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Accueil du site > Tribune Libre > L’autonomie stratégique européenne sous les eaux

L’autonomie stratégique européenne sous les eaux

 


Les fondateurs déterminent les moments, presque insaisissables, où commencent, puis déclinent, les époques essentielles.
Martin Heidegger.
Méditation. Ed.Gallimard, 2019.
En termes de rivalités, la concurrence technologique pour la domination des espaces stratégiques entre européens et USA vient de connaître une nouvelle défaite des premiers à l’occasion de la rupture de contrat australienne.

 

Ce n'est pas la première fois que les USA font pression pour parasiter l'avancée industrielle française, se reporter à l'appel d'offre canadien avorté.

https://www.lefigaro.fr/societes/2009/10/07/04015-20091007ARTFIG00571-nexter-en-lice-pour-equiper-l-armee-canadienne-.php

Ainsi qu'à la vente de Mistral aux Russes.

https://www.google.com/amp/s/www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/la-vente-de-mistral_1572702.amp.html

Le volet Défense assure la clef de voûte de toute souveraineté politique.
Chaque pilier européen devrait contribuer à l’édifice commun, mais force est de constater qu’en ce domaine comme en beaucoup d’autres, le chacun pour soi prédomine au détriment d’un sens du collectif. Et pour cause, le principal ciment culturel qui détermine la conduite des membres est le marché libéral et sa disruption d’intérêts pragmatiques égoïstes.

Cet individualisme a entraîné la Suisse, la Belgique et cinq autres pays membres à préférer des matériels américains plutôt qu’Européens pour la domination de l’espace aérien.
L’accord entre australiens et anglais relève d’affinités culturelles ayant devancé le strict intérêt technique même si ce dernier a bien pesé en termes d’autonomie énergétique.

Le scaf, en tant que projet industriel et politique collectif sera décisif pour l’unité européenne. L’octroi des brevets divise les intérêts nationaux craignant pour leur prérogatives nationales quand il s’agit du voisin immédiat, ce qui rend l’idée de souveraineté européenne toujours hypothétique tant la tutelle technologique américaine sur ses programmes est grande.
https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/reglementation-itar-etats-unis-ces-amis-qui-ne-veulent-pas-que-du-bien-a-la-france-776226.html

L’Europe a fourni trois programmes d’avions distincts de combat au cours des années 80, vendus à seulement 1500 exemplaires.
Dans le même temps, le seul F16 américain se diffusait à 4500 exemplaires dont de très nombreux en son sein.

Le F35 américain nouvelle génération (pourtant très critiqué pour ses carences intrinsèques) a été quant a lui vendu à 3000 exemplaires dont beaucoup se sont écoulés en Norvège (40), Royaume-Uni (35), Italie (28), Pays-Bas (34), Belgique (34), Pologne (32), Danemark et récemment Suisse, symbole caricatural de l’absence de conviction politique du vieux Continent qui ne semble plus croire en ses propres forces : http://www.opex360.com/2020/11/03/la-ministre-allemande-de-la-defense-parle-den-finir-avec-lillusion-de-lautonomie-strategique-europeenne).
Cet état d’esprit défaitiste contribue au déclassement stratégique et capacitaire de l’Europe.
Non contents de perdre leur autonomie militaire via la dépendance à des composants et protocoles externalisés, ces États acceptent d’être espionnés par leur « allié » :

https://atlantico.fr/article/decryptage/collaboration-secrete-avec-la-nsa—le-scandale-qui-ebranle-le-danemark-et-devrait-inquieter-l-europe-renseignement-espionnage-etats-unis-franck-decloquement-didier-hardouin

L’Allemagne a acheté le F18, pour sa mission nucléaire, et des patrouilleurs américains, en lieu et place du partenariat prévu avec la France.
La fragmentation plutôt qu’une solution commune, caractérisa l’apparition tryptique de l’Eurofighter, du Grippen et du Rafale, n’empêchant pas quelques victoires en solo.

Pourtant, nonobstant cette incapacité psychologique des européens à s’unir concrètement, il faut constater l’état potentiel de leurs forces militaires et réaliser qu’un réel bloc européen militaire pourrait tout à fait concurrencer aussi bien les USA que la Chine, à la condition évidente que ses entreprises retrouvent une totale souveraineté quant à leurs structures de propriété et de contrôle et que les importations extérieure s au Continent soient plus sérieusement taxées.

En 2018, 27 entreprises basées en Europe figuraient au Top 100, et représentaient ensemble 24 % des ventes totales d’armes du Top 100. Huit d’entre elles étaient basées au Royaume-Uni, six en France, quatre en Allemagne, deux en Italie et une en Pologne, en Espagne, en Suède, en Suisse et en Ukraine. Deux des 27 sociétés – Airbus Group et MBDA – sont classées comme « transeuropéennes » parce que leurs structures de propriété et de contrôle sont situées dans plus d’un pays européen.
Source : Base de données du SIPRI sur l’industrie de l’armement, déc. 2019. 
L’Europe de Monnet et Schuman, baptisée sur les décombres de la seconde guerre mondiale et conditionnée par les frémissements de la guerre froide, s'est soumise aux intérêts américains via l’OTAN, la réduisant à n’être qu'un clone decalé de leur culture chaotique et aveuglément impérialiste.
Cette crise sous-marine doit être l’occasion d’éclaircir voire de découpler les rapports que ses états membres entretiennent par ailleurs avec l’Alliance atlantique pour ne plus accepter d’être le terrain de jeu de cette puissance qui n'a d'alliée que la prétention.


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5 réactions à cet article    


  • Schrek Docteur Faustroll 21 septembre 15:32

    Le Brexit a consisté pour Johnson à échanger la position de membre de l’UE contre la place de second à Rome.DC. La dot était belle : le Commonwealth servi sur un plateau. Ce ce que fait apparaitre cette histoire de sous-marins : l’Australie n’st plus en Europe, mais en Amérique.


    • Jeekes Jeekes 21 septembre 15:36

      ’’L’autonomie stratégique européenne’’

       

      L’auto-quoi ?

      D’où-ça une stratégie européenne ?

      Quand ça une autonomie ?

       

       

      J’me marre en lisant ça :

       

      ’’Le F35 américain a été quant a lui vendu à 3000 exemplaires dont beaucoup se sont écoulés en Norvège (40), Royaume-Uni (35), Italie (28), Pays-Bas (34), Belgique (34), Pologne (32), Danemark et récemment Suisse’’

       

      Vu la qualité du matos amère-loque, ces pays-là, au moins, ils nous feront pas grand mal s’ils nous déclarent la guerre !

      D’ailleurs il en manque, mais quel superbe échantillon de larbins serviles et corrompus, tout juste capables de ramper devant leur bon mait’

       

      Et c’est avec ça que macaron veut faire une armée européenne ?

      Putain, pourvu que le Liechtenstein ne nous attaque pas, c’est la branlée assurée en moins de trois jours... 

       

       

       


      • zygzornifle zygzornifle 21 septembre 15:43

        Ce n’est pas la première fois que les USA font pression pour parasiter l’avancée industrielle française

        Au début du covid ils ont piqués nos masque sur le tarmac d’un aéroport, les Américains se prennent pour les maitres du monde et ils se comportent comme tel.

        De toute façon la France n’est qu’un grabataire mollasson et son président la grenouille qui se veut faire aussi grosse que le bœuf de La Fontaine .... 


        • zygzornifle zygzornifle 21 septembre 15:47

          Peut être devions plutôt nous tourner vers la Russie ou la Chine pour des partenariats, ha mais les teutons risquent de ne pas être d’accord, alors envoyons les bouler  .....


          • Attila Attila 21 septembre 18:11

            Ceci dit, la France ayant rompu unilatéralement le contrat de fourniture des navires Mistral à la Russie est très mal placée pour s’indigner de la rupture de contrat de la part de l’Australie.

            .

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