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L’Approche du président Poutine en matière de Gestion de Crise

Fin 2015, la Turquie a abattu un avion de chasse russe Sukhoi Su-24 à la frontière syro-turque. Beaucoup s'attendaient à des représailles de la part de la Russie et certains prédisaient une guerre entre les deux pays, surtout après que le président Poutine ait qualifié cet incident de "poignard dans le dos des complices des terroristes".

La Russie n’a pas riposté et n’a pas cédé à la pression publique et aux attentes mondiales selon lesquelles la guerre pourrait éclater ou au moins la Russie répondrait avec « un œil pour un œil ».

A l’époque, le président russe Vladimir Poutine, ancien membre de la communauté du renseignement et de la sécurité, semblait manifestement calme. Il a établi des priorités stratégiques qui permettraient d’atteindre les objectifs de son pays au-delà de ce qui pourrait être réalisé via une réaction émotionnelle. Cest ce qui est arrivé. Sentant le désir de la Turquie de récupérer la Russie et sa colère contre les "insultes" répétées de l'OTAN, Poutine a fait de la Turquie un partenaire en Syrie et non un ennemi, surtout après que les troupes allemandes ont quitté la base aérienne d'Incirlik et que les relations entre la Turquie et les Etats-Unis ont régressé.

Le président Poutine a atteint des objectifs stratégiques cruciaux dans la gestion de la crise après l'incident, gagnant la Turquie comme allié tactique en Syrie et approfondissant le scepticisme à l'égard de l'OTAN qui considère depuis longtemps le pays comme un mur tampon contre la Russie.

Le président Poutine a adopté la même approche dans la crise de l'avion russe abattu récemment par des avions de combat israéliens ; La Russie n'a pas réagi pour apaiser l'opinion publique russe, d'autant plus que le nombre de victimes est plus élevé cette fois-ci.

Lors du premier incident, le chasseur russe transportait deux personnes, tandis que le chasseur abattu par des Israéliens avait à son bord 15 experts militaires russes.

Cependant, la réaction russe n’a pas été très différente, même si elle a été plus forte, surtout de la part du Kremlin, mettant Israël dans l’anticipation constante d’une réaction russe qui ne viendrait pas très vite.

Les Israéliens étaient dans la confusion totale après l’incident, a déclaré Alex Fishman, analyste militaire au quotidien israélien Yedioth Ahronoth, déclarant que les Russes avaient compris qu’ils pouvaient obtenir des avantages politiques de cet incident, alors ils n’ont pas riposté, mais ont attendu 12 heures pour analyser ce qui s'est passé, puis sont venus avec la déclaration qui a créé l'atmosphère d'une crise politico-militaire entre Israël et la Russie, culminant dans une conversation entre le ministre russe de la Défense Sergey Shoygu et le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman, où il a tenu Israël responsable pour le crash.

Le modèle de gestion de crise du président Poutine transforme la crise en une opportunité stratégique, pesant soigneusement pour optimiser les gains politiques, et non pas les gains populistes.

Cela peut coûter du prestige au début, mais les gains globaux sont ce qui compte sur le long terme.


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9 réactions à cet article    


  • sls0 sls0 2 octobre 2018 17:44

    @ l’auteur.

    Enfin une analyse qui ne semble pas partisane.
    C’est vrai que Poutine est un fin statège qui ne se laisse pas avoir avec l’émotionnel.
    Il serait moins impressionnant si coté occidental il y aurait des gens avec un peu de jugeote.
    Ils me font l’impression d’avoir un stratégie copiée sur la statégie financière où trois a six mois c’est du long terme.
    Toute la différence entre un homme d’état et un homme politique.

    • leypanou 2 octobre 2018 17:59
      Lors du premier incident, le chasseur russe transportait deux personnes, tandis que le chasseur abattu par des Israéliens : ce n’est pas parce qu’on est sur agrvx qu’il faut sortir ce genre de contre-vérité.

      Israel n’a pas abattu cet avion IL-20 : son action -d’après les Russes- a entraîné ce qui s’est passé mais ce n’est pas lui qui a tiré sur l’avion.

      • Alren Alren 3 octobre 2018 13:50
        @leypanou

        Les Israéliens ont manœuvré pour que l’écho radar de l’avion russe beaucoup plus important que celui d’un chasseur, dissimule leur arrivée.
        Pour obtenir que l’avion russe se trouve à cet endroit, ils ont menti délibérément sur le lieu de leur attaque, parfaitement illégale en droit international d’ailleurs.

        Mais les représailles russes ont bien eu lieu : ils vont doter les Syriens de S300 au lieu de S200, ce qui suppose une meilleure détection radar et une meilleure efficacité et ils ont de fait interdit l’espace aérien au-dessus de la Syrie en brouillant en cas de raid l’électronique israélienne comme ils ont complètement « asphyxié » électroniquement les bateaux US en Mer Noire.
        Or la technologie israélienne n’est pas supérieure à celle des USA.

      • Massada Massada 2 octobre 2018 20:00

        Ce sont les syriens qui ont abattu l’avion russe.

        Voilà ce qui arrive lorsque l’on donne des armes sophistiquées à des incapables 
        Les avions israéliens étaient déjà sur le retour quand les syriens ont tiré comme des tarés 


        • JC_Lavau JC_Lavau 2 octobre 2018 22:51

          @Massada. Personne n’a assez de mémoire pour réussir à mentir toute sa vie sans se couper.
          https://reseauinternational.net/comment-nous-savons-que-lil-20-a-ete-abattu-par-la-france-ou-le-royaume-uni/

          La complicité de 1956, Ben-Gourion-Eden-Mollet est à nouveau pleinement active.

        • phan 3 octobre 2018 12:12

          @Massada

          Un F-35 vient de s’écraser en Caroline du Sud : le pilote yankee s’est astiqué le manche en plein vol et c’est Broadway !
          Comme la dernière fois dans le sud de la Syrie : le pilote de Tsahalal voulait sodomiser un oiseau migrateur lors de sa phase d’atterrissage !

        • Doume65 3 octobre 2018 16:57

          @Massada
          T’inquiète pas, on a bien compris que le peuple élu est supérieur aux autres... et que ce sont les autres qui sont racistes.


        • yadakir 3 octobre 2018 10:47
          N’importe quoi camarde Salem.

          Bejamin, Valdimir et Recep ont été mutuellement informé par des puissant des moindres rangs qu’un bris accidentel de matériel avais eu lieu au court d’un meeting aérien, et que selon le principe du casseur-payeur un chèque avais été fait a l’organisation lésé par l’employeur du maladroit.

          Ce n’est pas la première fois.

          Il se font briller l’armure a la télé, il se montre fermes mais sages, nationalistes mais diplomates, bref ils se font mousser auprès de leurs électeurs et soutiens divers en réglant un incident diplomatique qui n’en est pas un. Au mieux il font « la publicité d’une version officielle de la diplomatie ».

          Toi qu’est docteur, tu veu pas avoir l’extrême obligeance de me faire un petit rapport sur les accorts bilatéraux et co-allégeance a des organisations supra-nationales et impériales, de la Turquie et de la Russie, (pour faire comme si Zion n’existais pas), et depuis 90 (pour échapper a une complexité majeure) ?

          Un tel article serais un pilier de certitude autour de l’idée qu’entre la Russie et la Turquie, ça glisse.

          Accordéon.


          • microf 4 octobre 2018 10:24
            C´est pourquoi j´ai donné au Président Poutine le nom du « Mozart de la politique », il est á la politique ce qu´était Mozart á la musique á savoir, un virtuose.

            Un seul mot Président Poutine, continuez.

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