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L’hallucinante insolence d’un journaliste de la BBC face à Lavrov

Dans cette interview, on ne sait ce qui est le plus intéressant : les propos très sages et très pondérés du Ministre Russe des affaires étrangères et les informations très sensées qu'il donne, ou la fatuité insolente d'un petit journaleux, qui va lui couper la parole pas moins de douze fois au cours de ce qu'il appelle un entretien, n'écoutant pas les réponses aux questions qu'il vient de poser, reposant plusieurs fois des questions auxquelles des réponses viennent d'être faites, reprenant des affirmations péremptoires qu'il sait être sans fondement.

Les journalistes d'aujourd'hui se considèrent aujourd'hui comme des leaders politiques, des faiseurs d'opinion, ils ont perdu toute réserve et tout sens critique, et violent autant qu'ils peuvent la charte des journalistes.

Ils sont devenus bien souvent des agents de la propagande d'Etat, évoquant pour nombre d'observateurs ce que pouvait être la propagande de Goebbels sous le régime hitlérien.

Il me semble que les citoyens britanniques, tout comme les citoyens français d'ailleurs, sont en droit d'attendre autre chose de leurs télévisions d'Etat. Cette façon d'interroger des personnages importants n'est pas sans rappeler celles de nos propres (?) journalistes télévisuels et radiophoniques, qui oscillent entre l'écoeurante servilité et l'outrecuidante mauvaise éducation, selon l'appartenance politique de l'interviewé.

Même si vous êtes, comme moi, profondément choqués par l'attitude désinvolte et odieuse de ce pseudo-journaliste, ne négligez pas de considérer l'importance des propos de Lavrov : c'est tout de même la partie solide de l'interview, qui vaut mieux que le one-man-show de l'interviewer.

Mais je vous laisse en juger (je pense que le journaliste mal élevé et payé pour l'être est Stephen Sackur) :

[Transcription par "Les Crises) ] Interview de Sergueï Lavrov par la BBC

Interview du Ministre des Affaires Étrangères russe

– à prendre avec esprit critique…

Source : S. Hasan, 19-04-2018

Transcription :

Journaliste : Sergueï Lavrov, bienvenu à Hard Talk. La semaine dernière, le monde entier était profondément préoccupé par l’éventualité d’un conflit armé direct entre les USA et la Russie. D’après vous, dans quelle mesure avons-nous frôlé un tel scénario ?

Sergueï Lavrov : Je ne pense pas que nous ayons été très proches. Je pense que cette situation a été créée par nos collègues occidentaux qui se sont comportés de manière très irresponsable. Ils ont accusé les autorités syriennes d’avoir utilisé des armes chimiques contre la population civile et en même temps ils nous ont accusés en tant qu’alliés du gouvernement syrien. Sachant qu’ils l’ont fait sans attendre que les inspecteurs de l’OIAC visitent les lieux. En réalité, c’est au moment précis où les représentants de l’OIAC étaient prêts à se rendre du Liban en Syrie que ces frappes ont eu lieu. Comme l’ont expliqué nos militaires, le canal de liaison pour empêcher des incidents imprévus (ce qu’on appelle le ‘deconflicting’) fonctionne en permanence.

Journaliste : Donc pour être clair et éviter le jargon, ai-je bien compris que les Etats-Unis et leurs alliés vous ont préalablement informés des frappes en préparation, et vous, de votre côté, vous avez assuré que la Russie ne riposterait pas ?

Sergueï Lavrov : Je préférerais ne pas entrer dans les détails concernant ces contacts de travail entre nos militaires. Les militaires russes et américains ont un canal de liaison aussi bien entre les deux capitales qu’en Syrie même, et nos militaires discutent très professionnellement entre eux toutes ces questions. Ils se comprennent très bien. Ils comprennent probablement mieux que personne tout le risque de telles aventures.

Journaliste : Monsieur Lavrov, cette crise n’est pas terminée, n’est-ce pas ?

Sergueï Lavrov : Cela dépend de ceux qui ont organisé toute cette crise.

Journaliste : En regardant les déclarations de vos diplomates, la conclusion s’invite d’elle-même. Par exemple, votre ambassadeur aux USA a déclaré que ces frappes aériennes ne resteraient pas sans conséquences. Vladimir Poutine l’a qualifié d’acte illégal d’agression. Le monde veut savoir ce que la Russie a l’intention de faire ?

Sergueï Lavrov : C’est un constat des faits. Et il y a forcément des conséquences. Je dirais que nous avons perdu les restes de confiance à nos amis occidentaux qui préfèrent s’appuyer dans leurs actions sur une logique très étrange – ‘il n’y a pas de punition sans culpabilité’. Par exemple, ils nous punissent d’abord pour Salisbury et ensuite attendent que Scotland Yard termine l’enquête. D’abord ils punissent pour Douma en Syrie et ensuite ils attendent que les experts de l’OIAC viennent et examinent les lieux. Autrement dit, cette ‘troïka’ de pays occidentaux agit selon le principe ‘si vous êtes punis, vous êtes coupables’.

Journaliste : En ce qui concerne les incidents que vous avez mentionnés – Douma et l’affaire Skripal – nous en reparlerons en détail avec vous. Mais d’abord je voudrais encore parler avec vous de l’état de nos relations diplomatiques. La Représentante permanente des USA auprès de l’ONU Nikki Haley a déclaré que les Etats-Unis restaient ‘en état opérationnel’. Comment pouvez-vous réagir à ce genre de déclarations ?

Sergueï Lavrov : Il me semble qu’il leur faudrait d’abord remettre de l’ordre à la maison, à Washington. Nous pensons que les déclarations de ce genre peuvent être faites seulement par le chef des armées ou la direction militaire. Comme je l’ai dit, les militaires russes et américains disposent d’un canal de liaison pour prévenir les incidents imprévus, mais c’est une information confidentielle.

Journaliste : Vous parlez de déficit de confiance, plus exactement vous parlez d’une absence totale de confiance entre la Russie et les Etats-Unis.

Sergueï Lavrov : J’ai dit que nous sommes en train de perdre les restes de confiance, nous ne sommes pas encore à 0.

Journaliste : Pas encore 0. Je me demande simplement, au niveau le plus basique, quand vous, Ministre russe des Affaires étrangères, vous vous levez le matin et vous lisez sur Twitter que le Président américain et chef des armées vous menace de facto et vous dit : ‘La Russie, tiens-toi prête ! Des missiles beaux neufs et intelligents arrivent !’, que pensez-vous à ce sujet ?

Sergueï Lavrov : Eh bien je me dis que le Président américain a publié un Tweet.

Journaliste : Et comment réagissez-vous à ses Tweets ?

Sergueï Lavrov : Comme on dit, il faut juger sur pièces. Nous avons décidé de voir comment ces missiles ‘beaux, neufs et intelligents’ se montreront pendant les frappes, et nous avons calculé que les deux tiers des missiles n’ont pas atteint leur cible parce qu’ils ont été interceptés.

Journaliste : Mais vous n’avez aucune preuve, n’est-ce pas ?

Sergueï Lavrov : Le Ministère russe de la Défense a présenté son appréciation et il est prêt pour une discussion professionnelle à ce sujet.

Journaliste : Nous reviendrons encore sur la véracité de l’information fournie par tous les acteurs de ce conflit, mais à présent parlons un peu de diplomatie. La Première ministre britannique Theresa May et le Président français Emmanuel Macron ont très clairement souligné dans leurs déclarations que l’unique objectif de cette opération était de diminuer et d’empêcher l’usage de l’arme chimique par les autorités syriennes. L’opération n’avait pas pour but d’influencer le déroulement du conflit syrien et ne visait certainement pas à renverser le régime syrien à Damas.

Sergueï Lavrov : C’est ce qu’ils disent.

Journaliste : Et vous n’êtes pas d’accord ?

Sergueï Lavrov : Non, nous ne sommes pas d’accord. Votre émission s’appelle ‘Hard talk’ (discussion difficile), or nous avons besoin de ‘hard facts’ (des faits concrets). Et toutes ces déclarations sur le ‘highly likely’ (très probablement) sont tout simplement ridicules.

Journaliste : Pardon, quand vous dites ‘très probablement’, vous faites allusion à l’analyse selon laquelle les forces gouvernementales d’Assad ont utilisé l’arme chimique à Douma ?

Sergueï Lavrov : Non, quand je parle de l’expression ‘highly likely’, je veux dire que c’est une nouvelle invention de la diplomatie britannique derrière laquelle se cache le Royaume-Uni quand il punit les gens. Il déclare que ces gens sont ‘très probablement’ coupables. Vous savez, dans Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll il y a la scène du procès, et quand le roi demande : ‘Faut-il d’abord écouter les jurés ?’, la reine crie : ‘Non ! D’abord la condamnation et le verdict des jurés ensuite !’ Voilà ce qu’est la logique du ‘très probablement’.

Journaliste : D’accord, c’est votre avis. Parlons de ce qui s’est passé à Douma. Permettez-moi de commencer d’abord par une question très simple. La Russie s’oppose à l’usage de l’arme chimique et pense que ceux qui utilisent l’arme chimique doivent être sanctionnés, n’est-ce pas ?

Sergueï Lavrov : Est-ce une question ? Je pensais que vous étiez bien mieux informé concernant la position russe à ce sujet. Vous posez une question avec une réponse évidente.

Journaliste : C’est évident, vous êtes d’accord. Parce que vous avez signé des accords appropriés, vous partagez la détermination de la communauté internationale à faire interdire et à éliminer complètement les armes chimiques.

Sergueï Lavrov : Oui, et bien plus, en 2017, nous avons terminé le programme de destruction de l’arme chimique en Russie, et cela a été officiellement confirmé par l’OIAC. Tout le Comité exécutif de l’OIAC a salué cette démarche. Alors que les USA, malheureusement, n’ont pas encore tenu leurs engagements, et au lieu de cela ils préfèrent le repousser éternellement.

Journaliste : Mais si je viens d’affirmer une évidence et que l’engagement de la Russie à ce sujet est clair, vous voulez donc certainement que les coupables de l’usage des armes chimiques à Douma (et leur usage est confirmé par des preuves accablantes) soient punis ?

Sergueï Lavrov : Attendez, attendez. Vous allez trop vite en besogne concernant les ‘faits’, encore une fois.

Journaliste : Je ne pense pas.

Sergueï Lavrov : Il n’y a aucune preuve de l’usage des armes chimiques à Douma le 7 avril, et vous avez déjà…

Journaliste : Mais il y a des preuves

Sergueï Lavrov : Pouvez-vous… Pouvez-vous [arrêter de m’interrompre] ?

Journaliste : Emmanuel Macron et les Français ont clairement dit qu’ils disposaient d’informations sur les vols d’hélicoptères syriens gouvernementaux au-dessus de Douma. Ils ont des photos de bouteilles de gaz retrouvées sur les lieux de l’attaque. Ils ont également enregistré tous les usages d’armes chimiques par le gouvernement syrien durant les dernières années. Si vous combinez tout ces éléments, dans la mesure ou les Français, les Américains, les Britanniques…

Sergueï Lavrov : Je ne peux pas me permettre d’être impoli envers d’autres chefs d’Etat (ni envers le chef de mon Etat, évidemment), mais vous avez cité des dirigeants de la France, du Royaume-Uni et des Etats-Unis. Mais franchement, toutes les preuves auxquelles ils se réfèrent sont tirées des médias et des réseaux sociaux. Par exemple, les bouteilles de gaz. J’ai vu cette photo – une bouteille de gaz sur un lit, alors que le lit est intact, la vitre de la fenêtre n’est pas brisée. Ecoutez, vous devez être un peu plus sérieux. Pouvez-vous m’expliquer pourquoi frapper (la Syrie) si le lendemain, les inspecteurs de l’OIAC vont se rendre sur les lieux pour examiner ce qu’ils affirment s’être passé ?

Journaliste : Le représentant américain de l’OIAC dit qu’il y a de sérieuses raisons de craindre que la Russie tentait de détruire les preuves à Douma. Pouvez-vous affirmer de votre côté que la Russie ne faisait rien de tel ?

Sergueï Lavrov : Oui, je peux le garantir, mais vous savez, c’est absolument la même logique que Theresa May concernant Salisbury. Quand nous avons posé des dizaines de questions, quand nous avons demandé d’organiser une enquête conjointe, quand nous avons demandé un accès au processus de prélèvement d’échantillons, elle a répondu non, qu’ils ne répondront à aucune question tant que la Russie ne répondra pas aux leurs. Or la seule question qui nous était posée était celle-ci : “Expliquez nous comment vous l’avez fait. Est-ce Vladimir Poutine qui a ordonné d’empoisonner ces deux malheureuses personnes ? Ou est-ce dû au fait que vous avez perdu le contrôle de vos réserves d’armes chimiques ?” Pour toute personne raisonnable, c’est une situation particulièrement étrange… Mais revenons à Douma.

Journaliste : Oui, je reviendrai aux Skripal, mais revenons à Douma et à la question de la crédibilité. Vous avez d’abord déclaré que l’incident (chimique) à Douma n’avait pas eu lieu. Puis la Russie a changé de position et déclaré que quelque chose s’est effectivement produit, mais que c’était une mise en scène fabriquée par des pays russophobes.

Sergueï Lavrov : En effet, il n’y a pas eu d’incident (chimique). Ce qu’il y a eu, c’est une mise en scène. Aucune arme chimique n’a été utilisée.

Journaliste : Vous pensez que le Royaume-Uni est impliqué dans cette fausse attaque à l’arme chimique à Douma, n’est-ce pas ?

Sergueï Lavrov : L’Histoire a connu plusieurs tels précédents de ces dernières décennies. Ce que nous pensons effectivement, et nos renseignements pourraient partager les informations nécessaires avec leurs collègues britanniques, c’est…

Journaliste : Mais vous dites que vous avez des preuves irréfutables que c’est un faux, une mise en scène. Vous dites que les volontaires des Casques blancs y sont impliqués. Où sont vos preuves irréfutables ?

Sergueï Lavrov : Pour obtenir les preuves irréfutables il faut se rendre sur les lieux, et le…

Journaliste : Où sont les preuves irréfutables que tout cela a été mis en scène par les Casques blancs avec le soutien du gouvernement britannique ? Nous parlons de crédibilité. Où est votre crédibilité ?

Sergueï Lavrov : Ce que j’ai dit, c’est que les Casques blancs, on le sait, travaillent uniquement sur le territoire contrôlé par l’opposition, notamment le groupe Front al-Nosra. On sait que les Casques blancs tirent (régulièrement) la sonnette d’alarme concernant des prétendus incidents chimiques, comme il y a un an à Khan Cheikhoun, qui s’est avéré être un faux du début à la fin. Tout le monde sait que les Casques blancs sont financés par plusieurs pays, le Royaume-Uni y compris.

Journaliste : Mais ce ne sont pas des preuves irréfutables.

Sergueï Lavrov : Une seconde. Des preuves irréfutables de quoi ?

Journaliste : Vous avez dit avoir des preuves irréfutables qu’un pays russophobe, et vous vouliez dire le Royaume-Uni, travaillait conjointement avec les Casques blancs pour mettre en scène l’incident.

Sergueï Lavrov : Une seconde. Pourquoi dites-vous que j’ai désigné les Royaume-Uni ? Il ne faut pas me faire dire ce que je n’ai pas dit. J’ai dit ‘un Etat qui cherche à être le premier dans les rangs de la campagne russophobe’. Alors essayez de me citer sans déformer, sinon ce n’est pas très professionnel.

Alors, en parlant de preuves irréfutables, les inspecteurs de l’OIAC ont accepté de mener une enquête pour savoir ce qui s’est passé à Douma. Ils sont venus au Liban. Les autorités syriennes leur ont dit qu’ils obtiendraient immédiatement leur visa en arrivant à la frontière. Sept heures après cela la Syrie a été frappée. Pourquoi le faire à la veille de l’arrivée des inspecteurs ?

Journaliste : S’il s’avérait que les gouvernements de la France, du Royaume-Uni et des USA avaient raison et que vous aviez tort, et si le Président syrien Bachar al-Assad continuait d’utiliser l’arme chimique, comme il l’a fait en 2013 dans la Ghouta faisant jusqu’à un millier de morts, comme il l’a fait il y a un an à Khan Cheikhoun ou comme il vient de le faire à Douma, selon les Américains et leurs alliés. S’il s’avérait qu’ils ont raison et que vous avez tort, reconnaitrez-vous que le Président Bachar al-Assad doit être puni ?

Sergueï Lavrov : Vous savez, vous ne m’entendez pas. Plus exactement vous ne m’écoutez pas. Je viens de dire que l’acte d’agression a été commis moins d’une journée avant l’arrivée sur les lieux de l’attaque chimique supposée des inspecteurs internationaux, dont des citoyens américains, si je comprends bien.

Maintenant, en ce qui concerne ce qui s’est passé il y a un an à Khan Cheikhoun. C’était le 4 avril. Le lendemain le Secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson m’a téléphoné et a demandé d’obtenir des autorités syriennes un accord pour permettre aux inspecteurs internationaux d’examiner la base aérienne d’où a décollé l’avion qui aurait embarqué cette bombe chimique. Le lendemain matin nous avons dit aux Américains que l’accord était obtenu. Ils ont répondu, ‘non, merci’ et ont frappé le lendemain. Nous avons demandé que les inspecteurs de l’OIAC se rendent sur les lieux, mais on nous a répondu que c’était très dangereux et que dans tous les cas ce n’était pas nécessaire parce que les Britanniques et les Français possédaient déjà tous les échantillons nécessaires. Nous avons alors demandé aux Britanniques et aux Français de nous expliquer comment ils avaient réussi à obtenir les échantillons dans un endroit aussi dangereux. Peut-être qu’ils ont des contacts avec les Casques blancs qui contrôlent ce territoire. Ils ont répondu que ces informations étaient confidentielles.

Il y a bien plus de faits que nous voudrions éclaircir et bien plus de questions légitimes en réponse de la seule question que nous entendons de la part des dirigeants et des médias occidentaux : ‘Pourquoi l’avez-vous fait ? Pourquoi avez-vous utilisé l’arme chimique au Royaume-Uni ? Pourquoi couvrez-vous Bachar al-Assad ?’ Et maintenant vous vous appuyez sur ces déclarations pour dire : ‘Et s’il s’avérait que vous aviez tort, alors quoi ?’ C’est très intéressant comme…

Journaliste : Vous êtes le chef de la diplomatie russe. Si d’autres incidents chimiques se produisaient et que les USA, le Royaume-Uni, la France et d’autres pays considéraient que c’est l’œuvre de Bachar al-Assad, il est certain qu’il y aurait de nouvelles frappes encore plus massives. Quel pourrait être le résultat ? Est-ce que la Russie prendra des contremesures ?

Sergueï Lavrov : Avant de parler de ‘nouveaux incidents’ il faut d’abord prouver que Bachar al-Assad a effectivement utilisé l’arme chimique. Puis-je vous donner un bref…

Journaliste : J’ai seulement posé une question très simple parce que le monde veut savoir. Selon Nikki Haley, les USA sont “chargés et prêts à faire feu”, et s’ils estiment – peu importe ce que vous pouvez penser de votre côté – que Bachar al-Assad a à nouveau utilisé des armes chimiques, il est clair qu’il y aurait une réponse militaire de leur part encore plus massive. Comment réagirait la Russie face à cela ?

Sergueï Lavrov : Vous savez, je ne travaille pas dans la voyance. Ce que je sais, c’est qu’il y a quelque temps, trois pays occidentaux, qui dirigent actuellement cette campagne hystérique, ont averti qu’en cas d’utilisation par Bachar al-Assad de l’arme chimique, ils utiliseraient la force. Je le considère comme un signal aux ‘méchants’, notamment aux Casques blancs, pour organiser des provocations. Maintenant, après la frappe aérienne du 14 avril, ils disent à nouveau qu’en cas de nouvel incident, ils réutiliseront la force. Et cela constitue un autre signal adressé aux combattants et aux extrémistes pour qu’ils relancent les activités militaires, ce qu’ils ont déja fait. Immédiatement après la frappe aérienne, ils ont tenté de lancer une offensive contre Damas. Ce que je veux dire, c’est que lorsque certains disent que la Russie est responsable de (l’accomplissement des engagements) de Bachar al-Assad dans le cadre de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques, c’est tout simplement révoltant. Nous avons mené ce travail conjointement avec les USA.

Journaliste : Une dernière question sur la diplomatie avant d’aborder d’autres thèmes. Aujourd’hui les USA proposeront au Conseil de sécurité des Nations unies d’examiner une nouvelle résolution qui est selon eux nécessaire pour avertir Bachar al-Assad au nom de la communauté internationale qu’il ne peut pas utiliser à nouveau des armes chimiques. Êtes-vous prêt à coopérer avec les USA à l’ONU ? Cesserez-vous d’opposer votre veto à toutes les résolutions proposées par les USA et leurs alliés ?

Sergueï Lavrov : Pas toutes les résolutions. S’il est question de la reprise du mécanisme d’enquête qui n’est pas transparent ni indépendant et qui lui-même émet la sentence sans attendre le verdict du Conseil de sécurité des Nations unies, alors nous ne pourrons évidemment pas l’accepter. D’ailleurs, …

Journaliste : Vous n’accepterez pas.

Sergueï Lavrov : Vous savez ce que je pense ? Steve, s’il vous plaît, laissez-moi m’exprimer. Je pense que le seul but de cette résolution et de donner l’apparence, si la Russie et la Syrie acceptent de coopérer, ce qui est impossible du fait du contenu, mais si nous acceptions ils voudraient le présenter de sorte que ce sont les bombes nous ont contraint à négocier. C’est pourquoi la résolution exige que les autorités syriennes doivent accepter les négociations. Tout en faisant l’impasse sur le fait que le principal groupe d’opposition qu’ils soutiennent, ce qu’on appelle le groupe de Riyad en la personne de son président Nasser al-Hariri, qui a récemment appelé les USA à utiliser la force pas seulement en cas d’utilisation de l’arme chimique, mais partout où l’opposition lutte contre les forces gouvernementales.

Journaliste : Quelques brèves questions. Premièrement, pensez-vous que Bachar al-Assad est sorti vainqueur de cette interminable guerre syrienne ?

Sergueï Lavrov : Il ne faut pas penser aux vainqueurs et aux vaincus, ni à Bachar al-Assad ou ses opposants. Il faut penser avant tout au peuple syrien qui a besoin d’un répit des horreurs de 8 ans de conflit.

Journaliste : Quel est l’objectif final de la Russie en Syrie ? Ces derniers temps Moscou y envoie de plus en plus de matériel et d’effectifs. Est-ce que cela signifie que vous avez l’intention d’aider Bachar al-Assad tant qu’il ne contrôlera pas chaque centimètre du territoire syrien ?

Sergueï Lavrov : Notre objectif consiste à protéger la Syrie contre l’agression qui a commencé le 14 avril et laquelle ces trois pays, comme ils déclarent, ont l’intention de poursuivre.

Journaliste : Avez-vous l’intention de livrer au Président syrien Bachar al-Assad votre tout nouveau système antiaérien S-300 ? Si oui, cela pourrait préoccuper sérieusement Israël.

Sergueï Lavrov : Le Président russe Vladimir Poutine a déjà répondu à cette question. Il a rappelé qu’il y a quelques années, à la demande de nos partenaires, nous avions décidé de ne pas livrer les S-300 à la Syrie. A présent, après un acte d’agression révoltant des USA, de la France et du Royaume-Uni, nous étudierons les options pour assurer la sécurité de l’Etat syrien.

Journaliste : Si je comprends bien, les événements de ces derniers jours vous ont poussé à revoir votre position et maintenant vous êtes enclins à fournir ces systèmes de défense antiaérienne modernes en Syrie ?

Sergueï Lavrov : Cela nous convainc que nous devons fournir à la Syrie tout ce qui est nécessaire pour aider aider l’armée syrienne à prévenir toute agression.

Journaliste : Au moins 500 000 personnes ont été tuées en sept ans de guerre en Syrie. Au moins 12 millions de personnes ont dû quitter leur foyer. Au moins 5 millions d’entre elles se sont retrouvés en dehors de la Syrie. Vous pensez sérieusement que Bachar al-Assad est vraiment capable d’unir le pays, de guérir les blessures et de diriger la Syrie ?

Sergueï Lavrov : Nous n’avons jamais rien dit de tel. Notre approche se reflète dans la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies – ce sont les Syriens eux-mêmes qui doivent décider du sort de la Syrie. Il faut une nouvelle Constitution, des élections, et que les Syriens décident eux-mêmes. Les tentatives incessantes de faire éclater la Syrie en morceaux vont à l’encontre de ce qui est dit publiquement et au niveau officiel. D’ailleurs la Syrie n’est pas la seule à souffrir des terribles conséquences de la guerre civile. Regardez l’Irak et la Libye. Et maintenant ceux qui ont mis ces pays dans un tel état veulent que la même chose soit faite en Syrie.

Journaliste : Maintenant parlons un peu de l’affaire de Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia qui ont été empoisonnés dans la ville de Salisbury au sud de l’Angleterre. Aujourd’hui, dans cette interview, vous avez dit que la confiance était importante. Vous, Ministre russe des Affaires étrangères, affirmez que les services britanniques connus pour leur ‘autorisation de tuer’ sont impliqués dans cet incident. Peut-être que ces derniers propos étaient une plaisanterie de votre part. Dites, vous pensez vraiment que votre version sera prise au sérieux ?

Sergueï Lavrov : On nous a dit que ‘très probablement’ les Skripal ont été empoisonnés par les Russes parce qu’il n’existe aucune autre explication plausible. C’est pourquoi nous avons répondu qu’il existait d’autres versions plausibles.

Journaliste : Mais votre version n’est pas crédible.

Sergueï Lavrov : Et pourquoi donc ?

Journaliste : Avez-vous le moindre soupçon de preuve que les services britanniques ont essayé de tuer Sergueï Skripal ?

Sergueï Lavrov : Les Romains avaient déjà un critère : ‘Cherchez à qui profite le crime’. Je pense que la provocation aussi bien en Syrie que sur le territoire britannique a été on ne peut plus bénéfique pour le Royaume-Uni. Aujourd’hui le Royaume-Uni se retrouve sur le devant de la scène de la politique mondiale par un tel moyen très négatif, agressif et étrange.

Journaliste : Permettez-moi de relever l’incohérence de votre position. Pendant l’interview vous avez souligné avec force l’attachement de la Russie à toutes les conventions et accords internationaux sur l’interdiction des armes chimiques, y compris en soutenant l’activité de l‘OIAC.

Sergueï Lavrov : C’est exact.

Journaliste : Et vous soutenez notamment l’activité de l‘OIAC

Sergueï Lavrov : C’est exact

Journaliste : Vous savez mieux que moi que l’OIAC a envoyé les échantillons de la substance neuro-paralytique utilisée à Salisbury à quatre laboratoires différents, et tous ont confirmé qu’il s’agissait de ‘Novitchok’ (comme le disait le gouvernement britannique) de niveau de pureté élevé.

Sergueï Lavrov : Et c’est précisément le problème. La présence même de la substance A-234 à un niveau de pureté élevé et à très forte concentration est suspecte car…

Journaliste : Il est clair qu’elle vient de Russie, de l’ex-URSS. Tout le monde sait que c’est vous qui avez inventé ce gaz neuro-paralytique.

Sergueï Lavrov : Restons-en aux faits. Vous êtes peut-être un as pour poser des questions dures, mais il faut aussi savoir écouter ! En effet, cette substance a été élaborée en Union soviétique, mais ensuite l’un de ses inventeurs s’est enfui aux USA et a publié la formule en accès libre. Vous devriez vous-même vérifier cette information d’évoquer la question. Les USA ont même breveté cette formule et cette substance est officiellement en service dans les renseignements américains ou l’armée, je ne sais plus. L’A-234 est une substance qui tue rapidement et ensuite elle s’évapore rapidement. C’est pourquoi nos chercheurs disent que les échantillons prélevés deux semaines plus tard ne peuvent en aucun cas contenir une ‘très forte concentration’ de cette substance.

Journaliste : Nous revenons à nouveau à la question de savoir qui l’on croit ou non. Peut-être que ce que vous dites est crédible en Russie, mais en aucun cas dans le reste du monde. Plus de 100 diplomates russes ont été expulsés de plus de 20 pays occidentaux parce qu’ils estiment que c’est la Russie qui est coupable.

Sergueï Lavrov : Si vous voulez tout de même parler sur le fond, permettez-moi d’ajouter ceci. Samedi nous avons présenté un document avec les conclusions du Centre suisse d’analyse radiologique et chimico-biologique de Spiez (l’un des laboratoires que vous avez mentionnés) qui a effectivement découvert une ‘forte concentration’ d’A-234, mais hormis ça…

Journaliste : Je vous demande : faites-vous ou non confiance à l’OIAC ? La question est très simple. Vous semblez ne pas leur faire confiance.

Sergueï Lavrov : Mince ! Pour un Britannique vous avez d’horribles manières. Le rapport du laboratoire suisse affirme aussi qu’ils ont d’abord découvert la substance BZ, inventée, si je ne m’abuse, en 1955 aux USA, et mise en service dans les armées américaine et britannique. Nous avons envoyé à l’OIAC, à laquelle nous faisons confiance, une requête pour confirmer ou réfuter qu’en plus de l’A-234, le laboratoire suisse aurait découvert dans les échantillons du BZ. Maintenant nous attendons une réponse de l’OIAC, à laquelle nous faisons confiance, évidemment. Mais comme on dit, faisons confiance mais vérifions quand même.

Journaliste : Il ne nous reste pratiquement plus de temps et je dois encore vous poser une question sur les sanctions. Le ministère américain des Finances s’apprête à annoncer de nouvelles sanctions contre des personnes et des compagnies russes qui, estime-t-on, sont liées à l’armée syrienne. Le marché boursier russe avait sérieusement fléchi à cause des sanctions précédentes décrétées par le gouvernement américain. La Russie est au pied du mur.

Sergueï Lavrov : Merci pour votre compassion. Mais ne vous inquiétez pas, nous allons nous en sortir. Et ce n’est pas…

Journaliste : Le marché boursier s’est effondré de 10%, le rouble a chuté par rapport au dollar.

Sergueï Lavrov : N’avez-vous pas connu de périodes difficiles par le passé ? Vous vous souvenez, George Soros avait joué contre votre marché boursier et avait fait effondrer la Livre Sterling ? Mais ils ne s’agit pas simplement des menaces de punir ceux qui ont des contacts avec le gouvernement syrien. En fait, ils veulent punir tout le peuple russe pour avoir fait le ‘mauvais’ choix à l’élection présidentielle. Ils déclarent qu’ils ne nuiront jamais aux Russes du quotidien, mais seulement aux oligarques, aux politiciens et aux militaires qui déstabilisent soi-disant le monde, mais ils mentent. Leur véritable souhait consiste à causer des problèmes aux centaines de milliers de Russes, ceux qui ont été employés à…

Journaliste : Et c’est votre point faible.

Sergueï Lavrov : Oui, oui.

Journaliste : Et c’est votre point faible. Vous disposez peut-être du plus puissant arsenal nucléaire au monde, comme s’en vantait le Président russe Vladimir Poutine, mais votre économie est faible et vulnérable.

Sergueï Lavrov : Oui, c’est le cas et nous le savons. Mais notre économique a traversé de nombreuses épreuves depuis la Seconde Guerre mondiale. Je peux vous assurer que le gouvernement et le Président veillent attentivement à mettre en place les réformes nécessaires, et c’était le thème principal de la première partie de l’allocution du Président russe à l’Assemblée fédérale. Dans la deuxième partie, lorsqu’il a parlé de nouveaux armements, il a conclu par l’idée que nous sommes toujours prêts au dialogue sur la base du respect réciproque et de l’équilibre des intérêts.

Journaliste : Et dernière question. Le Secrétaire général de l’Onu Antonio Guterres a déclaré récemment que le monde était à nouveau plongé dans une guerre froide, mais si auparavant il existait des mécanismes qui prévenaient la possibilité d’escalade entre les USA et l’URSS, aujourd’hui ces mécanismes semblent absents. Cette conclusion est terrifiante. Vous travaillez à votre poste depuis 13 ans. Peut-on qualifier la période actuelle de la plus terrible dans votre mémoire ?

Sergueï Lavrov : L’un des mécanismes est d’avoir des canaux de communication normaux. Les canaux de communications entre Moscou et Londres ont été fermés à l’initiative britannique. Les contacts entre les militaires et entre toutes les agences chargées de la lutte antiterroriste ont été stoppés il y a longtemps, toujours à l’initiative de Londres. Le Conseil OTAN-Russie, qui était un mécanisme très utile pour promouvoir la confiance et la transparence dans les relations, a de facto été fermé par l’OTAN. A présent l’OTAN ne veut parler que de l’Ukraine sur cette plateforme. L’UE a également fermé toutes les voies de coopération avec la Russie et communique avec nous uniquement sur la Syrie et d’autres…

Journaliste : Mais avez-vous le sentiment qu’une nouvelle guerre froide a commencé ?

Sergueï Lavrov : Selon moi, la situation actuelle est pire que pendant la Guerre froide parce qu’à l’époque, il y avait au moins des canaux de communication, et il n’y avait pas une telle russophobie hystérique, qui ressemble à une sorte de génocide par les sanctions.

Journaliste : Vous pensez qu’aujourd’hui la situation est pire qu’à l’époque de la Guerre froide ?

Sergueï Lavrov : Oui, précisément à cause de l’absence de canaux de communication. Du moins il n’en reste pratiquement plus.

Journaliste : Cela rend la situation très dangereuse.

Sergueï Lavrov : J’espère que vous ne serez pas le seul d’entre vos compatriotes à s’en rendre compte, et que votre gouvernement en particulier le reconnaitra.

Journaliste : C’est difficile d’imaginer ou de se rappeler une période historique où la Russie ressemblait plus à un pariah et était aussi isolée qu’aujourd’hui. Vous avez la Coupe du monde de football cet été, et le Ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson l’a déjà comparée à l’organisation par Adolf Hitler en 1936 des Jeux olympiques à Berlin.

Sergueï Lavrov : En 1938, c’est-à-dire après cette Olympiade, a été joué le match entre le Royaume-Uni et l’Allemagne. Vous pouvez trouver sur internet la photo de ce match où avant le jeu les joueurs allemands et britanniques font le salut nazi.

Journaliste : Que voulez-vous dire ?

Sergueï Lavrov : Je n’ai pas l’intention de parler de Boris Johnson. Nous avons déjà parlé avec lui pendant sa récente visite à Moscou. Qu’il se divertisse.

Journaliste : Notre temps est écoulé. Sergueï Lavrov, merci beaucoup d’avoir participé à l’émission ‘Hard Talk’.

Source : S. Hasan, 19-04-2018

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127 réactions à cet article    


  • doctorix doctorix 23 avril 15:02

    « nos militaires discutent très professionnellement entre eux toutes ces questions. Ils se comprennent très bien. »

    Ces propos de Lavrov sont plutôt rassurants.
    Les « n’importe quoi » que nous avons élus ne peuvent donc pas faire tout ce qui leur passe par la tête, et les militaires semblent bien jouer le rôle de gardes-fous (et le terme n’a jamais été aussi bien employé) dans cette affaire tordue.
    C’est bien triste de n’avoir qu’un macron et un le drian à mettre en face de ces hommes compétents et raisonnables que sont Poutine et Lavrov (et je pèse soigneusement mes majuscules).

    • Méduse Méduse 23 avril 22:06

      @ doctorix

      Comme quoi l’Etat profond, ce machin hyperdémocratique comme on le sait, c’est pas si con.

      Votre com éclairé a eu 19 votes à l’heure où je vous parle, si j’entends bien. C’est magnifique.


    • doctorix doctorix 23 avril 23:10

      @Méduse
      C’est un hommage rendu à Lavrov, qui est assurément un grand homme.

      Fort contraste avec l’insignifiance du petit bonhomme vicieux qui l’interviewe, et qui, sans le vouloir, le met en valeur par sa bassesse.

    • doctorix doctorix 25 avril 12:09

      SCOOP !!!


      Regardez comme il est facile de berner le public occidental, surtout quand il ne demande qu’à être berné. Comme il est facile de nous prendre pour des cons :

      http://www.wikistrike.com/2018/04/video-e un-stage-de-mise-en-scene-simulee-d-une-attaque-chimique-dans-une-ecole-primaire-a-douma-la-fabrique-du-mensonge.html ?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

    • Emin Bernar Emin Bernar 25 avril 13:33

      @doctorix

       Stephen Sackur présente une émission qui a pour nom « hard talk » , sans concession quelque
      soit l’invité, mais pas populiste !

      Il fait le travail d’un vrai journaliste ! on n’est pas habitué à ce style, à cette classe en France !


    • doctorix doctorix 25 avril 14:27

      @Emin Bernar
      Entre servir la soupe et l"insolence malveillante, il y a des intermédiaires qu’il n’a pas su trouver.

      Il suit une ligne directrice qui ne tient pas compte des réponses qui lui sont faites.
      On dirait qu’il est en mission, et je crois qu’il l’est.

    • gaijin gaijin 23 avril 15:18

      de toute façon c’est un coup des russes
      quoi ?
      on sait pas mais justement c’est louche donc c’est un coup des russes ......
      mais pourquoi ?
      parce qu’ils soutiennent assad
      et alors ?
      assad c’est le mal la preuve les islamistes le combattent
      mais les islamistes c’est pas des terroristes ?
      non pas en syrie ( en syrie ce sont nos alliés )
      et s’il sortent de syrie ?
      c’est pas les mêmes les notres on les connait ils ont des barbes
      donc c’est un coup des russes ?
      oui forcément
      mais quoi ?
      peut importe de toute façon c’est eux ............

      c’est tout de même simple non ?


      • darkjack 24 avril 08:25

        @gaijin
        Et puis si ce n’est pas les Russes, ce sont les autres méchants, les Chinois et Coréens du Nord. CQFD


      • JL JL 23 avril 15:27

        ’’Sergueï Lavrov : En 1938, c’est-à-dire après cette Olympiade, a été joué le match entre le Royaume-Uni et l’Allemagne. Vous pouvez trouver sur internet la photo de ce match où avant le jeu les joueurs allemands et britanniques font le salut nazi.’’
         
         Il y a des choses que les médias des riches Occidentaux ne veulent pas voir.



        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 23 avril 19:20

          @Giordano Bruno
          C’est normal, Hitler avait pour mission de détruire l’ URSS et le communisme.
          Il a été aidé dans son ascension par des firmes américaines.

          « Wall Street et l’ascension d’ Hitler » par Antony Sutton.

          Sutton est un historien américain qui travaille sur les archives des entreprises américaines.


        • foufouille foufouille 23 avril 20:42

          @Fifi Brind_acier
          mais oui adolf a envahi la france et des tas d’autres pays car il avait pour mission ta connerie.
          faudrait arrêter les champis ou le LSD.


        • Legestr glaz Ar zen 23 avril 22:02

          @foufouille

          Si vous refusez de découvrir les sources d’un historien exemplaire comme Antony Sutton, vous pouvez continuer à déblatérer. Vous avez atteint vos limites. C’est à cela que l’on reconnait les gens objectifs : ils cherchent à comprendre et à aller au delà de ce qu’ils savent. Vous n’appartenez visiblement pas à cette catégorie. 

          Votre méconnaissance totale du sujet vous fait passer pour un véritable abruti. Et, pour couronner le tout, vous l’affichez votre connerie !

        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 24 avril 06:56

          @foufouille
          Instruisez-vous ! « 1940 : le choix de la défaire » par Annie Lacroix Riz.


          Construction européenne : « Aux origines du carcan européen » par Annie Lacroix Riz.

          Annie Lacroix Riz aussi est une vraie historienne, qui travaille sur les archives, au lieu de compiler les livres des confrères...


        • foufouille foufouille 24 avril 13:11

          @Fifi Brind_acier
          comme ar zen, tu as vendu ton cerveau a TF1 avant de devenir taré.


        • doctorix doctorix 24 avril 21:48

          @foufouille
          Remarquables contributions au débat.

          Comme d’habitude.

        • microf 24 avril 22:35

          @doctorix

          Il faut indentifier des personnes ici dans ce Forum qui ne sont lá que pour créer la zizanie, et éviter de les répondre.



        • doctorix doctorix 25 avril 12:44

          @microf
          Foufouille est un vieil ennemi personnel, il ne sait même plus pourquoi, et je me fais un petit plaisir en lui lançant un petit coup de patte de temps en temps.

          Il ne représente pas grand chose, pas même lui même, car il n’est pas très bien fixé sur ce qu’il pense, mais tout le monde le sait ici.

        • sls0 sls0 23 avril 15:38

          150 millions d’habitants en Russie et on s’en sert pour faire peur ?

          C’est un modèle qui fonctionne sans soumission à Wall Street et à la City, très mauvais exemple, il est orienté peuple russe et non financier.
          Sans le financier la Russie réussi à équilibré les forces coté dissuasion militaire avec un budget ridicule par rapport aux USA, même un neuneu formaté par les médias risque de s’en apercevoir de cette spoliation.
          Le journaliste comme son gouvernement que voulez vous qu’il sorte comme argument face à ce de plus en plus visible.

          Un peuple qui a confiance en son gouvernement, qui voit son niveau de vie s’améliorer après du tout financier, qui montre que les USA ne sont qu’un géant aux pieds d’argile....

          Il en faudra des mensonges pour camoufler ce de plus en plus visible.
          Il y a bien un moment où le cocu s’aperçoit qu’il est cocu.
          En ce moment il y a quelques proxénètes style Trump, Macron et May qui gesticulent, les cocus ouvriront leurs yeux j’espère.
          Ils y a aussi des cocus qui trouvent des avantages au statut de cocu, après ça peut être un inconnu qui fait peur.

          • Giordano Bruno 23 avril 16:47

            Évidemment, comme souvent, on pense à Goebbels. Mais on fait une erreur de proportion. Ce n’est pas la même échelle de grandeur. De l’eau est passée sous les ponts depuis 85 ans. Et aujourd’hui l’éducation des peuples peut faire appel à un corpus scientifique et des outils techniques bien plus élaborés. Goebbels, c’était de l’artisanat, de l’amateurisme. Efficace néanmoins. Aujourd’hui, la propagande est autrement plus pointue. Je soupçonne qu’elle est parvenue à un tel stade de développement qu’elle se considère invulnérable et qu’elle pense pouvoir se permettre de grandes négligences dans ses scénarios (voir par exemple les affaires récentes) ou une attitude grossière telle que celle de ce propagandiste. Peu leur importe ; ils pensent avoir dépassé le stade où la fable a besoin d’être crédible. Tant mieux. L’excès de confiance en soi peut entraîner la chute.


            • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 23 avril 19:23

              @Giordano Bruno
              Les « relations publiques » sont une industrie à part entière.


            • doctorix doctorix 23 avril 19:34

              @Giordano Bruno
              Que ce soit en politique ou dans le journalisme, priorité est donnée aux grandes gueules.

              Au lieu de la compétence, on privilégie le talent de communiquer.
              Dans les deux cas, ça marche un moment, et puis, grâce aux réseaux sociaux, les masques finissent par tomber.
              Cela évoque le portrait de Dorian Gray. Derrière le masque apparait la décrépitude.
              C’est là qu’il faut apprécier le talent d’un immense diplomate comme Lavrov (nous en avons aussi, mais ils n’ont pas la parole).
              J’écoute beaucoup ses discours, et ceux de Poutine, mais aussi ceux d’Assad, quand par hasard ils sont diffusés, tellement villipendé qu’on a honte de l’écouter.
              Mais on a tort.
              L’absence de diplomatie française à Damas est une énorme erreur, qui nous coutera bien des marchés de reconstruction.
              Le mot d’ordre sera : tout plutôt que ces salauds de français.

            • Olivier Perriet Olivier Perriet 23 avril 17:27

              Plus je lis tous ces « détails d’actualité » plus j’ai une impression de déjà vu.

              Dans les années 30, le top c’était l’Allemagne nazie, l’Italie fasciste. La gueuse républicaine était déjà HS, au bout du rouleau.

              En 1940, De Gaulle était accusé par Pétain d’être vendu aux Anglais. Et rappelez-vous Mers-el-Kébir !

              Et encore en mai 68 : la France paralysé par une grève générale pendant 1 mois, était sur sa fin.

              Les pays autoritaires et unanimistes, Syrie d’Assad, Russie de Poutine, avec des dirigeant élus à 75% (Assad a fait mieux, seul candidat élu à 98.9%) c’est toujours vachement mieux.

              Mais à la fin c’est toujours les premiers qui s’en sortent, on se demande bien pourquoi.


              • doctorix doctorix 23 avril 21:39

                @Olivier Perriet
                Pour l’imprécision, on peut compter sur vous.

                « seul candidat élu à 98.9% »
                Assad a eu 88,7% des suffrages.
                Et il avait deux adversaires. Deux mensonges en 4 mots, c’est un record.
                Il en aura autant la prochaine fois.

              • Zolko Zolko 24 avril 10:07

                @doctorix : « Assad a eu 88,7% des suffrages. »
                 
                c’est à peine mieux que Chirac en 2002 qui en a eu 82,2%


              • hdelafonte 23 avril 17:32

                Merci pour cette interview très intéressante, que j’ai écouté en anglais.

                Pour être tout à fait honnête, on ne sait pas actuellement qui ment sur quoi… La réponse du russe : à qui profite le crime ? Ne me paraît pas tout à fait convaincante, car on pourrait le rétorquer , Primo, que justement ça pourrait être un coup des Russes (En terme d’échec, on appelle ça un gambit, c’est-à-dire laisser un avantage à l’adversaire pour mieux le contrer), et le monde du contre-espionnage en est plein Point. Secundo, un empoisonnement est par définition très dur à prouver...

                Chapeau au diplomate russe pour la qualité de son argumentation, c’est vrai que le journaliste anglais fait piètre figure…

                La conclusion fait froid dans le dos : on est actuellement dans un dialogue de sourds…


                • doctorix doctorix 23 avril 19:26

                  @hdelafonte
                  Dans un article précédent, je me demandais si ce n’était pas un coup de génie de Poutine.

                  « Allez-y, mes cocos, je ne bougerai pas », pour ensuite fournir toutes les preuves des mensonges et mettre les 3 zèbres le nez dedans.
                  C’est un peu ce qui est en train de se passer.
                  Des journaux allemands et anglais pointent ces mensonges du doigt.
                  Certains exigent des démissions, ou des traductions devant le TPI pour crimes de guerre et violation du droit international.
                  Ce serait un superbe coup d’echecs.

                • hdelafonte 23 avril 19:58

                  @doctorix

                  Alors attendons la suite...

                  La ou je ne vous rejoins pas, c’est dans votre conviction que les russes soient blancs comme neige..

                  Je suis bien conscient des lacunes De la CIA (entre autres mais pas que, la fameuse fiole...), mais côté Russe tout n’est pas blanc , et il y a pas mal de décès/assassinats aussi .

                  Quant à bashar, on n’arrive pas à un poste comme le sien sans avoir baigné dans le sang... renseignez-vous sur lui, ou encore son père.

                  Mon impression, c’est qu’il sera impossible de prouver quoi que ce soit, vu la nature du crime (empoisonnement par une substance volatile).


                • roman_garev 23 avril 20:11

                  @hdelafonte
                  On compare l’incomparable...

                  La petite fiole (pas de la CIA, mais justement de MI6 qui l’a passée à la CIA !) a eu pour conséquence des centaines de mille, voire des millions de morts en Irak.
                  Des décès/assassinats, cest combien ? Et si on ne compte que des prouvés, c’est toujours zéro comme assassinats par la Russie. Comme cette fois-ci et comme toujours d’ailleurs. Rien que du blabla infondé.

                • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 23 avril 20:19

                  @hdelafonte
                  Tous les pays qui refusent de se soumettre à l’ Occident, et de laisser piller leurs ressources naturelles sont accusés des pires crimes et traités de dictatures.

                  Mais jamais aucune critique sur la démocratie version occidentale...
                  Il suffit de voir comment Macron a été élu : par 100% des télés, 100% des radios, 100% des journaux et 100% des hebdomadaires à son service....
                  C’est ça l’idée que vous vous faites d’une démocratie ?


                  Il ne peut pas y avoir de démocratie sans pluralisme de l’ information. Ce qui n’est pas le cas en France. Mais c’est le cas en Russie, où les médias d’opposition ont pignon sur rue, sont financés avec de l’argent public, par Gazprom, plutôt que par les ONG occidentales.

                  Vous pouvez essayer de vous informer sur la Russie auprès du Français Xavier Moreau qui vit en Russie depuis plus de 20 ans.
                  Il a écrit un petit livre remarquable sur la Russie actuelle et son histoire depuis la chute de l’ URSS. « La Nouvelle Grande Russie »

                • hdelafonte 23 avril 23:48

                  @roman_garev

                  Tout à fait d’acvord Avec vous sur l’Irak, un gâchis et un carnage terrible.

                  Pareil en Libye d’ailleurs.

                  En revanche je ne suis pas aussi optimiste que vous sur la liberté d’expression en Russie, il me semble que les opposants et les journalistes investigateurs risquent leur vie là-bas.


                • hdelafonte 24 avril 00:02

                  @Fifi Brind_acier

                  Je ne lis que très peu la presse française et j’en la trouve affligeante.

                  Je ne partage pas votre analyse selon laquelle cette presse aurait manipule l’opinion, tout simplement parce que l’opinion sait pertinemment que les journalistes sont orientés. La France est resté très influencé par l’idéologie marxiste, et par une extrême droite Diffuse qui se cherche un chef de file, ces deux courants représentent grosso modo la moitié de l’électorat, et ils ne sont nullement représenté par la presse. La preuve en est donc que les Français sont capables de penser par eux-mêmes .

                  L’élection de Macron est un phénomène complexe. Je pense que son intelligence n’y est pas pour rien, et que beaucoup ont choisi de lui faire confiance… pourquoi les français préfèrent-ils un chef, plutôt qu’un responsable, qu’ils auraient lu, et à qui il serait en droit de demander des comptes. ? C’est la grande interrogation.


                • Michel Maugis Michel Maugis 24 avril 02:18

                  @hdelafonte

                  « Pour être tout à fait honnête, on ne sait pas actuellement qui ment sur quoi… »

                  VOUS !

                  May a confirmer qu’elle a menti ! Et sur tout les points de cette affaire Skipal.
                  Vous le savez.

                  D’ailleurs vous avez reconnu que VOUS N’ÊTES PAS HONNÊTE.

                  Encore un TROLL de plus, C’est vrai qu’ils en ont besoin.

                  Vous êtes un pédophile !! Je ne mens pas, puisque j’en ai la preuve.





                • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 24 avril 07:01

                  @hdelafonte
                  Vous vous faites des illusions !
                  Les résultats des élections sont proportionnels aux temps de passage dans les médias, à la télé en particulier. Sinon, les patrons du CAC 40 ne se fatigueraient pas à financer les médias ....


                  30% de temps de passage = 30% des voix
                  20% de temps de passage = 20% des voix
                  1% des temps de passage = 1% des voix.

                • hdelafonte 24 avril 08:26

                  @Fifi Brind_acier

                  Si je suis votre logique les patrons du cac40 financent Mélenchon ??! Ça ne tient pas..

                  Quel journal lit la France insoumise ? Le Figaro ? Le monde ? Libe ? Peut/être l’huma, mais beaucoup ont construit leurs convictions hors de tout média...

                  Pareil pour les sympathisants F’N...

                  Regardez en Italie : croyez-vous que le parti de l’humoriste soit plébiscité par la presse ???!

                  Les choses sont pas plus compliquées, vous simplifiez trop


                • hdelafonte 24 avril 08:27

                  @Michel Maugis

                  Faites vous soigner ça devient urgent


                • samy Levrai samy Levrai 24 avril 11:36

                  @hdelafonte
                  Sans dec, tu ne t’es pas encore aperçu que tu peux voter pour qui tu veux tu as toujours la même politique qui n’est pas decidé chez nous ? 

                  Tu as vu différences entre Sarko, Hollande ou Maquillé Macron ? tu crois que les grecs en ont vu une avec l’extreme gauche ? les polonais avec l’extreme droite ? 
                  Tu es dans un parti unique euro atlantiste ultra liberal allant de l’extreme droite à l’extreme gauche en passant par l’extreme centre, réveille !
                  Tu dois bien savoir que tous nos medias ( sauf ceux appartenant à l’Etat) appartiennent à moins de 10 personnes et qu’ils présentent les politichiens à élire...



                • Michel Maugis Michel Maugis 24 avril 13:37

                  @hdelafonte


                  Pauvre imbécile. Je vous ai pris en flagrant délit de mensonge et de malhonnêteté.


                • xana 23 avril 18:06


                  Merci Doctorix pour avoir transmis ce morceau de bravoure du « journalisme » actuel (que j’avais déjà lu dans Saker).

                  La prestation de S Lavrov est irréprochable. Je ne voudrais pas vexer hdelafonte (commentaire précédent) mais un diplomate (comme un avocat) n’est pas forcé de toujours dire la vérité vraie. C’est son rôle aussi de tourner les choses à l’avantage de son pays, et le père Serguéi est excellent à ce jeu.

                  Son argumentation utilise qu maximum la vérité parce que c’est une arme imparable et que celui qu’on a convaincu de mensonge flagrant se retrouve en slip. C’est le cas de cette ordure de Stephen H, et à plusieurs reprises au cours de cette caricature d’« interview », mais il semble habitué à montrer ses fesses en public. Il faut dire qu’il est payé pour cela.

                  La BBC avait déjà du plomb dans l’aile au point de vue crédibilité, les deux affaires Skripal et Douma ne font que l’enfoncer davantage. Ell est déjà loin au-dessous de la Pravda des années 70 ou même du Völkischer Beobachter des années 40...

                  Jean Xana

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