 12 millions de morts des guerres du Congo et du rapport Mapping qui l’établirait.

              Pourquoi je perçois une « fake news » ? Parce que ces millions de morts du Congo reposent sur une information très contestable de l’ONG IRC basée aux USA. Le rapport Mapping le confirme d’ailleurs, dans sa note 87 de la page 49 de la version française en PDF :

              « Ces dix années ont, en effet, été marquées par une série de crises politiques majeures, des guerres ainsi que de nombreux conflits ethniques et régionaux qui ont provoqué la mort de centaines de milliers, voire de millions de personnes 87 »
              « Note 87 : L’International Rescue Committee (IRC) a mené quatre études sur la mortalité en RDC entre 1998 et 2004. Selon l’IRC, depuis le début de la deuxième guerre en août 1998 jusqu’à la fin du mois d’avril 2004, environ 3,8 millions de personnes auraient péri, victimes directes ou indirectes de la guerre et des conflits armés. Il est à noter cependant que la méthodologie retenue par l’IRC pour déterminer le nombre de morts indirects repose sur des études épidémiologiques et des estimations de croissance démographique qui ont pu être contestées. Compte tenu de son mandat, il ne revenait pas au Projet Mapping de se prononcer sur le nombre total de personnes mortes ou tuées du fait de la situation en RDC au cours de la période considérée. »

              Si vous allez consulter le Conseil de surveillance de l’IRC vous y trouverez toute une panoplie de secrétaires d’état US, dont certains sont célèbres pour leur sens de l’honnêteté intellectuelle pour engager le monde dans des conflits qui intéressent les intérêts états-uniens : Madeleine K. Albright, Henry A. Kissinger, General Colin L. Powell, Condoleezza Rice pour ne citer qu’eux.

              D’autre part je vous invite à consulter cette étude démographique d’un cabinet belge de démographes patentés qui a été missionné par la commission européenne pour aider la RDC à établir ses listes électorales. Les cartes d’électeur qui en ont découlé sont devenues par la loi les cartes d’identité des Congolais de RDC. C’est à ma connaissance la seule étude démographique sérieuse sur ces « millions de morts » en RDC de 1998 à 2004. Pour eux les millions sont en fait des dizaines de milliers de morts. Très précisément, aux aléas des études démographiques près, cent quatre-vingt-trois mille morts « de trop ».

              Il résulte de tout cela le sentiment qu’il y a une manipulation des chiffres quelque part. D’une part le rapport Mapping ne décompte pas les morts de RDC, mais cerne environ 600 « exactions » sans pouvoir déterminer très souvent le nombre de morts pour chacune « un nombre indéterminé de morts », et encore moins un total général, ce que ce rapport souligne dans sa note de bas de page : « Compte tenu de son mandat, il ne revenait pas au Projet Mapping de se prononcer sur le nombre total de personnes mortes ou tuées du fait de la situation en RDC au cours de la période considérée. » (l’expression « nombre indéterminé » renvoie dans le rapport Mapping 177 occurrences. Cela peut concerner des morts, des blessés, des découvertes de charniers, des personnes qui ont participé à telle ou telle action, etc.).

              Donc si vous traitez ce problème dans un autre article comme vous le dites, merci de tenir compte de ces informations périphériques.

              Mais je reviens à ma question qui vous a fait vous évader au Congo : Pourquoi des Français ont-ils reçu l’ordre de notre état-major d’informatiser le fichier central rwandais et notamment le fichier « PRAS » des Personnes à Rechercher et A Surveiller, dans un contexte pré-génocidaire où les Tutsi étaient clairement ciblés ? La réponse à cette question n’est certainement pas au Congo, même en exagérant les considérations périphériques, mais en France et au Rwanda.


            • Emmanuel Cattier 21 juillet 08:01

              Pourquoi des Français ont-ils reçu l’ordre de notre état-major d’informatiser le fichier central rwandais et notamment le fichier « PRAS » des Personnes à Rechercher et A Surveiller, dans un contexte pré-génocidaire où les Tutsi étaient clairement ciblés ? La réponse à cette question n’est certainement pas au Congo, même en exagérant les considérations périphériques, mais en France et au Rwanda.

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