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L’Être et le Néant : Comprendre la pensée de Jean-Paul Sartre en la pensant comme pensée dans le vécu des hommes

 Jean-Paul Sartre a publié en plein guerre mondiale un livre qui a fait sa renommée mondiale, l’Être et le néant. Mobilisé en 1939, prisonnier de guerre en 1940, après l’occupation de la France par l’Allemagne, relâché en 1941, il est nommé professeur en khâgne au lycée Condorcet. Khâgne est un mot argot scolaire signifiant « classe préparatoire littéraire », une des quatre filières préparant les élèves au concours d’entrée aux grandes écoles, en France. Et c’est en pleine guerre qu’il rédigea le volumineux ouvrage philosophique de 722 pages, « l’Être et le Néant  », qu’il publia en 1943 (Édition Gallimard).

 

Dans cet « essai d’ontologie phénoménologique », Jean-Paul Sartre a cherché à définir le réel existant de l’humain dans son essence ? L’œuvre est immense, nous ne retenons que quelques passages de son livre, « l’Être et le Néant  », et voir ce que son approche philosophique peut avoir d’utilité dans le vécu des hommes.

 

« Une étude de la réalité-humaine doit commencer par Je cogito. Mais le « Je pense » cartésien est conçu dans une perspective instantanéiste de la temporalité. Peut-on trouver au sein du cogito un moyen de transcender cette instantanéité ? Si la réalité-humaine se limitait à l’être du Je pense, elle n’aurait qu’une vérité d’instant. Et il est bien vrai qu’elle est chez Descartes une totalité instantanée, puisqu’elle n’élève, par elle-même, aucune prétention sur l’avenir, puisqu’elle qu’il faut un acte de « création » continuée pour la faire passer d’un instant à l’autre. Mais peut-on même concevoir une vérité de l’instant ? Et le cogito n’engage-t-il pas à sa manière le passé et l’avenir ? Heidegger est tellement persuadé que le Je pense de Husserl est un piège aux alouettes fascinant et engluant, qu’il a totalement évité le recours à la conscience dans sa description du Dasein. Son but est de le montrer immédiatement comme souci, c’est-à-dire comme s’échappant à soi dans le projet de soi vers les possibilités qu’il est. C’est ce projet de soi hors de soi qu’il nomme la « compréhension » (Verstand) et qui lui permet d’établir la réalité-humaine comme étant « révélante-révélée ». Mais cette tentative pour montrer d’abord l’échappement à soi du Dasein va rencontrer à son tour des difficultés insurmontables  : on ne peut pas supprimer d’abord la dimension « conscience », fût-ce pour la rétablir ensuite. La compréhension n’a de sens que si elle est conscience de compréhension. Ma possibilité ne peut exister comme ma possibilité que si c’est ma conscience qui s’échappe à soi vers elle. Sinon tout le système de l’être et de ses possibilités tombera dans l’inconscient, c’est-à-dire dans l’en-soi. Nous voilà rejeté vers le cogito. Il faut en partir. Peut-on l’élargir sans perdre les bénéfices de l’évidence réflexive ? Que nous a révélé la description du pour-soi ? Que nous révélé la description du pour-soi ?

 

Nous avons rencontré d’abord une néantisation dont l’être du pour-soi s’affecte en son être. Et cette révélation du néant ne nous a pas paru dépasser les bornes du cogito. Mais regardons-mieux.

 

Le pour-soi ne peut soutenir la néantisation sans se déterminer lui-même comme un défaut d’être. Cela signifie que la néantisation ne coïncide pas avec une simple introduction du vide dans la conscience. Un être extérieur n’a pas expulsé l’en-soi de la conscience, mais c’est le pour-soi qui se détermine perpétuellement lui-même à n’être pas en soi. Cela signifie qu’il ne peut se fonder lui-même qu’à partir de l’en-soi et contre l’en-soi. Ainsi la néantisation, étant néantisation d’être, représente la liaison originelle entre l’être du pour-soi et l’être de l’en-soi. L’en-soi concret et réel est tout entier présent au cœur de la conscience comme ce qu’elle se détermine elle-même à ne pas être. Le cogito doit nous amener nécessairement à découvrir cette présence totale et hors d’atteinte de l’en-soi. Et, sans doute, le fait de cette présence sera-t-il la transcendance elle-même du pour-soi. Mais précisément c’est la néantisation qui est l’origine de la transcendance conçue comme le lien originel du pour-soi avec l’en-soi. Ainsi entrevoyons-nous un moyen de sortir du cogito. Et nous verrons plus loin, en effet, que le sens profond du cogito c’est de rejeter par essence hors de soi. [...]

 

De toutes les négations internes, celle qui pénètre le plus profondément l’être, celle qui constitue dans son être l’être dont elle nie avec l’être qu’elle nie, c’est le manque. Ce manque n’appartient pas à la nature de l’en-soi, qui est tout positivité. Il ne paraît dans le monde qu’avec le surgissement de la réalité-humaine. [...]

 

L’être qui est livré à l’intuition de la réalité-humaine est toujours ce à quoi il manque ou existant. Par exemple, si je dis que la lune n’est pas pleine et qu’il lui manque un quartier, je porte ce jugement sur une intuition pleine d’un croissant de lune. Ainsi ce qui est livré à l’intuition est un en-soi qui, en lui-même, n’est ni complet ni incomplet, mais qui est ce qu’il est tout simplement, sans rapport avec d’autres êtres. Pour que cet en-soi soit saisi comme croissant de lune, il faut qu’une réalité-humaine dépasse le donné vers le projet de la totalité réalisée – ici le disque de la pleine lune – et revienne ensuite vers le donné pour le constituer croissant de lune. C’est-à-dire pour le réaliser dans son être à partir de la totalité qui en devient le fondement. Et dans ce même dépassement le manquant sera posé comme ce dont l’adjonction synthétique à l’existant reconstituera la totalité synthétique du manqué. [...]

 

La réalité-humaine est dépassement perpétuel vers une coïncidence avec soi qui n’est jamais donnée. Si le cogito tend vers l’être, c’est que par sa surrection même il se dépasse vers l’être en se qualifiant dans son être comme l’être à qui la coïncidence avec soi manque pour être ce qu’il est. Le cogito est indissolublement lié à l’être-en-soi, non comme une pensée à son objet – ce qui relativiserait l’en-soi – mais comme un manque à ce qui définit son manque. En ce sens la seconde preuve cartésienne est rigoureuse ; l’être imparfait se dépasse vers l’être parfait ; l’être qui n’est fondement que de son néant se dépasse vers l’être qui est fondement de son être. » (Pages 121, 122, 125,126)

 

Ce développement de la pensée de Jean-Paul Sartre dans son essai sur l’ontologie phénoménologique, s’il est certes complexe, difficile pour en saisir le sens, il demeure qu’il est saisissable par la pensée qui cherchera à penser la pensée de Jean-Paul Sartre. Évidemment, pas avec son approche philosophique qui ne fera qu’ajouter la confusion à l’incompréhension. Mais avec des faits concrets dans le quotidien des hommes que nous développerons au fur et à mesure dans cette analyse. Le lecteur pourra juger en lui-même et à travers son vécu. Tous les exemples qui seront retracés par la vision sartrienne sont du ressort du vécu de l’être dans la réalité vivante de son existence.

 

Cependant il convient d’avertir que Sartre reste très logique dans la structure qu’il propose de l’être. Le seul problème est la complexité du sujet, donc de l’homme et sa nature humaine sur le plan ontologique. Ce qui n’est pas facile d’aborder, d’entrevoir puisque l’ontologie s’interroge sur le sens de l’être. Qu’est-ce que l’être humain ? Comment il se structure vis-à-vis de lui-même et vis-à-vis du monde extérieur ? Une question de l’essence et comme l’essence humaine est inconnue, ce sont des déterminations métaphysiques qui prennent le dessus. L’homme n’a pas le choix. Ne se connaissant pas par l’essence, il se connaît par des « détours logiques » qu’il conceptualise, qu’il structure pour rendre explicite le mouvement de la pensée dans la compréhension de l’être. Et c’est ce qu’il a fait Jean-Paul Sartre.

 

Ceci étant, que propose-t-il en clair Jean-Paul Sartre dans son système en-soi et pour soi ? Et cette réalité-humaine qui commence par le Je cogito. Emprunté à Descartes, le cogito est « je pense donc je suis ». C’est une vérité, si l’homme pense, c’est qu’il est. Mais l’homme ne pense pas par le fait seul de penser. En pensant, il doit remplir son être, nourrir son être. Et comme le dit Sartre : « Si la réalité-humaine se limitait à l’être du Je pense, elle n’aurait qu’une vérité d’instant. » Mais l’être humain se constitue en toute une vie, et donc en une infinité d’instants qui se succèdent et ne s’arrêtera que lorsque viendra sa mort. Mais dans sa vie, il y a un tumulte d’événements qu’il faut comprendre et comment l’être en tant que pensée il « devient  ». Car, en fin de compte, ce que l’homme cherche s’il veut se comprendre est qu’il trouve les mécanismes qui lui permettent de se comprendre en tant qu’être de pensée, de conscience dans ce monde où il se trouve existant.

 

La première approche que fait Sartre est qu’il se rapporte à Heidegger et que celui-ci énonce dans le « projet de soi hors de soi qu’il nomme la « compréhension » et lui permet d’établir la réalité-humaine comme étant « révélante-révélée ». Partant de cet échappement de soi vers les possibilités de l’être, Sartre le définit comme un pour-soi. Comme il le dit « Ma possibilité ne peut exister comme ma possibilité que si c’est ma conscience qui s’échappe à soi vers elle. » Cette conscience qui s’échappe à soi, donc à l’être puisque l’être c’est soi, Sartre l’appelle le pour-soi.

 

Que signifie concrètement le pour-soi ? Tout d’abord, c’est une pensée et il ne peut être autrement. Et soi, l’être, c’est aussi le siège de la pensée. Mais la pensée n’est pas figée, elle s’échappe de soi pour retourner à soi. Un homme qui pense, par exemple, à son travail, alors qu’il est rentré chez lui. Sa pensée est vers là où l’homme l’a pensée. Dans son bureau. Peut-être qu’il (ou elle) n’a pas fermé son bureau à clé, qu’il n’a pas mis des documents sensibles dans son coffre-fort, par exemple. Ou bien il est en Algérie, il (ou elle) pense à son fils en France où il fait des études. Donc, il projette sa pensée en dehors de soi. Il regarde par exemple une montagne de la fenêtre et il voit la neige. Il a une pensée visuelle, peut-on dire. Ses yeux n’ont été que des capteurs d’images. Ils ont certes vu la neige, mais instantanément la pensée a vu aussi la neige. C’est comme si la pensée s’est projetée vers la neige. Mais qui reçoit toutes ces impressions pensées ou vues par des yeux qui ont pour ainsi dire aussi pensé par la pensée. Les yeux dans la vision sont-ils dotés de pensées ? La question reste posée. Y a-t-il une réponse ? Peu probable que la médecine puisse répondre aux phénomènes de la pensée. Un domaine entièrement métaphysique que la médecine elle-même a été et toujours reste révélée par la pensée.

 

Mais ce qui est important, c’est que l’être humain peut se projeter par la pensée. Si, par exemple, il a été en Amérique, et visité des villes, sa pensée peut aller jusqu’aux lieux qu’il a visité. De même dans les autres pays. Donc la projection de la pensée par Heidegger ou par Sartre que celui-ci appelle le pour-soi est un étant et un été et un venir tout à fait naturel. Qui existe dans la nature de l’homme. L’homme pour connaître le monde se projette par la pensée, ou c’est la pensée dont il est le siège (son cerveau) en tant que pensant la pensée qui se projette elle-même en même temps qu’elle projette l’homme dans cette pensée qui est sa pensée.

 

Donc encore faut-il répéter que le pour-soi est un détour intellectuel de l’homme par la pensée, une abstraction et il faut le devoir à la pensée de Sartre qui l’a comprise en tant que comme il dit elle est révélante-révélée. A travers le dasein d’Heidegger. Le Dasein, que les philosophes définissent cet être là, cette réalité humaine, ou simplement cet ek-sisté qui doit son existence à l’ek-sistence. Un peu comme une existence sortie d’une ek-sistence, un néant-univers ou univers-néant. Mais ces deux néants tous comptes faits sont existence, ils expriment la réalité humaine du vécu, de tous les jours. Même si, au fond, cette ek-sistence souvent n’est pas comprise.

 

Et par cette ek-sistence, l’homme à la fois n’est pas et il est. Il se sait et il ne se sait pas. Un dilemme, un paradoxe non. L’homme existe dans cet ek-sisté qui est tout à fait normal. C’est devenu une habitude d’être à force d’être. Qu’il soit pauvre ou qu’il soit riche, il est habitué à être riche ou il est habitué à être pauvre. La seule chose qu’il sait profondément est qu’il est, qu’il existe par-delà et au-delà de la richesse et de la pauvreté.

 

Parce que sa pensée sait ce qu’il ne sait pas. Et c’est la raison pour laquelle Jean-Paul Sartre cherche à néantiser son en-soi sachant qu’il est peuplé de néants. Il part de l’être, et dit de lui le soi, l’être là, le Dasein heideggérien, et lui donne le terme plus juste le en-soi qui va de soi. Que signifie le soi ou le dasein, c’est l’homme et ses néants qui de plus en plus ne sont pas néants et appartiennent à la conscience. La conscience donc apparaît en l’homme naissant. Il naît, il est naissant, mais sa conscience n’est pas. Donc le vécu progressivement le sort de son néant. Il n’était pas, il n’a pas existé, puis il naît, il existe mais il n’a pas de soi, ni en-soi ni pour-soi, ni conscience. Jean-Paul Sartre assimile tous ces abstraits parce qu’ils ne sont que des abstraits qui veut dire beaucoup de choses mais ne disent que ce qu’ils veulent bien dire parce qu’au fond ceux-là même cherchent à découvrir l’être pour l’être.

 

Précisément du soi heideggérien qui se projette, Sartre lui donne un nom le pour-soi qui se projette par la pensée et revient à soi par la pensée. Mais il apporte quelque chose du monde qui néantise le ou les néants qui peuplent ce soi. Par cette néantisation de soi qui est destruction de ou des néants, le pour-soi fait naître la conscience pour l’être-venu au monde, enrichit la conscience pour l’être-déjà-dans le monde conscient dans le sens que la conscience s’est déjà formée par le vécu, l’homme selon Sartre passe de soi à en-soi par le pour-soi. Et c’est cette dynamique de son essence qui fait dire à Sartre à travers cette « néantisation, étant néantisation d’être, qui lui fait qu’elle représente la liaison originelle entre l’être du pour-soi et l’être de l’en-soi. »

 

Que peut-on de cet extrait de l’Être et le Néant de Jean-Paul Sartre ? Tout d’abord cette « liaison originelle » en chacun des êtres. La seule réponse et elle est métaphysique, l’être est habitée par une transcendance sinon elle ne peut pas être. On ne peut croire que dire de soi, de l’en-soi et le pour-soi suffirait à définir l’essence de l’être au sens humain. Rappelons-le l’homme se sait et ne se sait pas. Et cette affirmation est très importante, d’autant plus que sa vie est finitude. Donc c’est un être-fait-pour-la-mort. En naissant, tout homme est ainsi, et tout philosophe que sont les philosophes sont ainsi. De Sartre, Heidegger, Kant, Schopenhauer, Spinoza aux anciens, Platon, Aristote, et aux Présocratiques, Parménide, Héraclite... ils n’ont qu’une vie pour exister. Et c’est la raison que c’est ainsi et que l’homme ne se sait pas, que la philosophie existe, et, par son essence même, la philosophie est devenue la mère des sciences. Pourquoi ? Les sciences dérivent de la pensée qui pense. C’est la pensée qui féconde les sciences. Et que fait la philosophie ? Elle étudie la pensée qui les engendre.

 

Prenons l’intuition, une faculté humaine, fille de la pensée. Lorsque Jean-Paul Sartre dit : « L’être qui est livré à l’intuition de la réalité-humaine est toujours ce à quoi il manque ou existant. » Et il prend l’exemple de la lune qui n’est pas pleine et qu’il lui manque un quartier, c’est l’intuition pensante qui lui fait savoir qu’en fait ce n’est pas que le quartier manque mais simplement qu’une partie d’elle n’est plus visible et la lune demeure en réalité dans sa totalité.

 

Ce qu’il énonce : « Pour que cet en-soi soit saisi comme croissant de lune, il faut qu’une réalité-humaine dépasse le donné vers le projet de la totalité réalisée – ici le disque de la pleine lune – et revienne ensuite vers le donné pour le constituer croissant de lune. C’est-à-dire pour le réaliser dans son être à partir de la totalité qui en devient le fondement. Et dans ce même dépassement le manquant sera posé comme ce dont l’adjonction synthétique à l’existant reconstituera la totalité synthétique du manqué. » En clair, l’intuition pensante, à travers le pour-soi qui s’est projeté vers le croissant de lune et en retournant dans l’en-soi, réordonne le rapport qui existe entre le quartier manquant et sa totalité pour le constituer en croissant de lune.

 

Il existe donc en l’être un facteur essentiel dans la pensée pour la compréhension de soi et du monde. Et ce facteur dans la pensée est celui qui unit, qui clarifie, qui fait naître la compréhension dans cette liaison originelle de l’être vis-à-vis du monde. Comprendre soi et hors de soi ou l’intériorité et l’extériorité passe par ce facteur qui s’appelle l’intuition intelligente de la pensée. Ou disons tout court intuition qui, par la pensée, habite l’être. C’est elle qui oriente toute l’existence humaine – l’homme n’y pense pas, ne pense pas cette intuition, c’est l’intuition qui pense en lui.

 

Cependant cette intuition pensante vient pour ainsi dire de l’essence. L’homme la sent plus qu’il ne la connaît. L’homme ne la raisonne parce que la connaissance qu’elle lui octroie est immédiate. La réponse rationnelle, raisonnée et raisonnante, active qu’elle donne s’opère par elle-même. En guidant l’être humain dans ses actes immédiats, l’intuition joue un rôle essentiel dans son existence. Par rapport à l’en-soi et le pour-soi, elle peut se constituer pour l’être en « hors-de-soi-pour-soi immédiat  ». Ce qui signifie que, en répondant à son-être-face-à-la vie, elle tend à répondre à tout ce qui peut influencer ou entraver les possibilités existentielles de l’être qu’elle éclaire, de l’être qu’elle protège...

 

 

Pour la compréhension, prenons un cas concret, pris dans le quotidien de nombreuses personnes dans le monde. Un homme traverse une rue encombrée de voitures. En Algérie, par exemple, avec l’explosion du marché des voitures depuis une quinzaine d’années, il est souvent difficile de traverser en sécurité les boulevards. On a cette impression qu’il y a plus de voitures que de passants. Le nombre de voitures a explosé en Algérie grâce au boom du pétrole et la politique agressive de Bush contre le monde arabe et aujourd’hui Donald Trump, mais c’est là une autre histoire.

 

Pour traverser, un homme se trouve toujours à regarder les voitures, même s’il est sur un passage piéton. Les voitures ne s’arrêtent pas. Soit il leur fait signe de s’arrêter, soit avec l’encombrement, lorsqu’elles s’arrêtent, il profite pour passer. Mais il ne passe pas entièrement, il s’arrête au milieu de la chaussée en faisant attention qu’une voiture n’arrive du sens inverse. Il regarde donc à droite et à gauche si d’autres voitures n’arrivent pas rapidement de l’autre sens. Précisément, des voitures arrivent, et il attend, de nouveau des motocyclistes arrivent souvent des deux sens, et il attend toujours. Parfois, la file qu’il vient de dépasser se trouve doublée par une autre voiture qui veut les dépasser, voire même en accélérant.

 

Mais que s’opère-t-il dans l’homme face à ce désordre qui ressemble à une traversée de l’Himalaya, tellement le danger est là et qu’il faut éviter. Et souvent, dans certains endroits, c’est le lot de tous les jours. Comment arrive-t-il à répondre à cette situation pour se préserver ? Il a ses yeux pour regarder. Mais elle ne lui donne qu’une vision de la situation. Il faut surtout qu’il pense ce qu’il doit faire, c’est-à-dire avancer ou patienter encore. Et sa tête se retrouve à tourner à droite et à gauche et rapidement pour trouver une éclaircie et traverser. Parfois il hèle avec sa main, et souvent les voitures ne s’arrêtent pas. Mais intérieurement qu’est-ce qui le fait mouvoir ? Sa pensée ? Oui, il doit penser et raisonner très vite. Précisément c’est là où entre l’intuition. C’est elle, par l’intermédiaire de ses yeux qui sont, comme on l’a dit, comme des capteurs qui lui donnent la situation de l’être dans ce désordre qui peut comporter des dangers. Donc, c’est elle, instant après instant, en scrutant l’abord immédiat du boulevard, sans qu’elle donne connaissance à l’homme qu’elle est là, qu’elle pense en lui, qu’elle le guide, que c’est elle qui lui fait tourner la tête à droite et à gauche très rapidement.

 

Le temps donc presse et « elle doit lui faire regagner rapidement l’autre trottoir. » Il ne doit pas rester au milieu de la chaussée. Parce qu’il y a danger. Précisément, c’est elle qui va décider pour le faire avancer. Une éclaircie et même si une voiture arrive rapidement ou un motocycliste, elle lui « commande » d’avancer. Bien sûr, tout en lui soufflant intérieurement, ou simplement en pensant en lui, lui disant « tu traverses, mais tu n’es pas assuré d’une sécurité totale. » « Cependant, tu dois avancer, tu n’as pas le choix, tu ne peux attendre indéfiniment que les voitures s’arrêtent pour toi ». Elles aussi, leurs conducteurs ont leur en-soi et le pour soi, et leur intuition. Ils doivent trouver dans cet encombrement une éclaircie pour passer. Et c’est souvent, au bonheur la chance, malgré son intuition, que l’homme traverse cet enchevêtrement de voitures dans les boulevards des villes depuis le boom pétrolier-voiture-moto.

 

Ainsi, malgré qu’intuitivement, l’homme pense qu’il peut passer, il sait intérieurement qu’un accident peut lui survenir. Pour peu qu’un automobiliste ou un motocycliste qui s’est mal réveillé, et donc un en-soi et un pour-soi non maîtrisé, et une intuition inattentive, et il peut créer un désastre en blessant ou en tuant un passant involontairement. Et là faudrait-il dire plutôt volontairement par la situation dont étaient son en-soi, son pour-soi et son intuition mais que lui involontairement n’avait pas « décelés ».

 

L’intuition pensante de l’homme ne peut être infaillible. Tout peut arriver. L’homme relève de la contingence de l’existence et non de la nécessité. « L’homme est, il existe mais il ne peut garantir qu’il sera. » Il ne dispose pas de son avenir qui appartient à l’essence. L’intuition cherche à le protéger à son insu, pense en lui sans qu’il ne se rende compte réellement, mais ne peut s’opposer à ce qui peut arriver. Comme pour cet homme, il croit qu’il traverse, en réalité, c’est elle qui le guide et lui fait traverser le boulevard, en lui évitant au maximum le danger.

 

On comprend dès lors que l’homme par cette intuition pensante est un « être-au-monde », un « être-pour autrui » et un « être libre jusqu’à ce que cette liberté trouve par elle-même sa limite ». Et c’est elle qui lui « fait » régir son existence. Traverser une rue encombrée de voiture est un exemple édifiant des possibilités que renferme l’intuition humaine.

 

Un autre exemple intéressant à analyser. Prenons une structure étatique ou privée, et deux hommes qui y travaillent et ne s’entendent pas. Un est un supérieur, l’autre est un adjoint (ou sous-adjoint) à ce supérieur. Ils sont très proches dans le travail. Partons d’une situation où le supérieur n’est pas content de son adjoint. Et il fait tout pour le rabaisser. La situation peut s’envenimer comme elle peut rester stable, mais toujours avec des rapports difficiles. On peut se poser la question pourquoi ce supérieur en a après son adjoint. Craint-il pour sa place que cet adjoint la lui prenne ? Ou cet adjoint fait-il partie de gens qui médisent sur lui ? Ou pour d’autres raisons connues de lui ? Ou simplement des raisons de caractère que le supérieur n’arrive pas à cerner ? Et qui provoque une antipathie naturelle. Par exemple, « cet homme n’est pas moi, et je ne peux m’empêcher de le rejeter. » Et cela arrive parfois ce type de relation entre les êtres.

 

Sur le plan du discours sartrien, ils ont tous deux un en-soi et pour-soi, et comme on l’a montré, l’être a une intuition qui guide ses abstraits, qui sont globalement les mêmes en tout être. Avec des différences dans les caractères. Tout être est lui-même et cherche sa projection en l’autre. Et cela a relation avec l’affectivité de chacun. Pour comprendre l’animosité entre ces deux hommes, on peut supposer que le supérieur craint pour sa place. D’être remplacé par son adjoint. Ce qui est une possibilité. Mais si ce supérieur monte dans la hiérarchie et son adjoint le remplace. Et c’est aussi une possibilité. Et les relations peuvent être cordiales. Donc ce n’est pas ce cas qui nous intéresse, puisque ce processus est tout à fait naturel et se déroule sans animosité.

 

Mais si on prend le cas général où il n’y a aucune crainte pour le supérieur (qui peut être étatique ou simplement patron d’une boîte privée), donc indépendamment ou non de toute promotion sociale ou de tout litige en affaire, et cet adjoint horripile le supérieur ou le patron, et peu importe la raison. Il est évident que l’agacement du supérieur ne provient pas ex nihilo. Il vient quelque part de son en-soi intérieur, et celui-ci est « cimenté  » par son affectivité. L’être en-soi et pour-soi qu’il est aime avant tout son soi. Et tout être normal aime son soi. Par ce soi, l’être peut aimer autrui, peut sympathique avec autrui surtout si l’être est ouvert au monde, et donc il est réceptif de par son caractère même. Un autre être peut être le contraire. Introverti, il est moins réceptif. Et entre l’extraverti et l’introverti, il existe une multitude de caractères. Er généralement la société humaine privilégie majoritairement les caractères extravertis qui sont tournés vers le monde extérieur.

 

Donc, ces deux hommes se différentient par leur affectivité, et celle-ci s’inscrit dans leur soi. Par conséquent, il existe des raisons d’ordre intellectuel et affectif qui font que le supérieur se trouve irritée intérieurement par la relation qu’il a avec son adjoint. L’un, par exemple, a un caractère du type rugueux, dur et l’autre un caractère, du type flexible. Et ce contact entre caractères opposés créé la mésentente. On peut même supposer que le supérieur refoule en soi quelque chose de passé, de mal vécu que son adjoint lui rappelle, ce qui explique le rejet de l’autre irraisonné.

 

Cependant, la machine humaine réagit toujours dans les mêmes conditions et quelles que soient les circonstances. Il y a toujours l’en-soi, le pour-soi et l’intuition qui guident leur être, et au-delà de leur affectivité. Si le supérieur cherche à se débarrasser de son adjoint soit en le mutant, soit en trouvant un moyen quelconque qu’il ourdit lui-même pour lui porter préjudice et se débarrasser de lui. Ou s’il est patron en le congédiant seulement quelque soient les raisons que le patron peut invoquer. Dans tout ce que fait le supérieur, c’est son en-soi et pour-soi et l’intuition qui va dicter son comportement. Toutes ces pensées pour se débarrasser de cet être-là est pour rester dans son avoir-être, avoir qui est ce qu’il est, et donc sa plénitude. L’autre créait une brèche dans sa plénitude. Donc la haine, le rejet refoulé, l’égoïsme de son être vont jouer dans cet en-soi et cet aller et retour du pour-soi vers l’autre qui vont dicter le comportement de ce supérieur pour arriver à ses fins. S’il ne trouve pas de solution à son affectivité, parce qu’en fait c’est ce soi affectif qui est en jeu, il sera obligé d’accepter cette présence-là.

 

Qu’en est-il pour l’adjoint ? Le même processus. Lui aussi est confronté à cet agacement de son supérieur. Il ne comprenant pas l’homme face à lui qui s’agace. Dans son en-soi, et son pour-soi, il pressent par son intuition le rejet de l’autre. Et l’adjoint lui aussi réagit au moyen de ses abstraits. Il cherche à se protéger de l’autre. Son intuition lui dicte son comportement. Soit laisser faire le temps, et se protéger autant que possible en ne répondant pas à l’animosité parce qu’il n’a pas d’issue. Il n’a d’autre travail que ce travail, et « il en a besoin pour vivre. Et s’il a une famille à charge, raison de plus. » Soit de changer autant que possible pour plaire et ainsi lui éviter cet agacement. Surtout d’un patron qui peut le congédier à tout moment. Et il a besoin de cet emploi pour lui et sa famille s’il est le soutien. Soit s’il a une possibilité de s’en sortir, il se fait muter de service. Soit il démissionne s’il peut trouver un autre travail. Donc les quatre possibilités extérieures, mais ce sera toujours l’intuition pensante qui « intelligera la situation » et lui dictera son comportement. Comme lorsque cet homme qui traversait un boulevard encombré.

 

Donc, au final, ce n’est pas lui qui n’a pas trouvé, mais l’« intuition pensante » à travers cette conscience qui est pour soi et cette non-conscience mais à venir qui est dans l’en-soi. Et par cette confrontation de deux consciences et non-consciences que inévitablement se dénouera le conflit par l’acceptation de part et d’autre ou par la séparation. Sans oublier une situation où une violence refoulée surtout chez le supérieur peut se terminer en exacerbation du conflit, et en violence. Donc l’être se trouve amené à des limites qu’il n’a pu commander. Limites qui proviennent de cet en-soi qu’il ne connaît pas, une non-conscience de ce qu’il fait. Ainsi peut-on comprendre ce qui peut survenir dans certaines situations où les êtres se trouvent dominés par ce qui est leur réalité-humaine et contre laquelle ils ne peuvent rien sinon à suivre leur en-soi qu’ils ne connaissent pas.

 

Enfin, un autre exemple d’intuition vivante qui a joué dans une situation réelle, et que raconte un homme dans son vécu. Une intuition qui a permis à son pays de faire une économie de devises.

 

Il raconte que c’était dans les années 1980, au sein d’une structure étatique de son pays, qu’un grave problème technique est survenu dans un grand navire. C’était le fleuron de la flotte. Et ce navire devait appareiller pour une mission. Le problème technique portait sur une avarie du bloc moteur du groupe diésel principal d’alimentation en énergie le réseau électrique du navire. Une bielle coulée est sortie du bloc moteur. Le bloc moteur et les bielles coulées devaient être changés. Le problème est qu’il n’y avait pas de pièces de rechange disponibles dans les magasins. Le moteur principal avarié, le navire ne pouvait pas appareiller avec un seul groupe de secours. Et l’homme qui raconte était le chargé de la maintenance de la structure marine de son pays.

 

L’urgence se posait. Réfléchissant sur ce problème, une intuition vint à cet homme. Se rappelant que des blocs moteurs neufs d’anciens moteurs qui ne sont plus en service, existaient dans les magasins, et ils étaient de la même firme qui les a produits, il décida de voir leurs données techniques. Il s’aperçut que le diamètre et la course du piston étaient identiques. La seule différence résidait dans la conception des blocs et culasses. Les anciens moteurs avaient des blocs moteurs séparés des culasses. Les nouveaux moteurs avaient des monoblocs, c’est-à-dire la culasse et le bloc moteur constituaient une seule pièce. La puissance se différenciait, les neufs étaient beaucoup plus puissants, en V, alors que les anciens en ligne, de l’ordre de milliers de chevaux.

 

Il fit venir des coopérants étrangers de la firme qui étaient présents dans la structure pour la maintenance. Invités à donner leur avis, les coopérants ont donné une réponse négative. La réparation avec des blocs et culasses séparées à la place des monoblocs ne marcheraient pas selon leurs dires.

 

Cet homme décida de passer outre les dires des coopérants et demanda à ses supérieurs de procéder à la réparation en utilisant des pièces neuves des anciens moteurs. L’autorisation accordée, il passa à l’action. Toujours se fiant à son intuition, il organisa la réparation en créant deux équipes de travail venant des ateliers, une de jour et l’autre de nuit. Et c’est ainsi, en trois jours et trois nuits, le moteur a été pour ainsi dire ramené à neuf. Sont venus les essais. Tous les responsables étaient dans la salle des machines. Tous étaient anxieux. Marchera-t-il ou non ce groupe pour l’alimentation électrique ? L’essai opéré par l’ingénieur de bord s’est avéré négatif. Le lancement se fait par un système d’injection d’air à haute pression (150 bars).

 

L’homme raconte. L’ingénieur de bord lui demande ce qu’il faut faire. Sans même penser, l’intuition parlait en lui, dit-il, il répondit : « Enlève tout le système de lancement du moteur par air comprimé !  » Les équipes de travail des ateliers refusèrent de travailler. Probablement par la fatigue, et surtout déçues par tant de travail, cet homme toujours par son intuition les libéra. Il estime qu’il n’en avait plus besoin, le moteur étant remonté, il ne restait que quelques points à définir.

 

Et ce point à définir lui a été donné précisément par l’intuition qui lui a soufflé que l’erreur se trouve dans l’utilisation du système de lancement à air à haute pression (pièce de rechange qui venait déjà montée dans la culasse neuve de l’ancien moteur). Donc il devait démonter le système de lancement d’air et le remplacer par celle déjà utilisée par le moteur avarié. L’homme me raconta qu’il avait compris que la distribution d’air dans les cylindres n’était pas la même, ce qui expliquait pourquoi le moteur ne s’est pas lancé.

 

La tuyauterie replacée du système de lancement, c’est une nouvelle attente de nouveau anxieuse, me raconte-il cet homme. L’ingénieur de bord tourne la manette. Et c’est la joie. Tous les efforts ont été récompensés par la remise en état de ce groupe. D’autres moteurs de navires eurent la même avarie. Les pièces achetées à l’étranger et qui étaient là depuis des années dans les magasins de la flotte servirent de nouveau. Cet homme me dit-il a fait une économie en devises pour son pays.

Que peut-on dire de cet épisode du vécu de cet homme ? Son intuition a permis un prodige puisqu’elle a démenti même les spécialistes étrangers. Pouvait-il être assuré que son intuition allait être positive ? Non, il ne le savait pas. Il savait seulement ce que l’intuition lui a dicté. Mais qu’est-ce que l’intuition ?

 

Comme le dit Jean-Paul Sartre, « L’être qui est livré à l’intuition de la réalité-humaine est toujours ce à quoi il manque ou existant. ... Ainsi ce qui est livré à l’intuition est un en-soi qui, en lui-même, n’est ni complet ni incomplet, mais qui est ce qu’il est tout simplement, sans rapport avec d’autres êtres.  » Mais dans le cas de ce vécu de cet homme, on peut dire qu’il a été livré à cette intuition de la réalité-humaine à lui, uniquement à lui dans ce cas précis. D’autre part, dans le sens que cette intuition il ne l’a pas cherché ni ne pouvait la chercher. Il n’a fait que « penser » à un problème qui était pour ainsi dire insoluble pour lui, et qu’il ne pouvait résoudre. Par manque de solution, et n’ayant pas de solution, par manque d’intelligence, par manque de pensée qui pouvait lui permettre de résoudre ce problème qui était insoluble. Il n’y avait pas de pièce de rechange disponible.

 

La question, alors d’où venait-elle cette intuition puisqu’elle est lui est venue et lui a soufflé la solution du problème ? Sartre dit que « l’intuition est un en-soi », et donc vient d’un en-soi qui est ce qui est le profond en l’être. En clair une non-conscience pour l’être. On peut dire aussi que c’est son essence. Et que lui signifie-elle son essence ? C’est son inconnaissant ou encore dans le discourt sartrien le « néant » qui en réalité n’est pas le néant, juste une abstraction pour « désigner » parce qu’il ne peut le connaître. Ce qui n’entre pas dans la faculté de l’être de connaître ce qu’il ne peut connaître. Et c’est d’ailleurs de son en-soi grâce à son cogito (je pense donc je suis) qu’il expulse de l’en-soi un néant qui se néantise – il n’est plus néant mais connaissance - vers et en la réalité-humaine pour déterminer son être. Ce que Sartre appelle le pour-soi.

 

Dès lors, l’intuition est le trait d’union entre l’en-soi et le pour-soi, ou encore entre la non-conscience et la conscience. Et c’est précisément ce trait d’union qui est arrivé à cet homme et que cet homme a pensé à son corps défendant, et qu’on appelle «  intuition ». C’est elle qui se trouve dans le néant et le non-néant, c’est-à-dire la réalité humaine totale de cet homme en provenance de l’essence non physique et l’essence du monde physique, qui embrasse toutes ses connaissances qu’elle analyse hors du temps (par sa nature intemporelle), et qui avait en quelque sorte « absorbé » ce qui devrait être en acte.

 

En effet, en orientant la pensée de l’homme deux fois de suite, d’abord en lui montrant la similitude dans le diamètre et la course du piston des deux moteurs et l’intérêt et par conséquent une culasse séparée du bloc moteur pouvait remplacer un monobloc (non séparé), et une seconde fois, l’erreur d’avoir utilisé un système de lancement par air comprimé qui était déjà monté dans la culasse neuve et qui ne pouvait fonctionner. Et c’est l’intuition qui lui a fait soufflé de reprendre le système de lancement d’air du monobloc avarié est de le remonter à la place du système d’air qui ne pouvait pas fonctionner. La distribution d’air dans les cylindres étant différente.

 

D’autre part, rien ne laissait présager que l’opération serait un succès. En effet, n’importe quel problème technique dans la construction du moteur ou erreur dans le remontage pouvait mettre à néant tous les efforts entrepris. Et ce succès qui est finalement a été un succès avec tous les efforts entrepris peut laisser apparaître que l’intuition qui est intemporelle, savait par précisément ce temps qui n’existe pas pour elle. De plus, « l’intuition est », elle n’est pas prémonitoire.

 

On comprend dès lors que la pensée de Jean-Paul Sartre est juste et qu’elle a continué la pensée de Heidegger, et ceux avant lui. Le problème pour l’homme est qu’il est difficile pour lui de se comprendre dans ce dédale d’abstractions. Cependant, avec l’ère moderne ouverte à tous les possibles, le processus de la pensée qui est encore inconnu même si des progrès significatifs ont été réalisés, notamment dans la psychologie, la psychanalyse et la psychiatrie, est du ressort de l’infini. Tout est à venir.

 

Ce qu’on peut dire, et ceci est très important, tous les progrès techniques réalisés dans le monde qu’il s’agisse de l’aéronautique, de la construction navale, du nucléaire, de la médecine, de la technologie de l’information et de la communication, et dans tout domaine, relèvent de la pensée. « Et rien n’empêche que les époques à venir d’autres progrès vont apparaître, et ils seront révolutionnaires, ils feront apparaître un homme entièrement différent. Que l’homme sera un autre homme, il ne sera pas ce qu’il est aujourd’hui. Notre époque apparaîtra un Moyen-Âge du nouveau monde. Et peut-être que l’humanité ne sera qu’une nation. Les frontières seront supprimées. Peut-être que demain, l'homme habitera la planète Mars. Peut-être que les hommes seront plus unis. Que les guerres entre nations seraient interdites. Peut-être que sera instauré un revenu universel pour tous les hommes. Tous les hommes mangeront à leur faim. Peut-être que la démographie galopante sera maîtrisée « naturellement  ». Nous dépasserons le monde d’aujourd’hui. La mondialisation perdra son sens, et ne sera plus qu'un lointain concept. Et c’est précisément la pensée, cette pensée mystérieuse dont sa provenance est à la fois du néant du non-néant, qui changera le monde et l’homme-dans-le-monde. Et l’homme dans ce progrès restera toujours à la recherche de son être. Parce que cet être est infini, il est hors du temps. » Et c’est la raison que tout est à venir... sauf que l’homme ne sait pas et ne se sait pas.

 

Medjdoub Hamed
Auteur et chercheur spécialisé en Economie mondiale,
Relations internationales et Prospective.
www.sens-du-monde.com


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23 réactions à cet article    


  • Arthur S Chourave 16 octobre 2018 10:00

    En traduisant Husserl, Sartre a fait plein de fautes.

    Il vaut mieux lire une autre version.

    • Areole 16 octobre 2018 10:58

      Que cachez-vous donc dernière ce Joli galimatias philosofico-pédant ?

      Sont-ce les causes palestiniennes de l’ISM ?
      Sont-ce d’autres causes encore plus obscures ?
      Est-ce un réel intérêt pour la philosophie occidentale dont vous ne maîtrisez pas les concepts fondamentaux ?
      SVP éclairez-moi., votre article me laisse dans l’obscurité la plus totale.

      • Hamed 16 octobre 2018 11:36

        @Areole

        L’obscurité totale vous dîtes que vous laisse mon article n’est en fait que ce qui est vous parce que vous ne vous rendez pas compte de vous-même. Je ne puis éclairer l’obscurité la plus totale parce que vous êtes déjà en dedans, c’est-à-dire la plus totale.

        Si vous avez dit l’obscurité simplement dans un par exemple je suis dans l’obscurité ou je n’arrive pas à comprendre, j’accepterais volontiers et ce serait aussi mon devoir de vous éclairer parce que vous comme moi, nous sommes dans l’obscurité dans ce néant-univers. Sauf que moi, je tente de sortir de ma pensée comme l’a fait Sartre pour être.

        Mais vous n’êtes pas, vous êtes dans l’obscurité totale, vous vivez en interne, dans le sens que vous croyez vivre, mais vous ne vivez pas parce que un simple article a réveillé en vous « votre obscurité la plus totale ». Et j’ajoute que ce n’est pas votre faute dès lors que vous ne pouvez pas sortir de cette obscurité. 

        Mais lorsque je dis que ce n’est pas de votre faute ne vous absous que si vous ne savez pas ce que vous êtes en tant qu’être vivant-au-monde. Mais dès lors que vous dîtes « éclairez-moi, votre article me laisse dans l’obscurité totale », alors, à ce moment, votre sait, et vous n’avez plus droit d’être dans l’obscurité totale sinon vous n’êtes pas. Ce qui signifie en clair vous vivrez sans que réellement vous vivez. Vous croyez vivre et les hommes vous croit vivre, mais intérieurement non, c’est simplement ce qu’appelle en-soi ou une grande partie du néant en nous « insuffisamment néantisé » par votre pour-soi, qui vous donne cette impression de vivre.

        En clair obscurité totale signifie votre « néant ». Et je ne peux rien pour vous si cette obscurité totale en vous n’est pas combattu par vous. En clair vous devez néantiser par vous-même ou par la compréhension de mon article sur Sartre votre néant.

        Quant à la philosophie occidentale que vous dîtes, dans l’absolu, elle n’existe pas. Ni la philosophie chinoise, arabe ou n’importe laquelle. La philosophie est avant tout humaine. Et humain signifie l’homme qui pense par sa pensée. 

        J’espère vous avoir éclairé comme vous me l’avez demandé. Sortez donc de votre néant ! Et ne me remerciez pas.





      • Christian Labrune Christian Labrune 16 octobre 2018 12:21
        « Une étude de la réalité-humaine doit commencer par Je cogito. Mais le « Je pense » cartésien est conçu dans une perspective instantanéiste de la temporalité. Peut-on trouver au sein du cogito un moyen de transcender cette instantanéité ?
        ===============================
        A l’auteur,

        Quand je lis ça au début de l’article, je suis obligé de me pincer pour savoir si je ne rêve pas. Le cogito cartésien n’est nullement « conçu dans une perspective instantanéiste », ce qui supposerait une construction intellectuelle. Le cogito est une intuition pré-réflexive. Une « intuition originaire », dira Husserl. Il est un fait de conscience, la source originaire du questionnement qui lui succèdera, mais il ne saurait être en lui-même une construction ou un questionnement. Voir les Méditations cartésiennes de Husserl.

        De fait, Sartre qui avait pourtant passé un an à Berlin pour étudier Husserl l’année même où Hitler devenait chancelier, et sans même comprendre ce qui était en train de s’y passer, comprenant assez mal aussi la phénoménologie husserlienne, aura trouvé finalement plus commode, dans les années qui suivront, de s’inspirer des concepts foireux du philosophe nazi auteur de Sein und Zeit. C’est bien ce qui fait problème. 

        L’Etre et le néant reste un texte assez intéressant sur toutes les questions qui touchent à la notion de liberté, mais il faut reconnaître que la phraséologie hégélienne, très à la mode dans l’université française de l’époque, touillée avec de la purée heideggerienne, ça fait souvent une drôle de mixture. C’est suffisamment confus pour qu’il ne soit pas nécessaire d’ajouter à l’obsccurité par des commentaires approximatifs voire inexacts.

        • Reiki 16 octobre 2018 12:28

          Le Néant es en vérité un être qui n est plus.

          Plus elle etais proche de vous et plus le Néant es a porter de main.

          • Raymond75 16 octobre 2018 13:45

            Sartre a fini debout sur un bidon dans les usines Renault, à exhorter des ouvriers à la révolution ... Le néant.


            • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 16 octobre 2018 13:56

              Pour savoir de ce qu’il en était de l’université sous l’occupation : Jean Guéhenno ; « journal des années noires » .


              • Hervé Hum Hervé Hum 18 octobre 2018 09:35
                J’ai pas pu ou voulu tout lire, trop compliqué, sophistiqué, dont le but est de « noyer le poisson ».

                juste quelques remarques sur la partie que j’ai lu

                « je pense donc je suis ». C’est une vérité, si l’homme pense, c’est qu’il est. »

                NON, ce n’est pas tout à fait exact, cette imprécision va d’ailleurs entraîner, tel un jeu de domino, des erreurs et confusions toujours plus grande, bien que la relation en soi et pour soi ou plutôt hors de soi, est des plus juste, son analyse totalement biaisé par cette erreur de départ.

                L’être n’a pas besoin de penser pour être, il a besoin de penser pour être conscient de la relation entre son en soi et son hors de soi, pour rester avec le vocabulaire utilisé ici.

                Cette distinction est fondamentale, car elle conditionne tout le reste.

                La confusion est normale et est dû au fait qu’un principe est immuable, quelle que soit la dimension ou échelle à laquelle il est appliqué, seule sa forme change radicalement et selon un processus très strict.

                Ainsi, on peut toujours écrire « je pense donc je suis », mais si on veut analyser le phénomène en détail, alors, il faut absolument respecter les relations de causalité d’espace-temps. C’est à dire, qu’on doit écrire, « j’existe donc je suis » et (si) « je pense, donc je réfléchie » je suis conscient.

                La conscience ne peut exister, se révéler, qu’à la condition expresse de réfléchir son être, mais je ne peux le faire qu’à la condition d’un être polarisé, donc, avec un pole positif et négatif l’un vis à vis de l’autre et passant par une voie médiane, neutre.

                C’’est là que ce situe l’impasse conceptuelle de Sartre et en fait, de tous les penseurs majeurs connues.

                Pour comprendre le phénomène, reposant entièrement sur la raison pure, il faut faire appel au principe de relations de causalité avec ses trois sous principes d’exécution que sont la récurrence, l’itération et la division fractale. Cette dernière n’étant connu que depuis les années 60, son manque ne permettait pas la compréhension fine du phénomène.

                Ainsi, tout être, même un atome, est constitué d’une conscience propre et la preuve repose sur cette polarité entre positif et négatif. Du point de vue du principe, il n’y aucune différence fondamentale entre la pensée humaine et un atome, par contre, la forme n’a plus rien à voir, la première étant dans sa forme la plus simple et l’autre, la plus complexe. C’est cette complexification qui va demander le processus évolutif passant par les phases minérales, végétales et animales.

                Donc, la précision veut qu’on écrive « je pense donc je réfléchie et suis conscient ».

                La conscience étant définit comme « le sens de l’action en conséquence de la connaissance », elle contient en elle même, la récurrence, l’itération et la division fractale" C’est donc un mouvement dynamique où la connaissance est la phase statique.

                Mais êtes vous capable de voir ce qu’il y a avant, ce que cela implique par déduction inverse ?

                A vous lire !







                • Hamed 18 octobre 2018 13:01

                  @Hervé Hum

                  Tout d’abord l’article n’est pas compliqué ni sophistiqué Certes cela paraît compliqué, mais pour moi, dans ce domaine de l’être, je ne peux simplifier. Cela entre dans la phénoménologie ontologique, il n’y a pas d’autres mots pour expliquer l’être.

                  Ceci étant, vous dîtes : « je pense donc je suis ». C’est une vérité, si l’homme pense, c’est qu’il est. »

                  Et vous êtes arrivé à la conclusion de dire : « Ainsi, on peut toujours écrire « je pense donc je suis », mais si on veut analyser le phénomène en détail, alors, il faut absolument respecter les relations de causalité d’espace-temps. C’est à dire, qu’on doit écrire, « j’existe donc je suis » et (si) « je pense, donc je réfléchie » je suis conscient.  »

                  Bien sûr cela peut passer en simplifiant en disant : j’existe donc je suis. Mais le problème est que, sur le plan phénoménologique, vous omettez que vous ne pouvez existé que par la pensée. Et même votre existence est sortie de la néantisation de votre en-soi. Prenez lorsque vous êtes né, vous avez certes existé mais vous n’avez pas existé en être pensant. Vous ne pensiez pas à cet âge. Si on suppose que vous êtes resté ainsi sans pensée, vous avez grandi ainsi sans pensée réflexive, vous n’aurez vécu que par instinct comme le sont les animaux, auriez vous pu dire que : j’existe donc je suis.

                  C’est évidemment non. Inconscient, vivant sur l’instinct, vous n’auriez été rien sur terre comme si vous n’avez pas existé. Les choses extérieures n’existent que par nous, et nous nous existons par l’essence. Et l’Essence par l’Essence, Dieu le Créateur qui sur lui nous n’en savons rien.

                  Et c’est la raison pour laquelle à vous même, Hervé, existez-vous réellement ? Vous allez me prendre pour quelqu’un qui n’est pas sérieux ou comme vous dîtes sophistiqué. Non, je pose simplement votre existence en question puisque vous me dîtes : J’existe donc je suis. Quelle est l’argument qui vous fait dire qu’en existant, vous êtes.

                  J’ai le droit si je pars de votre axiome indémontrable, que vous n’existez pas puisque vous ne l’argumentez en rien contrairement à : Je pense donc je suis. Où il y a une cause, la pensée. Même si on ne connaît rien de son essence, c’est qui cause notre existence. Et le cogito ergo sum est une vérité comme vous le dîtes aussi. 


                  La conscience ne peut exister, se révéler, qu’à la condition expresse de réfléchir son être, mais je ne peux le faire qu’à la condition d’un être polarisé, donc, avec un pole positif et négatif l’un vis à vis de l’autre et passant par une voie médiane, neutre.

                  Quant à la raison pure, et au principe de relations de causalité avec ses trois sous principes d’exécution que sont la récurrence, l’itération et la division fractale, elle ne reste qu’une pensée. Elle ne donne rien sur l’explication de l’être, ses motivations, sa conscience.

                  Vous parlez d’atome, mais vous ne savez rien de l’atome. L’électron, le neutron, le proton, les positons, les bosons, les corps noirs, etc., ce ne sont que ce que les pensées ont soufflé aux chercheurs atomiciens. Et nous mêmes humains ne savons guère ce que nous sommes, tout au plus ce qualificatif d’humain.

                  Et ici je vous tiens un discours sur la phénoménologie de l’être, que d’autres ajoutent l’herméneutique. 

                  Ce que vous dites est très juste : «  La conscience étant définit comme « le sens de l’action en conséquence de la connaissance », Mais sur la suite, je ne vous suis plus parce qu’il n’y a pas d’argumentaire. Et il faut argumenter pour être compris. 

                  Précisément la conscience provient du néant, c’est-à-dire de l’en-soi qui s’est néantisé progressivement. C’est comme vous, vous étiez bébé, et progressivement vous avez appris à être, à reconnaître vos proches, votre famille, à exister en son sein, à apprendre l’existence. Vous avez au fur et mesure néantiser votre être profond de vous-même dont vous ne savez rien, et ce être issus de néant en néant que vos détruisiez au moyen du pouvoir de la pensée qui est en vous, vous avez construit votre conscience.

                  Voilà, je m’arrête ici. J’espère vous avoir apporté un éclairage








                • Hervé Hum Hervé Hum 18 octobre 2018 16:51

                  @Hamed


                  l’expression « j’existe donc je suis » est fausse, je m’en excuse. Je me rend compte qu’effectivement, cela revient au même d’écrire « je pense donc je suis ».

                  l’explication était "L’être n’a pas besoin de penser pour être, il a besoin de penser pour être conscient de la relation entre son en soi et son hors de soi, pour rester avec le vocabulaire utilisé ici.« 

                  On ne peut alors pas donner d’expression comparable, c’est à dire, qui pose d’abord la réflexion, car sans réflexion, il n’y a pas de pensée qui tienne. Ou alors, il faut commencer par redéfinir le sens du mot en dehors de son étymologie et sens usuel. Pris au sens large ou étroit, la pensée implique toujours une action réfléchie, qu’elle soit consciente ou inconsciente, car cette dernière n’est qu’une réflexion automatisée avec plus ou moins de degrés.

                  Sartre et vous même ici, considérez que ce serait le néant, sauf que selon sa définition, rien ne peut sortir du néant et en tout les cas, en aucune manière l’être. Sous un autre de vos article, je n’ai pas vu que vous aviez étiez capable de réfuter cette affirmation, car elle repose sur le principe d’induction et déduction, qui veut que si j’écris »je pense donc je suis« , on parle ici de conséquence. Je pense, parce que je suis, donc, d’abord l’être de manière irréfutable, alors que le néant est une supposition indémontrable et qui se situe avant l’être. Pour échapper à cette aporie, vous parlez d’un néant comme négation de l’être, le hic, c’est que partir de la négation de l’être ne le fait pas sortir du néant, mais le place en vis à vis, en réflexion, donc où l’être existe autant que le néant et donc, ne peut pas sortir de lui, mais se conscientiser par rapport à lui. Sauf que dans ce cas là, le néant ne peut pas avoir une réalité concrète, physique, mais seulement conceptuelle, virtuelle, donc, où c’est l’être qui fait exister le néant et non l’inverse. L’être est donc avant le néant et se sert de ce concept pour prendre conscience de lui même. Ici, il y a encore une aporie, mais que je ne vais pas aborder pour ne pas surcharge le commentaire.

                  Autrement dit, contrairement à ce que vous affirmez, et que l’expression »je pense donc je suis« affirme aussi, c’est mon postulat de base qui est démontré et le votre qui ne l’est pas et ne peut pas l’être. Ce qui exige de la part de Sartre l’usage redondant du mot être et néant où très peu de gens sont vraiment capable de suivre la pensée de l’auteur. Sauf ceux qui sont eux même dans cet état de confusion et s’y complaisent.

                  Encore une fois, si vous admettez le principe de l’évolution, alors, l’instinct ne peut pas être le résultat d’une action inconsciente, c’est totalement absurde, car cela impliquerait la non évolution et où l’être viendrait au monde dans cet état déjà déterminé et sans pouvoir en sortir. L’instinct est une action automatisée pour telle situation, souvent guidé par la nécessité ou l’urgence, mais n’est pas un hasard.

                  Le fait qu’un instinct puisse être en décalage ou inadapté à la situation, ne change rien, c’est seulement l’évolution de l’environnement qui provoque le décalage et qui va d’ailleurs obliger l’être à devoir réfléchir de manière consciente une nouvelle action adaptée, qui pourra alors, soit remplacer l’instinct devenu inadapté, soit s’ajouter à d’autres instincts. C’est à dire, nourrir la connaissance empirique de l’être, qui deviendra donc une mémoire statique ou aujourd’hui, si on prend le langage informatique, une mémoire morte.

                  Ici, vous êtes face à une aporie que vous ne voulez pas voir et que Sartre ne voit pas et l’oblige à toute cette »gymnastique« sophistiqué. Le fait qu’il fait un arrêt sur image, dit bien qu’il y a succession d’arrêts sur image, mais se refuse à lier ces arrêts sur image pour voir que l’inconscient pris sur un arrêt sur image, est une conscience, donc action réfléchi, dans un arrêt sur image précédent. Et que de fil en aiguille, par déduction, on arrive au moment où se pose la question primordiale, la question de l’oeuf et de la poule, »l’être ou le néant en premier ?" Pour Sartre, la logique cartésienne dit que c’est le néant, mais cela lui pose toujours un problème insurmontable pour extraire l’être de ce néant. Là, il est sans réponse et vous avec.

                  Vous prenez l’exemple de votre naissance, arguant que vous naissez sans pensée. D’abord, les connaissances actuelles prouvent le contraire, puisque le foetus réagit à l’environnement de la mère et ensuite, il naît bel et bien en tant qu’être et non en tant que néant. Mais aussi, toujours selon le principe de l’évolution, théorie que partageait Sartre du moins, le corps évolue en fonction de la relation entre l’être et son environnement, il traduit donc cette pensée, réflexion intime de l’être avec son environnement et son corps est le réceptacle de sa connaissance, mémoire physique et qui se trouve notamment dans le génome. Ici, la preuve est déjà faites, l’enfant naît avec un bagage génétique, qui le prédispose à telle conscience, à telles facultés, telles capacités réflexives, qui seront favorisés, bridés ou stoppés en raison de l’environnement, du vécu et où l’être est alors un arrêt sur image dans l’évolution intergénérationnelles.

                  Enfin, vous dites que je ne sais rien de l’atome, c’est évidemment faux et surtout, cela vous permet de ne pas répondre au fait qu’un atome est constitué d’un noyau et d’un électron de charges contraires, donc, positif et négatif. Que l’absence ou surcharge d’électron modifie ses propriétés Qu’il peut fusionner avec d’autres atomes pour former des atomes plus gros et s’associer avec d’autres atomes, pour former des molécules et ainsi de suite par division fractale d’espace-temps.

                  Bon, je m’arrête là !








                • Hamed 19 octobre 2018 11:28

                  @Hervé Hum

                  Vous dîtes : « sans réflexion, il n’y a pas de pensée qui tienne. » C’est juste. Mais c’est encore plus juste de dire : « Sans pensée, l’homme est dans le néant ».

                   «  le principe d’induction et déduction, qui veut que si j’écris »je pense donc je suis« , on parle ici de conséquence. Je pense, parce que je suis, donc, d’abord l’être de manière irréfutable, alors que le néant est une supposition indémontrable et qui se situe avant l’être. » Vous avez raison. 

                  Cependant indémontrable le néant existe. Comme le non-être existe, l’être sans le non-être ne peut exister. Comme le bien et le mal, le bien aurait-il un sens si le mal n’existait pas ? Comme la vie et la mort, la vie aurait-elle un sens ? Si la mort n’existait pas. Comme le jour et la nuit. Le jour et par conséquent la vie existerait-elle si la Terre ne se refroidissait pas par la nuit ? 

                  Hervé, il faut argumenter vos affirmations pour que vous soyez solvables. Certes vous avez des idées, mais vous « commercez » mal vos idées, il faut de la précision. 

                  Par exemple, vous dîtes «  Pour échapper à cette aporie, vous parlez d’un néant comme négation de l’être, le hic, c’est que partir de la négation de l’être ne le fait pas sortir du néant, mais le place en vis à vis, en réflexion, donc où l’être existe autant que le néant et donc, ne peut pas sortir de lui, mais se conscientiser par rapport à lui.  »

                  Vous croyez que j’échappe « à cette aporie », non je n’échappe, la différence entre moi et vous est que je laisse ma pensée me mener dans la sérénité. Je ne fais pas dire à ma pensée ce qu’elle ne peut recevoir a fortiori une « aporie », elle n’accepterait pas, parce que je ne suis que moi et elle, ma pensée qui me néantise en permanence pour être.

                  C’est elle qui me parle d’un néant comme négation de l’être, et précisément c’est elle qui me fait sortir et m’amener dans l’être-au-monde, à travers mon pour-soi vers pour-soi des choses-au-monde que je vise par ma raison. Ma raison est ce que la pensée à travers mon être me donne comme juge extérieure à elle. Et je précise encore ce que la pensée elle-même se laisse juger par ma raison qui est aussi sa pensée à elle.

                  Je ne sais si vous pouvez me comprendre. C’est un peu comme si vous êtes doublement pensant par votre même pensée. Et que notre être, en l’occurrence notre cerveau en tant que transmetteur de cette pensée consciente en nous n’est que ce qui nous personnifie en l’être-au-monde et l’être-pour-le-monde.

                  Aussi, je reviens à votre idée «  Sauf que dans ce cas là, le néant ne peut pas avoir une réalité concrète, physique, mais seulement conceptuelle, virtuelle, donc, où c’est l’être qui fait exister le néant et non l’inverse. L’être est donc avant le néant et se sert de ce concept pour prendre conscience de lui même. Ici, il y a encore une aporie, mais que je ne vais pas aborder pour ne pas surcharge le commentaire.  » Très juste. Le néant est le produit de la pensée, et la pensée c’est nous. Nous ne sommes que nos pensées, Hervé, c’est cela que vous devez comprendre. Vous êtes votre propre pensée et vous ne pouvez être autrement.

                  Lorsque votre pensée juge que c’est une aporie la pensée de l’autre, pour elle je ne suis pas moi Hamed, je ne suis qu’une pensée à laquelle elle fait face en ce moment, et elle doit répondre. Et elle est faillible comme la mienne aussi. Mais si elle voit une aporie, c’est que votre pensée ne voit le néant que comme conceptuel ou virtuel, mais comment conceptualiser le néant si ce n’est par ce moyen-mot langage. Le néant n’est pas un arbre ni un animal, c’est un abstrait produit universellement par la pensée.

                  A suivre



                   
                   





                • Hamed 19 octobre 2018 11:45

                  @Hervé Hum

                  Ici je n’ai pas compris : «  Autrement dit, contrairement à ce que vous affirmez, et que l’expression »je pense donc je suis« affirme aussi, c’est mon postulat de base qui est démontré et le votre qui ne l’est pas et ne peut pas l’être. Ce qui exige de la part de Sartre l’usage redondant du mot être et néant où très peu de gens sont vraiment capable de suivre la pensée de l’auteur. Sauf ceux qui sont eux même dans cet état de confusion et s’y complaisent. » 

                  Quel est ce postulat de base ? Et comment pouvez-vous dire que vous même reconnaissez que dans le texte de J.P. Sartre, très peu de gens sont vraiment capable de suivre la pensée de l’auteur." 

                  Et pensiez que ceux qui sont eux-mêmes dans cet état de confusion s’y complaisent sur un sujet extrêmement complexe portant dans le sens de notre existant dans notre être et dans l’être-dans-le-monde. Et vous êtes là à aligner des lignes et des lignes non pour nous expliquer l’être mais pour expliquer votre être que vous n’arrivez pas à saisir et en le confrontons à notre être car dans votre néant-être, une intuition de votre en-soi jaillit et vous dit : Oui ! ils ont raison et aussi ils n’ont pas raison. Et c’est la raison pour laquelle vous énoncez l’aporie qui n’est que votre propre aporie.

                  Pardonnez d’être direct. Et même pour vous signifier que ce n’est que ma pensée qui vous répond parce qu’elle pense votre pensée. 

                  Je m’arrête là. Je verrais si je dois encore vous répondre sur ce que vous avez écrit ensuite. Et ne prenez pas mal mes pensées sinon je e pourrais pas vous répondre.



                • Hervé Hum Hervé Hum 19 octobre 2018 16:59
                  @Hamed

                  Très juste. Le néant est le produit de la pensée, et la pensée c’est nous. Nous ne sommes que nos pensées, Hervé, c’est cela que vous devez comprendre. Vous êtes votre propre pensée et vous ne pouvez être autrement.

                  Désolé Hamed, mais si ce que j’écris est « très juste », alors, vous ne pouvez pas écrire « sans pensée, l’homme est dans le néant », vous pouvez  seulement écrire « sans pensée, l’homme est dans l’être ».

                  Si c’est la pensée qui produit le néant, alors, sans pensée, ce n’est pas le néant qui reste à l’homme, mais son être et s’il ne reste plus son être, alors, c’est qu’il est mort. C’’est ce qui rend si difficile de décider du sort d’un coma profond, savoir s’il est mort ou non, s’il est en possibilité de pensée ou si c’est fini.

                  Si c ’est la pensée de l’être qui produit le néant, alors ce dernier n’existe pas. Sinon, autant dire que superman existe !

                  cela rend caduque tout ce que vous écrivez avant, car vous ne parlez pas de dualité avec deux pôles opposés ET ayant la même réalité, mais face à une dualité où un pôle est réel et l’autre imaginaire. Il y a donc un décalage logique, causal et fait qu’on ne parle pas de la même dualité. C’est cela que vous ne voyez pas et devez comprendre !

                  Je n’ai, dès lors, pas ou plus à argumenter davantage et à démontrer l’évidence que vous partagez.

                  Sinon, ce que vous dites est inexact, je ne suis pas que ma propre pensée, pour cela, il me faudrait être totalement isolé de la pensée d’autrui, de tout environnement extérieur. La pensée des autres nourrit ma propre pensée et réciproquement.

                  Ce que je ne puis être autrement, c’est vivre dans le même corps physique pris dans son espace-temps propre...Depuis la naissance, voir avant.

                  Si on extrapole au delà de son soi intérieur en y incluant tous les autres soi, alors oui, de ce point de vue extérieur, je ne puis être autrement, mais de l’intérieur, la non connaissance de toutes les interactions est ce qui crée la sensation de libre arbitre. Me donne l’impression que ce sont mes pensées propres.

                  On dit que le ventre est un deuxième cerveau s’occupant de la digestion complexe des aliments, permettant au cerveau d’être libre, disponible pour d’autres actions, notamment de pensées. Ce principe se retrouve aussi au niveau du cerveau lui même, car si on devait analyser toutes les pensées sans leur donner un ordre d’importance d’action en fonction de l’environnement immédiat,de leur intensité émotionnelles et en rapport avec les limites imposés tant de l’intérieur que de l’extérieur, on ne pourrait pas ou peu agir.

                  Intérieurement, il vaut mieux considérer la pensée comme sienne pour pouvoir agir, sinon, on risque la paralysie, de néantiser sa pensée. Il vaut mieux s’extérioriser que pour méditer sur soi, mais à des moments déterminés et non en permanence.



                • Hervé Hum Hervé Hum 19 octobre 2018 17:49
                  @Hervé Hum


                  Pour votre 2ème commentaire, les lignes que j’aligne, ne sont pas là pour expliquer l’être, mais pour expliquer que l’être existe sans besoin du néant et n’a besoin du néant que pour se conscientiser, se penser. Que le néant est donc une création de son imaginaire et n’existe pas en réalité.

                  Ce que vous avez finalement admis !

                  Ce que je n’arrivais pas à vous expliquer, c’est qu’on ne peut pas mettre sur le même plan logique l’imaginaire et la réalité, parce que quand le premier ne connaît pas de limites, ni de lois physique, donc aucune contrainte d’aucune sorte qui fait que tous les sens y sont contenues dans un même instant. A contrario, la réalité est le monde où on ne peut pas enfreindre les lois causales définies sous peine de détruire la réalité elle même et qui en exclu l’imaginaire. Impose alors l’évolution dans l’espace-temps.

                  Pour autant, les deux (imaginaire et réalité) forment bel et bien une dualité propre et qui conditionne la conscience de l’être et l’évolution de celle ci, sans laquelle donc, l’être, pour existant qu’il reste, prend la forme du néant, mais ce n’est pas le néant, c’est l’être sans pensée, sans conscience d’être. Paraître, n’est pas être, c’est l’image de l’être.

                  On ne peut absolument pas poser le sens inverse, c’est à dire, où c’est le néant qui crée l’être, parce que, par définition, le néant est ce qui n’existe pas et on ne peut pas écrire comme vous le faites que le néant existe. C’est un aporie dans les termes, pas une dualité.

                  Pour argumenter un peu plus, je dirai que le néant pose problème avec l’évolution et même la foi religieuse, puisque dans le premier cas, on part d’une création ex-nihilo, donc, magique, miraculeuse sans aucune explication logique, scientifique possible. Et dans le second cas, pose le problème de la non création de Dieu, qui n’admet pas le néant comme antérieur, ni négation de Dieu en dehors de sa propre pensée divine. Donc, même postulat que l’humain.

                  Mon postulat de base est donc celui qui oppose réalité de l’être, contre l’imaginaire du néant, mais que vous avez finalement rejoins.

                  Maintenant, qu’est que l’être de mon point de vue ?

                  Pris seul, l’être est l’espace sans dimension définie et le temps, sans commencement, donc, l’espace-temps infini. Soit, l’être sans relations de causalités autre que lui même, Cela ne répond pas à la question du commencement et des dimensions d’espaces.

                  Dès lors où on l’être devient pensant, qu’il se réfléchit par le non être ou néant, l’être devient conscient et l’espace-temps définit en termes de causalité. Ce qui amène à dire que l’être existant de fait, la question est alors de donner ou non sens à cet existant. Ce qui amène à Dieu, mais pas nécessairement le Dieu humain, biblique, mais plutôt le Dieu de Spinoza.

                  La réalité, dans le sens de suivre des lois de relations causales strictes, s’impose à cet être infini pour pouvoir approfondir sa conscience d’être, car le néant ne le lui permet pas, seulement de prendre conscience de son état d’être, pas de l’approfondir, seulement de donner les éléments de bases, les briques fondamentales, donc, se doter des moyens et d’en suivre les contraintes logiques. Autrement dit, pour pouvoir formaliser sa conscience d’être, il doit suivre la raison pure, c’est à dire, la géométrie.

                  Bon, je m’arrête là, l’explication ne fait que commencer, mais au delà, cela devient vraiment complexe, une complexité kaléidoscopique...

                • Hamed 20 octobre 2018 13:46

                  @Hervé Hum

                  Vous écrivez : «  Encore une fois, si vous admettez le principe de l’évolution, alors, l’instinct ne peut pas être le résultat d’une action inconsciente, c’est totalement absurde, car cela impliquerait la non évolution et où l’être viendrait au monde dans cet état déjà déterminé et sans pouvoir en sortir. L’instinct est une action automatisée pour telle situation, souvent guidé par la nécessité ou l’urgence, mais n’est pas un hasard.  »

                  C’est quoi le principe d’évolution ? Darwin, Lamarck ? 
                  Ce que vos dîtes n’a pas de sens. L’instinct ne peut être le résultat d’une action inconsciente. Pourquoi pensez-vous que l’animal es conscient ? Où l’êtrre humain qui a faim relève d’une pensée consciente ? Elle est avant l’appel du corps, le corps à faim par la sensation que lui donne son corps.

                  C’est comme l’amour. Vous êtes jeune, et vous voyez une fille pour la première fois. A l’école, ou on vous la présente. Et « instinctivement », elle vous accroche et vous tombez amoureux d’elle. Qu’elle réponde à votre amour ou non, cela relève de son côté si vous avez « tapé » sur elle. Ce déclic. Et tout se fait inconsciemment. 

                  Des situations que vous croyez pensantes ou qu’elles vous paraissent ainsi, l’homme ou la femme qui croit penser et qu’elle se suicide pour leur amour, leur suicide ne relève-t-il pas d’une pensée inconsciente qui était l’instinct. Un lion qui dévore un animal ou un homme pense-t-il qu’il dévore un animal ou un homme. Non, il a faim simplement. 

                  Et c’est possible que s’il est repu, il n’attaquera ni l’animal ni l’homme. Il n’a plus envie de manger, ou plutôt l’instinct de son envie de manger, il ne l’a plus. Bien sûr, s’il a peur, il peut attaquer. Et là encore, la peur est un instinct. On a peur parce que c’est un signal de l’extériorité qui influe sur soi. Un autre exemple, vous toucher un objet métallique, et il vous brûle instinctivement, vous le laissez tomber. 

                  C’est vrai qu’il est automatisé, mais il demeure une action inconsciente. Elle n’est consciente qu’après l’action elle-même.

                  Et c’est je crois ce que vous dîtes : «  Le fait qu’un instinct puisse être en décalage ou inadapté à la situation, ne change rien, c’est seulement l’évolution de l’environnement qui provoque le décalage et qui va d’ailleurs obliger l’être à devoir réfléchir de manière consciente une nouvelle action adaptée, qui pourra alors, soit remplacer l’instinct devenu inadapté, soit s’ajouter à d’autres instincts. C’est à dire, nourrir la connaissance empirique de l’être, qui deviendra donc une mémoire statique ou aujourd’hui, si on prend le langage informatique, une mémoire morte. » 

                  Et autre point sur « l’œuf et la poule » que vous comparez à l’être ou le néant en premier. Tout d’abord l’œuf et la poule est simplement une façon imagée de le mettre en difficulté la pensée. Pourquoi ? Qui pense l’œuf et la poule ? Est-ce l’homme ? N’est-ce pas sa pensée ? Et si elle pose, c’est pour se jouer de l’homme qui la pense sans vraiment les penser.

                  Pour la simple raison que la pensée sait mais elle ne lui dit que ce qu’elle veut qu’il pense. Je ne sais pas si vous me comprenez. Comme d’ailleurs c’est votre cas, et la raison pourquoi vous me parlez de la poule et de son œuf. Pourtant la raison qui est le premier est frappante. Il faut venir à qui a donné la poule et l’oeuf. Il est évident que c’est la poule qui a construit l’œuf en elle, elle l’a pondu. Comparons avec un autre animal ou un humain, généralement le petit de l’animal ou le bébé de la femme vient directement de l’œuf (placenta) qui est dans leur ventre. 

                  Si le petit de l’animal ou le bébé humain était expulsé sous forme d’œuf comme la poule, et attendre qu’il soit couvé, seul le processus de la procréation a changé. Mais c’est toujours l’être où prend naissance le fœtus qui donne, et une phase du processus qui le donne. D’ailleurs aujourd’hui il y a la procréation assistée où la femme donneuse donne l’ovule fécondée in vitro à une femme couveuse. Quid le premier ? La femme donneuse, par analogie la poule. L’œuf c’est la femme couveuse en son sein, c’est elle qui le nourrit.

                  Et en extrapolant, avec qui le premier « l’être ou le néant ». Vous dîtes : «  Pour Sartre, la logique cartésienne dit que c’est le néant, mais cela lui pose toujours un problème insurmontable pour extraire l’être de ce néant. Là, il est sans réponse et vous avec.  »

                  C’est tout à fait normal qu’il difficulté. La réponse est certes multiple mais dans l’Un. Et je pense que vous le comprendrez. A la fois le Néant et l’être tout différent qu’ils sont, sont contenus dans l’Un. Ou simplement « un ». En effet, le néant n’est qu’abstrait réel pour affirmer que l’homme vient d’une source inconnaissable puisque l’homme qui dépend de sa pensée ne connaît que ce que lui souffle sa pensée. Et le néant existe en abstrait et il est réel dans la pensée humaine. De même, l’être est un abstrait puisqu’il est issu de la pensée parce que sans pensée il n’est pas. La seule différence est que l’être bien que pensé, il existe en plus physiquement, réellement. L’être est homme. Par contre le néant, c’est l’inconnaissable et il fait peur parce que la fin de la vie de l’homme, il est souvent apprécié comme un retour au néant. 

                  Pour les croyants, c’est un retour vers Dieu.
                  Je crois que je vous ai apporté quelques réponses. A vous d’y réfléchir





                • Hervé Hum Hervé Hum 22 octobre 2018 15:26

                  @Hamed



                  "Des situations que vous croyez pensantes ou qu’elles vous paraissent ainsi, l’homme ou la femme qui croit penser et qu’elle se suicide pour leur amour, leur suicide ne relève-t-il pas d’une pensée inconsciente qui était l’instinct. "

                  Non ! l’instinct ne porte pas au suicide, mais à la survie, qui est la condition pour donner sens à sa vie. Or ici, l’homme et/ou la femme remettent en cause leur survie via le fait que leur vie est considérée comme ayant perdu son sens, sa raison d’être. Et cela peut être que par une pensée consciente montrant la perte de sens, qui est la pensée prima de tout être, donner sens ou non à sa vie.

                  Autrement dit, l’homme et la femme ont été contraint de poser la question de leur survie en raison de la perte de sens de leur vie, qui est la pensée prima de toute existence. C’est la perte de sens de leur vie qui va les conduire au suicide, dans le cas contraire, ils auraient fait montre d’une formidable soif de vivre.

                  Vous m’obligez à me paraphraser  !


                  Les autres cas cités relèvent de la même réponse.

                • Hervé Hum Hervé Hum 22 octobre 2018 15:07

                  @Hamed


                  On ne peut absolument pas penser l’être dans son absolu, de la même façon que l’être placé dans cet absolu. L’un est le contenant, l’autre le contenu. Le premier pose la question de la création de l’Univers ou pour le moins le notre, le second est pris dans cette création.

                  L’être humain est pris dans cette création et l’Etre en absolu parle de celui qui l’initie.

                  Ou bien je parle de l’être humain et le néant, soit je parle de l’être et le néant, c’est à dire, dans son principe vital, initiateur. Qui forme l’instinct premier de toute forme de vie, soit, donner sens à son existence.

                  C’est l’action première de l’être prenant conscience. donner sens à son être. Entre réalité et imaginaire de l’être formant effectivement l’Un, deux sens s’opposent, et forment la dualité de l’Un. Mais s’ils restent en équilibre parfait, ils s’excluent l’un l’autre et il n’y a que l’être sans imagination.

                  Le néant, c’est l’imaginaire, mais qui existe dans l’être que par son imagination. Pour faire exister le néant, donner une place à son imaginaire, l’être doit donc se diviser en deux, une forme réelle et une forme figurative. Mais comme il est Un, il s’agit de vases communicants et le sens du courant est déterminé par l’intention de création, contre celle de la non création. C’est la définition causale d’un tore ou en deux dimensions, du symbole du yin yang.

                  Cela, c’est pour l’Etre absolu qui contient chacun de nous, êtres humains ou animaux et selon la théorie du physicien Nassim Haramein, c’est tout l’Univers visible et il apporte des arguments mathématiques et physiques précis. Par contre, le physicien ne comprend pas grand chose au niveau du sens.

                  Cet être absolu, définit la conscience première et donc, la pensée première, qui consiste à se conscientiser, mais dans un état où l’imaginaire ne peut donner autre chose que la seule relation causale entre l’être et le néant, où pour en sortir, la vibration de l’être ne trouve comme réponse que la division de lui même en particules élémentaires, animées et même, constitué de cette pensée prima, donner sens à l’’existence, mais partant de ses briques élémentaires et non complexes. Le simple va vers le complexe, pas l’inverse. Donc, induisant l’évolution. Cette forme de penser est déjà bien connu, mais pas vraiment dans les relations causales que cela implique.

                  Autrement dit, la pensée prima contient l’instinct de survie, par la volonté de donner sens à son existence. Puisque si le but est de donner sens à son existence, il faut d’abord en assurer la survie et là, l’analyse diffère selon qu’on parle de formes vivantes et formes inertes.Je n’entrerai pas dans son explication ici.

                  C’est cela que vous n’arrivez pas à saisir, le fait que toute différences disons, cardinales et ordinales, ne permet plus de comparer au même niveau les formes, seulement prendre conscience que seul le fond reste identique, c’est à dire, sa finalité.

                  L’histoire de la poule et de l’oeuf est une métaphore qui ne veut rien dire en dehors. Ceci, parce que les deux propositions sont vraies et fausse, tout dépend à quel moment vous situez l’action première, c’est à dire, où vous situez l’acte de création. En fait, avant l’oeuf et la poule, les organismes vivant étaient l’un et l’autre à la fois et ont séparés ses deux fonctions en introduisant le mâle, ici, le coq. Mais cela dit bien qu’on ne peut pas dire qui de la poule ou de l’oeuf. La seule chose qu’on peut dire, c’est que la poule pond l’oeuf et l’oeuf fait naître tantôt une poule, tantôt un coq. C’est les trois ensembles qui fait la poule, l’oeuf et le coq.

                  vous écrivez "Pour la simple raison que la pensée sait mais elle ne lui dit que ce qu’elle veut qu’il pense. Je ne sais pas si vous me comprenez.« 

                  Désolé Hamed, mais écrire »la pensée sait mais elle ne lui dit que ce qu’elle veut qu’il pense" est une autre idée indémontrable, surtout, comment la pensée peut elle être disjointe de l’être comme vous le faites ? Cela n’a pas de sens, la pensée en elle même ne sait rien, parce qu’elle est l’expression d’une relation causale entre les êtres ou pour l’Etre absolue, entre lui et son imaginaire, mais la pensée en elle même ne pense pas, ne sait rien, ne se pense pas sans que cela aboutisse à la voir comme un être pensant. C’est être pensant, c’est vous et non la pensée seule. Parce que dans votre cas, se pose la question de la pensée de la pensée. C’est absurde ou plutôt, le résultat de l’imagination aberrante du cogito humain.

                  La pensée est un outil, un moyen que l’être utilise pour se conscientiser. Et pour cela, doit se fonder sur la raison pure qui structure la pensée avec des règles physiques. Sans ces règles régissant un ordre spatio-temporel des relations causales, l’être ne peut pas introduire l’imaginaire dans sa réalité existante et créer quoi que ce soit. C’est à dire, que son imaginaire reste cantonné dans le néant, au mieux, un point noir dans son être.

                  Mais de l’instinct primaire, jusqu’à l’action la plus consciente, aucune action est dû à l’inconscient dans le sens de la non pensée de l’action, mais encore une fois, automatiser la pensée en forme d’instinct est nécessaire pour libérer l’être dans sa quête de sens et de conscientisation de soi.




                  • Hamed 22 octobre 2018 21:47

                    @Hervé Hum

                    Suite à vos commentaires précédents.

                     

                    Tout d’abord quand j’ai écrit : « Prenez lorsque vous êtes né, vous avez certes existé mais vous n’avez pas existé en être pensant. Vous ne pensiez pas à cet âge. Si on suppose que vous êtes resté ainsi sans pensée, vous avez grandi ainsi sans pensée réflexive, vous n’aurez vécu que par instinct comme le sont les animaux, auriez-vous pu dire que : j’existe donc je suis.  » Je précise que je fais allusion à une pensée logique qui raisonne.

                     

                    Il est évident qu’un bébé qui naît, personne ne peut dire réellement qu’il pense. Cependant la logique veut que forcément il doit penser sinon il ne pourra pas être. Cependant, il n’a pas connaissance du monde. Ce n’est que progressivement qu’il prend conscience du monde. D’autre part qui vous dit que son corps ou même un corps d’adulte ou votre corps est le réceptacle de toute connaissance. De même, et là, je parle de vous. Où se situe votre mémoire, votre intelligence, en clair votre pensée ? Dans votre corps ou en un autre lieu ? Réfléchissez avant de répondre. Et voyez ce que dit en vous votre certitude sur cette pensée, et je vous avertit qu’elle est métaphysique avant d’être physiologique.

                     

                    En revanche ce que vous dîtes : « Le corps évolue en fonction de la relation entre l’être et son environnement, il traduit donc cette pensée, réflexion intime de l’être avec son environnement. » C’est parfaitement juste et Hegel appelle ça le pour-soi, cette extériorité pensée par l’intériorité. Et ce qu’a repris Sartre dans l’Être et le Néant.

                     

                    Quant au bagage génétique, heureusement que le bébé qui naît en est pourvu, sinon on aurait des fourmis à la place des humains. On se ressemblera tellement que la pensée nous serait inutile. On vivrait que par l’instinct puisque il n’y aurait plus besoin d’une pensée humaine qui nous différencierait, et une raison humaine qui donne à chacun un sens pour vivre. Je ne sais si vous me comprenez. Précisément, c’est le bagage génétique qui donne sens à la finalité dans l’existant-dans-le-monde.

                     

                    Là encore vous avez raison : « Ici, la preuve est déjà faites, l’enfant naît avec un bagage génétique, qui le prédispose à telle conscience, à telles facultés, telles capacités réflexives, qui seront favorisés, bridés ou stoppés en raison de ...  ». Sauf qu’il n’y a point besoin de preuves, la logique suffit. Comme Descartes avec ce cogito ergo sum ou « je pense donc j’existe ». il n’y a rien à démontrer

                     

                     Quant à l’atome, je ne mets pas en doute vos connaissances sur l’atome. Mais, dans l’absolu, l’être humain ne sait rien de ce qu’il ressort de l’atome ou de l’infiniment petit encore plus petit que le neutron de l’atome. L’atome et ses composants ne sont que ce que la pensée a pensé en l’homme. Ni plus ni moins. Et cette pensée a rendu un grand service à l’humanité puisque elle a expliqué les phénomènes électriques et toutes les applications qui en dérivent jusqu’au nucléaire et au clavier sur lequel je pianote. Et ce grâce à l’atome, et ses dérivés, molécule, etc., et voir le formidable bon en avant de notre civilisation, de notre mode de vie. Et nous sommes qu’au début d’une nouvelle ère.

                     

                    Donc ce n’est pas ce que vous avez compris de ce que je voulais dire.

                    Voilà je m’arrête là


                  • Hervé Hum Hervé Hum 23 octobre 2018 09:43

                    @Hamed


                    Un bébé qui naît, ne raisonne pas au sens où vous l’entendez, il ressent avant toute chose les énergies qui l’entourent et réagit à celles ci.

                    Ce sont ces réaction primaires qui vont formater en premier lieu son cerveau et cela commence avant même la naissance, dans le foetus. Et ces réactions sont une forme de pensée, ce n’est que le niveau de réflexion qui est différent. Pas dans une pensée réflexive intérieure où il pense sa relation au monde, mais réagit, réfléchit directement son environnement, selon ce que lui disent ses instincts, où ce dernier est une action réfléchit automatisé. C’’est ce point que vous évitez d’aborder et que votre commentaire élude, le fait qu’un instinct est d’abord le fruit d’une pensée consciente, réfléchie. Parce que vous ne pouvez admettre que la conscience puisse être en dehors de l’humain, au niveau d’un atome. Je ne peux pas vous expliquer le processus avec un simple commentaire, mais passer du simple au complexe, ne change que sur la forme, pas dans le fond.

                    Si la conscience est définit comme le sens de l’action en conséquence de la connaissance, fondamentalement, cette définition est valable pour un atome dans sa forme la plus élémentaire, alors que pour l’humain, elle apparaît dans sa forme la plus complexe.


                    Ecrire « la pensée a pensé en l’homme », est une aporie, parce que c’est l’homme qui pense et « la pensée à pensée en l’homme », n’est autre qu’une pensée antérieure de l’homme, mais qui reste avec une charge ou mémoire active à l’intérieur de la somme des pensées que l’homme a générée au cours de sa vie passé et donc, jusqu’à continuer avec une force vive dans le présent, tant que ladite pensée n’est pas neutralisé, donc, vidé de sa force active qui la fait surgir dès que l’occasion lui en est donnée, c’est à dire, chaque fois que l’homme se retrouve en situation où la pensée qu’il a eut doté de sa charge émotionnelle, revient dans son présent. Mais c’est bel et bien l’homme qui a crée cette « pensée qui pense en l’homme ». La complexité est encore plus grande lorsqu’on réalise que cette pensée qui pense peut provenir d’une personne extérieure via ce qu’on appelle les neurones miroirs ou télépathie. Mais c’est toujours l’homme qui pense, parce qu’il est le contenant et la pensée le contenu. Parce que la pensée est l’outil à l’usage de l’homme, pas l’inverse.

                    Autrement dit, l’humain conserve tout au long de sa vie des pensées anciennes qui gardent leur force émotionnelles si ces dernières n’ont pas été dévitalisés dans leur charge. Cela vaut autant pour les situations négatives que positives qui vont générer une pensée.

                    Mais surtout, vous ne répondez pas sur le fait qu’un principe est immuable dans sa raison d’être et n’évolue que par sa forme. Que c’est uniquement ce principe et à cette condition qu’on peut expliquer l’évolution de l’Univers jusqu’à l’humain où on retrouve partout le même instinct, celui de donner sens à son existence, contenant en lui même l’instinct de survie.

                    Bon, tout comme vous, je m’arrête là, je pense avoir suffisamment argumenté, même si je peux le faire encore en faisant appel à d’autres éléments.

                  • Hamed 24 octobre 2018 23:36

                    @Hervé Hum

                    Je vais encore tenter de vous expliquer que vous ne comprenez pas très bien le processus de la pensée. Vous dîtes : 

                    «  Un bébé qui naît, ne raisonne pas au sens où vous l’entendez, il ressent avant toute chose les énergies qui l’entourent et réagit à celles ci. 

                    Ce sont ces réaction primaires qui vont formater en premier lieu son cerveau et cela commence avant même la naissance, dans le foetus. Et ces réactions sont une forme de pensée, ce n’est que le niveau de réflexion qui est différent. Pas dans une pensée réflexive intérieure où il pense sa relation au monde, mais réagit, réfléchit directement son environnement, selon ce que lui disent ses instincts, où ce dernier est une action réfléchit automatisé. C’’est ce point que vous évitez d’aborder et que votre commentaire élude, le fait qu’un instinct est d’abord le fruit d’une pensée consciente, réfléchie. »

                    L’instinct pour le bébé n’est pas le fruit d’une pensée consciente réfléchie. C’est un réflexe pensé par la pensée du bébé dont il n’a pas encore conscience. Et ce processus continue dans l’âge adulte. Vous marchez à pied et vous traversez la chaussée, puis une voiture vient à toute vitesse, vois faîtes un bond de côté pour ne pas être touché. Votre pensée a pensé pour vous, vous ne l’avez pas pensé. Donc, dans ce réflexe, vous avez eu une pensée qui était libre de vous. 

                    Et on peut étendre le processus à l’homme et lui dire, en fait l’homme n’existe pas, il croit exister mais il n’existe que par la pensée. Si on lui enlève la pensée, il n’est rien. Pour preuve lorsqu’il dort, il est comme mort. Sa pensée le quitte et c’est parce que sa pensée le quitte qu’il dort. En dormant, il ne pense plus et il peut vivre, son cœur bat, et toutes ses fonctions vitales, mais demeure qu’il vit sans vivre l’existence. Il est absent.

                    Imaginez le nombre d’heure de sommeil d’un homme dans sa vie, c’est presque le tiers de sa vie où il a existé sans qu’il ait existé puisqu’il a passé une grande partie de sa vie à dormir. Et sa pensée était libre de penser ou de ne pas penser selon son libre arbitre. Le rêve où tout ce qu’elle voyait, l’homme était un simple spectateur si la pensée a bien voulu qu’il soit un spectateur de ce qu’elle faisait dans un monde qui n’était plus le monde de cet homme.

                    Et c’est précisément, ce pouvoir de la pensée qui vient de l’inconnaissant que l’on ne connait pas et que l’on appelle âme, esprit ou en-soi, fait que même nous qui croyons exister, qui croyons que nous pensons, qui croyons que nous construisons, que nous découvrons, qui croyons que nous avons une conscience, en fait ce n’est pas nous, c’est notre pensée « conjuguée » à notre corps.

                    A suivre



                  • Hamed 24 octobre 2018 23:39

                    @Hervé Hum

                    Suite

                    Evidemment, vous n’acceptez pas ce raisonnement, et je vous donne raison, mais il demeure que ce raisonnement est sous-tendu par une logique parfaitement cohérente, qui dévoile une réalité qui nous est cachée. Elle ne nous vient pas à l’esprit, et surtout elle peut menacer notre entendement dans la mesure où on est amené à se dire que nous n’existons pas. Et qu’en fait tout se fait par notre pensée. Et cette pensée, ce n’est pas nous qui la pensons, c’est elle qui nous pense.

                    Mais, à mon sens, en ce qui me concerne, il faut rendre à César ce qui appartient à César. Certes je pense ma pensée, mais ma pensée pense aussi en moi. Et j’essaie de trouver un juste milieu entre moi et elle.

                    Contrairement à vous qui dîtes : 

                    «  Ecrire « la pensée a pensé en l’homme », est une aporie, parce que c’est l’homme qui pense et « la pensée à pensée en l’homme », n’est autre qu’une pensée antérieure de l’homme, mais qui reste avec une charge ou mémoire active à l’intérieur de la somme des pensées que l’homme a générée au cours de sa vie passé et donc, jusqu’à continuer avec une force vive dans le présent, tant que ladite pensée n’est pas neutralisé, donc, vidé de sa force active qui la fait surgir dès que l’occasion lui en est donnée, c’est à dire, chaque fois que l’homme se retrouve en situation où la pensée qu’il a eut doté de sa charge émotionnelle, revient dans son présent. Mais c’est bel et bien l’homme qui a crée cette « pensée qui pense en l’homme ». La complexité est encore plus grande lorsqu’on réalise que cette pensée qui pense peut provenir d’une personne extérieure via ce qu’on appelle les neurones miroirs ou télépathie. Mais c’est toujours l’homme qui pense, parce qu’il est le contenant et la pensée le contenu. Parce que la pensée est l’outil à l’usage de l’homme, pas l’inverse.  »

                    Il serait intéressant de publier un article à ce sujet et de prendre vos réflexions et les comparer aux miennes, bien sûr en les développant. Et ce sera aux autres qui liront de donner leur avis. Peut-être que j’ai tort. Et c’est vous qui avez raison. Peut-être que j’ai raison et c’est vous qui avez tort. De toutes les façons, il faut bien que ceux qui liront votent non pour voter mais qu’ils donnent leur jugement.

                    Parce que le problème avec vous, c’est lorsque vous dîtes avec certitude que " Mais c’est bel et bien l’homme qui a crée cette « pensée qui pense en l’homme  ». Comment êtes-vous si sûrs ?



                  • Hervé Hum Hervé Hum 25 octobre 2018 23:03
                    @Hamed

                    Pour étayer mon argumentation, il me faudrait en passer par expliquer le principe de relations de causalité, car c’est lui qui se « cache » derrière toute nos pensées.

                    En attendant, on tourne en rond !

                    Le problème de votre position, c’est qu’elle est statique et admet difficilement le mouvement dynamique du raisonnement que je suis (de suivre s’il est correct, car s’il est faux, alors, c’est effectivement mon raisonnement).

                    Nous sommes d’accord sur le fait que le bébé naît sans pensée réfléchit intérieurement, cette faculté se développant avec l’’expérience de son environnement en rapport à ses sens, dont la faim, entre état repus et état de faim et la sensation de plénitude ou d’inquiétude, qui s’ajoutent aux 5 sens reconnus, mais non considéré comme tels, en raison du fait qu’il s’agit de sens tournés vers l’intérieur à l’être, alors que les 5 autres sont des sens tournés vers l’extérieur.

                    Mais vous oubliez que les deux sens tournés vers l’intérieur, sont un état réfléchit par le bébé au niveau de ses sensations, sa perception de son environnement intérieur, avant même les autres. Le bébé dans le ventre, partage les émotions de sa mère et dans les cas extrêmes, fusionne avec les émotions de telle sorte que son corps est affecté, voir, sa nature d’être altérée.

                    Ce que le bébé éprouve, sont des pensées qui vont rester actives tout au long de la vie de la personne, mais évoluer en fonction du vécu de la personne, parce« qu’entre l’en soi et le pour soi, il y a le hors soi, c’est à dire, les autres, dont les pensées interagissent avec les notre. Ne vous est t-il jamais arrivé d’avoir la même pensée en même temps avec quelqu’un ? Mais qui a donc eut le premier la pensée ? voilà une situation quantique par excellence !

                    Tel qu’écrit, je comprend le »pour soi« , comme un mouvement, l’expression de la volonté, alors que »l’en soi« est un état statique, parlant de l’intériorité de l’être.L’en soi est alors la source et le pour soi, le courant. Aussi, l’en soi renvoi plutôt au hors soi et le pour soi au contre soi.


                    Pour imager le problème disons, existentiel de votre théorie sur la pensée et que vous avouez en écrivant  »Mais, à mon sens, en ce qui me concerne, il faut rendre à César ce qui appartient à César. Certes je pense ma pensée, mais ma pensée pense aussi en moi. Et j’essaie de trouver un juste milieu entre moi et elle.« 

                    le problème, c’est que vous êtes obligé de vous accrocher à votre pensée en considérant que c’est aussi la votre, car sinon, ce n’est pas tant votre entendement qui est menacé, mais le sens de votre existence et donc, vous paralyserait totalement. Aussi, pour ne pas être paralysé et continuer à donner un sens physique à votre vie, vous devez, pour le moins, »trouver un juste milieu entre moi et elle« . Pour imager le phénomène, c’est comme si vous voulez prendre un remonte pente en vous demandant lequel prendre et qu’elle pensée écouter pour le prendre, tant que vous n’en prenez pas une pour vous même, vous restez en bas de la piste et ne profitez pas des joies du ski !

                    C’est ce qu’on peut appeler une aporie du raisonnement, parce que c’est une impasse logique. Vous constatez qu’il y a des pensées qui pensent en vous, mais devez quand même penser les pensées qui pensent en vous, pour prendre des décisions et agir.

                    La question n’est pas tant de réaliser qu’il y a des pensées qui pensent en nous (tout être humain normal en fait l’expérience continu), état statique de l’instant présent, mais que ce sont nos propres pensées d’états statiques antérieurs, c’est à dire, dans un instant présent passé, qui occupe dans notre être toujours cet instant présent, mais décalé dans l’espace-temps d’autres instants présents vécu entre temps. Or, ce qui détermine la hiérarchie des instants présents vécu, c’est le rapport émotionnel ressenti ou pour les 5 autres sens, le rapport sensoriel mauvais/bon ou agréable/désagréable, etc. Personne ne se rappelle quand il approchait sa main de la flamme de la bougie et tant qu’un adulte nous en prévenait, mais seulement lorsqu’il à touché la flamme et s’est brûlé. Parce que c’est seulement à ce moment là qu’on y fait attention et qu’une petite voix nous dit alors »fais attention, tu vas te brûler !’. Cette pensée pense en nous alors et revient chaque fois que l’occasion se présente, sinon, gare de ne pas se brûler.

                    Tout cela se construit alors sous forme d’algorithme. La même base logique de ceux utilisés pour nous guider dans nos choix, en étudiant d’abord nos choix une première fois et ensuite, en gérant selon les apports nouveaux et ceux qui en échange sont délaissés, parce que ce qui doit se gérer, c’est l’instant présent, dans un espace-temps compté et décompté où donc, l’être ne peut pas accomplir tous ses choix souhaité, il doit les trier, mais plus il y a de choix en balance, plus la pensée est assaillie de pensée qui pensent et nous ralentissent. C’est également cette
                    limite d’espace-temps qui exige de diviser la pensée en forme instinctive et réfléchit au présent.

                    Qu’on peut appeler aussi réduction de l’état pensif à l’action pensante.

                    Ainsi, ceux qui ont une pensée dominante unique, dites obsessionnelles, sont ceux qui montrent le plus de détermination fanatique.

                    Voilà la partie d’article !



























                  • Hamed 26 octobre 2018 10:39

                    @Hervé Hum

                    Je pense que vous avez tout dit, et moi également. On a tourné en rond et on n’a pas tourné en rond. Mais, à mon sens, vous avez été positif comme je pense que je l’étais. Et le fait de le dire et de le penser, c’est que cela a été, sinon on n’aurait pu comparer nos pensées.

                    Donc, je vais voir si je peux encore écrire un article sur l’existence humaine et on n’écrira jamais assez pour comprendre nos vies qui sont le reflet de cet immensité de l’infini, cet univers qui n’a pas de frontières au sein duquel nous évoluons en pensée qui veut embrasser cet univers mais ne le peut pas. Parce qu’il trop grand pour elle, parce qu’elle-même est aussi un univers.

                    Aussi, je vous dis merci pour vos réponses qui ont cherché à comprendre la complexité de l’être, de notre être. 

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