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Accueil du site > Tribune Libre > L’infinie violence de l’homme

L’infinie violence de l’homme

La violence : du latin "vis", force, et "latus", porté. La violence physique, la violence instrumentale ou rationnelle, les violences douces de Michel Foucault venant du pouvoir étatique par une surveillance accrue, la violence symbolique de Pierre Bourdieu pour qualifier la violence légitimée par "un accord implicite" de ses victimes (voir journalopenedition.org, n°5). La violence, grande compagne de l'homme (dans le sens d'humain).

"L'homme est un animal déchaîné capable de commettre les actes de violence les plus odieux", soutient Emile Segev, docteur en Technologies de l'information à l'UQAM. Et les motifs de ces excitations sont variés : religion, éducation, société, politique, argent, nature propre. Effectivement, le professeur Segev n'envisage pas, dans ce cas, l'homme dans son aspect sociopolitique, mais comme mammifère. Il dit encore : "la haine est la gazoline qui fait carburer la méchanceté et la folie des hommes depuis la nuit des Temps" (cjnews, 21.1.2016). L'homme est effectivement le meilleur ennemi de l'homme (malheureusement pas seulement) et le seul animal qui fasse du mal par plaisir.

La célèbre anthropologue Françoise Héritier, professeur émérite au Collège de France, expliquait (Sciences et Avenir, 24.1.2012) : "l'homme est la seule espèce où les mâles tuent les femelles de leur espèce". Elle ajoutait que sa raison le rend déraisonnable. Et cela n'a rien à voir avec une nature animale, ni celle d'une "nature masculine" ! Le professeur met en cause l'humain, qui "produit de la culture", culture qu'il a détournée.

De la même façon, et en envisageant cette fois la culture au sens agricole du terme, on peut suivre le prof. Beck (Belgique) lorsqu'il affirme que la violence a pris de l'ampleur avec le passage du Paléolithique au Néolithique, lorsque l'homme s'est sédentarisé. Il a dès lors acquis le sentiment de propriété, la volonté de s'accaparer des biens. Celui qui possède "est" ou plutôt s'estime supérieur à celui qui n'a rien. Il peut le dominer, le manipuler. Lorsque naît la rebellion, il achète des complices pour mater les premiers. Avec l'apparition de la monnaie, les rivalités devinrent encore plus grandes. Bref, la division du territoire est la première cause importante de la violence. Si, en plus, on note, comme Mark Pagel, professeur de biologie évolutive, la prédisposition des hommes à s'entretuer comme phénomène physiologique, on comprend immédiatement mieux. Et Freud a souligné l'instinct de mort inhérent à la nature de l'homme, sa folle capacité d'autodestruction. Qui ne connaît l'affirmation de Thomas Hobbes : "l'homme est un loup pour l"homme" ? Encore que le pauvre loup ...

Or, l'homme, qui se targue erronément d'une quelconque supériorité, oublie, et M. Weil pourtant le lui rappelle que "la violence est un non absolu, une anti-philosophie". Et malheureusement, la philosophie comprend la violence, mais ne peut la détruire (persée.fr).

Quant à la culture, pour certains, elle façonne la violence et pour d'autres, elle est ce que l'homme est. Elle représente sa nature. Et en même temps, elle l'éloigne de la Nature. Alors, je retourne vers ma chère éducation. Sera-ce elle qui sauvera le monde et les hommes ? Mes recherches sur Google, afin de trouver ce qu'on propose en ce sens ne m'ont ouvert des portes que sur des propositions destinées au milieu scolaire. Evidemment, l'école peut exercer un rôle en ce sens. Mais, elle a pour mission essentielle d'instruire et pas d'éduquer. Je n'ai déniché nulle part d'appels aux parents. En revanche, je retiens les propos d'Eric Debarbieux, le pédagogue, dans un entretien avec Sciences humaines. Il dit : "les vastes plans nationaux ... sont la plupart du temps inefficaces". Et il reprend l'expression d'Egide Royer, directeur de l'Observatoire canadien pour la prévention de la violence à l'école : "on n'a pas besoin de prêt-à-porter, mais de cousu main".

Myroise


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11 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 23 septembre 14:09

    Pour Rousseau, la violence est née avec la propriété privée, mais certaines écoles de préhistoriens s’ingénient à montrer que les guerres préhistoriques, antérieures au néolithique et à la sédentarisation, se traduisaient par de véritables génocides, le but étant de renouer avec la vieille tradition de « nature humaine » remise en cause par Lucien Malson : « l’homme n’a pas de nature. il a ou plutôt il est sa culture ».

    mais la notion de « nature humaine » est tellement liée à la croyance du « péché originelle » que même des « scientifiques » ont du mal à se résigner à autre chose

    pourquoi pas le créationnisme ? encore qu’il faudrait se poser la question sur la nature d’un dieu qui, ayant fait l’homme à son image il l’ait fait mauvais, comme lui ?


    • sls0 sls0 23 septembre 16:09

      Un empilement d’écrits et de discours peut être sortis de leur contexte pour faire un article.

      J’ai cliqué sur moyen ce qui fait passer la moyenne de 1 à 1,25.

      Quelqu’un de fort et intelligent n’est pas violent.


      • Étirév 23 septembre 16:15

        « L’infinie violence de l’homme »,... pas de tous les hommes car comme le disait Voltaire : « Au milieu du chaos des superstitions populaires, il existait une institution qui empêcha toujours l’homme de tomber dans la brutalité absolue, c’était celle des Mystères. ».
        (...) Pour la première fois, il y eut des sociétés secrètes dont les membres, unis par les mêmes principes, se juraient fidélité inviolable et se reconnaissaient même, parmi les autres initiés, à de certains signes. La société pythagoricienne fut la plus étendue et la plus féconde en grands hommes. C’est pour les imiter qu’on fonda les Orphiques, les Mithriaques, les Nazaréens, etc. Les Esséniens, les Isiaques, les Samanéens, les Tao-sse furent d’autres sociétés féministes, fondées toutes dans le but d’arrêter la corruption, de secourir les femmes, de s’opposer au despotisme des rois ou aux débordements des peuples. Ces sociétés se multiplièrent partout.
        L’homme est capable de tout, même du bien.


        • Decouz 23 septembre 16:41

          C’est bien à cause de sa finitude que l’homme est violent, une violence infinie n’est pas possible de sa part.


          • JC_Lavau JC_Lavau 23 septembre 17:18

            Françoise Héritier a fait sa fortune académique et médiatique sur le marché de la guerre sexiste.

            Au rebours de toutes les preuves archéologiques, elle a enseigné que le matriarcat n’a jamais existé.

            Personnellement, j’ai constaté qu’avec le retour en force du matriarcat, les sacrifices humains sont revenus avec. Personnellement, en tant que fils aîné, je préfère qu’on zigouille plutôt un bouc, que moi-même.

             

            Françoise Héritier professa carrément à l’Institut de France l’hérédité des caractères acquis... Ça c’est la spécificité des sciences féministes, totalement dispensées des critères de rigueur des sciences normales.

            Remarquez, avant on avait déjà bénéficié des sciences aryennes, de la science prolétarienne, de la biologie lyssenkiste, à présent nous bénéficions de la science citoyenne, et de la science féministe... On arrête pas le progrès.

            Selon françoise Héritier, non seulement nos seuls ancêtres seraient les hommes des cavernes, mais de plus il y aurait eu complot (masculiniste et patriarcal, cela va sans dire) des hommes des cavernes contre les femmes des cavernes pour les affamer afin d’obtenir le dimorphisme sexuel dans l’espèce humaine qui fait hurler de rage les féministes.

            Et son public de paranoïaques en redemande, en redemande, en redemande...

            Le marché de la fraude se porte bien dans nos pays surenveloppés, est demandeur de fraudes sexistes.

             

            Malheur au pays dont la princesse est la fraude !


            • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 23 septembre 17:49

              @JC_Lavau

              alors comme ça ,la be=ravitude, ça ne serait pas héréditaire ?


            • JC_Lavau JC_Lavau 23 septembre 21:00

              @JC_Lavau.  On n’arrête pas le progrès.


            • p.castor p.castor 23 septembre 19:47

              Pour rester dans la sphère occidentale : « la barbarie des hommes ordinaires » de Daniel ZAGURY...


              • Le Gaïagénaire 24 septembre 01:23

                @ Myroise lundi 23 septembre 2019

                Auriez-vous « oublié » l’OVEO ?

                http://0liviermaurel.free.fr/index.php/presentation-de-lobservatoire-de-la-violence-educative-ordinaire/

                Et que pensez-vous des causes de la « scatophilie » :
                https://sante-medecine.journaldesfemmes.fr/faq/33014-scatologie-definition?fbclid=IwAR2vXS-qyf9VQFkMgqzlLXAn2m8LzJ0exZ0iL-CcKU5wYByYD5ZAaQtCPf8

                « Plus l’entourage a manifesté son dégout tôt, plus l’enfant va fécaliser les objets en les considérant comme dégoutants, à bannir etc. certaines personnalité psychopathiques s’expliquent par ce style de prototype : ça n’existe pas ou c’est de la merde et à traiter comme tel etc…. ou encore certains troubles névrotiques : névrose obsessionnelle de conserver, accumuler et se donner de la valeur par ce que l’on possède par exemple. »


                • ZenZoe ZenZoe 24 septembre 10:25

                  La violence existe partout dans la nature, il n’y a qu’à regarder n’importe quel documentaire animalier pour constater que la vie de plein air est une lutte sanglante. Sécuriser un territoire de chasse, trouver une femelle, se défendre contre les prédateurs et les rivaux, les pauvres bêtes n’ont pas une minute de répit.

                  L’immense différence est que la violence de l’homme n’a pas (ou plus ?) pour but d’assurer la survie de l’espèce. L’homme frappe à tort et à travers pour satisfaire un égo que ne possèdent pas les autres espèces.

                  Si on ajoute à cela une puissance de frappe décuplée par la technologie, on a un carnage assuré - et peut-être même l’extinction de notre espèce.


                  • Albert123 24 septembre 14:05

                    « L’homme a dès lors acquis le sentiment de propriété, la volonté de s’accaparer des biens. »


                    et il le fait pour satisfaire aux exigences hypergamiques de la femme afin d’avoir accès à sa matrice ovarienne dans le but d’assurer la pérennité de ses gênes dans le temps.

                    l’homme n’est pas plus violent qu’un autre animal, il est juste pragmatique en répondant aux injonctions indirectes des femmes qui savent très bien au fond d’elle même que ce non dit amène quasi systématiquement à une forme quelconque de violence qui est par ailleurs particulièrement attractive aux yeux de la femme pour qui elle est générée.

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