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L’agenda politique européen est en train de changer

L'un des principaux événements politiques de la semaine dernière a été la conférence de Munich sur la sécurité, qui a réuni plus de 150 chefs d'État, diplomates et premiers ministres dans la capitale bavaroise pour une discussion ouverte sur les questions brûlantes de l'agenda politique actuel.

Un sujet de discussion important a été le vecteur de nouvelles interactions entre la Russie et les pays d'Europe. Le président français Emmanuel Macron, dont les aspirations actuelles ont été jugées "pragmatiques" et "politiquement exigeantes" par Sergei Lavrov, responsable de la délégation russe, a appelé à plusieurs reprises à la nécessité de reprendre un dialogue soutenu avec Moscou, notant le fait qu'il était extrêmement difficile de prévoir les répercussions économiques des sanctions contre la Russie.

Au cours de la conférence, des négociations ont eu lieu entre le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, et le chef du ministère russe des Affaires étrangères. Ils ont accordé une attention particulière aux questions pratiques de développement d'un dialogue entre l'UE et l'UEE (Union économique eurasiatique) dans la perspective de créer des conditions pour la formation d'un espace économique et humanitaire commun de Lisbonne à Vladivostok, et ont également discuté des détails de l'achèvement de la Construction du gazoduc Nord Stream-2. On sait qu'aujourd'hui Nord Stream-2 est l'un des sujets stratégiques les plus importants de la coopération internationale dans le cadre de l'espace géopolitique européen, qui joue un rôle important dans l'amélioration prospective des relations entre les pays vers lesquels son effet économique se fait sentir.

Rappelons que fin décembre 2019, les sanctions américaines ont contraint la société suisse Allseas, du projet Nord Stream-2, à suspendre la pose du dernier tronçon sous-marin du pipeline et à quitter le chantier. Lavrov a justement qualifié les tentatives américaines de perturber ce projet économique et énergétique « d'acte d'ingérence impudent et cynique dans les affaires européennes ».

L'Allemagne n'est pas non plus satisfaite de la politique américaine traditionnellement agressive. Le cours politique de l'Allemagne est actuellement clairement orienté vers l'établissement de relations plus étroites et plus confiantes avec la Russie. Cela a notamment été annoncé mardi 18 février par le ministre allemand de l'Économie et de l'Énergie, Peter Altmaier, lors de son discours à la conférence russo-allemande de Berlin. Il a noté le besoin croissant de l'Allemagne à plus de gaz naturel et d’un dialogue avec la Russie, d’où la création d’ un groupe de travail germano-russe sur la future politique énergétique, non seulement pour achever la construction de Nord Stream-2, mais aussi pour une interaction compétente à l'avenir entre les deux pays.

« J'aimerais une percée dans les relations bilatérales. La Russie a subi une énorme transformation, dans de nombreux domaines, elle est devenue un pays moderne. Nous sommes prêts et voulons vraiment continuer et améliorer nos relations économiques. La Russie est un partenaire nécessaire pour l'Allemagne dans notre quête visant à résoudre les problèmes du monde » , a déclaré Peter Altmaier.

Le ministre allemand a également noté que l'Allemagne discutait activement de la question de la limitation de l'impact négatif des sanctions sur les entreprises allemandes avec les États-Unis.

L’expert politique italien, Tiberio Graziani, président de l'Institut international « Vision et tendances mondiales », ne nie pas que les relations entre la Russie et les principaux pays de l'Union européenne puissent, dans un avenir proche, atteindre un niveau qualitativement nouveau. Il a commenté la situation actuelle comme suit :

« Actuellement, de nouvelles déclarations, principalement faites par le président français Emmanuel Macron, visent à améliorer les relations entre la Fédération de Russie et l'Union européenne. Ces intentions sont également confirmées par l'attention croissante que la France et l'Allemagne portent à l'autre grande puissance continentale eurasienne : La Chine. Les deux poumons de l'Eurasie, la Russie et la Chine, devraient convenir d'une politique aussi commune que possible à l'égard de l'Union européenne. »

Cependant, il convient de rappeler que le strabisme euro-atlantique de Bruxelles et la participation des pays membres de l'Union européenne à l'OTAN hypothèquent lourdement l'amélioration des relations euro-russes, tant en matière de sécurité qu'en matière de sanctions.

Le gazoduc Nord Stream-2 est une opportunité commune que l’Allemagne pourrait et devrait structurer dans le cadre de l’assouplissement des positions de Bruxelles vers Moscou.

Les conditions préalables à une existence et à une interaction pacifiques, sûres et unies des pays dans l'espace géopolitique européen se renforcent lentement mais sûrement. Il est peu probable que la communauté mondiale soit en mesure de se débarrasser de l'intervention destructrice des États-Unis, en raison de l'introduction de sanctions. Malgré cela, les politiques compétentes, pragmatiques et prévoyantes de la Russie, de la Chine et des membres les plus importants de l'Union européenne, qui sont également mises en œuvre dans des projets économiques et énergétiques, contribueront sans aucun doute à l'établissement de relations stables et raisonnables.


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8 réactions à cet article    


  • gaijin gaijin 19 février 16:58

    réchauffement climatique aidant la russie va accéder a la manne de l’arctique et de la sibérie, elle sera la puissance montante des 50 prochaines années et un partenaire incontournable pour les pays européens


    • gaijin gaijin 21 février 09:44

      @Aff le loup
      pas du tout, goulag ou pas les conditions sont impossibles y compris pour des machines l’accès actuel ne représente qu’une fraction infime de ce qui s’ouvre ....


    • jjwaDal jjwaDal 20 février 12:31

      Beaucoup de papotages. Quels enseignements à en tirer ? Ils sont connus. La CE qui est un assemblage économique monstrueux et une chimère, refuse de devenir adulte depuis son origine, sans avoir pris acte de la disparition de l’URSS et du Pacte de Varsovie par ex. C’est un choix fortement orienté par les USA qui ont un intérêt vital à pouvoir justifier leur présence aux frontières de la Russie et à piloter la politique de défense européenne.
      En même temps, elle veut par idéologie supprimer ou réduire fortement l’électronucléaire et donc sous la poussée de la minorité « écologiste » se contraint à utiliser le gaz de plus en plus. Les alternatives au gaz russe ne sont pas grandioses.
      La confusion pathologique des intérêts américains avec les nôtres (ils sont incompatibles, vis à vis de la Russie) est le cadavre dans le placard de l’union européenne. Tout le monde le sait. Ce refus de grandir est une preuve manifeste que la CE en tant qu’entité politique n’existe pas. Elle est la coquille vide rêvée par l’empire pour asseoir ses intérêts économiques (militaires essentiellement) et stratégiques.
      Il crèverait pourtant les yeux d’un aveugle que l’intérêt mutuel de la CE et de la Fédération de Russie est de voir disparaître les tensions de méfiance attisées par les USA pour échanger intensivement sur tous les plans, à bénéfice mutuel


      • Olivier Perriet Olivier Perriet 20 février 14:58

        @jjwaDal
        C’est un choix fortement orienté par les USA qui ont un intérêt vital à pouvoir justifier leur présence aux frontières de la Russie et à piloter la politique de défense européenne.

        C’est aussi le choix assumé des pays de l’Est et de l’Allemagne de se défausser de leur politique militaire sur l’OTAN et de se placer sous parapluie américain.


      • jjwaDal jjwaDal 20 février 20:22

        @Olivier Perriet
        Quand on aligne les excédents commerciaux monstrueux, qu’on refuse en partie par syndrôme post traumatique et par lâcheté d’avoir le courage de sa diplomatie et de sa politique de défense, quand on couche dans les traités que pour la politique de défense de l’UE, s’adresser directement à l’OTAN et quand on arrose d’argent des pays d’europe centrale qui s’autorisent à torpiller nos timides tentatives de normalisation de nos relations avec des voisins non belliqueux (bien moins que les USA selon tous les critères considérés), alors on va vers les ennuis sciemment.
        On n’a pas à laisser des voisins , hébergés depuis peu, décider sur la base de leurs névroses passées de ce qu’on fait chez nous et de nos relations avec un voisin bien plus précieux qu’eux ne le sont. La Fédération de Russie est vitale pour l’avenir de l’UE, elle. Eux, nullement...


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 20 février 21:53

        @Aff le loup

        Qu’on commerce avec l’euro...


      • jjwaDal jjwaDal 20 février 23:37

        @Aff le loup
        Notre préfet de région (européenne) ne croît pas en la légitimité des Etats, de leur culture et leurs valeurs et ne peut donc avoir une « politique étrangère ». Qu’il aie envie de faire diversion pour faire contre feux à son incompétence totale comme chef d’un Etat à avoir une vision un peu claire de ce que nous devrions faire collectivement et pourquoi est compréhensible, par contre. On le verrait bien par contre bazarder à l’Europe notre singulier effort militaire sur 50 ans ,pour lequel nous nous sommes saignés, afin de placer une banderille supplémentaire dans la notion qu’un Etat sert à quelque chose au XXIème siècle. Voyez, l’Europe va nous défendre ...
        Beaucoup de ressemblances entre les métiers de prestidigitateurs et politiciens modernes. Montrer l’accessoire pour cacher l’essentiel, par détournement d’attention. C’est un métier.


      • Olivier Perriet Olivier Perriet 20 février 15:01

        Dans quelle mesure les menaces de Trump sur le gazoduc ne sont qu’un moyen de pression sur l’Allemagne et ses excédents commerciaux ?

        Géographiquement, ce ne sont pas les gaz de schiste américains qui vont approvisionner l’Europe, ou alors très très à la marge.

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