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Accueil du site > Tribune Libre > L’ouverture : la grande forfaiture

L’ouverture : la grande forfaiture

Dans une récente déclaration, le Président de la République a explicité le sens de ce qu’il appelle « l’ouverture ». Celle-ci se révèle en fait n’être qu’une « forfaiture » contre le débat démocratique républicain. 

Le 8 juillet 2009 : Nicolas Sarkozy, toujours aussi modeste, a déclaré la chose suivante :

« Depuis 2002, j’ai toujours une idée d’avance . Il faut mobiliser les électeurs tout en démobilisant les adversaires. Toute la stratégie de l’ouverture est là. "Je sais que ça vous gêne l’ouverture" a-t-il dit à son camp, "mais je dois vous mener à la victoire". KOUCHNER, BESSON, MITTERRAND, ROCARD, voilà ce que dit SARKOZY hier, "L’ouverture ne fait pas gagner une seule voix, mais elle démobilise l’adversaire. "On a bouffé", apparemment c’est le terme du Président, « on a bouffé la crédibilité de la gauche sur l’écologie, idem sur la culture, idem sur l’ouverture", a-t-il estimé. "Une des leçons des européennes c’est qu’il faut poursuivre l’ouverture", a poursuivi le président "y compris face au sectarisme du PS incarné par Bertrand DELANOË".

Outre le fait que la droite a gagné les élections européennes parce que 70% des moins de 30 ans se sont abstenus - dégoutés par le traité de Lisbonne que l’on fait passer au mépris du référendum de 2005 - on comprend mieux la stratégie purement cynique de Nicolas Sarkozy.

Lui qui a filtré l’accueil de Barack Obama aux cérémonies du débarquement à 300 militants UMP triés sur le volet, lui qui effectue régulièrement des déjeuners limités à ses seuls soutiens de l’ump, lui qui au sein même de l’UMP a créé un clivage entre les siens et les chiraco-villepiniste, lui qui programme des mesures pour ses catégories électorales (paquet fiscal, travail le dimanche, loi hadopi, défiscalisation d’heures supplémentaires, monopole de la publicité aux chaines privées, garantie de marchés publics à ses quelques amis, centaines de milliards d’euros donnés en cadeau au milieu bancaire et financier), M. Sarkozy attaque par le flanc droit Bertrand Delanoé pour lui accoler une étiquette de "sectaire".
 
On en rirait, si ce Président, qui aura dramatiquement aggravé le déficit public et la dette, alourdit les dépenses publiques de communication, de représentation et de l’Elysée, n’était pas le plus autoritaire Président de la Vème République, ce dont témoigne sa réforme Constitutionnelle qui, comme le dit JF Copé, fait basculer la France dans un nouveau régime, une République monarchie ou une monarchie républicaine, où l’exécutif a une main sur chaque pouvoir. 
 
Une main sur le pouvoir législatif, par le biais du contrôle de la majorité par le parti et par une majorité automatiquement acquise du fait de la succession rapide des élections présidentielles et législatives. Une main sur le pouvoir judiciaire, avec un parquet qui n’a jamais autant obéi aux volontés du politique, et une suppression du juge d’instruction. Une main sur le pouvoir médiatique, avec le contrôle des chaines privées et d’une très grosse majorité de la presse officielle par ses amis, et le contrôle des chaînes publiques depuis qu’il nomme officiellement, comme le fait du prince, qui il veut à leur tête. Seul Internet semble lui échapper, d’où la mise en place de cellules de veille internet dans les Ministères, et le contrôle de tous les citoyens par la mise en place légalisée par hadopi, de chevaux de troie étatiques (virus espions) sur les ordinateurs de tous les citoyens de ce pays. 

Cette déclaration du Président, toute en finesse, est une réaction à ce qu’a déclaré Bertrand Delanoé à propos de l’ouverture des magasins le dimanche sur tout Paris, par un détournement des lois régissant le tourisme. Nicolas Sarkozy veut en effet faire de Paris une zone touristique dans son intégralité, afin de permettre l’ouverture le dimanche de tous les commerces parisiens.

Outrepassant le suffrage universel des parisiens, et donc les élus de la majorité parisienne dont c’est la compétence de déterminer les zones touristiques à Paris, le Président a décidé d’attaquer celui qui apparait déjà comme son principal opposant.

Mais ce qui frappe, à la lecture des propos de Nicolas Sarkozy, c’est l’usage de l’ouverture comme une arme de pure destabilisation, au mépris de toute attitude constructive et de tout respect démocratique de l’opposition. On ne cherche pas à faire de l’ouverture un mode de politique, mais simplement un outil qui vise à miner l’opposition, par la simple distribution de prébendes. 

Ce ne sont pas les Ministres d’ouverture qui vont remercier le Président pour cette déclaration. Ils apparaissent en effet comme de simple instruments de destruction de l’opposition. Car l’objectif, derrière tout cela, c’est d’éliminer le système démocratique qui a fait la France en fusionnant au sein de la sarkozie tous les courants politiques afin d’assurer une réélection en 2012, et d’affaiblir suffisamment la gauche pour amener à la destruction du PS, et la multiplication de "petits partis d’opposition" qui, incapables de se coaliser, ne pourront remonter la pente. La droite deviendrait propriétaire de la République, et débaucherait régulièrement quelques personnalités de gauche pour intégrer l’opposition à la Monarchie Républicaine voulu par un dictateur, "Nicolas le Petit", accroché au pouvoir, rêvant d’attribuer sa succession à son propre fils.

Cette situation est strictement inacceptable pour n’importe quel démocrate. Elle devrait faire honte à ceux qui ont accepté cette trahison de toutes les valeurs pour se vendre à un Président qui les méprise, qui méprise l’opposition, qui méprise le suffrage universel. Kouchner, Besson, Amara, sont la lie de la politique, l’incarnation d’un nihilisme cupide et assoiffé de pouvoir et de positions sociales. Ils ne sont que la réplique, 65 ans après, de la trahison de la gauche par quelques collaborationnistes du type de Doriot ou de Déat, et de tous ceux qui ont voté, à gauche, les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. 

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4 réactions à cet article    


  • Fergus fergus 11 juillet 2009 11:01

    Ce n’est pas l’ouverture en elle-même qui pose problème (elle est pratiquée dans de nombreux pays sans que cela soit choquant), mais, comme vous l’avez souligné dans la conclusion, le fait que les personnalités da gauche appelées par Sarkozy se soient fait phagocyter.

    Au point d’avoir perdu toute crédibilité et toute influence (Kouchner, Amara, Bockel) ou de s’être carrément damné comme le servile et répugnant Besson. Seul Hirsch tire un peu son épingle du jeu, mais en accréditant par sa présence une honteuse politique de clientélisme et de casse généralisée des droits sociaux !


    • armand armand 11 juillet 2009 15:18

      BobGratton se confirme en tout cas comme l’un des meilleurs représentants sur ce site de l’entité nazie, reprenant tous les poncifs dans le genre.
      F...ck-off, pauvre type !


    • Emmanuel Goldstein Emmanuel Goldstein 11 juillet 2009 16:43

      En effet, cette obsession anti-sioniste laisse bouche-bée.

      C’est une conséquence collatérale de la terrible attaque de Gaza de janvier.

      Je continue à dire à ceux qui ne voient la situation politique que par ce prisme se trompent et se fourvoient.

      Il y a une place pour la contestation de la politique d’Israel dans les partis de gouvernement.

      SArkozy lui-même s’est distancié d’Israel, et s’est d’ailleurs fait rabrouer par le gouvernement israélien.

      Je pense que ce qui est grave, c’est en creux l’idée qu’il y aurait véritablement un complot juif mondial dans les discours des obsessionnels anti-israéliens. Mais sur ce point, ils se trompent. Il y a une convergence d’intérêt perçue comme telle chez certains juifs dans le monde entier, mais l’ensemble des juifs ne sont pas favorables à la politique israéelienne, et j’en suis un. En ce qui me concerne je suis pro palestinien, pour un Etat, disposant de sa pleine souveraineté (même militaire) mais je ne crois pas que la posture consistant à stigmatiser le sionisme et en arrière la main, le judaisme, soit une attitude constructive pour les palestiniens, ni même pour ceux qui s’en font les hérault. Ils discréditent leur combat puisqu’ils le fondent sur une stigmatisation d’une « propriété ethno-religieuse : la judéité.

      Enfin, je dirais que cette nouvelle qualification que les dieudonnistes se sont accolés »d’anti-sionisme« n’a aucun sens puisqu’ils ne sont pas »pour la destruction d’Israel« et si c’était le cas, ce serait très grave.

      En revanche, on peut-être très opposé à la politique d’israel (que ce soit son militarisme, sa société à deux vitesses entre juifs et arabes israéliens, ou la colonisation, et même la composition de son gouvernement), tout en reconnaissant son droit à l’existence, mais tout en proclamant le droit des Palestiniens à la souveraineté nationale. On pourrait appeler ça de »l’anti-israéliesme" du , moins tel qu’Israel est et se définit au moment où nous parlons, étant entendu que cette attitude peut changer dasn l’avenir. C’est ce que j’espère.


    • armand armand 11 juillet 2009 18:26

      E.G. :

      C’est tout simplement une obsession antisémite, voir les interventions où ce sinistre individu donne dans le négationnisme pur et simple. ça n’a rien à voir avec Gaza. D’ailleurs, ceux de son espèce s’en fichent de tous les pays du monde où les musulmans sont massacrés à grande échelle ou simplement persécutés - chaque fois qu’il y a un conflit qui implique des Juifs - ou accessoirement des Américains - ils répondent présents, comme dans les années ’30.

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