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La barrière des préjugés : un docu-fiction contre les discriminations au travail

Ils sont Français, parfaitement intégrés à la société, ont réussi leur cursus universitaire, mais galèrent pour trouver un poste équivalant à leurs compétences. « Ils », ce sont les jeunes diplômés issus de l’immigration. Alors que Louis Schweitzer, président de la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité), a interpellé 150 grandes entreprises pour leur demander plus d’efforts en matière de diversité et d’égalité des chances à l’embauche, un DVD sur la question de la discrimination met le débat sur la table.

Quatre courts-métrages et plusieurs témoignages pour dire la difficulté d’intégrer le marché du travail quand on est Français issu de l’immigration maghrébine ou africaine. Un DVD de 28 minutes, lancé par l’Association pour faciliter l’insertion professionnelle (AFIP), donne la parole à ceux qu’on n’entend pas souvent : les jeunes diplômés écartés des postes à responsabilité à cause d’un nom à consonance étrangère ou d’une couleur de peau trop foncée. Ingrid, Nadia, Bertrand, Nanou ou encore Sandra ont tous un bac + 4 minimum. Et racontent leur recherche d’emploi, un parcours de combattant. Malgré un cursus universitaire réussi, l’atterrissage sur le marché de l’emploi peut faire très mal quand on n’y est pas préparé. Car, selon un rapport publié en 2004 par l’European Network against racism - un réseau d’ONG européennes de lutte contre le racisme, à compétence égale, le chômage touche trois fois plus les personnes d’origine non européenne que la moyenne des autres Français.

Le docu-fiction met en lumière la perte de confiance en soi, la frustration et la souffrance que chacun des témoins refoule, depuis longtemps, derrière une carapace. Le découragement opère si bien que les candidats n’osent plus y croire, ou pire : « On revoit nos ambitions à la baisse », explique Nadia Laïche, 31 ans. Face à la caméra, les masques tombent, et l’émotion prend parfois le dessus. Comme avec Ingrid Babo, 26 ans, qui conclut : « J’espère que ma souffrance d’aujourd’hui me permettra d’être plus forte demain ». Mais tous refusent le jeu du communautarisme et de la victimisation.

Pour faire changer les mentalités, Carole Da Silva a créé, en 2002, l’Association pour faciliter l’insertion professionnelle (anciennement dénommée Afrique insertion professionnelle) des jeunes diplômés issus de l’immigration. Titulaire d’un DESS en ingénierie du développement urbain et de l’intégration, cette jeune femme, âgée de 33 ans et originaire du Bénin, sait de quoi elle parle. L’idée de lancer son association lui vient quand elle constate, au cours d’une étude menée en 1998, que le chômage touche 2 à 3 fois plus les jeunes Français issus de l’immigration que les autres. Aujourd’hui, forte de ses 130 adhérents et d’un réseau de parrainage conséquent, l’association veut favoriser l’accès à l’emploi des jeunes diplômés par un accompagnement personnalisé. Financé par Areva et Schneider Electric, ce DVD vise à « sensibiliser les entreprises à la question de la discrimination dans le monde du travail. » A l’AFIP, le risque de se voir taxé de caricature ne gêne pas. « Quand on n’a pas été victime de discrimination, on ne peut pas vraiment comprendre ce que vivent les jeunes issus des minorités visibles. Nous avons essayé de rester au plus près de la réalité en basant les courts-métrages sur des situations réellement vécues », souligne la fondatrice. Pour éviter le gâchis de compétences et inviter les entreprises à penser la diversité comme un atout, ce document ne pouvait pas mieux tomber.

Pour vous procurer le DVD, renseignements auprès de l’AFIP
139 rue des Pyrénées - 75020 Paris
01 43 70 03 58
www.afip-asso.org


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9 réactions à cet article    


  • michel Lerma (---.---.59.247) 28 janvier 2006 18:49

    Encore un discours communautariste digne d’une supportrice de DIODONNE mais qui n’oserait pas l’avoué !

    « Ils sont Français, parfaitement intégrés à la société »

    C’est incompatible avec la république ce type de discours que vous avez écris

    Ensuite,vous nous ressortez le discours d’’organisations associatives qui pour exister et se remplir les poches d’argent public en subventions produisent des études bidons et font du marketing politique en substituant la solidarité par la charité

    Un peu à l’image de l’actuelle campagne de promotion marketing avec les tentes de Medecin du Monde à Paris pour les SDF.

    Voila la vision réductrice du marketing politique

    Voila pourquoi le camarade JOSPIN c’est planté en 2002,car lui aussi « sous-traité » les problèmes sociaux et de sécurité publiques à des associations qui courent après les subventions publiques pour exister et donc la porte ouverte à tous les délires

    Allez vous soutenir la candidature de DIODONNE pour 2007 ?


    • Fatima (---.---.56.76) 28 janvier 2006 19:02

      Votre message me fait bien rire car je vous avoue que je ne suis pas du tout une supportrice de Dieudonné ni ne me reconnais dans son dicours (au passage, Dieudonné en 2007, je n’y crois pas du tout et d’ailleurs je n’y avais même pas pensé). Et quand bien même je serais une fan de l’humoriste que mon article n’est pas du tout un discours communautariste. Je parle de discrimination dans le monde du travail. Point à la ligne. Et l’association dont il est question dans l’article est une petite association sans aucune ambition politique et qui fait son travail de terrain. Vous n’avez qu’à leur rendre visite pour vous en rendre compte. Je ne vois pas pourquoi vous cherchez absolument du communautarisme là où il n’y en a pas.


    • Sirhc (---.---.22.18) 28 janvier 2006 21:52

      Je pense que dans les « Ils » il est possible que l’on y trouve des français qui ne sont pas forcément issue de l’immigration.


      • jef88 (---.---.237.107) 29 janvier 2006 00:08

        La vie est dure pour tout le monde ! Et si un jour on parlait des fils et filles d’ouvriers, originaires d’une campagne profonde et qui n’ont même pas pu faire d’études, quelque soit leur couleur ou leur statut, tout simplement parce que l’internat dans un lycée était trop couteux ou parce que le corps enseignant avait souverainement jugé qu’ils devaient aller en BEP ?

        Si on pensait aussi un peu à ce phénoméne on comprendrait peut être la poussée du Front National dans les régions en perte de vitesse.


        • Sam (---.---.108.229) 29 janvier 2006 04:52

          Je pense comme vous qu’il n’y a pas QUE les jeunes issus de l’immigration qui pennent à trouver un emploi mais tous les français. Lorsque les futurs politiques arriveront à faire revenir en France les entreprises que les 35 heures et les contraintes de notre code du travail ont fait fuir, que l’on aura compris qu’il faut prendre exemple sur des pays qui ont su attirer les entreprises sur leur sol comme l’Irlande (4.5% de chômage) alors peut être que la discrémination à l’embauche ne sera plus un problème.

          Lorsque le marché de l’emploi est fortement demandeur ce sont les employés qui choisissent leur emploi et souvent fixent leur salaire, comme c’est le cas en Angleterre actuellement ou était le cas en France dans les années 80.

          Les CPE et CNE ne sont que des pis aller mais qui ne créent pas d’emplois nouveau, ce n’est qu’une façon de « racler les fonds de tiroirs ».

          Le premier devoir social d’un gouvernement est de donner du travail à tout le monde et si cela doit passer par le libéralisme économique alors libéralisons le travail, jusqu’à maintenant notre modèle social est tout sauf à suivre car il nous a mené là ou nous sommes aujourd’hui.

          Les sociaux-démocrates allemands l’ont bien compris eux et ont entammé des réformes profondes bien avant l’arrivé de Mme Merkel. Pourquoi nos sociaux-démocrates ont tant de mal à intégrer ces réalités et ont une poussée de boutons lorsqu’ils entendent des mots comme : libéralisme, mondialisation, mobilité, capitalisme, bénéfices, actionnaires, et tant d’autres...


          • caramico (---.---.227.206) 29 janvier 2006 11:40

            Pour contrebalancer les messages précédents (que je trouve pour la plupart hors sujet) permettez moi de faire un simple constat :

            Dans l’entreprise où je travaillais, sur 900 salariés, il n’y avais aucun noir ou arabe, ou asiatique, je dis bien aucun...

            Et énormément de blancs, comme moi, issus de l’immigration de fraîche date intra-européenne, mais dont le nom et l’aspect pouvait « passer »


            • Fatima (---.---.56.76) 29 janvier 2006 17:35

              Merci Caramico pour votre intervention, c’est exactement de cela que je parle. Les commentaires postés précédemment sont intéressants mais n’ont rien à voir avec ce dont il est question dans le DVD.


              • Christophe (---.---.58.18) 31 janvier 2006 08:16

                Certes, il y a des préjugés bien ancrés dans notre Répiblique. La discrimination à l’embauche est flagrante ; même si de petits pas sont fait, il est essentiel de pousser plus avant et il me semble qu’il est nécessaire de faire respecter les préceptes de la République.

                Que penser lorsque des jeunes diplômés français, de par leurs origines, doivent chercher des emplois en Angleterre, en Allemagne, ... après plusieurs échecs en France ; non parce qu’il n’ont pas le niveau requis, mais parce que leur faciesse ne correspond pas au « standard » de l’entreprise. Déplorable ! Lamentable !

                La discrimination à l’embauche est illégal, mais que faire pour les salariés qui, en relations avec le grand public, doivent masquer (au téléphone) leur nom, leur origine, de peur de voir les « clients » demander à ce qu’un autre traite leur dossier.

                Entendez bien que ce n’est pas la majorité des comportements, mais même une minorité peut faire psychologiquement très mal !


              • Stephane (---.---.55.8) 21 avril 2006 10:55

                Il est intéressant de voir comment les français, issus de l’immigration s’impliquent de manière professionnelle dans leur travail...

                Il est clair que les entreprises sur le territoire français on t réellement un effort à faire et un défit à relever...

                Mais, fils et filles de la France depuis plusieurs générations ou depuis peu, comment remettre ces hommes et femmes au travail alors que les entreprises ont de plus en plus de mal à braver cette concurrence féroce à bon marché qu’engendre la mondialisation...

                Avec ou sans diplôme, le marché de l’emploi est rude...

                Comment se lancer dans la vie sans perdre ses acquis professionnelles, voici le dilemne !

                Prenons l’exemple de cette jeune journaliste française d’origine marocaine qui -elle a tout à fait raison- cherche à percer dans un monde hyperconcurencielle qu’est l’édition sur tout les fronts en occultant le fait qu’il faut vivre et non pas survivre...pour une pige disséminée ça et là...

                Prenons l’exemple de cette jeune cambodgienne sans diplôme, qui, pour sa fille, exploite son seul savoir : son goût du contact et de la langue anglaise... Résultat : responsable dans une agence grâce à son implication...

                Prenons enfin l’exemple de ce français de souche qui, surfant sur la vague de la conjoncture, joint les deux bouts sur deux métiers différents par intérim...

                Pour ces 3 cas, le Monde devient difficile et changeant...

                Pour en terminer, il nous faut relever les manches, assurer notre quotidien tout en consolidant nos acquis professionnels par l’expérience et le diplome...

                Bonne chance et bon courage à toutes et à tous...

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