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Accueil du site > Tribune Libre > L’immeuble de Mme Michou

L’immeuble de Mme Michou

 

 Au rez-de-chaussée, dans l’immense hall marbré de cet immeuble haussmannien du 16e arrondissement de la capitale avenue Foch, la loge de madame Michou, concierge de son état, fait figure de placard vitré près de l’ascenseur en fer forgé.

 Au premier étage, palier de gauche, s'épanouit Sandra Végane frustrée et DRH pour une grande multi nationale française qui délocalise à tour de bras. Elle milite pour la cause animale tout en foutant en l’air la vie d’un chihuahua qu’elle a affublé du patronyme ridicule de Gaston et qu’elle gave avec des boites de conserve pas chères de chez LIDL. Gaston étant enfermé toute la journée dans le trois pièces de l’extrémiste alimentaire, pise régulièrement sur la moquette et fait partager son mécontentement solitaire aux résidants par des aboiements crispants à horaires fixes et continus qui ne cessent qu’au retour de la reine du licenciement, la fabrique à chômage...

 L’appartement de droite, je parle évidement du palier du même étage, il y a Monique la trentaine bien marquée par les sorties nocturnes arrosées au whisky vodka. S'il vous plait, Madame est Présidente assidue d’un club MLF ou la détestation du mâle est l’occupation centrale et principale. Militante acharnée du lobby LGBT, elle se rêve Femen mais complexe sur son manque d’attribut mammaire ce qui l'a rend légèrement hargneuse. Cependant, cela ne l’empêche pas de s’envoyer en l’air avec des Messieurs de passage qui éteignent, avec leur détestable appendice masculin, le feu au c... de Madame. Elle est un rien nymphomane et pas à une contradiction près la féministe...

 Au second niveau porte droite, un couple de professeurs écolos sévissant à la Sorbonne, font la promo du manger et vivre bio tout en menant une terrible et courageuse guerre verbale aux OGM et autres produits transgéniques. Les vélos dans le couloir donnent une touche verte qui a tout de même un peu de mal à faire oublier le 4x4 diesel Audi Q7 de 326 chevaux acheté récemment qui, d’après leur justification, est bien pratique pour charger les courses au supermarché. Anti nucléaires convaincus malgré le tout électrique qui alimente la totalité des gadgets qu’ils possèdent et qu’ils n’hésitent pas à se procurer dés leurs sorties publicitaires. Ils trient leurs innombrables déchets de consommateurs compulsifs dans de jolies poubelles de couleurs dont ils se foutent éperdument de l’avenir du contenu qui les alimente.

 Même niveau porte gauche, le jeune cadre sup de la finance, le trader en herbe à qui papa à offert l’appartement de 130 m² afin qu’il y organise ses soirées partouzes en snifant la meilleure coke de Paris. La semaine précédente, lors d’un repas entre collègues de même caste et après l'inclusion immodéré d'une demi douzaine de bouteille " Château Margaux 2009 ", il s’étonnait du nombre de fainéants qui profitaient du chômage oubliant de faire le lien avec sa dernière spéculation boursière qui a fait fermer trois usines et mis à la porte 450 personnes. Mais bon, c’est son job et il n’y est pour rien si les gens ne veulent pas s’adapter et s’ils ne sont pas mobiles, c'est pourtant jolie la Roumanie. La terre est un village, quand même, merde  ! Grâce au bonus de fin d’année, il a pu changer sa porche par un modèle supérieur.

 Troisième étage, un couple de sympathiques retraités qui ayant placé une majorité de ses actifs dans un paradis fiscal se vante de ne pas payer d’impôts, car comment pourraient-ils avec leurs maigres revenus et la vente de leur pharmacie, entretenir la maison sur le bassin d’Arcachon et le chalet à Megève. Ils en parlaient dernièrement à la serveuse de leur boulangerie de quartier rémunérée au SMIC en lui expliquant que, les gens ne se rendaient pas compte des frais engagés et que, bienheureux ceux qui ne possédaient rien, car ils n’avaient pas tous ces soucis... 

 Leurs voisins d’en face, une paire d’ex-soixante-huitards et Trotskistes de littérature, reconvertis par la suite en socialistes tendance caviar et sauterne qui ont eu l’intelligence de sentir le vent tourner et se sont précipités pour se mettre en marche avec Sa Majesté jupitérienne. Madame est secrétaire fictive à plein temps de son mari siégeant à l’Assemblée nationale. Monsieur le député est très ouvert sur la question de la pédophilie, comme dit cet enfoiré spécialiste dans le retournement de veste, il faut savoir vivre avec son temps. Tout deux militent pour l’accueil massif d’émigrés au nom des droits de l’homme (mon cul sur la commode...), mais n’ont pas l’idée dans loger quelques un dans leurs quatre placements immobiliers apparemment vides de tout locataire. Ne leur faites pas remarquer ce malencontreux oubli, vous sombreriez dans la démagogie populiste.

 Quatrième et dernier étage, le journaliste chroniqueur politique un tiers mondiste deux tiers mondain, confit de certitude et pétrit de bons goûts. Pigiste au Figaro, la voix de son maitre, rédige des articles flatteurs sur la politique de droite comme de gauche pourvu qu’elle soit libérale et n’ampute pas son pouvoir d’achat. Textes courtisans qui de toute façon seront vérifiés et validés par sa hiérarchie qui ne tolèrera pas une quelconque remarque anti monétaire. Pépère s'autorise régulièrement, en tant que pseudo-expert, venir nous expliquer sur les plateaux télé, l’impérieuse nécessité de réduire les prestations sociales pour sauver notre système social, comprenne qui pourra...

 En face un luxueux appartement vide. Garçonnière d’un Qatari lorsqu’il est en voyage en France. Petit pied-à-terre discret de 170 m² pour recevoir ses maitresses âgées de 12 à 30 ans, bien entendu dans la pure tradition musulmane et selon les préceptes de son Coran. Le Sheikh Hamad Ben Khalifa Al Ben Yousouf etc., etc. cousin du cousin du prince héritier par alliance, chevalier de la Légion d’honneur reçoit régulièrement les hommages de la nation qui lui affecte à chaque séjour des policiers chargés de sa sécurité aux frais du contribuable. Comme quoi, on sait accueillir les étrangers nous les Gaulois racistes et colonisateurs...

 Pour terminer, tous ces braves gens, lorgnent d’un œil supérieur et condescendant Madame Michou, lui faisant gentiment remarquer, de temps en temps mais surtout au moment des étrennes, la poussière qui a la fâcheuse et pernicieuse tendance à se déposer de façon régulière et intempestive sur la rampe d’escalier en noyer massif. Faut dire qu’à notre époque, le petit personnel c’est une vraie calamité. On ne peut plus faire confiance à personne ma pauvre dame ! Ils y en a qui ne savent pas la chance qu’ils ont d’avoir un travail. Où sont les valeurs d’antan, je vous le demande  ?...


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23 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 16 octobre 13:37

    Bonjour, Gabriel

    Merci pour ce moment de détente. J’ai pris un grand plaisir à lire la description de ce microcosme haut en couleurs et si représentatif de notre société contemporaine. Toutes mes sincères félicitations !

    J’en profite pour rappeler que la photo qui illustre l’article montre Josiane Balasko dans « Le hérisson », un film moyennement réussi tiré de l’excellent livre de Muriel Barbery « L’élégance du hérisson ».

    Si cela vous amuse, j’ai moi-même, dans « 21 rue des Rosiers", fait l’inventaire d’un immeuble situé au cœur du quartier juif du Marais.


    • Gabriel Gabriel 16 octobre 13:40

      @Fergus
      Merci de votre lecture.


    • sergent Meslier meslier 16 octobre 14:10

      Mr l’auteur , vous m’avez oublié moi , je vis dans la mansarde au cinquième étage mais je ne rencontre personne car je pars par le premier métro .


      • Gabriel Gabriel 16 octobre 16:28

        @meslier

        Vous êtes un peu comme Mme Michou finalement...Excepté que vous vivez dans une chambre de bonne sous les toits louée au black par les sympathique proprios du 4e...

      • sergent Meslier meslier 16 octobre 16:52

        Mr Gabriel , présentement louée au black , oui c’est le cas de le dire !


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 16 octobre 14:13

        Hypocrisie, uber alles ...sur un air des Dead Kennedys (les punks comprennent) .


        • Gabriel Gabriel 16 octobre 16:36

          @Aita Pea Pea
          A propos de tout mais surtout de rien....


        • gaijin gaijin 16 octobre 14:52

          salut gaby

          ben dis donc il est blem ton hlm .... :

          • Gabriel Gabriel 16 octobre 16:34

            Salut gaijin,


            Sous les dorures du 16e on trouve aussi pas mal de moisissure mais, de la moisissure noble qui a de la classe, du moins le croit elle...

          • gaijin gaijin 16 octobre 16:45

            @Gabriel

            je ne sais pas ( enfin si ...) je ne fréquente pas ces gens là .....comme dirais l’autre nous n’avons pas les mêmes valeurs ....
            mais ne dit pas de mal de la moisissure noble qui, elle, apporte plein de choses dans la culture du raisin et bien d’autres produits .........

          • gaijin gaijin 16 octobre 16:46

            @gaijin
            oups le lien : pourriture noble
            https://fr.wikipedia.org/wiki/Pourriture_noble


          • Cateaufoncel3 Cateaufoncel3 17 octobre 15:00
            @gaijin


            - Chèèère, trèès chèèère, figurez-vous que nous avons une invitée prestigieuse ... Vous ne le croirez pas, de la pourriture, mais pas n’importe quelle pourriture, de la pourriture noble, la même que dans le château d’Yquem… Mais oui, vous savez, je vous avais parlé de la cuvée du siècle à 2598 euros la bouteille. J’en ai offert quatre caisses douze bouteilles à Etienne-Marie pour son 48 anniversaire, vous ne vous souvenez pas ? En raison du montant de la commande c’est le petit-fils de Lur en personne qui nous a livré

            - …

            - Comment ça quel Lur ? Lur-Saluces, le comte quoi !… Vous en connaissez un autre ?

            -

            - Je crois qu’on sonne à la porte… La nouvelle bonne est allée me chercher des cigarettes… Au fait,savez-vous comment elle s’appelle ? Marie Dominique, dites donc, comme dans la chanson de MacOrlan… Ouuiiii... On n’en revenait pas. Vous non plus ? Avec Etienne-Marie, on en a ri la moitié de l’après-midi… Excusez moi, chèèère on insiste à la porte… On se téléphone et on se fait un Da-hang Pao.

            Le plomblier : - Excusez-moi, Madame, il me semble n’avoir rien entendu.

            - Il vus semble bien, vous avez l’oreille fine. Il fallait bien que je me débarrasse de cette conne. Elle va en crever de jalousie, cette garce. De la pourriture, NOBLE !

            Le plombier, stylé, modèle pour particules et sous-noblesse d’Empire : - Je ne veux vraiment pas donner l’impression de me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais pourrais-je voir cette pourriture noble ?

            - Avec grand plaisir... Il y en déjà derrière cette porte.

            - Une toute dernière question.

            - Si vous ne pouvez pas vous en empêcher !

            - Rassurez-vous, elle n’est ni méchante ni indiscrète. J’imagine qu’en fait de dalles vous avez des poutraisons soutenant le plancher et supportant le plafond.

            - Comme dans toutes les maisons anciennes, ou la plupart d’entre elles… mais... qu’est-ce…

            - Alors, j’ai l’immense regret, et c’est profondément sincère, de vous révéler que votre pourriture noble, est en réalité de la mérule pleureuse (Serpula lacrymans) et que votre hôtel particulier devra être rasé au sol… Ooooh elle est tombée en pâmoison...Bon ben, étant donné ce qui l’attend, la tuyauterie est très bien comme elle est.


          • Cateaufoncel3 Cateaufoncel3 17 octobre 15:28

            @Cateaufoncel3

            Omission pendable

            Tout le monde aura rectifié, le Da-Hong Pao, c’est au RITZ

          • En 1986, quand je vivais à Paris, je me souviens que dans la fenêtre des toilettes s’encadrait parfaitement le Tour Eiffel et en allant sur le balcon, on voyait l’Opéra. Encore un des dernier appartement qui bénéficiait de la fameuse loi de 48,.... Que de beaux souvenirs,...J’ai aussi vécu dans un appartement juste en face de la rue où habitait Dalida, Butte Montmartre. Inquiétante étrangeté,....


            • @bébert

              bervers pépère a parlé,...

            • Jean Keim Jean Keim 16 octobre 19:06

              Il manque peut-être un étage supplémentaire pour loger un colonel en retraite qui a fait la guerre dans l’administration militaire, et un ancien gangster rangé des voitures qui se contante, les pieds dans ses charentaises, d’aller relever les compteurs de ses filles, merci Gabriel pour ce tableau contemporain.



              • Gabriel Gabriel 16 octobre 21:16

                @Jean Keim
                J’aurais pu en effet rajouter quelques étages mais au delà du 4em j’ai des nausée à cause du vertige. Merci de votre commentaire...


              • Jeekes Jeekes 16 octobre 20:22

                ’’Au rez d’chaussée, dans mon HLM,
                y’a une espèce de barbouze
                qui surveille les entrées,
                qui tire sur tout c’qui bouge,
                surtout si c’est bronzé,
                passe ses nuits dans les caves
                avec son Beretta,
                traque les mômes qui chouravent
                le pinard aux bourgeois.
                Y s’recrée l’Indochine
                dans sa p’tite vie d’peigne cul.
                Sa femme sort pas d’la cuisine,
                sinon y cogne dessus.
                Il est tell’ment givré
                que même dans la Légion
                z’ont fini par le j’ter,
                c’est vous dire s’il est con !

                Putain, c’qu’il est blême, mon HLM !
                Et la môme du huitième, le hasch, elle aime !

                Au premier, dans mon HLM,
                y’a l’jeune cadre dynamique,
                costard en alpaga,
                c’lui qu’a payé vingt briques
                son deux-pièces-plus-loggia.
                Il en a chié vingt ans
                pour en arriver là,
                maint’nant il est content
                Mais y parle de s’casser.
                Toute façon, y peut pas,
                y lui reste à payer
                le lave-vaisselle, la télé,
                et la sciure pour ses chats,
                parc’que naturellement
                c’bon contribuable centriste,
                il aime pas les enfants,
                c’est vous dire s’il est triste !

                Putain, c’qu’il est blême, mon HLM !
                Et la môme du huitième, le hasch, elle aime !

                Au deuxième, dans mon HLM !
                y’a une bande d’allumés
                qui vivent à six ou huit
                dans soixante mètres carrés
                y’a tout l’temps d’la musique.
                Des anciens d’Soixante-huit
                y’en a un qu’est chômeur,
                y’en a un qu’est instit’,
                y’en a une, c’est ma soeur.
                Y vivent comme ça, relax,
                y’a des mat’las par terre,
                les voisins sont furax,
                ils font un boucan d’enfer.
                Ils payent jamais leur loyer,
                quand les huissiers déboulent,
                ils écrivent à Libé,
                c’est vous dire s’ils sont cools !

                Putain, c’qu’il est blême, mon HLM !
                Et la môme du huitième, le hasch, elle aime !

                Au troisième, dans mon HLM,
                y’a l’espèce de connasse,
                celle qui bosse dans la pub’,
                l’hiver à Avoriaz,
                le mois d’juillet au club.
                Comme toutes les décolorées,
                elle a sa Mini Cooper,
                elle allume tout l’quartier
                quand elle sort son cocker.
                Aux manifs de gonzesses,
                elle est au premier rang,
                mais elle ne veut pas d’enfants
                parc’que ça fait vieillir,
                ça ramollit les fesses
                et pi ça fout des rides,
                elle l’a lu dans l’Express,
                c’est vous dire si elle lit !

                Putain, c’qu’il est blême, mon HLM !
                Et la môme du huitième, le hasch, elle aime !

                Au quatrième, dans mon HLM,
                y’a celui qu’les voisins
                appellent « le communiste ».
                Même qu’ça lui plaît pas bien,
                y dit qu’il est trotskyste !
                J’ai jamais bien pigé
                la différence profonde,
                y pourrait m’expliquer
                mais ça prendrait des plombes.
                Depuis sa pétition,
                y’a trois ans, pour l’Chili,
                tout l’immeuble le soupçonne
                à chaque nouveau graffiti,
                n’empêche que « Mort aux cons »
                dans la cage d’escalier,
                c’est moi qui l’ai marqué,
                c’est vous dire si j’ai raison !

                Putain, c’qu’il est blême, mon HLM !
                Et la môme du huitième, le hasch, elle aime !

                Pi y’a aussi, dans mon HLM,
                un nouveau romantique,
                un ancien combattant,
                un loubard, et un flic
                qui s’balade en survêtement,
                y fait chaque jour son jogging
                avec son berger all’mand,
                de la cave au parking,
                c’est vach’ment enrichissant.
                Quand j’en ai marre d’ces braves gens
                j’fais un saut au huitième
                pour construire un moment
                avec ma copine Germaine,
                un monde rempli d’enfants.
                Et quand le jour se lève
                on s’quitte en y croyant,
                c’est vous dire si on rêve !

                Putain, c’qu’il est blême, mon HLM !

                Et la môme du huitième, le hasch, elle aime !’’
                 
                 
                Et sinon, qu’est-ce qu’elle vient foutre là-dedans, la Mâme Michou ?

                • Gabriel Gabriel 16 octobre 21:11

                  @Jeekes
                  Il faut bien quelqu’un pour passer la serpillière ......


                • baldis30 17 octobre 11:22

                  bonjour,

                  excellent ... excellent ... sauf ce passage

                  « socialistes tendance caviar et sauterne »

                  outre la faute d’orthographe une magistrale faute de goût ! les deux n’ayant rien d’étonnant venant de militants socialistes .. ; on leur donne le foie gras, le grand bordeaux rouge (mais si, mais si essayez....), le couteau et le tire-bouchon : ils coupent le foie gras avec le tire-bouchon et essayent d’ouvrir la bouteille avec le couteau !


                  • Gabriel Gabriel 17 octobre 11:31

                    @baldis30
                    Merci pour cet remarque et cette analyse mais, comme vous le dites si bien, cela venant de socialistes qui ne l’ont jamais été, quoi d’étonnant. 


                  • INsoMnia insomnia 17 octobre 21:32

                    @Gabriel,


                    Bonsoir, je me suis régalée... Cela pourrait faire l’objet d’un court-métrage, vous avez su les mettre en images. Merci

                    • Cool Mel 17 octobre 21:49

                      @insomnia,
                       Ca aussi, moi je trouve 

                      - Allo chérie ? Figurez-vous que nous avons une invitée prestigieuse ... Vous ne le croirez pas, de la pourriture, mais pas n’importe quelle pourriture, non, non, de la pourriture noble, la même que dans le château d’Yquem… Mais oui, vous savez, je vous avais parlé de la cuvée du siècle à 2598 euros la bouteille. J’en ai offert quatre caisses de douze bouteilles à Etienne-Marie pour son 48e anniversaire, vous ne vous souvenez pas ? En raison du montant de la commande c’est le petit-fils de Lur en personne qui nous a livré

                      - …

                      - Comment ça quel Lur ? Lur-Saluces, le comte quoi !… Vous en connaissez un autre ?

                      -

                      - Je crois qu’on sonne à la porte… La nouvelle bonne est allée me chercher des cigarettes… Au fait, savez-vous comment elle s’appelle ? Marie Dominique, dites donc, comme dans la chanson de MacOrlan… Ouuiiii... Marie Dominique... On n’en revenait pas. Vous non plus ? Avec Etienne-Marie, on en a ri la moitié de l’après-midi… Excusez moi, chérie on insiste à la porte… On se téléphone et on se fait un Da-Hong Pao, au Ritz.

                      Le plombier : - Pardonnez-moi, Madame, il me semble n’avoir rien entendu.

                      - Il vous semble bien, vous avez l’oreille fine. Il fallait bien que je me débarrasse de cette conne. Elle va en crever de jalousie, la garce. De la pourriture, NOBLE !

                      Le plombier, stylé, modèle pour particules et sous-noblesse d’Empire :
                      - Je ne veux vraiment pas donner l’impression de me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais pourrais-je voir cette pourriture noble ?

                      - Avec grand plaisir... Il y en a derrière cette porte.

                      - Une toute dernière question.

                      - Si vous ne pouvez pas vous en empêcher !

                      - Rassurez-vous, elle n’est ni méchante ni indiscrète. J’imagine qu’en fait de dalles vous avez des poutraisons soutenant le plancher et supportant le plafond.

                      - Comme dans toutes les maisons anciennes, ou la plupart d’entre elles… mais... qu’est-ce…

                      - Alors, j’ai l’immense regret, et c’est profondément sincère, de vous révéler que votre pourriture noble, est en réalité de la mérule pleureuse (Serpula lacrymans) et que votre hôtel particulier devra être rasé au sol… Ooooh elle est tombée en pâmoison...Bon ben, étant donné ce qui l’attend, la tuyauterie est très bien comme elle est.

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