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Accueil du site > Tribune Libre > L’âne d’or : un roman antique à découvrir...

L’âne d’or : un roman antique à découvrir...

En lisant ce roman écrit par un auteur latin d'origine africaine, on entre dans un univers plein de fantaisie, de magie ! Le titre : L'âne d'or, Asinus aureus en latin, nous invite à découvrir un récit plein de mystères. L'histoire est assez extraordinaire puisque Apulée nous raconte les mésaventures d'un certain Lucius, désireux d'apprendre la magie mais peu habile en la matière, il se laisse abuser et se retrouve transformé en âne !
 
Pauvre Lucius ! Dès lors, le voilà emporté dans un tourbillon de péripéties incroyables... Le soir même de sa transformation, des brigands s'emparent de lui et l'emmènent dans leur campement : là, une vieille femme chargée de surveiller une jeune prisonnière, enlevée par les brigands, raconte une histoire dont notre âne ne perd pas une miette : l'histoire de Psyché et de Cupidon...
Ce récit intercalé constitue un aspect essentiel de ce roman ...
 
 Lucius, au cours de ses mésaventures, côtoie différents milieux et des personnages hauts en couleurs : des brigands, des esclaves fugitifs, des prêtres, un meunier dont la femme est infidèle. C'est l'âne Lucius qui raconte toutes ces péripéties avec son esprit critique d'homme, sa verve et son humour, il nous fait percevoir les activités et les préoccupations de tous ces milieux très différents qu'il a fréquentés.
 
Ce roman antique est l'ancêtre des romans picaresques dont la caractéristique essentielle est de relater les aventures d'un héros que ses tribulations mettent en contact avec différents milieux sociaux, et notamment le petit peuple, les classes inférieures de la société. L'ensemble nous fournit un remarquable tableau de la vie quotidienne sous l'Empire au 2ème siècle après JC... et c'est au dernier livre, seulement, que Lucius retrouve sa forme humaine, grâce à des roses ! En broutant ces fleurs consacrées à Isis, il retrouve sa forme initiale.... Le culte d'Isis, déesse égyptienne commence alors à se répandre à Rome et le roman d'Apulée se fait l'écho du succès de cette religion.
 
Mais l'oeuvre est beaucoup plus riche que cette simple galerie de portraits. Divers éléments montrent, en effet, qu'on ne peut se borner à la lire au premier degré. Le Conte de Cupidon et de Psyché occupe le centre même du récit : Psyché, on le sait, est le nom grec de l'âme, et elle est amoureuse de Cupidon, l'un des grands dieux associé au désir. Les deux personnages différents par leur nature arrivent à se rejoindre, à s'aimer, ils parviennent à dépasser leurs différences : Psyché, après une série d'épreuves imposées par Vénus, la mère de Cupidon, devient, elle-même, une déesse et Cupidon, lui, s'assagit... L'amour fait se rejoindre deux êtres que tout opposait. Il constitue une sorte d'initiation qui permet aux personnages d'évoluer, de se transformer.
 
Cette histoire centrale est une mise en abyme, un reflet des aventures de Lucius : lui-même connaît des épreuves, de multiples malheurs de la même façon que Psyché, ces difficultés le rendent meilleur le purifient, lui qui a voulu s'égaler aux dieux en se livrant à la magie...
 
Faut-il voir dans ce roman une oeuvre de pur divertissement ? En fait, il semble que ce soit un roman d'initiation : l'âne dans la religion égyptienne, et surtout l'âne roux, donc l'âne d'or était le symbole du mal moral et du péché... Lucius doit subir une série d'épreuves initiatiques, avant de parvenir à être délivré du mal qui le possède. On trouve, dans ce roman, la peinture d'un monde atroce, plein de violences, et les souffrances que subit le personnage l'aident à se purifier et à retrouver sa forme humaine.
 
Lucius est bien un personnage en quête : il traverse un monde dur et hostile et ne trouve son salut qu'à travers la religion isiaque, après de multiples épreuves.
Si Lucius a été transformé en âne c'est qu'il s'est conduit comme un âne, se livrant à des satisfactions peu spirituelles et montrant une curiosité de mauvais aloi. L'histoire de Lucius, c'est au fond, aussi, celle de tout être humain confronté, dans sa vie, à toutes sortes de malheurs qui lui permettent d'évoluer...
 
En tout cas, Apulée nous entraîne grâce à son imagination, sa fantaisie, son goût du merveilleux, des belles histoires, dans un récit échevelé, plein de passions, de violences et d'aventures.
 
Il faut lire ce roman d'Apulée : c'est une plongée merveilleuse dans l'antiquité romaine et dans un récit aux multiples rebondissements où l'on ne s'ennuie pas.... Comique, tragique, humour, réalisme se mêlent dans un ensemble étonnant...
 
 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/article-les-memoires-d-un-ane-un-roman-antique-a-decouvrir-121244662.html

 

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17 réactions à cet article    


  • sarcastelle sarcastelle 31 mai 17:04

    Asinus aureus, palma Goncurta anno DCCCIC AUC

    .
    Je parie que vous ne le saviez pas. 

    • OMAR 31 mai 17:22

      Omar9

      @sarcastelle

      L’œuvre est aussi connu sous le titre de « Métamorphoses » :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9tamorphoses_(Apul%C3%A9e)


    • rosemar rosemar 31 mai 21:42

      @OMAR

      A ne pas confondre avec les métamorphoses d’Ovide...

    • OMAR 31 mai 17:16

      Omar9

      @rosemar ;« En lisant ce roman écrit par un auteur latin d’origine africaine,... ».

      Cela a peut-être dû vous bruler les doigts de préciser que « l’auteur africain » Apulée (Afuley en Berbère) est, au choix, un maghrébin, un amazigh, un berbère,et, plus précisément, un algérien, né vers 123 à Madaure, actuelle M’daourouch au nord-est de l’Algérie ?
      Madaure, c’est juste à coté de Thagaste (Tebessa) qui a vu naitre un certain Augustin d’Hippone, ou saint Augustin.
      Cette Algérie qui a donné aussi ce grand Albert Camus....
      Enfin, vous avez parlé de lui, c’est déjà magnifique, et, sincèrement, je vous en remercie...
      Peut-être que la prochaine fois, avec Jean Sennac, Taos Amrouche, Kateb Yacine, Franz Fanon, Assia Djebbar, Mouloud Feraoun, Anna Greki, Rachid Boudjedra, etc..., vous écrierez que l’Algérie produisait et produit toujours de talentueux écrivains.
       


      • rosemar rosemar 31 mai 21:40

        @OMAR

        Camus, oui, un de nos plus grands auteurs : l’homme qui aimait la mer...




      • Bernie 2 Bernie 2 31 mai 22:41

        @rosemar

        À pas confondre avec macron, l’homme qui aimait sa mère.


      • marmor 31 mai 18:14
        Cette Algérie qui a donné aussi ce grand Albert Camus....

        Ah AH AH !!!

        • OMAR 31 mai 20:24

          Omar9

          @marmor ou

          Le rire du sergent,
          La folle du régiment,
          La préférée du Capitaine des Dragons,


        • francesca2 francesca2 31 mai 20:46

          @OMAR


          Franz Fanon ? C’est l’Algérie martiniquaise ?

        • OMAR 1er juin 00:22

          Omar9

          @francesca2

          Franz Fanon est certes, né en Martinique, mais repose actuellement à Ain Kerma, en Algérie sous le nom de d’Ibrahim Omar Fanon.
          Il était totalement impliqué dans la décolonisation de l’Algérie dans laquelle il entreprit une exploration des mythes et rites traditionnels de la culture algérienne.
          C’est lui même qui s’est défini comme algérien, ce dont les algériens sont fiers.
          https://fr.wikipedia.org/wiki/Frantz_Fanon
          Sans que cela te fasse convulser, quelque part, oui t’as raison, c’est l’Algérie martiniquaise...


        • francesca2 francesca2 1er juin 19:15

          @OMAR


          Oui. Donc, selon ta logique, Léonard de Vinci était français...

        • OMAR 2 juin 11:27

          Omar9

          @francesca2

          Oui, dans ma logique, Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa, est français....


        • francesca2 francesca2 2 juin 15:05

          @OMAR


          d’autant plus qu’ils est né en France, hein...

        • francesca2 francesca2 2 juin 15:14

          @OMAR


          Ah, et le dénominateur commun de Jean Sennac, Taos Amrouche, Kateb Yacine, Franz Fanon, Assia Djebbar, Mouloud Feraoun, Anna Greki, Rachid Boudjedra,
          n’est pas d’être nés en Algérie (d’ailleursTaos Amrouche faudrait l’expliquer...)mais d’être de culture française...



          • JL JL 31 mai 23:59

            bonsoir rosemar,

             
             en lisant votre intéressant article, je pensais à « La Jument verte », et tout près de nous puisque publié tout récemment, « Dans une coque de noix » de Ian MCEwan.
             
            L’histoire est un thriller raconté par le foetus dans le ventre de la principale protagoniste de « cette brillante réécriture d’Hamlet, in utero » selon les mots piqués en 4è de couverture. Passionnant : je l’ai lu d’une traite, dans la journée (ce n’est pas un gros roman).

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