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L’Asocialité de principe : administration superstitieuse de la « chance » et de la « malchance » sociétales

Qu'est-ce que vous évoque la notion d'affaires sociales ? ... Quand je questionne les personnes autour de moi, elles me répondent quelque chose comme « les problèmes des gens », et cela m'attriste. En effet cela m'attriste, parce que je suis naïf, et que lorsque je lis « affaires — sociales », j'entends les occupations d'une société, et pas les difficultés d'une collection d'individus.

Image extraite de The Million Dollar Hotel (2000)
avec Mel Gibson et Milla Jovovitch
sur la pauvreté à Los Angeles.

 

Si vous dîtes social, moi, j'entends relatif à la société vous comprenez, mais récemment on a inventé un nouvel adjectif pour cela : l'adjectif sociétal, comme pour compenser l'insignifiance advenue en social ... Bref, quand j'entends affaires sociales, j'entends affaires sociétales désormais et, entendant affaires sociétales, j'entends citoyenneté, république, collectivité, bien commun, engagement, réciprocité.

D'ailleurs, les affaires sociales en relèvent ! de la citoyenneté, de la république, de la collectivité, du bien commun, de l'engagement et de la réciprocité. Au lieu de quoi ? ... Au lieu de quoi, la notion d'affaires sociales passe pour pestiférée, et elle est honnie : on tend à s'en méfier comme on se méfie que les « problèmes des gens », les difficultés d'une collection d'individus, pourraient nous arriver rien que d'y penser ou d'entrer en contact avec eux, mais c'est aussi superstitieux que parler de la mort vous tuerait sur-le-champ.

Les médecins et infirmiers tous les jours traitent de cas morbides ; les jugez-vous morbides pour autant ? L'époque où les bourreaux étaient marginalisés a disparu elle aussi (le Moyen-Âge), mais depuis nous nous faisons tous les bourreaux des « affairés sociaux » en les livrant à l'administration « sociale », au nom de leur malchance que nous refoulons pour nous-mêmes comme si elle pouvait nous retomber dessus de s'y intéresser, mais les médecins et infirmiers ont pourtant les plus robustes systèmes immunitaires qui soient, sans parler de leur trempe morale ! pour filer la métaphore.

Et puis alors, jugez-en plutôt : entre nos affaires sociétales, celle qui nous sursature actuellement, c'est bien l'économie. L'économie, c'est-à-dire les moyens de pourvoir à notre existence, et de faire croître nos potentiels — la « croissance ». Eh bien, cette affaire sociétale suprême entre toutes les affaires sociétales actuellement, à quel principe carbure-t-elle ? A la concurrence, à la compétition perpétuelle.

Les marchés économiques fonctionnent comme des arènes et des tournois, comme d'immenses espaces de jeux de sociétés imposés à tout l'univers, « que le meilleur gagne » (façon Moyen-Âge !). Ce qui signifie très clairement à quel point nous sommes superstitieux encore : ici, c'est la chance, qui est survalorisée, à côté donc de ladite malchance repoussée des « affaires sociales ».

Aussi bien, c'est mettre un principe d'asocialité au cœur des affaires sociétales, au cœur de la citoyenneté, de la république, de la collectivité, du bien commun, de l'engagement et de la réciprocité, que de gérer l'économie comme nous nous y affairons socialement : asocialement ! Et pas étonnant soudain, qu'on repousse les « affaires sociales » comme nous le faisons ; c'est que nous voulons jouer et, jouant, nous voulons avoir de la chance, et « y gagner », superstitieusement ... Néanmoins, j'entends bien qu'au départ, ce principe d'asocialité était censé nous émuler productivement, et j'entends bien qu'il y a très bien réussi, du moins dans cette société-là en particulier.

Car, le saviez-vous ? La France et l'Allemagne prirent des mesures protectionnistes devant l'Angleterre prime-industrialisée (au XIXème siècle) pour ne pas souffrir l'insurmontabilité temporaire des prix anglais. Et nous avons empêché, et voulons continuer d'empêcher, les pays du tiers- ou quart-monde de prendre des mesures protectionnistes, au nom de l'ouverture et de la tolérance ! ... au nom d'un principe d'asocialité qui se présente « socialement ».

Cela s'appelle une aliénation mentale, à interner au plus vite comme on met un virus en quarantaine. Oui : pour la vie, la santé et la prospérité de nos affaires sociales, abandonnons toute superstition.

 

 

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12 réactions à cet article    


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 18 février 13:03

    Bonjour, difficile de commenter un article snas préciser le sens profond des néologismes. Le sociétal concerne surtout, l’éthique, le moeurs, la famille (famille homoparentale, GPA, PMA,...). Le social étant plutôt associé à l’économie. Na pas confondre qualitatif et quantitatif. L’enfant qui est élevé par des homos a t’il plus de chance que les autre ? A vous de répondre.


    • Gladys Berthault Gladys Berthault 18 février 13:44

      @Mélusine ou la Robe de Saphir. Non mais on entend souvent c’est vrai je trouve, sociétal dominer pour à peu près tout, remplacer social presque finalement, parce que justement « le social » ne s’intéresse qu’à administrer l’économie de la pauvreté !


    • Erwan Prigent Erwan Prigent 18 février 13:50

      @Mélusine ou la Robe de Saphir et @Gladys Berthault. A tout prendre, on voit bien que c’est un vrai problème.


    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 18 février 14:41

      Je suis allée vérifier le terme sociétal dans mon dico (année 70), c’est effectivement différent de social : relatif aux sociétés, valeurs et institution. 


      • Erwan Prigent Erwan Prigent 19 février 11:17

        @Mélusine ou la Robe de Saphir. Relatif aux sociétés, valeurs, institutions ; on voit mal comment ça n’implique pas le social instituant (Cornelius Castoriadis).


      • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 19 février 11:28

        @Erwan Prigent

        Je constate simplement que (en général), les pays qui ont adopté le « mariage » homosexuel a viré à droite et à l’extrême-droite. N’y avait-il pas plus urgent : satisfaire une minorité avant le problème majeur de la pauvreté. J’attends toujours que la fin du discours à l’assemblée de Madame Taubira se réalise. Nous pous clairement constater que l’inverse s’est produit. Extrait final : Et nous sommes si fiers de ce que nous faisons que je voudrais le définir par les mots du poète Léon-Gontran DAM AS : « L’acte que nous allons accomplir est beau comme une rose dont la tour Eiffel assiégée à l’aube voit enfin s’épanouir les pétales. Il est grand comme un besoin de changer d’air, il est fort comme le cri aigu d’un accent dans la nuit longue ». Merci à vous.

        Les pétales de la rose qui flétrissent me semblent plutôt de couleur jaune : les oubliés de Hollande : trois quart de la population alors que les parents homos ne représente qu’un cinquième du peuple.


      • Erwan Prigent Erwan Prigent 19 février 13:22

        @Mélusine ou la Robe de Saphir. Vous parlez de l’extrême-droite comme du diable, dans des termes vraiment simplistes. L’homosexualité est très forte dans l’Église catholique, pas réputée pour le mariage idoine. De plus, une extrême-droite française est fortement liée au catholicisme. Néanmoins, il y a d’autres extrêmes-droites, païennes, qui n’ont cure des curées et de leur mariage hétérosexuel pas plus, d’ailleurs, que du mariage pour tous. Enfin par ailleurs, si à l’extrême-droite on a tendance à ranger les groupuscules néonazis et néofascistes, c’est pourtant l’extrême-gauche qui les a inventés, et qui aujourd’hui hurle d’antisémitisme au nom de l’antiracisme dans nos rues, par jalousie envers le traitement d’exception historiquement accordé aux ressortissants juifs. Ce n’est donc pas l’extrême-droite qui néonazise ni ne fascise, sachant que dans national-socialisme, il y a socialisme, et que le léninisme-stalinisme vaut bien l’hitlérisme, dans le genre internazi : international-socialisme ... etc. Rien n’est simple, mais voilà que c’est l’extrême-gauche qui se veut défenseure du mariage pour tous, tandis qu’elle est peuplée d’islamo-gauchistes très homophobes d’être islamistes. Or l’extrême-gauche est censée je dis bien censée être universaliste. Enfin, prenez le président Macron : il ne manque pas d’activer les symboles nationalistes dans sa démarche, de faire de l’humour homosexual, et de flirter avec les évêques de France, tout en favorisant son Benalla. Naturellement, il mange à tous les râteliers, mais remarquez bien comme cela n’a rien à voir avec les lignes claires et nettes que vous semblez tracer, avec les associations nauséabondes que vous faîtes, du coup.


      • Erwan Prigent Erwan Prigent 19 février 13:23

        Mais bon sang quel rapport avec l’article !?


      • JL JL 18 février 15:03

        La faute en reviendrait elle au PS, le Parti qui se dit Socialiste ? Pour parler de lui, les internautes avaient pris l’habitude de dire « le Parti sociétaliste », comme on aurait dit le parti corporatiste.

         

        Le corporatisme est un terme faisant référence à deux concepts distincts, l’un doctrinal et idéologique, l’autre factuel et sociologique : 

        une doctrine économique et sociale fondée sur le regroupement de différents corps de métier au sein d’institutions défendant leurs intérêts ;

        l’utilisation de pouvoirs économiques, sociaux et politiques pour créer des groupements d’intérêt puissants et influents.


        • Erwan Prigent Erwan Prigent 19 février 11:18

          @JL. J’imagine.


        • jacques 21 février 11:36

          avec une faute dès le premier mot dans le titre, ça tape....

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