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Accueil du site > Tribune Libre > « L’Europe devra s’appuyer sur une identité régionale forte (...)

« L’Europe devra s’appuyer sur une identité régionale forte »

Le webzine fédéraliste « Le Taurillon » m’a accordé une interview suite à mon éditorial vidéo N°11, publiée aujourd’hui à la une du site. Je m’exprime sur la place des blogs dans le paysage politico-médiatique, sur les Etats-Unis d’Europe, sur la place accordée à la politique européenne dans les médias et la reconduction de José Manuel Barroso à la présidence de la commission européenne. A retrouver dans son contexte original sur http://lenouvelhebdo.com ou http://taurillon.org 
 
Taurillon : Vous êtes un blogueur intéressé par la vie politique, par le débat public en général. Comment concevez-vous la place des blogues dans le débat public ? Est-ce seulement une affaire de jeunes nés avec un clavier entre les mains, ou peut-on retrouver dans la blogosphère des débats qui soient représentatifs de l’opinion publique ? 
 

Alex Joubert : La place des blogs est primordiale. A l’heure de 20 Minutes, de l’info trash et du zapping, les médias sont contraints, principalement pour des raisons économiques, de réduire la part d’analyse et d’approfondissement dans leur traitement de l’information ; d’ici quelques années ce phénomène aura empiré. Or, la plateforme blog peut permettre à certaines plumes de développer, de commenter, d’analyser l’évènement qui sera uniquement évoqué par une dépêche AFP dans les médias traditionnels payants. Bien sûr, une capacité de synthèse et sélection de l’information est nécessaire pour se constituer une blog-liste enrichissante. De plus, il ne s’agit pas d’être né avec un clavier entre les mains pour reprendre votre expression. Au contraire puisque nombre de commentateurs si ce n’est acteurs de la vie politique tels que Christophe Barbier, Jacques Attali ou Jean-Luc Mélenchon et qui ont tout de même quelques printemps derrière eux ont saisi la formidable opportunité que pouvait constituer pour eux le blog ! De plus, il n’est pas rare que des personnages âgés animent un blog.

Taurillon : Sur votre blogue comme sur de nombreux autres, la frontière entre journalisme et blogage est ténue. Vous-considérez vous comme journaliste ? Le blogueur et sa production sont-ils d’après-vous aussi bien perçus par leurs lecteurs que le journaliste et ses articles ?

Alex Joubert : Tout d’abord, me concernant, il est clair que je n’ai pas même acquis le centième des capacités d’un journaliste. De plus je n’ai aucune expérience du terrain et la conception de mes billets se résume à une heure passée dans mon bureau. Quant à l’opinion des journalistes sur les blogueurs, je ne pense pas que ces derniers soient bien tenus en considération. Cela dit, n’ayant aucun contact avec des journalistes je m’en tiens à de simples préjugés et articles de journaux.

                         

Taurillon : Dans votre éditorial du 26 septembre 2009 vous faites une profession de foi fédéraliste, affirmant que le système fédéral est le plus juste démocratiquement. Lorsque vous imaginez une Europe fédérale, quels changements majeurs voyez-vous par rapport à l’Europe dans laquelle nous vivons ?

Alex Joubert : Tout d’abord, l’Europe deviendrait, et cela constituerait un changement majeur et historique, non plus une organisation d’état mais un état fédéral. Actuellement, les prérogatives de l’Union sont assez limitées d’autant plus qu’une large majorité de thématiques est soumise à la règle de l’unanimité, même si cette règle archaïque va être marginalisée dans le cadre du traité de Lisbonne. Or, le changement majeur apporté à cette Europe fédérale serait la suppression de la règle de l’unanimité.

Cependant, je sais que la future Europe, qui constituera l’état multinational le plus varié en matière linguistique ne saurait être bâti sur des bases solides si il est trop centralisé. C’est dans ce sens que je suis favorable à une Europe des régions. Je suis persuadé que l’Europe fédérale n’a aucun avenir si elle s’avère être un empire multi-national, conception archaïque qui n’a jamais fonctionné dans l’histoire. Regardez l’empire de Charlemagne, de Napoléon, le royaume d’Autriche-Hongrie, l’URSS, la Yougoslavie et la Chine Populaire qui un jour ou l’autre éclatera.

Donc l’Europe devra s’appuyer sur une identité régionale forte, un sentiment d’appartenance à sa région chez le citoyen. C’est pour cela que les états actuels n’ont pas vocation à être conservés. Les Alsaciens, les Bretons, les Corses, les Basques, les Savoyards, les Ch’ti partagent beaucoup plus entre eux, que ce soit au niveau linguistique, culturel, culinaire, du mode de vie que les français entre eux. Car que partageons nous ? Le fromage, le vin, le pain, la Tour Eiffel et Napoléon. Pas assez pour impulser un véritable ressentiment national.

Taurillon : Pourquoi parle-t-on si peu de politique européenne, dans les médias traditionnels ou sur internet ?

Alex Joubert : Sans doute parce que les institutions européennes sont trop complexes, et la répartition des pouvoirs entre les états et l’Union trop abstraite du point de vue des français que les médias peinent à vulgariser l’actualité politique européenne. En outre, les clivages au sein de la scène politique continentale sont peu perceptibles, ce pourquoi de véritables débats supranationaux peinent à s’imposer.

  

Taurillon : Que pensez-vous de la reconduction de José-Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne ?

Alex Joubert : Je suis partagé. José Manuel Barroso n’a en aucun cas l’autorité, le charisme et l’influence d’un véritable chef de file. Donc de ce point de vue là l’action européenne va continuer à être orientée par le Conseil Européen. Or, dans le cadre d’une future Europe Fédérale, la mission de la Commission correspondra à celle allouée aux gouvernements nationaux actuels. Et avec José Manuel Barroso à sa tête, la commission européenne se tiendra à la fonction technicienne qui lui est allouée. De plus, ce dernier est favorable à l’entrée de la Turquie dans l’UE. Or, en vue de l’europe fédérale régionale que je défends dans votre troisième question, cette perspective n’est pas vraiment réjouissante car comme je le rappelle, l’état européen ne pourra contenir en son sein des divergences culturelles trop importantes tel qu’entre la Turquie et un pays nordique par exemple ! La nomination de José Manuel Barroso à la présidence de la commission européenne est donc un coup bas porté aux fédéralistes.

Cependant, grâce au Traité de Lisbonne qui je l’espère sera très rapidement mis en application, l’UE pourra se doter, aux côtés du technicien Barroso, d’un président permanent du conseil européen, qui saura imposer son leadership. Un homme tel que Tony Blair…ou Nicolas Sarkozy. Qui sait, le président pourrait bien décider de quitter l’Elysée dès 2012…


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11 réactions à cet article    


  • fonzibrain fonzibrain 26 octobre 2009 15:13

    HONTEUX ARTICLE



    GAMIN, RENSEIGNE TOI SUR PIERRE HILLARD AVANT DE DIRE DES ANNERIES COMME çA

    JE T’EN VEUX PAS, TU NE PEUX PAS COMPRENDRE, TU ES TROP JEUNE


    LIS CA
    ET çA AUSSI 

    tu comprendra mieux que tu fait la propagande pro europe destructrice des souveraineté.


    EN TOUT CAS, AGORAVOX ME FAIT HONTE À PUBLIER DE TEL ARTICLE


    • Antoine Diederick 26 octobre 2009 20:22

      Fonzi, cool....c’est un très jeune homme qui se lance dans le débat contradictoire....c’est déjà assez courageux....

      a 14 ans, je ne savais même pas qui je pourrai être ???


    • fonzibrain fonzibrain 26 octobre 2009 15:22

       J’HALUCINE VRAIMENT QUAND JE LIS CELA 


      Cependant, grâce au Traité de Lisbonne qui je l’espère sera très rapidement mis en application, l’UE pourra se doter, aux côtés du technicien Barroso, d’un président permanent du conseil européen, qui saura imposer son leadership. Un homme tel que Tony Blair…ou Nicolas Sarkozy.

      TIENS GAMINS, LIS CELA, TU VA VOIR CE QUE TON SI BEAU TRAITÉ DE LISBONNE PRÉVOIT

      Explication ad article 2 — Droit à la vie
      1. Le paragraphe 1 de cet article est fondé sur l’article 2, paragraphe 1, première phrase, de la CEDH, dont le texte est le suivant :

      « 1. Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi… ».
      2. La deuxième phrase de cette disposition, qui concerne la peine de mort, a été rendue caduque par l’entrée en vigueur
      du protocole no 6 annexé à la CEDH, dont l’article 1er est libellé comme suit :
      « La peine de mort est abolie. Nul ne peut être condamné à une telle peine ni exécuté ».
      C’est sur la base de cette disposition qu’est rédigé le paragraphe 2 de l’article 2 de la Char te.
      3. Les dispositions de l’article 2 de la Charte correspondent à celles des ar ticles précités de la CEDH et du protocole additionnel. Elles en ont le même sens et la même portée, conformément à l’article 52, paragraphe 3, de la Charte.
      Ainsi, les définitions « négatives » qui figurent dans la CEDH doivent être considérées comme figurant également dans
      la Charte :
      a) l’article 2, paragraphe 2, de la CEDH :
      « La mort n’est pas considérée comme infligée en violation de cet ar ticle dans les cas où elle résulterait d’un
      recours à la force rendu absolument nécessaire :
      a) pour assurer la défense de toute personne contre la violence illégale ;
      b) pour effectuer une arrestation régulière ou pour empêcher l’évasion d’une personne régulièrement détenue ;
      c) pour réprimer, conformément à la loi, une émeute ou une insurrection. »

      http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:C:2007:303:0017:0035:FR:PDF



      ELLE EST BELLE TON EUROPE.


      honnetement, tu es trop jeune pour comprendre les tenant et les aboutissants de la construction européenne.



      savais tu que shumman et monnet étaient des agent de la cia


      http://www.voltairenet.org/article14369.html


      et lis les livres de villemarest, tu comprendra et ensuite, quand tu auras compris, tu pourra revenir écrire,mais aujourd’hui, tu ne t’en pas compte mais tu vend un projet qui en déficit de démocratie.


      renseigne toi petit, le monde est compliqué


      • fonzibrain fonzibrain 26 octobre 2009 17:24

        tiens sinon ya ça


        Euro-federalists financed by US spy chiefs

        DECLASSIFIED American government documents show that the US intelligence community ran a campaign in the Fifties and Sixties to build momentum for a united Europe. It funded and directed the European federalist movement.

        The documents confirm suspicions voiced at the time that America was working aggressively behind the scenes to push Britain into a European state. One memorandum, dated July 26, 1950, gives instructions for a campaign to promote a fully fledged European parliament. It is signed by Gen William J Donovan, head of the American wartime Office of Strategic Services, precursor of the CIA.

        The documents were found by Joshua Paul, a researcher at Georgetown University in Washington. They include files released by the US National Archives. Washington’s main tool for shaping the European agenda was the American Committee for a United Europe, created in 1948. The chairman was Donovan, ostensibly a private lawyer by then.

        The vice-chairman was Allen Dulles, the CIA director in the Fifties. The board included Walter Bedell Smith, the CIA’s first director, and a roster of ex-OSS figures and officials who moved in and out of the CIA. The documents show that ACUE financed the European Movement, the most important federalist organisation in the post-war years. In 1958, for example, it provided 53.5 per cent of the movement’s funds.

        The European Youth Campaign, an arm of the European Movement, was wholly funded and controlled by Washington. The Belgian director, Baron Boel, received monthly payments into a special account. When the head of the European Movement, Polish-born Joseph Retinger, bridled at this degree of American control and tried to raise money in Europe, he was quickly reprimanded.

        The leaders of the European Movement - Retinger, the visionary Robert Schuman and the former Belgian prime minister Paul-Henri Spaak - were all treated as hired hands by their American sponsors. The US role was handled as a covert operation. ACUE’s funding came from the Ford and Rockefeller foundations as well as business groups with close ties to the US government.

        The head of the Ford Foundation, ex-OSS officer Paul Hoffman, doubled as head of ACUE in the late Fifties. The State Department also played a role. A memo from the European section, dated June 11, 1965, advises the vice-president of the European Economic Community, Robert Marjolin, to pursue monetary union by stealth.

        It recommends suppressing debate until the point at which « adoption of such proposals would become virtually inescapable ».

        By Ambrose Evans-Pritchard in Brussels
        Published : 12:00AM BST 19 Sep 2000


        http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/1356047/Euro-federalists-financed-by-US-spy-chiefs.html


        et wé, ça fait dix ans qu’on le sait !!!!!



        • Antoine Diederick 26 octobre 2009 20:12

          Allons au devant des très jeunes gens qui réfléchissent !

          C’est comme Jean Sarkozy, qui s’il ne faisait pas de politique, serait sympa....car il est sympa hormis le contexte dans lequel il évolue smiley smiley

          Alex, il serait bien en effet d’avoir des identités régionales fortes....mais en même temps , il serait bien , comme je l’écrivais, sur un autre fil, d’avoir en France, un centralisme positif. Ce serait bien la continuité de la tradition politique française (d’ailleurs cela semble être en cours).

          Mais comme belge francophone, frotté au malaise de la revendication régionale, je ne suis pas certain que cela soit l’avenir européen, en tout cas pas pour la France. Peut-être pour les pays de « marche » comme le mien et encore (surtout que l’avenir ne se présente pas sous un jour favorable....à moins que...).

          Rooseveld avait bien l’intention, en 1945, de recouper nos régions de telle manière que nous ne les aurions plus reconnues.

          Le débat sur l’avenir de l’Europe, ne fait que commencer.


          • 1984 26 octobre 2009 21:10

            « Rooseveld avait bien l’intention, en 1945, de recouper nos régions de telle manière que nous ne les aurions plus reconnues. »

            C’est exactement à cela que sert l’Europe !


          • Antoine Diederick 26 octobre 2009 20:15

            je lisais l’aut’jour, un article pondu pas un prof. d’unif ; émérite sur la complexité culturelle européen comme frein à l’unification. Et j’adhère à cette proposition.


            • Antoine Diederick 26 octobre 2009 20:16

              ’redécouper’ voir Roosevelt merci de corriger.....


              • njama njama 26 octobre 2009 21:52

                Monsieur le ministre, monsieur le ministre, ... pouvez-vous expliquez aux français pourquoi la Belgique a décidé de ne pas organiser de référendum comme la France l’a fait pour la constitution européenne ...

                La Belgique c’est comme une mini Europe, c’est une maquette, une maquette  !

                http://www.youtube.com/watch?v=WevLdN-n7t4


                • Antoine Diederick 26 octobre 2009 21:59

                  les belges croient à l’avenir de l’Europe, mais commencent à douter et c’est normal.....

                  La Belgique est une mini-europe historiquement, très ouverte sur le monde, mais....c’est vrai nous commençons à douter....alors, perso mon parti est pris....je vais vers ce qui me semble être vérité....

                  concluez .


                  • njama njama 27 octobre 2009 11:20

                    La Belgique n’existe historiquement que depuis 2 siècles, et l’Europe est historiquement un concept très flou.

                    Je ne vois pas comment les gens peuvent penser que ce que l’on nous propose soit une démocratie. Cela me semble plutôt être une restauration du saint empire romain germanique ou quelque chose dans le genres. La régionalisation ici prend tout son sens « stratégique », diviser pour mieux régner, 80 régions environ pour 27 nations membres.

                    Structurellement la dynamique européenne,c’est pour conduire à la création d’un État fédéral, un clone politique des États-Unis en quelque sorte.
                    Constitutionnellement (encore qu’il soit difficile de parler de Constitution avec ce traité de Lisbonne qui n’en est pas une), l’État fédéral instaure en droit une « supra-nationalité », donc des instances dirigeantes au-dessus des États membres.
                    Le Parlement européen n’a quasiment aucun pouvoir, hormis celui exceptionnel de censurer la Commission européenne. Il peut exercer un contrôle politique sur les autres Institutions, il représente les citoyens (785 députés), il élabore simplement les lois, suivant les propositions de la Commission européenne (27 commissaires nommés pour 5 ans), elle-même sous ’l’influence du Conseil européen (chef d’États et de gouvernement + le président de la Commission européenne), mais n’a pas pouvoir d’adopter ces lois puisque c’est - l’organe exécutif - le Conseil de l’Union européenne -ministres issus des gouvernement nationaux) qui les adopte ou non.

                    Donc j’en déduis, que le Parlement européen n’a aucun pouvoir législatif.
                    Et vous appelez ça une organisation démocratique.
                    Il est simplement impossible qu’un État fédéral soit une démocratie au sens politique et juridique du terme, avec les 3 pouvoirs exécutif, législatif, et judiciaire séparés, indépendants.

                    Ce « démocratique » est un trompe l’œil, un peu comme ça ressemble à du Coca, mais ce n’est pas du Coca !

                    Je résume cette usine à gaz pour Alex qui est très courageux de ce lancer sur un sujet aussi complexe que l’Europe, Bravo !!!!!!!!

                    Organes politiques de l’Union :
                    - Le Conseil européen (chefs d’États...) > définit les grandes orientations de la politique de l’Union
                    - Le Commission européenne (27commissaires...), organe exécutif > représente l’intérêt général de l’Union, Propose et exécute les lois.
                    - Le Parlement européen, (785 députés) > représente les citoyens. Élabore les lois.
                    - Le Conseil de ’l’Union européenne (ministres ...) > représente les États. Adopte les lois.

                    Entités économiques ;
                    - La Banque centrale Européenne, totalement indépendante des gouvernements et autres organes. Émet et gère l’€uro.
                    - La Banque Européenne d’Investissement (Luxembourg) finance des investissements d’intérêts européens

                    Organes consultatifs :
                    - Comité économique et social (Bruxelles) représente la société civile.
                    - Comité des régions (Bruxelles) représente les collectivités territoriales

                    Institutions de contrôle (Luxembourg)
                    - Cour européenne de justice, veille au respect du droit communautaire
                    - Cour des comptes, contrôle les recettes et les dépenses.

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AJ


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