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Accueil du site > Tribune Libre > L’UE en 2027 : fédération, empire ou curiosité historique ? Ou le (...)

L’UE en 2027 : fédération, empire ou curiosité historique ? Ou le fabuleux destin de la « démocratie cosmopolite »

La seule certitude concernant l’avenir de l’Union Européenne, c’est que le doute s’est installé dans les esprits des citoyens des états membres.

Même si les deux phénomènes obéissent à des motivations très différentes, le référendum britannique sur la sortie de l’UE et le mouvement catalan pour l’indépendance sont les éléments visibles révélateurs d’un mycélium nationaliste souterrain profond ; il ne suffit pas de cueillir les champignons qui apparaissent en surface pour que la vitalité de l’organisme souterrain soit un tant soit peu affecté.

Les processus qui ont mené à la victoire du « brexit » en juin 2016 et l'exacerbation du sentiment séparatiste catalan sont des indicateurs sur les limites objectives de l'utopie d'une unité européenne.

Pour les observateurs myopes dont les performances visuelles se limitent à un champ étroit et rapproché, l’avenir le plus probable de l'Europe serait un super-état néolibéral « démocratique » dirigé conjointement par Berlin et Bruxelles. Et en effet, après avoir fait main basse sur le pouvoir économique (finance, industrie et commerce), l'élite européenne travaille dur depuis longtemps pour que le pouvoir politique soit transféré des gouvernements nationaux à une super bureaucratie basée à Bruxelles, un effort permanent dans lequel Berlin joue le rôle de la locomotive et Paris celui du tender, deux éléments indissociables mais d’importance inégale.

Pour ceux qui préfèrent le rêve à la réalité, il existe une alternative : les Etats-Unis d'Europe, une Europe à intégration totale et sans états-nations, l’Europe des régions imaginée par des fabulistes talentueux qui ont réussi à convaincre les plus naïfs des tribuns de la scène politique, et dont les plus touchants sont ceux qui croient à ce qu’ils disent. Le projet repose sur une autre fable à grand succès : les normes et les « valeurs » de la « démocratie » appliquées à un niveau transnational et même mondial, la « démocratie cosmopolite » (le « monde » se résumant évidemment à ce que les larbins de la presse appellent « communauté internationale »).

En tant que citoyen d'un super-État néolibéral européen, votre vie serait définitivement déterminée par deux entités déjà en place aujourd’hui : la bureaucratie administrative (le mot « politique » aura disparu du lexique officiel) basée à Bruxelles et l'hégémonie économique (non élue, évidemment), Berlin-Paris. Ils dicteront le processus d'élaboration des programmes à exécuter, tandis que les états-nations résiduels tampons situés à la périphérie de l'union seront transformés en « satellites », une zone de sécurité inconfortable protégeant le territoire sanctuarisé des raids barbares.

Une telle anticipation ne fait que développer les germes qui lèvent sous nos yeux comme le révélateur faisait apparaitre les images dans les cuves des labos-photos argentiques.

Depuis les derniers traités européens, la coopération économique entre les états membres tourne autour de principes destinés à maintenir et renforcer les intérêts des agents économiques les plus puissants et influents en écrivant les feuilles de route distribuées aux états-majors des politiques publiques locales.

Ce cynisme autrefois baptisé « Realpolitik » définit également le véritable programme de politique étrangère des autorités et des institutions de l'UE, à travers leur double approche de l'intégration et de la sécession. Ces autorité se sont opposées à la déclaration d'indépendance de la Catalogne fin octobre 2017 parce qu'elles ne souhaitent pas voir l'Espagne (un Etat membre de l'UE) divisée,. Par contre, elles ont apporté un soutien unanime en 2008 à l'indépendance du Kosovo.

Pour des observateurs dotés de capacités optiques permettant un minimum de recul et d’élargissement du champ visuel, l’Europe ne se dirige pas vers un super-état libéral « démocratique », mais vers le statut de puissance impériale reposant sur les structures d'un super-état néolibéral dans lequel la notion même de « démocratie », fût-elle réduite au simulacre actuel, aura perdu tout contenu. Il suffit de constater la manière dont les programmes de renflouement de la Grèce, de l'Irlande, du Portugal, de l'Espagne et de Chypre ont été traités pendant la crise de l'euro pour comprendre que l’utilisation de tactiques anti-démocratiques lourdes est un modèle destiné à se généraliser.

En Grèce et en Italie, les gouvernements « démocratiquement élus » ont été contraints de démissionner sous la pression des autorités de l'UE et ont été remplacés par des gouvernements technocratiques non élus.

Dans le cas de la Grèce, le ministre des finances allemand et les représentants de l'UE ont même refusé d'accepter le résultat d'un référendum. Ils exercent un contrôle direct sur l'économie, après avoir transformé le pays en une colonie débitrice sous séquestre, à la suite de mesures d'austérité brutales et un refus catégorique de restructurer la dette. Dans cet exemple, les dirigeants allemands ont la mémoire courte. En 1953, le « London Debt Agreement » a considérablement allégé la dette de l’Allemagne pour ne pas reproduire le cas de figure des années 30, mais aujourd’hui, les héritiers d’Adenauer refusent de rembourser à une Grèce étranglée financièrement un prêt estimé à des dizaines de milliards d'euros que le pays a dû consentir aux occupants nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. 

L'émergence d’ États-Unis d'Europe « démocratiques » supposerait non seulement la refonte complète de l'architecture actuelle de l'UE et de l'unité fiscale, mais aussi le développement d'un nouveau niveau de conscience politique.

Les différents peuples d'Europe devraient adopter une version cosmopolite de la démocratie qui ne soit en contradiction ni avec leurs cultures politiques nationales, ni avec l'attachement émotionnel des nations à leurs « patries ».

Il semblerait que nous ne soyons pas près d’atteindre ce stade. Nous nous identifions aux « valeurs » et à l’histoire de nos peuples et de nos nations, et pas à celles du monde entier, même si nous adhérons à des principes dits « universels ». L’idée de « démocratie cosmopolite » est une coquille vide et intemporelle. Pour qu’une « démocratie cosmopolite » fonctionne, il faudrait appliquer un ensemble de normes, de pratiques et de valeurs dans un monde qui n’aurait ni frontières, ni cultures nationales ni expériences historiques distinctes. Une telle gouvernance mondiale serait une forme de panthéisme.

Les Etats-Unis d’Amérique ont été construits non pas ex-nihilo, mais sur un territoire occupé par des peuples auxquels les envahisseurs ont dénié toute légitimité, ce qui leur a permis de considérer que l’espace disponible était vierge et d’imaginer la mythologie moderne de l’ »american dream ». Le territoire européen n’est pas vierge, et la légitimité des peuples qui l’occupent n’est contestée par personne.

Contrairement à la perception procurée par une vision myope, un regard lucide et corrigé ne peut que constater que l'UE ne se dirige actuellement ni vers une forme de fédération, ni même une confédération. Elle a une tendance « naturelle » à concentrer de plus en plus de pouvoir politique au détriment des états-nations démocratiques afin d'étendre la tyrannie du marché néolibéral au profit du capital européen et mondial.

La notion d'une Europe unie sert davantage de guide politique vers la création d'un super-état technocratique (pour rester dans l’euphémisme) plutôt que la refonte du paysage politique européen sur le modèle d'un régime démocratique fédéral.

 


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50 réactions à cet article    


  • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 19 novembre 15:38

    Il faudrait que les lois de la natures soient fausses, pour que l’utopie de Bruxelles puisse concrétiser ses objectifs ! 


    J’ai tout expliqué dans mes articles et vous avez tous compris, mais au lieu d’accepter telle quelle l’explication, vous vous donnez au contraire à l’interprétation... Interprétez donc !

    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 19 novembre 16:22

      @Mohammed MADJOUR

      1. « - C’est cruellement fatiguant d’être intelligent.
        - Je sais pas, faudra que j’essaie. »

        (François Pignon et Pierre Brochant)

    • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 19 novembre 17:10

      @Jeussey de Sourcesûre

      On ne choisit pas...

    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 19 novembre 17:16

      @Mohammed MADJOUR

      Est-ce que les gens naissent égaux en droits 
      A l’endroit
      Ou ils naissent 
      Que les gens naissent 
      Pareils ou pas 

      On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille 
      On choisit pas non plus les trottoirs de Manille 
      De Paris ou d’Alger
      Pour apprendre à marcher


      Je suis né quelque part
      Je suis né quelque part 
      Laissez moi ce repère

    • lejules lejules 20 novembre 15:19

      @Jeussey de Sourcesûre
      « On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille »
      c’est ce que l’on pense dans la civilisation occidentale. ce n’est pas forcement ce que l’on croit dans les cultures asiatiques, ou suite aux réincarnations on choisit ses parents et le lieu ou l’on doit naitre afin d’être dans les meilleurs conditions pour accomplir son destin. ce ne sont pas les parents qui choisissent de faire un enfant mais l’enfant qui choisit ses parents pour qu’ils copulent et qu’il puisse renaitre. on ne subit pas sa naissance on la créer.


    • roby 20 novembre 18:01

      @lejules
      Alors selon cette vision qu’est-ce qu’il y à comme gosses qui choissisent mal leurs parents !



    • lejules lejules 21 novembre 16:13

      @roby
      mais aussi qu’est ce qu’il y a comme gosses qui choisissent bien leurs parents !
      cette vision des choses est partagée par des milliards de personnes aux indes ou en chine
      ce que je trouve d’ intéressant dans cette philosophie c’est qu’elle élargie l’esprit en proposant une autre façon de voir les choses et qu’elle remet en place nos soit disant certitudes....bref on pourrait en discuter pendant des heures mais ce n’est pas le propos de l’article.


    • Thierry SALADIN Thierry SALADIN 19 novembre 15:42

      @ l’auteur,
      D’accord avec votre analyse.
      Une seule solution pour la France, et pour son peuple : sortir de ce piège et vite !
      Autrement dit : activer l’article 50 du TUE.
      Le problème, c’est que la classe politique française, laquelle nous a amenés là où nous sommes, est européiste jusqu’à la moelle. Sans exception.

      Il faut donc faire entrer cette idée dans la tête des citoyens, gavés qu’ils sont par la télé et autres merdias, lesquels sont possession des milliardaires.
      Mais ce n’est pas gagné. Vous parlez de sortir de l’UE ? Et on vous répond que vous êtes pour les thèses du FN...
      Il n’y a pas à dire : la propagande fonctionne bien.

      Cordialement.

      Thierry Saladin


      • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 19 novembre 16:16

        @Thierry SALADIN

        C’est en effet une des deux fonctions du FN, l’autre étant de servir de prétexte au vote utile qui amène les électeurs à voter contre leur propre intérêt pour chasser l’épouvantail. C’est comme ça que les victimes choisissent leurs bourreaux, que les souris choisissent comme chefs des chats noirs ou des chats blancs qui les mangent une après l’autre en leur faisant croire qu’ils les protègent contre les rats qui ont la peste.

      • robert leleu robert leleu 19 novembre 17:48

        @Thierry SALADIN
        Pourquoi ne sauver que les français ? À mon avis, malgré ses défauts l’UE est ma cible à sauver....


      • Ar zen Ar zen 20 novembre 09:52

        @robert leleu

        Vous voulez « sauver » l’UE ? Que connaissez vous à son fonctionnent ? Qu’est-ce que l’UE pour vous ? 

        Connaissez vous la différence entre une directive européenne et un règlement européen ? Si vous répondez à cette question à brûle pourpoint, sans rien consulter, alors il est probable que vous vous êtes intéressé à l’UE. En revanche, si vous ne le savez pas, il est certain que vous vivez une UE fantasmée !

      • pallas 19 novembre 16:19
        Jeussey de Sourcesûre

        L’Europe n’existe déjà plus, La France est actuellement en guerre civil, mais à vrai dire je m’en tamponne.

        Le monde en 2027 sera un cauchemars pour les résidents, dépassant cette fois mon imagination en terme du mot « Tartare ».

        Je m’amuse, c’est beau, un conte digne des enfers.

        Il est presque évident que dans 9 ans je ne serais plus de ce monde, j’espère sincèrement qu’il n’y aura pas d’êtres conscients, c’est mon seul souhait.

        Abandonnée tout « espoir » en ce lieu ce mot est bannie pour l’éternité smiley

        Salut


        • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 19 novembre 16:29

          @pallas

          « C’est par moi que l’on va dans la cité plaintive : 
          « C’est par moi qu’aux tourments éternels on arrive : 
          « C’est par moi qu’on arrive à l’infernal séjour.

          « La Justice divine a voulu ma naissance ; 
          « L’être me fut donné par la Toute-Puissance, 
          « La suprême Sagesse et le premier Amour.

          « Rien ne fut avant moi que choses éternelles, 
          « Et moi-même à jamais je dois durer comme elles. 
          « Laissez toute espérance en entrant dans l’Enfer ! »

          Au sommet d’une porte en sombres caractères 
          Je vis gravés ces mots chargés de noirs mystères : 
          « Maître, » fis-je, « le sens de ces mots est amer ! »

          Mais lui d’une voix ferme : « Il n’est plus temps de craindre ! 
          Tout lâche sentiment dans ton cœur doit s’éteindre ; 
          Il faut tuer ici le soupçon et la peur.

          Dante - L’enfer


        • pallas 19 novembre 16:36

          @Jeussey de Sourcesûre

          En effet c’est « La divine Comédie », une pièce de théâtre des plus intéressantes.

          Vous avez compris mon propos smiley

          Salut


        • Gatling Gatling 20 novembre 16:04

          @pallas
          C’est vrai qu’on en a rien à foutre !!!!  smiley


        • ZenZoe ZenZoe 19 novembre 17:19

          L’Europe fédérale n’existera jamais, ou sera vouée à disparaître dès sa création. Les empires qui ont émaillé son histoire se sont tous cassé la figure au bout d’un moment.
          L’Europe n’est pas et ne sera jamais une entité durable. Nous avons des voisins (avec qui nous nous sommes battus et avec qui nous vivons aujourd’hui en bonne intelligence), nous ne sommes pas des membres d’une même famille. Tous les peuples européens le savent et ne veulent pas être une seule nation. Le fait que nos dirigeants forcent la marche en dit long sur la désintégration de la démocratie en Europe.


          • roby 20 novembre 18:06

            @ZenZoe
            On n’est déjà même pas foutu de s’entendre entre voisins du même palier alors l’Europe...


          • pallas 19 novembre 17:27
            Jeussey de Sourcesûre

            Bonsoir,

            Vous usez de la même méthode que moi smiley.

            N’y violent et en aucuns cas méchant, cherchant simplement une réponse.

            Vous pouvez remarquer que la réponse est mécanique, sans une once de réflexion.

            Tel « Alice au pays des merveilles », bienvenu de l’autre coté du miroir smiley

            Salut


            • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 19 novembre 17:48

              @pallas

              Du pays des merveilles où de notre environnement, lequel des deux mondes a abandonné la logique au profit de la folie ? 

              Lequel est peuplé de personnages ambigus et inquiétants ? 
              On ne passe pas de l’autre côté du miroir : il ne fait que renvoyer l’image réelle du monde que nos yeux voient à travers les lunettes de notre formatage social et culturel.
              Le renversement du reflet restitue une réalité inversée mais réaliste.

            • pallas 19 novembre 18:05

              @Jeussey de Sourcesûre

              Je ne sais strictement rien de votre « question ».

              Dans le monde du Hadès, cela est chose personnel.

              Les enfers sont d’ordres personnel, je suis dans le miens.

              Franchement il n’y a pas mieux cauchemars que ce monde ci, une merveille, me blessant, torturant mon âme, parcontre il y a un mais, smiley, une limite simple et basique infranchissable smiley, les Dieux eux même en ce lieu est interdit, simplement smiley .

              Comprenez vous, les enfers ne sont que le lieu de sa ténébreuse noirceurs et pécher, le miroir de soit même.

              Des individu(e)s, se considérons comme des lâches ou héros, voir insignifiants.

              Salut


            • leypanou 19 novembre 17:30

              et la légitimité des peuples qui l’occupent n’est contestée par personne. : oui mais dans la mesure où ses dirigeants se soumettent au diktat de l’exceptionnalisme états-unien dont l’extra-territorialité de ses lois, quelle est l’utilité de la légitimité des peuples ?

              Vous avez beau être légitimes, si vous êtes laquais via vos dirigeants, à quoi cela sert il ? (même l’accueil de migrants est imposé !!!)


              • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 19 novembre 17:58

                @leypanou

                La résilience des peuples est peut-être plus forte que le passage éphémère de l’OTAN et les effets de l’étalon dollar...

              • rogal 19 novembre 21:35

                Il serait temps de passer à autre chose. Une confédération minimale d’États pour des peuples conservant leur entière souveraineté permettrait déjà beaucoup de choses dans l’ordre de la vie collective de nos nations.
                Bien que ce soit mal, je suis de plus en plus nationaliste.


                • Drugar 21 novembre 12:26

                  @rogal
                  Bonjour rogal, peut-être le mot juste serait-il plutôt souverainiste que nationaliste, aux vues de ce que vous exposés ? 

                  Le terme de nationaliste comporte une notion de renfermement et de rejet des cultures étrangères : c’est faire prévaloir sa vision des choses, même s’il faut pour cela écraser / détruire les autres.
                  Le souverainisme en revanche, fais prévaloir le droit de chaque peuple ou nation à décider lui-même de son propre avenir et cela sans rejet de l’autre, bien au contraire. Il tend également à vouloir protéger l’intérêt du peuple / de la nation contre les agressions extérieurs, venant, en général, des nationalismes justement.

                • BA 20 novembre 00:27

                  L’Allemagne est ingouvernable.

                  Les élections fédérales allemandes de 2017 se sont tenues le 24 septembre 2017. Elles ont vu l’élection de 94 députés d’extrême-droite : je dis bien 94 députés d’extrême-droite.

                  Depuis ce jour-là, l’Allemagne est ingouvernable.

                  CITATION :

                  L’arrivée à la chambre des députés de l’AfD, qui était resté sous la barre des 5% en 2013, constitue un tournant dans l’histoire allemande d’après-guerre.

                  Car elle signifie que pour "la première fois depuis 70 ans, des nazis vont s’exprimer au Reichstag", le bâtiment qui abrite la chambre basse du Parlement, a tonné avant le scrutin le ministre des Affaires étrangères et figure des sociaux-démocrates, Sigmar Gabriel.

                  https://www.romandie.com/news/ZOOM-Allemagne-la-droite-nationaliste-brise-un-tabou-avec-une-percee-historique/836022.rom

                  Nous avons déjà vu ce film.

                  Nous savons ce que sera le XXIe siècle en Europe.

                  En Allemagne en particulier, la catastrophe sociale provoque en réaction la catastrophe politique.

                  Dans l’Union Européenne en général, la catastrophe sociale provoque en réaction la catastrophe politique.

                  2016 : il y avait 860 000 sans-abri en Allemagne. La moitié d’entre eux sont des migrants.

                  2018 : il y aura 1,2 million de sans-abri en Allemagne.

                  Près de 20% de la population allemande, soit 16 millions de personnes, sont menacées par la pauvreté, indiquait l’office fédéral de la statistique la semaine passée.

                  Mercredi 15 novembre 2017 :

                  CITATION :

                  Jusqu’à 1,2 million de sans-abri en Allemagne l’an prochain ?

                  Le nombre de sans-abri devrait atteindre 1,2 million de personnes en 2018 en Allemagne. La crise du logement prend de l’ampleur, indique ainsi l’association fédérale pour les sans-abri dans un rapport...

                  Ce document est rendu public alors que s’accroît l’inquiétude face à la hausse du taux de pauvreté et la capacité du pays à intégrer quelque 1,1 million de migrants qui sont entrés sur le territoire allemand au cours de deux dernières années.

                  L’association caritative indique que plus de 860.000 personnes ne disposaient pas d’un logement en 2016, soit une hausse de 150% par rapport à 2014. La moitié d’entre eux sont des migrants.

                  Quelque 52.000 personnes vivaient dans la rue l’an passé, soit une augmentation d’un tiers par rapport à 2014.

                  Selon les estimations, le nombre de personnes hébergées dans des foyers et des centres d’accueil devrait augmenter de 40% supplémentaires d’ici l’an prochain en raison de la hausse des loyers, de la réduction du parc des logements sociaux, et du nombre croissant de migrants obtenant le statut de réfugiés et de fait éligibles à un logement.

                  Le nombre de nouveaux arrivants a accentué la tendance, précise l’association tout en dénonçant également des « erreurs » dans la politique du logement.

                  Près de 20% de la population allemande, soit 16 millions de personnes, sont menacées par la pauvreté, indiquait l’office fédéral de la statistique la semaine passée...

                  http://www.boursier.com/actualites/economie/jusqu-a-1-2-million-de-sans-abri-en-allemagne-l-an-prochain-37397.html


                  • roby 20 novembre 18:13

                    @BA
                    En tant que voisin de l’Allemagne je confirme vos propos par le témoignage de nombreux travailleurs frontaliers l’expression « vivre comme dieu en France » est à nouveau d’actualité , seul le patronat Allemand se frotte les mains avec l’arrivée de main d’oeuvre corvéable à souhaît


                  • bob14 bob14 20 novembre 06:55

                    (La seule certitude concernant l’avenir de l’Union Européenne)..c’est que Merkel pédale dans la choucroute...Echec pour former un gouvernement... !


                    • bob14 bob14 20 novembre 07:45

                      L’UE en 2027 ?..un lointain souvenir !


                      • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 20 novembre 08:34

                        @bob14

                        c’est ce que je voulais suggérer par « curiosité historique ».

                      • BA 20 novembre 09:40

                        C’est une photo historique.

                        C’est la photo d’Angela Merkel, qui s’exprime devant les journalistes, dans la nuit du 19 au 20 novembre 2017.

                        Sur la photo, les dirigeants de la droite pro-européenne, la CDU, entourent Angela Merkel : ils ont des têtes d’enterrement.

                        C’est la mort de la droite pro-européenne, la CDU, qui vient juste de plonger l’Allemagne dans le chaos politique.

                        C’est la mort de la gauche pro-européenne, le SPD, qui a disparu du paysage.

                        C’est la mort du soi-disant « modèle allemand ».

                        En Allemagne, la droite pro-européenne a créé une catastrophe sociale.

                        Cette catastrophe sociale a entraîné une réaction des électeurs allemands : le 24 septembre 2017, pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, 94 députés d’extrême-droite ont été élus en Allemagne.

                        Je dis bien : 94 députés d’extrême-droite.

                        L’Allemagne est ingouvernable.

                        http://img.lemde.fr/2017/11/20/299/0/5084/2542/644/322/60/0/58869b5_738-kjao1.hyr8kyy14i.jpg


                        • francois 20 novembre 11:19

                          @BA
                          bis répétita


                          si non Germaine étant un fédération, elle se gouvernera très bien toute seule

                        • francois 20 novembre 11:22

                          l’europe, L’ue, l’euro, l’otan... : pas de sortie. Les doctes appellent ça l’effet cliquet.


                          • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 20 novembre 13:26

                            @francois

                            Les « doctes » (les pédants, les sophistes, les raseurs)aiment bien les théories à la mode, même si les réalités montrent la vacuité de leur contenu. Si j’ai bien compris cette « théorie » utilisée en marketing, l’utilisation par les consommateurs de produits technologiquement avancés tels que téléphone portable ou bagnole rendrait tout retour impossible parce que le consommateur ne pourrait plus s’en passer. Moi, j’appelle ça une addiction, et ça se soigne. 

                            En politique, l’« effet cliquet » est supposé rendre impossible la remise en question de conquêtes sociales quand la droite revient au pouvoir. Le thatchérisme a montré le contraire et Narcisse Plumox est en train de l’imiter. L’« effet clique »t n’a pas fonctionné pour la démolition du code du tavail. Cliquet cassé ?

                          • francois 20 novembre 15:25

                            @Jeussey de Sourcesûre
                            l’effet cliquet n’a pas fonctionné !!! Jeussey vit dans sur quelle planète.


                            L’effet cliquet apparaît quand le coût du retour en arrière supérieur au coût du statu quo ou de la fuite en avant.
                            Personne ne veut de la sortie de l’ue, l’euro... sauf quelque rêveurs et les rêveurs ne font pas le présent, le monde, etc.

                            Le code du travail est bien le pire des exemples, revenir en arrière ne coûte rien, le maintenir coûte trop chère pour la ploutocratie.

                            Jeussey ne vous transformez pas en Rosemar ; L’effet cliquet vous empêchera de retourner en arrière


                          • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 20 novembre 15:31

                            @francois

                            c’est quoi le Brexit ?

                          • francois 20 novembre 17:11

                            @Jeussey de Sourcesûre
                            Décidément !

                            Pas d’euro, une position particulière dans l’UE. Aucun rapport avec les autres pays.

                          • francois 20 novembre 17:14

                            @Jeussey de Sourcesûre
                            et j’oubliais : la monnaie c’est la souveraineté ce qu’à la GB et non les autres.exception de l’Allemagne qui a germanisé l’euroi à son profit.


                          • Eric F Eric F 20 novembre 14:39

                            Et l’UE, imperturbablement, envisage d’intégrer Serbie, Macédoine, Kosovo... la balkanisation se poursuit.
                            Il y a eu dérapage après Maastricht, lorsque l’élargissement vers l’Est est devenu prioritaire par rapport à ce qu’aurait pu être un « volet social » qui avait été promis lors de la création de l’euro.
                            Donc il y a un grand écart entre une Union intensive (harmonisation fiscale et sociale, défense des peuples fondateurs) et une Union extensive (élargissement à tout le continent) qui n’était en réalité pas le domaine de l’UE mais du Conseil de l’Europe et des coopérations renforcées.

                            Il faudrait une refondation avec un nombre limité d’états de niveau économique et social homogène, mais il est quasi impossible de détricoter ce qui a été mis en place par la politique du fait accompli. En tout cas rien ne se fera sans renverser quelques tables, Hollande y a renoncé dès le début de mandat, et Macron n’en n’a jamais été partisan (par exemple suspension de l’application de la directive sur les travailleurs détachés au titre de la « clause de sauvegarde », et application de prélèvements sociaux différentiels sur les contrats en cours). 


                            • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 20 novembre 15:15

                              @Eric F

                              Où êtes-vous allé pêcher une « promesse » de volet social ?
                              Ce leurre a été utilisé par certains partis comme argument pour justifier leur soutien au développement d’une organisation qui n’a jamais eu un tel objectif.

                              Les deux objectifs exprimés étaient :
                              - la libre circulation des marchandises et des capitaux, c’est fait
                              - l’harmonisation des réglementations du travail, c’est en cours, à la baisse en ce qui nous concerne.

                              Les objectifs non-dits étaient le dumping social et le pillage des états membres par endettement de leurs contribuables, c’est fait aussi.

                              Le « volet social » n’a jamais fait partie d’aucun projet d’accords,ni de traités, ni de conventions. Il ne s’agit donc de démagogie électoraliste.

                              Hollande n’a renoncé à rien du tout. Son discours du Bourget comme son programme en 60 engagements étaient de gros attrape-nigauds comme la suite l’a montré. La seule politique voulue par un responsable est celle qu’il fait et non pas celle qu’il promet.

                              L’UE a été l’aboutissement ultime du plan Marshall : les élections du parlement européen ont permis d’acheter les élus à la tête des mouvement d’opposition et d’écarter toute alternative crédible à un système économique fondé sur la prédation. La corruption a été cent fois plus efficace que la répression ou la mise en place de milices brunes.

                            • Eric F Eric F 20 novembre 19:47

                              @Jeussey de Sourcesûre
                              Il y avait un « protocole social » annexé au traité de Maastricht, qui devait se déployer dans l’Europe des 12, le Royaume Uni ne l’a pas ratifié, et la mise en oeuvre s’est enlisée du fait de la priorité aux élargissements.
                              Lors de la campagne pour le referendum de 92 il avait été mis en exergue la dynamique sociale qui serait entreprise à l’étape suivante. Cela relevait effectivement de l’électoralisme, comme on a pu se rendre compte par la suite, mais cela entrait néanmoins dans les intentions affichées alors.

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