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Accueil du site > Tribune Libre > L’Europe et le déclin annoncé

L’Europe et le déclin annoncé

Heureusement, Sarkozy a appliqué la méthode qu’il convenait d’appliquer : si les Français sont assez bêtes pour avoir fait la fine bouche sur les bienfaits de l’Europe en 2005, il suffit tout simplement de les priver de repas. Celui-ci sera donc partagé entre des gourmets, c’est-à-dire nos chers parlementaires, en l’absence de ces convives indélicats que sont les citoyens.

Fort bien ! Ce pauvre Alain Duhamel s’étouffait, il y a quelques jours, sur RTL à expliquer que si le peuple ne voulait pas, le Parlement était quand même fait pour ça et que de toute manière les Français n’avaient pas voté contre le traité mais contre Chirac et Raffarin ! Et les Hollandais alors ? D’ailleurs, dans ce cas, aucun risque, donnons donc la parole au peuple !!!

Que nos politiques n’aient que mépris pour le citoyen, on l’avait déjà remarqué, mais aligner autant de bêtises dépasse décidément les normes et il serait bon de rappeler, au-delà d’un discours convenu et moutonnier, ce qu’est l’Europe et ce qu’elle nous a apporté.

Selon les partisans du Oui (l’inénarrable Jack Lang en tête), l’Europe est le sésame qui va nous guérir de tous nos maux (peste soit de l’avarice, la guérison du cancer fera partie du lot). Quand ces euro-béats ne nous abreuvent pas des bienfaits que nous a apportés Bruxelles, c’est pour nous dire que si elle ne l’a pas fait, c’est parce que des citoyens indignes de bénéficier du suffrage universel ne le lui ont pas permis. Voyons donc ce que personne ne dit.

Commençons par le domaine économique :

  1. Alors même que les USA protègent leur économie, l’espace communautaire a, vulgairement dit, le sphincter accueillant. Peu importe que des pans entiers de l’économie industrielle disparaissent dès lors que fonctionne le principe de libre-échange. La préférence communautaire est une idée ringarde et la disparition des prolos donnera une chance supplémentaire au développement durable.

  1. L’espace européen pris dans son acception la plus avancée (la zone euro) doit avoir le taux de croissance le plus bas de la planète ! Que l’on se console, c’est la preuve que le développement durable est en route !

  1. Des pans entiers d’une économie efficiente sont aujourd’hui délibérément dévastés par la politique communautaire : c’est le cas de l’énergie : grâce à la libéralisation du marché voulue par Bruxelles, le prix de l’électricité a augmenté de 50% en Allemagne ! Il connaîtra la même évolution chez nous ! La Commission a, à la fin des années 90, mis en place un système dont le but inavoué mais bien réel était de faire la peau du nucléaire pour lui substituer, à terme, des énergies renouvelables (il suffit de regarder le logo de la DG énergie transports à cette époque pour s’en convaincre). A court terme, la libéralisation devait permettre un développement des centrales au gaz , très juteuses pour répondre aux demandes en périodes de pointes. Eoliennes improductives et gaz dont les prix suivent celui du pétrole, on imagine le résultat.

Dans le même temps, l’agriculture est progressivement vouée aux gémonies au nom de deux principes sacrés : le libre-échange, dont un ancien commissaire européen, paraît-il socialiste (mais qui est tout sauf Lamy du peuple), est aujourd’hui le chantre, et le développement durable, la défense de la biodiversité et des agrocarburants passant quand même avant la nourriture des hommes qui, c’est bien connu, mangent trop !

Continuons par l’international :

L’Europe est inexistante non parce qu’elle n’a pas les moyens politiques et institutionnels de son existence mais parce qu’elle est un eunuque diplomatique (que les tenants du politiquement correct s’abstiennent de dénoncer bêtement une formule dont le machisme supposé est assumé !). L’Europe est impuissante parce qu’elle est incapable de prendre la mesure des enjeux internationaux : ce n’est pas l’Europe qui a permis la chute du Mur de Berlin : « plutôt rouges que morts », tel était le slogan des pacifistes allemands. On peut récuser l’expédition irakienne de George Bush mais on ne peut soupçonner l’Amérique de ne pas avoir pris le taureau par les cornes face au terrorisme quand l’Europe était « consternée » ou « horrifiée » devant les attentats selon la terminologie chère à Jacques Chirac et dont on a pu mesurer l’efficacité. On pourrait ajouter de multiples exemples de cette impuissance structurelle et pitoyable.

Enfin qu’en est-il de la démocratie ?

L’Europe est sans doute le seul modèle politique estampillé de la démocratie où une structure, la Commission, règne depuis 50 ans sans avoir jamais rendu le moindre compte à quiconque. Formellement, la décision appartient bien au Conseil des ministres. Sauf à vouloir nous prendre pour des imbéciles, les europhiles savent bien que quand une décision est « dans la seringue », les choses sont ficelées.

Et ne parlons pas de ces règles étranges qui ont été bâties au fil des années et qui dénaturent profondément notre conception de la démocratie. Le concept de citoyen est aujourd’hui pulvérisé par des constructions héritées d’un système de discriminations positives ou de droits différentiels qui relève d’un univers qui n’est pas celui des droits de l’Homme.

Que les choses soient claires : il ne s’agit pas de remettre en cause l’idée même d’Union européenne. Une Europe forte, sur le plan économique et sur le plan international, serait une bonne chose, une Europe démocratique et pourquoi pas, bâtie sur un mode fédéral, serait souhaitable.

Mais l’Europe que l’on a et celle qui nous est promise, c’est tout sauf cela !
C’est, outre la promesse d’un sous-développement durable, un modèle politique et sociétal, une architecture du droit qui sont extrêmement inquiétants.

En cela, et paradoxalement, les principaux partisans du Non au référendum de 2005 ont largement participé à un phénomène d’occultation de la réalité. En présentant l’enjeu comme une alternative entre une Europe libérale et une Europe sociale, ils sont largement passés à côté du fond du problème.

L’ignorance du social est bien au cœur de l’ADN communautaire, mais cet apport génétique ne date pas des textes fondateurs, lesquels privilégiaient plutôt l’idée de préférence communautaire.

En fait, la dérive communautaire et le début de nos malheurs tiennent à une double origine :

  • le choix libre-échangiste qui se développe avec l’arrivée du Royaume-Uni puis hier des nouveaux adhérents, et qui conduit à une acceptation quasi masochiste de la mondialisation ;

  • le choix du développement durable, projet fumeux qui est entériné dès la fin des années 80. C’est en effet dès cette période que la Commission pose ses premiers jalons.

C’est la conjonction de ce double choix qui explique l’absence du social : à la différence de certains Etats où ce choix procède de la priorité donnée à la logique de l’entreprise, le social meurt ici par le biais d’une double asphyxie : celle, externe, qui procède des pays émergents à bas salaires, celle, interne, qui consiste à ruiner la compétitivité par des surcoûts imposés aux producteurs.

L’Europe est ainsi le premier Etat écologique (eh oui l’Europe est une république (peut-être) écologique comme il y a des républiques islamiques) en devenir, et comme il ne saurait y avoir d’écologie dans un seul pays, pas plus qu’il n’y avait de socialisme, les effets, en termes de stagnation économique et de déclin, ne vont pas tarder à se faire sentir. On sent bien, dans un pays comme la France où peuvent coexister de manière hallucinante des débats sur le pouvoir d’achat et sur le Grenelle de l’environnement, que l’allumette est vraiment près de la poudre et qu’il faut un incroyable hasard pour que tout n’explose pas.

Le hasard n’est pas un hasard. Entre un président de la République persuadé qu’il peut faire durablement le grand écart et un Parti socialiste qui est depuis longtemps sur une autre planète, il y a une sorte de connivence des politiques pour nier que nous sommes sur le radeau de la Méduse. Mais dans ce monde façonné par le politiquement correct, la Vérité est-elle encore quelque chose que l’on peut dire ?

Certains s’éveillent parfois : Thomas Ferenczi, dans un récent article du Monde nous dit que l’Europe est devenue un espace de déclin ! Si même les trous du cul du journal de référence s’en rendent compte, tout n’est peut-être pas perdu ! En tout cas les Suisses et les Norvégiens ne sont pas preneurs du caca de chat et se consolent sans problème de ne pas être membre du club !

MK


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31 réactions à cet article    


  • Forest Ent Forest Ent 13 novembre 2007 12:07

    Je déplore quelques expressions inutilement triviales, mais souscris à la plupart des points présentés dans cet article.


    • faxtronic faxtronic 13 novembre 2007 18:02

      au contraire, c’est exactement l’image que j’ai de l’UE : un sphincter accueillant !


    • Forest Ent Forest Ent 13 novembre 2007 22:10

      Et ça fait quel effet ?


    • Martin Kellenborn 14 novembre 2007 21:32

      JE VOUDRAIS ATTIRER VOTRE ATTENTION ET CELLE DE CEUX QUI EDITENT LE PLUS SOUVENT SUR AGORAVOX J AFFIRME QUE LA CENSURE EXISTE SUR AGORAVOX ET EN VOICI LA PREUVE L ARTICLE QUI FIGURE CI DESSOUS EST REFUSE PARCE QU IL N APPORTE RIEN DE NOUVEAU JUGEZ EN ET REPONDEZ MOI MERCI MR REVELLI DE ME DIRE QUE LA CENSURE VERTE NE VOUS A PAS DEJA TERRORISE JE TRANSMETS CET ARICLE A MARIANNE QUI JUGERA DE SA BANALITE

      DE L’ESCROQUERIE DU DEVELOPPEMENT DURABLE Dans les années 70 , lors d’un congrès de la CFDT, les délégués, portés par on ne sait quelle brise ou bercés par on ne sait quelle mélopée décidèrent, en cours de nuit de mettre l’autogestion au coeur du projet syndical. Pendant quelques décennies, on parla donc d’autogestion sans jamais vraiment savoir ce dont il s’agissait et sans , bien sûr, la mettre un tant soit peu en pratique. Le développement durable , entonné sur un mode incantatoire a pris aujourd’hui le relais comme une sorte de prolongement de ces vapeurs étranges qui , dans la Grece antique faisaient délirer la Pythie. Première remarque : comme le note fort justement Wikipedia, le développement durable fait figure d’axymore . D’aucun lui préfèrent une traduction beaucoup plus fidèle à son origine anglo-saxonne qui est celle de développement soutenable ( sustainable developpment ». Mais cette version met à nu l’ADN du concept en faisant apparaître son origine clairement malthusienne. Le développement soutenable, théorie élaborée par une certaine Bo Gruntland, premier ministre norvégien à la retraite, n’est jamais qu’une copie des thèses du club de Rome, lesquelles reprennent avec d’autres paroles la musique composée par Malthus et dont on connaît la pertinence à l’échelle de la vérification par les faits. Pour le club de Rome, en 1970, nous n’avons plus que pour 28 ans de réserves de pétrole et cette prévision , pour ne pas dire cette prophétie n’est qu’un des éléments d’un délire plus général sur les catastrophes qui nous attendent à compter de 2010 2050 ! Le problème est que ces théories malthusiennes sont fondamentalement viciées par une erreur fondamentale dans le diagnostic : la négation du progrès technologique qui fait que toutes les exponentielles chères aux Diafoirus de tous poils (Albert Jacquard en tête) finissent non pas en apocalypse mais dans le marais d’une pensée qui n’en a que le nom tant on l’imagine issue de la sauce blanche que décrit Boris Vian dans la Java des bombes atomiques ! Deuxième problème : les tentatives de faire accoucher la notion d’autre chose que de l’incantatoire ont débouché sur les fameux trois cercles ou trois ovales en partie superposés et qui sont censés constituer l’essence même du concept. Le schéma ci dessous est celui qui figure dans Wikipedia Environnement Economique Selon se schéma , seule le champ qui résulte de l’imbrication des trois éléments relève du développement durable. C’est ici que le bât blesse. La quasi totalité de la planète fonctionne en économie de marché .Depuis la mondialisation la régulation économique et sociale par les Etats est d’ailleurs à l’agonie. Environnement Economique social ecologique social Dans ce schéma, on voit vient que l’environnemental, l’économique et le social ne relèvent pas du même statut de gouvernance . L’environnemental est le seul qui fasse l’objet de régulations par les Etats ou les organisations internationales. Celles ci s’imposent au champ économique dont elles compliquent la tâche. D’ailleurs, leur mise en oeuvre dans certaines régions de l’espace économique plutôt que dans d’autres produit des distorsions de concurrence et pénalise les pays qui les mettent en oeuvre, Il n’en va pas du tout de même de l’économique ou du social lesquels ne sont plus régulées par les Etats mais par les grandes entreprises et les organisations financières internationales. Sauf dans le monde d’Arlette Laguiller et peut être d’Olivier Besancenot, on n’imagine pas que l’on puisse interdire les licenciements ou imposer des conditions de travail à la hauteur des enjeux de bien êtreet de santé qui sont ceux des travailleurs. Il en résulte cette impression que le champ de l’économique et du social relèvent d’une sorte de point aveugle en tout cas de totalement irréel. D’ailleurs, assez curieusement, les objectifs cités relèvent de l’exotique ( un commerce équitable moins juteux pour les consommateurs et les producteurs que pour ceux qui en maîtrisent les rouages opaques) ou de l’affirmation totalement virtuelle de droits « onusiens « ( droit à l’éducation ou à la culture) ou encore de l’économie verte:droit à l’eau potable. L’économique et le social dans le champ du développement durable , c’est donc un ensemble vide et ce pour deux raisons fondamentales:d’une part, l’écologie est avant tout antinomique du développement économique et social, en tout cas dans une perspective de court et moyen terme, d’autre part, comme on l’a vu, leur mode de régulation n’est pas le même . A ce stade, une question s’impose : La notion de développement durable est sans doute une escroquerie intellectuelle et conceptuelle ; il n’en reste pas moins qu’elle constitue aujourd’hui l’alpha et omega d’une classe politico-administrativo-médiatique en mal d’imagination . Elle est même devenue l’équivalent de ce que pouvait être le discours liturgique au moyen âge en tant que Sésame du salut de tous. J’y vois trois raisons fondamentales.
      - Le développement durable trouve un maximum de soutiens chez un certain nombre d’anciens chantres de la planification et des charmes de l’économie stalinienne. Alors que la débâcle des systèmes communistes a fait place à une idéologie du marché omni-présente dans laquelle on affirme que l’intelligence humaine est aveugle au dela du court terme.,le développement durable, c’est la promesse ressuscitée que l’on puisse projeter la prévision et l’action à 250 années. On imagine volontiers que cela flatte beaucoup le désir de puissance de ceux qui demeurent convaincus qu’une avant garde éclairée est à même de satisfaire le bonheur du peuple.
      - Corrélativement, le développement durable trouve un large soutien chez tous ceux qui , fonctionnaires ou non , sont en charge d’une parcelle d’autorité publique,L’environnement est source d’un nombre incroyable de réglementations et d’interdits qui sont autant de moyens de conforter leur pouvoir vacillant, Les seuls domaines de l’Etat où le pouvoir est aujourd’hui fier et arrogant sont le maintien de l’ordre et les activités environnementales..
      - Enfin dans un monde où le pouvoir des gouvernants est en haillons, où l’on s’esclaffe quand ils nous promettent d’augmenter le pouvoir d’achat ou les salaires, l’environnement et l’écologie sont avec les politiques sanitaires et sécuritaires, les seuls domaines où nos élus peuvent laisser une trace dans l’Histoire fût ce en pourrissant la vie de leurs concitoyens ! On pourrait rire de tout cela en se disant que l’humanité a quand même suffisamment de clairvoyance pour qu’un jour soit sifflée la fin de ce concours de bugs intellectuels et qu’Hulot soit jeté aux orties avec sa soutane. Mais le mal est peut être plus grand qu’il n’y parait.Le développement durable fait un peu penser à Alfred Jarry : l’auteur est sympathique ! Mais derrière , il y a Ubu ! Le rêve sarkozien , voire ségolénien de voir l’écologie nourrir le développement économique et social est une illusion presque totale ( ce qui ne veut pas dire qu’il n’existe pas des effets de levier dans certains secteurs comme l’énergie( HQE par exemple) et il faut évidemment anticiper l’après pétrole)mais l’essentiel n’est que délire et peurs régressifs Au lieu et place se profile un changement de paradigme et la mise en place d’un tout autre ordre, Il repose sur trois piliers : 1. Affirmation du principe de précaution sur la base duquel, rappelons le le feu n’existerait pas aujourd’hui si nos ancêtres l’avaient appliqué : il est déjà dans la constitution 2.remise en cause du caractère prométhéen du projet humain:la nature est intangible et on ne doit pas la transformer. Il est déjà dans les discours incantatoires du radicalisme vert 3.Remise en cause des fondements même de l’humanisme : l’Homme n’est qu’une créature parmi les autres et n’a pas plus de droits que les autres animaux. En se multipliant il est un facteur de nuisances. On a déjà commencer à tuer pour ce motif au Royaume uni !!!!!!! Au bout de la cuite du développement durable, on va trouver le sous -développement durable et c’est ce qui attend notre beau pays. Au bout du radicalisme vert qui n’est jamais que sa dérivée on trouve l’enfer totalitaire !


    • Rébus Rébus 13 novembre 2007 12:17

      L’auteur était un peu énervé sans doute .-)

      Les français ont dit non au machin lors du référendum, si La France veut l’accepter maintenant, n’en déplaise aux Duhamel, July et consorts, il faut à nouveau un recours au référendum, seule manière de clarifier les choses.


      • Harald 13 novembre 2007 12:27

        Pareil que Forest !

        « le sphincter accueillant »

        « trous du cul »

        « caca »

        Un article qui ne restera pas dans les an(n)ales pour ces propos vulgaires. smiley


        • Satan's Tango Satan’s Tango 13 novembre 2007 13:47

          « Un article qui ne restera pas dans les an(n)ales pour ces propos vulgaires »

          AMEN ! T’AS OUBLIE AMEN ! ET AUSSI JÉSUS-MARIE-ZOZEPH !

          Termes non vulgaires, ni grossiers comme chacun sait...

          « Un sphincter accueillant », c’est joli !

          Espèce d’ANUS HORRIBILIS !


        • Krokodilo Krokodilo 13 novembre 2007 13:23

          Comme souvent, les problèmes linguistiques sont passés souvent silence ; je me permets de mettre un extrait de mon récent article d’agora vox sur le plurilinguisme à la sauce Commssion européenne qui nous conduit à marche forcée vers l’anglais obligatoire, (Italie et Portugal l’ont fait, et nous pratiquement, sans aucun vote) :

          "Pourtant, cette évolution vers un bilinguisme européen langue nationale-anglais aurait de lourdes conséquences.

          - Quels sont les inconvénients de l’anglais comme lingua franca de l’Europe ?

          C’est une grande injustice, pour de nombreuses raisons. Brièvement :

          Injustice financière : la GB (et les USA) tirent une fortune de l’usage de leur langue. Le rapport Grin, qui évaluait ce flux financier à 10 milliards d’euros par an, n’a jamais été contesté, seulement boycotté...

          Quasi-monopole des natifs sur toutes les traductions et interprétations vers l’anglais, soit, dans un tel système, la plus grosse part des traductions.

          Injustice humaine dans toute situation ou un natif discute avec un non-natif.

          Injustice commerciale dans toute réunion ou négociation entre des natifs et des non-natifs, dans la rédaction et l’étude des contrats. Bientôt, si le protocole de Londres est signé, des documents en anglais auront valeur juridique sur le sol français.

          Injustice scientifique : un article paru dans une revue non anglophone n’a aucune chance de rapporter des points dans un classement établi par des anglophones. Les natifs parlent davantage dans les congrès, les autres étant gênés de montrer leur manque de maîtrise de l’anglais. Cela pousse la science européenne à adopter les méthodes de financement, les normes, les acronymes, le vocabulaire, les voies de recherche, le mode de pensée lui-même de la science anglosaxonne, voire à faire de l’Europe un simple sous-traitant de cette science. Les grandes revues scientifiques, par leurs comités de lecture, sont toutes dirigées par des anglophones, avec un possible favoritisme ou une rétention d’information - le temps d’informer des équipes amies. En outre, tout le temps qu’un scientifique a passé à acquérir un bon anglais, le chercheur concurrent l’a consacré à ses travaux, ou à sa guise. L’un gagne des années, l’autre en perd tout autant ! Naturellement, c’est aussi valable pour les commerciaux et les politiques, et finalement pour tout le monde !

          Injustice politique : tous les organismes internationaux seront dirigés soit par des natifs soit par des « fluent english » acquis à leur cause et à leur façon de voir. Absurdité politique de choisir la langue du pays le moins européen, qui n’a pas adopté l’euro.

          Injustice linguistique, car un usage plus large de l’anglais dans l’enseignement universitaire comme en Suède ou en Norvège et dans la société en général est un grand risque d’appauvrissement de la langue nationale, notamment par une perte progressive de son vocabulaire technique et scientifique, faute de l’utiliser et de l’actualiser. Et ridiculement injuste, lorsque dans une réunion où est présent un seul anglophone, tous doivent discuter en anglais, révérence oblige.


          • JL JL 13 novembre 2007 18:30

            Krokodilo «  »Comme souvent, les problèmes linguistiques sont passés souvent silence «  »

            Il n’est pas facile de reconnaître que nous ne ferions pas partie des élus !

            Le plus choquant dans tout ça, c’est que les anglais refuseront peut-être de signer ce traité, et finiront par sortir de l’Europe doublement colonisée par eux.

            Déjà ils n’ont pas l’euro, et le peuple sera, quoi que décident ses dirigeants politiques, exonéré de la

            « Charte de droits fondamentaux des communautés exotiques et de la société anonyme à buts très lucratifs ».

            On n’a pas finit de rire !


          • Asp Explorer Asp Explorer 13 novembre 2007 22:42

            Comme souvent, les problèmes linguistiques sont passés souvent silence

            C’est peut-être parce que le « problème linguistique » n’est :

            1. - pas d’une grande importance en comparaison avec ces abandons de souveraineté sans contrepartie démocratique que dénonce (à juste titre) l’auteur.
            2. - pas du tout le sujet de cet article.

          • seespan 13 novembre 2007 22:53

            asp toujours vivant a ce que je vois.

            Je croyais que tu n’apparaissais qu’avec la conjonction d’une pleine lune et d’un article sur l’esperanto ?

            Est ce un signe qu’une vierge a etait sacrifiée quelque part ?

            Sinon toujours pas allé sur le site imao.us ? Un petit frenchie ça leur ferait plaisir.


          • tvargentine.com lerma 13 novembre 2007 14:30

            Vous décrivez votre vision politique de l’Europe qui ressemble à une vision critique communiste ,voir d’extreme gauche.

            C’est votre droit,nous respectons votre choix,mais l’Europe n’est pas ce que vous écrivez,pour cela il suffit de voyager pour le comprendre


            • Martin Kellenborn 14 novembre 2007 21:55

              oui pas grave !!! sur un précédent article on m’a dit FN enfin ça vaut mieux que la tambouille du Sarkolande


            • boumboum 13 novembre 2007 15:12

              Moi j ai toujours une petite larme a l oeuil quand je vais en Allenagne et que je n ai pas besoin de m arreter aux frontieres du Luxembourg. Je trouve ca beau de pouvoir circuler librement dans une regio ou des parents se sont entre tues.

              C est interressant de voir a quel point les Allemands sont bien plus Europeens que nous (et beaucoup plus riches a l ouest par la meme occasion). Je ne parle pas bien l Allemand et pourtant je peux avoir une conversation avec beaucoup de gens. Quand vous demandez a quelqu un si il parle Anglais et qu il vous dit : « a little bit », vous pouvez etre sur qu il aura au moins le niveau de votre profs d Anglais de college. Alors c est vrai que l on y perd un peu son Francais, mais on est compense au niveau salaire...

              @Kroko : Pour le language scientifique, on peut l apprendre en meme temps que faire des recherches/etudes... Et vous voudriez quoi, que l on paie des traducteurs ? Si la recherche est sinistre en France dans CERTAINS secteurs, ce n est vraiment pas a cause de la langue mais plus a cause des subventions/salaires/organisations... Alors payer en plus des lourdes charges, des traducteurs, ouch smiley Et qui plus est, les Allemands ne sont pas genes de parler Anglais ?! Meme etant le seul Francais en reunion, ils parlent tous Anglais, meme entre eux !


              • faxtronic faxtronic 13 novembre 2007 18:04

                Moi non, en plus c’etait mes grands parents en 45 qui avait 15 ans. Je me demande meme si on pourrait pas mettre la paté a nos « amis » teutons de temps en temps !


              • Gzorg 13 novembre 2007 19:41

                Mr BoumBoum il serait temps d’en finir avec les poncifs et les défonçages de portes ouvertes. Pensez vous être le seul d’Agoravox à aller en Allemagne ?

                Personnellement j’y vais tout les deux mois pour mon travail, et si il y a bien une chose que je peux affirmer , c’est que les Allemands sont comme les Français , ils parlent tout simplement très mal l’Anglais.

                Quand aux allemands tous plus Européens les uns que les autres vous devriez venir avec moi (vers l’est de l’Allemagne) vous changeriez certainement trés vite d’opinion...


              • boumboum 14 novembre 2007 09:49

                Non, en fait j y vis en Allemagne et la vie de tous les jours est vraiment facile en ne parlant qu’anglais. Ensuite, peut etre que le fait que l’Allemagne de l’est est etait un jour sovietique puisse avoir un role dans l’education d’une langue...

                Pour l’Europe, vous en voyez beaucoup des drapeaux bleus a etoiles dans les supermarches Francais ? Peut etre le niveau de vie y est egalement pour quelque chose, j’enfoncerais une porte ouverte en disant que l’est connait plus de difficultes que l’ouest. De ce fait, vous devez egalement savoir quels sont les facteurs economiques qui conduisent a un retranchement sur soi-meme dans une nation...


              • meridien meridien 13 novembre 2007 17:06

                mr. kellenborn j’adhère toptalement à votre article du moins sur les arguments développés et votre analyse très correcte du panorama europeen actuel mais vous auriez pu vous dispenser de termes inutilement scato..qui ont heurté la pudeur de biens des intervenants voila ce que je voulais vous dire amicalement..


                • anny paule 13 novembre 2007 17:34

                  Le déclin annoncé ne tiendrait-il pas à un énorme déficit de démocratie ?

                  Il faudrait que nous ayons le courage d’effectuer un rapide retour sur la construction européenne, sur le contenu des différents traités qui la structurent, sur la juxtaposition de principes jamais discutés au niveau des Etats (des citoyens de ces Etats), sur la place des lobbies de tous ordres dans les prises de décision, sur les pouvoirs exorbitants de la Commission de Bruxelles (en même temps que la distance qui la sépare des peuples européens)... pour mesurer la distance qui nous sépare (nous, citoyens) de l’idée que nous pouvons avoir de l’Europe imaginée.

                  Certaines décisions récentes peuvent nous inquiéter : le 30 avril 2007, G. Bush, A. Merkel, J.M. Barroso ont signé, à Washington, un accord-cadre créant un Conseil économique transatlantique en vue de renforcer l’intégration transatlantique. Cette nouvelle institution menace gravement l’espérance d’une Europe européenne, et vise à modifier les règlements, les normes, les critères qui nous étaient propres, pour les rendre conformes aux exigences étatsuniènnes. Où est- là dedans, notre souveraineté ?

                  N’omettons pas l’assujettissement à l’OTAN en matière de politique étrangère...

                  L’Europe, du moins, dans ses débuts, avait ses valeurs propres, son passé, sa richesse (y compris culturelle). Celle qui nous est proposée, préparée à notre insu par des technocrates de tous bords est à mille lieues de celle à laquelle nous pensons.

                  Le déclin est d’abord dans cette abdication de nos valeurs, de nos acquis (deux siècles de luttes), dans la main mise des firmes transnationales et de la finance sur ce qu’il y a peu encore, nous nommions le Politique.

                  A nous de réfléchir à ce que nous voulons, à l’Europe politique, sociale, culturelle, à sa place dans le monde, à ses rapports avec le reste du monde.

                  L’avenir nous appartiendra si nous prenons la peine de réfléchir à notre passé (depuis le traité de Rome, entre autres) et aux composantes des différents traités qui se sont succédés, pour en venir au TCE at à ce fameux traité simplifié qui veut nous être imposé... Un oui parlementaire mettra en danger l’idée même de la démocratie...


                  • drzz drzz 13 novembre 2007 19:23

                    L’Europe est la pire chose qui ait été créée politiquement depuis la République de Weimar.

                    Français, il faut revendiquer l’indépendance et sauter du Titanic pendant qu’il est temps !


                    • Zalka Zalka 14 novembre 2007 08:01

                      J’imagine que drzzz souhaite le même genre de régime que le post-weimar. (référence à certains commentaires de ce type sur d’autres fils).


                    • Gzorg 13 novembre 2007 19:35

                      Bon article qui traite très bien du problème Européen. J’étais pourtant de la génération qui y croyait dur comme fer à cette Europe (12 pays a l’époque).

                      Puis ils ont fait un supermarché. Puis ils ont fait un fourre tout. Puis enfin ils se sont totalement inféodé à l’Empire.

                      Et ils ont tous finis par refuser l’avis des peuples.

                      Aujourd’hui j’attends avec impatience de voir le château de sable s’effondrer, avec jubilation, persuadé que cet artéfact virtuel chutera avec la doctrine qu’ils tentent de nous imposer contre nous même.

                      je dis « ils » non pas par populisme, mais parce que je ne sais même plus qui dirige ce truc (les députés , les lobbies , les banques... ?).


                      • Asp Explorer Asp Explorer 13 novembre 2007 22:54

                        Je dois bien concéder que pour une fois, je rejoins l’avis dominant (parmi les commentateurs) à propos de cet article qui, si sa forme est sujette à débat, n’en pointe pas moins un problème de fond.

                        Peut-on résumer en quelques mots l’histoire de l’UE ? Au début, il s’agissait de mettre en commun les marchés du charbon et de l’acier. Ceci ne réclamait guère de contrôle démocratique autre que le travail habituel des gouvernements et des assemblées, voici pourquoi aucune instance de contrôle dédiée n’a été mise en place. C’était quoi, le charbon et l’acier ? Rien de bien important. Cinquante ans plus tard, 80% des lois votées au parlement Français sont la traduction de directives européennes. Le champ de compétence des instances européennes n’a cessé de croître d’année en année, de traité en traité, voire même en l’absence de traité. Et le contrôle démocratique ? Néant. Ah oui, on nous a inventé une vague assemblée, qui n’a pas de pouvoir et n’en aura pas plus avec le TCE-bis, et où huit-cent inconnus font semblant de discuter avec passion du filetage des boulons de plomberie et du taux maximal de dioxyde de soufre dans les pets de vache avant de voter sans le lire l’insipide pavé qu’aura pondu quelque lobbyiste de dieu seul sait quelle multinationale.

                        Finalement, je comprends les écarts de langage de l’auteur. Moi non plus, je n’en veux pas, de cette Europe de merde.


                        • seespan 14 novembre 2007 22:08

                          @ asp explorer

                          Non le but de l’europe a sa création etait d’empecher une nouvelle guerre mondial. Le raisonnement etait si on rend les etats interdependant economiquement et politiquement tout conflit est impossible.

                          Tres bon raisonnement, on s’en bien ça et la quelque relant nationnaliste. Le temps des nations a vecus, fini le temps des collonies anglaise, espagnol ou française.

                          Il y a bien sur a payer un prix, c’est a dire une perte d’independance de chaque etat.

                          La situation au US est tres semblable quoique plus avancés, des lois de base dictée par l’etat federale, qui sont appliquées avec des variations dans les differents etat.

                          Ce system est nettement plus stable qu’un conglomerat d’etat, beaucoup plus influent aussi.

                          Le seul fait que sarkozy est parlé de taxer a l’import europeen les produits venant de pay polleurs en carbone ( chine , inde , us ,... ) a suffit a inquiéter les us. Si il avait proposé la mesure au niveau français ils auraient fait quoi ?

                          Taxer les foies gras, vingt et produit de luxe jusque ça rentre dans l’ordre ? On a nettement plus de poid dans l’europe. Les regles on changée il faut s’y habitué, ou apprendre a chanter « ç’etait mieux avant » .

                          Si tu veus une guitard asp je crois que j’en est vue une trainer quelque part.


                        • Adama Adama 14 novembre 2007 07:01

                          Caca, pipi, boudin ! Propos de ma fille de 4 ans et de l’auteur de l’article !!!

                           smiley smiley smiley smiley


                          • dup 14 novembre 2007 08:53

                            le sphincter accueillant tiens ! je vais le re-servir. de la part d’un ancien fonctionnaire de cette machine à broyer les peuples , c’est un vrai chemin de Damas. Il suffira d’un peu de patience pour voir s’écrouler ce chateau de cartes contruit contre et sans les peuples ,mais quel gâchis . Qu’on en finisse vite !!


                            • JL JL 14 novembre 2007 09:35

                              Il faut dire à la décharge de cette Europe que «  »on zappe l’Europe quand elle produit des règles qui avantagent les crevards et on s’en sert comme bonne excuse pour faire semblant de renoncer à des promesses à la con qu’on avait bien l’intention de ne pas tenir« à lire dans l’article »C’est la grève au village" sur le blog d’Agnès Maillard là :

                              http://blog.monolecte.fr/post/2007/11/13/Cest-la-greve-au-village

                              et là :

                              http://tf1.lci.fr/infos/economie/social/0,,3621437,00-gratuite-plutot-que-greve-oui-mais-.html

                              Alors, messieurs les eurolâtres, faites votre travail, faites nous aimer cette Europe là !  smiley


                              • manusan 14 novembre 2007 12:20

                                Ce que je comprend surtout, c’est que l’UE fonctionne mal à cause de bureaucrates genre énarques.

                                Quiz CV : qu’est ce qu’un énarque désabusé ? un énarque qui a raté sa carrière dans la fonction publique ou un poste à la commission, et qui accessoirement crache dans la soupe et mord la main qui le nourrit.

                                La bureaucratie grandit pour répondre au besoin croissant de la bureaucratie grandissante.


                                • Martin Kellenborn 14 novembre 2007 21:48

                                  Ahh non non !! d’une part le fait de travailler pour la commission m’a permis de découvrir sur quel radeau de la MEDUSE ns étions embarqués

                                  Le fait de devenir énarque après avoir été enseignant m’a permis de comprendre que 60 ans après il se trouverait toujours des hauts fonctionnaires et des moins hauts en pagaille pour faire grimper des juifs dans les trains...ben d’avoir trouvé cela valait de coup de le devenir pour se dire que la soupe mérite que l’on crache dedans !!!


                                  • Parpaillot Parpaillot 15 novembre 2007 00:14

                                    @ Auteur :

                                    Merci de votre article que je trouve tout de même très pessimiste ...

                                    Si l’UE a beaucoup de défauts et non des moindres, je pense en premier lieu au déficit démocratique, reconnaissons-lui au moins le mérite d’avoir contribué à la stabilité politique de notre continent. Que serait aujourd’hui l’Europe sans l’UE ? Personne ne peut répondre à cette question.

                                    Pour en revenir au déficit démocratique que vous relevez, je le déplore également et j’aurais moi-aussi préféré une Europe fédérale, chère à Denis de Rougemont, plutôt que cette sorte « d’usine à gaz » pilotée par des fonctionnaires et non pas par des politiciens.

                                    L’Europe se construit trop vite et n’a pas le temps de digérer les étapes de sa construction. Ses citoyens n’étant pas impliqués, ou trop peu, n’adhèrent pas au projet. C’est un gâchis et c’est dommage, car l’idéal européen mérite mieux.

                                    Bien à vous !


                                    • HELIOS HELIOS 23 novembre 2007 22:09

                                      «  »Et il est tellement accueillant, le sphincter, que tous nos amis, de l’atlantique à la mer rouge en profitent !«  »

                                      Difficile de se priver de ce commentaire, pas trés élégant j’en conviens. Mais c’est la rage, que voulez vous, moi aussi j’en avais révé de l’Europe... et regardez ce qu’ils en ont fait.

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