• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale (...)

L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ?…

 

« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? » (document n° 1)

Pour m’engager dans ce travail de très longue haleine, je m’appuierai sur plusieurs centaines de vidéos – d’une durée moyenne de cinq minutes – réalisées, tour à tour, par Alexandre Mirlicourtois, directeur de la conjoncture et de la prévision chez Xerfi Canal, et par Olivier Passet, directeur des synthèses économiques chez Xerfi Canal également.

La fréquentation du site sur lequel ils opèrent (https://www.xerficanal.com/) m’a été recommandée à la fin de l’année 2010 par Pierre Mojon, un industriel drômois en retraite. Je me suis accoutumé à les entendre, à les voir s’exprimer, et j’ai consulté les différents graphiques dont ils ont agrémenté leurs propos, au fil des années.

Leur fonction consiste à établir les points d’appui nécessaires à la compréhension des phénomènes économiques dont ils sont les témoins et les analystes, et ceci à partir d’une position française qui doit tenir le plus grand compte de l’Europe, mais aussi de l’économie mondiale.

Leurs propres appuis idéologiques ne transparaissent pas plus qu’il n’est nécessaire dans le rôle professionnel qui est le leur, et dont il faut penser qu’il vise prioritairement – à ce qu’il me semble – les chefs d’entreprise et certains « décideurs »… Il n’empêche que leurs éventuelles colères peuvent tout de même transparaître dans le ton qu’ils utilisent et dans les formulations qui sont les leurs lorsqu’ils s’approchent d’une zone d’analyse où certains dangers ne peuvent manquer de leur sauter aux yeux, dangers dont il est assez clair qu’ils nous concernent, toutes et tous, en tant que nous vivons sur le territoire de la France.

Passons maintenant à autre chose…

Qu’ils le veuillent ou pas, les citoyennes et les citoyens d’un pays sont solidaires – jusqu’à devoir éventuellement y sacrifier leur vie – des guerres que mène le pays dont elles et eux portent la nationalité. Quant à ces pays, s’ils font la guerre, ce n’est pas pour obtenir qu’enfin la paix vienne… C’est tout simplement pour pouvoir dicter les conditions de la paix au vaincu.

L’affaire du traité de Versailles (1919) est assez connue pour qu’il soit inutile d’y revenir longuement. Je rappelle simplement que ce traité de paix a succédé à l’armistice du 11 novembre 1918. Or, si l’armistice des 8-9 mai 1945 a bien eu lieu, il est tout aussi certain qu’il n’a été suivi d’aucun traité de paix…

Quoi qu’on en pense, la guerre continuait… La difficulté est de distinguer sous quelle forme – puisque, en apparence, tout au moins, les armes étaient remisées dans les placards ? Mais il y a ici une difficulté supplémentaire qui est de comprendre à partir de quel système d’alliances elle allait se déployer.

En partant de la situation contemporaine, et du déploiement d’une Europe dont il n’est plus possible de négliger le fait qu’elle est allemande par le système de domination économique qui y règne sans aucun contrepoids, nous devrions pouvoir cerner de quoi ont été faites les batailles livrées par une France qui n’est pas celle que constitue son peuple travailleur (puisque la nouvelle guerre se faisait précisément contre les peuples…).

Ainsi ce pauvre peuple français n’en a-t-il apparemment à peu près rien su… faute d’avoir cherché à se renseigner ne serait-ce même qu’un tout petit peu…

Mais reprenons le fil des événements… Il n’y a donc pas eu de traité de paix après 1945…

Et près d’une cinquantaine d’années plus tard, l’Allemagne a pris une option très ferme sur sa victoire dans la Seconde Guerre mondiale grâce au traité de Maastricht (1992), qui n’était lui-même que le signe – la signature – de toutes les défaites enregistrées et mises bout à bout depuis le moment où Charles de Gaulle avait réussi à faire infliger la mort à un certain Jean Moulin (arrêté par Klaus Barbie le 21 juin 1943 et décédé le 8 juillet suivant), un Jean Moulin qui était tout simplement, depuis le 27 mai 1943, président en exercice de l’organe souverain français de ce temps-là : le Conseil National de la Résistance.

Si donc il y a quelque chose à comprendre à la défaite de la France dans les décennies qui ont suivi l’apparent achèvement de la Seconde Guerre mondiale en 1945, c’est sur le monument que voici qu’on peut tout d’abord commencer à y réfléchir.


Moyenne des avis sur cet article :  2.67/5   (12 votes)




Réagissez à l'article

38 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion P-Troll 28 mars 12:07

    La dynamiquee de l’économie capitaliste est simple : le gros mange le petit.

    Les trusts capitalistes allemands de l’industrie sidérurgique et de la chimie n’ayant pas été démantelés, ils n’ont fait que s’épanouir après l’épisode fâcheux de la seconde guerre mondiale.

    Pourquoi fâcheux ?

    Parce qu’en faisant le choixdu fascisme et en sacrifiant leur pouvoir politique pour détruire le socialisme en germe en Allemagne plus qu’ailleurs pour conserver leur pouvoir économique, ils ont failli tout perdre.

    Ils ont mis50 ans pour s’en remettre, mais maintenant, c’est fait.

    Cela dit, ils sont quand même sous contrôle du « sauveur » : l’oncle Sam qui, même s’il abandonne le multilatéralisme, ne sacrifiera jamais l’OTAN autrement que par une nouvelle guerre mondiale.


    • Michel J. Cuny Michel J. Cuny 28 mars 13:30

      @P-Troll
      Je vous remercie pour ce commentaire extrêmement pertinent.
      La création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier a été en effet déterminante.
      Quant à la politique guerrière mise en oeuvre par Hitler, elle est effectivement venue en porte-à-faux par rapport à ce que voulait le ministère des Affaires étrangères allemand et par rapport à ce qu’il a fini par pouvoir mettre en avant après la disparition d’Hitler.


    • Dom66 Dom66 28 mars 20:37

      @P-Troll

      C’est également mon avis, je signe votre commentaire

      Par contre pour la prochaine, qui finira par arriver, je n’aimerais pas me trouver en Europe OTAN = Danger.


    • Paul Leleu 28 mars 20:55

      @P-Troll

      le problèm de l’Oncle Sam, c’est que l’Allemagne est redevenue (comme autrefois) un concurrent économique redoutable... qui plus est, la sortie de l’UK de l’UE renforce la dynamique allemande...

      Maintenant, l’empire anglo-américain essaye de déstabiliser l’Europe « allemande »... avec l’opéraiton Steeve Bannon (fincancé par le Hedge Fund Robert Mercer, et la banque Morgan-Stanley)...

      si la France parvenait à un accord d’unification continentale avec l’Allemagne, alors l’Europe voulue par Charlemagne et Napoléon prendrait forme... l’ennemie jurée des banquiers anglo-américains...

      l’Allemagne pour le moment joue encore sur les 2 tableaux... mais elle va devoir finir par choisir... quant à la France, elle ne doit pas se brader... mais d’un autre côté, elle n’a peut être pas vocation à servir encore une fois d’allié à l’Empire anglo-américain contre l’Allemagne...

      la germanophobie actuelle n’est pas seulement une protestation contre l’hégémonie allemande intra-européenne... elle relaye également les angoisses montantes des banquiers anglo-américains contre le risque d’une Europe Continentale Unie... reste à savoir si le Capital allemand sera capable de négocier dignement avec ses alliés putatifs, à commencer par la France et l’Italie, qui ne peuvent pas souffrir pour rien... dominer c’est aussi assumer des réciprocités...


    • Alren Alren 30 mars 13:58

      @Michel J. Cuny

      Le but de Hitler en déclenchant la guerre en septembre 1939 après une longue et coûteuse préparation des armées, était de démembrer définitivement la France mais surtout d’abattre le bolchevisme et de s’emparer de territoires à l’est pour l’expansion naturelle de la « race des seigneurs. »

      Il avait le soutien total de l’immense majorité de ses compatriotes y compris les Autrichiens (qui feront semblant d’avoir été victimes d’une occupation à l’arrivée des troupes américaines qui sont acclamées comme les nazis l’avaient été lors de l’Anschluss, la réunification sur la base de la langue commune.)

      Le 8 mais1945 ces buts étaient-ils atteints ?

      Tout au contraire et malgré la mort de millions d’Allemands. L’URSS occupait presque une partie du territoire. La Pologne avait retrouvé des territoires autrefois allemand. La France n’était pas démembrée. L’Alleamgne était en ruines.


      Tous les pays européens dévastés par la guerre se sont relevés en une dizaine d’années car ils avaient les capacités et les personnels pour cela.

      Mais la France s’est en quelque sorte « auto-handicapée » avec le statut de ses colonies, qui coûtaient cher à l’État même si elles rapportaient énormément au privé et les guerres coloniales.

      Elle avait aussi une agriculture prospère favorisée par le climat et par le sol, qui rendait moins urgent le développement de l’industrie pour obtenir un niveau de vie correct.

      Alors que l’Allemagne n’avait guère que l’industrie lourde métallurgique et chimique pour pouvoir importer les produits alimentaires nécessaires, entre autres.

      Ceci explique en grosse partie cela.


      Par ailleurs vous semblez croire que de Gaulle a fait arrêter Jean Moulin à Caluire par la gestapo qui l’a copieusement torturé ensuite. Il n’existe aucun indice appuyant cette accusation. Au contraire, la mort de Moulin a gêné de Gaulle dans son désir d’unifier la Résistance autour de lui, y compris les communistes.



    • Alren Alren 30 mars 16:30

      @Michel J. Cuny

      Votre accusation est très grave !

      Elle suppose un lien entre de Gaulle à Londres et la gestapo en France !

      Je ne vois pas comment et pourquoi un tel lien aurait été établi.


      Il est très vraisemblable que René Hardy qui avait caché une arrestation précédente, ait accepté de renseigner Barbie en échange de la vie et pour échapper à la torture.

      Membre du groupe Combat, mouvement de résistance qui se voulait autonome par rapport à de Gaulle et agir plutôt en liaison avec le SOE britannique, il aurait pu livrer « Max », le pseudo de l’envoyé du général, en croyant que l’Allemagne gagnerait la guerre finalement et qu’il échapperait à la vengeance ou au procès.

      Il ne savait pas qui était Max ne l’ayant jamais rencontré. Et justement, Dans les jours qui ont suivi l’arrestation, Barbie a torturé ses prisonniers pour savoir lequel parmi eux était Max, jusqu’à que l’un d’eux, connaissant Jean Moulin craque ...


      Il est vrai qu’aucune preuve n’a pu être formellement produite contre lui. Car si Barbie, lors de son propre procès, l’a dénoncé comme ayant été l’informateur, on sait que ce nazi aurait tout fait pour salir les Résistants.


      Il est aussi vraisemblable qu’un des participants a commis auparavant une petite faute de sécurité qui a permis à la police français collaborationniste de le repérer comme résistant et de le faire filer en permanence : on a ainsi évoqué le cas d’une femme suspecte qui aurait voyagé dans la « crémaillère » qui montait sur la butte de Caluire : lors des filatures, les femmes flics étaient moins repérées que les hommes.


      Selon Pierre Péan, c’est la maîtresse de Hardy, une certaine Lydie Bastien, qui aurait livré le réseau en échange de la vie sauve pour son amant, lequel a pu s’évader si facilement, si curieusement lors de l’arrestation du groupe. Il fut le seul à ne pas être menotté dans le dos et a échappé aux tirs à courte distance des gestapistes !

      Cela expliquerait l’émotion et l’accent de sincérité de Hardy lors de son procès : sa maîtresse ne lui avait rien dit car il l’aurait reniée.


      De toutes ces hypothèses, la trahison par de Gaulle est la moins vraisemblable.



    • Eric F Eric F 31 mars 17:38

      @Alren
      En fait, on aurait tort de croire que la France ne s’est pas relevée économiquement sous la 4ème république malgré les problèmes coloniaux. De 49 à 57, la production industrielle en France a augmenté en moyenne annuelle de 9,4% (un score « à la chinoise »), certes moins que l’Allemagne (12,4%), mais du même ordre que l’Italie, et plus que le Bénélux (env 6,5%) et la Grande Bretagne (3,4%). Le coût des guerres coloniales a c’est vrai porté préjudice à l’investissement, faible à la fin des années 50, et qui a pu repartir dans les années 60 après s’être libéré du fardeau de la [dé]colonisation. https://www.persee.fr/doc/ofce_0751-6614_1992_num_39_1_1260

      Concernant de Gaulle et Moulin, je suis totalement d’accord avec vous.


    • Paul Leleu 28 mars 20:49

      intéressante question que vous posez... mais je partage l’avis de votre précédent lecteur : c’est l’efficacité allemande qui a vampirisé l’UE naturellement... pas besoin de complot... sur ce point précis, les analyses de E. Todd sont intéressantes... il met en relief l’efficacité économique (ou guerri !ère) de pays comme l’Allemagne, le Japon ou la Corée.

      mais que penser de la 2ème GM ? La puissance anglaise (puis anglo-américaine) a passé son temps, au cours des siècles, à faire s’entretuer les puissances continentales, afin de tirer les marrons du feu... les deux guerres mondiales en sont l’exemple achevé... A partir du 19ème siècle, l’Allemagne (a fortiori réunifiée) devient l’adversaire des anglo-américains... tant sur le plan économique et industriel, que sur le plan militaire. La France va se sacrifier pour vaincre l’Allemagne en 1918, et puis ce sera au tour de la Russie (soviétique) de se sacrifier pour vaincre l’Allemagne en 1945... mais qui va tirer les marrons du feu à chaque fois ? L’Empire Anglo-Américain !

      L’UE avait clairement pour tâche d’arrimer l’Europe dans l’Empire anglo-américain (volet civil de l’OTAN)... Dans un premier temps, l’UE sert à museler la France... mais, par son efficacité économique naturelle, l’Allemagne a pris les commandes de l’Europe. Au point qu’elle devient un concurrent dangeureux pour les anglo-américains... Trump et le Brexit montrent cela... ils cherchent maintenant à affaiblir l’UE « allemande » (opération Steeve Bannon financé par Morgan-Stanley et Robert Mercer).

      En effet, une « Europe allemande » avec une France jouant le pilier diplomatique, militaire et culturel, pourrait devenir une puissance redoutable au niveau mondial (même si l’entente reste à trouver). Une Europe résolument continentale... La France doit elle vraiment servir encore une fois les desseins des banquiers anglo-américains ? Ou au contraire, enfin s’enraciner dans l’alliance continentale voulue par Charlemagne et Napoléon ?


      • Michel J. Cuny Michel J. Cuny 29 mars 11:07

        @Paul Leleu
        Merci pour ce commentaire auquel je m’associe, si vous le permettez.
        Pour ma part, je veux essayer d’entrer dans le détail des processus qui ont débouché sur la situation actuelle. D’où l’intérêt que je prends à vous lire.


      • Paul Leleu 29 mars 21:55

        @Michel J. Cuny

        merci... c’est juste une réflexion « en cours »... mais je suis stupéfait de l’alignement des esprits français (et de leur servilité) vis-à-vis de l’empire anglo-américain... Nous nous sommes fait voler la victoire de 1918 par les banques américaines, et de notre martyr de 1940-44, nous avons du accepter l’effacement de la dette de l’Allemagne (1950) et la « réconciliation »...

        par la suite, nous avons du abaisser notre culture pour nous faire envahir (sinon violer) par l’anti-culture américaine... la France occupée était humiliée mais debout... la France libérée n’est plus rien qu’une carpette, une serpillère souillée de la beaufitude amerlok... et en plus, les français en sont contents ! ...c’est une mentalité de soumis... ils ne savent même plus comment ils s’appellent (comme Johnny Hallyday, qui n’est même pas capable de porter un nom français).

        les français veulent aujourd’hui se rebéler contre l’UE... c’est très louable (après des décennies d’apathie consommatoire)... mais pour quoi faire ? (en dehors d’insulter Macron)... ils se croient dans un match de football ou dans un jeu de télé-réalité, où on « dégage » un candidat ou un entraineur qui nous déplait... et ils appellent cela « faire nation » ???

        et maintenant que « l’Europe allemande » commence à fiche la trouille aux amerloks, les français ne trouvent rien de mieux que de redemander une ressucée d’amerikanisme débilatoire... je dis pas que les germains c’est l’idéal... mais on pourrait peut-être essayer de changer de disque, après 70 ans d’amerlokitude...


      • Michel J. Cuny Michel J. Cuny 30 mars 09:40

        @Paul Leleu
        Merci.
        Ce sera difficile, très difficile... Mais les causes désespérées sont peut-être les plus belles. Et d’ailleurs, je découvrir ici ou là des personnes qui sont occupées, comme vous, à essayer de retrouver le fil d’une histoire qui était autrement sérieuse et autrement humaine.


      • Michel J. Cuny Michel J. Cuny 30 mars 14:01

        On gagnera à lire : « Et d’ailleurs, je découvre ici... » Ou encore : « Je crois découvrir... »


      •  C BARRATIER C BARRATIER 28 mars 21:06

        Hitler, en 1939, ne pouvait pas gagner contre la France, sans la trahison ou l’imbécilité du chef d’état major de l’armée française, Gamelin. Aux manettes ,il y avait aussi DARLAN, qu’il a fallu assassiner pour que De Gaulle devienne chef du gouvernement à Alger. Nous n’aurions pas dû rendre la Rhur, occupée en 45 et où travaillaient des Français.

        Nos faiblesses restent dans notre perpétuelle division. Aujourd’hui la France est une terre d’anarchie. Elle fut grande et mérita en 45 son siège permanent à l’ONU et son droit de véto. Avec l’Europe, c’est cette force là qu’il faut préserver, avec la puissance allemande, et la puissante France. Vive le Brexit.

        Voir France, terre de Résistance, agoravox


        • Olivier 29 mars 10:39

          @C BARRATIER
          C’est beaucoup plus compliqué que cela. C’est le gouvernement qui a imposé d’entrer en Belgique lors de l’attaque allemande du 10 mai, ce dont ne voulait pas l’état-major. Et dès le 15 mai Gamelin a demandé le retrait de Belgique pour prendre en tenaille l’avancée allemande. A ce moment c’était encore possible. Là encore le gouvernement et Churchill aussi s’y sont opposés. Dés le 20 mai la situation était devenue irrécupérable, et Weygand n’a rien pu faire.


        • Paul Leleu 29 mars 21:45

          @C BARRATIER

          excusez-moi, mais contrairement à la légende gaulliste, Paris (et la France) ne s’est pas libéré « par lui-même »... mais alors pas du tout... personne ne remet en cause la bravour des résistants... mais c’est l’offensive des forces anglo-américaines en Normandie (ccompagnée de nos troupes coloniales en provence) qui a mis le coup de grâce à l’ouest... au plan général, c’est l’URSS de Staline, et l’Armée Rouge qui ont abattu l’Allemagne...

          La France faisait partie des nations vaincues... à tel point que le général allemand qui a signé l’armistice en 1945, s’est offusqué de voir la France parmi les vainqueurs « que font-ils là ? nous les avons vaincu », a-t-il dit.

          La France ne doit son salut qu’à un concours de circonstances. Son poids économique (industtrie, marché, empire), qui en faisait une proie à ménager et séduire. Son poids géostratégique (l’Empire et l’Armée restante), qui en faisait un partenaire d’appoint pour la victoire à l’Ouest, et pour l’après-guerre face aux Soviétiques. L’appui relatif qu’elle pouvait offrir à Churchuill dans sa propre relation aux américains. La capacité politique de De Gaulle à fédérer les nationalistes et les communistes français, sous tutelle occidentale (pour pacifier la France après-guerre, et l’ancrer dans le camp occidental).

          le siège de la Frane à l’ONU (et même son « autorisation » plus tard à fonder une force nucléaire) vient de ce qu’elle donnait aux USA la majorité (USA+UK+F) contre les communistes (URSS+Chine). Le souverainisme français s’inscrivait dans le camp occidental. Un peu comme la Françafrique actuelle, qui est un empire-annexe concédé par les USA à la France.


        • JC_Lavau JC_Lavau 29 mars 22:41

          @Paul Leleu. La Chine est entrée très tard dans l’ONU : 1971.
          L’opticien Dag Hammarskjöld faisait passer à Foster Dulles un examen de vue :
          600
          millions
          de chinois
          ne sont pas 
          représentés à l’ONU.
          Il faut reconnaître 
          la Guinée.
           
          « Je ne peux lire que les deux lignes du bas », répliquait Dulles.
          Date ? Forcément entre 1953 et 1959.


        • Ruut Ruut 1er avril 07:54

          @Paul Leleu
          La question est pourquoi depuis la Fin de la seconde guerre Mondiale la France c’est TOUJOURS comportée comme un Vassal des USA ?
          Comme un pays Vaincus.


        • Michel J. Cuny Michel J. Cuny 28 mars 21:33

          A C BARRATIER

          Merci pour votre commentaire. Puisque vous évoquez Gamelin et Darlan...
          voici ce que, pour ma part, j’ai pu écrire sur cette affaire de 1939-1940...

          https://degaulleenvrai.wordpress.com/2017/12/20/1940-une-defaite-tres-bien-organisee/


          • mmbbb 30 mars 12:39

            @Michel J. Cuny Je me permets d apporter quelques informations complementaires Apres la guerre la decolonistaion nous a coute chere, socialemnt et economquement voir l histoire de France prefacee par Georges Duby . Cette guerre qui ne voulait pas dire son nom ( pacification ) obérait l economie francaise alors que l Allemagne n avait pas ce boulet . Quant au traite de Maastricht , Mitterrand s est trompe. Il voulait clouer l Allemagne avec l euro , c est l inverse qui s est produit. Philippe Seguin, dans un discours prémonitoire a l assemblée nationale , ( rappel de la mentalite allemande , de sa volonte d entreprendre , un peuple de vanqueurs ) , ce pays ne se soumettrait jamais . P Seguin fut meprisé est traite de « no niste » . Par ailleurs durant cette décennie des années 1990 , l elite ne voulait plus d industrie dans de pays . Tchuruk président d Alcatel alors societe florissante , fut la figure de proue de cette ideologie . L Allemagne a su preserver son tissu de PME PMI puissant En dernier lieu , l education nat n est pas le moeteur de la culture d entreprise J ai rencontre un patron lors d un salon des meilleurs ouvriers de France, il a des difficultes avec cette institution. Le resultat actuel n est que la conséquences de notre desengagement Ne pleurons pas , c ’est inutile 


          • Michel J. Cuny Michel J. Cuny 30 mars 13:59

            @mmbbb
            Merci pour votre commentaire.
            Nous allons, peu à peu, reprendre cela dans le détail en partant de la situation actuelle. C’est du moins à cela que j’invite toutes celles et tous ceux qui ne pensent pas qu’il faille décidément courber la tête ou s’en tenir à des déguisements plus ou moins carnavalesques...


          • Eric F Eric F 31 mars 18:04

            @Michel J. Cuny
            Votre gaullophobie est poussée au taquet, ce serait lui le responsable de la capitulation, en ne s’étant pas opposé au projet de Reynaud de sonder Huntzinger pour le poste généralissime à la date aussi tardive que le 11 Juin 40 (cela n’a, par ailleurs, pas eu de suite). Or à cette date, ce n’était plus une question de stratégie militaire mais de volonté politique.



          • velosolex velosolex 28 mars 21:45

            Le titre me choque. Comment peut on croire qu’il peut y avoir un vainqueur, après une guerre ?...Surtout quand celle ci est à l’omega de la violence, de la bétise, et que les conséquences mortifères se font toujours entendre. L’allemagne que je connais bien est toujours malade de cette guerre, et le poids de la honte est omniprésente chez les jeunes, quand ils prennent conscience de leur histoire. Un bilan ne tient pas qu’à des facteurs économiques. Sinon la démographie serait plus positive. Je crois entrevoir la pensée de l’auteur...L’Allemagne est la première puissance économique européenne, car elle a bénéficié d’aides, sans rien payer. Pas de budget militaire inflationniste, par d’armada nucléaire à gérer, une union monétaire qui lui bénéficie à plein, en raison de l’orthodoxie économique qu’elle impose aux autres….Un exercice comptable….

            Derrière tout cela donc, la volonté de dénoncer l’Europe, bien perfectible il est vrai. Une qualité. Pas de guerre depuis 70 ans. La guerre est ce suicide de l’Europe qui permit aux usa de s’imposer. C’est pour cela qu’elle a encouragé le brexit, à des anglais qui se rendent tout à coup compte un peu de l’état de la galère dans laquelle ils sont…..L’Angleterre sent tout à coup le rance, comme l’Allemagne dans les années 30. Les gens commencent à se foutre sur la gueule comme pendant l’affaire Dreyfus en France, et le pays des Beatles, bénéficiant hier d’une image sympathique et ouverte, est prise de réflexes xénophobes. Nous avons réussi avec l’Allemagne une chose insensée, une réconciliation authentique. Bien sûr ça ne plait pas à tout le monde, et la volonté de cliver est omniprésente depuis 70 ans. Qui veut la peau de l’europe ?...Cherchez à qui cela profitera.


            • vimuse 29 mars 00:29

              Bonjour,

              Imaginons !

              Que le popopopulisme submerge l’europe, éléction aprés éléction.

              Que le royaume uni se tire de l’union pour de bon, et sans heurts.

              La problématique de la langue commune arrive sur la table.

              Longue polémique, vives controverse, texte anticipé, vote bâclé.

              Un vote pour un esperanto bis est rejeté. AL, FR, EN, ES, rien !

              L’affaire reste en suspend, un différent insoluble, un projet bloqué.

              L’enseignement continue a nous bourrer de l’impérial par défaut.

              Les politicien et diplomates fédéraux emploient l’impérial disponible.

              Mais ce n’est que rêverie.

              Cordialement.


              • Eric F Eric F 29 mars 09:41

                « le moment où Charles de Gaulle avait réussi à faire infliger la mort à un certain Jean Moulin »

                Je suppose qu’il y a une coquille dans cette phrase, ou alors on est dans des théories complètement surréalistes. Au contraire, Jean Moulin assurait l’arrimage de la résistance intérieure à la France Libre, étant en cela contesté par certains éléments de la résistance.


                • Michel J. Cuny Michel J. Cuny 29 mars 11:14

                  @Eric F
                  Merci de manifester votre désaccord.
                  Je crois que vous n’avez pas suivi le lien que j’ai inscrit vers la fin de l’article. Je vous le redonne...
                  https://degaulleenvrai.wordpress.com/2018/07/20/le-conseil-national-de-la-resistance-de-jean-moulin-etait-bien-plus-quil-ny-parait/


                • Eric F Eric F 29 mars 21:22

                  @Michel J. Cuny
                  je n’accorde pas de crédibilité à ce texte qui suppute sur des points de suspension, et omet que Jean Moulin était explicitement délégué du général de Gaulle auprès de la Résistance et avait placé le CNR sous l’autorité de celui-ci, et non le contraire. La disparition de Jean Moulin coupait au contraire un lien direct entre la Résistance et le gouvernement provisoire, mettait en péril l’unité de la résistance, et donnait plus de poids aux courants non-gaullistes (communistes notamment). C’est une thèse totalement arbitraire et partisane, même l’auteur qui a supputé que Moulin avait eu un contact avec un émissaire américain n’a jamais prétendu qu’il aurait été éliminé. En fait, tous les articles que j’ai trouvé évoquant cette thèse sont de votre plume.


                • Eric F Eric F 29 mars 09:59

                  Dans la CEE d’origine, la puissance allemande était diluée dans un ensemble où la France et le Bénélux notamment constituaient des pôles d’équilibre (une sorte d’entre-neutralisation continentale). L’entrée de la Grande Bretagne pouvait conduire à relativiser davantage encore cette dilution.

                  En fait, il apparait que le déséquilibre en terme de prépondérance économique soit consécutif au poids du pays suite à la réunification, cela n’est pas immédiatement apparu du fait du cout de celle-ci, mais s’est établi progressivement. Par ailleurs, ce qu’on oublie c’est que c’est Mitterrand qui a poussé l’Allemagne à accepter une monnaie européenne en tant que contrepartie à cette réunification, pour « faire profiter » l’ensemble de l’Union de la dynamique allemande. On voit désormais que cela a accentué encore la prépondérance de celle-ci (qui a en fait imposé sa vision monétaire).

                  C’est donc lié au cours des évènements non à un grosser komplott initial.

                  PS : à propos du traité de Versailles, on oublie souvent l’essentiel qui est que l’Allemagne n’avait pas été démantelée contrairement à l’empire autrichien et à l’empire ottoman. Par ailleurs les « fameuses » réparations prétendument exorbitantes n’ont été payées qu’à hauteur de 17% du montant prévu par le traité, la France n’a jamais été indemnisée des dommages de la première guerre, et moins encore de la seconde.


                  • Olivier 29 mars 10:35

                    Je pense qu’il y a moins une augmentation de puissance de l’Allemagne qu’un affaiblissement grave de la France.

                    En gros, depuis le départ de de Gaulle le pays n’est plus gouverné, mais simplement administré (on voit comment) par une clique de politiciens arrivistes, courroies de transmission des milieux financiers, des intérêts américains et des lobbies de tout poil.

                    La seule politique a été de dissoudre le pays dans l’UE et d’abandonner tous les attributs d’identité et de souveraineté, au profit de l’élucubration mondialiste. Le fait le plus grave est le changement de population organisé par l’immigration de remplacement.

                    Je ne vois pas de solution étant donné l’état de l’opinion et je pense que nous allons rapidement devenir une puissance de 3ème ordre. La volonté de l’Allemagne de s’emparer de notre siège au conseil de sécurité de l’ONU est logique, car clairement nous n’avons plus le « poids » qui le justifie.


                    • HELIOS HELIOS 31 mars 23:27

                      @Olivier
                      Je partage quasi totalement votre avis... simpliste, mais réaliste.

                      Seule votre conclusion me laisse perplexe quand a votre renoncement.
                      Il y a mille manières de redonner sa grandeur a notre pays et ce n’est ni avec ses rafales ni avec sa classe politique, mais avec le genie particulier de notre peuple.

                      Vous expliquer comment s’y prendre n’est pas l’objet de cet article.


                    • histoirehache 29 mars 10:58

                      Or, si l’armistice des 8-9 mai 1945 a bien eu lieu, il est tout aussi certain qu’il n’a été suivi d’aucun traité de paix


                      Les 8 et 9 mai, l’Allemagne a capitulé sans condition. Le pays renonce ainsi à la poursuite du conflit, contrairement à un armistice où les combats ne font que cesser.


                      • Michel J. Cuny Michel J. Cuny 29 mars 11:26

                        @histoirehache
                        Votre remarque est tout à fait justifiée en ce qui concerne les termes eux-mêmes. Mais, que l’Allemagne n’ait pas pu entrer dans la discussion des conditions d’après-guerre, ne veut pas dire que les Alliés n’allaient pas lui imposer « leurs » conditions, dont, par exemple, une occupation militaire qui, d’une certaine façon, est encore d’actualité en ce qui concerne la présence US.
                        La paix s’est donc installée aux conditions faites par les Alliés, y compris l’Union soviétique, et de la façon que l’on sait.
                        Ce que l’on sait moins, ce sont les conditions implicites, c’est-à-dire dissimulées aux populations européennes elles-mêmes, et peu à peu mises en oeuvre par les Alliés... occidentaux. C’est cela que je souhaite étudier en détail dans les jours et les mois qui viennent, ici même et ailleurs.


                      • chantecler chantecler 30 mars 07:37

                        Quelques remarques , concernant ce sujet très vaste ...

                        ...

                        L’Allemagne a bénéficié après guerre de la protection des alliés et surtout des USA au nom de la « défense » contre l’URSS , le bolchevisme .

                        Malgré ou avec les nombreuses bases américaines qui encadraient le statu quo mais assuraient les milites territoriales est/ouest

                        Ne pas oublier que l’Allemagne nazie a littéralement pompé toutes les richesses des pays conquis , dont le notre : argent ,or, pillages ,usines, agriculture , réquisitions , mais d’oeuvre ,prisonniers de guerre ,(2 millions de Français ) STO etc qui lui a permis de soutenir la guerre jusqu’au bout cad en mais 45 avec la fabrication des « armes nouvelles » V1, V2 et à un poil près la bombe atomique .

                        Quant aux destructions , massacres de masse , horreurs et barbarie , les choses n’ont fait qu’empirer jusqu’à la fin.

                        1940 , la défaite , nous a coûté au final extrêmement cher ...

                        Apparemment un Roosevelt était déterminé :

                        à ménager l’Allemagne et Staline d’ailleurs ...

                        a assujettir notre pays , monnaie ,voire remodeler les frontières. Et détruire les colonies anglo françaises .

                        Je ne sais pas jusqu’à quel point « l’épuration » a eu lieu en Allemagne après guerre .

                        Partielle sans doute .

                        Ce qui explique peut être la tendance hégémonique des élites allemandes aujourd’hui , notamment au sein de l’UE , qui fait un joli pied de nez à l’issue de la guerre ...

                        Le travail à bas coût, le rôle de l’immigration , des pays frontaliers de l’Allemagne à l’est ressemble furieusement au STO .

                        ....

                        A toutes fins utiles , je signale la série en ldp, pas chère , concernant 39/45 de Max Gallo .

                        Intéressante , en complément ou en introduction .


                        • Michel J. Cuny Michel J. Cuny 30 mars 14:06

                          @chantecler
                          Merci pour votre commentaire qui pose toutes sortes de questions extrêmement intéressantes.


                        • mmbbb 30 mars 16:07

                          @chantecler

                          l epuration , une bonne blague Walter Hallstein qui fut juriste sous les nazis , est devenu président de la commission europenne . J ai toujours ete etonné qu une femme telle que S Veil ne l ait jamais rappelé . Elle qui etait pour cette europe et pour le devoir de memoire On a eu aussi notre Bousquet qui ne fut guere inquiété. Quant a nous , l industrie a ete liquidee et saccagee , L industrie de l aviation est repartie de zero ou presque . Mais nous avons de bons ingenieurs puisque nous avons eu de belle reussites , Dassault, Concorde ( technique ) la Caravelle, la fusee Diamant, l helicoptere Alouette III , une tres belle machine vendue dans le monde entier .


                        • chantecler chantecler 31 mars 18:57

                          Evoquer cette période sans parler de P. Pétain qui a pris la grosse tête après 1918 et qui est intervenu politiquement et au niveau des décisions militaires entre les deux guerres , ( de P. Laval et de tant d’autres devenus collaborateurs ...) faut le faire .

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès