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Accueil du site > Tribune Libre > Joe Van Holsbeeck est mort pour un lecteur MP3

Joe Van Holsbeeck est mort pour un lecteur MP3

Si à cinq mois d’importantes élections en Belgique, la tentation est forte de faire du meurtre crapuleux de ce jeune une nouvelle vitrine politique du thème décidément inusable d’immigration-insécurité, et si on ne peut que s’apitoyer sur la facilité avec laquelle ces discours fonctionnent encore auprès de certains, il faut par contre reconnaître et louer la grande force de la famille qui face à la pression politique et médiatique a su imposer qu’il n’y ait aucune représentation politique dans les cortèges de ce week end, et qui a marché dimanche soutenue par 80 000 personnes en refusant les amalgames et en demandant plus d’éducation.

Aujourd’hui nous apprenons que l’un des deux agresseurs "maghrébins" est en fait un jeune d’origine polonaise et que l’autre serait peut être en fuite en Pologne (www.lalibre.be mardi 25 avril).

Loin des déclarations hâtives et des phantasmes politiques, l’adolescent de 17 ans a été poignardé pour son lecteur MP3 et non pas pour une appartenance communautaire. Triviale réalité, bassesse de la cupidité humaine, certes, mais également révélateur d’un malaise social plus profond dont la formulation, qui remet en cause profondément notre société de consommation, cherche à tout prix à être évitée par les politiciens.

Il faut ici reconnaître le rôle positif de certains médias qui loin de crier au loup sécuritaire avec les représentants politiques de tous poils, cherchent à poser un vrai débat de société sur les origines de ces violences. Lundi 24 mai sur la radio Première de la RTBF aux infos du matin, puis dans l’émission Face à l’info, les invités, des sociologues, des éducateurs, après avoir analysé comment, en France, les réponses policières de Sarkozy et le plan réduisant la période scolaire aux jeunes en échec de de Villepin sont des facteurs qui augmentent la frustration, ont martelé que “la société de consommation fait le lit de la criminalité” et qu’il est urgent d’avoir un projet de société qui affirme qu’il y a plus important dans la vie qu’un lecteur MP3.

En France, à la suite du meurtre Ilan Halimi, le journal Le Monde avait publié (article du 24 février 2006, voir ci-joint) un rapport des RG et analysé avec François Jaspart, le directeur de la Police judiciaire de Paris, les motivations des bandes organisées qui sévissent dans les banlieues françaises. Le diagnostic était simple : “Dans leur organisation, on trouve un chef, des cadres et des ouvriers. Ils veulent profiter de la société de consommation, qui n’est pas à leur portée, mais qu’ils voient fonctionner."

On aurait presque honte de recopier des phrases d’une telle évidence, si malheureusement on ne les lisait que trop peu. Il est inquiétant de voir que les politiciens préfèrent dévier le débat sur celui, pourtant explosif, du communautarisme, plutôt que de poser la question, qui doit leur paraître autrement plus dérangeante, celle de notre modèle de société.

Les photos des agresseurs (diffusées notamment sur www.police.be avant l’interdiction de montrer des photos de mineurs) ne permettaient absolument pas de définir l’origine des agresseurs, contrairement à ce qui a été dit, même dans les commentaires d’AgoraVox. Par contre, il était facile de remarquer que l’un des jeunes était une véritable publicité ambulante pour Nike. Le ridicule de ses allées et venues sponsorisées devant la caméra de surveillance de la gare centrale aurait été risible s’il ne s’était agi d’une scène de crime. Homme-sandwich et croquemitaine. Ado sans autre modèle que publicitaire, affamé de paraître et d’avoir.

Le problème d’une société qui valorise ses individus par leur consommation est au coeur du débat. Prenons un exemple : pendant des semaines, sur toutes les radios belges, une publicité pour les dix jours Renault tournait en boucle : un employé venant rendre visite à son patron à l’hôpital le débranche et le tue par inadvertance, tout cela pour illustrer le slogan : “C’est embêtant, mais moins que de rater les 10 jours Renault”.

Est-ce être parano que de voir une dérive grave dans ces dépréciations quotidiennes de la vie humaine face à une bonne affaire ou à un produit ?

Comble de l’ironie : à la fin de l’émission Face à l’info qui montrait du doigt les discours publicitaires et le tout-consommation dans l’origine des violences, l’animateur conclut, et lance la chanson finale, It was my friend, dédicacée à Joe. On n’en a pas entendu trois accords parce qu’il était 19h et qu’il fallait que le royaume sache que Tropicana, c’est 100% pur plaisir...

Quelle crédibilité ?

A force de créer de nouveaux besoins, la frustration de ne pas avoir le dernier gadget à la mode devient un facteur d’exclusion, cette insatisfaction d’une envie devient aussi forte que l’insatisfaction d’un besoin primaire.

Pourtant, heureusement, que ce soit en France ou en Belgique, les initiatives fleurissent dans le milieu associatif pour réfléchir, et construire un autre modèle que le publicitaire actuel. Des groupes qui gagneraient à se fédérer, et dont les idées mériteraient d’être débattues plus largement.

Car outre les actions anecdotiques comme les flagadas (dégonflés en France), les Tvbigonneurs, les barbouilleurs, les fidèles de l’Eglise de la Très-Sainte consommation, les journées sans achat, les actions “Faites l’amour, pas les magasins” qui expriment plus un ras-le bol de cette pression publicitaire, des groupes avec des propositions alternatives se forment et se structurent, qui réfléchissent et mettent en pratique d’autres types de relations et d’échanges, les freecyclers, les freegans, les groupes de simplicité volontaire, les RES, les SEL, les objecteurs de croissances, etc., et au niveau national des actions et des campagnes fédèrent de nombreuses associations : l’ASBL Respire et le RAP Belgique terminent une semaine de débats soutenus par des universitaires et des collectifs sur la place de la publicité dans le service public, pour faire suite à leur pétition pour le maintien des 5 minutes sans publicité autour des programmes pour enfants ; depuis quelques années, des poids lourds du milieu associatif belge se sont réunis pour une action :“ça passe par moi, consommer moins, consommer mieux” ( Oxfam, Réseau Eco-consommation, Nature et progrès, Crédal...) et en juin une Foire aux savoir-faire aura lieu, un événement entièrement gratuit organisé par des bénévoles en soutien à cette campagne et dont le but est de revaloriser le faire par soi-même en opposition à une consommation de masse.

Des initiatives qui partent de la société civile, qui posent des questions dérangeantes et qui mériteraient leur place dans le débat public.

Octobre 2006 pour la Belgique, 2007 pour la France, est-ce que nous allons encore nous faire confisquer l’espace de débat public par un faux thème de campagne : après la sécurité, l’immigration ? Tout cela pour éviter un vrai problème, celui de notre modèle non viable de société, une société qui consomme trop, des individus qui consomment pour exister, pour s’intégrer.

A quand des politiciens qui cesseront de brandir des épouvantails pour arborer des projets de société, pour discuter de ceux en place ?


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53 réactions à cet article    


  • harakiri26 (---.---.93.211) 27 avril 2006 11:25

    Curieux cette glissade du fait divers crapuleux vers le « consommez mieux, consommez moins ».

    A trop vouloir tordre la réalité pour la faire coïncider avec ses illusions, on est difficilement crédible ...

    un adepte du « consommez mieux, consommez moins » ..


    • Romain (---.---.10.200) 27 avril 2006 11:26

      Tres bon article. Mais aucun politicien ne se lancera jamais dans cette voie, ils preferent les faux problèmes et garder leurs privileges sans travailler.


      • popol (---.---.152.162) 27 avril 2006 11:45

        c’est risqué de faire une analyse quand on a déjà la réponse à la question qu’on se pose...

        popol


        • daminatator 27 avril 2006 12:11

          Je ne pense pas avoir dit que pour rien ne se faire voler il ne fallait rien avoir.

          Par contre, lorsque nous baignons dans un bouillon de discours qui nous assènent que le bonheur c’est d’acheter le dernier modèle, que le plaisir ça ne se partage mais ça se prend tout seul (Boursin, Magnum,...), qu’il n’est pas génant de détruire le bien d’autrui pour en acheter un mieux ("Chérie le chien a mangé ton CD, on va devoir télécharger le nouveau....)

          Est-ce qu’il n’est pas temps de promouvoir d’autres rapports humains que possession=admiration=bonheur ?

          En ce moment sur les ondes belges c’est la course à l’homme politique qui proposera le plus de policiers dans les rues. Visiblement un acte crapuleux qui pose un problème grave de société ne débouche pas sur un débat sur cette dite société. Pourtant ce débat de fond s’il n’a pas lieu en sphère politicienne, est extrêmement présent dans le monde associatif, dans la société civile.

          Le glissement qu’il faut questionner est pourquoi ce débat politique est exclu par les politiciens...


          • Ludovic Charpentier (---.---.68.100) 27 avril 2006 12:25

            Money, get away.

            Get a good job with good pay and you’re okay.

            Money, it’s a gas.

            Grab that cash with both hands and make a stash.

            New car, caviar, four star daydream,

            Think I’ll buy me a football team.

            Money, get back.

            I’m all right jack keep your hands off of my stack.

            Money, it’s a hit.

            Don’t give me that do goody good bullshit.

            I’m in the high-fidelity first class traveling set

            And I think I need a lear jet.

            Money, it’s a crime.

            Share it fairly but don’t take a slice of my pie.

            Money, so they say

            Is the root of all evil today.

            But if you ask for a raise it’s no surprise that they’re

            Giving none away.

            Mine de rien, ça date de 1973, et les Pink Floyd étaient assez visionnaires...


          • Antoine (---.---.223.81) 27 avril 2006 21:38

            Yes my boy, but the earned a lot of money with this hit !

            So that’s suspicious !


          • Antoine (---.---.223.81) 27 avril 2006 21:57

            Aaaaahhhh, que voilà la bonne question et je ne plaisante pas.

            C’est parce qu’il manque des relais citoyens ou démocratiques a-politiques faisant le lien entre le pouvoir et les différentes classes d’’âges et ou/socio-econoco-culturelles

            En fait, il manque des « lieux » de facilitation et d’illustration des régles.

            Ce n’est évidemment pas le consumérisme titillant comme une sorte « d’obscur objet de désir » en chacun de nous qui puisse jouer ce rôle. Ce n’est pas lui qui pousse au crime dans une sorte d’éros carnassier. Par contre, il donne au produit de consommation une forme symbolique de possession et de pouvoir. Cela devient donc un enjeu. D’autant que ces objets de « plaisir » coûtent cher, la charge sumbolique n’en est que plus forte.

            Après seulement, dans un second temps, satisfaire aux besoins essentiels apparait, manger par exemle, simplement manger mais on ne tue plus pour une botte de carottes...

            Même les mafieux trouvent de quoi manger et se vêtir....

            On tue donc pour une futilité ou tout du moins pour un objet dont la fonction sociale dépasse l’usage utile.


          • Antoine (---.---.223.81) 27 avril 2006 22:10

            il faut lire...

            « socio-economico-culturelles »


          • Ladybag Ladybag 27 avril 2006 15:07

            Je pense pour ma part aussi que ton article est excellent. J’avais moi-même pensé écrire un article et par ailleurs un courrier des lecteurs (que je vais envoyé ce jour) dans le même esprit. Je n’écrirai donc pas sur Agoravox, tu l’as déjà très bien fait, et de plus il est très bien documenté. On pourrait certes encore en discuter plus avant avec certains qui te répondent, parfois avec candeur ou mauvaise foi, mais ce n’est pas ici le lieu. Bien sûr, la société de consommation n’est pas seule en cause, mais la manière dont elle fonctionne la rend responsable aussi. Comme nous sommes responsables de la laisser fonctionner dans cette voie, comme les politiques sont également responsables de la laisser fonctionner de la sorte. Mes « courrier du lecteur » comme l’article que j’aurais écrit ici si tu ne m’avais pas précédé s’intitule « Nike a-t-il tué Joe ? » En effet, sur les images diffusées par nos chères caméras sécuritaires, chacun peut et a pu voir clairement un énorme »NIKE" en lettre blanche sur le blouson d’un des deux gosses agresseurs. Je considère d’ailleurs également ces deux adolescents comme des victimes elles-mêmes, et cela sans pour autant excuser le meurtre (et non l’assassinat, voyez les définitions juridiques). Si la prévention, l’éducation à la citoyenneté sont plus que jamais d’actualité, il n’empèche que les sanctions sont tout aussi nécessaire et ces deux termes sont inséparables.

            Pour information, dans l’émission « Face à l’info » les invités n’ont en rien « martelé » des propos sur la société de consommation responsable de tous nos maux. Le premier intervenant à évoqué le sujet était le ...magistrat invité. Il fut ensuite, il est vrai, relayé par les autres intervenants. Je trouve particulièrement intéressant d’ailleurs que ce soit un magistrat qui le premier a introduit cette dimension dans le débat.

            Pour terminer, j’ai bien évidemment signé la pétition des amis de Joe, lors de mon passage gare centrale. En tête de page, en gras, il y était inscrit : « Pour Joe, tué pour un MP3". Explicite !

            La société, les marques et leurs « niches marketing », la promotion insidieuse faite pour mettre l’« avoir » au-dessus de l’« être » n’expliquent certes pas tout. Cependant les messages ainsi véhiculés participent et induisent des comportements comme le racket et parfois plus que le racket, comme pour Joe ! C’est en cela que réside l’inadmissible et c’est cela qui est révoltant comme tu l’écris dans l’article.

            Oui Pink Floyd ! Voyez ou revoyez aussi le film « Brazil » de Terry Guilliam.


            • nono (---.---.94.25) 27 avril 2006 15:40

              agoravox le média citoyen.... vu la censure pratiqué ici.. j’en doute...

              j’en ai ras le bol de contribuer et de voir une moderation qui consiste a nettoyer un magasin de porcelaine avec un buldozer et n’allez pas dire que c’est le script php du site qui en est la cause....

              Et tout ce qui on disparu avec moi doivent etre content... Et vu le choix ou a été faite la coupe cela ressemble pas a de la modération mais de la censure....

              agoravox rime avec intox...

              vous avez les memes travers que la presse pro... bonjour la différence... rester dans le politiquement correct si vous refusez la confrotention des idées...c’est consternant.

              Ca me confirme que discuter avec des militants c’est stéril.

              Je fais la différence entre les personnes qui votent le citoyen lambda non encarté dans un parti et les militants. Sachant que le militant a moins de sens critique bien souvent qu’un citoyen lambda. Pour moi les militants sont comme les supporter de foot ils portent un culte aveugle en leur club et qui ils dans l’idolatrerie. comme d’ailleurs les militants politique qui prennent le pret a penser de leur partie. C’est normal et il en faut. Mais bien souvent je constate que l’on arrive plus souvent a des diagnostiques partagés en discutant avec des citoyens lambda que avec des militants d’un partie politique (de gauche comme droite d’ailleurs)

              j’ai l’impression qu’ils refusent la critique et sont dans une vision manichéene des choses et bien souvent sont sectaire.

              Et les militants de gauche ont la caractéristique d’etre plus psychorigide et borné dans des certitudes et dans le dénit de la réalité. D’ailleurs ideolatrie, la tonton mania est plus que étonnante. Et leur coté instituteur qui dispense des cours de leçon de morale a la société en se croyant supérieur et détenir la vérité est particulierement insupportable...

              Et agoravox est loin d’etre le média citoyen ou tout le monde a le droit de s’exprimer .... tout cela n’est qu’une facade qui masque des militants qui ne veulent discuter que avec des gens qui pensent comme aux car la vérité est insupportable a entendre...


              • Ludovic Charpentier (---.---.68.98) 28 avril 2006 10:52

                Nono, ma réaction à votre post initial a également été censuré... Cette paranoïa est fatigante, vous avez lu les commentaires à l’article de Rossard ?? Si le thread a été effacé, c’est uniquement par votre faute et celle de ceux qui y ont répondu en dérapant (dont je fais peut-être partie...). Certainement pas celle d’une méchante clique gauchiste agoravoxienne...


              • Romain (---.---.10.200) 27 avril 2006 16:07

                « Et les militants de gauche ont la caractéristique d’etre plus psychorigide et borné dans des certitudes et dans le dénit de la réalité. D’ailleurs ideolatrie, la tonton mania est plus que étonnante. Et leur coté instituteur qui dispense des cours de leçon de morale a la société en se croyant supérieur et détenir la vérité est particulierement insupportable... »

                Quel est cette réalité dont vous parlez ? Expliquez la simplement svp. La société actuel doit et peut être amélioré.

                « la vérité est insupportable a entendre »

                Je repose ma question, quel est cette vérité ?


                • Scipion (---.---.102.203) 27 avril 2006 16:20

                  Voilà ce que je lis : « Le diagnostic était simple : “Dans leur organisation, on trouve un chef, des cadres et des ouvriers. Ils veulent profiter de la société de consommation, qui n’est pas à leur portée, mais qu’ils voient fonctionner. »

                  Alors, allez daminatator, expliquer aux électeurs que vouloir « profiter de la société de consommation » passe par l’assassinat d’un gosse pour lui piquer un bidule électronique à 50 balles ; que vouloir « profiter de la société de consommation » passe par le massacre, filmé, d’une enseignante, par un « jeune » de 18 ans (c’était lundi à Versailles) ; que vouloir « profiter de la société de consommation », c’est se mettre en bande pour abuser d’une gamine de 13 ans... Etc.,etc., etc.

                  Mais faites attention de ne pas exprimer vos théories à proximité d’un cheval de bois, vous risqueriez de recevoir une ruade dans les gencives. C’est bien de chercher à tous prix des excuses aux pires racailles, mais il faudrait au moins faire un tout petit effort de crédibilité.


                  • Jojo (---.---.201.226) 27 avril 2006 17:00

                    Scipion confond les « excuses » et les « explications ». C’est pas grave, on le connait. Il a bien pris mon épouse pour une brouette...


                  • daminatator 27 avril 2006 16:39

                    Tout à fait d’accord les faits cités sont inadmissibles. Le but de l’article n’est en aucun cas de chercher des excuses, mais bien des moyens pour éviter que cela ne se reproduise.

                    Car à mon avis même avec un flic derrière chaque personne, même avec un système ultra repressif, si l’on attaque pas la machine à créer des frustrations, si l’on ne contre-balance pas les discours qui exacerbent l’envie d’avoir et de montrer, on ne fait rien pour que cela change, on cherche juste à contenir ce besoin que d’un autre côté on encourage.


                    • Antoine (---.---.223.81) 27 avril 2006 21:36

                      ce ne sont pas des frustrations, c’est du banditisme, de la délinquance juvénile. La culture du vol et du trafic pour faire du blé, pas d’interdits....

                      Maintenant, ce qu’on peut essayer de comprendre c’est : pkoi cela existe.

                      Constater des faits concrets et chercher des outils conceptuels pour comprendre.

                      Là commence le travail de « décortication », le reste est humeurs, émotions, avis sentimental, feelings etc....

                      Méthode.... !


                    • sansplumes (---.---.254.26) 27 avril 2006 16:51

                      Gare Centrale : Pèlerinage + Eau Bénite

                      Mardi 25 avril. En fin d’après-midi les gens rentrent lentement à la maison et remontent vers le grand édifice de la Gare Centrale. On aperçoit de plus près quelques personnes ci et là qui forment un petit attroupement autour du petit mémorial dédié à Joe. En ce fin d’après-midi on voit encore des jeunes et des adultes qui forment un petit cercle autour de ‘l’urne’ funéraire. Une femme à grosse stature s’occupe de fixer le mémorial, on peut facilement imaginer qu’elle se trouve là depuis déjà quinze minutes...

                      Un fait divers a réussi en quelques jours à se frayer un passage dans le cours quotidien de la vie pour exploser à la surface. Dès son apparition sur la surface elle dégageait une lumière brillante, sainte ? La Gare Centrale serait-elle devenue un de ces lieux de pèlerinage ? Dans les jours qui suivirent la manifestation on voyait encore arriver des nouveaux pèlerins. Comme à Lourdes où l’on vient charger de l’eau bénite dans des réservoirs d’essence à 5litres. Il n’y a hélas aucun cours d’eau qui cours à proximité de la Gare Centrale. Aucun cours d’eau qui permettrait aux pèlerins venus des quatre coins de ce pays de recueillir l’eau bénite.

                      Big Joe is watching you Manifestation du Dimanche 23 avril :

                      Maintenant la manifestation à atteint son apogée et la Gare Centrale n’est rien d’autre qu’un immense totem. Une foule entame une danse religieuse autour de ce triste phallus en ciment. Le sexe contient en lui les phantasmes et les désirs secrets de la populace Belge : autoritarisme, racisme, répression, peur de tout et avant tout : peur de soi-même. Maintenant un premier cercle se réserve une vision exceptionnelle sur le membre en érection. Peu à peu les gens se referment autour de ce triste mont de pierre. Pauvre Horta, si il savait ! Il se retournerait sûrement dans sa tombe... Continuons : le premier cercle c’est les boy et les fille-scouts, crème de la crème de la caste petite bourgeoise et bien pensante Belge. Un deuxième cercle est entrain de se refermer derrière, ce sont les petits gens qui recherchent à bouffer les quelques miettes qui restent du gâteau.

                      La communauté marocaine est bien présente. Cherche t-elle à s’excuser d’un crime qui après tout ‘ne pourrait été commis que par un Nord Africain ?’ Après tout, la petite mentalité qui règne dans ce petit pays ne s’est pas privé de se focaliser directement ses phantasmes et soupçons pourris et habituels.

                      En parlant de racisme Nord-Africain il serait intéressent de observer le nombre en croissance de tavernes à Bruxelles dans le haut et centre ville qui opèrent des filtrages aux portes d’entrées. Il est important de comprendre que ces institutions ne sont pas des discothèques ou des clubs privés, ce ne sont que des simples bars. Aujourd’hui de tels comportements aux entrées deviennent tout à fait conformes et acceptés sans gène par une grande partie de la population. Autrefois j’ai moi-même été témoin de cette surveillance aux portes d’entrée : certaines tavernes ont parfois jusqu’à trois portiers qui ressemblent à des gardes du corps. Ils communiquent fréquemment entre eux de l’intérieur à l’extérieur avec leurs Gsm. Ainsi la population autochtone peut se sentir à l’aise et en sécurité... Durant la manifestation un belge disait à au journaliste : « je ne suis pas contre les immigrés enfin.... du moment qu’il y’en aie pas trop » Plus tard on en a entendu encore de ces commentaires, surtout sur RTL-TVI mais aussi sur la RTBF.


                      • Antoine (---.---.231.130) 27 avril 2006 17:15

                        merci pour « populace belge » encore heureux que vous n’ayez pas écrit :« sans-culottes avinés ivres de sang ».

                        A propos Freud avait-il des érections ou souffrait-il de priarpisme ?

                        Allez prendre l’air ou lisez Freud pour la première fois de votre vie.

                        Lyrisme matiné de savoir imparfait.


                      • Antoine (---.---.180.27) 27 avril 2006 18:01

                        « Pauvre Horta, si il savait ! Il se retournerait sûrement dans sa tombe... », je cite...

                        Il peut plus, à force de se retourner depuis la destruction de la maison du peuple, joyau archtectural construit selon le nombre d’or, ses os se sont mélangés, sauf son phallus, qui comme celui de Septh est conservé dans un bocal de formol au musée d’histoire naturelle....

                        <\ smiley)


                      • Antoine (---.---.223.81) 27 avril 2006 21:23

                        Faut apprendre à manier les concepts, Monsieur Scipion. Je doute que ceux ci soient trouvables ds des lieux d’amusements gardés pas des cerbères musclés...


                      • daniel (---.---.217.193) 27 avril 2006 20:09

                        Quelques évidences : 1) Il y a des crimes dans la société de consommation , c’est sur. Ceci dit dans les sociétés où il n’y a rien à consommer, c’est encore pire. Et si on remonte 20 ans en arriére, où nous vivions déjà dans une société de consommation, il y avait statistiquement 50 % de délits en moins qu’actuellement. Et quand on considére le nombre de délits qui ne sont plus pris en compte dans les stats le chiffre est sans doute encore plus fort. Et je ne parlerai pas des incivilités qui ont, elles, progressées de façon vertigineuse.

                        Tout celà pour dire que notre société de consommation n’est pas la principale coupable dans la montée de la violence et de l’irrespect qu’on constate actuellement.

                        2) L’envie, le sentiment d’injustice , n’a pas non plus besoin de la société de consommation. Si je suis le raisonnement de l’auteur de l’article, je devrais régler son compte à Karambeu qui a oser prendre la femme que j’aime . Je plaisante, mais pas tant que ça....

                        3)L’affaire du petit jeune massacré pour un Walkman fait ressortir tout autre chose. Car comment en pleine lumiére, en pleine gare 2 personnes peuvent elles être si pleines, non pas d’envie , mais de sentiment d’impunité ? Là est la vraie question.

                        4) Le sentiment obscéne de soulagement qui a suivi l’annonce de la couleur de la peau blanche des criminels. Comme si le fait que ce soit des blancs les assassins effaçait les multiples problémes liés à l’intégration des immigrés... Qu’un crime soit commis par une personne de telle ou telle communauté n’implique pas de stigmatiser telle communauté dans son ensemble. A l’inverse quand des personnes se conduisent mal, le fait qu’ils appartiennent à telle ou telle communauté n’en fait pas automatiquement des innocents ou des victimes.


                        • daniel (---.---.217.193) 27 avril 2006 20:15

                          Quelques évidences : 1) Il y a des crimes dans la société de consommation , c’est sur. Ceci dit dans les sociétés où il n’y a rien à consommer, c’est encore pire. Et si on remonte 20 ans en arriére, où nous vivions déjà dans une société de consommation, il y avait statistiquement 50 % de délits en moins qu’actuellement. Et quand on considére le nombre de délits qui ne sont plus pris en compte dans les stats le chiffre est sans doute encore plus fort. Et je ne parlerai pas des incivilités qui ont, elles, progressées de façon vertigineuse.

                          Tout celà pour dire que notre société de consommation n’est pas la principale coupable dans la montée de la violence et de l’irrespect qu’on constate actuellement.

                          2) L’envie, le sentiment d’injustice , n’a pas non plus besoin de la société de consommation. Si je suis le raisonnement de l’auteur de l’article, je devrais régler son compte à Karambeu qui a oser prendre la femme que j’aime . Je plaisante, mais pas tant que ça....

                          3)L’affaire du petit jeune massacré pour un Walkman fait ressortir tout autre chose. Car comment en pleine lumiére, en pleine gare 2 personnes peuvent elles être si pleines, non pas d’envie , mais de sentiment d’impunité ? Là est la vraie question.

                          4) Le sentiment obscéne de soulagement qui a suivi l’annonce de la couleur de la peau blanche des criminels. Comme si le fait que ce soit des blancs les assassins effaçait les multiples problémes liés à l’intégration des immigrés... Qu’un crime soit commis par une personne de telle ou telle communauté n’implique pas de stigmatiser telle communauté dans son ensemble. A l’inverse quand des personnes se conduisent mal, le fait qu’ils appartiennent à telle ou telle communauté n’en fait pas automatiquement des innocents ou des victimes.


                          • Space (---.---.83.198) 27 avril 2006 21:15

                            “la société de consommation fait le lit de la criminalité”... Je m’étonne que tout bon sociologue qui fait un travail de définition sérieux est pu tenir de tels propos simplificateurs. Qu’est ce que la criminalité ? La grande, la petite, les meurtres, les incivilités... ? Et surtout qu’est ce que la société de consommation ? Cette expression cache bien des choses. Une étude économétrique qui mettrait en relation la plus ou moins grande consommation dans divers pays à la plus ou moins grande criminalité n’apporterait aucun élément de réponse. Il n’existe aucun lien entre le fait ou l’acte de consommer et la criminalité.

                            Quels sont les déterminants de la criminalité ? Est ce pertinant de cacher ces déterminants dérrière l’expression four-tout de « société de la consommation » ? Le premier des déterminant de la criminalité ne serait-il pas plutot le chomage, ou l’absence de travail suffisamment rémunéré ? Pourquoi tuer et risquer tant d’ennuis quand on peut consommer ? Mais est ce pour autant que tout les chomeurs ou que tout les individus sous payés sont des criminels en puissance ? Non plus. Il existe d’autres déterminants qui font que les individus exclus du travail passent à l’acte pour déposséder son prochain, comme l’exclusion sociale qui entraine l’anomie... Généralement exclusion du monde du travail et exclusion sociale vont de pair et sont des conditions favorables mais pas mécaniques à la délinquance ou à la petite criminalité. Puis il existe encore d’autres facteurs qui font que l’individus devient prêt à tuer dont des critères psychologiques (matière que je ne connais que trop peu).

                            Aussi je me permet de remettre en cause la véracité de la citation. Aucun sociologue digne de ce nom n’aurait oser faire une telle vulgarisation en délégant la responsabilité de la criminalité sur l’acte consumériste.

                            Bref je conseils fortement a tout ceux qui veulent comprendre les logiques du fonctionnement de la société de lire (ou de relire peut être) Bourdieu, Castel, Paugam et autres. Peut être que la solution n’est pas de repenser notre modèle de société (je ne dis pas que celui-ci est parfait, mais le changer ne résoudrait pas le problème de la criminalité) mais de jouer sur les déterminants de la petite criminalité.


                            • Antoine (---.---.223.81) 27 avril 2006 21:20

                              Je ne crois pas que c’est la société de consommation qui fait le crime. Trop simple, disons que c’est un contexte ds le contexte, peut-être pas sans importance mais relatif.


                            • Antoine (---.---.104.244) 27 avril 2006 22:39

                              « agir sur les déterminants de la petite criminalité » oui d’accord...

                              Mais le meurtre de Joe n’est pas de la petite criminalité.

                              D’autant que son assassin a le mme âge, ce ne sont pas encore de vrais adultes mme si à 18 il semblerait qu’on le soit....c’est d’ailleurs une hérésie de temps modernes car ds l’antiquité on considérait que l’âge adulte commençait vraiment à 30 ans.

                              C’est un meurtre d’enfants entre enfants et cela me fait dire qu’aujourd’hui on investi « la jeunesse » d’une importance et d’une visibilité telle qu’à mon avis ce genre de phénomène va continuer.


                            • daminatator 28 avril 2006 10:09

                              Meme si évidemment tout ceux qui sont au chomage ne sont pas des criminels, de nombreux sociologues pointent du doigt les frustrations générées par la société de consommation. Comme mes citations vous paraissent douteuses je vous mets en ligne mes sources :

                              Ici l’article du monde dont je parle : http://daminatator.free.fr/bandes-violences-frustrations-lemonde-fev-06.doc

                              Ici l’emission de radio à laquelle je fais référence en format audio : http://daminatator.free.fr/face-a-info-meurtre-ipod_play.m3u

                              Ou vous trouverez le nom des intervenants ainsi que leurs parutions.


                            • kdors (---.---.69.159) 27 avril 2006 21:27

                              le lobby des industriels ont fait encors une victime.ce ci est la realité d un monde qui perd un peut plus chaque jour son humanisme.que dieu est son AME


                              • Ludovic Charpentier (---.---.68.98) 28 avril 2006 09:26

                                Ce qui me choque dans les propos de certains personnes (quoique certains posts me semblent avoir disparu depuis hier...) c’est qu’elles oublient une évidence : de tout temps, il y a eu des crimes avec deux mobiles principaux : l’argent ou le pouvoir, et le sexe ou la perversion. L’empire Romain était décadent et criminel à cause des luttes de pouvoir, l’Islam n’existait pas à l’époque smiley.

                                De nos jours, comme au siècle dernier, des crimes ont lieu pour l’argent. Joe n’est pas mort pour un racime anti-blanc, mais pour un lecteur MP3. C’est simple, mais certains n’aiment visiblement pas la simplicité... De même Illam Halimi n’avait pas été tué parce qu’il était juif. Il a été tué parce que Fofana and con s’imaginaient qu’en tant que juif, il était plus riche que la moyenne. C’est du rackett à la base, pas un acte antisémite (même si la cible a été choisie en fonction de préjugés antisémites).

                                Certains sont choqués du soulagement de voir que les coupables étaient blancs. Blancs ou arabes, cela ne change rien au problème. Mais on peut être étonné de voir le nombre de fois ou des suspects décrits comme étant ’de type maghrébin’ se révèlent en fait blanc (Frédéric Ramette), noir (Guy George), blanc à nouveau (l’affaire Joe). Comment peut-on se planter à ce point pour décrire un suspect que l’on a vu de ses prorpes yeux comme étant ’de type maghrébin’ ???? Aurions-nous la berlue ????

                                Quand aux critiques sur la société de consommation : dans les pays en voie de développement, on tue pour posséder ce qui peut améliorer l’existant, pour un peu d’argent, de nourritures, ou des armes pour ne pas se faire tuer. Et dans certains pays pauvres, on tue effectivement beaucoup. Hors un lecteur MP3 n’est pas un élément vital, c’est un élément ’de luxe’. Joe a été tué par un individu qui préfère porter un survêtement ’Nike’ à une marque dégriffée moins chère. Ce n’est pas la survie qui a motivé le crime. Juste de la jalousie, et un besoin de posséder. Parce qu’honnêtement, c’est quand même impressionnant le nombre de pubs (surtout dans le secteur automobile...) qui disent que si vous n’avez pas la dernière sortie, vous êtes un tocard...


                                • popol (---.---.124.205) 28 avril 2006 09:56

                                  http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=9163 je vous invite à mettre cet article en lien avec celui-ci ... et surtout celui-ci : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=9056 écrit la veille de l’annonce que le présumé tueur n’était pas arabo-musulman ... ça permet de voir combien la société est malade de ses peurs.

                                  popol


                                  • Fred (---.---.155.75) 28 avril 2006 13:12

                                    Je vais me repeter mais une fois de plus on met la faute sur le systeme et la societe alors que les parents sont autant responsables de l’education, c’est a eux de montrer l’importance des choses.

                                    Oui, il y a des tentations ; quand j’etais gamin j’etais jaloux de voir mes copains avec leur Nike quand je portais des chaussures Carrefour (meme si les chaussures ont surement ete faites au meme endroit, les miennes n’avaient pas le bon sticker) mais finalement aujourd’hui je les remercie de m’avoir eduquer comme ca.

                                    Quand je vois les gamins trainer dans les rues en bande, je me demande toujours ou sont les parents et ce qu’ils font. Avoir un gamin est la plus importante responsabilite que quelqu’un puisse avoir et on voit des gens avoir 6-7 gamins et ne pas s’en occuper. Et ensuite on faute la societe en disant que ces gamins sont controlles par les medias et sont victimes des publicitaires. Ces publicitaires sont la pour vendre, c’est a nous de ne pas acheter des choses stupides meme si des fois ca fait du bien.


                                    • Ludovic Charpentier (---.---.68.98) 28 avril 2006 13:38

                                      Et le gauchiste droit de l’hommiste que certains voudraient que je sois vous diront, Fred, que vous avez absolument raison. Les parents doivent effectivement s’assurer que leur progéniture ne dérive pas du droit chemin. Et je regrette l’époque où les parents respectaient l’enseignant, qui est devenu l’époque où l’enseignant craint les parents... Mes parents ne se sont jamais dressés face à mes enseignants. Ils n’ont jamais cherché à faire de moi une victime de la mode. La démission de certains parents actuels (et pas uniquement en banlieue), qui n’osent même pas réprimander leur propre progéniture, m’inquiète effectivement de plus en plus. Mais pourquoi cette démission ????

                                      Et là, on pourrait reprendre le refrain sur la société de consommation : n’essaye-t-on pas trop de faire croire que pour s’occupper de ses enfants, le plus simple consiste à les laisser devant les programmes du câble ou devant des jeux vidéos ? A-t-on oublié le principe même de l’éducation ? Je ne suis pas du tout fan de Bigard, mais je l’ai entendu dire : ’La différence entre la mère en Afrique et la mère en France est qu’en Afrique, faute de jouets, la mère s’occupe de ses enfants, en France, la mère occuppe ses enfants’. Jolie formule d’un homme dont je n’apprécie pourtant guère la finesse habituellement... même si on peut lui reprocher son machisme vu qu’il parle de ’la mère’ et pas ’du père’ smiley.


                                    • Antoine (---.---.247.194) 30 avril 2006 15:29

                                      félicitations, vous avez pu résister à l’achat de godasses Nike....vous êtes héroique !


                                    • onsereveille (---.---.83.195) 28 avril 2006 16:00

                                      Si tout le monde consommait comme le belge, il faudrait trois planète. Or, nous n’en avons qu’une. Nous sommes donc en face d’une situation inédite qui appelle un choix de civilisation : soit nous diminuons notre niveau de consommation, ce qui implique un changement socio-économique global, soit nous condamnons « les autres » à la misère. Comme en plus notre surconsommation implique une surpollution ingérable (effet de serre, disparition de l’eau potable, etc.), le choix se déplace vers deux alternatives encore plus radicales : soit nous nous adaptons aux limites de la Terre, soit nous disparaissons. Radical peut-etre, mais pas exagéré. Cela nous fournit une occasion de repenser et réorganiser nos modes de vies, pour peut-etre parvenir à plus de justice, entre les nations et au sein meme des nations. C’est selon nous.


                                      • Antoine (---.---.210.25) 28 avril 2006 23:42

                                        il y a 7 planètes au moins

                                        « Si tout le monde consommait comme le belge, il faudrait trois planète »


                                      • Antoine (---.---.210.25) 28 avril 2006 23:45

                                        oui c’est sur, et c’est pour cela que ce gamin est mort, il consommait trop...mais oui.

                                        Toffe ! U hebt alles verstand...


                                      • (---.---.160.169) 28 avril 2006 23:50

                                        Résumons. Joe avait donc tort de posséder un MP3 qui contribuait à la pollution et on a bien fait de le tuer....


                                      • ka (---.---.30.12) 29 avril 2006 00:10

                                        Qu’est-ce que c’est que ces conneries de pollution. Un jeune se fait tuer par des abrutis de cons pour un misérable MP3 et vous vous nous parlez de surconsommation. Il faut arrêter les cocktails suspects Monsieur et revenir un peu à la réalité car vous en êtes très loin.


                                      • (---.---.83.37) 29 avril 2006 14:20

                                        Salut, ah ben visiblement mon propos n’a pas été très bien perçu :) et surtout pas compris. Bon, les excès du genre Joe surconsommait alors on a bien fait de le tuer, merci de vous les garder. Ka, la surconsommation et la surpollution je crois que ça n’est pas du tout aussi éloigné de ce meurtre qu’on le croit. Comme l’auteur de l’article le dit en citant un rapport de la police française : “la société de consommation fait le lit de la criminalité”. On peut en discuter à l’infini, toujours est-il que dans une société où tout adulte est exposé en moyenne à 2500 publicités commerciales par jour, qui distillent toutes une incitation à la consommation, et bien quand on n’a pas accès à cette consommation et/ou aux moyens qui permettent d’y accéder, la frustration et l’humiliation ne sont pas loin, qui peuvent déboucher sur des trucs inattendus, parfois horribles. Dans une société où on nous incite toujours à avoir beaucoup d’objets, de richesses et que ces objet et cette richesse déterminent une grande part de l’identité, les inégalités ne sont pas seulement une différence de revenus. C’est jusqu’à la personnalité de la personne qui est touchée. Bon mais le problème des inégalités est vieux comme l’histoire de l’humanité. Par ailleurs je ne veux pas dire qu’un acte criminel s’explique uniquement à cause des inégalités sociales. Il faut aussi prendre en compte l’histoire personnelle et familiale de l’individu, d’ailleurs elle aussi dépendant de sa place dans la société. Il y a tout un tas d’antécédents à considérer, jusqu’à la situation au moment-meme de l’évènement.

                                        Pour expliquer ce crime il faudrait donc chercher des causes d’ordre social, psychologique, évènementielles etc. Ce que font les médias, c’est plutôt de racoler sur le thème insécurité : plus de policiers et de caméras. Ce qui revient à peu près à essayer d’éponger une fuite quand on a pas fermé le robinet qui en est la source.

                                        La surconsommation et la surpollution n’expliquent absolument pas ce meurtre, et pour le comprendre comme ça il faut le vouloir, n’est-ce pas. Par contre ce meurtre révèle un grave dysfonctionnement de nos sociétés basées sur la consommation. Dans cette histoire, l’un des trucs les plus choquants est que Joe est mort pour un MP3, une chose, un objet à la mode. Ca n’est pas le MP3 qui à lui seul est la cause de la mort, la preuve en est que tous ceux qui se baladent avec ce genre de truc ne se font pas tuer. Mais comme l’a dit la presse en Belgique on peut mourir pour un mp3. Il y a quelques temps, un autre jeune s’était fait tuer pour son gsm, la semaine passée à liège un bonhomme s’est fait attaquer au couteau également pour un objet. Pas besoin de se servir une litanie de faits divers pour voir que dans nos sociétés, les objets de consommation usuels ont pris une valeur qui n’a plus rien à voir avec leur valeur marchande (quelques dizaines d’euros), surtout chez les jeunes (utile de rappeler qu’ils sont la principale cible des publicitaires). Et pour cause, dans nos société les objets ont une importance sans cesse croissante (il suffit de regarder comment bon nombre de personne lavent leur bagnole avec amour, où comment monsieur offre une cuisinière à Madame pour noël, ou comment madame choisit son sac à main en cuir pour bien paraître en société etc). Or il y a un fait nouveau à notre époque, c’est que nos sociétés dans lesquelles les milliards d’objets ont une importance très grande, ces sociétés sont insoutenables parce que la production de ces objets justement est insoutenable : il est impossible que les 7 milliards d’individus qui habitent la planète aient autant d’objet et de « confort » que nous. C’est quelque chose qui est mesuré par exemple avec l’outil de l’empreinte écologique (voir le rapport planète vivante de WWF). Parler de surconsommation et de surpollution ça n’est donc pas déplacé, même si ça n’est évidemment pas la cause direct du meurtre de Joe. Parce que si on continue comme ça, si « notre mode de vie n’est pas négociable » comme le dit Bush, il faudra qu’on maintienne 80% de la population mondiale dans une misère dont nous on ne veut pas. Est-ce que c’est exagéré de dire que lorsque trop de « richesses » sont concentrées au meme endroit, on attise les rancœurs et les convoitises ? Est-ce que l’augmentation des flux migratoires vers l’occident n’a rien à voir avec nos richesses ? Ka, ne va pas dire que je mets sur le meme pied la migration avec l’assassinat gare centrale, mais tu noteras qu’il est difficile de ne pas faire un lien entre des actions ou des actes dans lesquels celui qui n’a pas essaye d’avoir. Ce thème de la surconsommation et de l’insoutenabilité de nos modes de vie, ça peut etre une chance parce que ça peut etre une possibilité de changer les choses pour les améliorer. La presse a souligné que Joe était épris de justice. Comment arriver à faire de ce monde un endroit meilleur ? Certainement pas en rajoutant 3000 policiers dans la rue, alors que les inégalités continuent à s’aggraver. La violence traverse toute l’histoire de l’humanité et on ne va pas régler le problème d’un coup de baguette magique. Mais l’une des conditions pour créer la possibilité de quelque chose de mieux, ça passe par une meilleure redistribution des richesses, de façon à ce que au moins 20% des habitants arrêtent de consommer 80% des richesses, au détriment du plus grand nombre, alors qu’on sait en plus que de toute façon ça ne peut pas fonctionner au niveau simplement écologique (surpollution). Adopter des mode de vie plus sobres, ça peut etre l’occasion de retrouver le temps de vivre, de faire plus la fete, de vivre plus sainement, de passer plus temps avec les amis, de faire plus de liens. Ca ne nous mettra pas à l’abri d’actes de folie, mais si on ne le fait pas, c’est le monde entier qui deviendra fou.


                                        • ka (---.---.30.12) 29 avril 2006 20:41

                                          Ah là c’est déjà plus clair. Désolée pour mon précédent post mais je n’avais pas compris ce que vous vouliez dire par surconsommation et finalement ce que vous dîtes est plutôt censé.


                                        • Raga (---.---.242.89) 29 avril 2006 14:27

                                          Finalement, il semblerait que ces deux « polonais » (il ne faut pas confondre nationalité et ethnie) soient des GITANS et non des maghrébins.

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