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L’UE proclame son droit de dicter de nouvelles conditions à l’Arctique

L'UE se considère comme un acteur à part entière en Arctique et compte participer à l'élaboration des règles pour cette région. 

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C'est la conclusion qui découle de la stratégie de l'UE sur l'Arctique rendue publique par la Commission européenne. 

Le document stipule que "l'Union européenne (UE) est présente dans l'Arctique. L'UE, en tant que puissance géopolitique, possède des intérêts aussi bien stratégiques qu'à court terme tant dans la partie européenne de l'Arctique que dans la région dans son ensemble. […] L'engagement total de l'UE dans les affaires arctiques est une nécessité géopolitique". Entre autres, Bruxelles promouvra l'idée d'une interdiction totale d'exploitation des ressources minières et le refus d'acheter les hydrocarbures extraites dans cette région. 

Depuis 2008, Bruxelles s'efforçait d'obtenir au moins le statut d'observateur dans le Conseil de l'Arctique, l'organisation qui réunit les huit États de l'Arctique (Danemark, Islande, Canada, Norvège, Russie, États-Unis, Finlande, Suède). Cette structure est parfois qualifiée de gouvernement fantôme de l'Arctique", car depuis 25 ans ses membres tentent de régler les questions clés de la région entre eux, sans accepter des acteurs en dehors de la région. 

Le Conseil de l'Arctique possède des observateurs (des pays et des organisations), mais leurs droits sont sérieusement limités. Cependant, l'UE ne parvient même pas à obtenir ce statut. C'est pourquoi Bruxelles a renoncé aux vaines tentatives d'obtenir le statut d'observateur au Conseil de l'Arctique et a changé de tactique, en décidant d'agir de manière plus directe. 

Bien que la stratégie de l'UE stipule que Bruxelles poursuivra ses tentatives d'obtenir le statut d'observateur au Conseil de l'Arctique, le fond de ce document se résume au fait que l'UE se considère en droit non seulement d'observer les processus en Arctique, mais également de dicter à cette région ses conditions. 

La Commission européenne veut voir cette zone "sûre, stable, durable, paisible et prospère". La stratégie souligne plusieurs menaces clés pour la région, notamment "une forte augmentation des activités militaires". Avant d'expliquer qui est le principal fauteur de troubles ici - la Russie. Le document parle de "l'affirmation accrue de la présence russe dans les eaux et l'espace aérien arctiques". Ce qui, d'après le document, préoccupe non seulement l'UE, mais également l'Otan. L'intérêt croissant de la Chine pour l'Arctique suscite également des suspicions en UE. 

Toutefois, il n'est pas question d'intentions de se lancer dans une rivalité de force pour l'Arctique avec la Russie dans la stratégie (c'est l'Otan qui s'en charge). Alors que les pays de l'UE ont l'intention de coopérer plus activement dans les secteurs tels que la prévision stratégique, l'analyse géospatiale, la prévention d'incidents, les opérations de recherche et de sauvetage et le renforcement du potentiel de réaction aux situations d'urgence. 

Mais la menace principale à laquelle l'Arctique est confrontée, selon le document, est le changement climatique. 

La lutte pour l'environnement est le motif dont l'UE se sert pour se proclamer acteur à part entière dans la région. 

Le document indique que "l'UE exerce une influence importante sur l'Arctique, par son empreinte environnementale et par sa demande de ressources et de produits originaires de la région". La stratégie parle d'un ensemble de mesures que Bruxelles a l'intention d'entreprendre pour "lutter contre les grandes sources de pollution touchant les régions arctiques, dans l'atmosphère, sur terre et en mer, telles que les plastiques, les déchets marins, le carbone noir, les substances chimiques et les émissions du secteur des transports, et contre l'exploitation non durable des ressources naturelles". 

Le dernier point est particulièrement important pour la Russie. Le document précise : "À cette fin, la Commission travaillera avec ses partenaires à la mise en place d'une obligation juridique multilatérale consistant à ne plus autoriser aucune nouvelle augmentation des réserves d'hydrocarbures dans l'Arctique ou dans les régions contiguës ni l'achat de tels hydrocarbures, s'ils venaient à être produits." En d'autres termes, il est question de projets de faire interdire globalement la production du pétrole, du charbon et du gaz en Arctique. 

L'Arctique abrite 30% de toutes les réserves gazières non découvertes et 13% des réserves pétrolières de la planète. Les eaux de l'Arctique sont traversées par la Route maritime du Nord - l'itinéraire commercial le plus court entre l'Europe et l'Asie. La fonte des glaces fait de cet itinéraire une branche de transport attractive comparable aux canaux de Suez ou de Panama. 

La Russie intensifie son activité en Arctique pour cet itinéraire et insiste qu'elle possède des droits particuliers. Les États-Unis et l'Otan jugent "illégitimes" les revendications maritimes de Moscou et renforcent leur présence militaire en Arctique. Depuis 2013, l'Alliance organise les exercices Arctic Challenge, et les États-Unis ont lancé la construction de trois brise-glaces à propulsion atomique. 

En 2019, il a été annoncé que le Pentagone avait dû apporter des changements à la tactique de déploiement des forces en Arctique. Le commandant des forces des États-Unis et de l'Otan en Europe, Curtis Scaparrotti, a déclaré que le Pentagone avait ainsi réagi au renforcement du potentiel de défense de la Russie dans la région. Le général a expliqué que Washington était intéressé par la perspective en termes de ressource et économique de la Route maritime du Nord le long des frontières russes, mais Moscou y a déployé des radars et des systèmes de défense, ainsi qu'a construit des aérodromes supplémentaires. 

Au même moment, le commandant de la marine américaine en Europe et en Afrique, l'amiral James Foggo, a déclaré que les États-Unis ne permettraient pas à la Russie et à la Chine de dominer en Arctique, car la Route maritime du Nord "n'est le lac de personne".

Alexandre Lemoine

Les opinions exprimées par les analystes ne peuvent être considérées comme émanant des éditeurs du portail. Ellesn'engagentquelaresponsabilité desauteurs

 

Source : http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3214


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13 réactions à cet article    


  • Clocel Clocel 27 octobre 10:09

    Encore une fois, l’UE, combien de divisions ?


    • Étirév 27 octobre 10:35

      UE ‒ Union Européenne : organisation à vocation politique de nature supranationale, centrée sur les principes de la liberté du commerce et du libre-échange généralisé, regroupant les pays situés sur le territoire européen. Cette superstructure correspond au versant civil et politique de la médaille dont le versant militaire est représenté par l’OTAN. Initiée par les anciennes nations à vocation impériale (disposant de colonies) d’Europe continentale de l’Ouest (France, Italie, Allemagne, Pays-Bas, Belgique…), cette organisation politique a connu, à partir de la disparition de l’URSS, un élargissement notoire visant à inclure les pays appartenant anciennement au bloc de l’Est. Cette organisation agit juridiquement, sur le modèle anglo-saxon, au moyen du « lobbying » qui est la transcription juridique, et donc la légalisation, de ce que le droit continental traditionnel appelait « corruption d’agents publics ». Précisons qu’en l’espèce il ne s’agit pas tant de corrompre des agents publics que d’organiser, ab initio, les règles publiques, politiques et sociétales, en fonction des seuls intérêts bien compris des principaux détenteurs de capitaux. Ainsi, les « agents publics » sont non seulement corrompus mais aussi et surtout choisis, dès le départ, en fonction de leur aptitude à satisfaire la politique décidée par les principaux détenteurs de capitaux. Cette organisation internationale bafoue ouvertement et officiellement le principe de séparation des pouvoirs pourtant désigné depuis le XVIIIe siècle comme étant la substance de tout régime démocratique. Elle est dirigée par les principaux propriétaires de capitaux, cachés derrière l’anonymat des multinationales. Cette évolution institutionnelle n’a été rendue possible que parce que les principaux propriétaires de capitaux contrôlaient déjà préalablement les régimes politiques des pays européens ; concrètement, cette domination s’est installée au moment des Révolutions du XVIIIe siècle, par l’instauration, partout en Europe ‒ à la mode anglaise ‒ du parlementarisme dit représentatif organisé autour des partis politiques. Les institutions européennes sont l’évolution politique logique du renversement qui a eu lieu au XVIIIe siècle lorsque la caste des « banquiers commerçants » a décidé de renverser, une fois pour toutes, l’ordre politique en vigueur dans les pays européens ‒ lequel était fondé d’une part sur la religion catholique (le clergé) et d’autre part sur la Royauté de droit divin. Initiés comme des révolutions nationales, ces renversements politiques avaient, dès le début, vocation à devenir une norme internationale ; cette propension internationaliste se manifestant à mesure que se renforcerait le pouvoir international de ses initiateurs.
      1789


      • cevennevive cevennevive 27 octobre 10:49

        Bonjour Patrice Bravo,

        L’UE nous « ordonnera » bientôt d’aller aux toilettes à certaines heures, de dormir de telle heure à telle heure, de ne manger que ceci ou cela, etc.

        Alors, qu’elle veuille s’approprier l’Arctique ne nous étonne pas.

        Peut-être s’intéressera-t-elle dans un proche avenir à l’Antarctique, à la lune ou à Mars ?

        Comment une « Union » aussi disparate peut-elle perdurer en prétendant diriger et commander nos destins d’humains si différents ?


        • Clocel Clocel 27 octobre 11:38

          @cevennevive

          "Comment une « Union » aussi disparate peut-elle perdurer en prétendant diriger et commander nos destins d’humains si différents ?"

          C’est une union de Droit divin, évitez de blasphémer SVP !? smiley


        • cevennevive cevennevive 27 octobre 11:49

          @Clocel, bonjour !

          Mais moi je n’obéis pas à un quelconque « droit divin ». Je préfère les droits humains et je tiens à les faire appliquer autant que je le peux.
          Et ce n’est pas une sinécure dans ce marigot !

           


        • Marengo 27 octobre 12:46

          Pourquoi l’article ne dit-il pas noir sur blanc que l’Arctique appartient à telle puissance riveraine quia nominor leo  ? 


          • zygzornifle zygzornifle 27 octobre 13:59

            Pauvre Arctique, après le réchauffement voila l’Europe qui débarque avec ses grosses bottes d’égoutier .....


            • yakafokon 27 octobre 14:24

              L’Union Européenne a la même puissance que celle du Vatican, qui menaçait le 3ème Reich de ses foudres !

              Le Vatican, combien de divisions blindées ? avait répondu ironiquement un général nazi.

              L’Union Européenne est aussi bien équipée pour faire la guerre en Arctique que ne l’étaient les armées de Napoléons, ou les nazis d’Hitler !

              C’est la Bérézina assurée, face à une armée russe qui est habituée à des températures frisant les moins 40°, qui parle une seule langue, et qui dispose d’un armement de pointe prévu pour supporter ces températures !

              Mais qui ne tente rien n’a rien !

              Je rappelle que l’O.N.U. a entériné l’extension réclamée par la Russie, concernant son plateau continental arctique, qui de 12 miles est passée à 200 miles, et qu’elle respecte le droit international, elle !


              • Olivier Perriet Olivier Perriet 27 octobre 15:15

                @yakafokon

                on s’en fout de Poutine smiley


              • eddofr eddofr 27 octobre 14:58

                Pourquoi le Danemark fait-il parti du conseil de l’arctique ?

                L’Ecosse ou l’Estonie y auraient autant de légitimité que le Danemark.

                Au moins trois états de ce conseil, font partie de l’Union Européenne, à ce titre, celle-ci n’a-t-elle pas, naturellement, son mot à dire ?


                • Olivier Perriet Olivier Perriet 27 octobre 15:15

                  @eddofr

                  Pourquoi le Danamark ?

                  Je ne sais pas, à cause du Groenland peut-être ?? smiley


                • eddofr eddofr 27 octobre 15:22

                  @Olivier Perriet

                  Pfff, j’avais oublié le Groenland !

                  Honte à moi.


                • zygzornifle zygzornifle 28 octobre 14:33
                  L’UE proclame son droit de dicter de nouvelles conditions à l’Arctique

                  Faut demander a l’ambassadrice Ségolène .... 

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Patrice Bravo

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