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Accueil du site > Tribune Libre > La bataille de Gergovie. Emile Mourey, ancien Saint-Cyrien, à Laurent (...)

La bataille de Gergovie. Emile Mourey, ancien Saint-Cyrien, à Laurent Wauquiez, candidat à la présidence de la République

« Un franc-tireur dans la bataille de Gergovie : un lieutenant-colonel de Zouaves à la retraite soutient que c’est au Crest, à l’extrémité de la montagne de la Serre qu’il faut situer l’oppidum gaulois défendu par Vercingétorix. Dans son livre « Histoire de Gergovie », il avance également l’hypothèse que Gergovie serait l’Atlantide terrestre... L’auteur ne se revendique ni historien ni archéologue, mais poète » (Journal « La Montagne » du 9.12.1993)

 

... Venant du nord par l'itinéraire normal qui mène à l'Auvergne, César arrive en vue de Gergovie. Sa cavalerie est en avant-garde. Il s'empare du point haut d'Orcet et y établit son PC d'observation et de commandement. Après un petit combat de cavalerie "facile", il établit son grand camp en contre-bas. (nouvelle version corrigée d'articles précédents).

Déjà, à partir de là, on aurait dû comprendre que l'espace gaulois que défendait Vercingétorix avec sa cavalerie de couverture contre toute attaque surprise, n'était pas centré sur Merdogne mais sur la ligne de hauteurs d'après : la montagne de La Serre. Cette montagne se redresse sous forme d'éperon dans la hauteur du Crest, position favorable pour une défense sur tous les côtés.

César venait donc du Nord. Il descendait plein sud. Il avait dépassé Merdogne et, depuis le grand camp qui s'installait au pied d'Orcet, il avait le regard tourné vers Le Crest. César voit la ville (urbs) "posée" sur un mont "trés haut", difficile d'accès. Il s'agit de la ville du Crest toujours existante dont on voit ici, la dernière tour. Vercingétorix avait installé ses camps sur le mont, près et en avant de l’oppidum (prope). L’oppidum, c’est la haute fortification dont on voit la dernière tour qui se dresse au sommet, surplombant la ville ; mais cela désigne aussi tout le plateau de La Serre défendu naturellement par ses flancs abrupts. Séparés par un simple intervalle, les camps sont autour du chef arverne (Vercingétorix étant sur le point haut). Toutes les pentes de la ligne de crête sont occupées, horrible spectacle (horribilem speciem)...Au pied du mont et face à lui, il y a un versant (collis, là où est prise la photo). Il s'agit du plateau de Merdogne. Remarquablement fortifiée, la place était tenue par une garnison gauloise assez importante. Malgré cela, César sort de ses camps dans le silence de la nuit, et avant qu'on ne puisse venir les secourir de l'oppidum, il déloge les Gaulois de la position. Maître de la place, il y installe deux légions. Il relie les grands camps aux petits camps par un double fossé de douze pieds de large, en sorte que même les hommes isolés peuvent y circuler librement à l'abri d'une attaque soudaine de l'ennemi.

Ce double fossé a été retrouvé, mais on a cru que c'était pour attaquer le plateau de Merdogne, direction Nord, alors que c'était pour attaquer Le Crest, direction sud. Incroyable ! On n'a même pas envisagé cette possibilité ! 

Manoeuvre de César. Etant venu aux petits camps (de La Roche-Blanche) pour inspecter les travaux, César... (ou sont les traces de ces travaux que les Romains ont exécutés pour renforcer la position défensive contre toute attaque surprise des Gaulois, ou est cette position naturellement forte, observatoire face aux Gaulois, base de départ de l'attaque que César a prévue ?)... je continue... César remarque que le versant de la montagne de La Serre occupé par les Gaulois, face à lui, est "nu” d'hommes alors que les jours précédents, on ne pouvait qu'à peine en voir le sol tant il y avait foule. Surpris, il en demande la raison aux déserteurs qui chaque jour arrivent en grand nombre dans ses lignes. Tous confirment ce que César savait déjà par ses espions, à savoir que le dos de cette crête est presque plat, mais boisé et étroit à l'endroit où l'on a accès à l'autre bout de l'oppidum. Les Gaulois craignaient beaucoup pour ce point, car ils se rendaient compte que si les Romains, après avoir occupé un versant (côté Roche-Blanche), leur prenaient l'autre versant (de l'autre côté, côté Saint Amand Tallende), ils se trouveraient presque encerclés et ils n'auraient plus de chemin libre, ni pour sortir, ni pour fourrager. Vercingétorix les avait tous rappelés pour fortifier cet endroit.

César envoie de ce côté plusieurs escadrons de cavalerie au milieu de la nuit (en contournant la position par la gauche)... De l'oppidum, on voyait tous ces mouvements de loin, car de Gergovie, la vue plongeait sur les camps (les grands camps), mais à une telle distance, il n'était pas possible d'observer ce qu'il en était dans le détail..

L'autre bout de l'oppidum                     César envoie de ce côté plusieurs escadrons de cavalerie...            

L'inquiétude grandit chez les Gaulois. Il appellent toutes leurs troupes sur les retranchements qui leur semblent être menacés. Lorsque César se rend compte que les camps des Gaulois sont vides, il fait passer des soldats par groupes fractionnés des grands camps dans les petits camps (de la Roche-Blanche). Les insignes et les enseignes avaient été dissimulés de façon que, de l'oppidum, on ne remarquât rien. Il explique aux légats qu'il a placés à la tête de chaque légion ce qu'il veut que l'on fasse. II les exhorte, en preiorité, à maintenir la cohésion des troupes, en veillant à ce que les soldats ne se laissent entraîner trop loin, ni par l'ardeur des combats, ni par l'espoir du butin. Il leur explique ensuite à quel point le terrain leur est défavorable. Pour remédier à cette situation, un seul moyen s'offre à eux : la rapidité. Le succès de l'opération reposait non sur le combat mais sur l'initiative. César donne le signal de l'assaut et il envoie en même temps les Eduens, à droite, par une autre montée.

Dispositif défensif des Gaulois. La distance entre la muraille de l'oppidum et la plaine était à vol d'oiseau de mille deux cents pas, comptés à partir de l'endroit où la montée commençait (c'est exact). Il fallait ajouter à cette distance celle des détours qui rendaient la montée plus facile mais augmentaient la longueur du chemin. Les Gaulois avaient dressé en avant de l'oppidum, à mi-pente, dans la longueur, tout en suivant le relief de la montagne, un mur en grosses pierres de six pieds de haut (1m80), pour briser l'élan des Romains (?). Il s'agit du mur d'enceinte normal de la ville déjà existant et toujours existant mais à l'état de ruines.

Attaque des camps gaulois. Au signal donné, les légionnaires se portent rapidement vers le retranchement gaulois et après l'avoir franchi, ils se rendent maîtres de trois camps. L'action fut si rapide que Teutomatus, chef des Nitiobroges, surpris dans sa tente en train de faire la méridienne, n'échappa que de justesse aux mains des soldats qui couraient au butin. Il réussit à s'enfuir, le torse nu, sur son cheval blessé. (Il n'est pas dit qu'il s'agisse du mur d'enceinte de la ville de 1m80 de haut (croquis ci-dessous, à gauche). Je fais l'hypothèse de simples retranchements sommaires protégeant des camps installés en dehors de la ville, à droite sur le croquis.

 Fabius investit la ville. L. Fabius, centurion de la VIIIème légion, avait dit à ses hommes ce jour-là — le fait est établi — que les récompenses accordées à Avaricum stimulaient son ardeur et qu'il avait décidé d'escalader le mur avant quiconque. Entraînant avec lui trois manipules - un manipule = deux centuries, soit 600 hommes (?)- il se fait soulever par eux et franchit le mur (de la ville, côté ouest). Puis, il les fait passer, les uns après les autres.

Attaque de l'oppidum. Ayant atteint son objectif, conformément au scénario qu'il avait prévu, César donne l'ordre de sonner la retraite et, haranguant les soldats, il fait dresser les enseignes pour rassembler la dixième légion avec laquelle il marche. Mais les soldats des autres légions n'entendent pas la sonnerie de trompette à cause du vallonnement assez large qui les séparait de César. Malgré les efforts des tribuns et des légats qui essaient en vain de les retenir comme César l'a prescrit, les soldats ne s'arrêtent pas. Transportés par l'espoir d'une prompte victoire, encouragés par la fuite des Gaulois et par le souvenir de leurs anciens succès, ils se persuadent qu'il n'y a aucun obstacle que leur courage ne peut surmonter. Ils ne cessent la poursuite qu'une fois arrivés au pied de la muraille de l'oppidum, puis ils se dirigent vers les portes. (La porte Est devait être semblable à la porte Ouest que j'ai représentée.

 

Combat retardateur des femmes de Gergovie. Alors, dans toutes les parties de la ville, une clameur éclate. Ceux qui sont plus loin, terrifiés par ce tumulte soudain, pensent que l'ennemi a franchi les portes et sortent précipitamment de l'oppidum (par la porte est). Les mères de famille jettent du haut des murs des étoffes et de l'argent. Les mains ouvertes dans le geste des suppliantes, elles font saillir leur poitrine nue, elles demandent aux Romains de jurer d'épargner les femmes et les enfants et de ne pas recommencer ici ce qu'ils ont fait à Avaricum. Plusieurs même, descendant des murs en s'agrippant aux pierres, se livrent aux soldats.

Contre-attaque gauloise. Pendant ce temps-là, les Gaulois qui s'étaient regroupés à l'autre bout de l'oppidum (à l'autre bout du plateau de La Serre) pour y travailler aux retranchements, comme nous l'avons expliqué précédemment, entendent tout d'abord la clameur. Informés ensuite par ceux qui, nombreux, viennent leur annoncer que l'oppidum est tombé aux mains des Romains, ils se précipitent en masse et au pas de course (vers l'oppidum), en se faisant précéder de leurs cavaliers. Au fur et à mesure qu'ils arrivent, ils se placent au pied des murs et viennent grossir toujours davantage le nombre des combattants. Lorsqu'ils furent une multitude, les mères de famille qui, un instant plus tôt, tendaient les mains vers les Romains du haut des murs, se tournent vers les leurs en les adjurant et en leur montrant leurs cheveux défaits suivant la coutume gauloise. Puis, à bout de bras, elles lèvent leurs enfants vers eux. La position et le nombre jouent contre les Romains. La lutte est trop inégale. Epuisés par la course et par le prolongement du combat, les Romains résistent difficilement face à des troupes fraîches et intactes.          

César met en place un dispositif de recueil. Voyant que les siens combattent dans une position défavorable, que le nombre des ennemis augmente sans cesse, pressentant par ailleurs que les choses vont mal tourner, César fait porter au légat T. Sextius qu'il avait laissé à la garde des petits camps le message suivant : « Fais sortir de toute urgence tes cohortes. Installe-les solidement au bas du versant, sur le côté droit face à l'ennemi pour le menacer et gêner sa poursuite au cas où les nôtres seraient rejetés de la position. » César, quant à lui, s'étant avancé avec sa légion un peu en avant de la position sur laquelle il s'est rétabli, attend l'issue du combat.

Fausse manoeuvre de César. Le corps à corps est d'une âpreté exceptionnelle. Les Gaulois ont l'avantage de la position et du nombre. Les Romains placent leur espoir dans leur valeur militaire. César avait envoyé les Eduens (ceux d'Éporédorix) à droite (?), par un autre chemin, dans l'intention de leur faire exécuter une manœuvre à distance. Soudain, ces Eduens reviennent sur le flanc découvert des légionnaires. Leurs armes sont semblables à ceux d'en face. La panique se met dans les rangs, et bien que les nouveaux arrivés présentent leur épaule droite découverte — ce qui était le signe de reconnaissance convenu — les Romains croient que c'est une ruse.

Echec et mort du centurion Fabius. Pendant ce temps, le centurion L. Fabius et ceux qui ont escaladé le mur de la ville en même temps que lui sont encerclés, puis massacrés et jetés au pied du rempart (du mur de la ville).

Echec et mort du centurion Petronius. M. Petronius, centurion de la même légion, s'efforçait d'enfoncer les portes (de l'oppidum). Accablé sous le nombre, couvert de blessures et se voyant perdu, il s'écrie à l'adresse des soldats de son manipule qui le suivaient : « Puisqu'il ne m'est pas possible de me sauver avec vous, laissez-moi au moins assurer le salut de vos vies que mon amour de la gloire a mises en péril. » Ayant prononcé ces mots, il se précipite au milieu des Gaulois. Il ouvre un passage dans l'encerclement en tuant les Gaulois deux par deux (duobus). Il les fait reculer de la porte. Comme ses hommes viennent à son secours, il leur dit : « Vous voulez me sauver la vie. Votre tentative est vaine, j'ai perdu trop de sang et mes forces m'abandonnent. Partez d'ici, il est encore temps, rejoignez la légion ! » Puis, les armes à la main, il tombe au champ d'honneur en sauvant la vie des siens.

Recueil des légions en déroute et décrochage des légions placées en soutien. Après avoir perdu quarante-six centurions, les Romains, pressés de tous côtés, sont rejetés de la position. Les Gaulois les poursuivent de très près. La dixième légion, qui s'est établie en réserve sur une position où le terrain est un peu moins en pente, brise leur élan. A leur tour, les cohortes de la treizième légion, que le légat T. Sextius a fait sortir des petits camps et installées sur un point haut, assurent le recueil de la dixième légion. Dès que les Romains arrivent dans la plaine, ils retournent contre ceux qui les poursuivent les enseignes un moment mises en péril. Vercingétorix, qui est descendu avec les siens jusqu'au pied du versant, les ramène alors à l'intérieur des fortifications. Ce jour-là, les Romains déplorèrent la perte d'un peu moins de sept cents hommes.

Piètre discours de César devant le front des troupes. Le lendemain, César, devant le front des troupes, blâme la témérité et la cupidité des soldats. « Vous avez décidé de vous-mêmes ce qu'il vous semblait bon de faire, fixant vous-mêmes la limite de votre action. Rien n'a pu vous retenir, ni le signal du repli, ni les tribuns, ni les légats. » Il leur explique ce qui fait l'avantage et le désavantage d'une position. Il leur rappelle la décision qu'il avait prise après mûre réflexion, alors qu'il faisait route vers Avaricum. « Nous avions surpris les troupes ennemies sans chef et sans cavalerie, mais j'ai renoncé à une victoire pourtant assurée pour la simple raison que je ne voulais pas subir de pertes même légères dans un combat où le terrain m'était défavorable. Autant j'admire le courage exceptionnel de ceux qui ne se sont laissé impressionner ni par les retranchements des camps, ni par la hauteur de la montagne, ni par la muraille de l'oppidum, autant je blâme la présomption et l'indiscipline. Ainsi, on s'est cru capable, mieux que le général, de décider sur le terme d'une action ou sur sa poursuite jusqu'à la victoire. Ce que je demande aux soldats, c'est autant de modestie et de discipline que de courage et de valeur militaire. » Sa harangue terminée, César, pour remonter le moral des troupes, ajoute qu'il ne faut pas se troubler l'esprit sur la cause de cet échec et qu'on ne doit pas attribuer à la valeur militaire des Gaulois ce qui n'est dû qu'à la pente du terrain.

César réfléchissait aux projets qu'il avait conçus antérieurement. Il fait sortir des camps les légions et les déploie en lignes de bataille sur de bonnes positions. Comme Vercingétorix n'en restait pas moins à l'intérieur de ses retranchements et comme il ne voulait manifestement pas descendre sur un terrain plat (et équitable), après un petit combat de cavalerie où il eut l'avantage, César fait rentrer son armée aux camps. Le lendemain, il fait de même. Estimant avoir ramené la parade des Gaulois à son véritable niveau, en même temps qu'il relevait le courage de ses soldats, César fait lever les camps et se met en route vers le pays des Eduens.

Emile Mourey, château de Taisey ; d'après ma traduction du De Bello Gallico de Jules César. Première version publiée en 1991, dans mon ouvrage "Histoire de Gergovie", republiée sur Agoravox le 17.12.2021.

P.-S.

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35 réactions à cet article    


  • Emile Mourey Emile Mourey 23 novembre 19:25

    Lire : Au pied du plateau de La Serre qui porte la ville fortifiée du Crest (Gergovie) et face à elle, il y a une collis. Il s’agit du plateau de Merdogne. Remarquablement fortifiée, la place était tenue par une garnison gauloise assez importante. Malgré cela, César sort de ses camps dans le silence de la nuit, et avant qu’on ne puisse venir les secourir de l’oppidum (du Crest), il déloge les Gaulois de la position. Maître de la place, il y installe deux légions en deux petits camps. Il relie les grands camps aux petits camps par un double fossé de douze pieds de large, en sorte que même les hommes isolés peuvent y circuler librement à l’abri d’une attaque soudaine de l’ennemi.

    Je ne suis pas contre le projet d’installer sur le plateau de Merdogne un musée expliquant la bataille, mais à condition qu’il soit tourné vers Le Crest. 


    • Ⓒⓐⓡⓝⓐⓖⓔ Ⓒⓐⓡⓝⓐⓖⓔ 23 novembre 21:17

      @Emile Mourey

      Bonsoir Émile, toujours des articles passionnants sur une histoire perdue, et mythifier par le révisionnisme permanent d’une coterie d’archéologue-fonctionnaire qui préfère écarter ce qui dérange. 

      CYRUS


    • Emile Mourey Emile Mourey 23 novembre 21:45

      @Ⓒⓐⓡⓝⓐⓖⓔ
      Merci, Cyrus, avant que mon article disparaisse de la toile, comme les précédents.


    • Ⓒⓐⓡⓝⓐⓖⓔ Ⓒⓐⓡⓝⓐⓖⓔ 23 novembre 21:52

      @Emile Mourey

      oui, c’est dommage, mais tous ceux qui vous lisent, en garderons une petite trace en eux qui elle ne pourra pas être effacé.


    • Gasty Gasty 27 novembre 18:39

      Trace que je conserve soigneusement dans mes archives. Je n’oublie pas non plus que ce sont vos écrits qui m’ont donné l’envie de rester sur Agoravox . Vous étiez le seul à l’époque à apporter à ce site autre chose que du convenu , du récit banal et ennuyeux rédigés par des biens pensants de l’époque qui n’auraient jamais osés avoir un seul doute sur quoi que ce soit.

      Merci à vous ! smiley


    • Emile Mourey Emile Mourey 27 novembre 19:13

      @Gasty

      Merci, mais il est vrai que l’histoire est parfois compliquée.


    • Emile Mourey Emile Mourey 23 novembre 20:54

      Aux armes, citoyens ! Ou bien, une Gaule pitoyable de valets soumis aux Romains, ou bien une Gaule rayonnante !


      • Glosspan Glosspan 23 novembre 21:01

        De nos jours ce serait plutôt une Gaule pitoyable de valets soumis aux Américains et leurs affidés. Les temps changent. César n’aura plus qu’à ré-écrire Bellum Gallicum.


        • Ⓒⓐⓡⓝⓐⓖⓔ Ⓒⓐⓡⓝⓐⓖⓔ 23 novembre 21:13

          @Glosspan

          l’Auvergne était le lieu idéal pour trouver un minerai natif contenant cuivre et étain mélangé… on y trouve aussi, et ce n’est pas un hasard, plus de dolmen qu’en Bretagne, trace d’une ancienne civilisation mécanique néolithique.


        • GoldoBlack 24 novembre 19:51

          @Ⓒⓐⓡⓝⓐⓖⓔ
          Plus de Dolmen qu’en Bretagne ?
          Une source ?



        • GoldoBlack 26 novembre 09:07

          @Ⓒⓐⓡⓝⓐⓖⓔ
          Il en serait décompté 1 000 dans l’Aveyron.
          Mais il faudrait étudier la manière dont le décompte est réalisé, si la source est fiable (étude archéologique ou universitaire) et si la méthode est la même sur tous les territoires.


        • GoldoBlack 26 novembre 09:08

          @Ⓒⓐⓡⓝⓐⓖⓔ
          "

          l’ auvergne vient des averne ... asterix et obelix c’ est une bande dessiné ...

          de rien ..."

          Sans les fautes, vous passeriez moins pour un imbécile. 13 mots, 6 fautes.

          De rien.


        • Emile Mourey Emile Mourey 26 novembre 11:24

          @GoldoBlack

          Bande dessiné ou bande dessinée ?


        • Glosspan Glosspan 23 novembre 22:09

          Bonsoir.

          Un bel hommage à une bataille historique qui nous rappelle qu’un peuple désuni peut vaincre un empire, s’il est est bien mené militairement.


          • Emile Mourey Emile Mourey 23 novembre 23:14

            @Glosspan

            Bien d’accord


          • Emile Mourey Emile Mourey 23 novembre 23:11

            @Antenor @Rinbeau

            A l’aide !


            • Antenor Antenor 24 novembre 21:46

              Pour ceux qui ne jurent que par les preuves archéologiques, les découvertes de ces dernières années rendent de plus en plus difficile la localisation de la bataille hors du secteur de l’Auzon. Les fouilles à Orcet ont donné de nouveaux indices très probants. Par contre, les résultats au sommet de Merdogne restent toujours aussi décevants. Comment expliquer que le rempart de la supposée citadelle soit moins élaboré que celui de Corent ?

              Pour comprendre la localisation de Gergovie au Crest et des capitales militaires en général, il faut prendre de la hauteur. L’organisation défensive du territoire était elle-même structurée comme celle d’une citadelle naturelle avec des murs (montagnes) et des fossés (vallées). Le Crest est entouré d’une première enceinte rapprochée avec la Couze Chambon au Sud, l’Allier à l’Est, les hauteurs de Merdogne au Nord et les volcans à l’Ouest.

              Une seconde enceinte beaucoup plus vaste enserre l’ensemble du « pagus » avec la Couze d’Ardes au Sud prolongée par les hauteurs du Sancy et la vallée de la Sioule à l’Ouest et au Nord ; enfin à l’Est c’est la « douve » de l’Allier puis de la Dore en amont surpombée du rempart du Livradois qui assure la protection éloignée. Des sites comme Montpensier, Murat-le-Quaire ou Nonette sont de véritables tours de garde de cette gigantesque fortification naturelle.

              Chez les Eduens, le « Donjon » de Mont-Saint-Vincent est directement bordé des douves de la Bourbince-Dheune et de la Guye-Grosne. A plus grande échelle, le territoire est protégé par les monts du Maconais et la Saône au Sud et à l’Est, par les collines du Charolais et la Loire à l’Ouest et par l’Arroux et les hauteurs d’Autun au Nord. Le fait que Mont-Saint-Vincent soit le site le plus élevé du secteur peut induire en erreur car ce n’est pas la raison pour laquelle Bibracte y est implantée mais bien parce qu’il est le plus compliqué d’accès depuis l’extérieur du « pagus ».


              • Ⓒⓐⓡⓝⓐⓖⓔ Ⓒⓐⓡⓝⓐⓖⓔ 24 novembre 22:17

                @Antenor

                ha enfin donatien se revele « out of control » 

                vine faire la fete , deambulateur et bouteille d’ O2 bienvenue ...


              • Emile Mourey Emile Mourey 25 novembre 04:03

                @Antenor

                Emplacements choisis, oui, mais aussi pour la fertilité du sol de leur « pagus », ce qui va dans le sens d’une implantation coloniale venue du Proche Orient, ce qui explique l’aspect monumental de la citadelle du Crest dominant un environnement de maisons en torchis, ce que les archéologues ne veulent pas voir. D’où leur localisation de Gergovie sur le plateau de Merdogne alors que ce n’est qu’un avant poste qui, comme l’écrit César, permettait à la cité de fourrager en toute sécurité.


              • baliste 25 novembre 04:12

                @Emile Mourey
                A tout hasard ... Comme souvent , â l’epoque , les noms étaient symboliques .
                Est il possible qu’il y ait eu plusieurs gergovie ? Un nom pour désigné un lieu favorable au peuplement ?
                Je demande car c’est une chose que les modernes oublient , les noms symboliques de la géographie sacrée .


              • Emile Mourey Emile Mourey 25 novembre 09:54

                @ baliste

                Bonne question, mais c’est plutôt par fondation que les colonies filles prennent le nom de la cité mère. Notez Gorgobina, alias Gergovina : la petite Gergovie : le mont Beuvray !!!


              • Emile Mourey Emile Mourey 25 novembre 10:31

                @baliste

                 Autre exemple : Augustodununum/Autun, colonie/fille de Bibbracte/Augustodunum : la mont agne dédiée au dieu « auguste » du ciel... et non pas à l’empereur Auguste, ce qui serait absurde.


              • Emile Mourey Emile Mourey 25 novembre 22:25

                ...permettait à la cité du Crest de fourrager...


              • Antenor Antenor 26 novembre 13:57

                @ Emile

                C’est à double tranchant. Les pagus dotés d’un relief très accidenté sont plus faciles à défendre mais ont généralement moins de ressources agricoles et les grandes voies commerciales les contournent. La Limagne est par exemple plus difficile à défendre que le Cantal ; en particulier au Nord où la Sioule et les crêtes de Montpensier ne constituent pas un obstacle gigantesque mais elle est plus riche et peuplée et au final plus puissante. Idem chez les Eduens, le « pagus » de Mont-Saint-Vincent est un peu moins facile à défendre que le Morvan mais bien mieux situé du point de vue des échanges.

                Les frontières que je donne sont évidemment une vision idéalisée. Dans la réalité, il devaient y avoir des enclaves un peu partout. Mais ne pas tenir compte des réalité topographiques pour comprendre le rôle d’un site est un non-sens. Le terme « exceptionnel » ou « unique » fréquemment employé pour qualifier les sites fouillés n’est d’ailleurs pas anodin. Il sous-entend qu’il ne faut pas tenter d’établir de règle générale afin de saisir leur logique d’implantation. On additionne des vestiges au lieu d’essayer de comprendre l’effet multiplicateur de puissance de leurs interactions.


              • Emile Mourey Emile Mourey 26 novembre 16:37

                @Antenor

                Ce que les archéologues/historiens Vincent Guichard et Mathieu Poux n’ont pas compris dans nos rares échanges, c’est la chance qu’ils avaient de débattre, non pas seulement avec un militaire mais avec un « raisonnement militaire ». Les localisations de Bibracte et de Gergovie sont des cas concrets du niveau des « cahiers du capitaine » ; vient ensuite la confirmation ou la réfutation par l’exécution de fouilles archéologiques.
                Dans ma première version concernant Gergovie, mon raisonnement était logique de lancer la fausse attaque sur la porte « ouest » puis la vraie sur la porte « est ». En effet, compte tenu des effectifs engagés, on ne pouvait imaginer leur déploiement que sur deux axes éloignés l’un de l’autre.
                Dans mon actuelle version ou je retraduis et réinterprète le texte de César en minimisant les effectifs, la manoeuvre ne s’explique qu’en attaquant la porte ouest.
                Autre erreur qui vient de César lui-même : le mur que les Gaulois ont construit à mi-pente est, en réalité, le mur relativement bas ou déjà écroulé de l’enceinte d’origine.


              • Emile Mourey Emile Mourey 26 novembre 17:23

                @Antenor

                Mon erreur est de ne pas avoir jugé utile d’étudier l’implantation des deux légions qui se sont emparé de la Roche Blanche. Vu le croquis de la position naturellement très forte de Merdogne et le débouché du fossé à son pied, comment peut-on hésiter ? C’est la position dont César s’est emparée de nuit pour lancer ensuite son attaque dans de bonnes conditions sur la véritable Gergovie/Le Crest. Qu’on arrête de mentir, car il s’agit bien maintenant de « mensonge » et de « tromperies » punies par la Loi.


                • Antenor Antenor 26 novembre 20:51

                  @ Emile

                  Placer le petit camp sur le plateau de Merdogne et ne considérer la colline de la Roche-Blanche que comme un avant-poste ne me pose aucun problème. Cela paraît tout à fait logique. Les traits de scorpion retrouvés à Merdogne témoigneraient ainsi de l’assaut romain sur la position. La Roche-Blanche serait donc le point haut occupé par la XIIIème légion de Sextius prête à intervenir.


                • Emile Mourey Emile Mourey 26 novembre 23:53

                  @Antenor

                  Merci aux archéologues pour leurs travaux de fouilles sur le plateau de Merdogne. Elles ont été faites après que j’ai écrit mes ouvrages...éclatante confirmation de mon interprétation du texte de César et de mon identification de Gergovie au Crest. Dommage qu’on en ait pas tenu compte. Ce n’est pas seulement le mur de 6 pieds en grosses pierres et à mi-pente que les archéologues n’ont pas pu retrouver, ne pouvaient pas retrouver à Merdogne, mais c’est toute l’explication césarienne de la bataille qui suit.


                • Antenor Antenor 27 novembre 17:22

                  @ Emile

                  Est-ce qu’il ne faudrait pas étirer la ligne de bataille beaucoup plus en amont le long de l’Auzon, au moins jusqu’à Chanonat en face de laquelle se trouve le seul vallonnement vraiment conséquent sur le flanc nord de la Serre ? La divergence entre Polyen et César au sujet de la légion détachée avant la bataille doit nous interroger. César la présente comme une diversion mais n’était-ce pas plutôt l’avant-garde d’une manoeuvre un peu trop optimiste ?

                  Je me demande si le but initial de César n’était pas d’étirer au maximum les lignes gauloises vers l’Ouest afin de les faire rompre si l’occasion se présentait. La prise de Gergovie n’était pas la priorité. Il faudrait ainsi placer cette légion détachée au moins à hauteur du Château de la Batisse, des guetteurs romains sur le Puy de Giroux et déployer les légions le long de l’Auzon.

                  Les Gaulois n’ont pas mordu à l’hameçon et ne se sont pas assez éloignés du Crest mettant en grande difficulté les unités qui y montaient à l’assaut. L’erreur de César aura été de ne pas laisser les troupes les plus à l’Ouest monter jusqu’au sommet de la Serre et prendre les Gaulois à revers. Aussitôt que César a « prudemment » battu en retraite à l’Ouest, les Gaulois ont pu foncer vers les « imprudents » à l’Est.


                • Emile Mourey Emile Mourey 27 novembre 19:00

                  @Antenor

                  C’est beaucoup plus simple ; l’objectif, mission principale, était de s’emparer de l’oppidum, et donc d’en enfoncer la porte pour s’y engouffrer. C’est une action de guerre du type « coup de main surprise. » Dans mon ouvrage, je le faisais sur la porte « Est » ? Après une meilleure traduction du texte de César, il faut comprendre que c’est sur la porte ouest que le coup de main était prévu. L’attaque de l’autre légion, à droite, de Fabius, à gauche, n’avaient qu’une mission de couverture : ouvrir le chemin à Petronius jusqu’à la porte et le protéger le temps qu’il lui aurait fallu de l’enfoncer. César écrit qu’il aurait donné un signal de retraite. Question : avant que Petronius s’attaque à la porte (à la hache, Petronius était d’une force herculéenne) ; je doute. Il suffisait que la porte cède et les légionnaires se seraient engouffrés dans l’oppidum jusqu’aux remparts.


                • Antenor Antenor 28 novembre 10:20

                  @ Emile

                  Je pense que vous placez César trop à l’Est. La légion qui a atteint les remparts de Gergovie et qui a paniqué à l’arrivée des cavaliers éduens par le Sud-Est, c’est la huitième. Elle a été couverte dans sa retraite par la treizième postée à la Roche-Blanche. César et la dixième ont dû lancer leur assaut initial depuis Julhat, au centre du dispositif romain. Une fois atteints les camps gaulois passée la mi-pente, César a dû estimer qu’il était trop dangereux de continuer vers le sommet de la Serre et a fait demi-tour. La huitième légion avait déjà atteint la porte Est du Crest et n’a pas entendu le signal de la retraite.


                • Emile Mourey Emile Mourey 28 novembre 11:40

                  @Antenor

                  J’ai quelques problèmes avec mon ordinateur et ai repris mes croquis publiés dans mes ouvrages. Ces croquis ne sont que des schémas. Le plus exact serait le troisième. Bien d’accord que l’axe de progression de César et de sa légion ne devait pas être très éloigné de l’axe de la VIII ème pour pouvoir la soutenir.


                • Emile Mourey Emile Mourey 28 novembre 11:56

                  @Antenor
                  Quant au coup de trompette, laissez-moi rire ! César dit que l’objectif était atteint...Non ! L’objectif était d’enfoncer la porte et d s’emparer de l’oppidum par surprise.


                • Emile Mourey Emile Mourey 28 novembre 13:11

                  @Antenor

                  Laissons à nos adversaires apporter leur contribution. Mon croquis comporte des erreurs : les Eduens ont, semble-t-il été envoyés à droite et sont revenus de la droite. La XIIIème légion est sortie des camps du plateau de Merdogne pour aller se mettre en soutien de l’autre côté du thalweg (?)

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