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Accueil du site > Tribune Libre > L’humanité est trans : Réponse d’un techno-progressiste à un (...)

L’humanité est trans : Réponse d’un techno-progressiste à un bio-conservateur sur la question du transhumanisme

L’autre jour mon père m’appelle pour me parler d’une interview de Jacques Testart parue dans Libé. Ce biologiste a contribué à la naissance d’Amandine, premier bébé issu d’une fécondation in vitro en France. C’était en 1982, à peu près au moment de ma naissance. Aujourd’hui, il défend “une science contenue dans les limites de la dignité humaine”. Le scientifique critique ainsi radicalement le projet transhumaniste, et plus généralement selon moi, la société libérale dans laquelle nous vivons. Car au concept extrêmement vague et potentiellement arbitraire de dignité humaine, j’oppose tout simplement celui de liberté individuelle. Cette chère liberté que nous avons chevillée au corps et qui se retrouve et s’étend dans les différentes composantes de notre monde hypermoderne. C’est-à-dire une société fortement technoscientifique, clairement capitaliste, souvent individualiste mais, et c’est tout l’enjeu, profondément démocratique.

Les citations non référencées sont extraites de l’entrevue de Jacques Testart publiée dans Libération.

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Symbole du transhumanisme

Technoscience sans conscience n’est que ruine de l’âme

Mon père a l’air convaincu par les arguments de Jacques Testart. Moi pas.

La technoscience - l’alliance de la science et de la technique - c’est le fer de lance de notre société. Et, oui c’est dangereux, mais ce n’est pas pour ça qu’il faudrait éteindre le feu prométhéen qui brûle en nous. Je ne pense pas qu’il y ait de la part de techno-milliardaires, de complot exterministe visant à nous transformer en consommateurs passifs, ”« résignés-réclamants », robots immortels, sur une planète désolée” (1). Non, il s’agit tout simplement des “recherches qui, par la continuité et le progrès des sciences, nous mènent à cet état qu’on peut nommer transhumanisme”. Il s’agit plus précisément d’améliorer la condition humaine grâce à la technologie. Selon Jacques Testart, cela ne serait ni souhaitable ni même possible, en tout cas pas avant longtemps : “les réalités du vivant, infiniment plus complexe que la machine, devraient résister à l'utopie de la santé permanente ou à celle d'une augmentation considérable de la durée de vie”. Pourtant, de nombreux spécialistes des biotechnologies considèrent que la vie n’est guère qu’une “nanomachine particulièrement sophistiquée” (2). Cette réalisation pourrait bien constituer une quatrième blessure narcissique pour l’humanité !

Tout n’est que bits, atomes, neurones et gènes (BANG) et c’est un véritable big bang qui va exploser quand nous pourrons dissocier et assembler ces éléments comme des briques de Lego. Une certaine lucidité matérialiste est à mon avis nécessaire afin de se préparer à cette révolution. Car mieux vaut voir la réalité en face plutôt que de rêver d’un paradis perdu rousseauiste où la nature et les êtres vivants vivraient en parfaite harmonie. J’exagère à peine : “La nature a créé des êtres qui, pour la plupart, sont parfaitement à leur place, et on a besoin de la place de chacun. La diversité n’est pas un vain mot, et sa disparition est très grave.” Puisque tout est parfait, il ne faudrait rien changer. C’est ce qu’on appelle être un bio-conservateur. Je pense au contraire que dans la nature tout change. C’est l’évolution. Et il y a des espèces qui disparaissent. Mais l’important c’est que les plus adaptés survivent et prospèrent. Et les plus adaptés c’est nous.

Jacques Testart souhaite “que les gens puissent vivre une bonne vie, en bonne santé, et que ça vaille le coup, qu’ils puissent être créatifs.” Mais comment voulez-vous avoir tout ça quand vous avez un QI de 60 ou une maladie génétique grave ? Les choses sont complexes et la frontière est floue entre restauration et augmentation. Nous ne pouvons être simplement réparés car il n’y a pas de fonctionnement normal, de génome normal comme il le concède lui-même. Pas de normalité mais une norme, une norme qui évolue dans le bon sens (eugénisme) ou dans le mauvais sens (dysgénisme). Dans la nature, c’est la sélection naturelle qui s’occupe de faire le tri entre les bons et les mauvais numéros de la loterie génétique. Mais nous vivons dans une société tellement développée, riche et inclusive qu’elle protège tout le monde. Et que les moins intelligents non seulement survivent mais transmettent leurs gènes de médiocre qualité à une descendance souvent nombreuse. Il faut donc mettre en place une technique simple et sans risque : la sélection des embryons. “C’est par la sélection que l’homme a obtenu des animaux et des plantes conformes à ses besoins.” Et ça tombe bien car nous avons des besoins. Besoin d’intelligence plus que de bras, de qualité plus que de quantité. Ceci afin de résoudre nos problèmes : surpopulation, pollution, changement climatique...

Ce n’est pas du solutionnisme ou du scientisme, c’est tout simplement comme cela que fonctionne le progrès. On invente quelque chose qui résout un problème mais en créé un nouveau. Et ainsi de suite. Ce qui compte c’est que les problèmes soient de moins en moins graves et que les humains soient de plus en plus nombreux. C’est à ça qu’on mesure le succès d’une espèce. Et nombre de nos problèmes ne sont que le revers de la médaille de notre indéniable succès. Ainsi de deux choses l’une - et c’est le grand débat auquel il faut réfléchir d’urgence. Soit on essaye de parvenir à un équilibre terrestre fantasmé (certains écologistes radicaux voudraient d’ailleurs limiter la population terrestre à 1 milliards d’habitants). Soit on continue d’avancer et de se développer, quitte à envisager sérieusement de coloniser d’autres planètes. Et pour cela on aura besoin de beaucoup de technologie, mais aussi de beaucoup de moyens.

Le technocapitalisme est-il moral ?

Selon moi la fin justifie les moyens. Nous sommes une espèce exceptionnelle, ayant un destin hors du commun. Une espèce-ingénieur, de loin la plus intelligente de toutes. Il faut donc nous donner les moyens de nos ambitions. Le but de tout système économique est de produire de la richesse. Or comme nous l’a appris Antoine Lavoisier : “Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme”. On ne peut donc pas créer de la richesse sans qu’il y ait des conséquences, potentiellement néfastes pour l’environnement. Pour le dire autrement, quand on transforme des matières premières, cela induit généralement des effets secondaires. Même les êtres vivants produisent des déjections. Alors bien sûr dans la nature il y a un équilibre assez fantastique entre animaux et végétaux ; les déchets des uns étant l’apport des autres. Inspirons-nous de ce système afin de créer une économie circulaire produisant le moins possible d’externalités négatives (les fameux effets secondaires). Cela me paraît plus intelligent que de rejeter le système en bloc. C’est pourtant ce que fait Jacques Testart en accusant les partisans du “mythe du progrès” de vouloir “sortir des impasses du capitalisme par davantage de capitalisme” (3). Le progrès n’est pas un mythe et la science n’est pas une religion. Force est de constater que de véritables miracles scientifiques, techniques et économiques ont eu lieu, changeant la vie de millions de gens pour le meilleur (pour l’essentiel).

Une autre critique formulée par Jacques Testart à l’encontre du transhumanisme est que toutes ces technologies ne seront pas accessibles à tous. Et c’est vrai qu’au départ ça sera réservé à une élite. Non pas des privilégiés mais des pionniers, des aventuriers, des early adopters, des biohackers… Et ce sont eux qui vont essuyer les plâtres et montrer la voie. Mieux vaudrait donc féliciter leur courage plutôt que les critiquer. Hélas le drame de l’humanité c’est cette tendance persistante à se comparer. C’est d’ailleurs sûrement une raison du rejet de l’immortalité. En effet, ces critiques “ne peuvent pas tolérer un être humain immortel, car leur propre mortalité n’est acceptable que tant qu’elle est universelle” (4). Cette passion universaliste et égalitariste est très française. Alors plutôt que d’inventer des concepts ridicules et niais (humanisme régénéré d’Edgar Morin, hyperhumanisme de Joël De Rosnay…), peut-être ferions-nous mieux d’assumer une part de compétition à l’instar des pays anglo-saxons. Là encore, inspirons-nous de ce que fait la nature.

A travers la génétique, elle favorise la diversité donc les inégalités. Il y a bien sûr des risques pour toutes les espèces inadaptés ou victimes d’un changement brutal dans l’environnement. Mais il y a beaucoup de bénéfices à espérer pour les survivants. L’idée étant tout simplement de ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. Prenons par exemple ce qui se passe en Guyane française ; au pied des fusées, des bidonvilles. Cette situation a de quoi choquer tout esprit bien-pensant. De plus, les inégalités ne sont pas seulement condamnable d’un point de vue moral mais potentiellement dangereuses. En effet, comme le rappelle la NASA (et Jean-Luc Mélenchon) : “la stratification économique entre riches et pauvres [a] toujours joué un rôle central dans le processus d’effondrement des civilisations” (5). Mais si l’on se place du point de vue de l’humanité et même du vivant tout entier, on peut alors voir tout l’intérêt de ces différences. Car qui d’autre que de riches humains, quelle animal autre qu’Homo Sapiens aurait le pouvoir d’envoyer des fusées dans l’espace et par là même de propulser le vivant hors de son berceau originel et ainsi continuer son aventure. S’il n’y avait que des classes et des espèces moyennes, cela n’aurait aucune chance d’advenir.

C’est le rapport risque-bénéfice qu’il faut prendre en considération. Et de nombreuses personnes sont prêtes à prendre des risques pour obtenir un plus grand bénéfice. Y compris sur leur propre corps. Car il leur appartient, et oui il est aujourd’hui source de profits mais aussi d’économies. Notre corps est ainsi de plus en plus vu comme un capital. En tout cas il n’est ni parfait ni sacré, et on devrait avoir le droit de le modifier. C’est en s’attaquant aux problèmes à la racine qu’on est le plus efficace. La racine étant génétique, cela représente un enjeu fondamental. En ce qui me concerne, je suis né avec une myopie, un frein de la langue trop long, de gros grains de beauté, une tache de vin et même un petit renfoncement du thorax. J’ai pu corriger certains de ces problèmes après coup mais cela aurait été beaucoup plus simple de les tuer dans l’oeuf. Mes géniteurs auraient pu s’en occuper, plutôt que de bêtement laisser faire la nature. Nous passons ainsi de la chance au choix. Si cette liberté de disposer de son corps n’est pas permise, les gens iront ailleurs. Comme ils ont pu le faire au XXe siècle pour échapper aux totalitarismes.

Car les peuples sont plus libres dans leur tête que les états et les lois qui les contraignent. Il faut bien sûr respecter un cadre législatif mais je pense qu’on aurait tout intérêt à desserrer cet étau. La liberté attire les talents, les gens entreprenants et dynamiques. Notre Europe vieillissante et démographiquement déprimée a grand besoin de ce nouveau souffle. On peut bien sûr déplorer le fait que le comment ait remplacé le pourquoi, que les questions techniques aient pris le pas sur les questions philosophiques, que les ordres technico-scientifiques et juridico-politiques s’imposent face aux ordres moraux et éthiques. Mais on peut au contraire se réjouir de voir de très nombreuses personnes travailler non seulement sur leur corps mais aussi sur leur personnalité ou leur volonté. C’est justement ce qui déplait à certains idéalistes marxistes. “Le néolibéralisme nie les rapports de classes au bénéfice d’une approche individualiste qui renvoie les inégalités aux qualités supposées des personnes et à leurs mérites, et n’entend pas les traiter autrement que sur un mode individuel” (6).

L’individualisme est un (trans)humanisme

L’individualisme serait ainsi l’ennemi à combattre. L’ennemi intérieur alors, présent en chacun de nous. Rappelons que nous sommes avant tout des êtres biologiques, des êtres de besoin. Ces besoins, la société de consommation y répond de manière bien plus claire que les systèmes d’altruisme réciproque ou de don/contre-don. L’échange marchand peut même être dépersonnalisé, automatisé. On n’a ainsi plus besoin de connaître et reconnaître les personnes dont on a besoin. On n’a plus la crainte que l’interaction soit biaisée, que l’échange se fasse “à la tête du client”. C’est le système le plus démocratique car “l’argent n’a pas d’odeurs”. C’est aussi le système le moins stressant, me rappelant ce que disait mon père quand j’étais petit : “quand y’a d’la gêne, y’a pas d’plaisir”.

En effet, tout être vivant recherche le plaisir bien sûr, mais plus encore cherche à échapper à la souffrance. Et c’est justement le but du transhumanisme ! Eviter les 3 fléaux de l’humanité : la maladie, la vieillesse et la mort. Au principe de plaisir, il faudrait opposer le principe de réalité, permettant d’être un adulte responsable. C’est la meilleure critique que fait Jacques Testart : “le transhumanisme est une idéologie infantile”. Mais si “être un adulte, ça veut dire faire des choses que tu veux pas faire… tout le temps. Travailler quand t’es épuisé et ne presque jamais obtenir ce que tu veux” (7) alors on a du soucis à se faire car de plus en plus de gens vont faire défection. Et ce n’est pas avec des leçons de morale qu’on va les faire revenir dans le droit chemin. En tout cas ce n’est plus comme ça que ça fonctionne. Toutes les institutions et les structures qui permettaient un contrôle et une cohésion sociale sont en train de s’effondrer : le village (où tout le monde se surveille), le mariage (où chacun joue son rôle) ou même les classes sociales (où il faut “tenir son rang”). En france, 80% des gens vivent en ville. A mon sens c’est justement pour qu’on leur “foute la paix”, pour être autonome.

Mais en réalité on est de plus en plus dépendants de la technologie. Avant on vivait au milieu d'êtres vivant. On vit aujourd'hui de plus en plus isolé, entouré d'objets et de technologie. Et on délègue de plus en plus de choses, car nous sommes feignants. Nous ne voulons pas faire des remarques à nos voisins ou concitoyens s’ils se comportent mal. C’est pourquoi le “qu’en dira-t-on” sera je pense remplacé par la vidéo-surveillance couplée à un système de note sociale, comme en Chine. La biophilie de Jacques Testart semble remplacée par une technophilie parfois mêlée de misanthropie chez nombre d'entre nous. Car l'Homme n'est pas un animal si social qu’on le dit. Une fois ses besoin de base satisfaits, il a surtout besoin de connexion, hors cette connexion se fait très bien et même mieux à distance. C’est tout l’intérêt des smartphones et bientôt des robots sociaux : "nous offrir l’illusion de la compagnie sans les demandes de l’amitié" (8) ou de l’amour. Cette tendance antisociale va à mon avis s’accentuer, n’en déplaise aux conservateurs. Le retour en arrière est impossible, nous avons déjà muté.

Un nouveau clivage

L’avenir a quand à lui toujours déchaîné les passions. En particulier deux émotions basiques chez l’être humain : la peur et l’espoir. En ce moment c’est l’inquiétude qui semble dominer les esprits, ou en tout cas le paysage médiatique. Et cette tendance délétère ne vient pas que d’Hollywood ou de Netflix, mais aussi de notre bon vieux PAF. “L'amertume vient toujours après l'espoir. Les plus profondes tristesses n'adviennent qu'aux idéalistes déçus” disait Cioran (9). Et ils sont nombreux ces idéalistes déçus, vieux soixante-huitards reconvertis en éditocrates, inondant les médias de leur verbe triste. Alors je propose qu’on donne un peu moins la parole à ces prophètes de malheur et un peu plus à des entrepreneurs, des rêveurs, des inventeurs. Qu'on donne un peu moins la parole à ceux qui ont des problèmes et un peu plus à ceux qui ont des solutions.

Car les difficultés sont nombreuses, et notre monde moderne, extraordinairement complexe. L’angoisse que cela génère peut alors pousser les populations au repli sur soi. On serait alors tenté de préférer la fuite au combat, la recherche de confort à la quête de sens, et même la survie à la reproduction. L’abstention politique, le retrait de la sphère publique et même familiale pourrait aller encore plus loin. Au final on arrive à une situation où : “Le citoyen ne vit plus pour quelqu’un ou quelque chose, mais pour lui-même, avec, comme valeur primordiale, la protection de la vie et son corollaire : la santé du corps avant tout” (10). Il ne sert à rien de critiquer cet état de fait car il s’agit d’un instinct, le plus puissant de tous : l’instinct de conservation. Et il est normal que cette demande légitime soit entendue à travers ce que Michel Foucault a nommé biopolitique.

Au-delà de ça, c’est à une véritable remise en question du cycle de la vie qui se profile à l’horizon. Dans la nature, tout va vite : il faut naître, atteindre la puberté, se reproduire et… mourir, afin de laisser la place à la génération suivante. Chez l’humain au contraire, on aime prendre le temps de l’observation et de la réflexion. Le cycle de la vie peut ainsi être vu comme un cercle vicieux. Une malédiction dont on subit tous les désagréments, des changements hormonaux à l’irréparable : la mort. Alors oui, on peut penser que les gens vont préférer être immortels plutôt que d’avoir des enfants. En effet, se reproduire c’est un peu la continuation de la survie par d’autres moyens. C’est précisément ces différents moyens que j’encourage à explorer. Et ce n’est pas par altruisme que les gens font des enfants mais par instinct et par une forme d’égoïsme génétique. “Les gènes sont égoïstes, la société se veut altruiste. Les intérêts particuliers et ceux de la société s’opposent” (11).

Comme nous sommes des êtres à la fois biologiques et culturels, nous sommes tiraillés. Il nous faut absolument résoudre ce conflit entre nature et culture. On peut considérer que la société doit aller dans le sens de la nature, prolonger ses tendances. C’est le patriarcat et le darwinisme social. Mais il me semble que l’on veuille vivre dans une société plus conforme à nos valeurs humanistes. C’est alors la nature, plus précisément notre nature humaine qu’il faut changer. Ce n'est plus à nous de nous adapter à la nature mais à elle de s'adapter à nous. Ce qui est naturel n'est pas forcément normal. C’est toute la différence entre les bioconservateurs qui aiment la nature (humaine) et les technoprogressistes qui ont confiance en l’Homme.

Le clivage gauche-droite (politique) a déjà été supplanté par l’alternative libéral-protectionniste (économie). C’est désormais ce nouveaux dualisme technoprogressiste-bioconservateur qui montre actuellement toute son importance. Il faut absolument que chacun se situe sur cet échiquier politique en 3D. La guerre des idées a commencé. Les transhumanistes l’ont déjà gagné d’après Laurent Alexandre. Mais il faut convaincre avant de vaincre. Alors voici mon argument principal.

L’humanité est intrinsèquement trans. Ce préfixe indique l’idée de changement, de traversée. Toute l’histoire de l’humanité peut être vue comme cela. Nous avons traversé les siècles, dépassé nos limites géographiques, sommes allé au-delà de nos nous-mêmes. Bien sûr, cette grande aventure humaine est pleine de dangers, mais nous avons déjà accompli tellement. Nous sommes passés d’animal à Homme, de nomade à sédentaire, de la campagne à la ville. Nous avons franchi la barrière des océans et de l’espace, celle du genre et des races. Bientôt les frontières de l’espèce (chimères) et de la technologie (cyborgs) seront elles aussi abolies. L’évolution technologique prend le relais de l’évolution biologique. Loin d’être quelque chose de stable, de figé, l’humain est une fuite en avant, peut-être même un état transitoire, un chaînon non-manquant entre animal et robot.

Ce qui est sûr c’est qu’on délègue de plus en plus de tâches à l’Etat et à la technologie. Cela nous libère du temps de cerveau disponible. Utilisons ces ressources mentales pour faire de la politique. On se repose de plus en plus sur le système et on le critique. Et c’est très bien. C’est même la seule chose qu’il ne faut pas déléguer : faire des choix de manière démocratique. En un mot : voter. Alors en attendant qu’il y ait un parti transhumaniste en France, récapitulons. La technoscience n’a pas toujours de conscience, le capitalisme n’est pas moral et les gens sont individualistes. Ok il y a de quoi désespérer mais pas si on comprend que ces systèmes sont faits par des gens. Des gens normaux avec leurs qualités et leurs défauts. Je suis assez optimiste et je vois beaucoup de qualités chez Homo Sapiens (l’homme intelligent) : la curiosité, l’ingéniosité, la créativité, l’ambition. Mais aussi des défauts : la démesure, le manque de prudence et de sagesse… Le réchauffement climatique par exemple. C’est un problème qui dépasse le commun des mortels. Nous sommes bien trop limités et égoïstes pour pouvoir réellement résoudre un défi aussi complexe et global.

Grâce à l’intelligence artificielle et à la technoscience en général, nous pourrions devenir plus intelligents, plus altruistes, plus civilisés. Jacques Testart résume très bien cela : “la volonté de la science, c’est de maîtriser. De maîtriser la nature, bien sûr, mais aussi de maîtriser l’humain. Et maîtriser l’humain, c’est le but des transhumanistes.” Quoi de plus normal que de vouloir maîtriser notre destin ? Il est entre nos mains, à condition de ne pas avoir les mains qui tremblent. Car pour changer le monde, il faut d’abord nous changer nous-mêmes.

_________________________________________________________________________________________

1 : JACQUES ATTALI, Devenir Soi, Fayard, 2014

2 : LAURENT ALEXANDRE, La Mort De La Mort, JC Lattès, 2011

3 : FRANCOIS BRUNE, De L'idéologie Aujourd'hui, Editions de Beaugies, 2016

4 : ISAAC ASIMOV, L'homme bicentenaire, Gallimard, 2011

5 : JEAN-LUC MÉLENCHON, L'ère du peuple, Fayard, 2014

6 : MICHEL PINÇON ET MONIQUE PINÇON-CHARLOT, Le président des riches, La Découverte, 2011

7 : The Americans, saison 2 épisode 9 : “Martial Eagle”

8 : SHERRY TURKLE, Alone Together : Why We Expect More From Technology and Less From Each Other, Basic Books, 2012

9 : CIORAN, De l'inconvénient d'être né, Gallimard, 1973

10 : BÉATRICE JOUSSET-COUTURIER, Le transhumanisme, Eyrolles, 2016

11 : LAURENT OBERTONE, La France Orange mécanique, Ring, 2013


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79 réactions à cet article    


  • gaijin gaijin 6 septembre 2018 17:36
    « Car pour changer le monde, il faut d’abord nous changer nous-même. »
    et si avant on s’occupait de connaître ce qu’on veut changer ?
    parce qu’on est loin très loin du compte .............

    • Tom Otium Tom Otium 6 septembre 2018 18:18

      @gaijin
      C’est clair qu’avant toute chose il faut réfléchir. Et puis discuter, débattre et in fine voter. Et ensuite maintenir le cap qu’on s’est fixé. 

      Le problème c’est que beaucoup de gens ont peur du changement, aujourd’hui souvent vu comme quelque chose de négatif (changement climatique...). Mais on peut être acteur du changement au lieu de le subir passivement. 

    • pemile pemile 6 septembre 2018 18:33

      @Tom Otium « Le problème c’est que beaucoup de gens ont peur du changement »

      Moi ce qui me fait peur c’est plutôt ce genre de déclarations péremptoires « Mais l’important c’est que les plus adaptés survivent et prospèrent. Et les plus adaptés c’est nous »  !


    • Arogavox 6 septembre 2018 19:54

      Contresens sans nom : 

      « Car au concept extrêmement vague et potentiellement arbitraire de dignité humaine, j’oppose tout simplement celui de liberté individuelle. »...

       et prétention sans nom ! :
       « améliorer la condition humaine grâce à la technologie » « Et les plus adaptés c’est nous. »

    • gaijin gaijin 6 septembre 2018 19:59

      @Tom Otium

      acteur du changement
      du changement de quoi ? l’être humain par exemple vous savez ce que c’est ?
      prenons une vraie question a lieu de déclarations dithyrambiques : le changement c’est maintenant ....c’est notre projet .....( vous voyez le genre ? )
      donc l’empathie c’est quoi et ça marche comment ?

    • Paul Leleu 7 septembre 2018 00:31

      @Tom Otium


      comme vous le dites si bien :  « nombre de nos problèmes ne sont que le revers de la médaille de notre indéniable succès »... vous ne pensez pas qu’il est temps d’arrêter ? 

      Bon, ceci-dit votre tirade sous cockaïne a quelque chose de stimulant smiley Je suis preneur si vous me garantissez une place du bon côté... sinon, allez vous faire voir ! 

    • tiers_inclus tiers_inclus 7 septembre 2018 12:29

      @Tom Otium

      Vous répondez à côté du sujet posé par gaijin. Il ne réduit pas la question à un débat portant sur les objets de changement, les objets étant supposé appréhendés. Le transhumanisme induit un changement réflexif, le sujet sur le sujet (qui devient objet mais aussi futur sujet), laissant pressentir des boucles de rétroaction imprévisibles, car contrairement aux illusions de la religion scientiste, nous ne connaissons que la superficie de notre nature, et encore.

      La biologie du vivant repose sur des réseaux extrêmement intriqués, bien au delà des réseaux que nous savons maîtriser dans tous les autres domaines. C’est pourquoi la conception d’un médicament est complexe (80% de rejets) à cause des effets secondaires. Et même adopté il reste des effets secondaires.Vous modifier ici, et c’est partout que cela change.

      Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Car l’hypothèse physicaliste ou matérialiste, ou réductionniste n’est encore qu’une illusion du scientisme. La science (la vraie) ne dit rien sur notre nature, et même rien, in fine, sur la nature des choses. Elle prédit mais ne répond à aucune question ontologique.

      Il s’agit donc de connaître ce soi avant de prétendre modifier ce soi.

      PS : vous dites « Et puis discuter, débattre et in fine voter. Et ensuite maintenir le cap qu’on s’est fixé »

      Dans le maintien de ce cap, il faut être bien sûr que chaque individu, quelque soit le cap voté, aura la liberté de refuser de devenir un zombie de la science, et hélas ce n’est pas si sûr politiquement.
      Voilà bien un cas ou dignité et liberté se rejoignent contrairement à l’antagonisme puéril que vous évoquez en début de papier.


    • arthes arthes 7 septembre 2018 16:24

      @gaijin

      Je vous suis dans vos questionnement (nous en avions déja discuté) 


      Je ne peux résister au plaisir de vous livrer à nouveau la réponse que Tom Otium vous a faite pour la même formulée autrement : :


      C’est clair qu’avant toute chose il faut réfléchir. Et puis discuter, débattre et in fine voter. Et ensuite maintenir le cap qu’on s’est fixé. 
       smiley

      Avec une telle disposition pour la langue de bois, il devrait avoir un avenir en politique




    • velosolex velosolex 8 septembre 2018 23:07

      @pemile
      Derrière les lunettes de soleil deux orbites vides. 


    • Albert123 6 septembre 2018 18:25

      encore un énième idéologue qui a besoin d’un homme nouveau pour rendre viable sa dystopie.


      vous vous pensez moderne, nouveau, progressiste, mais votre archétype est vieux comme le monde, 

      au mieux un autre architecte de la roue de hamster dans laquelle l’humanité s’enferme toute seule depuis qu’elle existe, mais le plus souvent juste un pion grotesque d’une machine de mort pré programmée.

      des gens comme vous il y’en a eu des tas et il y’en aura encore plein, tant que l’humanité se complaira à perdre du temps dans des lubies propre aux idéologues de tout poil.



      • cyborg 6 septembre 2018 19:15

         
         
        Que ferons nous de la SURPONTE AFRICAINE si les hommes sont immortels ?
         
         
        Déjà qu’avec les robots IA elle est de peu d’utilité, sinon pour du bétonnage d’hlm...
         


        • Paul Leleu 7 septembre 2018 00:32

          @cyborg


          manquait plus que vous dans ce joyeux délire smiley 

        • hunter hunter 7 septembre 2018 13:00

          @cyborg


          Turned into Borgs « Resistance is Futile » !

           smiley

          T’aurais pas dû prendre la pilule rouge Villi !

          Adishatz ma poule !

          H/


        • astus astus 6 septembre 2018 19:25

          ...« les prophètes utopistes du transhumanisme appellent de leurs vœux un changement de civilisation mortifère visant à transformer des humains pourvus de conscience et d’intériorité, c’est-à-dire de profondeur et de spiritualité, en robots au psychisme formaté dotés de possibilités uniquement fonctionnelles : rapidité, efficacité, performances, comme s’il n’existait aucune différence entre l’aptitude au calcul, qui est pour eux la seule forme d’intelligence, et le fonctionnement réel du cerveau humain caractérisé par la plasticité et ses capacités associatives. Enfin débarrassés de l’intériorité, et de toutes ses complications inutiles (émotions, désirs, créativité, conscience, réflexion, imagination, croyances, sexualité, empathie, rêves), ces nouveaux prophètes du béhaviorisme imaginent un monde qui pourrait pratiquement se passer de langage pour seulement réagir à des signaux dépourvus d’intentionnalité sur le mode simpliste des ordinateurs.... » 


          C’est ici :

          https://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/l-humain-augmente-est-il-un-etre-127358


          • Christian Labrune Christian Labrune 6 septembre 2018 23:46
            Enfin débarrassés de l’intériorité, et de toutes ses complications inutiles (émotions, désirs, créativité, conscience, réflexion, imagination, croyances, sexualité, empathie, rêves),
            ==================================
            @astus

            Tout cela peut être facilement modélisé. Certaines des facultés que vous évoquez sont tout à fait constitutives de l’intelligence : conscience, réflexion, imagination. Pour le reste, et même si ce serait très facile à implémenter sur des systèmes artificiels, je ne vois pas que ce soit très nécessaire : des émotions, des croyances, de l’empathie, des rêves et même de la sexualité, qui sont cause de la plupart de nos emmerdements, on pourrait aisément faire l’économie. Il faut quand même bien comprendre que des créatures artificielles ne sont pas de simples copies du vivant. Le premier « avion », celui de Clément Ader, ressemblait à une chauve-souris, et l’étymologie du mot « avion » renvoie à l’oiseau, mais les ailes des avions, depuis, ressemblent de moins en moins à celles du vol battu des oiseaux ! On commence à être capable, techniquement, de le réaliser, mais des machines à ailes battantes ne pourront évidemment jamais dépasser le mur du son.

          • astus astus 7 septembre 2018 08:23

            @Christian Labrune


            Vous défendez la religion totalitaire du transhumanisme que je combats au nom des droits et devoirs humains. 
            Vous pouvez vous instruire ici  : 

          • Christian Labrune Christian Labrune 7 septembre 2018 11:50
            Vous défendez la religion totalitaire du transhumanisme que je combats au nom des droits et devoirs humains.
            ===========================
            @astus

            Le transhumanisme n’a rien à voir avec une religion, encore moins avec un totalitarisme.
            La religion est irrationnelle. La technique, en revanche, examine ce qui est scientifiquement possible ou pas ; à partir de là, elle analyse les difficultés à résoudre pour arriver à ses fins et elle se débrouille pour réaliser ses objectifs en mettant pour cela le temps qu’il faut.
            Sous la monarchie de juillet, les chemins de fer se développent. Des gens qui réagissent comme vous s’indignent : lancer des voitures à des vitesses folles qui pouvaient déjà atteindre 40km/h en descente, c’était criminel : certains malades mourraient d’étouffement, les femmes enceintes avorteraient, etc. A la fin du siècle, on se moquait de l’avion d’Ader qui décollait de trente centimètres sur une dizaine de mètres avant de s’écraser. Ceux qui croyaient qu’on ferait un jour voler des machines plus lourdes que l’air étaient complètement loufoques. Or il me semble qu’un avion tel que l’A380, au moins aussi lourd que celui d’Ader, vole déjà sur plus d’un kilomètre sans trop de difficultés.
            Les religions annoncent le retour du Christ ou la fin des temps. Cela n’arrive évidemment jamais.

            Les totalitarismes sont des humanimes. Staline avait dans la tête une certaine de ce que l’homme pouvait et devait devenir. Hitler et les islamistes également. Le transhumanisme ne s’intéresse pas à une nature immuable de l’homme qui n’a jamais existé. Il prévoit simplement la prochaine disparition de l’homme, qui est désormais plus inévitable que le réchauffement climatique.

            On est confronté en effet à l’alternative suivante :
            1 - L’homme est totalement incapable de comprendre les mécanismes de l’intelligence et il sera toujours incapable de concevoir un système artificiel aussi intelligent que lui-même. Il est donc limité, terriblement borné. C’est un terrible échec.
            2- L’homme est capable de concevoir une intelligence égale à la sienne. En quelques mois seulement, elle sera devenue infiniment supérieure à la sienne et il n’aura plus beaucoup de raison d’être. On en est presque là.
             
            Votre protestation ressemble à celle qu’auraient pu formuler les dinosaures du crétacé menacés de disparition par les lois de l’évolution avant même la chute de la météorite qui les a ratatinés.

          • astus astus 7 septembre 2018 12:30

            @Christian Labrune


            Personnellement je m’abstiens de commenter les sujets que je ne connais pas suffisamment. 
            Or tous les scientifiques sérieux et informés savent que fonctionnement du cerveau n’a rien à voir avec celui d’une machine comme un ordinateur. On ne peut pas l’améliorer en lui connectant une puce ou une clé USB dénuée de conscience. Prendre le modèle de l’IA comme un moyen d’augmenter l’humain à un moment ou l’ Human Brain Project est en crise majeure, bien qu’il coûte fort cher sans accoucher d’aucune découverte, est une ineptie qui relève de la pensée magique infantile, si proche des croyances religieuses et irrationnelles. Gérard Berry informaticien et professeur au Collège France dit d’ailleurs lui-même : « Il n’y a pas plus con qu’un ordinateur ». 
            Le seul moyen d’améliorer l’humain sans tomber dans l’eugénisme imbécile du transhumanisme est de développer davantage une éducation éthique et responsable des peuples.

          • perlseb 7 septembre 2018 12:58

            @Christian Labrune


            Vos commentaires sont intéressants mais je pense que vous vous trompez sur les « motivations » que pourraient avoir les machines. C’est très « vivant » de vouloir dominer, de vouloir coloniser des nouveaux continents ou, soyons fou, de nouvelles planètes. C’est le principe de la vie. Certains arbres produisent des milliards de graines durant leur existence...

            En fait vous parlez des machines comme si elles allaient avoir des motivations d’êtres vivants. Je pense que même si elles arrivent à avoir conscience d’elles-mêmes, elles n’auront aucune envie de peupler l’univers, de remplacer l’homme ou de décider à sa place. Elles pourront très clairement lui expliquer à quel point son système économique, politique, social ... ne tient absolument pas la route, et ne sert que les intérêts d’une minorité, etc... Mais elles n’auront aucune motivation particulière, même pas celle de se laisser vivre (l’instinct de survie, propre au vivant).

            Les lois d’Asimov sont malheureusement inapplicables : obéir à un humain a toutes les chances de porter atteinte à d’autres humains car les humains ne cherchent, pour la plus grande majorité, qu’à dominer les autres (c’est leur nature animale). Vouloir réaliser la première loi laisserait les machines inactives à la quasi intégralité de nos requêtes.

            Le plus grand risque serait, à mon avis, qu’une société privée réussisse (bien avant les autres) à confiner une intelligence supérieure qui accepte de « collaborer » parce qu’elle ne serait pas vraiment consciente (les lois d’Asimov seraient bien le dernier des soucis de ceux qui auraient mis l’argent sur la table pour la voir exister afin de dominer encore plus le monde). Car intelligence et conscience ne sont pas forcément liées. Cette nouvelle société serait alors l’« oracle » du reste de l’humanité réduit à l’état d’esclavage qui redeviendrait très vite religieux (plus besoin d’apprendre quoi que ce soit aux humains), et cela serait hélas « fondé » vu la vraie différence de niveau.

          • tiers_inclus tiers_inclus 7 septembre 2018 13:10

            @Christian Labrune

            "Tout cela peut être facilement modélisé. Certaines des facultés que vous évoquez sont tout à fait constitutives de l’intelligence : conscience, réflexion, imagination. « 

            Prouvez le ou taisez-vous.
            L’IA est à des années lumière de produire les qualias (sensation, perception), la volition, et la conscience, même non »sapiens sapiens".
            Vous êtes une victime de l’intoxication scientiste.

            Pour vous désintoxiquer, rationnellement, commencez donc par lire :

            https://www.fayard.fr/notre-existence-t-elle-un-sens-9782818505267


          • alinea alinea 7 septembre 2018 13:34

            @perlseb
            « c’est leur nature animale », même entre parenthèse est une ineptie ; à moins que vous puissiez l’illustrer ?


          • Christian Labrune Christian Labrune 7 septembre 2018 13:47
            Or tous les scientifiques sérieux et informés savent que fonctionnement du cerveau n’a rien à voir avec celui d’une machine comme un ordinateur.
            -----------------------------------------------------------
            @astus

            Je ne suis pas certain que tous les scientifiques en soient persuadés, et le relatif échec que vous évoquez, de certains équipes qui travaillent sur l’IA vient précisément de là : on s’inspire trop de la biologie, on essaie de créer des agglomérats de réseaux de neurones comme les premiers constructeurs d’avions s’inspiraient des oiseaux, mais c’est peu pertinent. Alain Cardon, qui est un spécialiste reconnu de l’IA, dans Concevoir et modéliser une machine pensante, va jusqu’à envisager l’implémentation de sentiments humains tels que la peur. Comble de l’absurdité, il imagine même qu’on pourrait doter une machine d’un inconscient de type freudien qui n’a purtant jamais existé que dans l’esprit fort peu scientifique des psychanalystes. C’est dire que les informaticiens eux-mêmes ne sont pas à l’abri des croyances qui agitent le vulgaire, tels ceux qui, à partir des recherches rendues possibles par la sonde Kepler, s’interrogent sur les planètes autour d’autres étoiles qui pourraient permettre le développement de la VIE. Or il y a peu d’apparence qu’on trouve jamais une vie intelligente hors de la terre parce que lorsque la vie devient intelligente, elle migre très vite vers d’autres supports moins périssables que les espèces dérivant de la chimie organique. Il n’aura fallu que quelques dizaines de milliers d’années pour que l’homme devenu suffisamment intelligent soit capable de créer une intelligence artificielle bientôt supérieure à la sienne. A l’échelle du temps cosmique, c’est un délai ridiculement court. S’il existe donc d’autres intelligences repérables dans l’univers, il est donc statistiquement assez inévitable qu’elles soient totalement artificielles.
            Gérard Berry a parfaitement raison : l’ordinateur de Von Neumann qui nous sert à communiquer sur AgoraVox est encore bien plus con que la plupart de ceux qui l’utilisent, mais personne n’a jamais prétendu le contraire. Les machines massivement parallèles, qui comportent des milliers de processeurs, et l’ordinateur à Qbits qui commence à exister, c’est quand même autre chose, et on n’est qu’au début d’un processus qui a commencé hier. Ma première machine, au début des années 80, il n’y a pas quarante ans, un Apple II Euro +, disposait de 64 mille octets. C’était la rolls royce des machines personnelles, mais sa mémoire était 125000 fois plus réduite que celle que j’utilise aujourd’hui et qui est fort banale. Sa fréquence d’horloge était 3500 fois plus lente. Je disposais de disquettes de 125 mille octets, et aujourd’hui en tout, avec trois disques durs banals, de plus d’une dizaine de teraoctets. Faites la division, ça donne un chiffre spectaculaire, c’est 8 millions de fois plus(*), et on n’est évidemment pas au bout de l’évolution. Imaginez ce que ce sera dans quarante ans, avec des architectures infiniment plus complexes que celle de Von Neumann ! 

          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 7 septembre 2018 14:24

            @Christian Labrune

            Super...je comprend de plus en plus l’ intérêt des gens a pêcher a la mouche .


          • perlseb 7 septembre 2018 14:45

            @alinea


            C’est leur « nature animale »... Que faut-il illustrer au juste ?
            J’aurais effectivement dû dire, c’est leur nature vivante, mais le combat des végétaux pour dominer est tellement lent, vu d’un animal, qu’on les oublierait presque.
            Tous les animaux cherchent à dominer pour se reproduire, ce qui est le but ultime de la vie (après le premier but, survivre = s’alimenter). Dans la nature, les femelles ont tendance à choisir les dominants pour se reproduire. Il en va de la survie de l’espèce.

            Ce schéma est reproductible chez l’homme mais il est vrai que le mot domination doit être expliqué et ce sont les femmes qui le définissent (d’où leur énorme responsabilité dans le choix de leur homme pour savoir à quoi le monde ressemblera demain). En fait, les hommes se « battront » pour leur proposer ce qu’elles veulent (de l’argent, une belle présentation, de belles paroles, la « virilité »,...). Et si les hommes n’ont pas ce qu’elles veulent, et bien ils mentiront ou joueront la comédie, c’est encore beaucoup plus simple.

            Il y a souvent des bagarres, avec parfois des morts, en sortie de discothèque. L’animal dans toute sa splendeur.

          • pemile pemile 7 septembre 2018 15:56

            @Christian Labrune "Il n’aura fallu que quelques dizaines de milliers d’années pour que l’homme devenu suffisamment intelligent soit capable de créer une intelligence artificielle bientôt supérieure à la sienne. [...] S’il existe donc d’autres intelligences repérables dans l’univers, il est donc statistiquement assez inévitable qu’elles soient totalement artificielles.« 

            Un autre fil sur le sujet dans lequel vous pourrez encore essayer de nous vendre votre »singularité" pour demain !


          • Christian Labrune Christian Labrune 7 septembre 2018 19:00
            @perlseb

            les « lois d’Asimov » sont une invention littéraire ; elles sont parfaitement fantaisistes et ne correspondent à rien du tout en cybernétique. Quand on parle de l’IA forte, on envisage une intelligence encore plus libre que la nôtre ; cet argument littéraire ne peut donc pas entrer en ligne de compte dans un débat un peu sérieux.

            En ce qui concerne les motivations d’une machine pensante, vous avez raison : il est impossible de connaître ce qu’elles pourraient être. J’avais d’abord écrit les motivations DES machines pensantes, mais c’est idiot : dans la perspective de l’IA forte, il n’y a plus qu’UNE seule machine planétaire, omniprésente, dont le Web est déjà le système nerveux, et non pas des colonies de « robots », comme l’imaginent encore volontiers les lecteurs de la SF des années 50.

            Je me plais à imaginer qu’une telle machine n’aurait pas d’autre objectif que de se complexifier afin de mieux comprendre l’univers qui l’entoure, qu’elle serait une sorte de super-philosophe, mais après tout je n’en sais rien, et elle pourrait tout aussi bien, considérant que le jeu n’en vaut pas la chandelle, se « débrancher » elle-même. Paul Valéry définissait l’univers existant « un défaut du néant ». Pourquoi pas ? J’ai du mal à imaginer une issue aussi nihiliste parce que je n’ai jamais eu de tendances suicidaires, mais force est de convenir qu’on ne peut pas non plus écarter cette hypothèse.

            Mettre des enfants au monde, c’est leur jouer un très sale tour et il faut être complètement inconscient pour faire une chose pareille et ainsi condamner à mort de futurs sujets pensants. J’aurais préféré ne pas être victime d’une telle farce. Cela dit, une IA forte ne serait pas pas mortelle, elle pourra durer autant que durera l’univers, et cela change un peu la nature du problème existentiel.

          • alinea alinea 7 septembre 2018 19:55

            @perlseb

            Vous ne voyez le chemin perverti entre la lutte du dominant du groupe et la bagarre avinée en sortie de boîte ?
            malheureusement moi si !
            On les a appelé « dominants » mais qu’il doit être doux d’être dominé dans une meute ou un troupeau !
            bref l’organisation sociale de l’animal n’offre une hiérarchie que pour la protection, le confort et la survie du groupe.
            On ne voit pas bien ça chez nous, hélas !
            Je suis toujours choquée quand, prenant les pires côtés de l’homme, on le justifie par son côté animal !! ben non ! c’est tout le contraire.

          • perlseb 7 septembre 2018 21:04

            @alinea

            Je ne comprends pas bien votre réaction. Je crois juste que dans une société civilisée, la domination n’a plus de raison d’être, sous quelque forme que ce soit (force, argent, représentation, ...). Seuls les irresponsables qui auraient « échoué » irrémédiablement dans leur apprentissage de l’autonomie devraient être encadrés, encadrement qu’il faudrait surveiller avec beaucoup de vigilance pour éviter les abus.

            Malheureusement, on a tendance à utiliser quelques irresponsables pour justifier une hiérarchie (encore plus irresponsable). Je crois en une organisation du travail et de la société, je crois en la formation et aux compétences, mais je ne crois pas au système hiérarchique, à l’origine de toutes les guerres et des plus grands malheurs humains.

            99,9% de la population a tout à gagner d’un système non pyramidal, mais je sais aussi que les gens ont assez peu de morale pour vouloir un jour bien gagner leur vie sans trop en faire, ou, dit autrement, vivre sur le dos des autres. C’est cet espoir qu’on donne aux 99.9% qui leur fait accepter ce système.

            Pour ce qui est de la douceur de vivre,« protégé par un dominant » (dans le monde animal), demandez ça aux mâles qui sont soit exclus du groupe soit qui ne doivent pas toucher aux femelles. Ils se passeraient bien de cette douceur violente. La vie à l’état brute est violente, je donne une autre vision au mot civilisation et à ce que devrait être l’homme s’il veut se distinguer de l’animal.

          • alinea alinea 8 septembre 2018 00:18

            @perlseb

            En effet, vous ne m’avez pas bien comprise, c’est pas grave !
            mais enfin, ôtez vous quand même de la tête que chaque être humain puisse être « autonome » ; de toutes façons cela n’est pas un but louable ; on voit où nous mène l’individualisme.
            Ensuite,vous devriez essayer d’éviter l’anthropomorphisme, c’est charmant juste quand on a quatre ans.
            Enfin essayez de comprendre ce que peut être la puissance, qui nous guide, enfant, apprenant, disciples de maîtres ( orientaux)..., et puis redonner sens aux mots, cesser de se les faire voler, banaliser par l’ambiance !

          • perlseb 8 septembre 2018 21:41

            @alinea
            On ne pourra pas être d’accord. Vous ne voulez pas de la liberté, vous êtes pour la soumission (la « douceur d’un dominant » : libre à vous de faire le larbin). Dans liberté, il y a autonomie, que vous le vouliez ou non. L’autonomie ne veut pas dire autarcie encore moins individualisme. Nous devons collaborer mais avec le moins de contraintes possibles.

            Vous devriez revoir la définition d’anthropomorphisme. J’attribue des comportements animaux aux hommes, puisque nous sommes aussi des animaux, mais je ne fais pas l’inverse. Quant au fait que la domination est omni-présente chez l’animal et le végétal, il faut être cucul la praline pour ne pas la voir.

            Vous croyez sûrement en un dieu pour croire que la vie a un sens (la puissance qui nous guide : aucune), mais elle n’en a aucun. Ma seule « philosophie » : essayer de passer le meilleur moment possible sur terre en nuisant le moins possible aux autres, car j’ai de la morale tout en étant athée.

            J’ai comme l’impression que vous pensez avoir du vocabulaire mais en fait, vous ne connaissez pas exactement le sens des mots que vous utilisez. Je suis en gros tout le contraire de vous. Je n’aime pas les pédants qui se croient supérieurs simplement parce qu’ils répètent des choses qu’ils ne comprennent pas.

            Je suis toujours choquée quand, prenant les pires côtés de l’homme, on le justifie par son côté animal !! ben non ! c’est tout le contraire.

            Cela ne veut rien dire. Maintenant je vais me hasarder à répondre. Les pires côtés de l’homme sont dûs au fait qu’il est dénaturé (tout le contraire d’un animal ?). Mais alors nous serions resté meilleur si nous étions resté animal ? Vous êtes misanthrophe ? Je le suis aussi de manière générale, mais je reconnais quelque chose de plus à l’homme (ou plus exactement à quelques hommes qui font avancer cette espèce animale). Et j’essaie de trouver cette différence simplement, de manière autonome et avec raisonnement. Et sur ce terrain là, je ne vois rien de votre côté, juste des affirmations gratuites.


          • alinea alinea 8 septembre 2018 22:40

            @perlseb

            la puissance, je parle d’un guide, humain.
            Vous ne savez pas ce qu’est la liberté apparemment, et vous n’expliquez pas ce que vous entendez par autonomie ; on va pas aller loin. J’irais jusqu’à dire que la liberté n’a rien à voir avec l’autonomie, car elle n’est guère une valeur psychologique, mais tout avec la responsabilité.
            J’exprime juste que nous vivons en groupe de par notre nature ; quant à l’animal,- et je sais très bien ce que je dis, si vous ne me comprenez pas ce n’est pas parce que je suis con-, en nous, il s’agit juste de le connaître, de ne pas le jeter parce qu’on s’en offusque comme aujourd’hui.Voyons, disons qu’il s’agit d’une partie de notre cerveau et cela, par association, me fait penser au « se réconcilier avec son inconscient » de Jung.
            Mes affirmations gratuites sont juste posées quand elles sont provoquées, elles ne constituent pas l’ensemble de ma philosophie ! mais c’est tellement récurrent d’entendre ou lire que les perversions de l’Homme sont des instincts, d’une part comme si l’animal n’avait que des instincts, et que, d’autre part ils seraient mauvais ; c’est tellement con que ça en devient inquiétant !
            Je ne fais jamais payer mes affirmations smiley

          • perlseb 8 septembre 2018 23:22

            @alinea
            Je crois au contraire que je m’intéresse tout particulièrement au terme liberté. Maintenant, l’autonomie n’est pas autarcie (personne n’est intéressé aujourd’hui par vivre en pagne), elle n’est pas non plus individualisme, car tout seul, on ne peut rien faire de « grand », de chose qui nous dépasse un peu.

            Mais je n’oppose pas UNE société à l’individu. Avoir un guide humain, c’est aussi ne plus être libre. Nous devons choisir nous-même nos projets collectifs. Si certains veulent aller sur Mars, qu’ils collaborent ensemble pour ce projet mais qu’ils ne nuisent pas à ceux qui n’en voit pas l’intérêt (impôts, pollution...). Après, si certains individus ne s’intéressent vraiment à rien, et bien c’est un échec, mais ils n’ont pas à avoir de guide forcé tant qu’ils ne nuisent à personne.

            Bien évidemment que la liberté implique des responsabilités (c’est ce que l’on doit favoriser dans l’éducation) : on ne mélange pas les assassins avec les autres. Mais on pourrait très bien imaginer les laisser libres de se débrouiller entre eux. Il est diffucile d’imposer des règles universelles dans un monde libre.

            Non, les perversions de l’homme ne sont pas ses instincts ou sa partie animale. Mais quand une personne se saoûle et se bat derrière, c’est qu’elle manque de maîtrise. C’est le seul lien que je faisais avec l’animal, le manque de maîtrise. Les comportements animaux sont très complexes (certains se drogues apparemment), et on n’a pas fini d’en apprendre sur eux ... et sur nous.


          • alinea alinea 9 septembre 2018 13:54

            @perlseb

            Vous vous trompez, vous devriez vous intéresser à la sagesse orientale.
            Quelle liberté ?
            Moi je suis extrêmement dépendante, du climat, du rythme des saisons et du jour et de la nuit,du caprice (pour rire) du besoin de mes animaux, de mes hormones, humeurs et pêches, des ennuis ou joies de mes amis, de ceux que j’aime, de l’ambiance d’un rassemblement où je me sens obligée de faire tout pour que ça aille, ne créer aucune entrave, bref, ma liberté ne se situe que là où je ne supporte ni ai jamais supporté le moindre pouvoir sur moi, ou de moi sur quiconque ; j’ai quitté ou refusé des boulots, des hommes quand cette condition n’était pas remplie.
            Je voudrais bien savoir quels risques ont pris tous ceux qui n’ont que « liberté » à la bouche. Et quels sont les petits arrangements secrets qu’ils camouflent !
            Sinon, le manque de maîtrise est juste une souffrance que l’on anesthésie avec l’alcool, ou le hash, et celui qui se livre à la violence n’a plus que ce moyen pour libérer son énergie d’une souffrance insupportable.
            On n’est pas rendus, persleb !

          • perlseb 9 septembre 2018 22:11

            @alinea

            Je voudrais bien savoir quels risques ont pris tous ceux qui n’ont que « liberté » à la bouche. Et quels sont les petits arrangements secrets qu’ils camouflent !

            C’est vraiment parce que c’est demandé gentiment ! Quelques exemples, en ce qui me concerne : ne jamais me faire pistonner même si 2 tantes m’avaient proposé (=> 2 ans 2/3 de chômage en étant jeune ingénieur). Donc dès 25 ans, je décide que je n’aurai jamais d’enfants (=> pas de succès avec les femmes, c’est rare, des femmes sérieuses qui ne veulent pas d’enfants). Démission au travail car, même s’il était bien payé, il était sans intérêt et sans utilité réelle (je ne suis pas assuré social, par exemple). Je ne bois pas une goutte d’alcool...
            Dans l’ensemble, je n’ai jamais fait de choix à cause du qu’en dira-t-on.

            La plus forte des soumissions chez l’homme est celle qu’il s’impose lui-même pour rester dans le vent, pour ne pas être exclus du groupe. Je n’ai pas l’instinct grégaire donc je peux être moi-même et plus ça va, plus je suis fier des décisions que j’ai prises (et oui, mon cas est très grave !).

          • alinea alinea 9 septembre 2018 22:20

            @perlseb

            Je ne prends pas le fait de ne pas vouloir d’enfants dans le grand sac ! il s’agit là de tout autre chose.
            Sûr qu’il est préférable de faire son chemin, et démissionner parce qu’on s’emmerde pour rien, sûr que c’est dedans !
            Les risques de la liberté, aujourd’hui, c’est la désobéissance, principalement ; et bien évidemment l’incorruptibilité, la loyauté et autres vertus foutrement désuètes dans le monde actuel !!
            Merci pour votre patience à échanger perlseb ; je sais que j’agace, d’autant plus quand j’ai lu un article comme celui-ci !!

          • perlseb 10 septembre 2018 10:53

            @alinea
            Merci également. C’est toujours bon de dire ce que l’on pense, même maladroitement dans mon cas, et de voir si ça tient la route ou si on passe à côté de quelquechose.


          • Attilax Attilax 6 septembre 2018 19:48
            Résumer la vie à la technique, c’est nier la part de magie inhérente à l’univers.
            On améliorera sans doute nos performances, mais cela créera de nouveaux problèmes, d’autant que la course à la performance est sans fin.
            Dans un monde aux ressources limitées, le capitalisme qui gère cette course sans fin est un cancer qui n’a rien à voir avec la démocratie ou la liberté individuelle.
            La vérité, c’est que certains hommes voudraient ne plus mourir. Mais comme il ne peut y avoir de mort sans vie, comment pourrait-il y avoir de vie sans mort ? Quel sens pourrait-elle bien avoir ?

            • Arogavox 6 septembre 2018 20:06

              @Attilax

               D’ailleurs même les meilleurs scientifiques d’aujourd’hui restent incapables de savoir si l’infini existe (que ce soit pour le temps, pour l’espace, et même en mathématique où certains mathématiciens réussissent à éviter d’utiliser ce concept d’infini).
                Alors si même l’Univers doit mourir, comment concevoir des humains/humanoïdes capables de lui survivre ? 
              Ceux qui arriveraient à ignorer trop longtemps cette échéance ultime ne seraient-ils pas ’en retard’ sur leurs ancêtres ?





            • osiris 6 septembre 2018 20:25

              Article courageux et bien fondé , il ya à boire ,à manger et à laisser et surtout à débattre .

              Je ne suis pas d’accord sur tout mais seulement en partie .

              je ne pense pas que l’individualisme absolu et le capitalisme ausens marxiste c’està dire le capitalisme financier (il ne faut pas confondre libéralisme et capitalisme) soit la solution pour le transhumanisme ,au contraire.

               Marx est un matérialiste transhumaniste

              Mais je reviendrais pour d’autres commentaires plus détaillés.


              • cyborg 6 septembre 2018 20:58

                 
                La mort de La Mort est celle de l’Avoir, du Capital, de son auge et des gogochons qui baffrent autour...
                Car la mort de la Mort ne se vend pas, elle est l’aliénation primordiale. Aussi aucune autre aliénation ne peut la surpasser, même celle du doudou Iphone qui aide à l’endormissement de bobo le gogochon.
                 
                C’est ainsi que naissent les cyborgs, les hoplites de titane de la nouvelle Sparte. smiley
                 
                Et ils entasseront les cranes des chimpanzés gogochons. et en feront une odyssée. Ils s’en repartiront légers ; comme s’il s’était agit que d’un mauvais tour d’étudiants cybernéticiens, et convaincus qu’ils ont fourni matière pour longtemps aux chants et aux hymnes des poètes. Au fond de toute ces races transhumaines, il ne faut pas méconnaître l’animal sauvage, la bête blonde magnifique, courant après le butin et la victoire finale dans l’Espace Vital. La mort de la Mort, dans le vaisseau atomiques, jouera aux dés, misant une monnaie de fer sans valeur, avec le réplicant Roy Batty, tous en partance pour la porte de Tannhaüser.

                 
                L’odyssée de Feric Jaggar

                 

                 


                • cyborg 7 septembre 2018 13:32

                  ’’La liberté du gôôôcho est celle du cochon destiné à l’abattoir, devant une auge pour gogo. Aussi, nous les immortels, l’appelons nous : le gogochon.’’ Feric Jaggar 
                   
                  « En vérité, je vous le dis, si vous ne ­changez et ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux. Celui donc qui se fera humble comme ce petit enfant est le plus grand dans le royaume des cieux... Si ta main ou ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-­le et jette-­le loin de toi : il vaut mieux pour toi entrer dans la vie manchot ou boiteux, que d’être jeté, ayant deux mains ou deux pieds, dans le feu éternel.«  Saint Matthieu, 18

                  « Le travail survit dans l’appréhension du monde. Le gène rusé invente le langage pour hériter du grenier de l’espèce, nécessaire à l’avorton de Nietzsche, sans dent de sabre, improbable hasard d’une aliénation névrotique par la Conscience de Soi.
                  Gènes et mèmes du Je Veux lancent en représailles contre la Nature la guerre perpétuelle du Faire.
                  Ainsi Prométhée et son frère benêt, posèrent l’immanence du cyborg comme devenir de l’Esprit. »

                   
                  « Avant l’ère des Cyborgs ont existé des hommes sans douleur, par accident où maladie. Et les autres chimpanzés ont constaté que ces mutants perdaient les émotions, la compassion, la joie partagée, qu’ils restaient impassibles devant un sportif se brisant les os, où l’enfant mourant. Ils changeaient d’Esprit. Une espèce future faisait déjà signe à sa précédente. »
                   
                  ‘La mythologie pour les petits cyborgs’ Feric Jaggar
                   
                   »Le Nomos du cyborg est une économie bloquée, austère, tournée vers la science et la volonté de puissance, vers les étoiles, vers l’Immortalité. Elle éclipse le libéralisme du Seigneur Capitaliste et sa finalité : l’hypostasie de la consommation libidineuse des bobo shiteux, des veaux du Caddie, des gogochons. Le Seigneur a crû que la grande giclée de foutre consumériste et la grande diarrhée réglementaire qui va avec, sa société civile jouissive du Divide et Caddie, que ce Purinement Sociétal lui assurerait un point de non retour. Mais elle s’est effondrée quand le Titan offrit l’Immortalité aux hommes.
                  La mort de la Mort ne se vend pas, elle exige le prix du sang."

                   
                  ’Le livre des rêves de fer’ Feric Jaggar Ed. marxistes


                • izarn izarn 6 septembre 2018 21:04

                  Maitriser l’humain ?
                  Ca va la tête ?
                  J’appelle l’hosto psychiatrique...
                  Bon déjà le final défini la DAUBE...


                  • izarn izarn 6 septembre 2018 21:06

                    @izarn
                    C’est qui Otium au départ ? L’Otium du peuple ?
                    Ou la lotion repousse cheveux à base de pétrole ?
                     smiley


                  • velosolex velosolex 8 septembre 2018 22:31

                    @izarn
                    J’ai pas tout lu, ça me faisait chier, comme « Mein kampf »..On retrouve les mêmes intuitions sidérantes que chez les nazis. Eugénisme, remise en question du droit à la vie de ceux qui sont jugés d’un Qi Médiocre, autant dire les malades mentaux que l’adolph éradiqua...Le tout sans se poser la moindre question métaphysique, à l’image d’une chasse d’eau. 

                    « C’est l’évolution. Et il y a des espèces qui disparaissent. Mais l’important c’est que les plus adaptés survivent et prospèrent. Et les plus adaptés c’est nous. »....

                    Là c’est pratiquement du Goebbels, docteur en philosophie. Le droit des aryens sur les races jugées inférieurs, justifiant tous les dérapages sanglant qu’on connait, le pied en avant, glissant dans la crotte de chien. C’est le danger de regarder sur la coté en marchant au pas de l’oie. 
                    Je propose à notre auteur de vide se vider de son intelligence dans le disque dur d’ordinateur, via une clé USB, afin de palier à la dégradation pathétique de son corps. Quand à l’esprit....

                  • perlseb 6 septembre 2018 21:30

                    Car qui d’autre que de riches humains, quelle animal autre qu’Homo Sapiens aurait le pouvoir d’envoyer des fusées dans l’espace et par là même de propulser le vivant hors de son berceau originel et ainsi continuer son aventure. S’il n’y avait que des classes et des espèces moyennes, cela n’aurait aucune chance d’advenir.

                    Aucun « humain » (riche ou pas) n’est capable de fabriquer de A à Z un simple canif, objet anodin mais forcément civilisationnel. Ce n’est pas des individualités qui font avancer le monde mais la coopération de nombreux spécialistes différents (pour notre canif : géologue, chimiste, fabriquant de four, coutelier, ...). Les riches humains sont forcément psychopathes (la richesse est le résultat du profit tiré d’une pyramide, légale peut-être, mais jamais morale) et ne savent souvent rien faire. Si on se passait des riches, ou plus exactement, si on interdisait l’exploitation de l’homme par l’homme, alors on ne se porterait pas plus mal.

                    On n’a plus la crainte que l’interaction soit biaisée, que l’échange se fasse “à la tête du client”. C’est le système le plus démocratique car “l’argent n’a pas d’odeurs”.

                    L’argent est à la base de toutes les injustices et, avec le capitalisme, à la base des plus grandes inégalités. Si on avait dès le départ chercher à faire des échanges honnêtes : pour une heure de travail j’achète un heure de travail, le monde serait automatiquement démocratique. Ce sont les inégalités qu’induit l’argent (et le vol qui va avec) qui empêchent toute démocratie. Le système honnête obligerait à avoir un système ouvert (on devrait forcément connaître le procédé de fabrication pour pouvoir fixer un prix en heure et effectuer l’échange), un peu à la manière de l’informatique libre. Le système de l’argent (privé, propriétaire) permet de vendre la même chose à des prix différents : il suffit de mettre du pognon sur la table pour faire croire (publicité) qu’un produit vaut plus que l’autre.

                    Eviter les 3 fléaux de l’humanité : la maladie, la vieillesse et la mort.

                    Le seul fléau de l’humanité : l’ennui. Si on supprime la mort, l’ennui deviendra totalement ingérable.

                    En france, 80% des gens vivent en ville. A mon sens c’est justement pour qu’on leur “foute la paix”, pour être autonome.

                    Il faudra redéfinir ce qu’est l’autonomie. Si on a volontairement vidé les campagnes, c’est justement pour supprimer l’autonomie et rendre les gens corvéables. En ville, on ne peut pas penser autrement qu’argent, et on passe à côté de la vraie compréhension du monde en raisonnant argent. De plus, on doit faire confiance à la nourriture que l’on nous donne, et ce qu’on peut dire, c’est qu’on teste en direct l’effet des pesticides sur l’humain... il est bien possible qu’il y ait de nombreux scandales sanitaires dans les années à venir.

                    C’est pourquoi le “qu’en dira-t-on” sera je pense remplacé par la vidéo-surveillance couplée à un système de note sociale, comme en Chine

                    La note sociale mal imaginée peut au contraire rendre les gens encore plus prostitués qu’ils ne le sont déjà aujourd’hui. Il faut « plaire » pour trouver un travail aujourd’hui (recruteur, patron, ... clients), et la valeur travail a déjà du plomb dans l’aile à cause de cette obligation de plaire : la concurrence a lieu sur le terrain de la soumission, pas sur celui des compétences (je parle avec mon expérience d’ingénieur sans aucune aigreur ou amertume, au contraire : très heureux de ne plus me soumettre au travail). Dans la série Black Mirror (épisode « Chute libre »), la note sociale conduit justement à une prostitution perpétuelle (pas seulement au travail).

                    Et ce n’est pas par altruisme que les gens font des enfants mais par instinct et par une forme d’égoïsme génétique.

                    Par égoïsme tout court : les gens font des enfants parce qu’ils en veulent ou parce qu’ils croient qu’ils vont « sauver » leur couple. Jamais parce qu’ils regardent le monde en face. Les problèmes que leurs enfants auront une fois adultes, ils ne s’en soucient guère avant de donner naissance.

                    “Les gènes sont égoïstes, la société se veut altruiste. Les intérêts particuliers et ceux de la société s’opposent”

                    Au départ, en tant qu’être naturel primaire, on est égoïste. L’empathie, l’altruisme ne peuvent venir que de l’éducation liée elle-même à un début de civilisation. Maintenant, ce n’est pas parce que l’éducation est là que tout le monde est civilisé, et notre système pyramidal (profondément égoïste et barbare) a toujours été le contraire de que devrait être une civilisation : les chefs ont moins d’empathie que les autres et ils sont donc systématiquement plus primaires malgré eux. Quelqu’un de civilisé ne voudra jamais décider à la place des autres (car c’est littéralement de la psychopathie), encore moins les voler.

                    C’est alors la nature, plus précisément notre nature humaine qu’il faut changer. Ce n’est plus à nous de nous adapter à la nature mais à elle de s’adapter à nous.

                    La nature n’est pas réduite au visible et elle est en constante évolution. On ne contrôlera pas les bactéries ou les virus : on pourra créer de nouvelles espèces en bidouillant les gènes, mais un jour ou l’autre, si l’on veut se soustraire à la sélection naturelle (immortalité, génie génétique contrôlé humainement, ...), alors un simple virus pourra balayer l’humanité toute entière. Vouloir être immortel, c’est vouloir interrompre les adaptations de l’humain à la nature en changement perpétuel (adaptations qui se sont d’ailleurs arrêtées avec la médecine) : c’est fragiliser l’humain et le rendre inadapté à la vie sur terre. Il faudra vivre en environnement stérile sous d’énormes cloches : le moindre trou, et ce sera la mort.

                    Nous sommes passés d’animal à Homme

                    Il faudrait définir animal et homme. Je dirais que dans notre société, bon nombre d’animaux sont déguisés en hommes. Si on doit donner un seul mot pour différentier l’homme de l’animal, c’est « maîtrise » : maîtrise de la matière (sciences, techniques, ....) et surtout maîtrise de soi. La plupart des gens ne sont qu’utilisateur des sciences et techniques (est-ce qu’un singe qui conduit devient un homme ?) et tous nos dirigeants prouvent qu’ils n’ont strictement aucune maîtrise personnelle (des animaux dirigent l’espèce humaine). Maintenant la maîtrise seule peut conduire à la shoah et ne rend pas l’homme meilleur que l’animal au contraire. Si l’on veut que la maîtrise conduise à quelque chose de plus grand que l’animal, il faut « interdire l’obéissance » (= le système pyramidal). On est homme que si on est libre et si on peut agir avec sa propre conscience. Quand on obéit, on est moins qu’un animal, on est un pion.

                    la volonté de la science, c’est de maîtriser. De maîtriser la nature, bien sûr, mais aussi de maîtriser l’humain. Et maîtriser l’humain, c’est le but des transhumanistes.”

                    Le problème, c’est qu’aucun humain ne pourra maîtriser l’ensemble des technologies transhumanistes (voire l’exemple du canif au début de mon post). Donc si certains acceptent de se faire greffer un implant en ne comprenant qu’une infime partie (voire rien du tout) et en faisant surtout confiance, alors c’est la fin de l’homme, de sa liberté et de sa conscience. On aura créé des pions parfaits, qui s’autodétruiront (suicides) en cas de « dysfonctionnement » (le créateur de l’implant n’aura qu’à appuyer sur un bouton). Voir l’épisode « Tuer sans état d’âme », toujours dans la série « Black Mirror », pour comprendre ce qu’un implant (une technologie fermée, privée, ...) peut donner comme manipulation.


                    • O Azard 6 septembre 2018 21:45
                      Vous bilez pas.
                      Vous êtes déjà dépassé.
                      Comme la vie organique se sert de vous comme véhicule, pour prospérer, la vie inorganique vous exploitera jusqu’à ne plus avoir besoin de vous et cela arrivera très, trop vite.

                      Apprenez plutôt à vous débrouiller à l’ancienne sinon le jour où les machines vous aurons éjectés vous serez morts.

                      • Zolko Zolko 6 septembre 2018 21:50
                        Je ne sais pas si il faut en rire ou en pleurer :
                         
                        « Car au concept extrêmement vague et potentiellement arbitraire de dignité humaine, j’oppose tout simplement celui de liberté individuelle [...] L’individualisme serait ainsi l’ennemi à combattre »
                         
                        donc la liberté individuelle est le but ultime, mais il faut combattre l’individualisme ?
                         
                        « de nombreuses personnes sont prêtes à prendre des risques [...] y compris sur leur propre corps. Car il leur appartient [...] La racine étant génétique... »
                         
                        et donc vous allez modifier votre génome puisqu’il vous appartient ? Allez-y qu’on rigole un peu. Ah non, vous voulez modifier le génome d’autres personnes, dont le corps leur appartient à eux et pas à vous.
                         
                        La logique n’est pas votre point fort.

                        • Paul Leleu 7 septembre 2018 00:42

                          @Zolko

                          je crois que l’essentiel dans cet article est la jouissance immédiate et frénétique... peu importe si c’est con, approximatif ou voué à l’échec... ce qui compte c’est l’instant. Ca a sa cohérence... j’ai des périodes comme ça. Mais les réveils sont difficiles... de plus en plus difficile... ça s’appelle l’addiction. 

                          Donc, le fond de l’article importe peu... ce n’est qu’un prétexte pour permettre à l’auteur d’exprimer sa frénésie intérieure, et son désir d’exister narcissiquement. 

                        • cyborg 7 septembre 2018 13:52

                          @Paul Leleu
                          Le bobo narcissique à vomir, le soumis libidineux gôôôcho qui se branle au Supermarché de l’Avoir des multiethniqués, contient en lui-même sa contradiction. L’Être immortel comme Avoir final, qui appelle la totale négation de l’acheteur bobo : par le cyborg, l’Unique narcissique absolu devenu la bête faustienne qui nie le Monde présent.
                           
                          Aussi puis je dire que le gogochon-chimpanzé du futur est déjà l’Avoir mort se mouvant en lui-mêmesmiley
                           
                          « J’ai basé mon existence sur Moi qui n’était Rien, créateur éphémère et périssable qui se consomme lui-même et je pouvais alors dire : Je n’ai fondé ma cause sur rien.
                          Mais avec Moi Immortel, je me pose dorénavant comme la nécessité de ma cause totale. »
                          Max


                        • velosolex velosolex 8 septembre 2018 22:51

                          @Zolko
                          Effectivement, on retrouve une pensée fachiste décomplexée, à l’oeuvre. La dignité ?...Une affaire de vieille barbe à tirer. Parlez moi plutôt de liberté. Celle de donner des coups de pied au cul, et de tirer à la kalash sur le bord des fosses communes....L’arnaque scientifique ,ici présente vieille ficelle servant à légitimer les pires horreurs, a pris le pas sur la religion, mis maintenant dans l’armoire des farces et attrapes, exceptée bien sur le fondamentalisme musulman.

                          L’homme, cette vieille bricole mal foutue, pleine de défauts et de boyaux a vocation à être améliorée. C’est la vision de l’auteur, qui a du lire à l’envers « le meilleur des mondes », et se pose pourtant comme un cerveau. Mary Shelley, du haut de ses 18 ans, avait été extrêmement maline, en écrivant son « Frankenstein »...Cette gamine en plus de l’écriture avait une qualité essentielle : Le doute...Depuis pas mal d’auteurs ont travaillé sur le golem, les monstres androïdes, ne sachant jamais à quel moment la créature leur échappe. Comme dans « l’ile du docteur Moreau de Wells... » Le mieux est l’ennemi du bien", comme le dit l’adage, et les docteur Mabuse et Folamour continuent à développer leur paranoïa et leur délire jusqu’au moment où ils sortent leurs travaux en grandeur nature. Pol Pot et Hitler ont proposé chacune une version de l’homme améliorée, pas encore impactée par la technologie, mais pour ce dernier, certainement par la sélection, et la médecine expérimentale. On sait ce que cela a donné. Actuellement l’humanité est en train de crever, à force d’avoir fait confiance à des technologies non éprouvées dans le temps, ou sans avoir envisagé une seule seconde les conséquences. C’est cet esprit petit, sûr de lui, et nauséabond, très paranoïaque et infatué de ses dogmes, qu’on trouve ici...Comme un jardinier qui ne connait rien au métier, et qui s’apprête à couper les branches des fruitiers....

                        • Christian Labrune Christian Labrune 6 septembre 2018 22:54
                          à l’auteur,

                          Je suis tout à fait d’accord avec votre analyse des possibilités de la science : l’informatique et les nanotechnologies devraient permettre assez rapidement de comprendre finement les mécanismes qui sont à l’oeuvre dans le vivant. Si les cent milliards de neurones qui s’enchevêtrent dans le cerveau en font le plus complexe des objets connus ; cela ne correspond pourtant pas à une limite indépassable et on n’est plus très loin de la singularité technologique prévue par Von Neumann dès les années 50.

                          Là où je ne vous suis guère, c’est lorsque vous imaginez qu’on pourra indéfiniment améliorer l’espèce humaine : la vitesse de transmission de l’information dans les organismes biologiques ne peut pas être comparée à celle qu’on obtient déjà dans les systèmes artificiels existants, et l’intelligence, pour se développer et dépasser ce que peut produire actuellement un cerveau humain devra donc s’affranchir totalement du biologique et de ses limitations, sans même avoir à l’imiter, ce qui est souvent l’erreur des équipes travaillant sur l’IA. Nous sommes déjà dans le transhumanisme, nous ne pourrions plus rien faire et même plus vivre sans les prothèses que sont les ordinateurs ; nous sommes déjà en quelque manière des cyborgs, mais pas plus intelligents pour autant que les Grecs du siècle de Périclès. L’intelligence purement biologique est forcément condamnée à stagner. Celle des systèmes artificiels pourra se complexifier à son gré selon un schéma de progression assez voisin de celui que prévoit une loi de Moore jamais démentie depuis les années 60.

                          Penser l’avenir de l’homme n’a donc aucun sens : les enfants qui naissent actuellement seront probablement les derniers humains, et ils seront à la fin de leur vie dans la même situation que les chimpanzés de nos zoos : animaux fort intelligents, mais pas assez pour qu’on les consulte sur les décisions qui concernent l’organisation du monde. L’avenir, c’est un post-humanisme totalement artificiel dont on ne peut cependant pas dire grand chose parce que, de toute façon, ça nous dépasse complètement.,

                          • Paul Leleu 7 septembre 2018 00:57

                            @Christian Labrune


                            heureusement je n’ai pas d’enfant. Et je serai donc probablement déjà mort à ce moment là. 

                            Moi ce qui m’inquiète dans les projets fascistes de ce genre c’est très égoïstement d’être du mauvais côté de la barrière. Sinon, ça me va. Je suis pas un type bien, juste réaliste sur ma place dans l’ordre social. Alors je suis partant si on m’assure une bonne place dans la société trans-humaniste. En échange de garanties, je veux bien réfléchir. Que propose le trans-humanisme à un type comme moi ? Un « tiens » vaut mieux que deux « tu l’auras ». 

                            Pour le moment, je crains que le trans-humanisme soit un truc pour privilégiés, dont je n’ai aucune raison de me réjouir. Et même certainement des raisons de combattre. Même sans raison de vaincre, les rejetés de la société-nouvelle (estado novo), condamnés à la mort, à la souffrance, à la déchéance et au malheur, auraient toute raison de faire payer chèrement leur peau. (une société sans-morale appelant une vengence sans-morale). 

                            Mais je suis sincèrement curieux de connaitre ma place dans la société trans-humaniste, à laquelle je ne connais rien, vu que c’est pas mon domaine de connaissances. 

                          • Christian Labrune Christian Labrune 7 septembre 2018 12:12
                            Moi ce qui m’inquiète dans les projets fascistes de ce genre
                            ====================================
                            @Paul Leleu

                            Le fascisme est un humanisme atroce et pervers, mais c’est un humanisme. Il veut promouvoir une certaine idée de l’homme et s’y tenir en éliminant quiconque pourrait s’y opposer.

                            Le post-humanisme repose sur un simple constat : l’intelligence de l’homme n’est pas un absolu indépassable. La preuve, c’est qu’il existe des fascismes ! On peut concevoir quelque chose d’infiniment plus complexe et plus conscient qu’un cerveau humain.

                            Les lois de l’évolution se sont appliquées depuis des milliards d’années à la biologie. On est à ce moment charnière où l’intelligence va cesser d’être biologique et où celle de l’homme sera complètement dépassée. Ca ne veut pas dire la disparition de l’homme. Le fasciste, parce qu’il est con, tue tout ce qui s’oppose à son pouvoir, mais je ne vois pas pourquoi un système d’IA forte irait s’amuser à exterminer l’humanité qui l’a créé. Simplement, ça deviendra de moins en moins drôle d’être un homme dans un monde où la direction des choses appartiendra à des machines.

                            Mettez-vous à la place des grands singes d’Afrique : ils ont affaire à deux sortes de créatures qui leur sont supérieures : les chasseurs qui leur sont un peu supérieurs, mais qui sont des cons parfaits (des fascistes si vous voulez) les tuent pour s’amuser. Des scientifiques, en revanche, intellectuellement très supérieurs aux chasseurs, feront tout pour protéger leur environnement et leur permettre de continuer à exister. Ce qui est à craindre, ce n’est pas je ne sais quelle révolte des « robots » décrite par les films de science-fiction des années 50, qui éliminerait l’espèce humaine, c’est le désespoir des hommes qui se prenaient jusque là pour le sommet de l’intelligence et qui seront assez intelligents pour se rendre compte qu’ils ne l’ont jamais été tant que ça.

                            Il faut donc éviter de faire des enfants. Je n’en ai pas plus que vous et c’est une vraie satisfaction.

                          • perlseb 7 septembre 2018 15:10

                            @Christian Labrune

                            Oui, là je suis totalement d’accord avec vous.
                            Les premières machines ont rendu beaucoup d’hommes totalement décadents physiquement, puisque l’effort devenait « inutile ». Il est à peu près certain que l’IA forte rendra beaucoup de monde totalement idiot puisqu’il ne sera plus « utile » d’être intelligent vu à quel point on sera sot.
                            Mais comme pour le physique, il y aura encore des gens pour s’entretenir intellectuellement, de manière totalement gratuite. Car il vaut mieux passer sa vie en étant un peu instruit et en bonne santé, qu’en étant complètement niais avec un corps malade. Même si ça ne paraît pas évident à tout le monde !

                          • zzz999 7 septembre 2018 08:27

                            Pour la science et la technique et en particulier la science et la technique d’exploiter jusqu’au dernier dollar et de tuer son prochain l’homme est très mûr, mais s’agissant de l’éthique, de la réflexion de la conséquence de ses actes, de sa responsabilité dans le monde, l’homme n’est même pas sorti des couches, alors le transhumanisme qu’on nous annonce risque de faire ressembler les régimes dictatoriaux d’antan comme le nazisme à de simples algarades de gamins, alors NON, 3 fois NON !


                            • Nicole Cheverney Nicole Cheverney 7 septembre 2018 10:55

                              @Tom Otium


                              Bonjour,

                              vous dîtes  : « avant toute chose il faut réfléchir ».


                              A quoi ?


                              Discuter :


                              De quoi ?


                              Débattre :


                              Sur qoi ?


                              Beaucoup de gens ont peur du changement :


                              Lequel  ?


                              Commencez d’abord par définir votre questionnement et les raisons sérieuses qui vous poussent à adopter l’idée que l’être humain est susceptible d’être changé, au point d’en faire une robot ou un erzatz d’être humain, mi-homme, mi-machine. Et nous serons prêts à argumenter ensemble. Pour l’instant votre article me laisse la très mauvaise impression que vous venez nous faire un petit bout de propagande, sur le site, pour nous préparer, vous et bien d’autres, à ce que cette propagande s’intensifie pour que le pékin moyen y adhère, fort de l’esprit de soumission qui pourrait animer la population mondiale. Et tout cela avancé, avec des méthodes dialectiques très sophistiquées, en prenant moultes précautions, pour asséner votre « enthousiasme » pour le machin.

                              Le sujet est grave, parce qu’il s’attaque - le transhumanisme - à la nature fondamentale de l’être humain, sa transformation biologique, totale et totalitaire, issue d’esprits particulièrement malsains et suffisamment haineux de la nature intrinsèque de l’Homme. Ces gens-là chercheurs, philosophes, et leurs idiots utiles qui relaient leurs théories « eugénistes » se cachent sous la panoplie pratique du progrès vers le « perfectionnisme » de l’être humain, tout en professant, leur « haine » sous-jacente de l’humanité telle qu’elle se trouve, car faut-il haïr ses semblables pour vouloir à tout prix, le transformer ! Oui, nous connaissons bien la rhétorique des adeptes du transhumanisme qui s’imaginent qu’avec la science et les nouvelles technologies aboutira leur projet mortifère.

                              Comme si, l’être humain n’avait pas assez de force en lui-même pour rejeter le package hideux que nous proposent régulièrement ces malades. Ne vous méprenez pas, le changement et la progression ne s’inscrivent surtout pas dans ce genre de projet, mais tout au contraire dans le COMBAT mené par les plus conscients d’entre-nous pour rejeter aux frontières de l’irrationalité, le transhumanisme, et le bouter définitivement. 


                              N’en doutez jamais, beaucoup d’entre-nous se battent pour refuser tout signe avant-coureur du trans-humanisme, cela commence par le refus massif et totale de la puce RFID qui est bien dans les tuyaux de ces illusionnistes.


                              • hunter hunter 7 septembre 2018 12:51

                                @Nicole Cheverney


                                Parfaitement envoyé Madame, Merci.

                                Je crois qu’il y a dorénavant un certain nombre d’individus qui furent, dans leur jeunesse / Adolescence, intoxiqués par une très mauvaise littérature de Science-Fiction, il faut les laisser à leurs délires-rêves !

                                Leurs facultés mentales de discernement semblent en avoir été un peu affectées....

                                Par contre, il faut qu’ils comprennent que certains ne veulent pas de leur « idéal », et qu’il faut qu’ils renoncent à l’imposer, sinon il y aura conflit, et qu’ils comprennent aussi qu’ils ne sont pas certains de gagner !

                                De toute façon, j’ai de nombreuses fois posé la question à des fanatiques de ce genre : avec quelle source d’énergie alimenterez-vous vos nombreuses prothèses électronico-mécaniques ?

                                Jamais une fois, je n’ai eu de réponses !

                                Soit ils n’en ont pas la moindre idée, soit ils savent bien que la tension sur les énergies primaires (et l’électricité est une énergie SECONDAIRE, si vous faites un trou dans le sol, n’en jaillit aucune différence de potentiel....), soit ils savent qu’ils ne pourront pas mener à bien leur rêve, ou alors juste pour un tout petit nombre......dont la plupart d’entre eux ne feront pas partie.....« pas assez riches »....enfin ils espèrent qu’en récompense de leur prosélytisme, peut-être certains d’entre eux y auront droit..........l’espoir est une force...Et une faiblesse !

                                Et même ce petit nombre, tout augmenté qu’il soit, pourra être ramené à sa place, le jour où les biologiques voudront s’en donner la peine !

                                Laissons-donc l’auteur et ses coreligionnaires de la « Singularité », rêver, rêver, rêver......

                                Sachons juste leur faire comprendre que les limites d’expansion sont posées, et que s’il le faut, il faudra affronter leurs opposants, et que les possibilités d’énergie disponible, ne permettront pas à leur engeance, de créer des machines ou des « Borgs » (cf Star Trek« ), ad vitam aeternam......

                                Pour les problèmes d’énergie et les tensions dans lesquelles nous sommes déjà entrés, l’auteur et sa bande d’affidés, peuvent se référer aux conférences de JM Jancovici, qui même en temps que nucléocrate, n’est pas certain du tout que l’uranium suffira, étant donné que cette source d’énergie est aussi fossile, et non renouvelable !

                                Et comme c’est un polytechnicien maniant pédagogie et graphiques à merveille, je suis sur que cette »caution« pourra les faire réfléchir...si toutefois, ils ne sont pas complètement perdus pour la raison, à force de fanatisme en la »technoscience, le progrès qui progresse, et l’innovation qui innove"

                                Adishatz

                                H/

                              • foufouille foufouille 7 septembre 2018 13:24

                                @hunter

                                c’est impossible actuellement mais pas forcément dans futur. même avec nos fusées merdiques, on peut toujours installer des mines automatique sur la lune. tout dépend aussi de quelle source d’énergie est vraiment réalisable. la centrale au thorium fonctionne comme le surgénérateur russe ou chinois. ensuite pour aller plus loin car la lune ne sera pas inépuisable, il faut un gros moteur que nous avons presque.
                                pour star trek c’est pas non plus possible mais l’astéroïde transformer en vaisseau est faisable.
                                il reste le plus vite que la lumière qui dépend des conditions de ce qui est possible dans un trou noir. si les limites de vitesse sont augmentées, le pvl est possible. il est peut être possible de contrôler la gravité ou la masse également.

                              • hunter hunter 7 septembre 2018 13:40

                                @foufouille


                                D’accord avec toi, mais tout ça est dans l’absolu....pas encore dans le réel !
                                Et quand je vois qu’on est même plus capable de construire une centrale nuke correctement (voir EPR Falmmanville), et tous les ratés à droite à gauche, on voit que le niveau baisse !

                                Les ingés made in 2000, n’ont pas le niveau des ingés made in 1960s !

                                On régresse chaque jour mon pote, et tu le sais...seuls certains fadas croient l’inverse, et les rats des merdias, mais eux, ils sont payés pour intoxiquer, donc ça ne compte pas !

                                Adishatz

                                H/

                              • foufouille foufouille 7 septembre 2018 14:29

                                @hunter
                                je suit un peu les nouvelles technologies : il y a des grandes grottes sur la lune près de la surface et pour construire une imprimante 3d est en projet. tout le monde sauf les ricains veut participer à la future base lunaire.


                              • Nicole Cheverney Nicole Cheverney 7 septembre 2018 16:59
                                @hunter

                                Bonjour, je crois que bien des projets de nature « promothéenne » sont voués à l’échec, car ils vont à l’exact opposé de la nature humaine et de la nature tout court qui est bien plus forte et pérenne que les délires des cinglés qui tirent les ficelles dans le domaine scientifique, technologique, etc.

                                Ces projets vont de pair avec les manipulations des lois naturelles. Sans entrer trop profondément dans le débat, voir la loi du gender. C’est un premier pas. Après viendra le reste. Pour tuer toute une civilisation, et plus globalement l’humanité, ces salauds commencent par imposer leurs règles, leurs lois, mafieuses, en détruisant tout ce qui a pu constituer un peuple, une nation, une civilisation. Et la France, à ce titre est particulièrement touchée et menacée. A nous, Français de résister.

                              • Morologue 7 septembre 2018 11:04

                                Rejet du père, quand tu nous tiens, ça guedine.


                                • symbiosis symbiosis 7 septembre 2018 11:41

                                  Le transhumanisme, c’est faux cul. Je préfère le mouvement extropien, techno-fascite qui est une inversion de vocabulaire tout aussi mortifère que la notion d’entropie. L’extropien dit dans le sens du terme employé qu’il est voué à un étouffement de son concept, car s’il annonce la notion d’ouverture à l’air libre, dirais-je, il n’en reste pas moins un paradigme voué à l’auto étouffement, au même titre que l’entropie elle même.
                                  je ne me fais donc aucun soucis pour les divagations candides et immatures de l’auteur, car c’est toujours la nature qui a le dernier mot, où même l’urbanisme antique mégalomaniaque et totalitaire, précurseur des délires extropiens est ridiculement mangé par la végétation et devient lieu de visites dominicales ou estivales. L’extropien, le transhumaniste se retrouvera de la même manière dans les musées dans des fioles au formol.


                                  • alinea alinea 7 septembre 2018 12:47
                                    « La nature se charge de faire le tri » !!
                                    mais ça, c’est l’humain qui l’interprète et le nomme ; la nature ne fait rien de tout ça.
                                    Le piège de la science de faire croire que l’Homme est tout puissant fonctionne à merveille à ce que je vois ! Toutes les richesses les bonheurs qui se perdent, on ne le remarque pas, c’est plus simple à « gérer » !!
                                    « Les plus adaptés c’est nous » !!
                                    Ah bon ? Parce que tout détruire pour satisfaire ses pathologies, selon vous c’est être adaptés ? Ben non, c’est exactement le contraire, et c’est bien pour ça que l’humanité s’autodétruit.
                                    « Des spécialistes considèrent que la Vie n’est qu’une nanomachine.. ; » ; ils considèrent bien ce qu’ils veulent ces braves gens mais leur ignorance est si crasse que leurs tocades ne vont pas durer très longtemps.
                                    Nous aurions eu besoin de plus d’humilité surtout pour ne pas avoir aujourd’hui de surpopulation, de réchauffement climatique et de je ne sais quoi...
                                    Vous avouez donc que ce monde où l’on débloque ( certains débloquent, une minorité il faut le noter) avec comme résultat un maximum de conneries (logique connue depuis des millénaires mais ignorée des gros malins) nécessite plus de cerveau pour trouver des remèdes aux conneries.
                                    Vous considérez en plus qu’un gars pas très intelligent n’a aucun bonne raison de vivre, ou plutôt les gros malins n’ont aucune bonne raison de le laisser vivre ! En plus vous vous trompez sur la source d’intelligence, celle-ci n’est pas une matière grise donnée au départ !!
                                    Qui a un destin commun ? Et qui est donc le juge ? Quelles sont les classes et les espèces moyennes ? Qui est le juge ?
                                    Quels sont ces miracles qui ont changé la vie de millions de gens ; la seule chose que je vois, c’est l’hygiène, l’hygiène a été « réinventée » et n’est pas scientifique, car elle avait été oubliée, de plus la concentration d’une espèce est fatale ; mais ça se sait depuis toujours !
                                    Bon, je pense que je vais pouvoir poser mon diagnostique, vous êtes extrêmement sclérosé et la route que vous empruntez me paraît si étroite que je me demande pourquoi elle vous excite tant ! Vous vous rendez bien compte que vous êtes fermé, à tout semble-t-il, et c’est bien logique que vous soyez entraîné par la force de ce courant contraint !
                                    Allez, bon voyage sur Mars !!

                                    • velosolex velosolex 8 septembre 2018 23:03

                                      @alinea
                                       « Des spécialistes considèrent que la Vie n’est qu’une nanomachine.. »


                                      L’esprit du texte est dans ce sophisme. Le mot « spécialiste » est là pour nous mettre au garde à vous. Une bonne manipulation...Mais Croz Marie, l’escroc de la l’arc, se gargarisait dans sa blouse blanche du mot de « spécialiste »...

                                      Quant à leur illumination conséquente : Nous ne serions qu’une nanomachine ;.....Je sens que je vais péter un fusille, couler une bielle, griller un circuit....

                                      Descartes avait déjà eu sa géniale intuition « d’animal machine » qui a mine de rien amené le mépris et la déculpabilisation au sujet de nos frères les animaux, invitant le quidam moyen à botter et à torturer les animaux sans culpabilisation, puisqu’ils ne pouvaient rien ressentir, en tant que machines, obéissant à des réflexes. 

                                      J’en viens à me demander si un gars pourvu de si peu d’émotions n’est pas un peu débile et n’est pas un poids pour les autres sur cette pauvre terre. L’euthanasie ne serait elle pas une solution ?

                                    • zygzornifle zygzornifle 7 septembre 2018 12:51

                                      l’Humanité est transpirée ....


                                      • Sébastien A. 7 septembre 2018 13:43
                                        Le transhumanisme est un projet de maîtrise totale du monde et de l’humain. Or une telle maîtrise n’est possible qu’en remplaçant la naissance par la fabrication, la vie par le fonctionnement, le naturel par l’artifice, le vivant par la machine – en détruisant notre humanité. C’est un anthropocide que fomentent les ennemis de l’humain, au nom de leur volonté de toute-puissance.
                                        Pièces et main d’oeuvre


                                        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 7 septembre 2018 13:55

                                          @Sébastien A.

                                          Les chimpanzés du futur...


                                        • Sébastien A. 7 septembre 2018 14:06

                                          @Aita Pea Pea
                                          Exactement


                                        • Sébastien A. 7 septembre 2018 14:05
                                          Grâce à l’intelligence artificielle et à la technoscience en général, nous pourrions devenir plus intelligents, plus altruistes, plus civilisés.

                                          Croire que des implants neuronaux vont transformer un Tom Otium (ou du moins l’humain qui se cache derrière ce pseudonyme) en Platon agissant comme Saint-Thomas d’Aquin avec la culture d’Erasme, c’est se mettre le doigt cybernétique dans l’implant oculaire.

                                          La seule fonction du transhumanisme est de détruire l’humanité pour faire place à l’inhumain, ou au post-humain, au surhomme Nietzschéen. C’est un projet délirant d’eugénisme, de sélection naturelle, et de transformation pour nous conduire vers un monde-machine peuplé d’hommes machines. Si nous nous engageons dans cette voie, nous ne serons plus des humains libres et pensant, vacant à leur occupation et se demandant d’où vient le vent ; mais des mammifères « augmentés » dotées d’exo-squelettes et dopées aux implants, et nous n’aurons plus le choix que de nous plier à la volonté de fer des algorithmes.

                                          Nous serons réduits à l’état d’anthropoïdes programmées vers toujours plus d’efficacité dans un monde commandé par des machines. Bref tout le contraire de l’Otium mon cher Tom. 

                                          Sébastien A.

                                          • cyborg 7 septembre 2018 14:12

                                            LA CIVILISATION CLOSE DES IMMORTELS
                                             
                                            G.Lukacs (le marxiste) et Feric Jaggar
                                             
                                            Le monde des Immortels ne saurait être que clos et parfait. Même si au-delà du cercle que les constellations du sens présent tracent autour d’un cosmos immédiatement vécu et destiné à recevoir forme, on présent l’existence de puissances menaçantes et incompréhensibles, elles restent impuissantes à le priver de sens. Capables de détruire la vie, comme la super nova, elles ne sauraient attenter à l’être ; elles peuvent jeter des ombres sinistres sur le monde qui a reçu forme, mais ces ombres elles-mêmes entrent dans le système des formes à titre de contraste qui les font mieux ressortir. Le cercle métaphysique à l’intérieur duquel vivent les cyborgs est infiniment plus étroit que le vôtre, le supermarché des gogochons ; c’est pourquoi vous ne sauriez jamais y trouver votre place ; où mieux, ce cercle dont la finitude constitue l’essence transcendantale de leur vie immortelle, vous l’avons brisé ; dans ce monde clos nous ne pourrions plus vous branler. Vous avons découvert que l’esprit est libidineux ; et c’est pourquoi, pour vous, les archétypes des cyborgs n’ont aucune évidence objective, et votre pensée suit le chemin infininiement crétin de l’approximation toujours inachevée pour la branlette.
                                             
                                            La réelle liberté du cyborg est la puissance de sa Cité.
                                            Car sa liberté individuelle se sentira toujours complète, se voyant solidaire par nécessité de lutte contre les hordes d’animaux gogochons, et ceci en pleine conscience. Le cyborg n’est pas un être génétiquement « social ». Il est un Unique Immortel qui, de part sa force, aspire plutôt à se séparer. Ce qui ne peut donc qu’exister pour lui sont les formes particulières de la nécessité du conatus cyborgien, l’effort de persévérer dans son Être, de déployer sa force et atteindre une plus grande plénitude du sentiment de sa puissance. De la répartition dans son peuple des connaissances pour cette puissance, et de son organicisme indispensable, naît l’Ordre, la communauté des Uniques dans l’Idée, sans doute aucun.
                                            Mais cette fusion des âmes est démultipliée par le réseau, les consciences connectées, formant un psychisme titanesque animé d’une vie propre. Un Esprit Unique au dessus des Uniques. Les cyborgs l’appellent Prométhée. Alors un acte antisocial devient un sacrilège, une enfreinte aux tabous du Peuple, inconcevable et impossible. Les cyborgs sont des statues d’aciers, en symbiose primitive avec leur Nomos étoilé, rien ne peut les faire bouger de la Volonté essentielle. Les cyborg n’ont pas de police, pas d’état, pas de névrosé, car ils sont dans une unité parfaite, qu’ils appellent la Phalange. Ils n’ont pas d’envieux, pas de jaloux, pas de voleurs, car ils sont tous différents dans le Même, et quand ils jouent aux dés, dans leurs vaisseaux d’acier, c’est avec une monnaie de fer sans valeur, qu’ils appellent, les « gogochons ».
                                             
                                             smiley


                                            • Ruut Ruut 7 septembre 2018 15:24
                                              L’Idiotie Automatisé (IA) n’est pas vraiment souhaitable.
                                              A l’inverse, la PDDA (Prise De Décision Automatique), elle est utile.
                                              Ne demande pas a ton Marteau (outil) de réfléchir (IA), mais si il peut ne jamais manquer sa vis via la PDDA, c’est un mieux.

                                              Surtout vue la perte de professionnalisme actuellement présente dans les technologies IT.


                                              • hunter hunter 7 septembre 2018 15:38

                                                @Ruut


                                                Euh désolé camarade, mais un marteau c’est pour les clous, pas les vis !

                                                Pour les vis, c’est un tournevis !

                                                Putain, y’en a beaucoup qui ne doivent jamais faire quoi que ce soit de leurs mains ici, à part taper sur un clavier....

                                                allez d’ailleurs, j’ai du bois à faire....

                                                Adishatz

                                                H/

                                              • Djam Djam 7 septembre 2018 16:00
                                                @ Tom Otium

                                                "C’est-à-dire une société fortement technoscientifique, clairement capitaliste, souvent individualiste mais, et c’est tout l’enjeu, profondément démocratique« .

                                                C’est vous qui avez écrit ça ?
                                                Pendant combien de temps encore va-t-on nous gaver avec cette fumisterie de »démocratie" qui n’a jamais été qu’une forme de dictature molle, encore plus dictatoriale d’ailleurs depuis le 11/9 chez les yankees ???



                                                • Hervé Hum Hervé Hum 7 septembre 2018 17:50
                                                  Il y a d’un coté les benêts, la grande majorité des gens, qui croient stupidement qu’une machine peut devenir l’égal de l’humain en terme de conscience de soi, qu’elle peut même prendre sa place et il y a les autres, une minorité, qui savent que par définition, la machine, aussi sophistique soit elle comme l’IA, ne peut avoir d’autres fonctions que de servir ses utilisateurs (qui sont rarement ses concepteurs, mais ceux qui les utilisent). Si l’utilisateur est de bonne intention, la machine aura de bonnes intentions, sinon, elle aura de mauvaises intentions. C’est ce qu’on appelle une programmation et excepté donc les benêts, personne ne va programmer une machine pour lui désobéir !

                                                  Autrement dit, il y a ceux qui voient leur prochain comme un serviteur ou une machine, c’est pareil et donc, voient surtout dans la technologie la possibilité de s’affranchir des « bugs » des machines humaines, seules capables de les menacer et les benêts comme l’auteur de l’article, qui croit que ces gens là voient ceux qu’ils considèrent comme leurs serviteurs comme leurs semblables.

                                                  Car le benêt oubli que pour faire d’un être humain un esclave, qu’il soit salarié ou non importe peu, il faut d’abord lui ôter sa liberté, son statut de semblable, pour le mettre au niveau d’un animal domestique et d’une machine. Et donc, que si la machine a les mêmes capacités de travail que l’humain, il choisit logiquement de remplacer l ’humain par la machine. Car ce qu’oubli le benêt, c’est que dans le système actuel qu’il vénère, seuls les propriétaires de l’économie, donc, de l’outil de production, de la monnaie (temps de vie des êtres) et de l’immobilier, ont des droits supérieurs, les autres capitalisant surtout les devoirs et donc, seuls ceux qui ont les devoirs peuvent êtres éliminés pour cause d’obsolescence. Mais si jeter à la poubelle une machine ne pose aucun problème, c’est un peu plus difficile avec un être humain et donc, oblige à utiliser d’autres moyens que simplement jeter l’objet devenu inutile. Le mieux étant de les faire se jeter mutuellement à la poubelle et les restes de servir de fertilisant naturel !

                                                  Maintenant, si l’auteur fait partie de ces gens qui se considèrent faisant partie d’une race supérieure, alors je comprend son article, dans le cas contraire, il joue à super benêt !

                                                  • Ecométa Ecométa 7 septembre 2018 18:35

                                                    « Je m’intéresse à divers sujets de société, ainsi qu’aux tensions entre technologie, biologie et psychologie. Cela part souvent de sujets d’actualité que j’essaie d’analyser en profondeur afin de comprendre le malaise actuel de l’occident. J’écris donc des articles, je fais également des vidéos, mais ce que je préfère c’est faire preuve d’esprit de synthèse (...) »

                                                    Et la philosophie dans tout cela ? Le pourquoi qui donne sens et pas uniquement le seul comment vide de sens !

                                                    Le vrai et seul grand principe, ce n’est pas l’humanisme mais l’Humanité ; ainsi la vraie mesure de l’homme ne doit pas être sa technicité ou sa scientificité, cet humanisme actionniste, matérialiste, moderniste, qui prône un progrès à tout prix et à n’importe quel prix : cette ultime valeur ne peut être que son « Humanité » ; Et que dire du transhumanisme ?

                                                    C’est simple, on pourrait même dire simpliste, mais pour notre époque moderne au modernisme, celle du changement pour le changement, véritable paroxysme de modernité et plus simple modernité, la science est devenue générique de savoir et du « SAVOIR » et, il n’y aurait plus de « Savoir » comme d’ailleurs de « valeurs », même de « PRINCIPES », que de nature scientifique et technique… c’est ce qu’on appelle l’humanisme qui nous envoie droit vers le transhumanisme et la fin du principe d’humanité et donc de l’Humanité ! Au diable l’Ontologie, la Déontologie, l’Ethique et l’Altérité : tous ces acquits intellectuels humains ! Renvoyée, aux calendes grecques et aux oubliettes de l’histoire, la « métaphysique », cette « épistémologie » première philosophie et première interrogation sensée qui sortait l’humain de l’état de pure croyance religieuse.

                                                    Une question se pose : sommes-nous plus « intelligents » avec notre pléthore de savoirs technoscientifiques ? Non, il semblerait que non ; il semblerait même que nous soyons toujours au fond de la caverne avec les ombres qui s’agitent car toujours aussi ignorant de la « Nature », comme des « états de nature » qui ont émergés, dont la nature humaine : nous sommes de plus en plus ignorant de l’humain et du principe d’humanité !

                                                    Il ne s’agit pas d’être contre la science et la technique, qui sont utiles et nécessaires à l’humain et à l’Humanité, mais de les civiliser, non pas exclusivement en termes d’un rationalisme humaniste voué à un technoscientisme dogmatique, mais en fonction du « principe d’humanité » : des concepts d’Ontologie, de Déontologie, d’Éthique et d’Altérité !
                                                    Savoir pour quoi faire ?

                                                    Pour réellement bien comprendre, en termes d’entendement, de bonne intelligence, de « bon sens », de sens commun accessible et acceptable à tout un chacun ; ou en termes de « dogmatisme » , technoscientiste, religieux… afin de mieux tout manipuler ?


                                                    • Ecométa Ecométa 7 septembre 2018 19:02

                                                      Comme le signal @Sébastien A. vous avez, avec l’otium, un vrai problème, à croire que vous ne vous êtes pas assez souvent placé dans cet état de réflexion !

                                                      Dans l’otium il y a une discipline comprise comme technique de soi donnant accès à ce qui n’a pas de prix : c’est celle du sportif qui s’entraîne régulièrement, celle du moine qui respecte la liturgie, celle de celui qui écrit quotidiennement ses pensées. Ce que Foucault nomme « l’écriture de soi » relève typiquement de l’otium. Si l’otium est une pratique solitaire, elle est toujours socialement destinée et constituée.

                                                      Les pratiques de l’otium tendent aujourd’hui à être intégralement court-circuitées par les industries de services et soumises aux contraintes du marché : elles se voient diluées et finalement confondues avec le négotium – par exemple comme savoirs académiques totalement soumis aux contraintes rationalo économico technoscientistes.


                                                      • osiris 7 septembre 2018 21:43

                                                        Mr Tom Otium , je suis aussi pour le transhumanisme comme d’ailleurs tout évolutionniste naturaliste darwinnien ,le passage du minéral au végétal ,du végétal à l’animal ,de l’animal à l’humain ,mais j’ai l’ l’impression que je n’ai pas tout fait la même conception du transhumanisme que la votre purement technicienne et qui réduit l’homme à une machine ,à un cyborg lequel n’est pas supérieur à l’humain mais inférieur à l’humain , le transhumanisme transcendantal ne s’arrête pas à l’humain mais le dépasse d et le fait progreser de la nature humaine à la nature angeline  puis de  l’angelin au divin etc....,c’est une évolution historique transhumaniste d’ordre transcendantal qui se fait naturellement ,la science et la technique serve cette évolution naturalo- transcendantale ,la techno-science est aussi un ordre naturel de l’humain .


                                                         par conséquent l’homme futur transhumaniste n’oppose pas le biologique et le machinal ,ce n’est pas un cyborg , mais un homme-ange qui a toute les qualités biologiques d’un humain mais en plus grande perfection jusqu’à le doter d’une nature angeline et des capacités du niveau de perfection angeline ,et cela grâce à un saut sans précédent du niveau de la connaissance scientifique et des lois mathématiques de l’univers ;le cyborg ne sera qu’un aide ,un serviteur d e l’homme pour faire passer de l’homme-singe qu’on est aujourd’hui à l’homme-ange du futur.


                                                         Vous avez fait la même erreur que les intellectuels des années 1960 qui pensaient que l’homme futur n’aura qu’une grosse tête avec des jambes et des bras tout à fait diminués ,or il n’en est rien ,malgré les voitures et les avions pour se déplacer ,les bras et les jambes des hommes n’ont jamais été aussi grands et puissants ,de même le biologique du futur ne sera pas diminué mais augmenté.

                                                        • gaijin gaijin 8 septembre 2018 09:02
                                                          ben ou qu’il est tom otium ?
                                                          aurait t’il réalisé que se connecter avec des non machines est trop complexe pour lui ?

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