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L’opération Kaboul sauve la popularité de Biden  ?

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Il y a environ un an, en août dernier, la cote de popularité du président américain Joe Biden a commencé à s’effondrer, tombant à des niveaux records sous l’effet des conséquences dramatiquement néfastes du retrait précipité des troupes américaines d’Afghanistan. Les scènes chaotiques qui ont suivi, le contrôle de la capitale afghane par les talibans et leur retour au pouvoir ont fait boule de neige et se sont transformées en une crise politique et un désastre de relations publiques qui ont porté un sérieux coup à l’image des États-Unis dans le monde.

Un déluge de critiques internationales sur la politique américaine s’ensuit, avec des attaques partisanes contre l’administration du président Biden et des tentatives de le dépeindre comme un leader récalcitrant et aux abois.

Il est vrai que les questions de politique étrangère n’ont généralement pas d’impact réel sur les urnes aux États-Unis, en particulier au niveau des élections de mi-mandat au Congrès. Mais lorsqu’il s’agit de l’image et du prestige des États-Unis à l’échelle mondiale, cela devient inévitablement un élément de langage électoral.

Biden essaie de dépasser cela en établissant un nouveau lien entre l’Afghanistan et le nouveau succès des États-Unis dans l’élimination du principal chef terroriste survivant dans le monde, le chef d’Al-Qaïda Ayman Al Zawahiri. Il veut que l’empreinte de la mort d’al-Zawahiri remplace l’image de l’échec et des scènes de retrait chaotiques dans la conscience collective des Américains.

L’assassinat d’Ayman Al Zawahiri, associé par l’opinion publique américaine aux attentats du 11 septembre, va sans doute réveiller la question afghane. Il donne à cette question un certain retentissement qui pourrait renforcer la popularité du président Biden à court terme, ou du moins réduire l’hémorragie de points de faveur observée ces derniers mois.

Au cours de l’année écoulée, la popularité du président a chuté à des niveaux historiques, en grande partie à cause du nombre élevé de décès dus aux épidémies de Covid 19, des variants Delta et Omicron, des pertes causées par l’ouragan Ida dans les États du sud et du sud-est, et de l’effet d’entraînement du retrait bâclé des troupes américaines d’Afghanistan.

Viennent ensuite la crise ukrainienne et l’inflation élevée, la pire depuis quatre décennies, et la flambée concomitante des prix et la baisse du niveau de vie, ainsi que les doutes sur sa santé et son état mental. La popularité du président a alors plongé au plus bas.

Un récent sondage Gallup a classé le président Biden comme l’un des présidents les plus impopulaires de l’histoire des États-Unis à ce stade de sa présidence. Pour la première fois depuis son entrée en fonction, sa cote de popularité est passée sous la barre des 40 %. Et cette liste comprend son prédécesseur Donald Trump, Jimmy Carter, Gerald Ford et George W. Bush père.

Bien sûr, les résultats du sondage ne doivent en aucun cas être pris comme une aune définitive de la popularité du président. En général, la popularité fluctue en fonction des bonnes et des mauvaises nouvelles, notamment économiques.

Pour le président Biden, cela complique les choses, du moins dans l’environnement international actuel et à la lumière des prix record de l’énergie et des carburants dans le pays. Et il est donc difficile de dire qu’un événement politique puisse avoir un réel effet de levier sur la popularité du président dans ces circonstances.

Si c’est le cas, ce sera de courte durée, peut-être pas plus de quelques jours, et il sera bientôt éclipsé par l’ombre des augmentations continues des prix des carburants et des matières premières. De toute évidence, l’humeur du public américain est très basse en ce moment et dans les circonstances actuelles.

Une nouvelle telle que la mort d’al-Zawahiri ne peut pas faire grand-chose pour émousser la détérioration de la popularité du président, même si, encore une fois, elle aide probablement pendant une courte période.

Ce qui menace le plus Biden et le Parti démocrate dans la période à venir, notamment lors des élections de mi-mandat prévues en novembre, ce n’est pas, à mon avis, les indicateurs politiques et économiques, mais la confusion mentale et les nombreux et persistants faux pas physiques et verbaux avec lesquels le président du plus grand pays du monde apparaît dans un portrait de faiblesse inacceptable pour le public américain.

On le voit dans le fait que, selon les sondages, plus de 75 % des démocrates et des sympathisants du parti s’opposent à l’élection de Biden à un second mandat. Ainsi, la principale préoccupation des démocrates à l’heure actuelle est de préserver leurs chances d’obtenir la majorité à la Chambre des représentants lors des prochaines élections.

Cela explique en partie la détermination de la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, à se rendre à Taïwan, car cette question est l’un des points communs de consensus entre républicains et démocrates, et elle tente ici de prouver la fermeté des démocrates sur leurs positions.


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4 réactions à cet article    


  • christophe nicolas christophe nicolas 11 août 15:43

    Moi, plutôt que des couteaux qui s’ouvrent du fuselage du missile, j’aurais plutôt misé sur la fourchette, principe du trident, non ?

    A chacun son opinion mais c’est important de pouvoir choisir son couvert si un jour le goodfather Sam (oncle Sam) décide que vous ne collez plus au narratif qu’il veut imposer sur terre, un signe caractéristique de la personnalité des idolâtres... :)


    • Clark Kent Séraphin Lampion 11 août 17:03

      Beaucoup d’aspects de la politique étrangère américaine sont des stratégies à usage interne : comment influencer l’opinion publique pour rester aux manettes ?Pas seulement pour Biden, mais pour toute la clique qui est derrière.

      Pareil pour la clique de Trump.

      Peu importent les « dégâts collatéraux », c’est à l’étranger.


      • Clark Kent Séraphin Lampion 12 août 09:07

        @Séraphin Lampion

        Illustration du commentaire précédent : lien.  


      • voxa 12 août 21:04

        Curieux pays ou ils faut tuer des gens, à distance, sans jugement pour se faire élire...

        Heureusement, la France est un état de droit, où l’on ne ferait ,où l’on ne cautionnerait jamais celà.

        Merci Monsieur macron.

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