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Accueil du site > Tribune Libre > « L’Empire contre-attaque » : que fait Poutine en Syrie (...)

« L’Empire contre-attaque » : que fait Poutine en Syrie ?

Une analyse des enjeux de l'intervention russe en Syrie par le blog Demosthene2012. Article disponible sur http://demosthene2012.wordpress.com/2015/10/19/russes-syrie/

Bombardier russe au-dessus de la Syrie (Handout/Reuters)

Vladimir Poutine a joué et il a gagné. Pour l’instant. Lorsque le Président russe avance ses pions, c’est après avoir longuement préparé le terrain, sondé ses amis, jaugé ses ennemis ou ses concurrents. La politique étrangère russe, pour contestable qu’elle soit, paraît finalement aisée à appréhender pour les observateurs. Elle consiste en un mantra, sans cesse répété : remettre la Russie à la place qui lui est due dans le concert des nations, faire entendre sa voix et défendre ses intérêts. Pas plus que pour d’autres, cette politique n’est assurée de réussir. Mais la médiatisation qui l’accompagne, qui fait frétiller les spécialistes de géopolitique, avec force référence à l’ « empire russe », enfin les réactions gênées aux entournures des pays les plus à même de freiner l’ambition russe témoignent au moins d’une première réussite.

Mais Vladimir Poutine ne « joue » pas davantage que Barack Obama ou François Hollande. Lorsqu’il le fait, on lit souvent ça et là qu’il s’agit de « poker menteur » ou de « provocation ». En matière de diplomatie et d’intervention militaire, la politique extérieure russe reste d’une assez remarquable constance depuis le début de l’ère Poutine. On peut à loisir la comparer à celle de l’époque soviétique, mais ce serait aller vite en besogne : si quelques réactions ont des relents de guerre froide, c’est surtout une affaire de propagande intérieure.

Premier élément : la Russie n’intervient que lorsqu’elle pense être capable d’influer sur le jeu local et, bien entendu, lorsque cette intervention va dans le sens de la défense de ses intérêts. Dans le cas russe, il s’agit de soutenir un pays allié de longue date (la Syrie, donc) et de se venger de l’épisode Khadafi. Par ricochet, cette intervention resserre les liens établis avec l’Iran, qui sont également économiques, et entraîne la Russie dans l’ « axe chiite » dont on ne cesse d’entendre parler et qui fait frissonner les grandes puissances sunnites, Arabie Saoudite en tête, mais qui reste pour l’heure un axe de papier. La Russie et l’Iran sont des nations alliées, elles mènent donc une politique extérieure coordonnée.

Des miliciens chiites en Irak, en lutte contre l’EI (Reuters)

Second élément du « dossier Poutine » en Syrie : le choix de la date de l’intervention russe ne doit rien au hasard. Les Russes ne seraient jamais intervenus en 2013, par exemple : ils ont laissé la coalition occidentale le faire, après avoir pris soin d’empêcher que le régime d’Assad soit la cible de bombardements (on se souvient de l’accord sur les armes chimiques obtenu par les Russes en septembre 2013, de l’hésitation d’Obama sur ce point, qui a laissé F. Hollande en rase campagne). Les Russes n’ont pu que constater que le régime syrien était terriblement fragilisé sur le terrain, que l’Iran était la seule nation envoyant des commandants hauts placés ainsi que des miliciens pour combattre les adversaires d’Assad- qu’il s’agisse de Daech ou d’autres groupes, comme l’ « Armée de la conquête » qui a pris Idlib en mars 2015, dominée par des forces islamistes comme al-Nosra ou Ahrar al-Sham. A l’image des Occidentaux qui aident des groupes dits « modérés » en Syrie, malgré des revers parfois tragi-comiques, d’innombrables contradictions et une politique de plus en plus difficile à défendre (qui aider ? dans quel but ? quel rôle pour le régime syrien ?), les Russes soutiennent Assad, ses alliés sur le terrain (Iraniens, volontaires du Hezbollah en particulier) contre les Saoudiens ou les Qataris, alliés des Américains malgré d’évidentes divergences de vue.

Les Russes, donc, s’opposent aux intérêts sunnites dans la région et s’allient aux forces chiites dans une pure logique géostratégique, qui n’a rien à voir avec des affinités politico-religieuses : si l’on peut défendre ses amis, ses bases militaires en Méditerranée (Tartous) et mettre dans le même temps dans un terrible embarras Américains et Européens, alors on a gagné sur tous les tableaux.

Un selfie de soldat russe en Syrie, publié sur VKontakte

Dernier point du jeu russe : ne pas rééditer le précédent afghan, qui a durablement affaibli l’URSS. Le tristement célèbre bourbier afghan pour les Soviétiques est resté ancré dans les souvenirs russes, endeuillant de nombreuses familles, précipitant sans doute la chute de l’URSS, démythifiant la puissance de son armée. Vladimir Poutine se souvient fort bien de l’Afghanistan et avance donc à pas comptés en Syrie. Certes, on peut se gausser de nombreux selfies de soldats russes présents en Syrie (les joies de la géolocalisation, comme auparavant en Ukraine), moquer une durée prévue de deux ou trois mois, ou encore la volonté russe de combattre l’EI. Au final, la tactique russe en Syrie consiste à ne surtout pas mettre un pied au sol, où l’on envoie des soldats pour la logistique, bien au chaud dans les bases de Tartous et Lattaquié, ainsi que quelques stratèges et éléments des services de renseignement, à l’image de ce que fait la coalition internationale. Pour le reste, pas l’ombre d’un soldat russe sur le front, et cela n’est pas près de changer. Il faut que l’appui stratégique russe profite à Assad et à ses alliés sur le terrain, que l’opération de propagande réussisse et que les Russes se mettent en scène jusqu’en Irak, en Turquie (où un drone russe a été abattu), négociant avec les Occidentaux ou Barack Obama lui-même, traitant d’égal à égal. Mais il n’est pas question de passer la vitesse supérieure, d’envoyer de jeunes Russes se faire massacrer par des camions bourrés de TNT, conduits par les kamikazes de l’EI, par exemple. Mauvais pour l’image. A chacun son rôle : aux pilotes russes le guidage, la reconnaissance et l’affaiblissement des ennemis d’Assad, aux chiites le martyre (après tout, ils aiment cela, paraît-il).

Au final, l’intervention russe en Syrie a quelque chose de rafraîchissant. Certes, Sergueï Lavrov, l’éternel ministre russe des Affaires étrangères, n’est pas un sémillant jeunot qui bouleverserait le jeu international. Mais la rhétorique russe apporte une bouffée de sincérité : depuis plusieurs années, de l’Irak en 2003 en passant par la Libye en 2012 et jusqu’en Syrie aujourd’hui, la rhétorique occidentale tourne sans cesse autour de la défense de la « démocratie », des « droits de l’Homme » ou, pire, de la « liberté ». Des mots toujours répétés au point qu’ils se vident de leur sens, et qui bien entendu ne reflètent que très imparfaitement les motivations réelles, toujours complexes et parfois moins avouables, des interventions extérieures. Car qui pourrait prétendre que l’Arabie Saoudite défend la démocratie ou, encore mieux, les « droits de l’Homme » en Syrie ? Les Russes, au moins, ne font pas semblant. Ils défendent leur allié contre des groupes majoritairement islamistes, craignant que la Syrie ne disparaisse tout simplement en tant qu’Etat, considérant ouvertement que Bachar al-Assad vaut mieux que le chaos. Et même lorsqu’ils donnent dans la propagande, cela fait sourire. Les opposants russes s’amusent sur twitter des nouveaux projets de Poutine, qui passe de la « Novorossia » (la « Nouvelle Russie » incluant l’Ukraine) à la « Novosyria », concept pour l’heure un peu hasardeux.

Mais il n’est pas certain que, l’effet de surprise passé, le retour de la Russie au Moyen-Orient puisse aboutir sur un renforcement de l’influence russe dans la région. Si le régime d’Assad reste en place et regagne du terrain, peut-être les Russes en sortiront-ils gagnants. Mais si, par exemple, des jihadistes sunnites originaires de Russie, Tchétchènes ou autres, se mettaient en tête de commettre des attentats sur le sol russe (après tout, l’EI a déclaré le jihad contre les Russes), il n’est pas certain que l’opinion publique russe suive longtemps la propagande officielle. Poutine prend donc des risques en intervenant en Syrie, sans doute pas plus que les Occidentaux mais, au moins ne fait-il pas semblant de le faire pour établir un régime démocratique dans le pays. Une caricature de « realpolitik », qui ferait soupirer d’aise Henry Kissinger : c’est la Russie 2.0, certes, avec drones et médias quasi « embedded », mais aussi la Russie telle qu’on l’a toujours connue. C’en serait presque rassurant. Pour les Syriens, bien entendu, il en va autrement.

 


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46 réactions à cet article    


  • leypanou 20 octobre 2015 13:11

    Article pseudo-neutre mais où on sent tout de même la ligne directrice générale avec ceci : " Mais il n’est pas certain que, l’effet de surprise passé, le retour de la Russie au Moyen-Orient puisse aboutir sur un renforcement de l’influence russe dans la région. ".

    Mais qu’est ce qu’on en a à faire du renforcement de l’influence russe dans la région ? Que quelque pays puissent décider qui peut diriger ou non un pays ne vous scandalise pas ? Que des pays se prétendant Amis de la Syrie pour une transition démocratique en Syrie comprennent entre autres la France, le Royaume Uni, l’Arabie Saoudite et le Qatar ainsi que beaucoup d’autres n’est déjà pas ridicule en soi ?

    Mettez à jour vos références car elles sont datées ou pire biaisées -Le Monde ?- quand vous affirmez par exemple : l’Iran était la seule nation en voyant des commandants haut gradés. Déjà, cela dépend pour faire quoi -l’Iran défend un gouvernement légal et légitime alors qu’avec cet article, vous allez être étonné.

    Beaucoup de militants Daesh - par milliers- fuient maintenant vers la Turquie ou aillerus -il y en a même parmi les réfugiés paraît-il-. Les avions de la Coalition emmenée par les Etats-Unis détruisent des centrales électriques. Mais cela, vous ne risquez pas de l’apprendre par les Médias Main Stream.



    • Le p’tit Charles 20 octobre 2015 13:28

      Russie et ses alliés = Légitimité...

      Coalition = Illégitimité...

      • Cosmogonie Cosmogonie 20 octobre 2015 14:01

        Un gouvernement légal en Syrie, oui, « légitime », là, c’est presque une question philosophique. Légitime n’est pas synonyme de légal. Evidemment, tout dépend de ce que l’on nomme légitimité.

        Par ailleurs, sur le fond : certes ce n’est pas « légitime » que des pays s’occupent de la politique intérieure d’autres pays (quoique, parfois, c’est peut-être justifiable, si un génocide est en cours par exemple). C’est pourtant ce qui se passe depuis la nuit des temps, non ? Et en particulier depuis 1945 ? Côté russe comme côté américain, l’anti-impérialisme soviétique étant un impérialisme à l’envers.


        • leypanou 20 octobre 2015 15:07

          @Cosmogonie
          « quoique, parfois, c’est peut-être justifiable, si un génocide est en cours par exemple  » : comme en ex-Yougoslavie ?

          Savez-vous pourquoi la R2P (Responsability To Protect) a été mise en place à l’ONU, du temps de Koffi Annan et de Bernard Kouchner (il n’y a pas plus atlantiste) entre autres ? C’est pourquoi certains pays, pratiquement toujours les mêmes d’ailleurs, les Etats-Unis et ses laquais, puissent intervenir « légalement » dans les affaires intérieures d’autres pays.


        • Pierre Pierre 20 octobre 2015 16:35

          @Cosmogonie


          « Légal et légitime » ? Pourriez-vous développer notamment en resituant dans le contexte régional ? Est-ce que le président syrien est moins légitime que les autres chefs d’Etats des pays de la région et pourquoi ? 

          « Que des pays s’occupent de la politique intérieure d’autres pays (quoique, parfois, c’est peut-être justifiable, si un génocide est en cours par exemple) ». Est-ce légal si cela se fait en dehors du chapitre VII de la charte de l’ONU ? Connaissez-vous un exemple d’intervention qui a évité un génocide ?

          Attention à vos réponse, les Agoravoxiens vous attendent au tournant.

        • doctorix doctorix 20 octobre 2015 21:27

          @Cosmogonie

          J’ai l’impression que l’auteur a pris ses sources dans le Figaro ? 
          « Vladimir Poutine se souvient fort bien de l’Afghanistan et avance donc à pas comptés en Syrie ». 
          En trois semaines, 700 sorties, 5000 terroristes tués, des milliers d’autres qui fuient dans leurs 4x4 Toyota rutilants (récupérés en Jordanie et redirigés vers le Yemen par la CIA par avion).
          Ce ne sont pas des pas comptés, ça.
          Et pas un mot sur l’armement des terroristes par les USA, l’Arabie, le Qatar et la Turquie.
          Pas un mot des 500 millions de dollars investis par les américains sur des mercenaires qui ont aussitôt rejoint les terroristes une fois passée la frontière, avec armes et bagages.
          Pas un mot des 500 missiles défensifs offerts par l’Arabie aux terroristes..
          Pas un mot sur tous les systèmes de brouillage russes, avec une portée de 300km, dit-on, qui neutralisent les armes américaines et turques, clouant les avions au sol.
          Pas un mot sur les officiers turcs tués en territoire syrien alors qu’ils convoyaient des armes et des terroristes pour Daesh.
          La vérité que vous auriez du dire est que l’OTAN et les USA sont en train de se prendre une volée mémorable, et de constater qu’ils ont pris des années de retard sur les Russes.


        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 21 octobre 2015 09:16

          @doctorix
          L’auteur n’a visiblement pas compris que la Russie avait acquis en quelques années, une suprématie militaire. Et cela dès 2013, « Echec et Obamat en Syrie » L’ Empire est en train de mesurer ce qu’il en coûte de se croire supérieur au reste du monde.


        • doctorix doctorix 21 octobre 2015 09:41

          @Fifi Brind_acier

          On retiendra le silence absolu des media sur tout ce qui se passe en ce moment.
          Je conseille aux lecteurs de s’abonner à des sites comme le saker francophone, wikileaks, réseau Voltaire, Mondialisation.ca, le grand soir et Resistance 71 pour se faire une idée précise des événements.
          Car on pourrait croire qu’il ne se passe rien, alors qu’une révolution dans l’équilibre des forces mondiales est en cours, un véritable coup d’arrêt historique à l’hégémonie américaine sur le monde.
          Le silence des media, tous atlantistes et européistes forcenés, est un aveu d’échec

        • Neo57 Neo57 21 octobre 2015 10:19

          @doctorix
          Vous oubliez Sputnik 


        • Neo57 Neo57 21 octobre 2015 12:53

          Ou encore Réseau International 


        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 21 octobre 2015 19:18

          @doctorix
          En 2013, quand Obama a eu soudain besoin de l’aval du Congrès, et que l’US Navy n’a pas pu tirer un seul missile sur la Syrie, rien n’avait filtré non plus... Silence radio.


        • doctorix doctorix 21 octobre 2015 20:42

          @Neo57

          Sur A2 ce soir, on a vu apparaître Assad en visite chez Poutine.
          Tiens, ils existent ? C’est nouveau.
          Dans le commentaire, on peut entendre : « Poutine a fait ce commentaire sibyllin : la décision doit revenir au peuple syrien. »
          On se demande ce que le commentateur a vu de sibyllin la-dedans.
          Serait-ce étrange que les décisions du peuple syrien prévalent sur celles de Washington ?
          Le fait du jour, c’est que la domination fantastique de la Russie dans la résolution du problème syrien devient tellement évidente qu’on est obligé de nous en parler.
          Le fait est là : la lutte contre Daesh vient de commencer il y a trois semaines, mettant fin à plus d’un an d’aide occidentale à l’action de fanatiques et de mercenaires que nous avons payés et armés, et d’une totale inaction des alliés occidentaux. Il était évidemment improductif de lancer des bombes sur ceux que nous payons pour renverser le régime..

        • Laurent 47 22 octobre 2015 19:41

          @Cosmogonie
          D’accord avec vous ! Exemple : François Hollande, avec 18 % d’opinions favorables, est un président légal, mais sûrement pas légitime !

          Et pourtant, il fait intervenir « légitimement » notre aviation en Syrie, en violation totale de la Charte des Nations Unies, sans que cela choque notre gouvernement, esclave des Etats-Unis !
          Poutine, qui est venu à l’aide de Bachar el Assad ( président élu par la majorité des syriens ), et à sa demande, a au moins respecté les règles de Droit International !
          C’est peut-être ce qui lui est reproché !

        • mario mario 20 octobre 2015 14:01

          article écrit par un journaliste de l’obs ? bref, article de bazar (ou de souk, plus exactement).
          moi je propose un sondage en France pour l’élection présidentielle de 2017 :
          candidats en lice : Sarkosy, Hollande,Jupee, Filon, et Poutine !
          j’imagine sans peine le résultat ......


          • Rensk Rensk 20 octobre 2015 14:06

            Question du drone :

            Désespérée que la Russie enregistre d’importants succès contre l’EI, la Turquie a inventé, la semaine dernière, un scénario dans lequel un drone russe Orlan-10 (rayon d’action 60 km) aurait été abattu par l’aviation turque, en « oubliant » de dire que le drone s’est écrasé à la frontière syrienne, à 80 km de la base russe de Hmeymim à Lattaquié qui se trouve au-delà de son rayon de contrôle, et qu’il provenait d’une région kurde. L’an dernier, avant le début des bombardements de l’aviation turque contre les kurdes, les États-Unis avaient fourni à ces derniers des armes, parmi lesquels il y avait des drones de petite vitesse et volant à basse altitude. Il y a donc de fortes chances que le drone soit l’un de ceux qui ont été livrés par les Etats-Unis aux combattants kurdes.


            • Cosmogonie Cosmogonie 20 octobre 2015 14:27

              Pitié, journaliste à l’Obs ! Non, même pas journaliste en fait. Et pas non plus « pseudo-neutre » : j’essaie de comprendre les enjeux des engagements des puissances au Moyen-Orient. Si vous croyez que Poutine n’a jamais aucune idée derrière la tête, libre à vous ! Mais les Bisounours ne sont ni Américains, ni Russes (ni jihadistes d’ailleurs, on s’en douterait).


              • mario mario 20 octobre 2015 14:40

                @Cosmogonie
                «  »Si vous croyez que Poutine n’a jamais aucune idée«  ».....
                en effet, il a constaté (comme nous d’ailleurs) que la coalition en 3000 sorties des meilleurs avions du monde a fait du desert syrien un gruyère .
                ce qui ne semble pas etre le cas de Poutine, qui on s’en doute n’aime pas les fromages cher madame .


              • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 21 octobre 2015 09:00

                @Cosmogonie
                Vous cherchez surtout à nous persuader que les USA vont pouvoir reprendre la main, et que la Russie a des arrière pensées...Comme si le pillage des ressources pétrolières par l’ OTAN n’était pas une arrière pensée occidentale ?


                Bien sûr que la Russie défend ses intérêts, dont le premier est d’empêcher que cette vermine terrorisme financée par les USA et les Monarchies du Golfe, n’arrive en Russie. Poutine applique tout simplement sa conception du monde exprimé dans son discours légendaire de Munich en 2007. Et le monde entier en est soulagé :

                « Le Nouvel Ordre Mondial conçu par Washington n’a pas d’avenir.
                Ce qui compte c’est le principe consacré de la SOUVERAINETE DES ÉTATS.
                Non alignement (sur les USA), non confrontation, et NON INGÉRENCE dans les affaires des autres Nations ».


                La Russie respecte le Droit International, elle intervient en Syrie à la demande du gouvernement syrien. Ce qui n’est pas le cas de la France, de l’ Angleterre, des USA etc qui interviennent sans mandat de l’ ONU et sans l’accord du gouvernement syrien.

                Les armes russes ont désormais mis dans les choux la suprématie militaire des USA. Mes condoléances ! Nous assistons en direct au passage d’un monde unipolaire à un monde multipolaire, dans le respect de la souveraineté des Etats, mes condoléances.

              • howahkan Hotah 20 octobre 2015 15:41

                rien, il n’y est pas.................................


                • colere48 colere48 20 octobre 2015 15:43

                  Article ambigu, mais que peut on espéré de mieux venant du « nouvel » obs (oupssss !)

                  La Syrie c’est le « jardin » de la Russie, les US ont d’autres priorités , essentiellement le Pacifique,
                  pas difficile de comprendre que l’on assiste à un nouveau « Yalta » .
                  Trop « happy » les « ricains » de laisser les Russes faire le ménage dans le chaos qu’ils ont provoqué.

                  Mais ne nous y trompons pas, les Russes sont au Moyen Orient pour longtemps.
                  Avec beaucoup « d’amis » , dont certains équipés à neuf de magnifiques porte-hélicos (avec hélicos et électronique russes yeappp ! elle est pas belle la vie !)


                  • Cosmogonie Cosmogonie 20 octobre 2015 17:11

                    Vous avez un problème avec le Nouvel Obs, c’est une obsession ! Bon, je crois qu’un jour le Plus m’a demandé de reproduire un article de mon blog sur leur site. Cela ne fait pas de moi un suppôt de Satan, si ?
                    Vous avez l’air de penser que tout ira bien pour les Russes au Moyen-Orient. Je l’espère pour eux mais n’en suis pas aussi certaine.


                    • leypanou 20 octobre 2015 17:38

                      @Cosmogonie
                      Si vous voulez informer vos élèves, faites-leur écouter cette vidéo de 5mn intitulée Les 10 ans passés en Syrie (elle résume parfaitement la situation).

                      Cette autre est un plus : une information que l’on a peu de chance de lire/voir dans l’Obs ou Le Monde ou BFM-TV, FranceTélévision, TF1, i-télé, etc, etc... : Pourquoi les Etats-Unis bombardent tranquillement un réseau d’électricité en Syrie ?


                    • colere48 colere48 20 octobre 2015 19:09

                      @Cosmogonie

                      Vous avez un problème avec le Nouvel Obs, c’est une obsession !

                      Non pas d’obsession concernant le NObs non juste de la lucidité, on est tellement éloigné des valeurs fondatrices et de Jean Daniel....

                      Vous avez l’air de penser que tout ira bien pour les Russes au Moyen-Orient

                      Non je ne pense pas cela, je dis qu’ils sont là pour longtemps, des problèmes ? oui ils en auront c’est le moyen-orient tout de même !!  smiley


                    • Iren-Nao 21 octobre 2015 06:13

                      @leypanou
                      C’est une habitude américaine de détruire les infrastructures des pays, déjà en Europe pendant la guerre, je me souviens que avant la destruction/invasion de l’Irak, l’aviation occidentale détruisait même les pylônes électriques, il faut bien faire un peu de commerce après.
                      Mais on dirait qu’ils se sont pris une fois de plus les pieds dans le tapis (volant). Il me semble que le gouvernement Irakien penche de plus en plus vers la Russie.
                      Iren-Nao



                    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 21 octobre 2015 19:25

                      @Cosmogonie
                      On aurait pu citer aussi « le Monde ». Ou Mediapart, super fouineur dans les affaires intérieures françaises, et porte parole du Pentagone pour tout le reste...


                      Si vous voulez expliquer à vos élèves les histoires de gazoducs à l’origine du conflit actuel, en voici un résumé :
                      «  3 minutes pour comprendre les enjeux énergétiques de la guerre en Syrie ».

                    • Dany romantique 20 octobre 2015 18:27

                      Le titre est une question ; l’article suppose apporté la réponse mais on reste sur sa faim. 

                      Les éléments évoqués :

                      1/ « Poutine y va pour ses intérêt »...
                      oui c’est normal mais lesquels ? c’est pas clairement développé,

                      2/ « la date d’entrée en scène n’est pas un hasard »...
                      revenir à Obama et son pragmatisme (évaluation d’un bourbier possible il y a deux ans) en serait une conséquence (une opportunité en quelque sorte) ? pour occuper le terrain ? C est un présupposé.
                      Je ne sais pas si cela est fondamental pour Poutine sachant qu’il vise,lui, l’E.I. et que contrairement à l’occident, la Russie protège Assad dans le jeu, Donc les stratégies ne sont pas exactement les mêmes

                      3/ « c’est rafraîchissant que la Russie intervienne »...
                      je ne sais si c’est le mot qui convient ; dans l’affaire c’est une stratégie guerrière appliquée au terrain. Rien de rafraîchissant là dedans lorsque le sang est versé.

                      Perso je définirais les motivations suivantes, sans hiérarchiser :

                      a/ Poutine à besoin de faire exister la Russie, pour la remettre dans le jeu international,
                      b/ il en a marre de la suffisance des occidentaux qui ne lui serrent qu’à peine la main au G8 et ne se déplacent même pas pour la date anniversaire du mémorial soviétique symbole de contribution majeure contre les allemands et des 25 millions de morts de sa nation,
                      c/ il en a marre aussi d’être régulièrement désigné tête de pont de « l’axe du mal » quoi qu’il entreprenne il encours les critiques du Club de l’OTAN, il est vu comme inflexible à la domination rampante de l’axe atlantico-sioniste, par son soutien réitéré au croissant chiite par exemple ou pour son soutien politique aux combattants du Dombass,
                      d/ il a des ennemis de l’intérieur comme les tchétchènes qui sont salafistes, associés à l’E.I.,
                      e/ il y a effectivement des intérêts stratégiques militaires et en ressources énergétiques dans la région du Levant,
                      f/ il a sifflé la fin de la partie dans le jeu hypocrite des occidentaux qui jouaient les prolongations pour la déstabilisation d’Assad par l’E.I. et le djihad d’Al Nostra sous couvert de rebelles dits « modérés », armés par le « Club ». 

                      Au total cela fait suffisamment de raisons motivantes.
                         

                      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 21 octobre 2015 09:06

                        @Dany romantique
                        D’accord avec votre commentaire, mais cessez de croire que tous les Tchétchènes sont des terroristes islamiques, à la solde d’oligarques et des compagnies pétrolières occidentales...,c’est de la propagande.

                        Les Tchétchènes aujourd’hui veulent venir combattre EIIL !


                      • antipro 20 octobre 2015 18:40
                        « que fait Poutine en Syrie ? »- lui a montre que « roi est nu ! ». 

                        • Phoébée 20 octobre 2015 19:53

                          Bien, l’Empire va prendre.....

                          et tant pis pour la France, ce chien affidé *


                          • TREKKOTAZ TREKKOTAZ 20 octobre 2015 20:16

                            Que Poutine reprenne la main ou pas, le NWO a gagné : la Syrie n’est plus qu’ un vaste champ de ruines, c ’ est le chaos intégral, étape suivante, l’ Iran, le Liban,l’ Algérie (pitié non !! car la c’ est chaud !)bravo les élites satanistes ! Comme dans les prophéties eschatologiques de la fin des Temps, tiens tiens ! Apocalypse imminente ? Retour de l’ antéchrist ? : luttons contre le prince des ténèbres jusqu’ à la mort !!!!!! !Tous ensemble peuple de France !


                            • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 21 octobre 2015 09:27

                              @TREKKOTAZ
                              Donc vous êtes d’accord avec l’auteur ? Quelle déception ! Moi qui croyais que le FN était pro Assad et contre les vagues migratoires issues des guerres de l’ OTAN ? 

                              Si Poutine rend la paix et ses frontières à la Syrie, et peut-être à l’ Irak ou à la Libye, les réfugiés rentreront chez eux, et vous serez au chômage... Vous n’avez donc aucun intérêt,effectivement, à soutenir Poutine.


                            • symbiosis symbiosis 20 octobre 2015 21:40

                              Cet article est un pot pourri dont le contenu est glané un peu partout pour nous empapaouter.
                              Ça ne marche pas vraiment, peut-être pour les gogos.
                              Moralité :
                              Article de Troll.


                              • Samson Samson 21 octobre 2015 00:30

                                « Pas plus que pour d’autres, cette politique n’est assurée de réussir. »

                                Elle a déjà réussi !

                                Comprendre la position de Vladimir Poutine est fort simple : il suffit de se reporter à ses propres prises de positions et déclarations, au demeurant parfaitement claires, plutôt que se reporter à des analyses occidentales qui ne font que brouiller l’évidence.
                                Le sujet de la dernière réunion du Club Valdaï était « L’ordre mondial : de nouvelles règles ou un jeu sans règles ? » : il y expose très précisément la position russe et sa détermination à défendre la Russie comme partenaire dans un monde multipolaire régi par les principes du droit international, à l’encontre de la volonté hégémonique d’y substituer un ordre unipolaire de vassalité U$.

                                Exposant tant avec lucidité qu’avec une grande dignité à l’assemblée générale de l’ONU la duplicité de la « stratégie du chaos » menée par Washington et ses vassaux confrontés à une crise migratoire qu’ils ont activement participé à générer sans même (tant pour la Lybie que pour la Syrie) l’anticiper , Vladimir Poutine y annonce un soutien russe à l’état syrien - allié et partenaire économique de longue date - qui s’inscrit dans les strictes balises de ce droit international dont il se pose comme le défenseur.
                                Et avant même que l’OTAN et ses alliés aient pu infirmer son imparable logique, il expose sur le terrain des « arguments » stratégiques défensifs d’autant plus « dissuasifs » que - trop présomptueux de leur propre supériorité - les états-majors de l’OTAN en ignoraient tout !

                                Je crains hélas que la propagande des médias main-stream ne vous soit pas d’un grand secours pour prendre la mesure de l’actuelle débâcle des états-majors alliés et des politiques du fait de l’aveuglement stratégique des think-thanks impériaux !
                                L’Ours n’apprécie guère qu’on le « taquine trop », et sa réputation n’’est manifestement pas ’usurpée !!!

                                « Mais il n’est pas certain que, l’effet de surprise passé, le retour de la Russie au Moyen-Orient puisse aboutir sur un renforcement de l’influence russe dans la région. »

                                En 2011, Assad a préféré signer l’accord syrien pour la construction d’un gazoduc reliant l’Iran au South Stream russe de GazProm, plutôt que pour un gazoduc reliant le Qatar à la Turquie et par là au projet €uropéen Nabucco.
                                Si certains médias U$ sont explicites sur cet enjeu économique majeur du conflit syrien, les médias €uropéens s’obstinent très soigneusement à nous l’occulter !
                                Çà ne vous intrigue pas ???


                                • Samson Samson 21 octobre 2015 00:40

                                  @Samson
                                  PS : Sur un échiquier, la conclusion logique d’une partie sans erreur est le pat. Mais dans cette partie, seul l’Empire vise l’ « échec et mat ». smiley


                                • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 21 octobre 2015 09:13

                                  @Samson
                                  Merci de votre long commentaire que j’approuve entièrement.
                                  Faire comprendre à ces abrutis d’occidentaux que désormais ils doivent respecter le Droit International et la souveraineté des Nations, ça ne va pas être facile, tellement ils ont le cerveau liquéfié et embourbé dans leur propagande anti russe.


                                  L’UPR a organisé une table ronde sur les relations franco russes, avec des invités très bien informés sur ce qui se passe.

                                • agent ananas agent ananas 21 octobre 2015 11:29

                                  @Samson
                                  Sur un échiquier, la conclusion logique d’une partie sans erreur est le pat. Mais dans cette partie, seul l’Empire vise l’ « échec et mat ».

                                  La dernière blague en cours à Moscou :
                                  Poutine est de retour au Kremlin après sa rencontre avec Obama à New York. Il dit à son conseiller qu’il a invité Obama à une partie d’échec et lui explique son déroulement. « C’est comme jouer avec un pigeon. D’abord il renverse toutes les pièces, ensuite il recouvre l’échiquier de fientes et finalement se pavane comme s’il avait gagné ».


                                • agent ananas agent ananas 21 octobre 2015 10:23

                                  Que fait Poutine en Syrie ?, s’interroge l’auteure.
                                  Il semble lui échapper que Poutine est en Syrie pour éliminer les djihadistes, ce que les US ont été infoutus de faire depuis leur intervention en septembre 2014. Malgré les milliers de sorties de l’US-Air Force, les territoires occupés par DAESCH/ISIS ont augmenté. En comparaison, après une semaine de bombardements par l’aviation russe, 40% des capacités des djihadistes ont été détruites ou dégradées.
                                  Par la même occasion cela lui permet aussi d’éliminer potentiellement un grand nombre de djihadistes qui pourraient propager le chaos dans les états du sud de la Russie du Caucase une fois la campagne de Syrie terminée. Dans l’internationale djihadiste présente en Syrie il y a plusieurs milliers de tchétchènes, d’azéris et d’ouzbeks...

                                  Oui, si la Russie intervient maintenant est que l’état syrien avait besoin de son aide pour ne pas sombrer prochainement. A moins que les nouvelles armes russes fussent enfin opérationnelles....
                                  Les missiles KALIBR lancés depuis la mer Caspienne ont surpris les stratèges du Pentagone par leur précision (ciblage à trois mètres près) et leur portée (plus de 1500 km).
                                  http://orientalreview.org/2015/10/13/kalibrating-the-foe-political-implications-of-the-russian-cruise-missiles-launch/
                                  Par ailleurs la fourniture du Shtora-1 va enfin neutraliser les missiles anti-tanks des djihadistes, qui faisaient beaucoup de dégâts dans les blindés de l’armée syrienne. Le Shtora-1 est un système qui brouille le guidage des missiles anti-tanks.
                                  http://www.mondialisation.ca/la-russie-teste-dautres-nouvelles-armes-en-syrie/5481927

                                  Oui la rhétorique occidentale hypocrite de « démocratie droits de l’hommiste » a été parfaitement démontée par Poutine lorsqu’il affirme que « ceux qui détruisent des nations entières n’ont pas à nous donner des leçons de démocratie et nous apprendre les valeurs de vivre librement ».


                                  • Parrhesia Parrhesia 21 octobre 2015 10:32

                                    Un article qui, fort astucieusement, joue sur le facteur temps comme savent si bien le faire d’anciennes civilisations lorsqu’elles ont survécu !

                                    Le message qui est contenu dans cet article doit donc être compris ainsi : « Nous nous sommes fait posséder bien bon et pour le moment Poutine mène le jeu ! Mais attention ! Nous savons depuis des siècles que le temps joue pour nous, donc, à la fin nous l’aurons !!! »

                                    Et bien non !!!

                                    D’abord ce n’est que de la propagande à deux liards le pot !

                                    Et ensuite, si par malheur il advenait que cela soit vrai, cela marquerait la fin de la civilisation occidentale... et les fin de ses peuples en tant que peuples libres !!!

                                    Sur ce coup, tous les hommes épris de liberté doivent se retrouver derrière la Russie de Poutine !!!

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