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Accueil du site > Tribune Libre > L’Europe face au néo-ottomanisme turc / Chypre, France, Syrie, Irak, (...)

L’Europe face au néo-ottomanisme turc / Chypre, France, Syrie, Irak, Libye, Grèce…

Depuis quarante-six longues années, l’habitude de rappeler l’invasion et l’occupation turques du nord de Chypre existe.

Quarante-six longues années et le tunnel est toujours étroit et noir…

Cependant, le rappel de cette année a encore plus le goût amer de l’injustice, le goût amer de l’impuissance face aux agressions continues de la Turquie.

Ce pays est devenu ces dernières années encore plus agressif et violent, tant au niveau international qu’au niveau interne.

Les Chypriotes se posent toujours les mêmes questions existentielles, quand il s’agit des relations avec la Turquie :

- Comment un pays, dirigé actuellement par les national-islamistes et violant continuellement les droits de l’homme de ses propres citoyens pour satisfaire la mégalomanie et l’égo surdimensionné de son président autocrate, comment ce pays peut-il avoir un comportement différent par rapport à ses voisins ? Ou encore, que peut-on attendre d’un tel pays au niveau du respect du droit international ?

La réponse est claire : rien !

Plus encore ! La Turquie envahit de nouveau Chypre et viole encore sa souveraineté. Il s’agit cette fois de la violation de la zone économique exclusive de Chypre par la Turquie avec l’envoi de navires de guerre et des plateformes de forage dans les eaux chypriotes, en violation du droit international ; de véritables actes de piraterie.

Aussi, faut-il rappeler que le territoire nord de Chypre, occupé par la Turquie depuis 1974, fait partie intégrante de l’Union européenne ; des fois on peut se demander où elle est, cette Europe tant vantée pour ses valeurs…

Enfin, cette année la date de l’invasion turque de Chypre coïncide avec un autre événement de première importance qui montre, s’il en était encore besoin, l’agressivité de la Turquie néo-ottomane d’Erdogan : le président turc vient de décider de transformer la basilique de Sainte-Sophie en mosquée. Encore un acte symbolique, illustrant les velléités expansionnistes et islamistes du président turc, qui n’hésite pas à mettre en cause le traité de Lausanne (il fixait au début du 20e siècle les frontières gréco-turques) et qui agresse systématiquement tous les pays voisins, afin d’asseoir sa domination sur l’espace anciennement ottoman… 

Mais, il n’y a pas que Chypre qui souffre du comportement turc. L’expansionnisme néo-ottoman du président turc, qui s’est habillé des habits du Calife et du Sultan, mène à d’autres agressions et occupations : en Syrie, en Irak et en Libye.

Et ce n’est pas fini ! Le président français a essuyé les insultes et l’ire du leadership turc lorsqu’il a osé critiquer le caractère criminel de l’invasion turque en Libye et la frégate française Courbet a été prise pour cible par la flotte de guerre turque quand, agissant dans le cadre d’une mission de l’OTAN commanditée par l’ONU, afin de surveiller l’embargo des armes pour la Libye, elle a voulu contrôler un navire somalien suspect, accompagné par les navires militaires turcs.

Cet incident a été porté devant les instances de l’OTAN, mais la France n’a pas eu le soutien escompté…même les pays européens ne l’ont pas soutenue !

 Je ne sais plus qui disait que si Erdogan était fort c’est parce que l’Europe est absente (ou quelque chose comme ça) ; il avait raison !

 


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12 réactions à cet article    


  • Olivier Perriet Olivier Perriet 17 juillet 11:37

    votre exposé le résume bien : ce n’est pas Erdogan la cause fondamentale, il ne fait que faire ce que tous ses prédécesseurs ont fait. Qu’il représente une inflexion islamiste certes...

    Mais sa politique expansive en Syrie, en Libye, à Chypre ou en Grèce, est approuvée largement par les turcs « de gauche », c’est un fait.

    En réalité la Turquie contemporaine n’a jamais vraiment accepté ses propres frontières, issues des guerres d’Attaturk contre les traités ayant démantelé l’empire ottoman. C’est le grand non dit.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 17 juillet 11:46

      @Olivier Perriet

      La « Turquie contemporaine » a surtout été très humiliée par le rejet de sa candidature à l’UE, pour des raisons idéologiques (courant de Villers qui voulait inscrire dans a constitution de l’UE les fondement chrétiens de la « civilisation européenne »), ou même quasi-racistes (courant allemand qui considère les Turcs comme des immigrés de seconde zone et non comme un peuple du même « rang »).
      Quelle que soit la conception que l’on se fait de l’UE, elle existe, comme l’OTAN existe, et le jeux consistant à admettre un état-nation comme partenaire dans un cas mais pas dans l’autre ne peut que produire des effets négatifs.


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 17 juillet 14:06

      @Séraphin Lampion

      bof, comme d’habitude chez vous, on reste dans le filandreux, l’ambigu, le ténébreux.

      La Turquie contemporaine a été fondée dans la guerre par Ataturk, sur les ruines de l’empire ottoman qui devait être complètement démembré après 1918. Bien avant l’UE.

      Et quand à l’argument d’admettre l’un et pas le autres.... je me marre :
      le Maroc avait vaguement demandé à adhérer il fut un temps. On n’en a jamais fait un drame.

      Le plus fervents soutiens de la Turquie dans l’UE étaient les USA, jusqu’à Bush junior inclus. Ceci explique pourquoi on ne leur a jamais refusé directement.


    • vraidrapo 17 juillet 15:47

      @Séraphin Lampion
      C’est tout à fait cela !
      Je ne vois pas comment on peut ne pas être d’accord. Il y a des comportements curieux.


    • vraidrapo 17 juillet 15:54

      @Olivier Perriet
      Il ne faut pas zapper le fait que l’empire ottoman s’était associé aux puissances de l’Axe... en 1914.
      et qu’en 1940, malgré sa neutralité théorique, la Turquie de Kémal a apporté un soutien logistique à Hitler avant de déclarer la guerre à... l’Allemagne le 1er mars 1945 !
      C’est aussi « simple » que cela la diplomatie du « Diouan »...


    • Jonas Jonas 17 juillet 19:33

      @Olivier Perriet « En réalité la Turquie contemporaine n’a jamais vraiment accepté ses propres frontières, issues des guerres d’Attaturk contre les traités ayant démantelé l’empire ottoman. C’est le grand non dit. »

      Depuis des siècles, l’empire ottoman n’a cessé d’attaquer la chrétienté, avec comme rêve d’islamiser l’Europe.
      Les musulmans ont anéanti en totalité l’empire romain chrétien d’orient, en perpétrant massacres, assassinats, pillages, viols, réduction en esclavage, et transformé des milliers d’Églises en Mosquées (aujourd’hui 98% de la population turque est musulmane).
      Le Sultan Mehmet II, le 29 mai 1453, après avoir vaincu les Grecs et pris Constantinople, transformera la Basilique Sainte-Sophie, phare de la Chrétienté en Orient, en Mosquée, et livrera au pillage la ville à ses jihadistes pendant 3 jours (il leur donnera 2 jours finalement).

      Le combattant chrétien George Kastrioti Skanderbeg, enlevé à ses parents par les ottomans lors d’un devchirmé dans l’actuelle Albanie, fut formé à la guerre par les Turcs, il mènera ensuite la révolte contre eux.
      Skanderbeg déclare l’indépendance de l’Albanie le 28 novembre 1443, hissant son drapeau rouge à l’aigle noir. Skanderbeg, ayant rejeté l’islam et l’Empire ottoman, devient défenseur de son pays et de la chrétienté dans les Balkans et l’Europe.
      Pendant 23 ans, il tient tête à la plus grande armée ottomane de l’époque alors que le nombre de ses combattants n’excède pas 20 000 hommes. En 1450, l’armée ottomane conduite par le sultan Mourad II en personne échoue devant Krujë. En deux autres occasions, en 1466 et 1467, Mehmet II, le conquérant de Constantinople, est également repoussé par Skanderbeg, après avoir perdu vingt-quatre batailles et échoué à prendre Krujë.
      Après sa mort naturelle en 1468 à Lezhë, son armée réussit à contenir les Turcs pendant encore 12 ans. Finalement, en 1480, l’Albanie fut reconquise par l’Empire ottoman. La même année, ils envahirent l’Italie où ils conquirent la ville d’Otrante.

      Jean de La Valette, est le 49e grand maître des Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, particulièrement connu pour avoir soutenu face aux Ottomans le siège de Malte de 1565 et avoir fondé et donné son nom à l’actuelle capitale de la République de Malte, La Valette.

      Don Juan d’Autriche, fut le commandant de la flotte européenne pendant la célèbre bataille de Lépante le 7 octobre 1571, victoire navale décisive des puissances chrétiennes regroupées en une Sainte Ligue catholique contre l’Empire ottoman.
      En Espagne, Don Juan d’Autriche liquidera ensuite la révolte du Morisque Fernando de Córdoba y Válor, qui se renommera Muhammad Ibn Umaiya, se prétendant descendant du Calife de Cordoue, qui mènera le Jihad islamique contre Philippe II afin de rétablir le Califat dans les montagnes de Alpujarras à l’aide d’une armée de 40 000 hommes, de Turcs et de corsaires venant d’Alger. Terreur, pillages, razzia, viols et meurtres de Chrétiens sont alors perpétrés de manière sporadique dans les villages de la région de Grenade.
      Les Espagnols réprimeront ces révoltes dans le sang, les Morisques seront dispersés, avant d’être définitivement expulsés d’Espagne quelques années plus tard, en 1609.

      Le roi polonais Jean III Sobieski, défenseur de l’Europe chrétienne, mettra fin au siège de Vienne par les Turcs le 12 septembre 1683. Ce fut leur dernière percée décisive sur notre continent.

      Le général Theodoros Kolokotronis et son armée grecque, aidée d’une coaltion de forces chrétiennes, France, Angleterre, et Russie, a vaillament combattu les Turcs durant la guerre d’indépendance (1821–1829). Après 4 siècles de colonisation turque, les Grecs se sont débarrassé du joug ottoman.

      Aujourd’hui, Erdogan tente de faire revivre un vieux rêve qui n’a jamais quitté les Turcs.


    • vraidrapo 19 juillet 08:24

      @Jonas
      Merci pour l’historique.
      Il est à regretter que pour des objectifs à court terme les rois de France, depuis François Ier au moins, aient fait alliance avec le grand turc...
      C’est un processus classique :
       les États d’Europe se font la guerre et, à l’arrivée, ce sont, avant-hier le grand turc, hier le Yankee qui raflent la mise... et c’est irréversible !


    • vraidrapo 17 juillet 15:45

      Et ce n’est pas tout. Ce dont les media du Medef préoccupés par les bouchons des vacances ne parlent pas : le ravivement d’une guerre dans le Caucase.

      Endogame ne chôme pas, pandémie ou pas :

      A ce stade des avancées de la Turquie sur les anciennes possessions de l’Empire ottoman, et alors que les discussions tendaient à achopper avec Moscou sur le dossier libyen, l’agression d’Aliev contre l’Arménie vient à point nommé pour rééquilibrer en faveur d’Erdogan le rapport de forces dans l’alliance tactique qu’il a noué avec Poutine. Après la démonstration victorieuse du nouveau sultan en Libye, cette manœuvre violente rappellera aux Russes sa capacité de nuisance, jusque dans leurs chasses gardées.


      Conflit : la main d’Aliev et le cerveau d’Erdogan

      http://armenews.com/spip.php?page=article&id_article=56001


      • vraidrapo 17 juillet 16:03

        on peut se demander où elle est, cette Europe tant vantée pour ses valeurs

        Après tout ce qui a été maintes et maintes fois écrit et prouvé (Jean Monnet, CIA, Schumann...)

        Les pères de l’Europe vendraient père et mère au service des valeurs du dieu « $ » !


        • vraidrapo 17 juillet 16:10

          Quand Endogame aura fini de jouer l’Idiot utile, le Yankee de service à la Maison Blanche saura lui expédier son diplôme de bons et loyaux services par la voie des airs.. une prestation chirurgicale !

          La CIA et le Maussade préparent déjà un autre gouverneur pour Ankara : Gülen !


          • titi 17 juillet 19:35

            Maintenant que Ste Sophie va devenir mosquée, j’attend qu’Israel reconstruise le Temple de Jérusalem.

            Ce serait juste.

            Vae Victis.


            • popov 18 juillet 03:58

              @titi

              Maintenant que Ste Sophie va devenir mosquée, j’attend qu’Israel reconstruise le Temple de Jérusalem.

              Exactement.
              Israël peut aussi se dire pays souverain et libre de faire ce qu’il veut des bâtiments construits sur son territoire.
              Qu’est-ce que la présence des Israëliens à Jérusalem a de moins légitime que la présence des Turcs à Constantinople ?

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