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Accueil du site > Tribune Libre > L’astre noir des « Lumières »

L’astre noir des « Lumières »

 Dans les placards de notre spongiforme "postmodernité", un cadavre bouge encore. Il n'en finit pas de dévorer le vivant et de changer les entrailles de la Terre en lignes de crédit... Le dernier livre du polytechnicien Marc Halévy déterre les racines des « Lumières » et met au jour la part d’ombre d’une idéologie devenue un astre noir dans un univers dont elles nous ont isolé.

 

 

Marc Halévy, spécialiste des sciences de la complexité, invite notre espèce invasive et captive entre les murs d’une « Dette » insoutenable à en finir avec ses chimères. Celles d’une « Modernité » s’effritant comme sable, se réclamant des « Lumières », avec ses hiérarchies sociétales en porte-à-faux et désormais en voie de liquidation, dans une société livrée à une hétéronomie dévorante : « la norme, toutes les normes, toutes les lois, toutes les règles sont dans les mains de quelques-uns qui ont confisqué tous les pouvoirs à leur profit, en échange des illusions sécuritaires ».

L’« idéal humaniste » nourri de la pensée d’une dizaine de philosophes du XVIIIe siècle, a accouché d’une « inhumanité barbare sous prétexte de tolérance et de compassion ». Car ces « Lumières » ont « instillé, dans la culture et l’idéologie françaises des concepts propres à la pensée anglo-saxonne » qui, aujourd’hui encore, façonnent la vision du monde britannique et américaine ». Mais elles ne « correspondent en rien à notre culture paysanne et hébraïco-héllénique » sur laquelle « on » a greffé un système fondé sur l’économisme, la gabegie et l’idéologisme, avec son cortège de pensées magiques et de statistiques montant jusqu’au ciel des improbabilités - dont il faudra bien faire le deuil…

 

 

De la société de l’argent à la société des talents

 

Le promoteur de la « révolution noétique » rappelle à certaines évidences dont celle de renouer avec le réel en cessant de « se laisser méduser par des pseudo-savoirs » et de se résigner à la « confiscation des autonomies personnelles ».

Car enfin, « au service de quoi l’économie doit-elle être ? ». D’elle-même, en se prétendant « autonome et autoréférentielle » ?

 Voilà lancée la « machine infernale de la croissance pour la croissance et, donc, de l’économie pour l’économie » dévoreuse de ressources : « L’argent est le nerf de la guerre militaire, mais ce sont les ressources naturelles qui sont le nerf de la croissance économique. Nous commençons, de nos jours, à la vivre douloureusement. Moins il y a de ressources disponibles par être humain vivant, plus l’appauvrissement individuel et global est assuré. »

Inutile d’attendre un chimérique « miracle technologique » d’une machinerie devenue monstrueuse jusqu’à l’absurde pour stopper l’inéluctable raréfaction des ressources : « pour produire, il faut détruire beaucoup plus que l’on ne produit et, pour produire énormément, il faut tout détruire et finir par crever »…

L’on en déduira sans peine que l’économie doit être considérée comme un moyen et non plus comme une fin en soi, et donc « cesser de n’être qu’au service d’elle-même » - n’en déplaise aux « marchands d’endettement » et autres pourvoyeurs de « grands projets » aussi ruineux qu’inutiles voire nuisibles et écocidaires... D’autant plus que la « contradiction fondamentale entre croissance du PIB et survie de l’humanité » est insoluble : l’humanité n’a d’avenir sur Terre qu’en négociant le virage d’une frugalité sereine et d’une respiritualisation de ses relations avec la nature – hors de toute marchandisation, de tout mercantilisme et de tout réductionnisme mécaniciste d’une prétendue « science économique » réduisant la réalité à de chimériques « indicateurs quantitatifs macro-économiques »…

Alors que « nous quittons à toute vitesse les sociétés de l’argent pour entrer dans les sociétés du talent », il s’agit de se consacrer exclusivement à l’essentiel dans un monde en création perpétuelle : où l’homme trouverait-il de sens à son existence qu’au service de ce qui le dépasse ?

 

Le Réel et l’Idéal

 

Les « Lumières » ont éradiqué la Tradition, qui est une « inscription dans la durée », au nom du Progrès, tuant ainsi « l’âme des peuples au nom de l’universalisme, de l’égalitarisme et de l’humanisme ». Elles ont appelé « justice » ce qui était « l’ordre sociétal organisé selon leurs vues et leurs vœux ». Elles ont remplacé la Loi (« le paradigme réel, la culture mémorielle, la tradition profonde et le savoir-vivre coutumier ») par les lois « au nom de la raison et de l’égalité, d’un humanisme et d’un universalisme artificiels et irréalistes ». La faute au juridisme de Montesquieu ? Au mathématisme jusqu’au suicide de Condorcet ? La faute à Voltaire ou à Rousseau ?

Prétendre fonder « l’homme idéal » formaté pour une « société idéale » n’est-ce pas faire le lit de tous les totalitarismes ? La « religion républicaine » est devenue un « dogme inexorable et incontestable, soutenu, envers et contre tout, avec un absolu déni de réalité, malgré les incontestables échecs de toutes les démagogies et les inéluctables incuries de toutes les bureaucraties, par une bien-pensance stupide et haineuse, aujourd’hui incarnée par les partis politiques, la presse et les médias »…

Le réel, aussi désenchanté et dévitalisé fût-il, ne peut entrer dans le moule étriqué d’un idéal – surtout pas de mathématicité, pas plus qu’on ne saurait décréter une analogie arbitraire entre le fonctionnement mécanique d’un ordinateur et le travail organique du cerveau... Alors, à quoi bon créer un moule parfait alors que la pâte humaine ne l’est pas ? Pourquoi prétendre faire rentrer de force cette pâte tout juste perfectible dans le moule d’une idéologie voire d’une idolâtrie au final mortifères ?

Les penseurs des Lumières ont généré toute une « filiation intellectuelle » qui a choisi la « mathématisation du Réel » mais en omettant « les simplifications, approximations, uniformisations et idéalisations que cette mathématisation suppose et impose »…

Car enfin « réduire la complexité d’un monde à la simplicité d’une équation est un acte esthétique, mais non un acte scientifique ».

Pour réduire voire abolir la distance qui nous sépare de la réalité, Marc Halévy propose de passer d’une économie des prix (celle des comptabilités artificielles) à une économie de la valeur – celle des « utilités réelles » - et de « sortir du monde sociétal et citoyen pour entrer dans le monde communautaire et commensal ». L’homo detritus imbu de sa dispendieuse humanitude peut-il envisager de sortir de sa « prison de verre, de béton et d’acier », de s’arracher à sa « vie artificielle et déconnectée du Grand Tout » pour vivre enfin des vérités essentielles ? Peut-il s’affranchir de son existence factice pour renouer avec sa réalité intérieure ?

Le processus semble enclenché vers une conscience collective – ou du moins vers la transformation des « collectivités mécaniques et sociétaires en collectivités organiques et communautaires ». 

Cette évolution sociétale passe par le dépérissement puis la disparition de l’Etat-Loi : « La société civile n’est plus que le sujet de l’Etat qui l’assujettit. L’homme n’existe plus ; il ne reste que le citoyen, qui est censé ne pas ignorer les lois et qui obligé de leur obéir. Et qui est l’Etat ? Outre les politiciens professionnels qui y brillent, il est les fonctionnaires qui y fonctionnent – et qui y fonctionnent pour y pérenniser leur fonctionnement, pour s’auto-reproduire et s’auto-proliférer »…

 

 

« Reprendre sa vie en main » ?

 

 

Pour Marc Halévy, le monde qui vient est « celui de toutes les intelligences » alors que se précise la guerre entre « société » et « communautés ». Ces intelligences-là se mettront en reliance et au service du devenir du monde sur le mode d’une bienveillante vigilance : « L’homme n’a de valeur et de sens qu’en acceptant et en assumant son destin : faire émerger l’Esprit de la Vie, comme l’algue bleue fit émerger la Vie de la Matière (…) L’homme doit devenir le servant de ce qui le dépasse comme l’abeille, l’iris, la mésange ou le frêne servent l’élan vital qui les habite »…

Marc Halévy voit s’ouvrir une « ère noétique » dont participent, en pionniers, « les Créatifs culturels » éveillés à cet univers de possibilités qui s’écrit à travers eux : « Il n’y a pas d’objectifs futurs à atteindre ; le chemin de la vie n’a aucune destination ; il n’y a rien à « réussir ». Juste viser l’harmonie permanente, source unique de la joie de vivre. »

Pour accéder à une sagesse collective, il faut au préalable se désintoxiquer d’un état de bêtise collective et d’une « zombification normalisée » en réconciliant l’être et le faire, en dépassant l’antagonisme jusqu’alors envisagé comme seule dynamique sociale – lorsque « l’intériorité de chacun » aura repris le pas sur « l’extériorité de tous qui est, en fait, le monde de personne ».

« Reprendre sa propre vie en main » suppose de « ne plus laisser l’artificialité et la facticité extérieures polluer la vie intérieure », d’en finir avec des « mythes vides », des « idéaux puérils » ou des « mensonges manipulatoires qui n’ont pour but que d’amener le troupeau au sacrifice de lui-même » pour adhérer à un véritable projet commun susceptible de fonder une « communauté de vie » sur un territoire de vie habitable. C’est « renoncer au désir de pouvoir et de domination pour que jaillisse la volonté de puissance et d’accomplissement »...

Alors que s’éteint le soleil agonisant des « Lumières » et d’une « Modernité » qui n’avait de projet qu’elle-même avec sa prétention à s’instituer comme commencement absolu, sa combustion crache encore des nuées ardentes d’illusions, de mirages et de fantômes qui n’en finissent pas de nous aveugler, de nous hanter et de nous diviser entre gens de biens et gens de rien comme en une descente sans fond emportant l’urbanité des villes comme la paix des campagnes.

 Comme l’écrit Bernard Vergely dans sa préface, « nous avons un congé à donner à l’homme de pouvoir afin d’aller vers l’homme de lumière ». En renouant les fils de savoirs forcément incertains, le livre de Marc Halévy fait aller vers plus de jour, dissipant les ombres et les mystifications d’un monde organisée sur une fraude généralisée et l’inversion de tout ce qui était communément admis. Il donne assez de lumière pour éclairer le cheminement d’une conscience habitée par le désir de savoir, envers et contre tout – et, peut-être, de faire sa part d’éclaireur en se mettant au service de l’œuvre susceptible de s’accomplir à travers lui. Porter sa lumière vacillante en ces temps de floutage des responsabilités par le nihilisme globalisé et la phynaciarisation à tombeau ouvert, ne pas se la faire souffler par leurs vents mauvais, ne serait-ce pas déjà la plus réaliste des utopies à mettre à l'oeuvre ?

 

 

Marc Halévy, Les mensonges des Lumières, éditions du Cerf, 368 p., 18 €

 


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28 réactions à cet article    


  • Eponge, Francis PONGE, spongiforme. Belle synchro sur AGORA (ou personne ne risque l’ANGOR, le lleu étant peu fréquenté. Jour de l’abricot, considéré comme l’oeuf du soleil. L’éponge serait-elle : l’oeuf de la mer ? L’un comme l’autre se gorge de ce qui les nourrit. On dit de certaines personnes très émotives, qu’elles sont des éponges et prennent sur elles tous les coups : les bons et hélas, c’est leur problème : également les ondes toxiques. Il s’agirait d’inverser le processus en bloquant (pare excitation) : le toxique (la mort du vivant propre à la pensée rationnelle et opératoire pour garder le meilleur : le miel. HABITER SON PROPRE PAYS EN CONSTRUIRE DE SOLIDES FRONTIERES. SE FERMER POUR DIFFUSER. En parfumerie, cela s’appelle la distillation ou concentration. PLus concentrée sera celle-ci, plus elle a des chance de vaincre ce qui est toxique ;


    • C’est le principe même de l’ILLIASTER. Purger l’intérieur pour illuminer l’exté « rieur ». BLANC SEING : Imprégner l’éponge des impressions présentes et en presser le surplus d’émotions innovantes. Recueillir délicatement les larmes du tigres de papier au format A, il s’est trop frotté à l’Oeuf FRAT.. Laisser le liquide s’écouler dans les méandres du passé recomposé, au creux des filigranes de la transparence retrouvée. Sortir de sa voiture et observer l’effet obtenu à travers l’éclairage des pPHARES avants dans l’aurore de la brume matinale. La quadrature du parchemin épousant parfaitement le cercle de feu boréal, révèle en son CENTRE un petit cochon rose souriant au soleil levant sa crinière aux reflets arc-en ciel, nimbés d’or et d’argent.


      • Macondo Macondo 31 juillet 18:52

        Bonjour. C’est très brillant, bourré de détails qu’on rêvent de voir élevés en poncifs, ça n’a donc aucune chance de finir en rapport présenté sur le perron du château devant les médias, bref, ça encourage vraiment à continuer à déféquer sphincter grand ouvert dans les urnes. Merci pour cet encouragement réitéré. C’est aussi, une énième Etude aussi brillante fusse-telle, il faudrait enfin filer ce p. de dossier au Service Méthodes ...


        •  C BARRATIER C BARRATIER 31 juillet 21:41

          Une belle dissertation ...une fois de plus centrée sur l’homme pourtant si peu de chose dans l’univers

          Sens de l’univers : L’homme n’en est pas le centre http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=291

          • lephénix lephénix 31 juillet 22:24

            @macondo

            ce n’est jamais qu’une piqure de rappel de plus sur du cuir épaissi dont on fait les démissions - de celles qui font tenir le monde tout entier dans un ballon rond qu’on ne peut toucher que du pied, comme s’il brûlait, comme disait qqn...


            • Macondo Macondo 1er août 09:04
              @lephénix
              Certains cuirs, passablement tannés d’être si dramatiquement représentés, pourraient mener l’ensemble des produits métalliques à leur Limite de Résistance Elastique. Hors constitution, agissant sournoisement à l’échelle moléculaire, c’est la striction, s’en suit une rupture inéluctable. Mais la RdM a pas mal d’avance sur le contrat social ...

            • lephénix lephénix 31 juillet 22:31

              @Melusine ou La Robe de Saphir

              belle metaphore que celle de la parfumerie.. pourquoi cette haine des frontières ? elles partagent, comme la porte le seuil elles sont ce que deux entités ont en partage, elles entrelacent les espaces... ah mais elles seraient aussi des freins au dieu Marché ? la purge des marchés gavés de nos liquidités et de notre sueur est imminente....


              • @lephénix

                Le PHENIX, comme le parfum ou l’essence d’un arbre, nous avons le pouvoir transgressif qui franchit les frontières. Mais les bornes (ou bornés), ceux qui nous « interdisent », sont nos meilleurs alliés,....PARADOXALEMENT. Pour se contenir, un parfum nécessite un flacon. A nos ennemis. Nous le méritons bien,.....

              • @Mélusine ou la Robe de Saphir.

                Saturne, Chronos celui qui borne, limite est le véritable allié de Mélusine. 

              • lephénix lephénix 31 juillet 22:39

                @c.baratier

                le livre recensé dit précisément que l’homme ne saurait être tenu pour la mesure de toute chose ni ni le centre d’un monde-machine fantasmé relevant d’un idéal de mécanicité dont il faudra bien faire le deuil, compte tenu de son effondrement en cours...


                • bob14 1er août 07:03
                  L’humanité vit dans un système inventé par des banquiers..Le seul mot d’ordre...L’ARGENT...
                  Tous les coups sont permis pour remplir les coffres... ! smiley

                  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 1er août 10:10
                    Bonjour et merci pour ce très intéressant billet qui a manifestement touché son public.

                    Votre recension de l’ouvrage de Mac Halévy est parfaitement menée.

                    "Alors que s’éteint le soleil agonisant des « Lumières » et d’une « Modernité » qui n’avait de projet qu’elle-même avec sa prétention à s’instituer comme commencement absolu, sa combustion crache encore des nuées ardentes d’illusions, de mirages et de fantômes qui n’en finissent pas de nous aveugler, de nous hanter et de nous diviser entre gens de biens et gens de rien comme en une descente sans fond emportant l’urbanité des villes comme la paix des campagnes."

                    Cordialement,

                    Renaud Bouchard

                    Marc Halévy, Les mensonges des Lumières, éditions du Cerf, 368 p., 18 €

                    • ET SATURNE EST LE SOLEIL NOIR, le meilleur allié de VENUS. 


                      • lephénix lephénix 1er août 11:55

                        @ Renaud Bouchard

                        merci pour votre retour et pour votre contribution au débat sur agv - idéalement, il faudrait pouvoir penser aussi en ayant « à l’oreille les détonations de notre temps » (sloterdijk)

                        cordialement


                        • lephénix lephénix 1er août 11:59

                          @ Melusine ou La Robe de Saphir

                          alors regagnerons nous notre flacon d’absolu pour renouer avec notre essence et précipiter un temps de suaves fragrances ?


                          • @lephénix


                            Uranus comme la planète le sous-entend (signe du VERSEAU) est représenté par une URNE et se trouve depuis quelques semaines dans le signe divin des parfum : le TAUreau (lune-vénus-le PARFUM DE Süskind). Il s’y trouve en exil, dans sa version paranoïaque et technologique, mais parfaitement à son aise comme POTIER divin (AMPHORE). Cela me semble un très beau CYGNE. 

                          • @Mélusine ou la Robe de Saphir.


                            Suite, en trigone avec de nombreuses planètes en capricorne : l’austère, le nettoyeur (sans glyphosate étant SACRE). GRAND RETOUR AUX TRADITIONS. Au sens noble du terme. PAS PSYCHO-RIGIDE. L’esprit (le taureau, proche de la nature est du côté de la vie et non de la lettre ou la mort du symbole).

                          • lephénix lephénix 1er août 12:01

                            @ Macondo

                             se tanner voire de se cuirasser, oui, mais ne pas perdre de vue « l’accroissement de la mobilité latérale » histoire de ne pas finir en « dommage collatéral »...


                            • lephénix lephénix 1er août 12:05

                              @bob14

                              le « gros coup » est réussi : changer « l’être » de chaque vivant en « être à disposition » au nom de l’universelle ustensilité et de la Dette perpétuelle alimentée par une inépuisable créance sans débiteurs


                              • Hecetuye howahkan 1er août 12:43
                                Salut, merci d’abord.....

                                il y aurait tant à dire

                                je retiens ceci, entre autre :

                                Marc Halévy voit s’ouvrir une « ère noétique » dont participent, en pionniers, « les Créatifs culturels » éveillés à cet univers de possibilités qui s’écrit à travers eux : « Il n’y a pas d’objectifs futurs à atteindre ; le chemin de la vie n’a aucune destination ; il n’y a rien à « réussir ». Juste viser l’harmonie permanente, source unique de la joie de vivre. »

                                Pour accéder à une sagesse collective, il faut au préalable se désintoxiquer d’un état de bêtise collective et d’une « zombification normalisée » en réconciliant l’être et le faire, en dépassant l’antagonisme jusqu’alors envisagé comme seule dynamique sociale – lorsque « l’intériorité de chacun » aura repris le pas sur « l’extériorité de tous qui est, en fait, le monde de personne ».

                                Pas d’objectif à atteindre, pas de destination....krishnamurti disait : vivre est le miracle, bien sur cette phrase ne se suffit pas à elle même mais elle montre une direction, qui n’est pas la notre.......nous en avons fait un cauchemar...que le siecle dit des lumieres a amplifié...il fallait comprendre le siecle des lumieres éteintes, donc siecle de la noirceur qui allait s’ abattre sur la planète est ma vision de la chose..la crétinerie collective oui est à l’œuvre....beaucoup plus dans les médias de masse que dans le réel...

                                les crétins hystériques de la télé ne font pas long feu dans le réel ,sauf dans les grandes villes...ou la démence y est plus concentré..

                                mais ils mènent le bal pour le moment encore, merci l’argent...qui achète tout, même la mort de milliers d’autres , sauf la vie, sauf le contenu donc le sens...donc sauf ce qui fait que nous « soyons »...

                                l’antagonisme dont il est question prends sa source dans la seule capacité encore en marche dans nos cerveaux, sauf exceptions, la pensée analytique que j’appelle processus analytique à conclusion binaire oui/non, je l’appelle ainsi quand j’ai le temps....elle est binaire oui/non par nature car elle doit prendre des décisions pour la survie au niveau pratique...la maison avec un toit ? oui..le toit solide ? oui...des ouvertures ? oui....la charpente comme ceci ? non..comme cela ? oui...etc

                                idem pour la nourriture, les vêtements, et les autres nécessités pratiques...

                                jusqu’à là çà va encore non ?...oui...

                                Mais pour fonctionner la pensée en tant que programme doit avoir des raisons de le faire...ah ??

                                Voila le pourquoi du désir....il fait partie de notre programme de base à la naissance....je veux...ceci, cela ..bon etc..

                                80 ans plus tard rien n’a bougé, « je » est resté un enfant....comme si la chenille ne voulait pas devenir papillon.......

                                le désirs est programmé , il a des tenants et des aboutissants...ne pas oublier que c’est un programme défini et mécanique ...

                                une fois un « je veux » définit..le programme met en route d’autres éléments pour atteindre ce « je veux » , le « je veux » doit alors absolument être réalisé , cette fonction est mécanique...et semble un peu être une roue qui tourne sans fin ...

                                tout procédé mécanique crée de la résistance, de la chauffe, des contraintes etc au niveau mental cela se traduit par ce qui est perçu en général mais éventuellement car on a perdu ce genre de savoir induit, perçu comme un mal être et qui va devenir une souffrance puis des souffrances....

                                ...que l’objectif soit réalisé ou pas..s’il est atteint de suite se produit la peur de le perdre et aussi un anti climax car le désir était chargé d’une attente absolue, genre bonheur parfait, qui n’est pas là, il ne sera jamais là...

                                si il n’est pas réalisé alors cela produit une autre forme de souffrance....et tout ceci au fil des jours va laisser des milliers voir millions voir plus, de désirs qui vont passer sous le champs de notre radar de la pensée , qui vont être stockés et hélas toujours être actif, car ils ont créé des problèmes, or tout problème doit être résolu..et si solution il n’y a pas cela aussi doit être perçu..etc sujet d’une vie entière...entre autre sujet

                                on est perdu là dedans....ayant perdu nos autres capacités dont comme certains j’en connais l’existence par expériences bien sur totalement involontaire, non recherchées donc , donc en dehors de la sphère de la pensée , ayant perdu nos autres capacités que nous reste t’il comme possibilité ?

                                fonctionner avec le seul programme qui nous reste et qui est ce processus d’analyse binaire...oui/non..avec comme base ce que je veux, issu lui même de la mémoire de chacun , elle même teinté par nos « je veux » et le tout a comme référent , lui même...je est à la fois juge et partie...quand je pense donc analyse, ma référence est....moi même....

                                son contenu est son contenant et réciproquement..bon cette phrase est un peu gag..mais peut être moins qu’il n’y parait..

                                là naît tout conflit, en soi et avec le monde entier et delà naît ce que nous croyons être la compétition qui n’est rien d’autre que l’application et l’usage de la pensée là où elle ne pas pas exercer ses capacités et qui est donc un processus de choix donc d’élimination = massacres de masse,vol, destruction etc .....la pensée est conflictuelle, par nature et c’est vital qu’elle le soit et cela ne pose pas de problèmes graves majeurs ( et est même nécessaire et vital en fait ) uniquement quand c’est utilisé dans des domaines pratiques, car son rôle est là et nulle part ailleurs ..

                                étendu à tout le champ de la vie, nous percevons alors nos pseudo vies donc les autres humains, les animaux etc sous l’angle de l’analyse, donc du choix donc du désir donc de la peur, de la violence, de la souffrance, de la quête de sécurité par moi même qui va donc se faire au détriment des autres, donc produit ce monde criminel etc

                                bon etc..tout ceci pour aborder le propos de l’auteur qui était je le rappelle..

                                l’antagonisme jusqu’alors envisagé comme seule dynamique sociale – lorsque « l’intériorité de chacun » aura repris le pas sur « l’extériorité de tous qui est, en fait, le monde de personne ».

                                cela dit l’intériorité de chacun ne pourra pas être un autre et énième désir donc issu de la pensée analytique , car ce ne serait que un autre truc de la pensée pour atteindre un autre imaginaire de bonheur absolu x..

                                pensée qui ne voit pas que sa quête de bonheur est en fait la fuite impossible de son malheur ..la malheur est le fait..la quête du bonheur est le rêve..c’est un piège absolu...

                                vivre comme il le faut la souffrance, le malheur etc est le seul chemin....personne ne peut aider sauf de montrer des portes si on y est passé avant...mais ouvrir la porte et marcher la vie est personnel et curieusement ce genre de porte amène la notion du collectif , de l’unité...etc 

                                bon merci pour cet article....

                                salutations........


                                • zygzornifle zygzornifle 1er août 13:53

                                  Le tout raccordé sur un compteur Linky ....


                                  • lephénix lephénix 1er août 14:13

                                    @ Hecetuye howakhan

                                    merci d’avoir pris le temps d’une contribution si nourricière - et pour cause....

                                    oui, montrer des portes, c’est encore ce qui reste praticable... nous ne faisons que pousser des portes grandes ouvertes - dont celles « de corne et d’ivoire »... le tsunami emporte tous les repères, dont ceux de « l’avoir » comme cela se confirmera sous peu : qui pourrait se prétendre « propriétaire » encore de parois d’une écume déferlante qui emporte tant de vies « inutiles », superflues, surnuméraires, surexploitées ou inexploitables, exclues, rejetées dans les trappes de pauvreté et d’inutilité mais toujours mises en concurrence ? la vaguelette tient son existence de l’immensité océanique...


                                    • Hecetuye howahkan 1er août 14:49

                                      @lephénix


                                      Salut et merci de cette « réponse » bien sur...et de montrer du doigt la mis en concurrence...une de nos fautes majeures qui elle aussi a une origine tout à fait précise et qui si appliquée ailleurs que dans des domaines purement pratique et matériels ..or nous appliquons cela partout..devient alors une erreur monumentale qui peut être bien sur fatale..

                                      je te salue smiley


                                    • lephénix lephénix 1er août 14:16

                                      @zygzornifle

                                      linky ça dit clairement que l’homme n’est plus welcome/wilkommen entre ses parois d’écume, on le fait griller avant que les grenouilles ne s’inquiètent de la température de l’eau et que le tsunami n’emporte ses illusions d’exister, autant voir grand, au-delà de son nombril et de son compteur...


                                      • lephénix lephénix 1er août 22:07

                                        @Hecetuye howakhan

                                        le propre du vivant est de coopérer pour accomplir l’élan vital - seul ’l’humain« se laisse formater en machine à »réussir" c’est-à-dire à exclure et à éliminer ses semblables avec la fiction du marché pour phagocyter ce qui relève de la gratuité et la solidarité....c’est une économie de guerre contre le vivant....

                                        je te salue


                                        • Raymond75 2 août 10:23
                                          "Pour accéder à une sagesse collective, il faut au préalable se désintoxiquer d’un état de bêtise collective et d’une « zombification normalisée » en réconciliant l’être et le faire, en dépassant l’antagonisme jusqu’alors envisagé comme seule dynamique sociale – lorsque « l’intériorité de chacun » aura repris le pas sur « l’extériorité de tous qui est, en fait, le monde de personne ».« ...

                                          Vous pouvez proposer une démarche pratique pour atteindre ce noble idéal ? Une démarche qui puisse être appliquée en douceur par 7 000 000 000 d’êtres humains ?

                                          Dire »il faut tout changer" est la meilleure façon de ne rien changer ... ou alors on fait comme Staline, Hitler ou les Khmers rouges : créer l’homme nouveau !!!

                                          • alinea alinea 2 août 13:05
                                            C’est bon, à lire, un obscurantiste ! qui a fait un pas vers l’est et son passé lumineux ! le Bouddha mais on peut aussi tourner autour de toutes les sagesses ancestrales et orientales !
                                            Oui, effectivement, nos lumières qui pourtant elles aussi venaient de l’orient, rapportés par la Renaissance, ont fait le lit, « au carré » comme disent les bidasses, du capitalisme.
                                            Aujourd’hui ne nous reste plus que l’Orient classique pour nous orienter !

                                            • lephénix lephénix 2 août 23:25

                                              @Melusine ou La Robe de Saphir

                                              qu’Est-ce qui monte de l’urne funéraire quand passe un vol de cygnes noirs à travers les bulles ?

                                              de la misère sur Terre

                                              à ne savoir qu’en faire

                                              à en éteindre les soleils

                                              et décimer les étoiles..

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