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Jean Zay : hommage à une figure héroïque de la République de pleine actualité (20 juin 2022, Cusset)

Restitution de la conférence donnée lors de la commémoration du 78e anniversaire de l’assassinat de Jean Zay par la milice de Vichy, organisée le 20 juin 2022 par le Comité en l’honneur des 80 parlementaires du 10 juillet 1940 et des passagers du Massilia (1) : Jean Zay, figure héroïque d’un Front populaire du progrès et de la liberté

La commémoration de l’assassinat de Jean Zay par la milice de Vichy, ministre du Front populaire à l’Education nationale, offre à bien des égards une prise sur le présent. Elle nous rappelle que l’école trouva sa conception moderne sous le signe d’un républicanisme de progrès. La laïcité de l’école qu’il dut réaffirmer, est toujours dans ce prolongement l’un des grands enjeux d’actualité, renvoyant à un modèle politique plus large, relatif à la question de savoir comment au mieux faire société. Ce retour à Jean Zay éclaire la mission d’aujourd’hui de cette école qui ne fait pas qu’enseigner, mais se doit de former à la conscience de notre République comme communauté de bien, celle de citoyens.

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Commémoration de l’assassinat de Jean Zay, le 20 juin 2022 à Cusset, Allier.

 

Jean Zay, une figure héroïque, reflet des grands choix devant l’histoire

« Passant, souviens-toi, ils sont morts pour ta liberté. Hommes veillez. 1939-1945 » dit le monument aux morts. Il nous remémore ce qui fut accompli par certains, leur résistance à l’oppression, la mort qui fut au bout du chemin. Parmi eux, furent ceux désignés à leur bourreau par les circonstances , en raison de leur engagement pour la liberté et la République. Jean Zay fait partie de ceux-là, comme ministre de l’Education nationale du Front populaire. Ce moment où la troisième République construit sa dimension sociale. Il accomplit alors une action souvent ignorée, décisive pour poser les termes de la modernisation de l’école, dans le sens d’en éliminer le poids des origines sociales sur le destin des élèves. Il participe d’un mouvement d’émancipation affirmé par sa volonté : « de maintenir l’enseignement public à l’abri des propagandes politiques et confessionnelles". Des convictions qui lui valent la haine du régime collaborationniste de Vichy, et doublement du fait de son origine israélite, jusqu’à son assassinat par la milice française, le 20 juin 1944.

Martyr ou héros ? On retiendra que la liberté a un prix, celui d’un engagement sans faille, qui fait les destins hors du commun, et montre la voie. S’il y a une leçon d’histoire à tirer ici, plus que dans les faits matériels refroidis, il faut la chercher dans le choix des actes des hommes qui l’ont faite, du côté de la volonté humaine. Transmettre ne suffit pas pour faire continuité, faut-il encore convaincre de la portée de ce qui-là, s’est joué, pour nourrir combien il y a du sens à mettre nos pas dans les traces de ceux qui nous ont précédés.

Jean Zay, situé à l’aile gauche du parti radical, jeune avocat, franc-maçon (Grand Orient De France), d’origine juive par son père, a un parcours hors du commun. Député radical du Loiret en 1932 à 27 ans, il est le chef de file des jeunes radicaux de son parti et du courant favorable à la dynamique de Front populaire (union des socialistes, des communistes et des radicaux). Il est choisi par Léon Blum, qui cherche un équilibre au sein de son cabinet entre les différentes composantes du Front populaire, pour être ministre de l'Éducation nationale, à 31 ans (2). Marié en 1931 avec Madeleine Dreux, ils se connaissent depuis l'enfance, deux filles naîtront de cette union, Catherine et Hélène.

Le Front populaire, une rencontre victorieuse du peuple avec la liberté

Après le krach boursier de 1929, une crise économique avec ses effets sociaux gagne les sociétés développées dont la France. Les soupes populaires se multiplient. Alors que le gouvernement ne parvient pas à juguler la crise, des scandales financiers éclatent, comme celui de l’homme d’affaires peu scrupuleux Stavisky, auquel sont mêlés des hommes politiques corrompus. Ce qui donne des arguments à un antiparlementarisme d’extrême droite qui rêve d’un pouvoir autoritaire dans un contexte de montée des fascismes en Europe.

Le 6 février 1934, s’appuyant sur certains mouvements d’anciens combattants, les ligues d’extrême droite, Croix de feu, manifestent pour renverser le gouvernement et le Parlement, provoquent des émeutes, on se bat dans les rues. Le 9 février, le Parti communiste organise une manifestation pour contrer cette tentative de coup d’Etat. Le bilan de ces journées est lourd, des dizaines de morts et de nombreux blessés. Le coup de force fasciste a échoué. La République a tremblé mais elle a résisté ! Le 12 février lors d’une grande contre-manifestation au Cours de Vincennes, des cortèges de la SFIO (socialistes), du Parti communiste, et des radicaux, convergent, puis se mêlent aux cris d’« unité, unité, unité… ». Le Front populaire est né, avec pour objectifs premiers, la défense de la République française et contre le fascisme ! Maurice Thorez, secrétaire général d’un PCF qui réconcilie le drapeau national et le drapeau rouge, lance à la Chambre des députés « Front populaire du travail, de la liberté et de la paix ». Ce qui se traduit par la formule à succès : « pour le pain, la paix et la liberté ». Les élections de 1936 donnent la victoire au Front populaire, avec des forces de gauche qui se présentent unies avec un programme. C’est le socialiste Léon Blum qui prend la direction du gouvernement, le PCF n’y prend pas part mais le soutient. Trois femmes sont nommées sous-secrétaires d’Etat, Irène Joliot-Curie, Cécile Brunschvicg, et Suzanne Lacore, alors qu’elles n’ont pas encore le droit de vote. Une révolution avant l’heure (3) !

Cette dynamique crée chez les ouvriers un immense espoir (4). Les usines d’aviation Breguet du Havre se mettent en grève en réplique à des licenciements d’ouvriers grévistes du 1er mai 36. C’est le détonateur d’un embrasement qui fin mai prend une ampleur sans précédent, s’étendant à l’ensemble du pays. On occupe les usines dans une atmosphère de fête, on y dort et on y danse, on est unis dans un combat qui transcende l’inégalité entre les sexes. Après avoir vécu dans la peur du contremaître et l’ombre pesante de la machine, c’est une nouvelle ère qui commence pour le monde du travail après plus d’un siècle de Révolution industrielle, et d’exploitation forcenée. Le patronat est obligé de céder aux revendications ouvrières, avec une augmentation de 7 à 15% des salaires, 40 heures de travail hebdomadaire au lieu de 48, quinze jours de congés payés, les conventions collectives… Des avancées garanties par le gouvernement, connus sous le nom d’« accords Matignon » ! (5)

Le Front populaire est laïque par excellence, s’attachant à un Etat séparé des cultes, garant des libertés essentielles : liberté de pensée et d’opinion, de conscience, liberté syndicale. Malgré les « Hitler plutôt que le Front populaire » d’aucuns, le pari est gagné, et c’est après la Révolution française une avancée majeure de la condition ouvrière, et même de l’Homme.

Jean Zay, ministre lumineux du Front populaire

Il est choisi par Léon BLUM pour être Ministre de l’Education Nationale et des Beaux-arts. Nommé le 4 juin 1936, il conservera ce poste jusqu’au 10 septembre 1939. Il élabore un plan d’ensemble, cohérent, qui vise à la démocratisation de l’enseignement. Il est question d’unification des programmes pour permettre des passerelles entre les différentes sections. Il s’agit de créer les conditions que les élèves puissent réussir selon leur mérite et leurs talents, en changeant un système jusque-là très inégalitaire, reproduisant par deux parcours bien distincts les différences d’origine sociale. Il va proposer d’y substituer une logique d'éducation nationale organisée par âge en trois degrés coordonnés « premier, deuxième, supérieur », intégrant l’ensemble des élèves. Pour le passage vers le second degré il va envisager un palier, dont le rôle deviendra plus tard celui de la classe de 6e. En matière d'éducation physique, il voudra la rendre obligatoire une heure par jour ou un après-midi par semaine, ce qu’il testera dans plusieurs départements.

Si Jean Zay laisse une œuvre législative relativement modeste, elle tient dans la prolongation de l’âge obligatoire de la scolarité de 13 à 14 ans (loi du 9 août 1936), son œuvre ministérielle constitue néanmoins une référence majeure des politiques éducatives et culturelles ultérieures. Les projets de loi qu’il déposera sur le premier et second degrés, la création de l’Ecole nationale d’administration, et le règlement en matière de droit d’auteur et de contrat d’édition, ne seront toujours pas adoptés lors de l’entrée en guerre de la France en septembre 1939. C’est donc essentiellement par décrets qu’il agira, pour contourner les obstacles, et surtout, par une politique d’expérimentation et d’évaluation qui ouvrit des possibilités d’innovation sans précédent.

Jean Zay c’est aussi la gratuité de l’enseignement du second degré, l’organisation des diplômes et de l’enseignement technique, la protection de la santé des élèves, le début des colonies de vacances, les œuvres sociales (futur CROUS)… Il obtient un effort budgétaire considérable en faveur de l'enseignement. Des milliers de postes d'instituteurs et de professeurs sont créés afin de dédoubler les classes dépassant 35 élèves. Avec Léo Lagrange, sous-secrétaire d'État aux Sports et aux Loisirs qui passe sous sa houlette, il joue aussi un rôle majeur dans la mise en œuvre des congés payés. La création d’un Billet de congés payés à tarif réduit (-40%) a un succès considérable, un million en 1937. Il développe les Auberges de Jeunesse et le tourisme populaire (campings, camps de vacances). Il introduit dans les examens le Brevet Sportif Populaire. Il adopte une politique du sport (stades, piscines) et crée des écoles nationales de ski et de tennis. L’effort est énorme ! Beaucoup de lycées et d’écoles sont construits, reflétant les tendances de l’art contemporain. Il aura été l’architecte de la démocratisation de l’école. Il a aussi posé les bases de l’ENA, du CNRS avec Jean Perrin, grâce auquel verra le jour le Palais de la Découverte (6), contribué à la création du musée de l'Homme, initié le Festival de Cannes dont la première édition ne pourra se tenir en raison du déclenchement de la guerre. Il pose de fait les conditions d’une culture pour tous.

Par circulaires, il s’inscrit contre les propagandes politiques ou religieuses à l’école, résolument gratuite, obligatoire et laïque, dans le prolongement de Jules Ferry. Il entend promouvoir une école fondée sur des savoirs, des connaissances démontrables et vérifiables, des enseignements rationnels, la formation du libre-arbitre des élèves. Le programme du Conseil national de la résistance s’inspirera des acquis du Front populaire et des apports de Jean Zay, que prolongera le plan Langevin-Wallon après la victoire sur le nazisme, jusqu’aux réformes des années 60 et 70 (7). Jean Zay, un ministre qui fut on ne peut plus visionnaire.

Jean Zay, victime de la « haine du juif » ! L’antisémitisme jusqu’au crime

Les ligues d’extrême droite développent leur hargne contre Léon Blum et ce qu’ils nomment sa « tribu ». Jean Zay partage avec le chef du gouvernement la même origine, ce qui en fait une cible de choix pour l’extrême droite antisémite, antiparlementariste, et antimaçonnique.

Il se prononcera à la fois contre la non-intervention en Espagne, où la jeune République espagnole fait face au fascisme, et les accords de Munich (Daladier, Chamberlain, Hitler, Mussolini), prétendument pour « éviter la guerre », qui prévoient de livrer les Sudètes à l’Allemagne qui en chassera les Tchèques. Se déclarant contre le fascisme et les dictatures, antihitlérien, il est accusé de « bellicisme ». De l’autre, d’« antipatriote », en raison d’un poème de jeunesse « Le Drapeau », dont il voit le Bleu Blanc Rouge en quelque sorte souillé, ulcéré par le sacrifice de toute une frange de la jeunesse dans les tranchées de 14. Décontextualisé, il sert de prétexte à l’extrême droite pour violemment l’attaquer.

L’Action française, ligue fasciste créée en 1899 alors que l’affaire Dreyfus bat son plein, traite le ministre de « juif corrupteur de la jeunesse » pour culminer dans l’absolu vulgarité du plus pur antisémitisme par une formule qui donne des haut-le-cœur : "juif Torche Zay"A ce flot d’ordure Céline mêle sa voix, pour lâcher dans son pamphlet antisémite, l’Ecole des cadavres « sous le négrite juif Jean Zay la Sorbonne n'est plus qu'un ghetto (…) Je vous Zay » (Idem 2). Malgré ce climat délétère, il restera à son poste quarante mois.

Dans le contexte du régime de Pétain, il est arrêté le 15 août 1940, condamné à la déportation à vie, mais finalement incarcéré à la maison d’arrêt de Riom. Il ne cherche pas à s'évader, bien que les forces de la Résistance l'auraient sans doute permis. Il continue à travailler de sa cellule pour des réformes qu’il espère. Mais c’est sans compter avec un contexte exacerbé de haine antisémite qui encourage la milice dans ses exactions. Le 20 juin 1944, trois miliciens viennent le chercher à la prison, présentant un ordre de transfert. Lui laissant entendre d’être des résistants déguisés ayant pour mission de lui faire rejoindre le maquis, ils l’assassinent ici, dans un bois, près de la carrière abandonnée, au lieu-dit Les Malavaux dans la faille du Puits du diable (Molles, dans l'Allier). Ils le déshabillent avant de le jeter dans le ravin avec plusieurs grenades pour dissimuler leur crime. Son corps ne sera retrouvé qu'en 1946 par des chasseurs. C’est là qu’un monument aux morts a été érigé, pour que l’on se souvienne…

Jean Zay, toujours vivant

On le désigne comme « martyr de la République ». Oui ! car elle fut hors-la-loi sous l’Etat collaborationniste et la « Révolution nationale » du maréchal Pétain, remplaçant la devise républicaine « Liberté-Egalité-Fraternité », par « Travail-Famille-Patrie »… La France c’est la République, voilà pourquoi le régime de Pétain, non, ce n’était pas la France, à l’image du Refus républicain des 80 parlementaires à la remise du pouvoir constituant à son gouvernement. Jean Zay est entré au Panthéon en 2015, « Aux grands hommes la patrie reconnaissante ».

Cette école laïque de portée sociale dont on doit la mise en perspective historique à Jean Zay, est aujourd’hui confrontée à bien des défis pour jouer son rôle de cohésion de la Nation. Cet héritage en faveur du progrès et de la liberté, au regard d’un passé au souffle si puissant, représente une grande responsabilité. Elle engage non seulement à ce qu’on le transmette, mais à ce que l’on convainque de ce qu’il est, un républicanisme de progrès à porter plus loin.

En forme de signature, nous choisirons ces derniers mots du résistant Jacques Decour fusillé au Mont-Valérien (30 mai 1942), qui, jetant un dernier regard sur l’avenir, écrivait, comme pour tous ceux qui en raison du choix de la liberté connurent le supplice : « Je me considère un peu comme une feuille qui tombe de l’arbre pour faire du terreau ».

De nombreux enfants d’école primaire (CM2) ont participé cette année à la commémoration, ont lu des textes inspirés par l’histoire de Jean Zay, ont entouré de leur jeunesse pleine de promesses la pierre où son nom est gravé, ont chanté La Marseillaise. On peut sans doute y voir un peu de ce terreau.

 

1-« Comité en l’honneur des 80 parlementaires du 10 juillet 1940 et des passagers du Massilia » : L’objet de cette association est d’agir pour que le vote des 80 parlementaires qui, le 10 juillet 1940, dirent non à la remise du pouvoir constituant au gouvernement de Pétain, prenne sa juste place dans l'histoire de la France et de la résistance ; défendre leur honneur et perpétuer leur souvenir ; faire de même pour les 27 parlementaires qui, le 20 juin 1940, du verdon, s'embarquèrent sur le "Massilia" pour aller continuer le combat depuis l'Afrique du nord (dont Jean Zay, Georges Mandel et Pierre Mendès France.)

2- Olivier Loubes, Jean Zay ou le destin brisé du Front populaire, revue L’Histoire, mai 2006, https://www.lhistoire.fr/jean-zay-ou-le-destin-bris%C3%A9-du-front-populaire. Article qui éclairera bien des références prises pour cette intervention. Olivier Loubes est l’un des meilleurs spécialistes de Jean Zay. Il a, entre autres, publié Jean Zay, la République au Panthéon, Dunod, 2021.

3-Patricia Latour, Le 36 des femmes, suivi de Le peuple de 36, par Roger Bordier. Le Temps des Cerises, 2006.

4-Guylain Chevrier, Il y a 70 ans, c’était le Front populaire ! Le témoignage de Maurice Kriegel-Valrimont (1914-2006), in les Cahiers d’histoire (Revue d’histoire critique), Retours sur le Front populaire, n°103-2008. Maurice Kriegel-Valrimont, militant de premier plan de cette période, nous livre le témoignage d’un grand témoin de l’histoire, restituant son climat de révolution sociale et d’enthousiasme pour la liberté. Il nous a quittés en août 2006. Voir aussi : https://www.lelivrescolaire.fr/page/31007760

5-Danielle Tartakowsky, Claude Willard, Histoire de la France contemporaine. Tome V : 1918-1940, Editions sociales, 1980.

6-L’Histoire du Palais de la découverte ; https://www.palais-decouverte.fr/fileadmin/_migrated/content_uploads/histoire_Palais_06.pdf

Voir aussi, Jean Zay rejoint Jean Perrin au Panthéon, par Denis Guthleben ; https://lejournal.cnrs.fr/billets/jean-zay-rejoint-jean-perrin-au-pantheon

7- Bernard Toulemonde (dir.), Le Système éducatif en France, Paris, La Documentation française, coll. « Les Notices », 3e éd. 2009 et, L'Éducation nationale et les réformes sous la Ve République ; https://www.cap-concours.fr/donnees/enseignement/preparer-les-concours/concours-de-cpe/l-education-nationale-et-les-reformes-sous-la-ve-republique-mas_educ_01

-Remerciement à Jean-François Chalot, militant laïque, ancien Secrétaire général du CNAFAL, pour la transmission du travail de sa sœur, Françoise Goetz, enseignante, qu’elle a consacré à Jean Zay, à l’occasion du 70e anniversaire du Front populaire (2006). Il a contribué à nourrir cette intervention.

 

Guylain Chevrier. Docteur en histoire, enseignant et formateur, ancien membre de la mission laïcité du Haut Conseil à l’Intégration. Vice-Président du Comité Laïcité République.


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36 réactions à cet article    


  • chantecler chantecler 1er juillet 10:05

    Très bel article ,

    Merci .


    • Et hop ! Et hop ! 1er juillet 21:58

      @chantecler :

      Il manque un échantillon de son oeuvre littéraire qui explique pourquoi il faisait partie des déserteurs à bord du Massilia.

      LE DRAPEAU, PAR JEAN ZAY.

       
      Ils sont quinze cent mille qui sont morts pour cette saloperie-là.
      Quinze cent mille dans mon pays, Quinze millions dans tous les pays.
      Quinze cent mille morts, mon Dieu !
      Quinze cent mille hommes morts pour cette saloperie tricolore…
      Quinze cent mille dont chacun avait une mère, une maîtresse,
      Des enfants, une maison, une vie un espoir, un cœur…
      Qu’est ce que c’est que cette loque pour laquelle ils sont morts ?
      Quinze cent mille morts, mon Dieu !
      Quinze cent mille morts pour cette saloperie.
      Quinze cent mille éventrés, déchiquetés,
      Anéantis dans le fumier d’un champ de bataille,
      Quinze cent mille qui n’entendront plus JAMAIS,
      Que leurs amours ne reverront plus JAMAIS.
      Quinze cent mille pourris dans quelques cimetières
      Sans planches et sans prières…
      Est-ce que vous ne voyez pas comme ils étaient beaux, résolus, heureux
      De vivre, comme leurs regards brillaient, comme leurs femmes les aimaient ?
      Ils ne sont plus que des pourritures…
      Pour cette immonde petite guenille !
      Terrible morceau de drap coulé à ta hampe, je te hais férocement,
      Oui, je te hais dans l’âme, je te hais pour toutes les misères que tu représentes
      Pour le sang frais, le sang humain aux odeurs âpres qui gicle sous tes plis
      Je te hais au nom des squelettes… Ils étaient Quinze cent mille
      Je te hais pour tous ceux qui te saluent,
      Je te hais à cause des peigne-culs, des couillons, des putains,
      Qui traînent dans la boue leur chapeau devant ton ombre,
      Je hais en toi toute la vieille oppression séculaire, le dieu bestial,
      Le défi aux hommes que nous ne savons pas être.
      Je hais tes sales couleurs, le rouge de leur sang, le sang bleu que tu voles au ciel,
      Le blanc livide de tes remords.

      Laisse-moi, ignoble symbole, pleurer tout seul, pleurer à grand coup
      Les quinze cent mille jeunes hommes qui sont morts.
      Et n’oublie pas, malgré tes généraux, ton fer doré et tes victoires,
      Que tu es pour moi de la race vile des torche-culs.

      1924


    • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 2 juillet 10:09

      @Et hop !
      Les « déserteurs » du Massilia ? Curieuse façon de récrire l’histoire quand on sait que ces « déserteurs », intoxiqués par les amis de Pétain, pensaient aller poursuivre la lutte en outremer !
      Quant au poème, c’est celui d’un jeune homme écœuré par ce qu’on cachait dans les plis d’un drapeau mythifié par l’extrême-droite d’alors.


    • Et hop ! Et hop ! 2 juillet 13:36

      @Jean J. MOUROT : « ... ces « déserteurs », intoxiqués par les amis de Pétain, pensaient aller poursuivre la lutte en outremer ! »

      Outremer, à Alger, à Londres, à New-York, le plus loin possible de l’armée allemande.

      Jean Zay était mobilisé, seuls les députés étaient exemptés de service militaire, et lui ne l’était pas, c’est pour ça qu’il a été condamné. Normalement, la désertion en temps de guerre était passible de la peine capitale, surtout pour un ministre qui doit donner l’exemple, le tribunal militaire a été bien gentil.


    • Octave Lebel Octave Lebel 1er juillet 13:21

      Très bel article d’informations qui nourrit nos connaissances et réflexions. Précieux dans cette période où certains depuis 20 ans ont cru pouvoir nous enfermer avec résolution et insistance sous une chape d’abêtissement et de désœuvrement politique qui a abouti à ce que toute une génération, dont prioritairement les plus modestes d’entre eux maintenus dans une relégation sociale, 70% des – de 35 ans en abstention lors des législatives,  née à l’éveil politique sous ces responsables, finisse par se défier de toute parole politique et se morfondre dans l’abstention.

      Heureusement qu’un nouveau tournant vient d’être pris. Tout sera fait pour le contourner et l’étouffer. Soyons lucides et pleinement présents. Ne nous laissons pas faire et construisons ensemble tranquillement mais résolument un autre monde.Le retour de notre investissement citoyen et vigilant en est la ressource qui sera durable si nous en avons la volonté.  

       

       


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 1er juillet 13:41

        @Octave Lebel
        Zzzzzzzzzzzzz..........


      • Octave Lebel Octave Lebel 1er juillet 18:36

        @Aita Pea Pea
        Un de vos commentaires les plus profonds smiley


      • SAVING-Private-ASSANGE 2 juillet 12:08

        @Octave Lebel

        c’est un incontinent qui fait pea-pea en dormant
         smiley


      • OJBA 1er juillet 20:37

        Mes enfant ont été dans une école « Jean Zay ». J’ai fait quelques recherches sur le nom. Cet article est plus complet. Bravo.


        • xana 1er juillet 21:44

          Faut comprendre.

          Pour Aita Pea Pea, la vraie résistance c’est Zelenskii.

          Jean Zay et la résistance Française, il ne connaît pas, il n’en a jamais entendu parler.


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 1er juillet 22:08

            @xana
            Je suis inculte , au contraire de toi qui aime parader avec un poireau dans le cul .


          • chantecler chantecler 2 juillet 06:22

            @Aita Pea Pea
            Ce commentaire vous honore .
            J’y vois un habitué .


          • xana 2 juillet 09:33

            @chantecler
            Croyez-vous qu’il faille répondre à ce genre de commentaire ?
            Quand ça sent autant, mieux vaut tirer la chasse...


          •  C BARRATIER C BARRATIER 2 juillet 10:02

            Très bon article, le premier sur jan Zay apportant un éclairage total. sur l’homme politique visionnaire, sur le citoyen, et sur ce qu’il nous a apporté. Au moment où en France, on fait de plus en plus le lit de l’école privée, où l’école publique est en danger, cette belle page sera d’autant plus utile qu’elle sera largement diffusée. Merci à son auteur. Diffusons !


            • Et hop ! Et hop ! 2 juillet 20:11

              @C BARRATIER

              Presque tout ce qui lui est attribué est faux, il existait déjà depuis des siècles, depuis le Moyen-Âge, trois niveaux d’enseignements : primaire (les petites écoles gratuites ett obligatoires dans toutes les communes dès le XVIie siècle), secondaire (les collèges de l’Université ou des Jésuites comme Louis-le-Gand, le collège de l’Esquille à Toulouse, etc) et supérieur (universités, grandes écoles d’ingénieurs, de commerce, etc).

              Il n’a pas du tout été résistant puisqu’il était fonccièrement antimilitariste (voir sa poésie "Le drapeau), et qu’il a déserté en ne se rendant pas à sa convocation sous les drapeaux (drapeaux qu’il exécrait), et en prenant la fuite sur un paquebot de luxe réquisitionné par le gouvernement radical, responsable de la guerre et de la déroute de l’armée.

              Par contre on ne mentionne pas ce qui a été son principal projet, la création de l’Ordre des architectes, réalisé par Vichy selon ses volontés, possiblement avec sa collaboration directe pendant qu’il était emprisonné.

              Les gens qui l’ont assassiné ne sont pas du tout identifiés.


            • Jonas 3 juillet 08:59

              Merci pour ce bel article , 

              Oui, cet homme assassiné a représenté ce que les pétainistes détestés : origine juive, intelligence supérieure , visionnaire , laïcité , école publique , franc-maçonnerie , Front populaire , résistance etc 

              Pour ce grand ministre, l’école publique ne doit pas se borner à instruire seulement , elle a pour devoir aussi de développer, les dons du corps et d’esprit , qui font des travailleurs , les citoyens les hommes véritables .


              • Et hop ! Et hop ! 3 juillet 20:52

                @Jonas

                Je vous ferai remarquer qu’il a été protégé tout le temps qu’a duré le régime de Vichy (et donc la milice) qui lui a adouci ses conditions de détention, et qu’il a été assassiné après que Pétain ait perdu le pouvoir, pendant l’épuration.

                Donc, il y a toutes les raisons de penser qu’il a été assassiné par des adversaires de gauche, des épurateurs gaullo-communistes pour l’évincer ou se venger, cette façon de « liquider » les gens était typique des communistes à cette époque, et on a fait porter le chapeau à la milice pas qu’on aille pas chercher de l’autre côté.

                Je ne sais pas comment on peut présenter ce type comme un héros de la résistance, il était antimilitariste et il a passé toute la guerre en prison pour désertion, après avoir tenté de s’enfuir à l’étranger (Une fois au large, les passagers du Massilia ont demandé l’asile politique à l’Angleterre puis aux USA, sui ont refusé).


              • Jonas 4 juillet 13:39

                @Et hop
                Au lieu d’écrire des bêtises , qui sont plus grosses que vous , certainement , vu vos élucubrations , essayez de lire « Souvenirs et solitude » de Jean Zay, Ed, Belin ou « Ecrits de prison » . Cela vous montrera , ce qu’un homme politique dotés , d’une grande intelligence et d’un amour pour son pays a accompli en un court de temps. 

                Quant à son assassinat , il n’y a plus de doute , ce sont bien les crapules miliciennes , qui sont responsables . Lettre anonyme reçue par madame Zay concernant son époux :
                << On l’a tout de même eu , ton fumier de mari , ce yourte,symbole vivant de l’ordure  d’un régime qui de 1919 à 1939 a conduit notre pays à la guerre à la défaite et à la ruine.>>
                Lettre de 1948 , soit quatre ans après l’exécution de Jean Zay autour du 20 juin 1944. 


              • jymb 4 juillet 15:13

                @Jonas

                L’école sert aussi à apprendre l’orthographe
                Relisez-vous...


              • Et hop ! Et hop ! 4 juillet 21:57

                @Jonas

                Une lettre anonyme envoyée à la veuve de Jean Zay signée : « Les miliciens fascistes et antisémites, assassin de votre mari. »

                Vous confirmez que les salopards qui ont assassiné Jean Zay ne sont pas identifiés, c’est facile d’envoyer une lettre qui attire l’attention dans une autre direction.

                Un journal dans lequel un homme politique fait son propre panégyrique n’est pas une source historique objective, de même qu’une lettre anonyme d’auto-accusation n’est pas une preuve de culpabilité.

                Que pensez-vous de l’appelation Jeunes Turcs que Jean Zay avait donné à son mouvement ?

                Si il fallait résumer les convictions de Jean Zay, il était athée, universaliste, foncièrement anti-catholique, antimilitariste et pacifiste, et pour son oeuvre au Ministère, il a poursuivi le travail de natiolalisation et de laïcisation de l’enseignement en conservant l’organisation et les méthodes inventées par les congrégations enseignantes, supprimées par la Révolution, et restaurées par Napoléon, puis Guizot. Son apport est insignifiant.


              • Jonas 5 juillet 08:43

                @Et hop !

                Oui, il a été pacifique comme la majorité de sa génération ( le grand Jaures , fut aussi un pacifiste avant la Grande Guerre ) mais il n’a pas dérogé à ses devoirs militaires , car il a effectué son service national en 1926-1928 comme simple soldat. 
                Non , Jean Zay n’était pas athée , il été d’origine juive par son père , baptisé ,il est même enterré au temple protestant d’Orléans. 

                Vous répétez ce que le journal du Loiret écrivait en 1937 : << Un juif baptisé devient peut-être chrétien , mais il ne devrait pas être Français >> 

                Je vous rappelle que lors de son choix au Mont Valérien en février 2014, le président François Hollande avait déclaré : << Jean Zay c’est la République . L’école de la République .>> 

                Les noms de ceux qui l’ont secondé dans son travail de ministre doit normalement susciter en vous de l’admiration : Jean Perrin, Léo Lagrange , Gustave Monod , Georges Huisman, Jean Cassou etc. 


              • chantecler chantecler 5 juillet 09:18

                @Et hop !
                « Une lettre anonyme envoyée à la veuve de Jean Zay signée : « Les miliciens fascistes et antisémites, assassin de votre mari. .... »

                "Vous confirmez que les salopards qui ont assassiné Jean Zay ne sont pas identifiés, c’est facile d’envoyer une lettre qui attire l’attention dans une autre direction..."

                Aucune confirmation si ce n’est votre interprétation .
                Personne ne vous a attendu , pour déclarer suite à des enquêtes après guerre que c’était bien la milice qui avait assassiné Jean Zay .
                Ca vous dérange peut être , mais c’est un fait .
                Et il faut être tordu pour le remettre en cause .
                Mais quand on partage et expose ses affinités avec les nazis et la milice rien d’étonnant .


              • Et hop ! Et hop ! 6 juillet 19:33

                @chantecler

                Votre rhétorique antifasciste de l’amalgame avec les nazis pour intimider les contradicteur, ça ne marche plus.
                Je prends acte que ce sont les staliniens comme vous qui ont imposé et qui défendent l’idée que les assassins de Jean Zay étaient des hommes de la milice, et pas ceux par exemple du « parti des 75 000 fusillés », revenus, de leur exil imposé par les radicaux-socialistes comme Jean Zay, ou des républicains espagnols parqués dans les camps de consentration comme Gurs par les mêmes radicaux-socialistes, ceux qui ont suivi l’Angleterre pour attaquer l’Allemagne. Il y a beaucoup d’autres hypothèses.
                Ce qui est sûr, c’est que Jean Zay a été en sûreté tant que Pétain était au pouvoir, ainsi que Laval (qui était aussi un ancien radical-socialiste). 


              • guylain chevrier guylain chevrier 4 juillet 03:25

                @Et hop ! On t’a reconnu ! Toujours les mêmes arguments retournés, pour justifier ceux d’une extrême droite, toute en filiation, l’air de ne pas y toucher. Toujours la même nausée qui me vient. Heureusement qu’il a déserté, comme un autre d’ailleurs, un certain Général De Gaulle, qui avait lui aussi compris, que plus rien pour la France républicaine ne pouvait être défendu en marchant dans les pas de Pétain. Rappelons que ce dernier constitue prisonnier auprès des autorités françaises au poste-frontière franco-suisse de Vallorbe le 26 avril 1945. Quelques jours auparavant, devant l’avancée des troupes alliées, il avait été évacué par les Allemands du château de Sigmaringen, dans le sud-ouest de l’Allemagne, où il se trouvait depuis septembre 1944. En réalité, Pétain dans les derniers mois de l’Occupation, affecte désormais d’être un simple « prisonnier » des Allemands, tout en continuant à couvrir en fait de son autorité et de son silence la collaboration qui se poursuit jusqu’au bout, ainsi que les atrocités de l’ennemi et de la Milice française. C’est lui votre héros, on a compris ! La Police Judiciaire a retrouvé la trace des miliciens qui l’ont assassiné, DEVELLE, milicien fanatique, qui est arrêté sur un bateau à destination du Pérou. Il est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Sa peine a ensuite été commuée. Ses deux complices étaient les miliciens CORDIER (exécuté par des maquisards) et MILLOU qui échappa à la police. Vous réécrivez l’histoire de manière ignoble en faisant acte de révision concernant l’assassinat de Jean Zay, ce qui mériterait que votre masque tombe pour l’on mette un nom et un visage sur ce pseudo, derrière lequel vous vous autorisez à toutes ces lâchetés. 


                • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 4 juillet 07:38

                  @guylain chevrier
                   
                   ce commentaire serait intéressant s’il n’était pas aussi mal écrit.
                  Quelqu’un qui ne connait pas l’Histoire serait dans la confusion totale et se ferait une idée fausse des protagonistes cités. Désolé.


                • chantecler chantecler 4 juillet 08:21

                  @Francis, agnotologue
                  Le votre de commentaire , est peut être bien écrit mais n’apporte aucune information .
                  Vous auriez apporté quelques précisions que vous auriez été plus constructif .
                  En tous cas ce n’est pas la première fois que je relève les propos négationnistes et très choquants de Et Hop qui sont exposés sur ce site .
                  Et comme il s’agit de faits qui remontent à plus de 75 ans je me demande à quel courant et à quelle organisation il se réfère .


                • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 4 juillet 08:45

                  @chantecler,
                   
                  je suis allé un peu vite, c’est vrai : j’ai été rebuté par les changements inattendus de sujets des phrases.
                  Mais ce qui me choque c’est de parler de désertion au sujet de De Gaulle : une désertion est toujours un acte répréhensible. En l’occurrence on devrait parler de résistance.
                   


                • Et hop ! Et hop ! 6 juillet 19:39

                  @Francis, agnotologue

                  Je vous signale que De Gaulle a été condamné pour désertion par le tribunal militaire, après avoir reçu l’ordre de renter de ses supérieurs, mais avant que Pétain ne reçoive du parlememnt les pleins pouvoirs pour traiter avec l’Allemagne.


                • Et hop ! Et hop ! 7 juillet 14:55

                  @guylain chevrier : « ...Ses deux complices étaient les miliciens CORDIER (exécuté par des maquisards) ... »

                  Ça confirme ce que je disais, les maquisards assassinaient, pourquoi pas Jean Zay.

                  Cordier est innocent, toute personne est innocence tant qu’elle n’a pas été jugée coupable à l’issue d’un procès équitable, son assassinat accuse les assassins.


                • guylain chevrier guylain chevrier 4 juillet 11:41

                  Francis, agnotologue  : Vous devriez me relire pour vous convaincre que c’est votre lecture qui laisse à désirer, pas ce que j’ai écrit. C’est précis et clair me semble-t-il, et on peut en faire bon usage après moi. N’hésitez pas à relayer si vous le souhaitez. Oui, De Gaulle a « déserté » une armée déjà entre les mains d’un régime arbitraire, il a déserté le pétainisme, c’est cela qui est entendu, pas la France puisque dans mon article j’explique bien que notre pays s’identifie avec la République, mise hors-la-loi par ce régime d’extrême droite imposé par un Maréchal de papier. Je me suis amusé à détourner l’usage du terme « déserter » pour jouer à l’arroseur arrosé, avec cet individu, entre colère et humour. Cela étant, une remarque, lorsque l’on apporte une critique, il ne suffit pas de dire c’est pas bien, il faut argumenter, sinon c’est un procès d’intention. Sans vouloir faire la leçon, c’est juste une question de bonne méthode. J’ai entendu répondre à @Et hop ! qui ose prétendre que l’on ne connaitrait pas les assassins de Jean Zay, dans une tradition révisionniste bien connue, pour proposer que ce dernier ait été « assassiné par des adversaires de gauche, des épurateurs gaullo-communistes... » Quelle imposture et forfaiture ! puisque c’est bien la milice française au service de Vichy et donc de Pétain, qui a commis cette exaction, ce crime (assassins identifiés par la police, dont j’ai donné les noms). Propos rances, presque classiques, d’une extrême droite qui ne digère pas la République. 


                  • Jonas 4 juillet 18:09

                    @guylain chevrier

                    Le grand résistant Daniel Cordier , Compagnon de libération,  fut jeune homme un Camelot du roi  ces jeunes royalistes qui vendaient l’action française  ennemi juré du socialisme , dit ceci dans une interview qu’il avait accordée  à - M Le magazine du Monde du 18 octobre 2014 :
                    << Pétain est le traitre absolu et je regrette qu’il n’ait pas été fusillé après la guerre.>> 
                    Quand on sait les positions politiques de sa famille, qu’il décrit dans son livre «  Alias Caracalla » ( Ed.Gallimard 2009) on ne peut qu’être en admiration pour son choix.


                  • Et hop ! Et hop ! 6 juillet 19:50

                    @Jonas

                    Oui, c’est bien connu maintenant depuis les travaux de Simon Epstein, que les résistants ne venaient pas de la gauche et les collaborateurs et les antisémites de la droite, mais que c’était plutôt le contraire, même sans évoquer les 2 grands leaders de la collaboration véritable, Doriot et Déat, ni la position pro-allemande du Parti Communiste de 1939 à 1942. Beaucoup des hommes politiques de gauche avant guerre étaient pacifistes et antimilitaristes (comme Jean Zay), et sont devenus antisémites. Il faut lire aussi Alain Michel. De Gaulle était maurrassien, et nationaliste.


                  • Et hop ! Et hop ! 6 juillet 20:21

                    @Jonas : "Daniel Cordier ... << Pétain est le traitre absolu et je regrette qu’il n’ait pas été fusillé après la guerre.>> 

                    Fusillé avec Maurice Thorez, sans doute ?

                    Pendant des siècles, toutes les guerres se terminaient avec un traité de paix où le vainqueur prenait les buts de guerre avec des réparations, et tous les traités de paix comportaient une clause d’amnistie générale interdisant à l’avenir à tous les tribunaux d’évoquer des griefs relatifs au conflit et à la guerre, ceci afin de ne pas rallumer la guerre. 

                    Ce sont les Américains qui ont imposé la mauvaise pratique de ne pas signer de traité de paix une fois l’adversaire vaincu, et au contraire de prolonger la guerre terminée par des attaques judiciaires, et maintenant d’attaquer militairement des pays sans leur faire de déclaration de guerre.


                  • Jonas 7 juillet 12:43

                    @Et hop !
                    Je suis d’accord avec vous , tous les résistants ne venaient pas de la gauche. Le colonel Rémy , Daniel Cordier , Emmanuel d’Astier de la Vigerie , Henry Frenay, d’Estienne d’Orves , de Bénouville et bien d’autres étaient issus de la droite. 

                    Oui, en effet le Parti communiste ( je parle du PCF, en tant qu’organisation ) n’est rentré en résistance qu’à la suite de l’invasion de l’URSS , par Hitler , rompant ainsi le Pacte germano/soviétique. 

                    Jean Zay , a été pacifique, comme beaucoup a l’époque , mais il a effectué son service national et n’a pas déserté , comme Maurice Thorez ,( PCF) qui fut pourtant nommé ministre par le général de Gaulle. 

                    Jean Zay est resté en France et c’est la milice de Pétain , qui l’a exécuté. 


                  • Et hop ! Et hop ! 9 juillet 08:08

                    @guylain chevrier : «  De Gaulle a « déserté » une armée déjà entre les mains d’un régime arbitraire, il a déserté le pétainisme »

                    Lorsque le président de la République Albert Lebrun a désigné Pétain comme chef du gouvernement pour remplacer Paul Raynaud qui était à la fois premier ministre et ministre de la guerre, avec De Gaulle comme sous-secrétaire d’État à la guerre (donc responsable du désastre militaire) De Gaulle est rentré le 16 juin 1940 à Bordeaux pensant être nommé secrétaire d’État ou ministre de la guerre de Pétain qui était le parrain de son fils Philippe. Voyant qu’il n’était pas sur la liste, et que c’était le général Weygan qui était ministre de la Défense, il a convaincu l’aide de camp d’un général anglais de le prendre dans son avion pour déserter (on était en guerre et il était officier). Notons au passage que l’intégralité de l’armée anglaise avait déserté et fui devant l’armée allemande en rembrquant à Dunquerke avec un acord secret d’Hitler pour qu’il retienne l’avancée de son armée blindée.

                    A noter qu’il n’y a aucun enregistrement de l’Appel du 18 juin 1940, son texte n’est connu que par un cable de l’ambassade suisse, il est très différent du texte ultérieur qu’on presente à sa place. A Londres il est devenu le porte-parole officieux du gouvernement anglais à destination des Français.


                  • Et hop ! Et hop ! 9 juillet 08:19

                    @Guylain chevrier 

                    En quoi le gouvernement Pétain constitué le 16 juin 1940 était-il un « gouvernement arbitraire » ?

                    Le véritable texte l’Appel du 18 Juin 1940 que vous retrouverez en cherchant, avait été soumis à l’approbation du gouvernement britannique.

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