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Accueil du site > Tribune Libre > Justice pénale : quand les avocats trahissent leur serment

Justice pénale : quand les avocats trahissent leur serment

Régulièrement, les affaires criminelles placent les avocats sur le devant de la scène, et nombre de ces professionnels usent de la médiatisation des grands procès pour renforcer leur image de pugnacité auprès des justiciables potentiels. Ce faisant, ils outrepassent trop souvent leur rôle et, pour certains – n’ayons pas peur de le dire –, trahissent leur serment...

Benoît Magimel dans le film « L'avocat » de Cédric Anger

Le métier d’avocat est, comme chacun le sait, soumis à l’appartenance à un « Ordre » professionnel qui regroupe l’ensemble des avocats, y compris honoraires. Nul ne peut exercer sans être membre de l’Ordre des avocats et sans avoir été inscrit par le Conseil de celui-ci à l’un des 164 « Barreaux » de France. Rappelons à cet égard qu’il existe un Barreau par Tribunal de Grande Instance (TGI), chacun étant placé sous la responsabilité d’un bâtonnier élu par ses pairs avec pour missions de coordonner l’activité des inscrits, de gérer le rôle des « commis d’office » et d’arbitrer les litiges intra-professionnels.

À noter qu’il est impossible d’exercer la fonction d’avocat sans avoir été l’objet au préalable d’une instruction visant à établir, pour tout nouveau titulaire du Certificat d’Aptitude à la Profession d’Avocat (CAPA), qu’il n’a jamais fait l’objet de sanctions pénales, disciplinaires ou administratives, ni été déclaré en faillite personnelle ou en liquidation judiciaire. Cette légitime précaution prise, il appartient au Conseil de l’Ordre des avocats de présenter le nouveau titulaire du CAPA à une prestation de serment lors d’une audience solennelle de la Cour d’appel – il y en a 36 en France – dont dépend cet Ordre. Chaque avocat est pour l’occasion vêtu de la robe noire traditionnelle, d’un col et de gants blancs.

« Je jure, comme Avocat, d'exercer mes fonctions avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité. » Tel est le serment que doit prononcer chaque nouvel avocat pour pouvoir exercer son métier. Une belle formule qui engage le professionnel au respect constant de valeurs élevées mises au service de la société. Et cela tombe bien car en France un avocat est, au plan statutaire, un « auxiliaire de justice ». Autrement dit, bien que relevant du droit privé dans le cadre d’une activité libérale indépendante, il est investi d’une mission de service public dont la finalité est de contribuer, en interaction avec les autres acteurs judiciaires, à rendre une Justice équitable et impartiale.

« Équitable, impartiale », là encore voilà deux très beaux mots qui sont censés qualifier la manière dont doivent être traitées l’ensemble des parties d’une action judiciaire – d’un côté, les criminels et les délinquants ; de l’autre, les victimes de crimes et d’actes délictueux –, et cela quelle que soit l’appartenance ethnique, religieuse ou politique des uns et des autres, ou bien encore leur statut social.

Est-ce ainsi que les choses se passent au pénal lors des instructions et des procès ? C’est probable dans la grande majorité des cas qui ne donnent pas lieu à médiatisation, chacun jouant son rôle dans le respect tacite d’une règle éthique non formulée qui s’impose à tous. C’est beaucoup plus discutable, d’une part dans les affaires sensibles qui impliquent des personnalités en vue, d’autre part dans les affaires criminelles qui donnent lieu à une forte émotion dans le public, notamment dans les cas d’homicide sur un enfant. À cet égard, contrairement à une idée reçue, il n’existe pas de code de déontologie du métier d’avocat, mais des règles d’usage dans leurs rapports aux magistrats, aux confrères et aux clients, le plus souvent énoncées dans des règlements intérieurs qui varient d’un barreau à l’autre. Une étonnante carence !

Une inutile et choquante souffrance

Dès lors, en l’absence d’un code général de déontologie, comment s’étonner des dérapages commis devant micros et caméras par un petit nombre des 65 000 avocats de France – parfois de grands noms du barreau – dont le principal souci semble être, en certaines occasions, de se mettre en scène à des fins le plus souvent carriéristes ? Et cela en n’hésitant pas à brosser dans la presse écrite et les médias radio-télévisés un portrait totalement décalé de leurs clients relativement aux faits avérés, sans se préoccuper de la détresse des victimes ou de leurs familles auxquelles une telle attitude inflige une inutile et choquante souffrance. À cet égard, les récentes déclarations des défenseurs des accusés dans les affaires Alexia Daval et Maëlys de Araujo sont emblématiques de ce type de dérives.

Est-ce là le rôle des avocats ? Ne consiste-t-il pas plutôt, au-delà du conseil et de l’accomplissement d’actes de procédures au nom de leurs clients, à tout faire, dans le respect des parties adverses, pour éclairer les juges et l’opinion sur la personnalité desdits clients, sur les éléments de leur parcours de vie, sur les circonstances qui les ont amenés à violer gravement la loi en portant atteinte à la vie ou à l’intégrité physique d’autrui ? Dans le serment de l’avocat figure le mot « humanité ». Une humanité qui, aussi horribles qu’aient pu être les actes commis, est due aux accusés, lesquels appartiennent de facto à l’imparfaite communauté des hommes. Mais une humanité qui est tout autant – et plus encore – due aux victimes, et malheureusement trop souvent réduite pour celles-ci à un hommage convenu et lapidaire dans les propos médiatisés de certains avocats de la défense. 

Que dire, en outre, de ces professionnels qui, lors des audiences ou des prises de parole publiques, n’hésitent pas à dépeindre intentionnellement les victimes comme les co-responsables des actes odieux qu’elles ont subis ? Ou bien encore de ces avocats qui, là encore au mépris des victimes, concentrent leur détermination, lorsque les faits criminels ou délictueux sont avérés sans l’ombre d’un doute sur la base de preuves tangibles, à rechercher les motifs de cassation des jugements prononcés à l’issue de procès pourtant équitables ?

Où sont la « dignité », la « conscience », la « probité » intellectuelle de ces avocats pour qui la fin justifie les moyens ? Ces valeurs, ils ont pourtant juré les assumer en toutes circonstances en prononçant leur serment à l’aube de leur carrière. Hélas ! force est de constater que pour une minorité de professionnels, le cynisme et les intérêts personnels l’emportent sur le sens moral. Et c’est consternant car cette trahison du serment contribue à jeter une ombre supplémentaire sur le fonctionnement de la Justice.


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111 réactions à cet article    


  • Diogène Diogène 20 février 16:24

    Bonjour Fergus.

    Dommage que vous ne donniez pas d’exemple pour illustrer.
    Mais tout un chacun aura reconnu quelques têtes d’affiches au passage, des ténors plus soucieux de la gestion de leur carrière de star en usant du sensationnel ou du paradoxe que de l’équité devant la justice. 
    Leur ficelle la plus connue est de présenter leur client comme la victime et les victimes comme des bourreaux.
    Et avec les effets de manches, souvent, ça marche.
    Surtout si le client a un bon budget à consacrer à sa défense.

    • Fergus Fergus 20 février 17:26

      Bonjour, Diogène

      En termes d’exemples, chacun doit en avoir en tête, et sans remonter très loin, il suffit de se rappeler les déclarations inconséquentes des avocats de Jonathann Daval et Nordahl Lalandais.

      « Leur ficelle la plus connue est de présenter leur client comme la victime et les victimes comme des bourreaux. »

      Oui, et c’est l’un des aspects les plus odieux de ce type de défense.

      Cela dit, il arrive que les faits sont effectivement plus nuancés, mais cela reste rare, et les provocations - en admettant qu’elles soient avérées - ne justifient évidemment pas des assassinats odieux.


    • Diogène Diogène 20 février 17:52

      @Fergus

      en argot, « avocat » se dit « menteur »..

      à part ça, il me semble que la dérive que vous évoquez a été largement influencée par le cinéma américain et les pratiques spécifiques des juristes dans ce pays où les juges sont élus et où les avocats prospectent leurs clients en recherchant des « affaires » dans lesquelles faire un procès peut rapporter gros.

      quand on regarde un vieux film européen en noir et blanc (italien, français, anglais ou allemand) qui contiennent des scènes de cour de justice, comme Le Septième Juré, on a l’impression d’avoir changé de pays...

    • Pere Plexe Pere Plexe 20 février 18:11

      @Fergus
      la profession d’avocat est très réglementée.Et ils ont bien un code de déontologie.Qui plus est, repris par loi et décrets !

      Mais surtout ils sont contraints par le code de procédure pénale.
      Et, contrairement aux magistrats, ils engagent leur responsabilité professionnelle civile et pénale par leurs actes et conseils.


      Pour le reste ils ont, fort heureusement, la liberté de parole.
      Que très rarement cette liberté soit utilisé de façon douteuse ne doit pas servir d’alibi à la restreindre. 

    • foufouille foufouille 20 février 18:23

      @Pere Plexe
      « 

      Mais surtout ils sont contraints par le code de procédure pénale.
      Et, contrairement aux magistrats, ils engagent leur responsabilité professionnelle civile et pénale par leurs actes et conseils. »
      uniquement dans tes rêves.


    • Fergus Fergus 20 février 19:09

      Bonsoir, Père Plexe

      Je confirme qu’il n’existe pas, à ma connaissance, de Code de déontologie se rapportant au fondement même de l’activité d’avocat, à savoir les rapports entre l’avocat et l’accusé ou entre l’avocat et les parties civiles.

      « Que très rarement cette liberté soit utilisé de façon douteuse ne doit pas servir d’alibi à la restreindre. »

      Je suis d’accord sur ce point. Ce que je voulais souligner, c’est le hiatus entre, d’un côté, le serment de l’avocat et les valeurs d’équité prônées par la Justice ; d’autre part, certains comportements qui dépassent les bornes du respect des parties adverses - et notamment des victimes -, sans que quiconque au sein du Conseil de l’ordre ne s’en émeuve.


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 20 février 22:41

      @Fergus


      Bonjour Fergus

      J’ai toujours trouvé le travail d’avocat antisocial et répugnant, ce qui ne m’a pas empêché d’être membre du Barreau de Montréal pendant plus de 40 ans et y demeurant jusqu’à ma retraite. Pourquoi y être resté, tout en faisant naturellement carrière à tout autre chose ? D’abord, parce que c’est un excellente façon d’être toujours reçu... ,mais aussi parce que l"on ne peut CESSER d’être avocat sans être soupconné de quelque vilenie...

      Cela dit pourquoi ce jugement critique sur le droit ? Parce que le rôe de l’avocat crée un incontournable dilemme. Si son action modifie VRAIMENT le résultat des litiges et procès, est il juste que son talent le biaise alors qu’l ne devrait découler que du bon droit ? Et, s’il le modifie pas vraiment, est-til raisonnable que la société doive porter le cout et les délais de cette démarche alors futile....

      j’ai écrit bien sur ce thème bien des articles qu’on trouvera sur Google.. Je vous met en lien le premier que j’ai écrit il ya bien 20 ans...


      Pierre JC

    • Fergus Fergus 20 février 23:14

      Bonsoir, Pierre JC Allard

      « J’ai toujours trouvé le travail d’avocat antisocial et répugnant »

      Mais néanmoins nécessaire dans une société où le droit élève des garde-fous.

      « le rôle de l’avocat crée un incontournable dilemme. Si son action modifie VRAIMENT le résultat des litiges et procès, est il juste que son talent le biaise alors qu’l ne devrait découler que du bon droit ? »

      Voilà une excellente question qui m’a toujours beaucoup intéressé. Car de fait, le spectacle de certains avocats à forte personnalité ou dotés d’un charisme évident- cela vaut également pour les avocats généraux lors des procès d’assises - montre aux observateurs que dans les cas litigieux, ce sont ces « acteurs » (à tous les sens du terme) de la Justice qui peuvent avoir la faculté de faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. C’est évidemment très perturbant.

      Je vais lire avec intérêt l’article que vous avez mis en lien.


    • Surya Surya 21 février 11:46

      Bonjour Fergus


      Excellent article (comme d’hab) merci.

      Je me permets de faire un petit regroupement de trucs piochés dans votre com ci dessus et dans votre article :

      « ce sont ces « acteurs » dont le principal souci semble être, en certaines occasions, de se mettre en scène à des fins le plus souvent carriéristes ? »

      Ne mettez pas acteur entre guillemets car figurez-vous que j’avais fait la connaissance, il y a très longtemps, d’une fille qui hésitait entre devenir actrice ou avocate !  smiley Elle a fini par choisir avocate, tout en prenant des cours d’Art Dramatique afin d’améliorer ses prestations  smiley

      Si ça fait plaisir à certains avocats narcissiques de se mettre en scène et de pavaner devant les caméras ou, à défaut de caméra, devant un auditoire, tant mieux pour eux, mais là où je suis dégoûtée, c’est de voir que les gens qui ont peu de moyens ne peuvent prétendre à être aussi bien défendus que les gens riches. Ca, ça me révolte vraiment. Et le pire, c’est que ça semble arranger tout le monde.

    • Fergus Fergus 21 février 12:55

      Bonjour, Surya

      Merci à vous, et d’accord avec votre commentaire.

      A une petite réserve près toutefois : s’il est vrai que les gens fortunés ont les moyens de se payer des avocats talentueux ce qui n’est pas le cas des gens modestes, il arrive de temps à autre que des avocats de renom offrent gratuitement leurs services à des personnes sans moyens, mais uniquement lorsque les affaires qui les concernent sont largement médiatisées et permettent à ces « ténors du barreau » de s’offrir par ce biais une publicité télévisée nationale bienvenue pour la suite de leur carrière.

      Mais il ne faut pas se leurrer : ces cas sont évidemment très rares, et les gens modestes ont beaucoup plus souvent affaire à des avocats commis d’office et parfois très inexpérimentés face à des avocats généraux ou des procureurs rompus aux joutes oratoires d’audience. C’est profondément inéquitable.


    • troletbuse troletbuse 20 février 16:35

      Pas pire que les politicards qui, eux, trahissent tous les jours


      • Fergus Fergus 20 février 17:27

        Bonjour, troletbuse

        Désolé, mais il s’agit là d’un commentaire obsessionnel sans rapport avec le sujet.


      • troletbuse troletbuse 20 février 20:13

        @Fergus
        Bien sûr, bien sûr, les politicards n’influencent pas la justice. Si j’avais parlé de Sarkozy, vous auriez tout de suite trouvé un rapport, non ?


      • Fergus Fergus 20 février 20:55

        @ troletbuse

        « les politicards n’influencent pas la justice »

        Personne n’a jamais prétendu le contraire, même s’il y a eu dans l’histoire de sacrées différences en matière d’interventionnisme.

        Le plus cocasse étant quand Chirac et Toubon ont fait aller chercher en hélicoptère sur les pentes himalayennes le procureur de Paris Davenas - un fondu d’alipinisme - pour qu’il revienne dare-dare empêcher son remplaçant estival Dujardin d’ouvrir une information judiciaire sur le président. smiley


      • troletbuse troletbuse 20 février 22:14

        @Fergus
        Mais ca, c’était avant, je le sais parfaitement. Même que Sarkozy a influencé pour Colonna, non ? Mais sous Hollandouille et encore mieux sous Macronimbus , c’est terminé  smiley Vous auriez pu le dire.


      • leypanou 20 février 16:58

        Ou bien encore de ces avocats qui, là encore au mépris des victimes, concentrent leur détermination, lorsque les faits criminels ou délictueux sont avérés sans l’ombre d’un doute sur la base de preuves tangibles, à rechercher les motifs de cassation des jugements prononcés à l’issue de procès pourtant équitables ? : heureusement que vous n’êtes pas avocat.

        C’est quoi ces considérations ? Un avocat est là pour tirer le maximum pour le client ; s’il a d’autres considérations,il est malhonnête. Et il aurait mieux valu qu’il refuse la défense du client.


        • oncle archibald 20 février 17:26

          @leypanou : absolument. Tout se passe au moment de la conclusion du contrat qui va lier l’avocat et son client. Certains avocats refusent de défendre les clients qui nient des faits avérés et qui visiblement leur mentent, ils estiment que le lien de confiance entre l’avocat et son client n’existe pas. D’autres non, et ils acceptent de plaider « non coupable » pour celui qui tenait encore l’arme fumante à la main à l’arrivée des gendarmes.

          De toute façon quiconque mérite d’être défendu, et c’est un avocat qui se chargera de cette tache, d’accord avec son client sur la stratégie à adopter. C’est leur affaire et c’est au ministère civil d’argumenter pour démolir une défense qui serait stupide.

          L’avocat est investi d’une « mission de service public » qui consiste à présenter l’argumentation en défense de l’accusé, à rechercher dans l’intérêt de son client les failles dans l’accusation et c’est la confrontation de « la défense » et de « l’accusation » qui permet « normalement » de rendre une Justice équitable et impartiale.

          Bien entendu cette règle du jeu est faussée quand le procès ne se fait plus dans le prétoire mais sur les marches du palais devant les caméras de la télévision puisque le procureur lui ne peut pas se permettre d’y jouer. Il faudrait légiférer pour empêcher cela, si ce n’est pas déjà fait, ou bien faire appliquer la loi si elle existe pour empêcher cela.

          Mais rien n’est simple, et ce sont parfois les juges instructeurs et les procureurs qui se trompent, et dans ce cas c’est le procès médiatisé qui permet de réparer l’erreur .... genre affaire d’Outreau, exemple mythique d’une affaire ultra-médiatisée avec renversement des condamnations en appel et probablement un jugement encore « inéquitable » après ce deuxième procès sur la base du grand principe : « le doute doit toujours être interprété dans le sens favorable à l’accusé ».


        • Fergus Fergus 20 février 17:39

          Bonjour, leypanou

          « Un avocat est là pour tirer le maximum pour le client » 

          Fort bien, mais dans ce cas il faut admettre que l’on est dans une relation de nature commerciale et renoncer à tout jamais à prononcer un serment hypocrite car destiné à être violé !

          Et pour cause : ce type de relation ne peut avoir pour objectif une justice équitable .


        • Fergus Fergus 20 février 17:46

          Bonjour, oncle archibald

          « dans ce cas c’est le procès médiatisé qui permet de réparer l’erreur .... genre affaire d’Outreau »

          Euh... ce que vous dites est vrai. Mais vous oublier que, pour Outreau, c’est la médiatisation de nombreuses révélations sur la Tour du Renard qui, dans un premier temps, a chauffé à blanc l’opinion et conduit le juge d’instruction à déraper sous la pression populaire.

          Bref, la médiatisation a joué dans les deux sens !


        • Fergus Fergus 20 février 17:47

          Erratum : ... vous oubliez...


        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 20 février 17:55

          @Fergus

          Outreau : Sauf La voix du Nord ...


        • leypanou 20 février 18:29

          @Fergus
          Et pour cause : ce type de relation ne peut avoir pour objectif une justice équitable  : j’ai une simple question à vous poser : si une femme de chambre d’un hôtel 5 étoiles en France va dans un commissariat pour dire qu’elle a été violée par le directeur général d’une organisation mondiale, a-t-elle plus de chances qu’on lui dise « allez, on a trop de travail, revenez une autre fois » ou « venez, on va recevoir votre déposition et coffrer ce salopard » ?


        • Fergus Fergus 20 février 19:11

          Bonsoir, Aita Pea Pea

          C’est vrai. Merci de l’avoir rappelé.


        • Fergus Fergus 20 février 22:45

          @ leypanou

          Je ne comprends pas le rapport avec ce qui précède.

          Cela dit, la réponse est : l’une ou l’autre selon qu’elle aura affaire à des policiers consciencieux ou pas ! Le problème est qu’il n’y a pas de réponse unique.


        • oncle archibald 20 février 23:01

          @Fergus : « il faut renoncer à prononcer un serment hypocrite car destiné à être violé. »


          Fergus vous vous méprenez complètement. Le serment de l’avocat n’est pas le même que celui du magistrat ou celui de l’expert. L’avocat des lors qu’il accepte de défendre un criminel est la pour faire valoir tout ce qui peut aider à sa défense. C’est aux jury qu’il appartient de faire le tri et de suivre plutôt les réquisitions du procureur ou plutôt les arguments de l’avocat. La déontologie de l’avocat c’est de bien défendre son client, pas de le faire condamner au max même s’il sait que c’est un parfait salaud et que « moralement » il serait tenté de le faire saquer. Si on n’admet pas cela il faut opter pour une carrière de flic ou de magistrat, pas d’avocat.

        • tout_permis tout_permis 20 février 23:11

          Vu, ce jour, dans AgoraVox

          « Le secret le mieux gardé de cette profession qui pose en rempart des libertés, est qu’elle est le chien de garde des corporatismes de ‘notables’, à commencer par le leur. »

          https://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/les-gens-comme-vous-et-moi-dont-201701


        • Fergus Fergus 20 février 23:17

          @ oncle archibald

          Je n’ai pas de problème avec cette vision - d’ailleurs très juste - de ce qu’est de fait le métier d’avocat. Mais dans ce cas, que ces messieurs en robe noire cessent de prononcer le serment tel qu’il est rédigé !


        • Fergus Fergus 21 février 09:16

          Bonjour, tout_permis

          Les avocats « remparts des libertés », c’est sans doute excessif. Mais ils en sont incontestablement des acteurs en certaines occasions, même si, comme vous le soulignez, nombre d’entre eux sont le plus souvent des « chiens de garde ».


        • gruni gruni 20 février 17:51

          Bonjour Fergus



          Après lecture de ton texte où tu parles de la robe noire traditionnelle des avocats, par curiosité j’ai cherché l’origine de cette robe. Tu savais peut-être qu’elle... 
           
          « tire son origine d’une soutane religieuse. Initialement, les avocats étaient en effet essentiellement
          des ecclésiastiques. Lorsqu’ils plaidaient, ils portaient une soutane de couleur noire.

          De cette origine religieuse, la robe a conservé les 33 boutons symbolisant l’âge du Christ à sa mort »

          Merci pour l’article



          • Fergus Fergus 20 février 17:53

            Bonjour, gruni

            Merci pour ces précisions. J’ignorais ces détails.


          • Pere Plexe Pere Plexe 20 février 18:22

            @gruni
            Il est encore fréquent que les tribunaux soient dans d’anciens palais épiscopaux ou dépendances de l’évêché. 


          • gruni gruni 20 février 19:49

            @Pere Plexe


            Merci pour le complément d’information, ce qui peut se comprendre puisque « Initialement, les avocats étaient essentiellement des ecclésiastiques. Lorsqu’ils plaidaient, ils portaient une soutane de couleur noire ».




          • troletbuse troletbuse 20 février 22:15

            @Pere Plexe
            L’évéché ? Au fond du couloir


          • philippe baron-abrioux 21 février 10:35

            @gruni

             Bonjour Gruni ,

             c’est aussi cela sans doute qui permet de voir parfois des avocats se transformer pour défendre leur client en prédicateurs zélés (de causes parfois résolument abjectes ) qui fonctionnent à front renversé , prenant à témoin la société de l’indigence culturelle du client qui ainsi deviendrait victime des ratés d’une éducation trop parcellaire par l’Ecole (et accessoirement la famille) , prise comme le pilier d’une société qui ne parviendrait plus à ses objectifs de correction des inégalités entre autres griefs .

             prédicateurs ou relais indirects de discours plaqués, mélangeant à peu de frais société , politique , civilisation et religion aussi pour faire bonne mesure, dans notre communauté de vie qui,par facilité ou paresse ,a perdu au fil du temps tous ses repères en jonglant avec chacun d’entre eux selon l’instant pour en déstabiliser les bases au point de la mettre à bas , en regardant vers un stéréotype envahissant et performant dont on peut voir outre Atlantique à quoi il conduit .

             nombre d’avocats sont devenus de fait des « avocats d’affaires » , que ce soit au pénal , au civil ou au financier . toute instance devient pour eux « une affaire » dont ils cherchent la plus grande publicité , au mépris du secret de l’instruction très souvent , en les médiatisant sans aucun respect pour les victimes et ce des deux côtés des parties .

             la rédaction de leurs conclusions (travail de préparation et de mise au clair des moyens de défense ) , variant au gré des réactions de l’opinion publique censément informée par leurs soins au point que la vox populi deviendrait presque l’équivalent de l’ancienne vox Déi , eux étant évidemment des dieux devant lesquels il conviendrait de plier le genou .

            nous sommes en France , faut il le rappeler à certains prêcheurs , prédicateurs et autres qui n’ont de cesse d’oublier leur rôle au service de leur client , bien sûr ,mais aussi de la Justice et du Droit .

             les salles « des pas perdus » ressemblent de plus en plus à des espaces de tournage de films ,avec spots et micros , les avocats réalisateurs veillant à des mises en scène frisant le grotesque , diffusées en boucles sur les chaînes dites d’information continue qui en font leur choux gras .

             « la justice spectacle » est bien installée désormais , les consommateurs s’en délectent et 67 millions de résidents en France deviennent le vent qui fait tourner le girouette .

             « selon que vous serez puissants ou misérables , les jugements de cours vous rendront blancs ou noirs » disait la FONTAINE .

            S’IL EXISTE DES AVOCATS QUI ONT DU MAL A VIVRE DE LEUR TRAVAIL , D’AUTRES SONT MISERABLES CERTES ,MAIS DU FAIT DE LEUR COMPORTEMENT !

            bonne fin de journée !

            P.B.A.


          • Fergus Fergus 21 février 10:43

            Bonjour, philippe baron-abrioux

            « « la justice spectacle » est bien installée désormais , les consommateurs s’en délectent et 67 millions de résidents en France deviennent le vent qui fait tourner le girouette »

            C’est effectivement trop souvent le cas, et c’est consternant !


          • gruni gruni 25 février 10:46

            @philippe baron-abrioux


            Bonjour philipe baron-abrioux

            Vous parlez de la salle « des pas perdus » devenu des « espaces de tournage », vous savez certainement qu’ « Aux Etats-Unis par exemple, où le public est très friand d’histoires judiciaires, tout procès d’assises peut être filmé, voire même retransmis en direct, et ce depuis les années 80 ». En France aussi un procès peut être filmé, mais sous certaines conditions, pour sa dimension historique (Papon).
            Ce que évidemment je ne souhaite pas pour chaque procès. En tout cas merci pour votre commentaire, complémentaire de ce très bon article de Fergus, et bon dimanche à vous deux.


          • Fergus Fergus 25 février 11:13

            Bonjour, gruni

            Merci et excellente journée à toi aussi !


          • Novae Novae 20 février 18:18

            C’est pas un peu comme la plupart des médecins et de leur beau serment d’Hypocrites ?

            Oups... Hippocrate pardon ... La confusion des deux mots est si facile et si troublante...


            • Fergus Fergus 20 février 19:15

              Bonsoir, Novae

              Le fait est que dans le milieu médical il doit également arriver que le serment soit bafoué. Sans doute là aussi par une minorité de praticiens.


            • Novae Novae 21 février 00:59

              @Fergus

              En « Générique » non, bien évidemment !

              Nan ! Encore ? Mais c’est pas vrai j’ai ma langue qui fourche encore ! :) En Général bien sûr ...

              Ce sont bien eux qui nous prescrivent souvent ces saloperies pour des maladies souvent imaginaires, non ?

              http://www.atlantico.fr/decryptage/ces-medicaments-qui-tuent-quelle-responsabilite-systemes-sante-et-medecins-medicaments-effets-secondaires-mort-john-virapen-1709864.html

              Tout Médecin qui prescrit des cochonneries dans ce style, sans même prendre le temps de s’informer réellement (Vaste sujet que ces pilules qui pour remédier à un seul probleme peuvent causer une trentaine d’effet secondaires fortement indésirables ...), ne trahit-il pas d’office son serment ?

              N’oubliez jamais : Ils sont là, pour la plupart bien sûr, pour vous soigner ! Pas pour vous guérir ! Subtil...

              (C’est moins rentable ...)

              Donc le serpent d’Hippocrate ... (Nan encore ! Mais c’est pas vrai ça ! « SERMENT » ! Va falloir que je consulte ! :) )

              Qui ne serait pas prêt à sauvegarder son emploi après tant d’années de sacrifices remarquez...

              Mais je m’égare, et je m’en excuse auprès de ceux de cette profession qui font leur possible pour y remédier, mais il aurait là matière a un bon article... Si cela n’a pas déjà été fait...

              Quand la corruption règne tout est possible ...

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