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Accueil du site > Tribune Libre > L’orthographe, c’est l’hygiène de la langue

L’orthographe, c’est l’hygiène de la langue

Ne nous leurrons pas : cette ahurissante « réforme de l’orthographe » n’est pas une bévue socialiste de plus, mais la dernière étape d’un vaste chantier de démolition. Car, depuis des années, le gouvernement s’acharne contre ce qui fonde la transmission même du savoir scolaire : l’acquisition des connaissances par l’apprentissage de règles communes. Relâchement de la discipline et banalisation de l’incivisme, tyrannie des parents d’élèves (désormais indemnisés pour siéger aux conseils de classe), dissolution des savoirs disciplinaires au profit d’une « interdisciplinarité » vaseuse, suppression des classes bilingues, des langues anciennes et des bourses à caractère méritoire jugées « élitistes », mise en cause de la notation chiffrée au motif qu’elle serait « blessante » : toutes ces mesures sapent la légitimité de l’institution scolaire au moment même où la dictature du Tout-Marché accroît les inégalités sociales et pénalise les enfants issus des milieux modestes.

Pour parachever cette œuvre destructrice, il ne manquait plus, en effet, que la réforme de l’orthographe : parce qu’elle serait « trop difficile », parce qu’elle ne sert à rien, parce que l’écriture SMS, au fond, est l’écriture de demain, parce que la langue nationale est le dernier réduit d’un « souverainisme » abhorré, parce que le « fond », paraît-il, est plus important que la « forme », l’écriture de 2 400 mots sera désormais « simplifiée ». Mais c’est oublier qu’une langue est un code culturel partagé dont l’acquisition rend possible le vivre-ensemble, qu’il n’y a pas de société muette et que pour dialoguer il est impératif de se comprendre, c’est-à-dire de pratiquer la même langue, obéissant aux mêmes règles. Bref, c’est oublier que l’orthographe, avec la grammaire dont elle est la sœur-jumelle, est l’hygiène de la langue. Car l’orthographe ne se contente pas de déterminer des règles intangibles en fixant la norme, précisément, de « l’écriture droite ». Elle témoigne aussi des origines multiples, et pas seulement gréco-romaines, de la langue française : il n’y a pas d’étymologie sans orthographe, et ignorer l’orthographe, c’est insulter ses origines linguistiques. Mieux encore, c’est l’orthographe, par sa rigueur, qui autorise la subtilité de la langue française, qui favorise l’expression de la nuance, qui pare notre langue de mille couleurs chatoyantes. Manifestement, on finit par oublier ce qui pourtant tombe sous le sens : fruit d’une longue maturation culturelle, l’orthographe est ce qui ne se réforme pas.

Croyant atténuer la portée de cette réforme, nos dirigeants ont cru bon d’ajouter qu’en fait, désormais, « plusieurs orthographes seraient possibles pour un même mot ». Comme si ce n’était pas pire, précisément ! En torturant à loisir l’écriture de 2400 mots, en autorisant tout et son contraire, le message passé aux jeunes générations est catastrophique : il signifie que c’est sans importance, que c’est la même chose, d’écrire « oignon » ou « ognon ». Comment mener un travail pédagogique digne de ce nom si le fondement de toute pédagogie, la langue commune, se prête désormais, avec la bénédiction officielle, à des variations individuelles, au gré de la fantaisie de chacun ou sous l’effet d’une ignorance banalisée ? Comment lutter, pédagogiquement, contre la sous-culture de l’à-peu-près ou le mythe selon lequel, linguistiquement, tout se vaut ? Cette réforme de l’orthographe, en réalité, est la négation même de l’orthographe, c’est-à-dire la négation du concept même du « bien-écrire ». Si l’on peut écrire le même mot de plusieurs façons, alors à quoi servirait-il de l’apprendre ? Et que faudra-t-il apprendre ? Les deux ou trois façons de l’écrire ? Où est alors la simplification recherchée ? Et quelle sera la prochaine étape ? L’écriture SMS comme langue officielle de la République et « Twitter » en guise de Journal Officiel ?

L’on perçoit, du coup, la cohérence perverse de cette « réforme de l’orthographe » avec la précédente réforme, celle de la dictée. La priorité, nous disait-on, était de « réformer la dictée pour arrêter « le cycle infernal de la peur de la faute ». Comment ? En faisant de l’évaluation des élèves un acte positif, et non plus un acte négatif. En distribuant un « plus » lorsqu’une faute n’a pas été commise, et un « moins » lorsqu’elle l’a été. Quand un élève, dans une dictée, fait une faute lexicale (« siel » au lieu de « ciel ») il a un point en moins. Mais si, dans la même copie, il fait correctement un accord (« les nuages »), il a un point en plus. Autrement dit, on entend valoriser systématiquement l’absence de faute, de manière à « encourager » l’élève dans sa progression. Il n’est pas nécessaire d’être un spécialiste, pourtant, pour voir que cette méthode d’évaluation est une aberration pédagogique. Ce n’est pas en passant de la pommade sur l’ego blessé des enfants (et de leurs parents) qu’on enrayera la dégradation du rapport à l’écrit. On peut s’accommoder de cette situation en considérant que l’orthographe de nos élèves est celle de demain, et enfouir sa tête dans le sable. Mais casser le thermomètre ne fera pas chuter la fièvre du malade.

Car la langue, faut-il le rappeler, est un code symbolique dont nous apprenons le maniement en bénéficiant des corrections de nos aînés. Aussi ancienne que l’écriture, la dictée est simplement la meilleure façon de vérifier si ces corrections ont porté leurs fruits. C’est pourquoi la dictée n’est pas un jeu où l’on ne ferait que des gagnants sous prétexte de ne vexer personne. Tout au contraire, elle est ce moment de la scolarité où l’on s’assure que les futurs citoyens utilisent la même langue. Elle traduit un double engagement : celui des maîtres, qui s’engagent à transmettre à leurs élèves les règles de la langue ; celui des élèves, qui s’engagent à respecter ces règles. Mais à quoi bon faire des dictées si l’orthographe n’est plus qu’une variable d’ajustement, une sorte d’option laissée au caprice individuel, un « truc ringard » dont on peut s’affranchir à moindres frais ? Nos dirigeants le savent bien : la démolition du savoir classique, propice au libre exercice de la pensée, passe par la dissolution du lexique dans un salmigondis « high tech ». Cette dissolution programmée de la langue française, dernier bastion d’une souveraineté haïe, exige la pulvérisation des règles linguistiques et le repli sur les idiomes tribaux, conditions requises de la balkanisation de la société sous l’égide du Capital. Opération réussie pour les tâcherons socialistes : le grand chantier de démolition touche à sa fin.


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176 réactions à cet article    


  • sarcastelle 6 février 2016 09:16

    Parlez une langue qui ne changera plus ! 


    Linguam loquimini latinam ! 

    • Pere Plexe Pere Plexe 6 février 2016 12:32

      @sarcastelle
      Le passé c’est l’avenir.. !


    • gogoRat gogoRat 6 février 2016 18:08

      Argument majeur  :
      ’il n’y a pas d’étymologie sans orthographe, et ignorer l’orthographe, c’est insulter ses origines linguistiques. Mieux encore, c’est l’orthographe, par sa rigueur, qui autorise la subtilité de la langue française, qui favorise l’expression de la nuance, qui pare notre langue de mille couleurs chatoyantes.’
       
      argument fallacieux, voire pervers :
       prétendre ’simplifier’ ou ’démocratiser’ l’usage de la langue française en adoptant une ortograf laxist !
       Juste un parallèle pour évoquer la stupidité du propos :
       d’aucuns prétendent combattre le chômage en œuvrant pour améliorer les capacités des chômeurs à rédiger CVs et lettres de motivation. Imaginons un succès total de cette entreprise au point que, dès demain, 100% des nouvelles embauches doivent désormais être décidées à partir d’écrits produits par les meilleurs écrivains publics souhaitables.
       Qui peut se figurer que, dès lors, le taux de chômage baisserait ? Qui peut faire semblant de croire aussi que les décisions des recruteurs seraient plus pertinentes ?
      (cf ’casser le thermomètre ne fera pas chuter la fièvre du malade’)


    • AlainV AlainV 6 février 2016 19:14

      @sarcastelle

      Une langue qui n’évolue pas disparaît. Pourquoi faire un pataquès de quelques ajustements orthographiques sans conséquence ? Les intervenants ont-ils tous lu les recommandations de 1990, ou se contentent-ils de divagations de journalistes peu sérieux ?

      D’autres langues voient leur orthographe régulièrement adaptée. Il y a des réformes de l’orthographe tous les 10-15 ans, en allemand.
      Plusieurs langues ont connu une forte simplification de leur orthographe durant les années 30 : espagnol, portugais, néerlandais, allemand, italien. Les accents et les consonnes ont été supprimés quand c’était inutile. Exemple : disparition du ’h’ de ’théâtre’ = teatro.

      La notion d’étymologie n’a pas beaucoup de sens quand il s’agit de la transcription de mots grecs, le grec ayant un alphabet différent.

      Ce n’est pas en anglais, mais en allemand que toutes les lettres sont prononcées, si on accepte les diphtongues, et que la différenciation des voyelles longues peut se faire soit par dédoublement (’paar’), soit par l’ajout d’un ’h’ (’fahren’, ’mehr’, ’Ohr’, ’fuhr’) soit par l’ajout d’un ’e’ après le ’i’ (’blieb’). Tout cela n’empêche pas l’existence d’homophonies. Les mots d’origine étrangère, du français en particulier, mais aussi de l’anglais ne suivent pas les règles de l’orthographe et de la prononciation allemandes.

      Ayant enseigné le français en Allemagne, je peux vous dire que notre langue paraît parfois farfelue, quand on part de la rigueur de la grammaire allemande. Ceci dit, les Allemands conviennent que leur système de déclinaisons est un peu complexe et s’amusent des petites fautes en ce domaine. Même en déclinant mal, on peut très bien comprendre ce que quelqu’un veut dire. Mais sur le choix des prépositions, l’erreur est fatidique pour la communication. Enfin, vous n’êtes pas sans savoir que les Berlinois de souche ont les plus grandes difficultés à distinguer le datif de l’accusatif (influence des Huguenots français arrivés en masse au XVIIe)


    • Mowgli 7 février 2016 10:37

      @AlainV
      « Les accents et les consonnes ont été supprimés quand c’était inutile. Exemple : disparition du ’h’ de ’théâtre’ = teatro. »

      Ah voui, mais quid de ho, hai, ha, hanno, et dès lors, pourquoi avete et abbiamo sans h ?


    • julius 1ER 8 février 2016 07:57
       : toutes ces mesures sapent la légitimité de l’institution scolaire au moment même où la dictature du Tout-Marché accroît les inégalités sociales et pénalise les enfants issus des milieux modestes.
      @AlainV

      il est clair que des ajustements dans l’orthographe sont nécessaires d’ailleurs il en a toujours été ainsi !!
      mais il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain !!!

      le pragmatisme dans la circonstance consiste à admettre qu’il y ait un langage spécifique SMS par exemple lointain descendant des dialectes locaux qui étaient assez loin du français courant qui lui même s’est nourrit des dialectes locaux et des langues étrangères ....

      la langue française n’est pas quelque chose de fini ni figée c’est son évolution possible qui la rend vivante et c’est tant mieux ....

      comme dans beaucoup de matières il faut apprendre les règles avant de pouvoir maîtriser l’usage !!

    • Passante Passante 6 février 2016 09:17

      go kitchen najat..


      • Mowgli 7 février 2016 10:41

        @Passante

        Permettez-moi de completer :

        Trabadja, la moukère, trabdja bono
        Trempe ton cul dans la soupière, pour voir si c’est chaud


      • Sarah 10 février 2016 18:02

        @Passante
         

        @Passante

         

        Cette réforme reflète le mépris des soi-disant « élites » pour le peuple, selon eux, incapable d’apprendre et de s’instruire.


        Elle me fait penser à la manière de parler des chefs communistes ou gauchistes qu’on entend dans les discours des années 1970. : ils affectaient de mal parler ou de parler vulgairement pour "faire peuple", alors que le peuple s’efforçait de parler correctement et d’apprendre le bien-parler à ses enfants pour qu’ils réussissent plus tard dans la vie.


      • JL JL 6 février 2016 09:43

        Bonjour Bruno Guigue,

         
        tout à fait d’accord avec vous.
         
        Mais il n’y a pas que l’orthographe, il y aussi la prononciation, et dans les médias, c’est à hurler : les ’s’ qui se prononcent ’z’, les européens qui deviennent mal oreusement des oropéens, etc, etc.
         
        Prendre prétexte de la déliquescence de la pratique de l’orthographe pour la réformer c’est se prévaloir de ses turpitudes. C’est du libéralisme pervers, si vous me passez ce pléonasme.
         
        A coté de ça, ou peut-être dans le même esprit : Sarkozy qui argumente contre les paquets de cigarettes neutres - fini les marques tapageuses - au motif que ça nous amènerait dans la foulée, des fromages en emballages neutres, des vins en bouteilles neutres, etc, etc.
         
        Les seules valeurs qu’il conviendrait de respecter aujourd’hui, que ce soit avec le PS ou le LR sont les valeurs commerciales.

        ’’Le libéralisme économique préside tous les imaginaires’’ disait Edouard Glissant : on en a encore avec cette affaire, une belle démonstration.

        • JL JL 6 février 2016 13:50

          Le délire de Sarkozy sur le paquet de cigarettes neutre


          ps. Pardon B. Guigue, pour le hors sujet.

          ps. Merci Rosemar, à qui j’ai emprunté ce lien fourni dans son com sur un autre fil.


        • L'enfoiré L’enfoiré 6 février 2016 10:22

          Voilà, pourquoi j’aime l’anglais et l’espagnol....

          Pas d’accents, une conjugaison simple, un « you » unique pour le premier
          et une prononciation qui respecte toutes les lettres... 

          • L'enfoiré L’enfoiré 6 février 2016 10:24

            Ce n’est pas un question d’hygiène mais d’efficacité et de simplicité....


          • Fergus Fergus 6 février 2016 11:38

            Bonjour, L’enfoiré

            Certes, pas d’accent en anglais, mais pour ce qui est de la prononciation, elle varie considérablement du Sussex à l’Ecosse en passant par le Pays de Galles.

            Et toutes les lettres sont-elles prononcées ? Certainement pas.

            Et que dire des titres du groupe Slade dont les titres sont écrits comme est parlée la langue ? Des exemples : Cum On Feel The Noize ; Coz I Luv You ; Take Me Bak Ome ; Skweeze Me, Pleeze Me ; Mama Weer All Crazee Now ; Look Wot You Dun...


          • rocla+ rocla+ 6 février 2016 11:41

            @Fergus


            Bonjour Fergus , 

            c ’est normal une autre prononciation quand on revient du Sussex ... smiley

          • Fergus Fergus 6 février 2016 11:43

            Bonjour, Capitaine

            Pas faux ! smiley


          • L'enfoiré L’enfoiré 6 février 2016 13:50

            @Fergus, 

             
            Bien d’accord pour la prononciation, Fergus, c’est pour cela qu’il y a le globish. 
            C’est à dire une langue qui s’adapte à tous les usages pour tous.
            Le français est une langue difficile qui ne s’adapte pas pour devenir un interface.
             
            Ma langue maternelle est le français, j’aime ma langue, mais je me mets à la place de celui qui doit l’apprendre. 
            Combien d’années faut-il pour assimiler toutes les exceptions de la langue française qui annulent les règles ? Pourquoi pour une raison de masochisme ?
            Le son « o » qui devient pafois « eau », « au », « ho ».
            Je ne cite que cet exemple mais il y en a des dizaines. 
            Dans la semaine, je regardais le film « Minuit à Paris » de Woody Allen en version originale sans lires les sous-titrées. Certains acteurs, il n’y avait aucun problème pour les comprendre et certains mangeaient leurs mots. 
            Dans un article, je posais la question faut-il « défendre une langue ou un dialecte » lors du deuxième forum mondial de la langue française à Liège. Le commissaire général citait les points important pour faire rayonner une langue :
            • la créativité 
            • le développement économique, technologique et culturel
            • les contacts et les connivences
            • le dynamisme pour contrer le monde anglophone
            • faciliter ses règles et le moins d’exceptions possibles. 
            • clarté et la bonne formulation
            • volonté politique
             La prononciation même du français est différente au Canada, en Suisse, en Belgique...
             Je suis sûr qu’un Breton a ses expressions propres qui ne seront pas comprises par un Parisien... 

          • L'enfoiré L’enfoiré 6 février 2016 13:57

            Désolé de paraître un peu trouble-fête pour l’auteur de cet article qui voit de l’hygiène dans l’orthographe.

            Dire ce genre de chose sur un site français, n’a pas l’heur de recevoir les applaudissements, mais il faut reconnaitre (sans le ^) les choses honnêtement. Les accents circonflexes sont loin d’être le pire des problèmes pour assimiler notre langue. 
            Faudra peut être un autre moustique Ziga qui fasse le transfert de l’orthographe dans les générations suivantes. smiley 

          • flesh flesh 6 février 2016 15:08

            @L’enfoiré


            « Voilà, pourquoi j’aime l’anglais et l’espagnol....
            Pas d’accents, une conjugaison simple, un « you » unique pour le premier
            et une prononciation qui respecte toutes les lettres ». (sic)

            Hum.... pour l’espagnol nous sommes d’accord, mais pour l’anglais vous n’avez pas l’air de savoir de quoi vous parlez... c’est 10 fois pire qu’en français ! 


          • L'enfoiré L’enfoiré 6 février 2016 15:26

            @flesh
             Je pense que l’à vous déconner vraiment.

             Avez-vous déjà vu un clavier QWERTY de votre vie ?
             Mais je ne vais pas vous brusquer sur cette antenne.
             Cela ne sert à rien de chercher dans l’histoire, l’orthographe anglaise n’est pas aussi embourbée que la française.
              Elle évolue... prenez un dictionnaire Harraps dans les mains d’il y a quelques années et comparez avec celle d’aujourd’hui... 

          • flesh flesh 6 février 2016 16:00
            Oui vous avez peut être raison en fait, l’ anglais aurait bien une « prononciation qui respecte toutes les lettres », comme le montre très bien par exemple (parmi des milliers d’exemples) la prononciation de -OUGH :

            though : /oʊ/ as in toe (other examples : dough)
            tough : /ʌf/ as in cuff (other examples : rough, enough, and the name (but not the word) Hough)
            cough : /ɒf/ as in off (other examples : trough, Gough (name, some pronunciations))
            hiccough (a now uncommon variant of hiccup) : /ʌp/ as in up (unique)
            plough : /aʊ/ as in cow (other examples : sough, drought, bough, doughty, and the names Slough and Doughty)
            through : /uː/ as in blue
            nought : /ɔː/ as in caught (other examples : ought, sought, thought, brought)
            lough : /ɒx/ with a velar fricative like the ch in loch
            borough : /ə/ (other examples : thorough, names ending in -borough)
            hough : /ɒk/ (more commonly spelt « hock » now)

            Si vous comprenez un peu l’anglais, je vous conseille vivement l’article de Wikipedia sur le sujet écrit par des anglophones, il est très instructif :


            Mais si vous ramez à comprendre ce texte (et surtout à le lire à haute voix) la version française est disponible. 

            Cordialement, from London (LON-DEUN et non pas LON-DON)


          • popov 6 février 2016 16:27

            @flesh

             
            Pourquoi l’orthographe anglaise est-elle si compliquée ?
             
            Prenez le « gh » de « tough », le « o » de « women » et le « ti » de « action », vous obtenez « ghoti » qui se prononce « fish ».

          • flesh flesh 6 février 2016 16:46

            bonjour popov,


            ce n’était pas ma question mais le titre d’un lien.

            Oui, ghothi est un des exemples les plus célebres cités par les défenseurs d’une réforme de l’orthographe anglaise qui en a bien besoin. 

            Cordialement

          • Laurent 47 6 février 2016 18:47

            @L’enfoiré
            Sauf l’accent tonique ( ’ ) et la tilde ( ñ ), ainsi que le point d’interrogation ou d’exclamation à l’envers au début d’une phrase, pour l’espagnol. Quant à la prononciation, les lettres J, X, V, C G, R, U ne se prononcent pas comme en français, et les voyelles se prononcent différemment quand elles sont avec un accent tonique ? Et le N se prononce GN s’il est est surmonté d’une tilde

            Pour ce qui est de la conjugaison en espagnol, est est aussi complexe que la française, car c’est une langue latine ! Il ne suffit pas de mettre des A ou des O à la fin de chaque mot !

          • L'enfoiré L’enfoiré 6 février 2016 18:59

            @dear flesh,


             Let me use english to answer you...
             I think that we are not speaking of the same thing.
             I never say that the pronounciation is easy in english.
             There are a lot of ways to pronounce the same letters. It’s always easier to read an english text than hearing it by someone who is not aware of the difficulty for a stranger. 
             I was replying about the accents which are not existing on a Qwerty keyboard and thus using the language..
             All languages have to be permenantly updated.
             But due to the « French academy », there is a obstruction.
             If tµyou are reading this item you’ll see that he is merging political reasons and language usages.
             I’ll read the link about the Wikipedia text concerning the english orthograpy. Thanks for it.
             You have to know that more then years ago, I had daily contacts with american, english and dutch people.
             Nowaday, it’s no more the case and I’am loosing the practice.
             You know what this lack can give.
             Some vocabulary words have to be recovered in the deapness of my memory.. smiley

            Have a nice evening

          • damocles damocles 7 février 2016 05:20

            @L’enfoiré
             Leicester = leister , vaughan = vaun .....toutes les lettres ?


            L’ anglais , ça s’ecrit « elastic » et ça se pronnonce « caoutchouc » ...disait mon oncle ...

          • Mowgli 7 février 2016 11:02

            @L’enfoiré
            « Voilà, pourquoi j’aime l’anglais et l’espagnol....
            Pas d’accents »

            Coño !

            « une conjugaison simple »

            Conjuguez-moi donc « tener » au subjonctif futur. Oui, ça existe, en espagnol, le subjonctif futur.

            « une prononciation qui respecte toutes les lettres »
            Prononcez-moi donc « knight ».
            Et maintenant « aborigine »
            Et maintenant « featherstonehaugh »


          • Mowgli 8 février 2016 11:56

            @flesh
            « Cordialement, from London (LON-DEUN et non pas LON-DON) »

            En fait, c’est LAN-DEUN et non pas LON-DEUN, mais on ne va pas se bouffer le nez pour ça


          • Plus robert que Redford 6 février 2016 10:48

            L’orthographe et la grammaire sont le code de la route de l’écriture...

            Simplifions le code de la route, que, finalement, chacun pourra adapter à son usage personnel...

            Ca va péter grâve au premier carrefour, c’est sûr !

            Il est vrai qu’un accident typographique fera moins de morts

            Quoique...


            • Passante Passante 6 février 2016 11:04

              puis ça rend les choses difficiles, se battre sur des fronts parallèles

              donc ne pas perdre le nord :
              commencer par exemple tous les discours par :

              « charlie ? qui c’est charlie !?.. c’est quoi encore ce bataclan ? » ..

              pour se recentrer sur l’essentiel :
              la junte (il faut, de fait, perquisitionner les choses par leurs noms) 
              la junte, au pouvoir, et à l’œuvre.

              • Passante Passante 6 février 2016 11:33
                c’est dans un tout, 
                et déjà rien qu’à l’échelle du mammouth microsofté à la criée des souks texans,
                y ajouter surtout  : 
                ce qu’ils ont perquisitionné il y a peu, cop 21 : « les têtes écolos ».
                les accents circonflexes des forêts sont déjà là -
                il s’agit, entre autres, désormais, de faire disparaître 
                jusqu’aux traces du monde qu’on efface,
                toute décision sur l’écriture est acte royal,corps de la nation en jeu, 
                une misérable incisive ne cachera pas cette mâchoire.


              • tf1Groupie 6 février 2016 11:08

                Un article retrograde comme on en voit souvent dès qu’on change 3 règles d’orthographe.

                Par exemple le commentaire sur le langage SMS qui en fait est resté marginal.


                • AlainV AlainV 6 février 2016 19:20

                  @tf1Groupie

                  Tout arrive. Je suis rarement d’accord avec vous, tf1Groupie, sauf cette fois.


                • Julien30 Julien30 6 février 2016 23:31

                  @tf1Groupie
                  Allez voir sur des forums où des jeunes s’expriment, faites le test comme moi et vous verrez si le langage SMS est resté marginal, vous n’allez pas être déçu.


                • julius 1ER 8 février 2016 08:06

                  @Julien30


                  le langage est un code .. pourquoi ne pas admettre une fois pour toutes que le texto et le SMS sont un dialecte à part entière et non pas du français classique ???? 

                  on ne va pas reprocher à des gens de parler du patois bressan ou basque et leur dire que ce n’est
                  pas du « bon » français !!!

                • Aristide Aristide 6 février 2016 11:13

                  Encore un article où la mesure saute au yeux. Voilà donc que l’abandon marginal de quelques accents devient le symbole de tous les abandons. 


                  On trouve ici ou là des chevaliers de l’orthographe qui défendent le mur contre le mûr, le jeune contre le jeûne, ... ils n’ont pas eu la curiosité de lire la réforme, trop longue lecture de ces quelques pages surement, ils préfèrent proférer des bêtises. Car ces cas d’homophonie sont exclus de la réforme. 

                  Le nénuphar de notre enfance va laisser place à nénufar. Bizarre que l’on corrige une erreur récente qui attribuait une étymologie grecque à ce mot arabe. Enfin, les deux orthographes seront autorisées jetant un pont entre les deux rives de la méditerranée.

                  En parlant de pont, voilà donc que hier sur France Inter, une technique particulière a été mise en évidence par un chroniqueur du matin, le « block and bridge ». J’ai déjà accompli l’irréparable en reprenant ce terme anglais qui désigne une méthode consistant à dévaloriser un avis, un acte quelconque en établissant un pont entre deux sujets. 

                  L’utilisation de ce procédé est flagrant dans cet article, comme donc ne pas annoncer l’abandon complet de la civilisation par la réforme bien modeste de quelques règles orthographiques. A la manière du « qui vole un œuf et le boeuf ensuite », ou « qui fume du hash avant de se piquer à l’héroïne », ... l’auteur ne manque pas d’en appeler à la dissolution programmée de la langue, rien que cela.

                  En conclusion, je dirais que toutes les réformes aussi justifiées ou injustifiées soient elles, devront passer l’épreuve de l’usage, il est fort à parier que le nénuphar ne perde pas demain son ph, et que quelques accents circonflexes résistent à cette fin annoncée à grand renforts de trompette sur la décadence de notre civilisation.



                  • Jason Jason 6 février 2016 11:21

                    @Aristide

                    Très bien dit. L’orthographe tant vantée, avec ses terreurs et ses erreurs continuera à créer incertitudes et craintes.


                  • Jason Jason 6 février 2016 11:14

                    On assiste à une levée de boucliers des conservateurs et à des frayeurs qui touchent à la paranoïa.

                    Chacun peut retourner à ses tables de conjugaisons, et chérir toutes les anomalies qu’on rencontre dans l’excellente grammaire de Grevisse, avec ses 1400 pages. Si vous allez à l’étranger n’oubliez pas de l’emmener dans vos bagages.

                    Réformer fait toujours peur dans ce cas, mais c’est souvent nécessaire. Avec bientôt 8 milliards d’habitants sur la terre, la français risque de se retrouver comme une curiosité folklorique.

                    Et si les français sortaient de leur coquille franchouillarde ?

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