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Accueil du site > Tribune Libre > L’abstention en démocratie, une préférence avouée pour la tyrannie (...)

L’abstention en démocratie, une préférence avouée pour la tyrannie ?

 L’abstention aux dernières élections régionales des 14 et 21 mars 2010 a été abondamment commentée. Avec 53 % au premier tour, et 49 % au second, elle est loin des 16 % quasi incompressibles de l’élection présidentielle de 2007 et se rapproche des 70 % du référendum sur le quinquennat de 2000. Les candidats et les politiques se sont lamentés sur les énormes pertes de voix potentielles qu’elle entraîne. Quant aux sondeurs politologues, ils ont ressorti leur arsenal explicatif stéréotypé comme le manque d’enjeu mobilisateur ou la désaffection envers le personnel politique.

 
Une attitude commune complaisante envers les abstentionnistes
 
Il est curieux, cependant, d’observer chez les uns et les autres une attitude commune complaisante envers les abstentionnistes : celle-ci emprunte à la fois à celle du médecin penché sur le malade et à celle du professeur plein d‘empathie envers « l’élève en difficulté » selon l’expression trompeuse consacrée.
 
L’abstention électorale serait une sorte de maladie ou de handicap socioculturel dont le citoyen ne serait pas responsable, le pauvre ! La ville de Sarcelles en Seine-Saint-Denis, par exemple, a atteint 75 % d’abstention au premier tour. 
 
Les candidats n’hésitent pas à battre leur coulpe et à s’accabler collectivement, majorité et opposition réunies, pour assumer la responsabilité de ce désintérêt de l’électeur. Tantôt ils s’accusent mutuellement de l’avoir détourné de son devoir électoral par des attaques personnelles qui ont fait diversion et masqué les programmes. Tantôt ils adoptent la posture du professeur consterné de n’avoir pas réussi à intéresser ses élèves : ils n’ont pas su expliquer comme il faut leurs projets ni se mettre à la portée de l’électorat.
 
 Les sondeurs politologues ressassent, de leur côté, leur éternelle ritournelle sur le désintérêt de l’électorat pour les politiques, le doute répandu que leur l’usage du pouvoir suscite, voire la méfiance que provoque un discrédit né d’un écart entre les paroles et les actes. L’abstentionnisme électoral apparaît donc comme un symptôme bien naturel et logique, tout comme le désintérêt de l’élève est souvent présenté comme l’effet mécanique de son origine socioculturelle défavorisée et/ou d’un professeur ennuyeux. Dans les deux cas, l’électeur abstentionniste est traité en victime ou en consommateur et non en acteur responsable.
 
Un mépris affiché pour le régime démocratique
 
Or, pourquoi tant de précautions pour ménager l’électeur abstentionniste ? Celui-ci en prend-il envers le régime démocratique, qui, si rudimentaire et déficient soit-il, requiert parmi d’autres modes de participation du citoyen, son vote lors d’élections périodiques ? Cette victimisation et cette infantilisation de l’abstentionniste sont-elles acceptables ? Ne pas prendre la peine de se déplacer pour émettre un vote, qu’il soit nul, blanc ou en faveur d’un candidat ou d’une solution, est en fait encore un vote implicite, puisque parler ou se taire, c’est toujours livrer une information. Oui, mais quel vote ?
 
En se tenant volontairement à l’écart du contexte de la question posée à tous – le choix d’un candidat ou d’une solution en cas de référendum – l’abstentionniste manifeste d’abord son mépris global pour le seul régime qui sollicite l’émission libre d’un avis auprès des membres d’une société, la démocratie. Refuser de se déplacer, ne serait-ce encore une fois que pour voter nul ou blanc quand le choix proposé est jugé insatisfaisant, revient à préférer implicitement un régime qui ne sollicite pas les électeurs et se moque de leur avis : la tyrannie, en effet, se passe des opinions de ses sujets ou les exhibent dans des simulacres démocratiques de consultations électorales pour se travestir aux yeux du monde sous des oripeaux toujours plus présentables de la démocratie.
 
La démocratie, un régime tantôt en construction tantôt en destruction
 
 On objectera que cette imputation est abusive : tous les abstentionnistes ne peuvent être confondus avec les partisans de la tyrannie que l’on relève aussi parmi les candidats et les votants. Leur conduite ne serait qu’une manière de rejeter un fonctionnement démocratique défectueux à leurs yeux. Pourquoi pas ? Mais dans ce cas, le remède choisi est pire que le mal : s’abstenir, qu’on le veuille ou non, revient à rejeter les procédures du régime démocratique. Et attendre que la démocratie d’un pays atteigne un degré de développement suffisant pour émettre un vote, c’est prendre le risque d’attendre longtemps.
 
Jamais la démocratie ne sera achevée : elle est en perpétuelle construction ou destruction selon les forces en présence. Une chose est sûre : l’abstention contribue à sa destruction. Car elle rassemble dans un pot-pourri les opinions les plus contraires. Aucune d’elles ne peut être clairement déchiffrée puisque les prétendus partisans de la démocratie et les tenants de la tyrannie font souvent cause commune dans une commune abstention. Cet acte de mépris ne s’adresse donc pas seulement aux choix proposés, mais au système politique lui-même qui périodiquement sollicite les avis des citoyens. L’abstentionniste est bien le fossoyeur de la démocratie.
 
On peut comprendre que les candidats s’abstiennent de le brusquer : entre les deux tours d’un scrutin ils ne désespèrent pas de l’attirer aux urnes. Mais l’excuser et l’exonérer de ses responsabilités en les rejetant sur les candidats est la pire des éducations. Ce n’est pas parce que les élèves se désintéressent d’un cours que la responsabilité en incombe obligatoirement au professeur. Celui-ci pourrait être le meilleur qui soit sans rencontrer plus de résultats face à des élèves que le travail rebute. Apprendre nécessite, en effet, de faire des efforts. La démocratie est un régime politique qui exige aussi des citoyens un minimum d’efforts pour participer au gouvernement de la cité : le vote est une des modalités d’action offertes. En regard, la tyrannie est moins fatigante puisqu’une oligarchie décide de tout à la place de ses sujets dont l’abstentionnisme est même exigé comme une vertu, y compris en le déguisant par des scores de quasi unanimité quand elle choisit de singer la démocratie. 
 
Paul Villach
 

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81 réactions à cet article    


  • Voris 24 mars 2010 10:16

    Dans notre démocratie, on a le droit de s’abstenir de voter. Et tant mieux car cela permet au peuple de taire ce qu’il pense quand il le veut pour peser un peu. Il faut bien qu’il lui reste au moins ce pouvoir-là au peuple qui n’a jamais son mot à dire.


    • L'enfoiré L’enfoiré 24 mars 2010 12:19

      Voris,
       Tant que les votes blancs ne seront pas comptabilisés, cela ne sert à rien.
       Se taire, tu passes ton tour.
       Le mot à dire, il est tu, tout simplement. Donc, inexistant.
       La dichotomie du monde c’est ça. En informatique, une porte n’est jamais entrouverte.
       smiley


    • Voris 24 mars 2010 13:06

      C’est un monde binaire. L’esprit humain n’est pas binaire...


    • Romain Desbois 24 mars 2010 15:02

      Je suis d’accord Voris, en réelle démocratie il faut laisser au citoyen le droit de s’abstenir. D’ailleurs l’obliger à voter serait absurde puisque cela ne reporterai le « problème » que dans l’isoloir où l’abstentionniste contrarié pourra voter nul ou blanc.

      Seulement l’abstentionniste a le devoir d’avoir l’honnêteté intellectuelle de ne pas juger le choix de ceux qu’il a laissé choisir à sa place !

      J’entends par çi par là que tel ou tel devrait démissionner sous prétexte que les abstentionnistes étaient nombreux.

      Et là je vois à nouveau le problème. Les français ne savent pas répondre aux questions qu’on leur pose. C’est pour cela que les referendum sont détournés.

      La question était « qui voulez vous voir diriger votre région » et non « est-ce que vous voulez voir partir machin ou truc ». Il ne faut s’étonner que la réponse ne soit pas considérée être celle de la question qui n’est pas posée.


    • Paul Villach Paul Villach 24 mars 2010 15:51

      @ Romain Desbois

      Il me semble que la ligne de partage des eaux se situe dans l’idée qu’on se fait de la démocratie.

      - Les maximalistes placent très haut la barre en deçà de laquelle on n’est pas encore en démocratie.
      À ce compte, on n’y sera jamais. Je constate que ces maximalistes se recrutent en général dans les groupes qui nourrissent des alibis « révolutionnaires » avec lévitation idéologique et, dès que c’est possible, gravitation lucrative autour des pouvoirs. C’est toute l’histoire des « hérauts » de 68.

      - Les minimalistes dont je suis, partent de l’idée que la démocratie est une construction patiente qui a commencé depuis 25 siècles en Grèce : elle est en perpétuelle évolution avec des phases plus ou moins sévères de destruction après lesquelles tout ou presque est reconstruire.
      Dans ce contexte, l’abstention est un acte de destruction, tout comme le clientélisme à la romaine que favorisent par exemple les mandats sans cesse renouvelés : il suffit d’avoir comme exemple Mitterrand et Chirac. Paul Villach


    • Romain Desbois 24 mars 2010 16:30

      Paul
      J’adhère à la description et je découvre être plus tendance minimaliste.

      Mais c’est mieux que de faire partie des Ni-Nilistes (abstentionnistes) [pour paraphraser Epapel]


    • Lucilio Lucilio 24 mars 2010 10:31

      « En se tenant volontairement à l’écart du contexte de la question posée à tous – le choix d’un candidat ou d’une solution en cas de référendum – l’abstentionniste manifeste d’abord son mépris global pour le seul régime qui sollicite l’émission libre d’un avis auprès des membres d’une société, la démocratie. »


      Quel blague ! Le mépris envers le système démocratique, ce sont les politocards de tous bords qui le pratique assidûment. Ces derniers ont gagné le droit de fermer définitivement leur clapet depuis qu’ils ont foulé aux pieds le non européen clairement exprimé par les Français, les Néerlandais et les Irlandais.

      Oui, les abstentionnistes ont parfaitement raison et le droit de mépriser un système politique qui se fout si ostensiblement de la gueule de la population. Le roi est nu : les partis politiques ne représentent rien si ce n’est eux-mêmes et leurs clientèles.

      Il est parfaitement ridicule de voir dans l’abstention - qui n’est qu’un symptôme - la cause de la déglingue du système politique actuel qui a été pourri jusqu’à la moelle par les politiciens depuis des décennies.

      • Paul Villach Paul Villach 24 mars 2010 11:57

        @ Lucilio

        Vous oubliez que les relations humaines sont interactives.
        On a les politiques que la majorité choisit. On a l’administration que la majorité supporte. Les expériences de Milgram et de Solomon Asch éclairent les conditions déplorables de ces choix.
        Et il faut faire avec.
        Les politiques et l’administration sont les miroirs d’une majorité et de son développement culturel à un moment donné.
        Les déclamations sur la démocratie idyllique sont du vent. La démocratie se construit ou se détruit tous les jours selon les rapports de forces en présence.
        L’abstention est une destruction de la démocratie. Paul Villach


      • Samuel Moleaud 24 mars 2010 15:14

        Paul Villach, le problème c’est que la démocratie est une excuse que l’on jette aux yeux du peuple pour qu’il occulte que derrière le rideau, tout ce qui est organisé (lois, décrets, répression, acquis sociaux démantelés, droits sociaux, libertés individuelles, protection de la vie privée, fichage généralisé etc etc) est antidémocratique.
        Nos gouvernants sarkozystes ne sont pas les seuls responsables, ils sont juste les pantins de la globalisation qui impose la privatisation des Etats.

        Vous semblez y croire, « c’est beau », vous avez la foi. La foi oui, car le vote est un dogme. L’abstention ou le refus de s’inscrire est un acte politique qui vise au contraire à restaurer la démocratie, la vraie : celle de la délibération collective, du débat public, du refus de l’oppression, de la lutte contre l’oligarchie autoritaire.
        Entre un kiwi, une orange, une banane et une pomme, si vous voulez une poire, vous mangez par dépit l’un des quatre premiers fruits, même si vous ne l’aimez pas, parce que si vous n’en choisissez pas, l’on vous dira que vous avez l’esprit de contradiction par défaut ? C’est stupide.
        Pour moi, le vote, c’est une propagande ancrée dans les moeurs qui nous déresponsabilise.


      • Romain Desbois 24 mars 2010 16:34

        "Entre un kiwi, une orange, une banane et une pomme, si vous voulez une poire, vous mangez par dépit l’un des quatre premiers fruits, même si vous ne l’aimez pas" écrit Samuel

        Comparaison n’est pas raison car même si vous vous abstenez de choisir un des fruits proposés , c’est lui qui sera servi à table quand même.


      • Samuel Moleaud 24 mars 2010 17:50

        Et alors ? Il peut être servi, mais s’il est cancérigène, ou s’il y a un vers dedans, au moins, tu ne le mangeras pas et tu ne te laisses pas intoxiquer par effet de groupe ! smiley


      • Romain Desbois 26 mars 2010 23:37

        Samuel
        Vous n’entendez rien à la métaphore !

        Ce n’est pas parce que vous n’aurez pas voté que personne sera élu . Alors autant essayer de faire en sorte que ce ne soit pas un fruit cancérigène.


      • Philou017 Philou017 24 mars 2010 10:52

        Article convenu, indignation facile, absence de réflexion sur le fond.

        « s’abstenir, qu’on le veuille ou non, revient à rejeter les procédures du régime démocratique. Et attendre que la démocratie d’un pays atteigne un degré de développement suffisant pour émettre un vote, c’est prendre le risque d’attendre longtemps. »

        La démocratie n’est pas en développement, mais en pleine régression. La bureaucratie ultra-libérale de l’Europe impose de plus en plus ses diktats, au depend de la souveraineté des peuples. Le libéralisme impose ses règles de fonctionnenemnt et sa logique au monde économique et donc politique. La finance qui tient les gouvernements par le pouvoir du fric, s’engraisse et spécule à qui mieux mieux sur le dos des peuples. Logiquement, la droite et la gauche font la même politique, et du reste n’ont plus aucun projet politique consistant à proposer. Les medias ressassent sans cesse la justification des politiques mises en place, tout en rejetant tout vrai débat.

        Aujourd’hui, voter ne revient qu’à choisir quelques options secondaires, à choisir un type de discours plutôt qu’un autre. la Démocratie est devenue un miroir aux allouettes, juste bon à faire croire au bon peuple qu’il a encore du pouvoir.
        S’abstenir, ce n’est pas rejeter le vote démocratique, c’est affirmer que dans le contexte actuel, il ne sert plus à grand chose. Rejeter ce système sans issue est la seule attitude saine et qui est en fait une défense de la démocratie
         
        « Jamais la démocratie ne sera achevée : elle est en perpétuelle construction ou destruction selon les forces en présence. Une chose est sûre : l’abstention contribue à sa destruction. »

        Le système actuel Français, Européen et mondialisé est une mécanique ultime et impitoyable de la destruction de la démocratie. De plus en plus de Français le comprennent et ne vont pas voter. A défaut d’être révolutionnaire, cette attitude témoigne d’une prise de conscience que je trouve satisfaisante.


        • Lucilio Lucilio 24 mars 2010 11:01

          « ...bureaucratie ultra-libérale... »


          La vache d’oxymoron ! smiley

        • Paul Villach Paul Villach 24 mars 2010 12:00

          @ Philou 017

          « Article convenu, indignation facile, absence de réflexion sur le fond » ?

          Commentaire convenu, indignation facile, absence de réflexion sur le fond et j’ajoute aveuglement sous l’emprise du catéchisme d’une mythologie qui a déjà fait ses preuves de nuisance. Paul Villach


        • Francis JL 24 mars 2010 12:06

          @ Lucilio, effectivement. Mais ce qui caractérise la société de consommation c’est son addiction aux oxymores. Il me parait évident que l’ultra libéralisme est une utopie, et je dirais que le trait commun à toutes les utopies c’est l’oxymore. C’en est même la tare congénitale.


        • Philou017 Philou017 24 mars 2010 13:48

          Je suis désolé, Villach, mais on est en droit d’attendre mieux dans un aticle sur l’abstention qu’un sempiternel rappel du devoir de voter et de l’antienne abscons du « vous avez de la chance d’être en démocratie ».

          Quand à la soi-disant mythologie que je défendrais, je me demande de quoi vous parlez. J’ai tendance à penser que c’est plutôt la démocratie telle qu’on la voit qui est devenue une mythologie.


        • Philou017 Philou017 24 mars 2010 13:50

          Lucilo : je ne connaissais pas le terme oxymoron.
          Wikipedia :
          Par extension on dit qu’une expression est un oxymore (ou dite « oxymorique ») lorsqu’elle met côte à côte deux mots ayant des sens opposés et aboutissant à une image contradictoire et frappante pour la représentation comme dans « un silence assourdissant ». En exprimant ce qui est inconcevable, l’écrivain crée ainsi une nouvelle réalité poétique qui suscite un effet de surprise, en ajoutant de la force à la vérité décrite.

          Monsieur est trop bon.


        • kiouty 24 mars 2010 15:51


          Je plussoie votre message, Philou017, à une nuance près :

          "De plus en plus de Français le comprennent et ne vont pas voter. A défaut d’être révolutionnaire, cette attitude témoigne d’une prise de conscience que je trouve satisfaisante."

          C’est peut-être vrai pour une partie des abstentionistes. Mais le mécanisme est différent pour une autre catégorie de gens !

          Pour ces derniers, la politique, c’est lointain, c’est abstrait, c’est chiant. Ils ne voient pas le rapport avec leur vie quotidienne, ni avec eux-mêmes. De toute façon, quel que soit le vote, ça ne va rien changer pour eux, alors à quoi bon. De toute façon, ils ont leur écran plasma acheté à crédit qui leur enfume le cerveau à coups de distractions virtuelles, de propagande subtile et de lavage de cerveau en tous genres, genre matraquage publicitaire. Ils se sentent isolés, sans moyen d’agir quand bien même ils le voudraient. Ils ont une vie pas géniale, mais assez pour ne pas ressentir le besoin de se révolter. Il y en a qui voudraient bien se révolter, mais ils se sentent seuls et isolés. Alors ils se résignent et ferment les yeux. Pas grand chose ne changera leur condition, alors à quoi bon aller voter pour ces pourris de politique.

          C’est là la grande force du pouvoir, d’avoir rendu la masse docile et résignée, passive et isolée, à coup de télé et de propagande distillée au JT de 20h. Pour ceux là, à quoi bon voter ? (Sauf aux présidentielles, bien sur, les présidentielles, depuis 2002, c’est devenu un monstre sacré, l’emblême de la responsabilité citoyenne face à l’extrêmisme, comme les Enfoirés sont devenus le monstre sacré de la charité.)


        • PhilVite PhilVite 24 mars 2010 11:05

          Puisque, selon vous, nous sommes en démocratie, veuillez nous expliquer, Monsieur le Professeur, ce qui c’est passé au congrès à Versailles le 4 février 2008. (Et accessoirement, montrez-nous la valeur donnée à la voix du peuple qui s’était exprimé sur le même sujet le 29 février 2005.)
          De quelle démocratie parlez-vous ?
          Si nous étions en démocratie, l’abstention serait naturellement marginale. Mais quand on lui renvoie à la figure que sa voix compte pour rien, on ne peut pas s’étonner que le peuple ne veuille plus participer à ce jeux de dupe.
          La démocratie est à instaurer. Et ça ne se fera pas par les urnes.


          • anti-oligarchie anti-oligarchie 24 mars 2010 14:34

            A mon avis le rédacteur de l’article ne vit pas en France. ça doit etre ça.Sinon je vois pas.

            Depuis quand la démocratie signifie etre diriger par une oligarchie/aristocratie ?

            Faudrait lui expliquer au Mr de l’article que nous vivons belle et bien dans une dictature.

            La démocratie n’a jamais existé en Occident.
            Démocratie en Grec veut dire POUVOIR au PEUPLE.
            Il doit contrôler son :
            -Armée
            -éducation
            -budget

            Et doit être lui même armée.Ce qui bien évidemment n’est pas la cas.

            Beaucoup plus difficile a identifier une dictature avec une ’pétasse’ qui vous présente le 20H.

            Débiter autant de bêtises venant d’1 type qui enseigne à science po....Je peux vous assurer qu’il n’y aura pas de révolution demain.


          • Romain Desbois 24 mars 2010 15:07

            « La démocratie est à instaurer. Et ça ne se fera pas par les urnes. »

            ha bon, dés lors ce ne sera pas une démocratie. Je refuse de cautionner des moyens qui contredisent la fin. Ca finit comme dans toutes les dictatures ou révolution (terreur). smiley


          • Luc Paul ROCHE Luc Paul ROCHE 24 mars 2010 11:06

            Excellent article.

            J’ajoute d’ailleurs qu’outre la grande victoire de l’abstention, ces élections sont une grande victoire... de la droite dure (à l’inverse de ce que disent les commentateurs politiques officiels) si l’on totalise les voix de l’UMP et du FN.

            Et de toute manière, il est fort douteux en effet que l’abstentionniste moyen soit un homme de plus grande lucidité politique que l’électeur moyen. L’abstention a des relents de « tous pourris » que la corruption réelle des élites n’excuse pas.

            Du reste, que penser de l’abstention (forte) aux élections professionnelles, élections dont on parle peu mais qui ont aussi leur importance ? C’est aussi comme cela que l’on a tué le syndicalisme.

            Bref : si une abstention ponctuelle peut à la rigueur être légitime dans de très rares cas, ériger l’abstention en système est une attitude irresponsable.


            • Paul Villach Paul Villach 24 mars 2010 11:47

              @ Luc Paul Roche

              Je souscris entièrement à vos observations.
              L’abstention est ce qui différencie démocratie et tyrannie.
              - La démocratie exige que les citoyens expriment librement une opinion, fût-ce symboliquement à un stade de développement encore rudimentaire : donc se déplacer pour voter nul, blanc ou choisir un candidat ou une solution est l’acte minimal d’adhésion à ce régime politique.
              S’abstenir volontairement est l’acte de rejet de ce régime.
              - La tyrannie exige que les sujets se taisent ou acclament sur ordre les dirigeants bienaimés. Paul Villach

               


            • AniKoreh AniKoreh 24 mars 2010 14:38



              Que la tyrannie exige, soit, on est bien là dans l’ordre du tyrannique.. 

              Quant à la démocratie, elle n’exige rien. Si tel devait être le cas, nous aurions là en effet l’exemple d’un oxymore (dont le sens vient d’être évoqué à l’instant). 

              D’autres viennent de l’expliquer avec clarté : dans la situation de crise de la démocratie sans précédent qui prévaut aujourd’hui - et plus que le vote blanc « en temps ordinaire » - , l’abstention peut être un acte politique. Et, heureusement, l’exercice de la démocratie l’a prévu et, bien sûr, le permet.


            • Romain Desbois 24 mars 2010 15:16

              « L’abstention est ce qui différencie démocratie et tyrannie. »
              Paul, je modèrerai ce propos. On peut concevoir qu’une personne ne se sachant pas trop affutée ou qui ne voit pas d’intérêt puisse décider qu’il est préférable de laisser les autres choisir pour elle. A la seule condition qu’elle ne vienne pas après se plaindre du choix fait à sa place.

              Mais les gens sont souvent incohérents, un ami qui ne va pas aux réunions de copropriété , souhaite faire annuler les décisions prises parce qu’elles ne lui conviennent pas !
              Le comble est qu’il avait donné une procuration sans laisser de consigne.

              Je considère qu’un état démocratique est une copropriété parfaite (puisque chaque copropriétaire possède le même nombre de millièmes)


            • Vilain petit canard Vilain petit canard 24 mars 2010 11:07

              Je serais assez d’accord avec Lucilio : l’abstentionnisme est un symptôme plus qu’une cause. Que ça soit un signe de mépris envers le régime, certainement. Que la solution soit de voter, encore plus certain. Mais voter pour qui ? Tant que le Système ne nous imposera que des baltringues jouant à s’opposer comme des marionnettes, que choisir ?

              On nous a imposé Sarko face à Ségo, histoire que les gros actionnaires dorment tranquilles. On a éliminé Bayrou, on ne sait pas trop bien pourquoi. On nous place DSK comme le concurrent préféré des Français à Sarko 1er. C’est le Grand Prix d’Auteuil.

              Et alors, vous voudriez qu’on vote pour qui ?


              • Francis JL 24 mars 2010 12:02

                Paul Villach écrit : « L’abstentionniste est bien le fossoyeur de la démocratie. »

                Je ne suis pas du tout d’accord avec ça.

                Revenons un instant sur les fondamentaux. On connait tous la formule : au premier tour on choisit, au second on élimine.

                Le fait de choisir un dirigeant a à voir avec la servitude volontaire, et aussi ce dont on a parlé récemment ici (cf. Milgram).

                S’il n’y a, dans l’offre politique du premier tour, aucun parti auquel je suis prêt à accorder ma confiance, il est légitime que je ne vote pour aucun.

                Maintenant, si je pense que les seuls partis en présence au second tour sont toujours les mêmes et se valent, je n’ai aucune raison d’en éliminer un au profit de l’autre.

                Alors que faire ? Voter blanc, ou exprimer mon dégout ? Puisque je sais que mon vote blanc ne changera rien ?

                De cela je conclue que les fossoyeurs de la démocratie sont les hommes politiques.

                Ps. Je vote régulièrement, et toujours aux deux tours quand il le faut.


                • Romain Desbois 24 mars 2010 15:21

                  « au premier tour on choisit, au second on élimine. » écrit JL

                  Ce qui est cocasse , alors que l’abstention aurait due normalement augmenter entre les deux tours, c’est le contraire qui s’est passé.

                  Ca signifie que les gens préfèrent éliminer l’un des deux qui restent plutôt que de choisir parmi un panel plus important.

                  Je considère pourtant que la véritable liberté est la liberté de choix. Plus le choix est important, plus longue est la chaîne.


                • Manfred Manfred 24 mars 2010 12:10

                  Ah la belle apogée de notre beau régime démocratique.

                  Vous vous croyez en démocratie d’aller voter ? C’est sûrement parce que vous avez voté oui au traité de Lisbonne. C’est sûrement parce que vous n’avez pas voté blanc ! C’est sûrement que vous soutenez ces partis politiques de la caste dirigeante qui ne sont bon qu’à glosser dans un jeu de chaises musicales, hauts de leur air suffisant et auto-satisfait. C’est sûrement que vous étiez Irlandais et que vous avez voté, à plusieurs reprises, la même réponse, favorable. C’est sûrement parce que vous êtiez américain, et que vous aviez voté Georges Bush.

                  Il ne faudrait pas inverser les rôles cher auteur. Les abstentionnistes ont soif de représentativité, de confiance, qu’on ne bafoue pas leur vote, des garanties que leur voix comptera, et pas ce monde démocratique illusoire. Ils veulent plus de démocraties, et pas le faux-semblant actuel.

                  C’est sûr, tant qu’il y aura des gens comme vous pour croire que tout va bien, on en a encore pour des années à louer le magnifique modèle UMPS, s’il y en a qui n’avaient pas encore compris que c’est en tout point le même programme, berné par les pseudo-attaques qu’ils se versent pour se tirer dans les pattes !


                  • Romain Desbois 24 mars 2010 15:27

                    « des garanties que leur voix comptera »,« on en a encore pour des années à louer le magnifique modèle UMPS »

                    Je suis d’accord Manfred et c’est çe qui me désespère.
                    Car en s’abstenant on se tire une balle dans le pied.
                    Car en s’abstenant on a la garantie que sa voix ne comptera pas
                    Car en s’abstenant on conforte le modèle décrié.

                    Les abstentionnistes des deux tours ont voté UMP dans trois régions et PS dans le reste de la France.


                  • faxtronic faxtronic 24 mars 2010 12:13

                    « Apprendre nécessite, en effet, de faire des efforts. La démocratie est un régime politique qui exige aussi des citoyens un minimum d’efforts pour participer au gouvernement de la cité »

                    Tu te prends pour quoi Villach ??? Tu crois que les abstentionnsites sont des cretins qui ne votent pas par ignorance ???
                    Notre « democratie » n est plus une democratie mais un theatre democratique, qui a encore les attributs exterieurs, mais pus sa raion d etre car la France n a plus aucun pouvoir souverain. Donc la France (independante) n existant plus, sa democratie n existe plus. Je ne vote plus car je considere que la France n est plus une democratie reelle. Autant alors qu elle ne le soit plus vraiment.


                    • Voris 24 mars 2010 12:20

                      à Paul Villach :

                      - Trouveriez-vous plus acceptable de transformer les abstentions en votes blancs pour sauver la face de notre démocratie (et le mérite-t-elle ?) De cacher cette protestation qu’on ne saurait voir...

                      - Faisant le lien avec votre précédent article qui conclut à l’augmentation du taux d’obéissance des gens à cause de la télé, préconisez-vous que le troupeau se montre encore plus obéissant en allant voter, quitte à jouer les hypocrites en votant blanc ou nul ?

                      - Ne serait-il pas plus judicieux de créer un système qui permette aux citoyens de s’exprimer en-dehors des scrutins et d’expliciter les raisons de leur désertion ?


                      • Voris 24 mars 2010 12:21

                        Et de s’exprimer en-dehors des partis (mais pas dans une « coopérative », non merci !).


                      • dapeacemaker911 24 mars 2010 12:21

                        C est quoi cet « article » ?

                        Mr l aUTEUR,
                        Je vais tacher de faire simple, vous en avez vraissemblablement besoin.

                        Le systeme democratique repose sur le principe de « choix ».
                        Elire un representant signifie lui confier son propre pouvoir, son propre destin.
                        Pour Choisir, la necessité d etre informé et correctement informé s impose.

                        Les informations dont je dispose (au prix d un sacrifice en temps et en energie) me demontrent clairement qu aucun des candidats en presence ne merite de leur remettre mon pouvoir de citoyen et par extension un poid sur ma vie, mon destin.

                        JAMAIS, je ne voterais par depit, simplement parce que c est anti democratique au sens ou cela detruit celle ci.

                        I have a dream moi aussi.... qu on jour l on vote POUR..... au lieu de voter stupide (contre)

                        Cacher la misere de notre democrature n est qu une perte de temps et une insulte a notre passé de luttes.
                        Quand tous les imbeciles qui votent contre s abstiendront, nous pourrons enfin voir la reelle nature de notre regime politique.

                        Merci pour le torchon.


                        • Internaute Internaute 24 mars 2010 12:21

                          « Cet acte de mépris ne s’adresse donc pas seulement aux choix proposés, mais au système politique lui-même qui périodiquement sollicite les avis des citoyens. L’abstentionniste est bien le fossoyeur de la démocratie. »

                          A mon avis vous faites deux erreurs.

                          La première est de faire une différence entre l’abstention et le bulletin nul ou blanc. Il s’agit de la même attitude qui consiste à dire que les choix proposés ne convainquent pas. Il y aurait effectivement une différence si les blancs étaient comptabilisés et pouvaient empêcher quelqu’un d’avoir les 50% nécessaires pour gagner. Le mode de scrutin que nous avons ne fait aucune différence entre le vote blanc, le vote nul et l’abstention.

                          La deuxième est de limiter la démocratie à l’organisation périodique de scrutins. Si c’est cela, l’URSS et toutes les Républiques Démocratique du x étaient démocratiques. La démocratie ne se limite pas à proposer un référendum sur le TCE mais aussi à en accepter le résultat.

                          L’exercice de la démocratie implique aussi de donner aux citoyens suffisamment d’informations pour qu’ils puisse choisir en connaissance de cause. Quand une campagne se limite à la couleur des chaussettes ou du slip des candidats et que ceux qui ne sont pas d’accord avec l’UMPS sont à peu prés interdits d’antenne, l’abstention est la seule réponse honorable.


                          • Traroth Traroth 24 mars 2010 17:21

                            Je suis assez d’accord avec vous, Tall. Sauf quand vous dites « l’abstention les oblige donc à se remettre en question ». Le résultat du PS, au vu de ses faibles efforts de renouvellement, tant du point de vue du personnel politique que des idées, montre qu’il est encore possible d’attendre le retour de balancier (la déception de Sarkozy, que tout le monde portait aux nues il y a encore 2 ans) pour faire carrière.
                            Tant que ça continuera, rien ne changera. Je pense que dans le fond, l’abstention arrange bien les politiques, surtout si elles concernent les gens lucides politiquement : tant que ceux qui ne comprennent rien à la politique votent, les gens du PS et de l’UMP (et dans une moindre mesure des Verts et du Modem) ont l’assurance d’avoir un poste tous les quelques années.


                          • Traroth Traroth 24 mars 2010 19:21

                            Si seulement vous aviez raison concernant la léthargie des Français...

                            Concernant la crise, je rappelle que la France était en crise largement avant le crash de 2008. Il suffit de se rappeler que les déclarations de Fillon sur la France en faillite ou de Sarkozy sur les caisses vides datent d’avant !


                          • werther_original werther_original 24 mars 2010 12:44

                            Votre argumentation est fausse , paul villach. Elle part d’une mauvaise compréhension de la démocratie. Nous n’avons pas le choix entre démocratie et tyrannie.

                            Je vous cite :

                             « revient à préférer implicitement un régime qui ne sollicite pas les électeurs et se moque de leur avis : la tyrannie »

                            Mais , cher paul villach , la démocratie est également une tyrannie. C’est la tyrannie des 51 % gagnants sur les 49 % perdants.

                            Dans un système que vous jugez tyrannique , c’est la loi d’un homme ou d’un groupe d’homme qui prévaut.
                            Dans un système démocratique , c’est la loi des 51 % qui s’appliquent.

                            Y voyez vous une quelconque différence a part de monter les gens les uns contre les autres ? (quel gauchiste convaincu n’a pas révé de se faire un pro-sarkozyste , hein ?).
                            Au moins , dans un système non-démocratique , tout le monde est à la même enseigne et la cohésion sociale est bien meilleur.

                            Je reprend une autre de vos affirmations :

                            « Vous oubliez que les relations humaines sont interactives.
                            On a les politiques que la majorité choisit. On a l’administration que la majorité supporte. Les expériences de Milgram et de Solomon Asch éclairent les conditions déplorables de ces choix. »

                            Tres bien , l’on peut déduire de votre phrase que tout ce qui est choisi par la majorité est démocratique. Soit , extrapolons et voyons l’un des effets les plus visibles : les programmes télés. L’ile de la tentation , loft-story , star-academy , la ferme-célébrités en prime-time alors tout ce qui peut être soupconné d’intelligence est relégué après minuit.

                            La démocratie , c’est formidable , Mr villach.

                            Ceux qui ne votent pas ont peut-être compris ce fait et pas vous. Dommage.


                            • Freebird 24 mars 2010 13:03

                              1. L’organisation d’élections n’est qu’un élément constitutif d’une démocratie parmi d’autres ; la liberté individuelle au quotidien (de parole, de culte, de mouvement, d’opinion, etc.) est bien plus indispensable à une vraie démocratie que l’organisation ponctuelle d’élections.


                              2. La tyrannie n’est-elle pas au contraire dans le fait de vouloir imposer aux électeurs un choix qui n’en est pas un ? Le chantage au FN (et/ou aux gauchistes) et les appels constants au « vote utile » sont une forme très perverse de tyrannie. Pourquoi diable voter pour des incompétents notoires, doublés le plus souvent de voleurs patentés, au simple prétexte « qu’au moins, ils ne sont pas fachos » ? Un choix par défaut n’est pas un choix ; vouloir l’imposer est le début de la tyrannie.

                              • werther_original werther_original 24 mars 2010 13:12

                                freebird , vous avez raison sur toute la ligne.

                                Mais faire intégrer ce fait aux gens est quasi-impossible , persuadé qu’ils sont qu’en dehors de la démocratie , il n’y a un qu’un désert de dictature.


                              • Romain Desbois 24 mars 2010 15:31

                                " la liberté individuelle au quotidien (de parole, de culte, de mouvement, d’opinion, etc.) est bien plus indispensable à une vraie démocratie que l’organisation ponctuelle d’élections."

                                et comment croyez vous que cette liberté se défend si ce n’est permettre à chacun de choisir la société et ceux qui nous garantissent de la préserver ?


                              • werther_original werther_original 24 mars 2010 15:44

                                encore un amalgame.

                                Pourquoi mélangez vous systeme politique et liberté d’expression ?

                                -On peut très bien avoir une royauté ou une aristocratie et une liberté d’expression très grande

                                -On peut très bien avoir une démocratie representative et avoir une liberté d’expression très faible. Si la majorité juge bon de ne pas faire de vague , alors des lois seront votés pour interdire les troubles fêtes de parler ou d’agir.






                              • Romain Desbois 24 mars 2010 17:03

                                Werther

                                Vous avez raison, je ne fais pas d’amalgame, je restais dans le sens de l’article.
                                Mais je reste néanmoins convaincu que demander aux citoyens leur choix reste plus démocratique que d’espérer avoir un roi démocrate.


                              • LE CHAT LE CHAT 24 mars 2010 13:51

                                La ville de Sarcelles en Seine-Saint-Denis, par exemple, a atteint 75 % d’abstention au premier tour. 

                                dans la ville de DSK , on peut pas dire qu’il y ait un engouement pour la gauche et le retour du messie !  smiley c’est bien la preuve que le PS a gagné par défaut !


                                • sleeping-zombie 24 mars 2010 14:46

                                  @Paul

                                  L’abstentionniste est bien le fossoyeur de la démocratie.

                                  Je suis tout à fait d’accord avec ce que tu écris là, même si je soupçonne que ce que tu as écrit ne correspond pas vraiment avec ta pensée.
                                  Un fossoyeur est quelqu’un qui met en terre un cadavre, pour limiter au maximum les problèmes sanitaires et sociaux liés à la décomposition en plein air de ce cadavre. C’est un boulot utile, et nécessaire.

                                  Au fait, t’as voté pour qui à la dernière StarAc ? ou à la dernière Ferme des célébrités ? (on y vote ?).


                                  • l'homme pressé l’homme pressé 24 mars 2010 14:46

                                    Ah la belle illustration de la démocratie, que celle qui nous est brossée ici...

                                    On croirait voir une page des ces livres d’histoire en images d’Epinal qui firent les beaux (?) jours de nos classes d’école primaire des sixties.

                                    Seulement, c’est un peu court, Monsieur le Professeur.
                                    La démocratie ne se réduit pas au droit de vote et le choix binaire présenté ici n’est qu’une vile caricature.

                                    Que sert de disserter sur le droit de vote sans considérer les modes de scrutin, les circonscriptions électorales, le cumul ou non-cumul des mandats, les notions de désignation de délégués ou de représentants, les conditions de dépôt de listes de candidatures, ou même le mandat impératif pour les utopistes qui croient à sa pertinence.

                                    Il existe des tas de raisons pour ne pas voter.
                                    Juger de leur légitimité de façon aussi manichéenne ne sert guère la réflexion.

                                    Voter est un droit ; faut-il en faire un devoir ? Nos voisins belges pourraient peut-être nous dire si l’obligation qui leur est faite est réellement suivie d’effet... et surtout si cela sert la démocratie (ces temps-ci la vie politique belge est surtout connue pour les difficultés, voire la paralysie, qu’elle connaît depuis... depuis combien de temps, au juste ?)

                                    Il semble nécessaire de rappeler encore que les élections ne sont pas faites pour connaître l’opinion du peuple (ça le permet aussi, mais accessoirement), mais à désigner des représentants. Ce qui est radicalement différent

                                    L’exercice du droit de vote en soi ne résout rien, s’il ne s’appuie sur un système politique et institutionnel cohérent vis-à-vis de la démocratie.

                                    Celui (le système) de la Vème République montre trop bien qu’il fut à l’époque taillé sur mesure par et pour de Gaulle (qui avait, il est vrai, une trop haute idée du service de l’Etat pour imaginer que ses successeurs aient l’indignité de l’utiliser avec tant de bassesse),
                                    et qu’aujourd’hui il s’enfonce un peu plus chaque jour dans l’impasse.

                                    Faut-il rappeler qu’en 1933 le chancelier d’Allemagne fut porté au pouvoir à la suite d’élections parfaitement démocratiques (du point de vue légal, tout au moins ! Pour le reste...)

                                    Prenez plutôt connaissance de la fort intéressante étude sur l’abstention qui est publiée ici : http://www.juspoliticum.com/Political-and-legal-variations-on.html
                                    sans vouloir vous froisser (mais si, mais si ...) c’est d’une toute autre envergure.

                                    et prenez-en de la graine, Monsieur le Professeur !


                                    • Traroth Traroth 24 mars 2010 15:03

                                      L’abstention est une question bien trop complexe pour être traité par un lapidaire « voter est un devoir civique », qu’on nous assène à longueur de campagne électoral, et qui constitue un bon résumé de l’article de Villach.

                                      Non, voter n’est pas un devoir civique. S’informer puis voter peut être considéré comme un devoir civique, mais choisir un bulletin au hasard ou le choisir en se servant de sa connerie, certainement pas !

                                      Mais ça présuppose qu’au moins un candidat défende vos intérêts, et ça, en 2010, ça n’a rien d’évident !

                                      Avant de s’intéresser à l’abstention, il faudrait d’abord s’intéresser aux limites de la démocratie telle qu’on la pratique en France, et ça, c’est un très vaste sujet que cet article n’effleure même pas.


                                      • Romain Desbois 24 mars 2010 15:41

                                        traroth
                                        « Mais ça présuppose qu’au moins un candidat défende vos intérêts, »

                                        Le « vos » vaut son pesant d’or ! Et je crois que c’est là le fond du débat.
                                        Tant que les gens voteront ou pas en fonction et seulement de leur propre intérêt , on tournera en rond.
                                        Car si par malheur on n’y trouve aucun intéret perso à choisir, on peut aussi voter pour faire avancer les interets des autres, de la société en général !

                                        Un jour qu’un journaliste lui rapportait une phrase poujadiste d’un citoyen lambda, qui disait « les politiques nous déçoivent tout le temps », Voynet eu l’affront de répondre qu’elle aussi elle était déçue de ses électeurs. Et de rajouter que pendant toute sa mandature, elle n’a vu passer à sa permanence que des gens qui venaient chercher des passe droits, des appuis, du clientélisme.

                                        Et l’on voudrait que les politiques soient plus vertueux que nous ? (c’est moi qui l’écris pas Voynet)


                                      • kiouty 24 mars 2010 16:03


                                        Je suis vous plussoie, Traroth !!

                                        Depuis 2007, je me suis bien éloigné de l’espèce d’idée préconçue qu’on m’avait inculquée comme un principe du type « il faut se brosser les dents » ou « il faut regarder a droite ou a gauche quand on veut traverser la route ».

                                        Non, il ne faut pas juste « voter » ! Et encore moins parce que des gens sont morts pour qu’on ait le droit de vote ! Cet argument de la tradition et du respect de l’héritage ne relève pas de l’émancipation personnelle, mais de la bête soumission aux règles externes et au passé.

                                        Il faut « voter » si on sait ce qu’on fait et ce pour quoi on vote !

                                        Et pas sur la base d’une campagne électorale avec sa propagande, ses idées et slogans lapidaires, ses personnages plus ou moins « charismatiques » qui sauront soi-disant nous représenter à l’étranger (si on ne sait pas argumenter sur autre chose que sur la forme, il ne faut surtout pas voter !!!!), la partisanerie de type « supporter d’équipe de foot ou de chanteur de la starac ».


                                      • Traroth Traroth 24 mars 2010 16:52

                                        @Romain Desbois : Ce qui est sûr, c’est que vous pouvez difficilement demander aux gens de voter contre leur propre intérêt et espérer une participation pléthorique. C’est pourtant à peu près la situation actuelle !


                                      • Traroth Traroth 24 mars 2010 16:55

                                        @kiouty : les gens qui sont morts pour que nous ayons le droit de vote méritent un peu plus que l’utilisation de ce droit pour prendre un bulletin de vote au pif sans rien comprendre à ce qui se passe, à mon avis !


                                      • Romain Desbois 24 mars 2010 17:05

                                        Traroth

                                        Mais le choix n’est pas forcément binaire pour ou contre ses intérêts !


                                      • Traroth Traroth 24 mars 2010 19:22

                                        Pas toujours, mais très souvent.


                                      • Traroth Traroth 25 mars 2010 11:42

                                        En fait, ça mérite d’être développé, ça : Pour faire simple, on constate que les politiques qui ont tendance à créer des boucliers fiscaux pour les riches sont les mêmes qui ferment les hôpitaux. Et que ceux qui créent les crédits d’impôt pour les plus pauvres sont les mêmes qui créent la CMU.

                                        Ce n’est PAS une coïncidence !


                                      • Romain Desbois 26 mars 2010 23:39

                                        Traroth

                                        Vous avez raison, vaut mieux que vous n’alliez pas voter finalement !


                                      • Le péripate Le péripate 24 mars 2010 17:16

                                        Un voyageur qui passait par la grande route se vit soudain entouré d’une bande de joyeux brigands à l’attitude très civile. Ceux ci lui tinrent ce discours : cher ami que ta bourse est belle. Nous tous ensemble, allons voter sur ce qu’il convient d’en faire, suivant la règle majoritaire.

                                        Vous avez compris que le voyageur fut détroussé lestement et démocratiquement.

                                        Depuis il passe par la forêt, où les brigands font certes moins de manières, mais où il est possible de se défendre.


                                        • Le péripate Le péripate 24 mars 2010 17:43

                                          Il y a Meetic pour ça.

                                           smiley


                                        • Romain Desbois 24 mars 2010 19:16

                                          LePeripate, tu as raison, perso je ne conçois pas la démocratie comme une dictature de la majorité.

                                          Je sais que c’est souvent la définition que donnent beaucoup de gens de la démocratie.
                                          Des formes de Démocratie, il ya en plusieurs, Werther sur le fil l’a justement rappelé.


                                        • Traroth Traroth 24 mars 2010 19:25

                                          L’État n’est pas qu’une source de prélèvement. Vous voudriez bien le réduire à ça, mais les enfants qui vont dans des écoles où ils sont désormais 50 par classe à cause de la logique que vous prônez savent que c’est faux. Et les entreprises dont les camions trouvent une route en sortant de leur cour aussi ! Avec de plus en plus d’ornières...

                                          Alors bien sûr, suivant votre logique, il faudrait privatiser tout ça. Mais dans ce cas, beaucoup d’enfants ne pourront plus aller à l’école du tout !


                                        • Le péripate Le péripate 24 mars 2010 21:12

                                          Le voyageur vient de loin et il ne comprend pas ce que « privatiser » veut dire. Il souhaiterait simplement garder l’usage de sa bourse.


                                        • Traroth Traroth 25 mars 2010 02:05

                                          @Péripate : dans ce cas, le voyageur devra se démerder pour ne pas utiliser nos routes ni nos écoles !


                                        • Traroth Traroth 25 mars 2010 11:39

                                          Non, ça va être beaucoup plus simple que ça : si on cesse de les financer, nos routes et nos écoles vont cesser d’exister.

                                          Toute ressemblance avec la situation actuelle est très loin d’être fortuite !


                                        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 24 mars 2010 17:33

                                          « En se tenant volontairement à l’écart du contexte de la question posée à tous – le choix d’un candidat ou d’une solution en cas de référendum – l’abstentionniste manifeste d’abord son mépris global pour le seul régime qui sollicite l’émission libre d’un avis auprès des membres d’une société, la démocratie »


                                          Affirmation confuse et donc sophistique : 

                                          Ne pas aller voter dans telle ou telle élection ne signifie pas , sauf à confondre droit et devoir, que l’on renonce au droit de vote ou que l’on méprise la démocratie en général , mais que l’on ne se sent pas assez motivé pour choisir ou pour s’intéresser à ce vote et donc que l’on laisse les autres choisir à « notre » place, ce qui est certainement individuellement plus honnête et politiquement plus juste que de voter sans avoir de raisons sérieuses ou de motif et réfléchi de choisir un camp plutôt que l’autre. 

                                          Voter pour voter n’a aucun sens ; chacun doit donc être laissé libre d’exercer ce droit ou non dans tel ou tel contexte. Le droit de ne pas voter est aussi un droit démocratique.


                                          • curieux curieux 25 mars 2010 08:23

                                            Eh bien moi, j’ai voté : je vous ai fait -1. Comment se porte votre vaccin ? On a également le DROIT de ne pas se faire vacciner, ce à quoi vous n’étiez pas d’accord, il me semble !


                                          • docdory docdory 24 mars 2010 18:59

                                            Cher Paul Villach


                                            Je pense qu’il y a plusieurs sortes d’abstentionnistes 

                                            1°) Les abstentionnistes structurels : certains de mes meilleurs amis n’ont jamais voté , ne s’intéressent absolument pas au résultats des élections, n’achètent aucun journal et sont des incultes politiques complets. Ils se contentent de « cultiver leur jardin » comme Candide dans le roman de Voltaire. Je ne pense pas qu’ils aient une quelconque préférence pour la tyrannie, mais d’un autre côté , vivre dans une tyrannie ne changerait probablement pas grand chose à leur façon de vivre . On peut dire qu’ils sont totalement hors du champ politique dont ils se désintéressent de la même façon que je me désintéresse totalement des résultats sportifs , à l’exception du rugby.

                                            2°) Les abstentionnistes forcés : en particulier les malades, les travailleurs qui sont astreints à travailler le dimanche et qui n’ont matériellement pas le temps , en semaine, de faire les démarches administratives pour une procuration, ou qui sont trop isolés pour trouver quelqu’un pour aller voter par procuration à leur place. On ne peut pas non plus dire de ceux-là qu’ils préfèrent la tyrannie.

                                            3°) Les abstentionnistes spécifiques à certaines élections : ils estiment , à tort ou à raison, que l’enjeu des régionales est tellement insignifiant ( vu le petit budget alloué aux régions ) qu’il est dépourvu d’intérêt . Ceux-là ne votent que pour les « grosses » élections ( présidentielles, législatives , municipales, certains référendums ). Il est vrai que , vu le nombre d’échelons administratifs en France, on pourrait parfaitement supprimer les régions , qui sont un échelon relativement récent, pour ne garder que les départements, auxquels les français sont beaucoup plus attachés. Dans la mesure où ils votent à la plupart des élections, il est peut-être excessif d’affirmer qu’ils méprisent la démocratie . Pourrait-on dire de quelqu’un qui ne mange pas souvent de hors d’oeuvre qu’il méprise la cuisine ?

                                            4°) Les gens des « zones urbaines sensibles » qui , apparemment , se sont abstenus massivement . Ceci peut s’expliquer par plusieurs phénomènes :

                                            - un semi-illettrisme chez certains, qui sont tout simplement incapables de lire correctement un tract électoral en raison de leur faible niveau en français, ou qui sont incapables de le comprendre,

                                            - une désaffection de la part de ce que Marx appelait le « lumpen prolétariat » : les délinquants , trafiquants en tout genre se désintéressent de la politique, au moins tant qu’elle n’interfère pas dans leurs petits trafics ,

                                            - une désespérance sociale absolue : ils ne votent pas parce que , quoique ils aient voté dans le passé, ils n’ont jamais vu leur sort s’améliorer de quelque façon que ce soit.

                                            Tout cela ne traduit pas forcément une attirance pour la tyrannie .

                                            5°) Reste la dernière catégorie , celle des abstentionnistes « politiques » , c’est à dire qui délivrent ( ou croient délivrer ) un message de défiance à la classe politique dans son ensemble en n’allant pas voter . En ce qui me concerne, au deuxième tour de ces régionales , j’ai mis un bulletin nul ( une photocopie couleur de l’autocollant de « riposte laïque » ) . En effet , le triple choix qui m’était proposé ( gauche « unie », UMP ou FN ) était complètement inacceptable, les deux premiers partis ayant montré leur incapacité durable à faire une politique dans l’intérêt de la France et tenant compte de l’opinion des français, le troisième ayant plusieurs propositions auxquelles je ne saurais en aucun cas souscrire ). Cela dit, je n’ai pas l’impression , en mettant un bulletin nul, d’être fondamentalement plus démocrate que ceux qui se sont abstenus . En votant nul, j’ai témoigné du dégoût que m’inspiraient les formations politiques qui soutenaient les candidats ( qui , eux , avaient probablement des qualités personnelles )

                                            Mais peut-être que cette catégorie d’abstentionnistes, par leur refus apparent de la procédure électorale , ne font que protester contre le non respect de ces procédures républicaines par les élus eux-mêmes : en effet, comment qualifier des élus qui ont fait passer par voie parlementaire le traité de Lisbonne, clone quasi identique du TCE, refusé massivement par le peuple ? Comment qualifier des élus qui tergiversent dangereusement à voter une loi anti-burqa , pourtant souhaitée par 90 % de leur électorat ? Comment qualifier des élus qui méprisent la légalité républicaine au point de subventionner impunément et toute illégalité et anticonstitutionnellement la construction de mosquées ?

                                            Au fond, cette catégorie d’ électeurs abstentionnistes ont peut-être simplement constaté que la tyrannie est déjà présente sous un vernis démocratique, et refusent donc, par leur abstention, de paraître cautionner la persistance de cette tyrannie qui se cache bien, mais est pourtant bien là ! Même si c’est fort peu civique, je comprend leur lassitude, et je préfère ne pas leur jeter la pierre .



                                            • Paul Villach Paul Villach 24 mars 2010 19:20

                                              @ Cher Docdory

                                              Je n’ignore pas les catégories d’abstentionnistes que vous énumérez. C’est légitime de faire ces distinctions.
                                              Seulement est-ce que cela invalide la distiction entre démocratie et tyrannie ?

                                              Être citoyen d’une démocratie nécessite de répondre même symboliquement à ces consultations électorales que la démocratie organise périodiquement, à la différence de la tyrannie quelles que soient ses formes.
                                              - Se déplacer pour mettre un bulletin dans l’urne est l’acte d’adhésion minimal à ce régime politique original. Qu’importe le contenu du bulletin !
                                              - Ne pas se déplacer, c’est agir comme en tyrannie !

                                              J’ai évoqué plus haut les deux conceptions de la démocratie, l’une maximaliste, l’autre minimaliste.
                                              Je crois que la représentation minimaliste est la seule qui vaille, car jamais la démocratie ne pourra être à la hauteur des rêves, pour la bonne raison que la courbe qui répartit les niveaux culturels des citoyens restera toujours une courbe de Gauss avec ses extrêmes et sa masse moyenne se déportant plus ou moins d’un côté ou de l’autre selon les époques.

                                              Admettez enfin que ce n’est pas la même chose que de se moquer du sport ou des braillards incultes du show business et être indifférent aux choix politiques.
                                              Si vous ne vous occupez pas de politique, la politique s’occupe de vous de toute façon. Paul Villach


                                            • COVADONGA722 COVADONGA722 24 mars 2010 19:28

                                              bis repetita placent


                                              le peché originel n est il pas le suffrage universel ?

                                               non pas l innacessibilité pour certain
                                              mais ne permetre l accessibilité que pour tous ceux ayant accomplis leur devoir au service de la société .Avant d avoir le droit d etre electeur et éligible avoir l obligation 
                                              d’ avoir accomplis un service nationnal civil/militaire . A mon avis le poids réel « différent »
                                              du vote rarefierait l abstention et pourrait inclure effectivement le vote blanc signifiant qu un citoyen electeur ne se sent pas représenté.


                                              • Rétif 24 mars 2010 20:34

                                                Pourtant, dans les régimes tyranniques et totalitaires ;on votait à 99% , non ?


                                                • ddacoudre ddacoudre 24 mars 2010 21:22

                                                  bonjour paul

                                                  je ne pense pas qu’à partir d’un certain seuil qui se répète, et une participation qui en est le contre coup (la présidentielle de 2007) nous puissions affirmer que cette abstention actuelle est un danger démocratique. mais pour y parvenir il faut dépasser la seule expression du vote et regarder les formes institutionnelles que nous validons car elles peuvent conduire à la destruction de la démocratie et à ce que j’annonce pour le futur le choix de son tyran comme le font certains états que tu mentionnes.

                                                  pour le moment l’abstention confirme une opinion émise par les français (qui je le nie pas peut être dévoyé par un malin) sur leur existence j’en ai fait plusieurs articles pour l’expliquer, comme ils ne sont pas sorti je te glisse les liens.
                                                  http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=72084
                                                  http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=72124

                                                  cordialement.


                                                  • Franky31 24 mars 2010 21:46

                                                    @L’auteur

                                                    Article intéressant, mais un peu trop binaire dans son raisonnement.

                                                    En effet, je serais totalement d’accord avec vous si nous étions effectivement dans une démocratie fonctionnelle et que les gens s’abstenait massivement.

                                                    Toutefois, le contexte actuel est tel que l’on ne peut plus dire que l’on est dans une démocratie fonctionnelle (ni dans une tyrannie soit dit en passant, plutôt une sorte d’oligarchie).
                                                    Dans ce contexte précis, s’abstenir n’est pas détruire/rejeter la démocratie puisque celle-ci est déjà détruite !!! Dans notre cas précis, s’abstenir c’est détruire l’oligarchie au pouvoir.

                                                    Donc je suis d’accord avec le fait que s’abstenir aux élections c’est en quelque sorte détruire/rejeter le régime politique (quel qu’il soit) qui organise ces élections.
                                                    Donc tout est une question de contexte perçu par l’électeur potentiel !!!

                                                    Bref, la principale critique que je vous fait est de croire qu’un système qui organise des élections est nécessairement démocratique. C’est une condition nécessaire mais loin d’être suffisante !!!


                                                    • Axel de Saint Mauxe Nico 24 mars 2010 21:47

                                                      Le vote blanc ou nul n’est jamais commenté, contrairement à l’abstention


                                                      • otto 24 mars 2010 22:26

                                                        Et si, pour une fois, la France se tournait un peu vers l’étranger pour essayer de trouver des solutions à ses problèmes, plutôt que de vouloir sans cesse donner des leçons ? Prenons par exemple le système suisse, que je connais un peu : par ses référendums régulièrement soumis aux populations du pays et/ou des cantons, chacun peut se prononcer (y compris les non-suisses, selon certaines conditions !). N’est-ce pas ce qui se rapproche le plus d’une réelle participation démocratique ? (Certes plus lente, mais qui a dit que la rapidité était toujours une qualité, surtout en matière législative ?) Il me semble que les suisses râlent nettement moins que les français vis-à-vis de leur système politique ou du résultat des élections (ou plutôt des « votations »)...


                                                        • Pyrathome pyralene 24 mars 2010 22:51

                                                          Jamais la démocratie ne sera achevée : elle est en perpétuelle construction ou destruction selon les forces en présence. Une chose est sûre : l’abstention contribue à sa destruction....

                                                          C’est une lutte perpétuelle , la démocratie , regardez les usa , après deux élections volées , 2000 et 2004 ,l’état de déliquescence après 8 ans d’horreurs et de mensonges.. , deux guerres et une quasi-banqueroute sur les bras , les nombreux abstentionnistes américains de 2000 portent le fardeau du je m’en foutisme et du laisser faire « pourvu que j’ai des pop-corns et de la TV »culturelle"....
                                                           On n’en est pas si éloigné , chez-nous....

                                                          L’abstentionniste est bien le fossoyeur de la démocratie...

                                                          C’est aussi leurs tombeaux qu’ils creusent..... !!
                                                          Mais , toutefois , quand ce sont les réacs et les fachos qui s’abstiennent , c’est sympa aussi.. smiley


                                                          • curieux curieux 24 mars 2010 23:03

                                                            Si vous ne voulez aucun candidat ou parti, faîtes comme moi, votez CONTRE mais voter. Car on parle des abstentionnistes le jour de l’élection, mais ensuite, on ne parle plus que du résultat en pourcentage par rapport aux suffrages exprimés. Alors quid des abstentions, des votes nuls, des votes blancs. Rien
                                                            Je sais que la seule chose qui fera changer le pouvoir est la rue mais au point où nous en sommes, ça m’étonnerait beaucoup car si les abstentionnistes ne veulent pas y descendre .......


                                                            • joelim joelim 24 mars 2010 23:21

                                                              L’abstentionniste est le troll de la République.

                                                              Çà marche quel que soit l’avis qu’on a sur les trolls. smiley

                                                              Sinon, la démocratie a fort probablement été expérimentée avant les Grecs d’il y a 25 siècles, ne serait-ce que par quelques peuplades. Et donc, l’auteur s’avance un peu en écrivant « Les minimalistes dont je suis, partent de l’idée que la démocratie est une construction patiente qui a commencé depuis 25 siècles en Grèce ».

                                                              • COVADONGA722 COVADONGA722 25 mars 2010 07:03

                                                                @joelim en référence à votre avatar j imagine qu a cette « epoque » seuls les « utiles » devaient avoir voix au chapitre


                                                                • Nico Nico 25 mars 2010 09:24

                                                                  Tant de ruses pour vouloir expliquer l’abstentionnisme....Alors que les raisons sont évidentes :

                                                                  Pour plus de 50 % des électeurs aucun parti mérite leurs voix.... point
                                                                  Donc on pourrait chercher des raisons pour expliquer que untel prend ou perd des voix... ... mais ce serait inutile.

                                                                  Notre modèle économique est archaïque et père de tous les désordres car fait et construit pour une unique minorités de conglomérats financiers internationaux.
                                                                  Aujourd’hui aucun mouvement n’oserait s’y frotter...inévitablement, beaucoup de sont pas dupes et ainsi refusent de donner leurs voix à tels charlatans....soumis au service de l’exploitation des masses....Nous ne seront plus dupés par ces sales bandits (du PC au FN en passant par le nain...Rois des menteurs...Sans parler des ecolos....ambulanciers de fortunes qui au final répondent aux mêmes maitres...)
                                                                  De plus l’action doit être internationale car ces absentions le sont....tous comme les solutions véritables.

                                                                  VOILA LA RÉALITÉ !
                                                                  Temps qu’il en sera ainsi j’serai pas prêt de voter pour ces vendus !


                                                                  • chourave 25 mars 2010 09:34

                                                                    Mieux vaut s’abstenir que de voter au hasard !!!!!


                                                                    • JacquesLaMauragne JacquesLaMauragne 25 mars 2010 12:21

                                                                      Chère Abstentionniste, Cher Abstentionniste,

                                                                      Je suis au regret de vous le dire aussi crûment : en vous ne rendant pas à votre bureau de vote, vous n’avez gagné qu’un seul droit : celui de FERMER VOTRE GUEULE !

                                                                      Et ceci, Chère concitoyenne, Cher concitoyen, en vertu du bon vieux principe selon lequel votre liberté s’arrête là où commence la mienne !

                                                                      Vous n’êtes pas foutu(e)s de prendre un quart d’heure le dimanche pour passer par l’isoloir mais vous avez le temps, toute la semaine suivante de venir nous expliquer pourquoi vous n’avez pas voté.

                                                                      Eh bien moi, Mesdames, Messieurs, je m’en tape de savoir pourquoi vous n’avez pas été porter votre bulletin.

                                                                      En sport, lorsqu’on se déclare forfait, on n’a plus droit à la parole. Mesdames, Messieurs les abstentionnistes, c’est exactement votre cas, un point c’est tout.

                                                                      Vous vous êtes volontairement exclus du débat démocratique en ne franchissant pas la porte de votre bureau de vote. Alors, n’essayez pas d’y revenir par la fenêtre des médias !

                                                                      Maintenant, cessez donc de nous importuner, nous les électeurs qui n’avons pas fui le scrutin.

                                                                      Vous vous déclarez majoritaire, vous vous auto-proclamez le “premier parti de FranceMon cul, oui !

                                                                      Vous n’avez aucune majorité, vous n’avez aucun parti.

                                                                      Pour faire une majorité, il faut se regrouper sur des idées.

                                                                      Pour faire un parti, il faut se regrouper sur un programme.

                                                                      Où sont vos idées ? Où est votre programme ?

                                                                      Ils sont enfouis dans le néant de votre conscience “citoyenne”.

                                                                      Ah oui, la belle excuse de ces deux derniers dimanche : “aucune liste ne correspondait à vos idées”.

                                                                      Ben voyons. C’est bien la preuve que vous n’avez pas d’idées.

                                                                      Il y avait en moyenne dix listes en présence dans chacune de nos Régions au premier tour.

                                                                      Et aucune ne vous convenait ?

                                                                      A d’autres !

                                                                      Non seulement vous nous importunez mais en plus vous vous foutez de notre gueule, nous les électeurs qui les 7 juin 2009, les 14 et 21 mars 2010 avons juste été des citoyens DEBOUTS !

                                                                      De quel droit osez-vous nous dire que les 17 992 161 votes de 2009, les 20 219 958 votes du 14 mars, les 22 206 420 votes du 21 mars ne comptent pas au prétexte que vous n’avez pas voulu voter ????

                                                                      Gardez donc votre outrecuidance au fond de votre cuisine puisque c’est là que vous êtes restés pendant que nous, nous allions voter.

                                                                      Ah oui, vous en avez marre de la Droite, de la Gauche, du Centre et du reste.

                                                                      C’est si simple à dire après coup, n’est-ce pas.

                                                                      Mais si c’était réellement votre conviction personnelle, pourquoi donc n’êtes vous pas aller déposer un bulletin blanc ?

                                                                      Ah oui, je la connais votre belle excuse : “les bulletins blancs ne comptent pas“.

                                                                      Mais imaginez donc un instant, bougres d’ânes, le véritable séisme politique si, effectivement, le Ministre de l’Intérieur était contraint d’annoncer VINGT DEUX millions 162 mille bulletins blanc. Ca aurait une autre geule que vos 50% d’abstention !!!

                                                                      Là, les bonshommes et les bonnes femmes qui vous débectent tant ne pourraient plus plastronner sur les plateaux de télé. Cette fois, vous l’auriez votre crise de régime.

                                                                      Sinon, braves gens, ils n’en n’ont rien à foutre de votre abstention ! Et ils ont raison ! Ils n’en n’ont rien à cirer de vos “idées“..si seulement vous en avez ! Et ils ont bien raison !

                                                                      Ce sont, ne vous en déplaise, nos suffrages à nous qui leur importe ! Et ils ont tout à fait raison !

                                                                      Vous n’avez pas le temps d’aller voter mais vous trouvez le temps de prendre goulûment votre calculette pour nous démontrer qu’en fait, nous, les électeurs, nous ne représentons pas grand chose par rapport …à vous.

                                                                      Mais vous, vous n’êtes RIEN, permettez moi de vous le faire remarquer !

                                                                      Ah, je sais, vous en avez marre de ce “personnel politique“. Les règles électorales vous paraissent truquées d’avance et autres billevesées.

                                                                      Mais que proposez-vous à la place : RIEN.

                                                                      Car vous n’avez rien dans le ventre.

                                                                      Si, enfin, vous aviez vraiment du courage, vous pourriez appeler à la grève des urnes, vous pourriez manifester avec vos banderoles aux abords des bureaux de vote, vous pourriez même nous bloquer à l’entrée de ceux-ci.

                                                                      Mais de tout cela, vous êtes bien incapables.

                                                                      Comme vous êtes tout aussi incapables de monter une liste qui “vous convienne”, incapables de présenter un candidat auquel vous pourriez “faire confiance”.

                                                                      Alors, Mesdames et Messieurs, puisque vous vous êtes abstenus alors que vous aviez le DEVOIR de voter, ABSTENEZ-VOUS, s’il vous plaît, de nous EMMERDER avec vos soi-disant “bonnes raisons” qui ne sont que piaffement capricieux de nantis !

                                                                      Méditez un peu ceci : malgré bombes, mitraillages, assassinats, pressions et autres attentats, plus de 62% des Irakiens ont récemment voté. Vous, vous êtes plus de 50% à bouder dans votre coin. Vous devriez avoir honte et raser les murs !

                                                                      Réfléchissez bien d’ici les prochaines élections.

                                                                      Allez, sans rancune et au prochain…scrutin.

                                                                      jf.

                                                                      www.lamauragne.blog.lemonde.fr


                                                                      • Pnyx - Daniel 25 mars 2010 16:09


                                                                        Abstentions records … la Démocratie en danger ? Faut-il rendre le vote obligatoire ?

                                                                        petit sondage pour grand sujet, trouvé sur Pnyx.com

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