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Accueil du site > Tribune Libre > L’imbroglio de la protection de l’enfance

L’imbroglio de la protection de l’enfance

En France, depuis 1984, l'Aide Sociale à l'Enfance est gérée et financée par les départements. 101 départements et donc 101 ASE différentes.

Dans l'imaginaire collectif, les enfants protégés sont des victimes de maltraitance, d'abus sexuels, de négligence...bref de mauvais parents à livrer à la potence (ou plutôt à mettre en prison) et si, malheureusement, de tels abus existent et que certains parents se sont livrés à des activités criminelles et - disons le- monstrueuses, sur leurs propres enfants, ils sont une minorité.
Minorité qui, comme souvent, jete le discrédit sur les autres parents qui, pour une raison ou un autre, voient un jour les services de protection de l'enfance entrer dans leur quotidien.

Sur les 290 000 enfants faisant l'objet d'une ou plusieurs mesures de protection fin 2014 en France, la moitié est accueillie en dehors du domicile parental, que ce soit en MECS (maison d'enfant à caractère sociale), en famille d'accueil, en pouponnière, dans des villages SOS ou autre...
L'autre moitié reste à domicile, avec des mesures d'accompagnement de la famille, type AEMO (Action éducative en milieu ouvert) ou AED (action éducative à domicile).

Le parcours commence invariablement par des informations préoccupantes, émises par l’éducation nationale, par des professionnels de santé ou par des particuliers.
Fait peu connu, lorsque qu'une information préoccupante (I.P. dans le jargon) arrive dans le service du département chargé de les collecter, celle-ci n'est pas vérifiée et peut être conservée durant des mois sans que rien ne se passe, la famille concernée n'est d'ailleurs pas forcément informée (sauf si l'auteur de l'I.P. le dit à la famille).
Ce qui veut dire que, concrètement, nous avons tous l’obligation de dénoncer des actes de maltraitances ou de négligences commis sur des enfants mais, rien n’oblige à fournir la preuve de ce que nous dénonçons et, même si ces faits sont avérés, en l'absence d'autres alertes, l'enfant restera au sein d'une famille dysfonctionnelle.

Ce qui explique en partie les affaires qui peuvent régulièrement apparaitre dans les médias sur ces enfants non protégés par l'ASE.

Dans le même temps, certains parents se retrouvent pris dans les filets de l'ASE à cause de dénonciations calomnieuses (en cas de divorce notamment mais aussi par des connaissances ou des voisins mus par un esprit de vengeance) et, comme les services du département n'enquêtent pas préalablement, des enfants sont arrachés à leur famille par respect du principe de précaution mais au détriment de la présomption d'innocence.
De l'aveu même de Pierre Naves, inspecteur générale de l'action sociale, la moitié des placements ne sont pas justifiés.
Les enquêtes sont confiées aux forces de l'ordre et sont généralement assez longues, les policiers et gendarmes en sous-effectif chronique, sont débordés et les procureurs ne sont guère plus disponible.

Pendant ce temps, dénonciations calomnieuses ou pas, les enfants sont "placés" selon le jargon judiciaire et ce sont aux départements de mettre en oeuvre les mesures de protections. 
Les départements ne sont pas égaux entre eux, tant en terme politique qu'en terme de moyens financiers ou humains et c'est là que commence la loterie pour les enfants. 
S'ils ont de la chance, le département leur assurera argent de poche, vêture, vacances et des moyens humains (famille d'accueil, assistants sociaux, éducateur, psychologue). 
Si, malheureusement, le département est défavorisé, les sommes disponibles seront moins importantes et les élus devront faire des choix difficiles.

Les parents, bien souvent, se voient disqualifiés, infantilisés, voir mis au ban. Officiellement, la finalité d'un placement, c'est un retour définitif au domicile familial. Officiellement encore, les parents conservent l'autorité parentale sauf que, bien souvent, c'est une autorité de façade qui obligent juste les services sociaux à demander aux parents de signer les documents et, si les parents ne le font pas, à saisir le juge des enfants pour avoir l'autorisation de le faire eux même.
Les lieux de scolarité sont généralement changés et les parents n'ont pas réellement la possibilité de choisir un établissement eux-même.
Pour la santé, les enfants placés bénéficient d'office de la CMU (même si les parents ont une mutuelle) et ne sont plus considérés comme ayant-droits de leurs parents au niveau de la sécurité sociale, ce qui a pour effet que les parents n'ont plus de visibilité sur les soins médicaux apportés.

Officiellement, tout doit être mis en oeuvre pour maintenir et renforcer le lien Enfant/Parent, en organisant des visites médiatisées dans un lieu neutre au départ. Les visites médiatisées ont lieu en présence d'un travailleur social, généralement en semaine, les services sociaux des départements ne travaillant pas le week-end, et contrairement à l'impression collective, nombre des parents concernés travaillent, ce qui bloque considérablement l'organisation de ces visites et, par conséquent, le maintien du lien.

A coté de ça, des enfants sont visiblement abandonnés par leurs parents et, au nom de l'obligation du maintien du lien, se retrouvent placés jusqu'à leur majorité sans espoir d'un retour et, pire encore, sans possibilité d'être adopté par des parents aimants. Le graphique ci dessous montrent l'évolution du nombre de pupilles de l'Etat :

Et après leur majorité ? Officiellement, ils peuvent bénéficier d'un contrat Jeune Majeur qui leur permettra d'être accompagnés jusqu'à 21 ans. Réellement, les fonds disponibles pour ces jeunes vont en s'amenuisant et au moins 1 jeune sur 4 sorti de l'ASE est SDF.

Sources : https://www.onpe.gouv.fr/chiffres-cles-en-protection-lenfance#Estimation

https://www.dailymotion.com/video/xnch2j

https://www.lien-social.com/Quel-avenir-pour-le-contrat-jeune-majeur

Livre : Enfants en souffrance...la honte : Le livre noir de la protection de l'enfance de Bernard Laine (Auteur), Alexandra Riguet (Auteur)
     Dans l'enfer des foyers de Lyes Louffok

* Cet article ne mentionne pas les mineurs isolés étrangers ou ceux suivis par la PJJ (protection judiciaire de la jeunesse), non par désintérêt mais parce qu'ils feront l'objet d'articles ultérieurs.


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11 réactions à cet article    


  • Taverne Taverne 22 mars 2018 16:08

    Je n’ai pas compris la phrase qui se termine ainsi : « ...même si ces faits sont avérés, en l’absence d’autres alertes, l’enfant restera au sein d’une famille dysfonctionnelle. » Quand les faits sont avérés, une mesure éducative (prévention ou placement) est prise. Par ailleurs, vous dites plus loin « De l’aveu même de Pierre Naves, inspecteur générale de l’action sociale, la moitié des placements ne sont pas justifiés. »

    Il y a comme une contradiction : les signalements justifiés n’aboutiraient pas à des placements mais il y aurait trop de placements non justifiés ?


    • celianna celianna 22 mars 2018 22:40
      @Taverne
      La contradiction existe au sein de l’ASE. Dans les faits, nombre d’enfants devraient être placés mais ne le sont pas, pour des raisons multiples : manque de places dans les foyers ou dans les familles d’accueil, parents qui font profil bas ou très bonne figure devant les services sociaux, qui déménagent dans un autre département...
      Les placements injustifiés, c’est surtout des placements où aucune autre solution préventive n’a été proposée au préalable, en théorie, les services sociaux ont un panel de mesure avant le placement qui est censé être un dernier recours. 
      Les affaires qui défraient la chronique (Fiona par exemple smiley ), souvent la famille est suivie par les services sociaux (certainement en AEMO) et on leur reproche généralement d’avoir laissé faire.

    • Giordano Bruno 22 mars 2018 16:24

      Vous écrivez : Dans le même temps, certains parents se retrouvent pris dans les filets de l’ASE à cause de dénonciations calomnieuses (en cas de divorce notamment mais aussi par des connaissances ou des voisins mus par un esprit de vengeance) et, comme les services du département n’enquêtent pas préalablement, des enfants sont arrachés à leur famille par respect du principe de précaution mais au détriment de la présomption d’innocence.

      De quel principe de précaution parlez-vous ? Vous montrez au contraire qu’aucune précaution n’est prise. On fait courir un grand risque à une famille. Il serait indispensable d’établir les faits avant pour éviter ces dégâts, sur les enfants d’abord, mais aussi sur le reste de la famille. La précaution fait ici cruellement défaut.


      • Taverne Taverne 22 mars 2018 16:42

        @Giordano Bruno

        Bonne question.
        Le principe de précaution est un principe constitutionnel depuis 2004. Mais il n’a rien à voir du tout avec la protection de l’enfance sauf à lui donner une interprétation très extensive. 


      • celianna celianna 22 mars 2018 22:54
        @Giordano Bruno
        Le terme « principe de précaution » n’apparait effectivement pas dans les textes, c’est une façon de parler au sein des services sociaux, ce qui apparaît c’est « Enfant en danger ou en risque de danger ».
        Alors oui, la logique veut qu’on enquête au préalable mais, s’il y a un enfant en risque de danger devant vous, que faites vous ? Vous attendez au risque de voir surgir une nouvelle affaire ou vous intervenez au risque de détruire une famille ? Sans oublier qu’il y a aussi votre poste en jeu, moins pour les travailleurs sociaux fonctionnaires mais il y a des contractuels, un certain nombre travaillent dans des associations aussi.
        Les services sociaux ont tout ça en tête, ils sont aussi des êtres humains et, par conséquent, peuvent aussi avoir des jugements hâtifs mais, au passage, ils sauvent quand même des enfants réellement en danger tout de même)

      • Cadoudal Cadoudal 22 mars 2018 16:31

        « Ma petite entreprise, connait pas la crise.. »

        En Allemagne il ont fixé la limite d’age à 35 ans...

        http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2018/03/22/97001-20180322FILWWW00087-allemagne-un-demandeur-d-asile-condamne-a-perpetuite-pour-meurtre.php

        Comme Clémentine Autain je trouve ça un peu discriminant pour les quadragénaires, si on pouvait repousser cette limite à 50 ans, ça permettrait l’embauche de 15 millions de fonctionnaires neuneus supplémentaires...


        • Cadoudal Cadoudal 22 mars 2018 16:44

          @Cadoudal
          Le Morbihan est un département très riche, demandez à Pemile, l’ASE à racheté les anciens locaux de l’ASSEDIC et de l’ANPE, les bureaux restent éclairés toute la nuit, le chauffage à fond avec les fenêtres ouvertes et le parc automobile a été renouvelé entièrement...

          Ils auraient découvert un trésor caché dans un puits sans fonds que ça m’étonnerait pas...


        • celianna celianna 22 mars 2018 22:55

          @Cadoudal
          Le puits sans fond, c’est l’argent de nos impôts ! 


        • Cadoudal Cadoudal 22 mars 2018 23:16

          @celianna
          Et donc, on continue à creuser avec les résultats que l’on connait ou on rouvre le bagne de Belle Ile ?

          L’ASE c’est une vraie mafia gauchiste servant à caser les bras cassés qui sortent tous les ans des facs de psychosociomonculsurlacommode.

          http://www.fdesouche.com/974091-le-racisme-anti-blanc-saffiche-a-luniversite-paris-8

          « Un rapport sénatorial de juin 2017 indique que les 2/3 de ceux qui se prétendent “mineurs isolés étrangers” sont en fait des majeurs. C’est une véritable fraude qui coûte une fortune au contribuable, 1Md€ en 2016, 2Mds€ en 2017, nous sommes face à un véritable scandale financier (…) La plupart de ces gens doivent être expulsés. Ils sont rentrés clandestinement en France, ils n’ont pas à toucher des avantages sociaux supérieurs à des millions de Français. Je pense par exemple à nos éleveurs bretons qui gagnent 3 fois moins, 4 fois moins, 5 fois moins, que ces immigrés clandestins que l’on gave tous les jours sur le dos des contribuables. »
          http://www.fdesouche.com/973789-gilles-pennelle-un-rapport-senatorial-indique-que-les-2-3-des-mineurs-isoles-etrangers-sont-en-fait-des-majeurs


        • Cateaufoncel 22 mars 2018 23:26

          @Cadoudal

          « Un rapport sénatorial de juin 2017 indique que les 2/3 de ceux qui se prétendent “mineurs isolés étrangers” sont en fait des majeurs. »

          Et si ça se trouve, ils ne sont pas isolés non plus.

          Les assoces leur expliquent comment il faut s’y prendre pour truander ces couillons de Français, qui tremblent rien qu’à l’idée de se faire traiter de racistes


        • Aethelred 23 mars 2018 00:42

          L’ASE, cette machine à promouvoir des cadres « embedded » qui vont servir loyalement la matrice. Certains y font de fulgurantes carrières... Ce n’est pas généralement synonyme de pratiques claires et transparentes. 


          Il faut bien nourrir les associations multiples et variées dont le fond de commerce est de toujours critiquer sur le dos des Français... si tout allait bien, ces gens-là ne seraient plus un lobby efficace (à mettre en parallèle avec des gens comme Chantal Perrichon et la sécurité routière : si la situation venait à se tasser, l’Etat n’aurait plus de prétexte à renforcer le dispositif législatif, et donc à mettre de nouveaux radars, gagner de l’argent, enrichir les entreprises, etc... Il faut donc que tout aille toujours mal.).

          Donc les gens de l’ASE n’ont aucun intérêt à faire diminuer les dénonciations calomnieuses et infondées qui détruisent des familles entières, cela fait vivre le système. 

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