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Accueil du site > Tribune Libre > L’art d’avoir toujours raison

L’art d’avoir toujours raison

Schopenhauer (1788-1860) a indiqué des stratagèmes permettant d’avoir toujours raison indépendamment du vrai, de la sincérité, de la logique, du réel. Manifestement les Hommes politiques actuels ont lu avec assiduité cet auteur. Il intéressant de voir leurs débats en discernant les ‘trucs’ qu’ils ont appris avec autant de soin.

 # Stratagème I - L’extension

Il s’agit de reprendre la thèse adverse en lui donnant un sens aussi général que possible pour l’exagérer : plus une thèse est générale, plus il est facile de la réfuter.

 Vous dites : « Plus de 80% de la richesse mondiale va au 1% les plus riches »

 On vous rétorque : « Afin de pouvoir commercer, le monde italique utilisa, jusqu'au milieu du Ve  siècle avant J.-C., du bronze à l'état brut ou des têtes de bétail ; la monnaie facilita considérablement les échanges, le commerce, la création de richesse. D’années en années, de siècles en siècles, le monde devint plus riche grâce à l’argent et vous critiquez ceux qui vous font vivre, vous les universitaires subventionnés. »

  

 # Stratagème II - L’homonymie

Ce stratagème consiste à étendre une proposition à quelque chose qui a peu ou rien à voir avec le discours original hormis la similarité des termes employés afin de pouvoir la réfuter.

 Vous dites : « Les puissances de l’argent se concertent pour dominer le monde ».

 On vous rétorque : « C’est la théorie du complot ! De la même façon ‘les attentats ne sont pas le fait de terroristes islamistes’, ‘le sida est un virus créé en laboratoire’, ‘l’assassinat de Kennedy a été commandité par la Russie’… et aussi : ‘le monde est gouverné par des reptiliens’. Et tant d’autres complots fantaisistes : comment osez-vous, vous qui prétendez être une docte personne éructer de telles sottises en compagnie de gourous, d’illuminés, de sectes de toutes sortes. Vous qui prétendez être un scientifique. »

 

 #Stratagème IV - Cacher son jeu

Lorsque l’on désire tirer une conclusion, il ne faut pas que l’adversaire voie où l’on veut en venir, mais quand même lui faire admettre les prémisses une par une, l’air de rien, pour que l’adversaire ne s’y oppose pas.

 Je n’arrive pas à comprendre comment on peut admettre la violence… n’est-ce pas ? La violence entre deux religions me paraît être la pire de toute car Dieu n’est qu’Amour… n’est-ce pas ? Et l’Amour est ce qu’il y a de plus précieux au monde… n’est-ce pas ? Alors pourquoi les palestiniens font-ils des attentats pour récupérer des morceaux de désert sans valeur !

 

 #Stratagème V - Faux arguments

On peut, pour prouver une assertion dans le cas où l’adversaire refuse d’approuver de vrais arguments, utiliser des arguments que l’on sait être faux.

 Ce sont les Américains qui ont libéré l’Europe du régime Nazi, par la force de leur armée, la force de leur industrie, la force civilisatrice porteuse de Liberté qu’ils avaient en eux. Sans eux, l’Allemagne Nazie et les forces bolcheviques se seraient alliées pour dominer le monde. Il n’y a donc que des avantages à réintégrer le commandement militaire de l’OTAN pour protéger nos peuples et nos intérêts.

 

 #Stratagème VIII - Fâcher l’adversaire

Provoquez la colère de votre adversaire : la colère voile le jugement et il perdra de vue où sont ses intérêts. Il est possible de provoquer la colère de l’adversaire en étant injuste envers lui à plusieurs reprises, ou par des chicanes, et en étant généralement insolent.

 Quand vous traitez des problèmes de banlieue vous oubliez la souffrance de mères qui perdent leurs enfants, d’un frère qui perd un de ses frères, vous oubliez simplement d’être un homme, vous vous changez en monstre sans foi, ni loi, un zombie, un homme qui n’ose rien ou plutôt qui ose tout ce qui va à l’encontre du bon sens et du bien, comment ne comprenez vous pas que les hommes ne sont pas des joujoux entre vos mains. Si vous aimez un tant soit peu les Hommes, vous accepterez que l’Armée participe au maintien de l’ordre durant les manifestations.

 

 #Stratagème X - Prendre avantage de l’antithèse

Si vous vous rendez compte que votre adversaire répond par la négative à une question à laquelle vous avez besoin qu’il réponde par la positive, interrogez-le sur l’opposé de votre thèse, comme si c’était cela que vous vouliez lui faire approuver.

 Lorsque vous me répondez « Non, je ne suis pas un libéral », c’est donc que vous souhaitez l’établissement d’un régime centralisé pour mettre en œuvre un plan économique d’État. Je vois que vous souriez, vous approuvez ? Non ? Alors soyez cohérent, adhérez aux causes de la Liberté.

 

 #Stratagème XI - Généraliser ce qui porte sur des cas précis

Arrangez vous pour que votre adversaire concède des cas particuliers d’une vérité générale que vous voulez lui faire admettre. Introduisez plus tard cette vérité comme un fait admis.

 Reconnaissez qu’un oiseau qui chante est un enchantement, reconnaissez que le croassement d’une grenouille vous emplit de joie, reconnaissez que les ruses du renard vous enchantent… Alors vous êtes pour la construction du zoo au centre ville. 

 

 #Stratagème XII - Choisir des métaphores favorables

Si la conversation porte autour d’une conception générale qui ne porte pas de nom mais requiert une désignation métaphorique, il faut choisir une métaphore favorable à votre thèse. Le terme protestant fut choisi par les protestants, ainsi que le terme évangéliste par les évangélistes, mais les catholiques les appellent des hérétiques.

 Non, je n’ai pas l’intention d’appeler les musulmans autrement qu’islamistes. Les périls sont tels que nous ne pouvons pas utiliser les services d’un philologue à chaque fois que l’on doit intervenir dans des zones sensibles.

 

 #Stratagème XIII - Faire rejeter l’antithèse

Pour que notre adversaire accepte une proposition, il faut également lui fournir la contre-proposition et lui donner le choix entre les deux, en accentuant tellement le contraste que, pour éviter une position paradoxale, il se ralliera à notre proposition qui est celle qui paraît le plus probable.

 Que choisis-tu : apprendre l’anglais ou un idiome de type sino-tibétain qu’on appelle le Mandarin, ou plus communément le Chinois.

 

 #Stratagème XIV - Clamer victoire malgré la défaite

Lorsque votre adversaire a répondu à plusieurs questions, sans qu’aucune des réponses ne se soient montrées favorables quant à la conclusion que vous défendez, présentez quand même votre conclusion triomphalement comme si votre adversaire l’avait prouvée pour vous.

 Vous me dites que depuis plus de 30 ans, la croissance s’étiole, que le chômage massif s’installe, que les pauvres s’appauvrissent, que les riches s’enrichissent, n’est-ce pas la preuve que sans le néo-libéralisme les choses auraient été pires.

 

 #Stratagème XV - Utiliser des arguments absurdes

 Nous arriverons bien à retirer le CO2 excédentaire de l’atmosphère terrestre, les arbres y arrivent bien… et vous ne me ferez pas croire qu’on est plus con qu’un arbre.

 

 #Stratagème XVI - Argument ad hominem

Lorsque notre adversaire fait une proposition, il faut vérifier si celle-ci ne serait pas inconsistante avec d’autres propositions qu’il a faites ou admises.

 Vous me dites maintenant que vous êtes pour la liberté, mais n’étiez-vous pas au parti communiste.

 

 #Stratagème XVII - Se défendre en coupant les cheveux en quatre

 Bien entendu, il faut lutter contre le réchauffement climatique. Mais sérieusement, il faut d’abord savoir si on exprime les énergies en tonne-équivalent-pétrole, en Watt-heure, en Joule, en Calorie parce que la conversion en travail en Kgm pour calculer le bilan carbone demande évidemment des unités homogènes.

 

 #Stratagème XVIII - Interrompre et détourner le débat

Si nous nous rendons compte que l’adversaire a entrepris une série d’arguments qui va mener à notre défaite, il ne faut pas lui permettre d’arriver à conclusion mais l’interrompre au milieu de son argumentation, le distraire, et dévier ce sujet pour l’amener à d’autres.

 Les riches deviennent de plus en plus riches me dites-vous, pourtant nos armées n’ont jamais été aussi pauvres. Connaissez-vous la solde d’un soldat du rang de l’Armée de terre… Vous ne savez pas, cela ne vous intéresse pas.

 

 #Stratagème XIX - Généraliser plutôt que de débattre de détails

Si l’adversaire nous défie expressément de mettre à mal un point particulier de son argumentation mais que nous ne voyons pas grand-chose à y redire, nous devons tenter de généraliser le sujet puis de l’attaquer là dessus.

 Je ne sais pas si les femmes ont en moyenne moins de testostérone que les hommes, mais ce que je sais c’est que depuis des millénaires elles sont ‘esclavasigées’ par des hommes qui montent sur elles (c’est une image) pour décrocher leur lune : des honneurs, des privilèges, la gloire.

 

 #Stratagème XXI - Répondre à de mauvais arguments par de mauvais arguments

Lorsque l’adversaire use d’un argument superficiel ou sophistique, il est certes possible de le réfuter mais il est préférable d’utiliser un contre argument tout aussi superficiel et sophistique.

 Bien entendu le sexe des anges n’est pas très gros, mais le votre ne l’est pas davantage.

 

 #Stratagème XXIII - Forcer l’adversaire à l’exagération

Nous pouvons ainsi par la provocation inciter l’adversaire à aller au-delà des limites de son argumentation pour le réfuter et donner l’impression que nous avons réfuté l’argumentation elle même.

 Vous dites, comme les économistes ces nouveaux dieux, que les Hommes sont égoïstes et c’est ce qui mène le monde, mais les femmes aussi certainement, tous les peuples donc, toute l’humanité… et une humanité qui souhaite l’égoïsme c’est celle du bien-commun, de l’intérêt général.

 

 #Stratagème XXV - Trouver une exception

Par exemple, la phrase : « Tous les ruminants ont des cornes » est réfutée par la seule instance du chameau.

 Vous dites tous les Hommes sont cupides, et les moines de Tibhirine le sont-ils ?

 

 #Stratagème XXVIII - Convaincre le public et non l’adversaire

Si vous n’avez pas d’argument réel, vous pouvez en faire une objection invalide, mais invalide seulement pour un expert. Ceux qui composent le public ne sont pas experts, et à leurs yeux, vous l’aurez battu, surtout si votre objection le place sous un jour ridicule.

 Vous me dites que les radiations émises par une centrale nucléaire sont inférieures à 1 millisievert par an mais moi ce dont je vous parle ce sont de Röntgen, l’unité CGS, que vous ne semblez pas mieux connaître que ses effets. Dans radioactif, il y a également actif, il faudrait réviser un peu vos notions de base jeune homme. 

 

 #Stratagème XXIX - Faire diversion

Lorsque l’on se rend compte que l’on va être battu, on peut faire une diversion, c.-à-d. commencer à parler de quelque chose de complètement différent.

 J’entends bien que l’intérêt d’une société est d’augmenter le vivre-ensemble en féminisant les instances de décision mais vous croyez que les marins pêcheurs de Guimper vont être d’accord.

 

 #Stratagème XXX - Argument d’autorité

Celui-ci consiste à faire appel à une autorité plutôt qu’à la raison, et d’utiliser une autorité appropriée aux connaissances de l’adversaire. Plus ses capacités et connaissances sont limitées et plus le nombre d’autorités qui font impression sur lui est grand.

 J’en parlais encore à Jean-Charles Rougemont de la Bollardière avant hier, il était d’accord, la sélection naturelle brutale et sans considération de la naissance est un pur non-sens scientifique.

 

 #Stratagème XXXI - Je ne comprends rien de ce que vous me dites

Si on se retrouve dans une situation où on ne sait pas quoi rétorquer aux arguments de l’adversaire, on peut par une fine ironie, se déclarer incapable de porter un jugement : « Ce que vous me dites dépasse mes faibles capacités d’entendement : ça peut très bien être correct, mais je ne comprends pas suffisamment et je m’abstiendrai donc de donner un avis. »

 Monsieur, je ne puis me hisser jusqu’à vos hauteurs qui vous permettent d’affirmer que tous les Hommes sont égaux. Je ne suis pas paléontologue, anthropologue, ni même sociologue et je ne peux pas dire en quoi ils sont égaux ou pas, je ne comprends pas ce que vous dites. 

 

 #Stratagème XXXVI - Déconcerter l’adversaire par des paroles insensées

On peut aisément impressionner un adversaire en sortant des tirades à la formulation érudites, mais ne voulant rien dire du tout, ce qui le prive de l’ouïe, de la vue et de la pensée.

 Certes, il n’est nullement exclu que des molécules de vin, blanches de préférence, puissent emplir une éprouvette fraîchement graduée et encore toute ruisselante de leur passage dans le lave-vaisselle, mais il n’en reste pas moins qu’une majorité sénatoriale doit être conduite avec fermeté.

 

 #Ultime stratagème - Soyez personnel, insultant, malpoli

Lorsque l’on se rend compte que l’adversaire nous est supérieur et nous ôte toute raison, il faut alors devenir personnel, insultant, malpoli. Cela consiste à passer du sujet de la dispute (que l’on a perdue), au débateur lui-même en attaquant sa personne. C’est une stratégie très appréciée car tout le monde peut l’appliquer, et elle est donc particulièrement utilisée.

 

 Au choix :

 - Vous êtes un suppôt du capitalisme et vous seriez prêt à tuer père, mère et enfants pour vous engraisser davantage !

 - La fonction publique est emplie de fainéants qui s’activent surtout pour compter le nombre de jours qui les sépare du week-end, des congés payés, de la retraite… Quand ils savent compter.

 

 Bien, chacun est à même maintenant de mener des débats en terrassant son adversaire grâce à sa rouerie. Toutefois :

 « L’essentiel, en politique c’est de ne jamais transiger sur nos certitudes, de ne pas faire le malin, de ne pas jouer au plus fin, de ne pas calculer : tel est le devoir mais aussi la sagesse, car les habiles finissent toujours par avoir tort. »


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34 réactions à cet article    


  • rogal 23 mars 12:56

    Bien vu. Bien dit.


    • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 23 mars 13:00

      @rogal
      Merci infiniment.


    • mieuxquavant mieuxquavant 23 mars 12:58

      Lorsque l’on est du coté du pouvoir, changer les noms des choses, c’est génial !

      On ne dira plus « famine » on doit dire « période de sous alimentation ». 

      On ne dira plus « chomage » on doit dire « en recherche d’emploi ».

      On ne dira plus « Gilets jaune » mais on tente de nous faire dire « Black bloc »...



      • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 23 mars 13:03

        @mieuxquavant
        C’est exact que l’utilisation de nouveaux noms pour cacher les anciens fait florès. On aurait pu ajouter ce stratagème mais Schopenhauer n’y avait pas pensé (du moins que je sache).


      • Julien S 23 mars 13:26

        Et moi qui paplutarkierr félicitais un de nos auteurs d’en exploiter le stratagème XIV !


        • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 23 mars 17:24

          @Julien S
          Comme quoi certaines choses sont éternelles.


        • Julien S 23 mars 18:30

          @Jacques-Robert SIMON
          .
          Et l’ « essai sur les femmes » du même philosophe, qu’en pensez-vous ? smiley
          .
          C’est la honte, hein ? Vivement que le papier disparaisse et que les livres étant tous électroniques et connectés on puisse tous les corriger régulièrement en fonction des exigences morales nouvelles. smiley


        • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 23 mars 19:58

          @Julien S
          Des exigences qui dépendent du temps ne sont pas des exigences, des convenances souvent, des erreurs quelquefois.


        • Arthur S Arthur S 24 mars 10:25

          @Julien S

          c’était plutôt l’auteur en question qui vous avait encouragé à le faire, vous n’avez fait que resituer le passage dans l’oeuvre :

          Arthur S 21 mars 14:41

          @Julien S

          vous êtes vraiment trop fort pour moi !
          je déclare forfait par lassitude
          continuez à jouer tout seul si ça vous amuse
          et surtout, ne manquez pas de clamer votre triomphe dans votre réponse,
          il faut que le champion marque son territoire


        • Julien S 24 mars 16:32

          @Arthur S
          .
          Ah, oui, c’est vrai. Vous m’incitez à le faire. C’est vicieux, ça. Je vous avais lu, heureusement, et n’ai pas donné dans votre panneau. 


        • Julien S 24 mars 21:50

          « vous m’incitiez »


        • JPCiron JPCiron 23 mars 17:26

          Merci pour ce bréviaire.

          Comprendre les ressorts de ceux qui nous manipulent est utile.

          Cependant, le fait de savoir les trucs utilisés évoque les discussions et argumentations dont on nous abreuve tous les jours.

          Cela mine nos convictions. Cela érode notre confiance.

          « dans le doute des opinions, les hommes finissent par s’attacher uniquement aux instincts et aux intérêts matériels. » disait Alexis de Tocqueville.

          Et on y est en plein. Avec la démocratie en plus, qui permet de transposer les sentiments dans le réel.


          • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 23 mars 20:02

            L’instinct est un merveilleux moyen d’appréhender une réalité, mais il faut pouvoir communiquer son sentiment.


          • Xenozoid Xenozoid 23 mars 17:30

            c’est de ne jamais faire des prédictions,mais de les fabriquer


            • Xenozoid Xenozoid 23 mars 17:31

              @Xenozoid

              de ne jamais faire des prédictions tout en les fabriquant,c’est mieux ?


            • Xenozoid Xenozoid 23 mars 17:36

              @Xenozoid

              ce qu’on appelle aussi l’art de la deception,celle du vendeur de vent


            • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 23 mars 20:03

              @Xenozoid
              C’est exact, actuellement on fabrique selon ses convenances des prédictions.


            • velosolex velosolex 23 mars 18:23

              L’art d’avoir toujours raison« , n’est ce pas l’art de toujours se convaincre qu’on a le dernier mot. 

              Ces techniques marchent sans doute, et les commerciaux peuvent s’en servir. C’est cela le problème. La rhétorique est sans doute une qualité, mais cet art d’embobiner l’autre, et de le faire craquer, s’apparente à de la manipulation. C’est pour cela que les politiques pourront aussi s’en servir, ce qu’ils font d’ailleurs à longueur de journée. Une girouette a souvent plus de constance et de maintien que ces bonimenteurs. La plus grande partie utilisent une technique simple : Ne pas répondre aux questions posées, ne pas changer un iota de leur cap.

              Ecouter Delevoy sur inter il y a quelques jours évoquer la réforme de la retraite vous donnait envie, soi de rire, ou de vous taper le cul par terre. Il refusait d’admettre que l’age du départ de la retraite avait changé, mais qu’on avait toute liberté pour la différer. Pas difficile en soi à convaincre, car le nombre d’années de cotisation va s’allonger...C’est tout juste s’il ne disait pas qu’on pouvait partir en retraite à 30 ans, à condition d’avoir cotisé 42 ans. 

              Question déni, et illustration par un exemple unique de leur conviction, faisant sens général, les climatosceptiques sont champions. De là à admettre qu’ils obtiennent l’agrément des autres….Pour dire que ce genre de sophisme ne convint que celui qui le sort. Pour lui l’art d’avoir raison, c’est le refus d’avoir tort. L’idée qu’ils donnent d’eux n’est pas brillante. Je ne sais pas si shoppenhauer a écrit un opus à ce sujet. »Comment revaloriser votre image de parano…."


              • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 23 mars 20:08

                @velosolex
                Effectivement, « Ne pas répondre aux questions posées » est souvent employé et pas cité par Schopenhauer.
                Moi aussi j’ai honte d’une certaine élite qui n’est pas digne de son peuple : il y aura des difficultés croissantes pour les retraites, le chômage, le climat, les mouvements de population... Tout le monde attend de la clarté pour savoir dans quelle direction aller.


              • eddofr eddofr 25 mars 14:02

                @Jacques-Robert SIMON

                Comment pouvez-vous avoir honte d’une élite (forcément composée des meilleurs) ?

                A la rigueur j’eusse compris que vous fussiez honteux d’un classe, voire d’une caste, dirigeante ...

                Mais encore, n’est-il pas vrai qu’en démocratie, le peuple obtient toujours les dirigeants qu’il mérite ?

                Et dans ce cas effectivement, nous pouvons avoir honte, collectivement, non pas de leur nullité, mais bien de les avoir portés au pouvoir.


              • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 25 mars 20:44

                @eddofr
                Lorsque vous sélectionnez le meilleur pour courir le 100m, il n’est pas très bon au 200m, médiocre au 400m et nul au 800m. En d’autres termes le « meilleur » est le meilleur d’un type de concours. Contrairement à ce que vous écrivez, je n’ai pas honte de toutes les élites, j’ai connu des gens extraordinaires un peu partout, même en politique.


              • JL JL 24 mars 09:14

                ’’les habiles finissent toujours par avoir tort. ’’

                 

                 « En politique, une absurdité n’est pas un obstacle. » Napoléon 1er
                 

                 

                Le stratagème XXIV est ce que j’ai appelé le point Monty Python ; le chevalier est à terre, dans une mare de sang, jambes et bras tranchés, et jette à la face de son adversaire indemne : « match nul ! ».


                • JL JL 24 mars 15:10

                  @JL

                   je voulais dire XIV (14) et non pas XXIV (24) ; d’ailleurs,bizarrement il n’y a pas de XXIV !


                • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 24 mars 15:30

                  @JL
                  Je n’ai pas pris tous les stratagèmes.


                • Arthur S Arthur S 24 mars 09:53

                  Socrate dénonçait déjà les sophistes. Il avait montré que convaincre, c’est vaincre, ce qui ne ne signifie pas faire éclater la vérité. L’essai de Schopenhauer a remis à l’ordre du jour cette critique que les ambitieux utilisent comme arme alors qu’il s’agissait d’une dénonciation.

                  Les virtuoses de la « com » ayant compris que la masse ne lisait pas les philosophes, ils s’en donnent à cœur joie dans les médias.

                  Or, le propos de Schopenhauer n’était pas d’inviter son lecteur à mentir, il voulait donner une méthode pour se débarrasser et ridiculiser ses opposants en public, un guide d’auto-défense rhétorique, qui ne recule devant rien : ni la mauvaise foi, ni les vices de la raison.

                  Malheureusement, aujourd’hui, ce sont ceux qui auraient été ses pires ennemis qui en sont les principaux utilisateurs, un peu comme si des biologistes utilisaient les découvertes de Pasteur pour concevoir des armes chimiques.


                  • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 24 mars 15:54

                    @Arthur S
                    C’est exact convaincre c’est vaincre. Entre la mauvaise foi et le mensonge, la différence est toutefois quelquefois ténue.


                  • Pierre 24 mars 15:31

                    Belle description de Mélenchon !


                    • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 24 mars 15:55

                      @Pierre
                      Je ne sais pas. On peut être sincère et menteur.


                    • L'enfoiré L’enfoiré 25 mars 09:05

                      Je recopie les principes.

                      Cela peut toujours servir.

                      Merci... smiley


                      • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 25 mars 10:25

                        @L’enfoiré
                        Je vous en prie. Mais il faut s’entraîner !


                      • Yanleroc Yanleroc 25 mars 22:20

                        Il y a chez Schopenhauer, autre chose à retenir, c’ est que, quand vous lisez,

                        c’ est qu’ un autre a pensé à votre place !

                        Ce qui fait que seuls les Classiques et quelques rares auteurs méritent d’ être lus et il ne faut pas hésiter à relire deux fois de suite les auteurs importants, car en ne lisant que les dernières parutions, les lecteurs-écrivains contemporains restent dans le microcosme des idées à la mode !

                        En ce sens l’ art de ne pas lire est des + importants également, car celui qui lit beaucoup et toute la journée, perd peu à peu la capacité de penser par lui-même. Une lecture constante paralyse plus l’ esprit qu’ un travail manuel car celui-ci au moins, permet de se livrer à ses propres pensées ! 

                        Ça m’ arrange..

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