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Accueil du site > Tribune Libre > L’histoire en Europe redevient tragique

L’histoire en Europe redevient tragique

Sans réduction de la consommation globale, il n’y a aucune solution aux problèmes d’approvisionnement énergétique et à la raréfaction de beaucoup de matières premières. Deux possibilités se présentent : l’imposition d’une sobriété heureuse à tous ou augmenter considérablement le nombre de pauvres en confortant les riches dans leurs privilèges.

 

 René Dumont, dès les élections présidentielles de 1974 où il obtint 1,32% des voix, avait posé clairement tous les problèmes qui se posaient à la planète. Au début des années 1970, tous les ingrédients de nos crises actuelles sont déjà présents. Des accords économiques imposés par les Etats-Unis au reste du monde (accords de Bretton-Woods), une guerre entre Israël et divers pays du Proche Orient, un choc pétrolier qui déstabilise toutes les économies. Depuis lors la consommation d’énergie n’a cessé d’augmenter. Par exemple, le nombre d’automobiles en service a considérablement augmenté alors qu’il eût été infiniment plus raisonnable de s’orienter vers des transports collectifs. La France et les pays mitoyens s’orientèrent massivement vers les activités du secteur tertiaire (non-agricoles, non-industrielles) en laissant les activités productives s’implanter hors de son périmètre, perdant ainsi toute autonomie. Le progrès se caractérisant par une intense division du travail, la France, l’Europe, le monde occidental ne pouvaient que devenir le cerveau de la planète pour rester les leaders, les autres se chargeant des tâches plus terre-à-terre. Mais les cerveaux engendrèrent tant de paperasses administratives, qu’ils durent se confiner au seul rôle de marchands.

 Alors comment fait-on ?? Un brin de cynisme est nécessaire pour comprendre le mode de pensée de nos élites.

 Aucun de ses membres ne nie que l’épuisement des énergies fossiles et tous devinent la raréfaction inévitable de la plupart des matières premières. Aucun scientifique n’avance le fait que les technologies actuelles ou futur puissent permettre d’éviter les désastres annoncés. Économiser massivement l’énergie est bien plus urgent que d’implanter des éoliennes ou des cellules photovoltaïques qui ne pourront de toute façon pas combler les besoins actuels. Cependant, économiser l’énergie c’est ralentir l’économie toute entière.

 Lorsqu’on n’a pas de réponse claire à une question simple il suffit de compliquer suffisamment le problème pour que ni la question, ni la réponse ne soient plus compréhensibles : c’est la raison profonde du démantèlement des services publics qui font payer un bien matériel selon un tarif prévisible : les entreprises du privée s’emparent d’une production concrète pour en faire une offre abstraite ne se distinguent que par leurs caractères promotionnels sans se soucier vraiment de ce qui est vendu. Et le consommateur plongé dans le nouveau monde de l’apparence n’a plus de référence pour pouvoir s’y retrouver : la concurrence n’est pas censée remplacer l’honnêteté.

 Le libéralisme consiste à substituer aux valeurs morales des contraintes édictées par des États ou des organisations internationales. Dans ce cadre, chaque pays s’organise pour sortir au mieux des désastres annoncés. Promouvoir la concurrence permet de dégager ce que les uns appellent les meilleurs tout en stigmatisant tous les autres, c’est à dire l’immense majorité, coupables de n’avoir pas réussi leur carrière, leur vie, de n’être rien, de n’exister qu’avec des subsides. Il se créé ainsi une hiérarchie qui ne peut pas être contestée : les dominants sont objectivement les meilleurs.

 L’antienne actuelle est « Il faut faire baisser les prix ! », alors que la quantité de biens offerts va inévitablement décroître. D’où l’intérêt de la mise en place d’une constellation de plus ou moins grandes entreprises qui feront que ceux les plus ingénieux se procureront ce qu’ils souhaitent. Il s’agit de transformer des consommateurs de biens en consommateurs de services, ceux-ci étant devenus si compliqués que seuls les plus aptes y auront accès. La notion d’un bien, un prix disparaît, il n’y a donc plus lieu d’œuvrer vers plus d’égalité, celle-ci ne s’appliquerait plus qu’à des choses virtuelles. Dans un premier temps, les prix baisseront quelque peu en comprimant les services commerciaux pour s’attacher des fidèles, mais à long terme sans trouver de meilleures sources d’exploitation ou de gisements, les privatisations représentent un chemin idéal vers l’iniquité. Il s’agit de noyer le consommateur sous les fragiles délices de l’immédiat afin qu’il n’aperçoive plus le long terme. L’optimisation de l’offre commerciale se fait en précarisant le plus possible les conditions de travail des employés et en les soumettant à des contraintes hiérarchiques telles que leur capacité de réagir en est profondément altérée. C’est un des maillons du processus de conditionnement de l’Homme, il y en a de nombreux autres, en vue de son acceptation de leur futur servage.

 Ce fonctionnement ne va pas dans le sens d’une sobriété heureuse et acceptée mais plutôt d’une césure entre une race des seigneurs qui continuerait de bénéficier de tout ce qu’elle a déjà (et peut-être même de quelques gadgets supplémentaires afin de devenir immortel selon le futurologue de Google) et des untermenschen, constituant l’immense majorité de la population, qui eux subiront de plein fouet toutes les privations dues aux manques de matières premières, d’énergie, d’air pur, d’eau potable.

 Bien entendu le fait que des nantis aient sous leurs yeux d’immenses quantités de pauvres pourraient leur poser des problèmes moraux si ils connaissaient encore ce que cette notion non pondérable. Ils défendent le seul système possible, il pose comme axiome qu’il faut des dominés pour que les dominants puissent faire avancer la société. Et puis de toute façon, « On a toujours assez de force pour supporter la souffrance d’autrui. »

 Effacer le producteur qui donne une vraie valeur aux choses, transformer les employés en pions sans substance, faire en sorte qu’aucun autre système que celui de la réussite du plus cupide ne puisse subsister, installer la disette pour une grande partie de l’humanité sous la férule des possédants, des plus riches : voilà notre destin. Le servage dont on s’était débarrassé resurgit comme classiquement défini « Condition de quiconque est tenu par la loi, ou un accord, de vivre et de travailler sur la planète terre pour fournir à une autre personne certains services déterminés, sans pouvoir changer sa condition ».

 Mais la gent libérale tire profit de tout, y compris du pire. Plus de 200 sans abris décèdent chaque année en France, en moyenne à l'âge de 49 ans. Lorsque vous les croisez dans la rue, ils sont sales, hideux, grognant ou vitupérant et vous avez peur d’eux, pas tellement de ce qu’ils peuvent vous faire mais surtout vous avez peur de devenir comme eux. Événement funeste, terrible 150 000 SDF permettent d’apprendre aux autres de détester les pauvres. Alors vous acceptez l’inacceptable et en particulier que l’on ne retrouve plus trace de la vérité dans les paroles des professionnels.

 Le cas de l’Europe au sein des pays dits avancés est encore plus périlleux : sans être une puissance militaire comme les Etats-Unis, sans être devenu l’Atelier du monde comme la Chine, sans posséder le savoir faire numérique, ni la maîtrise de la robotique nécessaires à une mutation des services et des industries, à quoi peut-elle encore servir ? Les Droits de l’Homme seront-ils monnayables ? Ou alors elle n’a plus qu’à s’offrir aux touristes avides de contempler les vestiges d’une grandeur.

 


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35 réactions à cet article    


  • Arogavox 27 juillet 14:47

    merci pour cette remarquable formulation de la ’logique’ dont sommes accablés !


    L’opposition entre les ’rien’ et les ’premiers de cordée’ est plus claire avec cette formulation :

    « Ce fonctionnement ne va pas dans le sens d’une sobriété heureuse et acceptée mais plutôt d’une césure entre une race des seigneurs qui continuerait de bénéficier de tout ce qu’elle a déjà (et peut-être même de quelques gadgets supplémentaires afin de devenir immortel selon le futurologue de Google) et des untermenschen, constituant l’immense majorité de la population, qui eux subiront de plein fouet toutes les privations dues aux manques de matières premières, d’énergie, d’air pur, d’eau potable. »

    • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 27 juillet 17:28

      @Arogavox
       Je ne pense pas que l’on puisse résoudre les problèmes sans les connaître, en se cachant derrière les mots. J’ai travaillé une dizaine d’années dans le domaine de l’énergie solaire et les conclusions données ne sont pas hâtives.


    • MagicBuster 27 juillet 15:02

      Et l’histoire en Afrique ça se passe comment  ?

      L’avenir c’est de quitter l’Afrique  ?


      • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 27 juillet 17:29

        @MagicBuster
        Vouloir faire régner « son » ordre en Afrique alors que les policiers ne peuvent pas entrer partout en Seine-St-Denis me semble quelque peu irréaliste.


      • mmbbb 27 juillet 18:34

        remarque d un béotien tant que les personnes usagées des services publics se conduiront assez mal et passeront le plus clair de leur temps a saccager il est inutile de prevoir des projets de vie commune J ai lu il y a quelques jours qu un directeur d hopital allait augmenter le nombre de cameras afin de contrecarrer les incivilités Avoir aucun respect d un hopital c est atteindre le degre zero De temps a autre je prends les trains de banlieue a paris pour voir la famille Il y quelques années la SNCF avait mis en service des trains neufs J aimerai voir les mêmes rames aujourd hui. Hidalgo a eu une douche froide avec ses Velib et Autolib, déterioration Je veux rendre l elite responsable de tout , c est la loi du genre , les syndicats les ass ne cessent de nous dire que l Etat se desengage Ok mais Macron a eu raison de ne pas vouloir adopter le plan banlieue de Borlool le plan banlieue quel est le resultat ? Vos propositions ne seront valables lorsque les personnes seront devenues civiques Autant donner de la confiture au cochon


        • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 28 juillet 08:06

          @mmbbb
          Sans un esprit civique rien n’est en effet possible. Encore faut-il ne pas s’acharner à le détruire.


        • mmbbb 28 juillet 09:05

          @Jacques-Robert SIMON argument facile il n y a peu d esprit civique en France Je que je vous reproche et de vous en prendre a l elite en eludant la responsabilite du citoyen lambda Vous devriez lire le rapport sur le cout de la délinquance en France Cela coute une blinde Je passe de temps a autre en allant faire quelques courses a pied a Auchan a Caluire devant un lotissement d immeuble HLM . Les architectes ont fait un effort ce sont des ilots de petits immeubles le parking a proximite est un depotoir J ai vecu dans un immeuble renove dans le 1, er arddt a Lyon Au bout d un an les parties communes etaient saccagées Je me repete votre argument peche par negation du realisme sociale La plupart des francais sont des cons et l elite n a rien a voir a l affaire In fine je comprends les riches qui peuvent jouir d un havre de paix en dehors de cette plebe imbecile Je me l aurorise a avance ceci parce j ai cotoye cette plebe imbecile 


        • leypanou 28 juillet 11:06

          @mmbbb

          qu un directeur d hopital allait augmenter le nombre de cameras afin de contrecarrer les incivilités Avoir aucun respect d un hopital c est atteindre le degre zero : il y a un hôpital en Ile-de-France où des gens fument à l’entrée alors que c’est une zone où il est interdit de fumer. et le comble c’est que ce sont des employés de l’hôpital, en blouse blanche.

          Si on commence par être strict déjà !!! Mais on ne sera plus en France là !

        • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 5 août 09:14

          @mmbbb
          « Le poisson pourrit toujours par la tête. »




        • Esprit Critique 27 juillet 18:53

          Enfin un article sur le sujet essentiel !


          • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 5 août 09:15

            @Esprit Critique
            Merci. Il y a quelques fautes de frappe.


          • cassini cassini 27 juillet 18:56

            l’imposition d’une société heureuse à tous


            Les sociétés imposées ne sont jamais heureuses, mais cela n’empêche pas les rêves de revenir sans cesse. « Cette fois-ci ce sera différent ». 

            Les efforts sans trêve pour bannir la souffrance n’ont d’autre résultat que d’en changer la figure (elle n’est pas de moi) 

            La base de tout, c’est l’énergie. L’uranium en est plein et la mer est pleine d’uranium. 

            • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 28 juillet 08:08

              @cassini
              L’uranium, le thorium et les surgénérateurs représentent en effet une solution, mais extraire l’uranium de l’eau de mer n’est pas aisé.


            • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 28 juillet 08:54

              @cassini
              Malheureusement, si 0,1% des gens sont déterminés à nuire, le système s’écroule. Et il y aura toujours des malfaisants.


            • popov 28 juillet 10:18

              @cassini

               
              Il y a de tout dans l’eau de mer, même de l’or. Mais extraire un lingot d’or de l’eau de mer vous coûterait plus cher que de l’acheter. Si ce n’était pas le cas, d’autres y auraient songé. Il en va de même pour l’uranium.
               
              À propos de l’uranium : seul l’isotope 235 est fissible (utilisable dans une centrale) Le reste, l’isotope 238 n’est pas fissible. L’uranium naturel ne contient que 0,72 % d’uranium 235. 
               
              L’uranium 238 n’est pas fissible, mais il est radioactif. On ne peut donc pas l’utiliser en métallurgie. Il est donc stocké dans des dépôts quand il n’est pas utilisé pour faire des balles (à cause de sa dureté et de sa forte densité).
               
              L’uranium 238 est aussi fertile, c’est-à-dire qu’on peut assez facilement le transformer en plutonium qui lui est fissible. Jeter l’uranium 238 est donc un gaspillage énorme d’énergie. L’utiliser pour en faire des munitions, en plus du gaspillage est un crime contre les populations civiles qui risquent d’en inhaler les poussières.


            • Zolko Zolko 27 juillet 22:42

              « Le cas de l’Europe […] à quoi peut-elle encore servir ? »

              Nous sommes capables de nourrir notre population facilement et avec qualité, nous avons de l’eau à profusion, nous sommes capables de fabriquer les produits industriels les plus avancés, nous avons les meilleures universités, je pense que l’Europe va bien s’en sortir, mais nous vous remercions de vous inquieter pour nous.

              Dommage pour cette phrase, car le reste de l’article est plutôt bien.


              • popov 28 juillet 07:10

                @Zolko

                 
                En ce qui concerne l’agriculture européenne, c’est vrai qu’elle peut nourrir la population. Mais à cause de la main-mise des multinationales sur le secteur agro-alimentaire avec la complicité des politiciens, la profession d’agriculteur devient de moins en moins attrayante. Beaucoup d’agriculteurs sont criblés de dettes, beaucoup se suicident, peu de jeunes veulent reprendre l’exploitation de leurs parents. Quand il n’y aura plus d’agriculteurs, les terres arables deviendront de vulgaires outils financiers négociés en bourse. Les terres seront exploitées par des multinationales qui vous feront bouffer encore plus de pesticides que maintenant.
                 
                Les produits industriels les plus avancés ? Pour combien de temps ? L’Asie est en train de prendre la relève et ce sont des gens qui valorisent l’éducation scolaire plus que les Européens.
                 
                Les meilleures universités. Oui pour un temps encore peut-être. Mais les meilleurs étudiants émigrent.
                 
                Le plus grave, évidemment, c’est le remplacement progressif de la population européenne par des populations lobotomisées à coups de sourates et qui du fait de leur démographie finiront par prendre le pouvoir et transformer l’Europe en planète des singes.
                 
                Je ne partage donc pas votre optimisme.

              • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 28 juillet 08:10

                @Zolko
                J’ai peur qu’être heureux à deux pas de l’Afrique où il n’y aurait pas grand-chose soit périlleux.


              • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 5 août 09:17

                @Zolko
                Tout est fait pour que l’autonomie des peuples et des continents disparaisse.


              • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 5 août 09:22

                @Jacques-Robert SIMON
                C’est en effet impossible.


              • bob14 28 juillet 07:17

                René Dumont était un visionnaire averti..En France seul les incompétents réussissent en politique... !


                • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 28 juillet 08:12

                  @bob14
                  Pas seulement les incompétents...


                • bob14 28 juillet 08:26

                  @Jacques-Robert SIMON...c’est vrai il y a aussi des voyous !


                • Macondo Macondo 28 juillet 09:02

                  Bonjour. J’ai bien aimé votre effondrement. Ramenant ma fraise des bois, j’ajoute ici ma propre réflexion, ayant avec le temps fait muter l’ensemble de mes gènes. C’est LOCAL (biotope, civilisation, climat, coûts, impact social) ou ça ne l’est pas ! Soit ça sent le sous-bois, la mousse, les fougères et c’est produit à peu d’exemplaires, soit ça empeste le Juncker faisandé ayant gerbé sur ses pompes et c’est livré par containers ...


                  • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 5 août 09:18

                    @Macondo
                    C’est exact il n’y a pas de solution collective que l’on pourrait imposer à tous.


                  • popov 28 juillet 10:40

                    Le problème de l’humanité a toujours été la surpopulation. Même dans des temps très primitifs, dès qu’un groupe humain trouve une source d’alimentation stable, ils commencent à pulluler. Ils doivent alors émigrer vers des territoires voisins. S’il n’y en n’a pas, la sous alimentation et les maladies se chargent de réguler la démographie.

                     
                    Ou alors, une nouvelle technologie est découverte qui permet de faire vivre plus de monde sur le même territoire. Mais là aussi, ça commence à saturer. L’agriculture pourrait certainement nourrir quelques milliards d’humains en plus, mais ils faudra beaucoup d’énergie et de matériaux, surtout des métaux. Il arrivera forcément un moment ou les ressources en matériaux seront épuisées.
                     
                    Il faudra donc finalement un jour se résoudre à contrôler la démographie. C’est un problème délicat qui ne se résoudra probablement pas sans heurts.

                    • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 5 août 09:20

                      @popov
                      Le nombre d’enfants par femme a considérablement baissé sauf an Afrique.


                    • Bernard Baissat Bernard Baissat 29 juillet 10:01

                      Merci Jacques-Robert Simon de rappeler les propos de René Dumont.
                      Pour plus d’informations sur cet agronome voici le lien du film que je lui ai consacré il y a quelques années :

                      Ecoutez René Dumont, citoyen de la planète terre.

                      1992, 125 minutes, film vidéo

                      http://bbernard.canalblog.com/archives/2013/02/03/26317776.html

                      Sans oublier le pacifiste :

                      René Dumont, Edwy Plenel, entretien 7 nov. 1991

                      1991, 80 minutes, vidéo

                      http://bbernard.canalblog.com/archives/2017/05/06/35252618.html

                      Bernard Baissat


                      • chantecler chantecler 29 juillet 13:04

                        @Bernard Baissat

                        Merci pour cette cure d’histoire contemporaine , d’humanisme, etc, etc ....
                        Ces vidéos sont passionnantes , pour les anciens dont je fais partie et pour les plus jeunes qui en tireront peut être leur miel .
                        Un véritable écologiste , scientifique , de terrain, d’expérience etc, etc ...
                        Son discours rafraîchit un peu ...dans tous les sens ....
                        Tiens ,deux exemples : après avoir un peu louvoyé , il s’inscrit dans le pacifisme : J. Giono , dans la morale laïque : eh oui elle existe et n’est pas que de la sphère catho chrétienne ,contrairement à un commentaire que j’ai lu hier où morale et religion sont confondus , tu parles Charles , mais ça mériterait un développement , autre que basé sur celui de la Révolution Nationale (travail , famille patrie et église).... !!!!
                        ....

                      • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 5 août 09:22

                        @Bernard Baissat
                        Merci


                      • microf 30 juillet 14:16
                        Très bon article même si certains points sont discutables.

                        " Économiser massivement l’énergie est bien plus urgent que d’implanter des éoliennes ou des cellules photovoltaïques qui ne pourront de toute façon pas combler les besoins actuels.« 

                        Ce n´est pas juste, ces énergies Éoliennes et solaires peuvent bien combler les besoins actuels, si et seulement si les gouvernements s´y engageaient, malheureusement, les gouvernements sont plutôt du côté des lobbys du nucléaire.

                        L´Allemagne un grand pays industriel qui s´est engagée avec réussite depuis des décénnies dans la production de l´énergie á partie des sources renouvellables telles l´éolienne, le solaire la biomasse tec. etc...
                        Une industrie des énergies renouvellables est née en Allemagne et a créee des centaines de milliers d´emplois.
                        De nombreuses villes ce sont engagées dans la production de l´énergie á partir des sources renouvellables et sont devenues autonomes ne dépendant plus des grandes compagnies productrices ou distributrices de l´énergie.
                        Malheureusement aussi, cette industrie des énergies renouvellables en Allemagne, alors qu´elle avait fait des preuves, est aussi entrain d´être démantelée, au lieu d´être soutenue, les lobbys en ont eu raison.

                        Il ya un homme le Dr. HERMANN SCHEER que j´ai bien connu, mort malheureusement en 2010 á l´âge de 66 ans.
                        Il est l´un des pionnier des énergies renouvellables dans le monde.
                        Avocat au Barreau en Allemagne, Député au Parlement Allemand, Président de EUROSOLAR, Président du Congrès Mondial des Énergies Renouvellables.
                        Père fondateur de IRENA l´Agence Internationale des Énergies Renouvellables, basée non en Allemagne mais dans un pays producteur de pétrole une abbération, il ne le supportera pas et y succombera á une crise cardiaque, car l´installation de cette agence dans un pays producteur de pétrole, fut aussi une manière de casser cette Organisation comme on dit, car depuis, on en entend plus parler.
                        Quelques jours avant sa mort, il a donné une interview, dans cette interview, ce petit passage
                         »And this was used and abused for a nuclear renaissance, because nuclear powers have other problems. They have nuclear waste for 100,000 years,« 

                        Je vous mets l´intégralité de son interview dans un autre commentaire.

                        Un autre Allemand, Dr. ERNST von WEIZSAECKER, Prof. et ancien rector d´Université en Allemagne. Il parle un Francais parfait sans accent comme on dit.
                        Membre du Clud de Rome.
                        Il parcourt le monde pour sensibiliser les consciences aux problèmes du monde, surtout sur ceux de l´énergie, ses recommandations : les énergies renouvellables, pas le nucléaire.
                        Il ya quelques jours il a donné á Vienne en Autriche une Conférence sur le Développement Durable.
                        J´ai retenu entre autres, deux phases dans sa Conférence, qui vont dans le sens de votre article
                         » HELPING THE POORS, HELPING THE WEAKS IS FOR THE BENEFIT OF ALL « .
                          » STABILITY is BETTER THAN LIABILITY "

                        Il a raison, surtout lorsqu´on voit comment certains pays y compris la France, démantellent leurs industries et services aujourd´hui parcequ´ils ne sont plus rentables lá oú ils sont, pour les envoyer dans les pays oú les salaires sont faibles ceci afin d´augmenter les bénéfices, bénéfices qui ne vont que dans les poches d´une minorité.

                        Les problèmes aujourd´hui sont globaux et ce n´est que dans cette globalité qu´ils seront résolus tel que le plaide votre article, et lá, je suis d´accord avec vous.



                        • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 5 août 09:25

                          @microf
                          Merci de vos références. Je pense cependant qu’économiser l’énergie est la première des choses à faire.


                        • microf 30 juillet 14:41
                          Hermann Scheer (1944-2010) : German Lawmaker, Leading Advocate for Solar Energy and “Hero for the Green Century” in One of His Final Interviews
                          StoryOctober 15, 2010Watch Full Show
                          Vous pourrez voir l´intégralité de l´interview dans ce lien ci desus, je vous mets toutefois quelques passages.

                          Guests
                          • Hermann Scheer
                            interviewed in September 2010, just weeks before his death at the age of sixty-six. Scheer had been member of the German parliament for three decades and was the president of EUROSOLAR, the European Association for Renewable Energy, and the general chair of the World Council for Renewable Energy. His books on solar energy include The Solar Economy : Renewable Energy for a Sustainable Global Future and Energy Autonomy : The Economic, Social and Technological Case for Renewable Energy.

                          Transcript
                          This is a rush transcript. Copy may not be in its final form.

                          AMY GOODMAN : Hermann Scheer. He is a pioneering German politician and economist who helped make Germany a renewable energy powerhouse. Hermann Scheer died last night in Berlin at the age of sixty-six.

                          Scheer had been member of the German Parliament for three decades and was the president of EUROSOLAR, the European Association for Renewable Energy. He was also the general chair of the World Council for Renewable Energy. His books on solar energy include The Solar Economy : Renewable Energy for a Sustainable Global Future and Energy Autonomy : The Economic, Social and Technological Case for Renewable Energy.

                          In 1999, Hermann Scheer won the Right Livelihood Award for his, quote, well, “indefatigable” — tireless — “work for the promotion of solar energy worldwide.” When he receieved the award, he described solar energy as “the energy of the people.” Jakob von Uexkull, the founder of the Right Livelihood Award, said today, quote, “Hermann Scheer has been the world’s most powerful advocate for renewable energy during the last two decades. His personal commitment and his incomparable campaigning spirit will continue to encourage many policy-makers, experts and citizens around the world to fight for a world without fossil fuel or nuclear.

                          TIME magazine named Hermann Scheer “Hero for the Green Century.”

                          HERMANN SCHEER : The tragedy of our present civilization is that it became dependent on marginal energy sources. The marginal energy sources are fossil sources, fossil resources and nuclear, based on the raw material uranium. The gigantic energy potential is the renewable energy potential always all coming from the sun, including its derivates, like wind and the photosynthetic-produced — photosynthetically produced materials, organic materials, plants, hydro-base. And the sun offers to our globe, in eight minutes, as much energy as the annual consumption of fossil and atomic energy is. That means to doubt — the doubtings if there would be enough renewable energy for the replacement of nuclear and fossil energies, this argument is ridiculous. There is by far enough.

                          And therefore we are in a situation running into a conventional energy trap in two directions at the same time. First, we are in a process of the coming depletion of conventional energies, faster than many people imagine — or want to believe. And the second limit is an ecological limit, because the negative effects of conventional energies, of nuclear as well as fossil energies in different ways, overstress the ecosphere. That means the life conditions. And it is an open question, and it is not necessary to give an answer to that. It is an open question which limit of the conventional energy systems is closer to our time. Even if there would be much more potential, much more conventional energy reserves, it would not help, because we would arrive at the ecological limit, and we are practically at the bottom crossing this ecological limit. Therefore, we can only recognize, and we must recognize, we have to replace the conventional energies consumption not only in the future at a specific time, we have to recognize it in the run of the next twenty to twenty-five years. This is the main challenge of civilization, to do that.

                          AMY GOODMAN : How do you do it ?

                          HERMANN SCHEER : The big mistake in the energy debate is that most people think, because they believe that there is a monopoly and the expertise for all energy activities in the hand of the existing energy players. Many people, including governments, including many scientists, who get their orders for studies from them, they believe and think that the present energy suppliers, the present energy trusts, the companies, they should organize the transformation. And this is a big mistake — a big mistake — because this part of the society is the only one who has an interest to postpone it. The only one. All others, all the others, have an interest to speed it up. But as long government think that it should be left to the energy companies, we will lose the race against time.


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