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Accueil du site > Tribune Libre > La constitution de la démocratie directe

La constitution de la démocratie directe

Le fonctionnement du système oligocratique actuel est régi par la Constitution de du 4 octobre 1958 à laquelle sont annexés la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, le Préambule à la constitution de 1946 et la Charte de l’environnement de 2005.

Si nous voulons instaurer la vraie démocratie, c’est à dire la démocratie directe, nous devons proposer au peuple français de remplacer la constitution du 4 octobre 1958 par une constitution nouvelle redéfinissant les règles de fonctionnement des institutions publiques.

Pour mettre en oeuvre une stratégie ayant cet objectif, nous devons disposer de deux éléments : un projet de constitution décrivant dans le détail le fonctionnement de la démocratie directe, plus un moyen juridique de faire ratifier ce projet.

Le moyen juridique, c’est naturellement le référendum, qui, conformément à l’article 89 de la constitution actuelle peut être déclenché, soit par le président de la république, soit par le parlement. Ce moyen existe donc bel et bien, mais il ne peut être mis en oeuvre qu’à la condition que le président, ou que le parlement le souhaite, ce qui ne laisse qu’une fenêtre très étroite, pour ne pas dire complètement murée, permettant d’envisager la sortie du système oligocratique par le fait des protagonistes en place.

En effet, en démocratie directe, ces deux entités, le président de la république et le parlement, seraient réduites à la portion congrue, voire supprimées, ce qui naturellement prédispose peu leurs acteurs actuels à y souscrire. Le chemin vers l’adoption de la démocratie directe par le peuple français, passe donc par l’élection d’un futur président convaincu de son impérieuse nécessité, et donc par avance en accord avec les modifications prévues, concernant en particulier sa fonction.

Cette modification constitutionnelle devrait naturellement être réalisée dans le respect des dispositions de l’article 89 de la constitution actuelle, c’est à dire, soit sur proposition du président de la république, soit sur celle du parlement et, dans tous les cas ratifiée par le suffrage universel. C’est la raison pour laquelle il convient de faire appel, dès maintenant, à des candidats nouveaux pour les prochaines échéances électorales, sur la base programmatique de cette révision.

Quant au projet de constitution nouvelle, il existe sous la forme de la Constitution Nouvelle en Démocratie Directe (CNDD), résultat d’un travail collaboratif des membres du mouvement « Démocratie Directe & Résilience » entrepris depuis 2014. Cette Constitution Nouvelle contient 71 articles. Sa structure est articulée sur celle de la constitution de 1958, mais 67 articles sont abrogés, 19 articles existants sont modifiés et 36 nouveaux articles sont ajoutés.

Le texte intégral de la Constitution Nouvelle en Démocratie Directe peut être consulté ici. Les points principaux de la CNDD établissant des ruptures significatives avec la constitution actuelle sont les suivants :

Préambule :

Les deux devises de la République sont : « Liberté, Égalité, Fraternité » et « Une société pour le peuple, une société par le peuple »

Son principe est : le pouvoir appartient au peuple

Définition de la démocratie :

La démocratie est un système d’organisation collective dans lequel le peuple est la source unique de la loi, à l’exclusion de toute forme de représentation.

Le peuple exerce directement la souveraineté nationale par l’intermédiaire de son pouvoir législatif. Il partage le pouvoir exécutif avec une entité administrative dénommée « Etat », qui exerce sa délégation sous la contrepartie d’un mandat impératif.

La fonction législative :

Définition 

La fonction législative constitue l’ensemble des moyens concourrant à l’élaboration de la loi. La loi s’entend comme toute règle s’imposant au citoyen par la coercition. Seul le peuple peut exercer cette fonction législative.

La loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la Nation.

Les agoras 

L'élaboration de la loi se fait selon le principe de démocratie directe au sein d'assemblées locales, dénommées agoras. Elle comprend trois phases : l’initiative, le débat et la votation.

Il est créé une agora par tranche de 3.500 électeurs. Les agoras sont réparties géographiquement selon un découpage établi par la Commission Centrale Législative (CCL).

Les agoras sont ouvertes tous les jours, les sessions sont réparties selon troistypes de séances : forum, présentation et débat/votation

Les séances de type "Forum" sont consacrées au débat d’idées général. Elles sont ouvertes à la libre expression de tout mouvement politique qui en fait la demande, notamment sous forme de conférence vidéo , et selon une répartition du temps de parole strictement égalitaire, quelque soit son importance numérique ou les résultats obtenus lors des différentes élections.

Les séances de type "Présentation" sont consacrées à la présentation des projets de loi par leurs auteurs, par l’intermédiaire d’écrans vidéos, ou en direct. Elles traitent également les demandes d’information sur des projets locaux d‘aménagement du territoire dans le cadre de leur mission de contrôle de l’exécutif,

Les séances de type "Débat/Votation" sont consacrées à la discussion et au vote final des projets de loi. Elles débattent également des projets locaux d‘aménagement du territoire et font éventuellement usage de leur droit veto, dans le cadre de leur mission de contrôle de l’exécutif

Les projets de lois peuvent être déposés depuis n’importe quelle agora. Ils sont transmis à la Commission Centrale Législative qui les enregistre, les regroupe par thème et les publie sur une plate-forme dédiée, physique et numérique. Chaque citoyen peut y consulter la liste des projets de lois et implémenter de sa signature les projets qu’il souhaite voir mis en débat dans le réseau des agoras

Chaque citoyen ou groupement de citoyens peut proposer la création d'une nouvelle loi, la modification ou l'abrogation d'une loi existante.

Chaque citoyen ou groupement de citoyens peut proposer la création d'un nouvel article de la Constitution, la modification ou l'abrogation d'un article existant.

Un projet de modification de la loi ordinaire doit recueillir les signatures de 1 pour mille des citoyens majeurs pour être envoyé dans les agoras à la présentation, la discussion et au vote. Il est adopté à la majorité des votants, sous réserve d’une participation au moins égale à la moitié des citoyens.

Un projet de modification de la constitution doit recueillir les signatures de 1 pour cent des citoyens majeurs pour être envoyé dans les agoras à la présentation, la discussion et au vote. Il est adopté à la majorité des citoyens

Les projets ayant obtenu le nombre signatures requis sont programmés, par la CCL, dans les agoras en séance de type "Présentation". Les projets sont étudiés un par un, et un à la fois. Lorsqu’un projet arrive à son tour, il est programmé simultanément dans tout le réseau des agoras et lui seul. Le projet suivant ne pourra être étudié qu’après que la votation du projet précédent soit achevée. Les projets ne sont pas modifiables en cours de délibération, ni par leurs auteurs, ni par d’autres citoyens. Ils ne peuvent pas non plus être retirés après avoir été validés par les signatures. Des projets similaires, mais différents, peuvent néanmoins être déposés ultérieurement, qui seront soumis au même quota de recevabilité que le projet initial. 

Les projets sont proposés à la délibération dans chaque agora de façon renouvelée et sur des périodes suffisamment longues pour permettre à chaque citoyen d'y prendre part, et en veillant à un partage équitable du temps de parole.

Chaque agora est animée par deux coordinateurs tirés au sort.

La Commission Centrale Législative (CCL)

La Commission Centrale Législative n’est investie d’aucun pouvoir pendant le déroulement des séances des agoras. Elle comprend 9 membres tirés au sort parmi les coordinateurs locaux, révocables par les agoras et renouvelables chaque année. Elle est animée par un coordinateur central législatif élu en son sein.

Les principales attributions de la Commission Centrale Législative sont les suivantes :

  • vérifier si un projet déposé recueille le nombre de signatures citoyennes requis pour être transmis aux agoras
  • dans le cas où un projet déposé n’est pas accompagné du nombre signatures minimal, le consigner, après classement thématique, dans une base de données consultables par tous et accessible à l’implémentation de signatures
  • dans le cas où le projet de loi proposé impacte une autre loi ou la contredit, demander à son auteur de le reformuler en tant que proposition de loi rectificative, ou abrogative selon le cas.
  • vérifier si le projet de loi est compatible avec la constitution. Dans le cas contraire, demander à son auteur de le reformuler en projet modificatif de la constitution.
  • centraliser et comptabiliser les votes finaux et annoncer les résultats

La fonction exécutive :

Définition

La fonction exécutive constitue l’ensemble des moyens mis en œuvre pour faire fonctionner les services publics. La fonction exécutive est assurée par le peuple et par l’ Etat . Lorsqu’il exerce la fonction exécutive, l’Etat agit par délégation de pouvoir du peuple. Le fonctionnement des services publics s’effectue dans le strict respect de la loi. 

L’initiative des projets relatifs aux services publics appartient concurremment à l’Etat et aux agoras. La mise en place des projets et la gestion opérationnelle des services publics est assurée par l’Etat, sous le contrôle des agoras.

Les services publics comprennent la sécurité intérieure, la sécurité extérieure, la justice, la diplomatie, la santé, l’enseignement, l’information politique, la perception fiscale et l’administration du territoire. D’autres services publics peuvent être déterminés par la loi.

Le gouverneur exécutif

Les services publics sont dirigés par un Gouverneur Exécutif, qui est porteur du programme qu’il a présenté lors de l’élection gouvernementale et qui a été approuvé par les agoras. Le Gouverneur Exécutif est responsable devant le peuple de la réalisation de ce programme.

L’élection du Gouverneur Exécutif, a lieu tous les 5 ans lors d’une élection dite élection gouvernementale, par un vote spécial des agoras. Chaque candidat à la gouvernance exécutive doit avoir recueilli les signatures de 1 pour mille des citoyens majeurs pour valider sa candidature. Il doit présenter un programme d’actions précis et chiffré, sous la forme d’un « formulaire électoral » identique pour chaque candidat, et dans lequel il indique notamment les grands postes de charges et de résultats sur lesquels il s’engage, et notamment sa rémunération personnelle, le prix des services publics payants, les marges escomptées, le budget des services régaliens.

Ce programme d’actions doit être compatible avec les lois en vigueur. Il indique également les noms des futurs ministres avec leur CV et leur rémunération prévue. Le Gouverneur Exécutif élu est révocable par les agoras dans les mêmes conditions que pour une modification de la constitution, en cas de non-respect prouvé de son programme.

Le service public de l’information politique

Le service public de l’information politique a pour mission de fournir une infrastructure matérielle d’expression et de diffusion à tous les groupes politiques quelque soit leur tendance ou leur importance quantitative. Cette plate-forme comprend un dispositif de chaîne TV, de chaîne radio, de chaîne internet et de quotidien presse. Une stricte égalité d’utilisation de chaque infrastructure en temps et en espace est garantie à chaque groupe politique déclaré qui en fait la demande. Cette disposition renforce l’alinéa 3 de l’article 6.

Le service public de l’administration du territoire

Les collectivités territoriales sont administrées par des mandataires nommés par le service public de l'administration du territoire. Ces mandataires sont placés sous le contrôle des agoras situées dans le périmètre dont relève la collectivité

Les agoras d’un territoire donné peuvent demander toutes informations et explications utiles sur des projets ou opérations en cours initiés et entrepris par les mandataires de l’Etat. Elles possèdent un droit d’initiative pour tout projet nouveau et un droit de veto sur tout projet ou opération en cours initié par les mandataires de l’Etat. Les projets nouveaux et demandes de veto sont déposés dans les mêmes conditions de recevabilité que les projets de lois, avec une assiette calculée sur la base de la population concernée.

La révision de la constitution :

L'initiative de la révision de la Constitution appartient au seul peuple, par l’intermédiaire des procédures prévues dans les agoras. Chaque citoyen ou groupement de citoyens peut proposer la création d'un nouvel article de la Constitution, la modification ou l'abrogation d'un article existant.

L'Union européenne

Le Titre XV de la C58 devient le titre IX de la CNDD dont les 3 pricipaux points sont les suivants :

  • La république peut décider de sortir de l'UE si un projet de loi abrogeant ce titre IX est adopté par les agoras
  • Le gouvernement soumet aux agoras les projets d'actes lgislatifs de l'UE
  • Les agoras peuvent s'opposer une modification des règles d'adoption des actes de lUE 

Extrait de l'ouvrage "Vers la démocratie directe"

 


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37 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 14 novembre 09:08

    Bonjour, Christian

    La démocratie directe, c’est une belle utopie mais ça ne fonctionne pas dans une société complexe, et c’est d’ailleurs pour cela qu’elle a disparu des rares endroits où elle a pu exister, par exemple en Suisse où seuls deux cantons ont gardé leurs Lansgemeinde (assemblées populaires), et encore plus pour le folklore que par nécessité. 

    La démocratie représentative est en revanche partout sur la planète. A juste titre car elle est le système le plus adapté aux nations modernes.

    Ce qui pose problème, ce n’est pas cette démocratie représentative, c’est le dévoiement dont elle l’objet dans de nombreux pays.

    D’où la nécessité de mettre en place des contre-pouvoirs et des instances de contrôle de l’action des élus, par exemple des jurys citoyens appelés chaque année à évaluer cette action des élus à tous les niveaux et à en rendre compte dans les médias au niveau adapté afin que tous les citoyens prennent connaissance du bon déroulement des mandats, ou a contrario des carences et des manquements.


    • Christian Laurut Christian Laurut 14 novembre 10:16

      @Fergus
      Dire que la démocratie directe ne fonctionne pas dans une société complexe est une affirmation gratuite. Elle cesserait naturellement d’être gratuite si elle était étayée par des arguments, autre que ceux de l’exemple suisse qui n’a que de lointaine ressemblance avec le système global que nous décrivons.

      Par ailleurs, rejeter la possibilité de l’instauration de la démocratie directe au prétexte qu’elle n’existe nulle part, et partant, justifier celle de la démocratie représentative au prétexte qu’elle est partout, c’est grosso modo, le raisonnement qu’on aurait pu tenir en 1788 à l’encontre de l’oligocratie face à la monocratie qui régnait sans partage depuis 20 siècles.

      Ceci dit, on peut tout à fait rester convaincu de l’inamovibilité de la démocratie représentative et croire fermement qu’elle peut être soignée par des médications de type « participatif », « collaboratif », « délibératif », ou autres contre-pouvoirs citoyens, tirages au sort, etc... Ces croyances, quand elles sont suivies d’efforts, sont certes méritoires, mais malheureusement vouées à la récupération par le système oligocratique. C’est ce que je m’efforcerai de démontrer dans des articles suivants, plus particulièrement consacrés au « leurre » d’une démocratie représentative devenue vertueuse.


    • Fergus Fergus 14 novembre 11:07

      @ Christian Laurut

      Votre raisonnement ne tient pas compte d’un fait : de nombreuses théories comme la vôtre ont été émises ici et là sur la planète. Or, nulle part ces théories - très séduisantes sur le papier - n’ont été considérées comme applicables et n’ont par conséquent débouché ne serait-ce que sur le début d’une démarche de mise en œuvre.

      « c’est grosso modo, le raisonnement qu’on aurait pu tenir en 1788 à l’encontre de l’oligocratie face à la monocratie qui régnait sans partage depuis 20 siècles. »

      Désolé, mais c’est une comparaison spécieuse : les monarchies n’avaient aucun intérêt à voir disparaître le modèle qui apportait une petite élite pouvoir, puissance et richesse.

      Or, au lendemain de la Révolution, nombre de théories ont vu le jour en Europe, y compris bien sûr en matière de démocratie directe, plus ou moins inspirées du modèle athénien, pourtant imparfait, inégalitaire et qui ne concernait qu’une petite communauté régie par un faible nombre de lois. Voyez-vous un pays où cela a été mis en place, ne serait-ce qu’à l’essai ? Non, et cela pour une raison simple : l’analyse objective des modèles proposés par les juristes et les experts en gestion politique a démontré que la démocratie directe était plus difficile à mettre en œuvre et à pérenniser que la démocratie représentative.

      Cela dit, je n’entends pas vous décourager. Je dis simplement ce que je pense. smiley


    • Christian Laurut Christian Laurut 14 novembre 11:25

      @Fergus
      Vous ne faites que répéter votre propos sous une autre forme en disant que « la démocratie directe est plus difficile à mettre en œuvre et à pérenniser que la démocratie représentative », ce que je ne conteste pas, mais ce qui ne constitue pas un argument pour présager qu’elle ne sera jamais instituée.

      Par contre je m’inscris en faux lorsque vous dites : "au lendemain de la Révolution, nombre de théories ont vu le jour en Europe, y compris bien sûr en matière de démocratie directe, plus ou moins inspirées du modèle athénien". Pouvez-vous me citer lesquelles ? Les divers projets auxquels vous faites allusion (notamment au cours de la révolution de 1848) n’étaient que des aménagements de la démocratie représentative (même Proudhon). Quant au modèle athénien, il n’a strictement rien à voir avec la démocratie directe, puisque c’est une démocratie représentative par tirage au sort.


    • maQiavel maQiavel 14 novembre 13:25

      Je suis en désaccord avec Fergus sur la forme (je ne l’aurai pas exprimé comme lui) mais je suis d’accord avec lui sur le fond.

      Je pense que les sympathisants de la démocratie laissent une question cruciale de coté : celle de la « Puissance » au sein de notre système international complexe, moderne et technicien.

      Certes, avec des institutions adéquates, les citoyens seraient en mesure de prendre conscience de la concurrence entre les différentes entités (étatiques et non étatiques) qui régissent le système national et international et peut être même d’élaborer collectivement une doctrine et une stratégie. Mais il faudrait des exécutions tactiques pour mener cette stratégie. La tactique nécessite que des décisions très techniques soient prises très rapidement, hors on sait que la démocratie directe est lente. Très lente. Et là se pose un problème de la compétitivité.


    • Fergus Fergus 14 novembre 17:30

      Bonjour, maQiavel

      Vous avez parfaitement raison de souligner ce - très gros - problème : la gestion d’un état nécessite souvent une grande réactivité que seul un personnel aguerri est en mesure de prendre. C’est évidemment valable sur des questions militaires et sécuritaires, mais pas seulement : au plan économique aussi, il arrive en période de tension que des décisions doivent être prises dans l’urgence par l’exécutif, une réaction trop tardive pouvant avoir de graves conséquences pour la nation.


    • Christian Laurut Christian Laurut 15 novembre 08:04

      @maQiavel
      Attention à ne pas confondre élaboration de la loi et décision opérationnelle. La première relève du pouvoir législatif, mais la seconde du pouvoir exécutif. Or, en démocratie directe, le pouvoir exécutif est assuré par des mandataires qui peuvent agir très rapidement.


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 16 novembre 17:46

      @Christian Laurut & Fergus


      Une utopie ? Bien sûr, mais La « démocratie directe » n’est pas une utopie parce que son application est difficile.


      La démocratie directe est une utopie parce que ce n’est PAS ce que veulent vraiment les gens. La nature humaine est ainsi faite que chacun veut un maximum de pouvoir - qu’il assimile à juste titre à sa liberté - et n’en cede une parcelle que s’il y est contraint. Tout l’art de la gouvernance consiste à l’y contraindre en suscitant un minimum de protestation.

      C’est cette contrainte douce qu’offre la démocratie dite « représentative », qui n’a évidemment rien a voir avec le concept formel de démocratie, mais en est la contradiction absolue, puisqu’elle crée au départ une inégalité essentielle entre une oligarchie de ’représentants’ et une masse de ’représentés’ ! 

      Notre « démocratie » permet de confier le pouvoir à une élite auto-proclamée - les lambdas jocrisses que nous sommes étant leurrés par les médias pour croire que c’est nous qui décidons ! - alors que les choix sont déterminés au sein de cette seule oligarchie ... et uniquement par le népotisme et une corruption sans faille. 

      Aucun autre système sociétal n’a atteint à une telle perfection dans la manipulation. C’est vraiment la « fin de l’Histoire ». Avec le temps on peut se lasser de faire semblant de croire aux sornettes des hommes politiques... mais y croire ou non n’y change rien. Et surtout, il n’est pas prouvé qu’on pourrait faire mieux...


      PJCA





    • Christian Laurut Christian Laurut 18 novembre 05:55

      @Pierre JC Allard

      Bonjour Pierre,

      Dire, comme vous le faites, que « La démocratie directe est une utopie parce que ce n’est PAS ce que veulent vraiment les gens » est une affirmation gratuite. N’oubliez pas que l’oligocratie actuelle n’a que 200 ans d’existence, soit à peine 1 seconde sur l’échelle du temps ramené à 1 semaine depuis la révolution néolithique. Croire que ce qui existe depuis seulement 1 seconde constitue la fin de l’« histoire », c’est céder à l’emprise de l’immédiateté. C’est également ce que croyaient les monocrates qui ont régné sans partage pendant plus de 50 siècles. C’est aussi ce même type de conviction qui fit dire à Louis XVI le soir du 14 juillet : « que se passe t-il, une révolte ? », ce à quoi le duc de la Rochefoucault lui répondu la célèbre phrase : « non sire, une révolution ». L’histoire n’était donc pas finie et tournait une nouvelle page.

      La prochaine secousse, qui étonnera identiquement les croyants de la « fin de l’histoire », sera celle de la décroissance (voire de l’effondrement) de la société industrielle par suite de la raréfaction des ressources naturelles, de l’application des lois de la thermodynamique et du principe de l’entropie. A cette révolution thermo-industrielle correspondra forcément une révolution institutionnelle car, comme le disait Einstein, « on ne résout pas un problème avec le mode de pensée qui l’a créé. »

      J’ai lu avec attention votre texte très intéressant (comme toujours) sur la nouvelle gouvernance. Je prépare des commentaires que je vous enverrai en MP.

      Cordialement

      Christian


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 22 novembre 00:11

      @Christian Laurut


      Je vous souhaite bonne chance. "Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre. Quant au crépuscule de la société industrielle, il est bien sûr inévitable.... mais je crois que la robotisation en retardera l’avénement.... on ne se privera pas de presser le citron jusqu’à la dernière goutte.



      Pierre JC

    • gogoRat gogoRat 14 novembre 09:14

       Merci d’aborder la question, devenue problème, de la légitimation du pouvoir en France.
       C’est effectivement le tout premier des sujet que devrait traiter quiconque opine à l’idée d’une quelconque « Réforme » en France !
       
       Je salue donc les efforts de l’auteur, ainsi que ceux « des membres du mouvement « Démocratie Directe & Résilience » entrepris depuis 2014 ».
       pour leur action palpable visant susciter débat indispensable et à lui donner corps.
       
       Juste 3 remarques :
       * il serait intéressant de rappeler ici l’effectif de ce mouvement
       * j’ai un peu tiqué à la lecture de : « nous devons proposer au peuple français »
       En effet, il serait cohérent de souligner que ce « nous » doit inclure TOUS les Français(es) !
       * « Le moyen juridique, c’est naturellement le référendum [...]
       il ne peut être mis en œuvre qu’à la condition que le président, ou que le parlement le souhaite,
       »
       Un certain constat relevant du ’principe de réalité’ pourrait alors pousser à sortir des sentiers battus des manœuvres procédurières ...
       C’est ainsi que vous pourrez aborder l’examen des suggestions proposées dans le ’profil’ Gororat ...
       


      • Christian Laurut Christian Laurut 14 novembre 10:26

        @gogoRat
        * Effectif du mouvement : environ 300 membres et sympathisants, 2500 dans la boucle des notifications
        * « Nous » ou « Tous », cela dépend d’où l’on se place. « Nous » proposons, « Tous » disposerons. Par contre « Nous » peut s’approcher du « Tous » si beaucoup nous rejoignent, en contribuant naturellement à l’amendement du projet à proposer
        * OK. Je vais examiner les suggestions du profil Gororat


      • Armelle Armelle 14 novembre 11:52

        Bonjour Christian Laurut,

        "Le fonctionnement du système oligocratique actuel est régi par la Constitution de du 4 octobre 1958 à laquelle sont annexés la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789« 

        C’est bien de le rappeler car aujourd’hui c’est bien simple les 17 articles sont bafoués !!!
        Je rejoins Gogorat quant à LA question de la légitimation du pouvoir en France et ses suggestions sont alors tout à fait pertinentes...
        La démocratie représentative n’est autre qu’une nouvelle forme de monarchie, laquelle n’intègre plus une filiation au sens propre mais une filiation d’ordre »social", avec en plus cette particularité qui est celle d’une légitimité indiscutable à travers le suffrage.
        Je trouve rassurant de lire vos articles qui abordent la politique de façon constructive et fondamentale et non systématiquement à travers le mal être personnel de bons nombres d’habitués ici et qui, malheureusement donne naissance à des articles inconsistants, haineux et sans réel intérêt


        • jaja jaja 14 novembre 12:03

          Bien entendu la démocratie directe dans le domaine politique n’est au mieux qu’emplâtre sur une jambe de bois si la démocratie directe ne s’exerce pas aussi dans le monde de l’entreprise, là où résident la domination et l’exploitation la plus scandaleuse des travailleurs qui sont l’immense majorité de la population...


          • Christian Laurut Christian Laurut 14 novembre 12:25

            @jaja
            Vous abordez là une question très récurrente qui est celle de l’extension de la notion générique de « démocratie » à toutes les formes d’organisations sociales. Nous considérons que cette extension relève d’une confusion sémantique qui nuit à la bonne compréhension de ce qu’est en réalité la démocratie. La démocratie directe désigne une forme institutionnelle mettant en oeuvre des procédures spécifiques desquelles découlent un corpus législatif donné. Autrement dit et en simplifiant, la démocratie directe concerne la constitution et pas les codes juridiques. Dit encore autrement, la démocratie directe est une autre façon d’écrire les codes juridiques.

            Ce que vous décrivez en employant abusivement le terme « démocratie », sont les règles de conduite décrites notamment dans le code des société et le code du travail. Ce n’est qu’à partir d’une « autre façon de faire les lois » (la façon de la démocratie directe), que les citoyens pourront modifier les règles de conduite internes de l’entreprise.


          • Armelle Armelle 14 novembre 12:33

            @jaja
            Oui mais dans l’entreprise, elle ne peut être QUE limitée !!! Les dispositions stratégiques ne sauraient être prises par des personnels n’ayant pas toutes les informations et éléments nécessaires aux décisions les plus avantageuses pour l’entreprise...Et comme les effectifs d’entreprise, la tête dans le guidon la plupart du temps, n’ont pas le temps donc les moyens de maîtriser ce volet c’est pour cette raison qu’en 1936 on a créé cette institution représentative du personnel que sont les délégués du personnel !!!
            Que peut-on faire de plus ????


          • jaja jaja 14 novembre 12:38

            @Armelle et l’auteur

            J’ai compris ; démocratie bidon !... sans changement de la forme juridique de la propriété des entreprises la démocratie n’existe pas !
            On ne peut dans le même temps être exploité par une classe possédante et citoyen, c’est un non sens !


          • Armelle Armelle 14 novembre 13:46

            @jaja
            Vous me semblez décidément réducteur dans votre analyse Jaja, on ne peut admettre que TOUS les salariés soient exploités, ce serait absurde, et surtout carrément faux, par conséquent le problème n’a pas pour origine la forme de propriété des entreprises mais bien les caractéristiques parfois odieuses de l’humain à travers le dirigeant.
            En fait vous vous trompez d’adversaire, celui-ci n’est ni politique ni juridique mais réside dans tout ce qu’il y a de plus essentiel à savoir la nature humaine !!!
            Et puis de toutes façon un changement profond de la forme juridique des entreprises ne saurait s’opérer de façon immédiate. Celui-ci n’est possible et raisonnable que et uniquement dans le cadre des créations d’entreprises à venir et excluant toutes celles qui existent aujourd’hui. Comment oseriez-vous, dans votre prétendu respect du citoyen, admettre que l’on puisse confisquer les biens qu’un individu a acquis en investissant le fruit de son travail pour créer son entreprise ? 
            Si l’on a fait le choix d’une société régie par la loi et la règlementation alors que l’on attende de la gouvernance et des institutions qu’elles fassent leur travail convenablement dans le sens du respect et de la protection du citoyen en mettant en place des dispositions capables de supprimer l’exploitation en entreprise !!! Car indiscutablement votre idée va brutalement à l’encontre des droits de l’homme
            En ayant tjrs ce même discours inquisiteur, vous salissez toute une frange de patrons qui eux respectent leurs salariés et sont soucieux de leur bien être, et vos incessantes manoeuvres consistant à généraliser systématiquement ce que vous vivez en entreprise ne peuvent être à terme que contreproductives et c’est déjà le cas car si vos solutions avaient le moindre caractère raisonnable et sensé (surtout) il y a belle lurette que celles-ci auraient pris l’ascendant..

             


          • Fergus Fergus 14 novembre 17:33

            Bonjour, Armelle

            « dans l’entreprise, elle ne peut être QUE limitée !!! Les dispositions stratégiques ne sauraient être prises par des personnels n’ayant pas toutes les informations et éléments nécessaires aux décisions les plus avantageuses pour l’entreprise »

            Il en va de même pour les Etats ! Et cela d’autant plus que dans différents domaines, l’action de l’exécutif n’a de chance d’aboutir que si elle reste confidentielle, voire secrète, jusqu’à la concrétisation.


          • maQiavel maQiavel 14 novembre 13:07

            Article très intéressant, merci pour votre excellent travail citoyen !

            J’ai quelques objections qui sont liées au fait que je ne sois pas en faveur d’une démocratie directe mais plus en faveur d’un régime mixte combinant représentativité et démocratie.

            Mes objections :

            -« en démocratie directe, ces deux entités, le président de la république et le parlement, seraient réduites à la portion congrue, voire supprimées »

            ------> Je suis radicalement pour le maintien de la fonction présidentielle (assortie toutefois d’un référendum révocatoire). D’une part le monarque républicain a une fonction symbolique : il est l’incarnation du pouvoir, une figure unificatrice qui correspond à la mentalité française forgée par des siècles de monarchisme. D’autre part, la concentration des pouvoirs en une personne permet de subjuguer les différentes féodalités (économico-financières, idéologiques etc.) pour faire prévaloir l’intérêt public sur le jeu des réseaux. Et pour finir, le président est le timonier de l’Etat stratège, raison laquelle je suis en faveur de l’allongement du mandat présidentiel (pour qu’il puisse gouverner à plus long terme) et pour un mandat unique et non renouvelable (pour que sa réélection ne soit pas subordonnée aux impératifs de sa gouvernance). 

            « Le peuple exerce directement la souveraineté nationale par l’intermédiaire de son pouvoir législatif. Il partage le pouvoir exécutif avec une entité administrative dénommée « Etat », qui exerce sa délégation sous la contrepartie d’un mandat impératif  ».

            ------> Je suis pour le référendum révocatoire mais contre le mandat impératif.

            On peut planifier de prendre des mesures dans le cadre d’une stratégie globale mais ça reste théorique. Le problème c’est qu’en pratique les choses ne se passent jamais comme dans la théorie (surtout quand ce sont des novices qui planifient et c’est bien le problème de l’élection présidentielle, aucun candidat n’aura jamais exercé la fonction présidentielle avant sa candidature sauf pour ceux qui ont déjà été président précédemment soit une infime minorité). Les élus devront affronter des problématiques très complexes qu’ils ne pourront prévoir à l’avance, des nécessités s’imposeront à eux et ils devront s’adapter aux circonstances en improvisant avec pragmatisme dans un environnement mouvant.

            On peut même donner un exemple bête : tout le monde sait que lorsqu’on monte un gros projet au sein d’une structure (associations, entreprises), son exécution ne se passe que rarement comme planifié (parfois on fait même l’inverse de ce qu’on a prévu) et les meilleurs sont ceux qui ont les plus grandes capacités d’adaptation (et l’expérience). Alors imaginons un peu pour une organisation aussi titanesque que l’Etat français. Il faut donc laisser une grosse marge d’indépendance par rapport au programme car nul ne sait exactement à quoi l’homme d’Etat aura à se confronter une fois élu.

             « Chaque candidat à la gouvernance exécutive doit avoir recueilli les signatures de 1 pour mille des citoyens majeurs pour valider sa candidature ».

            ------> Ce qui peut engendrer de la corruption car il n’est pas difficile d’imaginer que des individus paient des citoyens pour faire valider leur candidature.

            « Un projet de modification de la loi ordinaire doit recueillir les signatures de 1 pour mille des citoyens majeurs pour être envoyé dans les agoras à la présentation, la discussion et au vote ».

            ------> Selon moi le quorum requis doit être supérieur à 10 % du corps électoral (peut être même 20%). En effet, fixé à 1 pour mille, le quorum pourrait avoir des effets d’instabilité sociale du fait de l’inflation législative et exécutive. Ce faible quorum entraînerait des multiplications pour tout et n’importe quoi et pourrait vite lasser les citoyens (et on se retrouverait alors avec des taux de participation citoyenne extrêmement bas à qui remettraient en cause la légitimité des décisions et par conséquent, remettrait en cause l’obéissance à ces décisions). Pour que la décision souveraine soit obéie, elle doit être sacrée, et pour être sacré, elle doit être rare et pour être rare, il faut que le quorum soit élevé.

            Une question par rapport aux financements publics des porteurs de projets : comment ça fonctionnerait concrètement ? Selon quels critères ce financement est attribué ? Vous proposez le financement de n’importe quel groupement citoyen qui en fait la demande ? Ou alors proposez-vous des conditions restrictives ? 


            • Christian Laurut Christian Laurut 15 novembre 08:15

              @maQiavel
              Merci pour ces commentaires critiques éclairés qui soulèvent de nombreuses questions déjà débattues au sein de notre mouvement, mais néanmoins toujours en chantier. Ce fil de discussion est malheureusement trop étroit pour mener à bien le débat multiple que vous lancez. Je peux vous proposer trois méthodes :
              1. Engager une réflexion fondamentale avec moi en MP à christian.laurut@orange.fr
              2. Rejoindre le mouvement en tant que sympathisant. C’est ici
              3. Accepter un débat vidéo sur tous ces sujets


            • bernard29 bernard29 14 novembre 14:42
              oui, c’est très bien votre travail et votre effort pour présenter un projet construit.

              Pour ma part , je rejoins assez maQiavel en ce sens que pour moi ce qui est important c’est de considérer les qualités des procédures démocratiques utilisées dans un régime politique.

              Ainsi la procédure représentative, la procédure directe et la procédure participative ( je dis exprès « procédure » au lieu de « démocratie »), ont toutes les trois des qualités et des inconvénients, mais elles sont toutes les trois a prendre en considération dans un régime démocratique. 
              Il faut toujours faire un travail sur les modalités d’expression de ces procédures, qui sont toujours améliorables, mais qui sont indispensables dans un véritable régime démocratique ; elles sont complémentaires et doivent être utilisées en fonction des objectifs poursuivis.

              En tout cas il est satisfaisant de constater que vous avez été au bout de votre logique dans votre proposition. Il y a trop de projets qui ne consistent qu’à donner un slogan ( Pour la démocratie Directe, pour la démocratie Participative...) sans faire l’effort de réflexion sur les modalités d’exercice.

              • John Wo 14 novembre 19:50

                Merci pour cet exposé complet.

                Je partage l’opinion que le système actuel de gouvernement représentatif mérite d’être changé. Par contre, mettre en place une démocratie directe totale me semble inadapté. 

                Une démocratie directe totale, cela signifie que tout le monde peut voter sur toutes les lois. Est-ce vraiment souhaitable ? Je vais sans doute être violent dans mon propos, mais regardez autour de vous, une grande partie de la population est inéduquée (pour ne pas dire abrutie), leurs opinions politiques sont basés au travers de la télévision. Ils ne prennent même pas le temps de lire le programme politique proposé par les représentants lors des élections, cela ne les empêche pas d’avoir un avis, bien sûr, mais basé sur quoi ? Vous pensez vraiment qu’ils vont prendre le temps de participer à des agoras pour choisir des lois ? Personnellement, je n’ai pas envie que les avis de comptoir prennent une telle importance

                Ensuite même si on supposait que tous les gens étaient concernés et prenaient le temps. Est-ce vraiment possible que les gens soient compétents dans tous les domaines ? Je ne le suis pas et je pense que personne ne l’est. Même nos élites ne le sont pas, nos représentants ont beau être entourés d’une armée de conseillers, ils leur arrivent parfois de se tromper. Alors l’avis du citoyen lambda qui n’a pas de connaissances ou une connaissance très parcellaire ne devrait pas intéresser la collectivité. 

                Si je prends l’exemple d’un domaine pas trop compliqué, la construction. Les constructeurs doivent respecter la RT2012. Franchement, cela a beau être pas trop compliqué, je suis bien incapable de connaître les critères complets de cette norme. Je suppose qu’elle précise la quantité de surface vitrée, les critères d’étanchéités à respecter, peut être même qu’il est indiqué comment calculer le nombre et le type de poutres pour supporter les planchers de la maison et tout un corpus de règle. Comment le citoyen lambda peut voter une réglementation de ce type ? Maintenant si on considère des domaines plus complexes comme l’environnement ou la politique énergétique, vous pensez vraiment avoir la compétence pour choisir ce type de lois ? Même nos élus n’ont à mon avis pas la compétence...

                La démocratie, c’est très beau sur le papier, mais ce n’est pas parce que la majorité des gens votent que la Terre est plate qu’il n’y a pas une erreur. (remplacer « la Terre est plate » par n’importe quelle phrase dans la phrase précédente et cela marche aussi) Avant de penser à la démocratie, il faut que les gens soient éduqués et même après cela, la démocratie totale ne me parait pas applicable car personne ne peut tout connaître. Il vaudrait mieux un système technocratique assumé et transparent pour nous gouverner. 

                • Fergus Fergus 14 novembre 20:20

                  Bonsoir, John Wo

                  Pour compléter votre commentaire de bon sens, il suffit de se référer aux... tribunaux correctionnels.

                  Sarkozy avait, malgré l’opposition argumentée des magistrats, tenté d’introduire des jurés populaires dans les instances correctionnelles comme cela existe aux assises. Et comme l’on pouvait s’en douter, cette expérimentation - pourtant limitée au début à des affaires de droit commun de type vols ou agressions - a été abandonnée car totalement inadaptée.

                  Pourquoi ? Tout simplement parce que, si la compréhension des affaires est accessible à tous aux assises où l’on juge des crimes ou des viols, tel n’est pas le cas dans de nombreuses chambres correctionnelles spécialisées où sont jugées des affaires qui nécessitent des compétences pointues dans les domaines juridique, urbanistique, sportif, médical, culturel : impossible d’y associer des juges tirés au sort !


                • gogoRat gogoRat 14 novembre 21:51

                  @John Wo

                   Votre ’réaction’ et sa conclusion montrent un rejet de ce que vous percevez du concept même de démocratie.
                   L’expression « Avant de penser à la démocratie, il faut que les gens soient éduqués » est par contre tout à fait conforme au crédo du système aristocratique : pouvoir des ’meilleurs’ selon l’étymologie !
                   
                   Un système « techno-cratique » serait alors un pouvoir, non pas du peuple, ni des « meilleurs », mais de ... la technologie ?!
                   Une façon déguisée de ne légitimer, comme en aristocratie, qu’une forme d’excellence, puisque cette « techno » nécessite des compétences bien particulières. La technique (et l’on peut considérer tout scrutin comme une technique ...) est un fruit dérivé de l’art, et peut séduire les démocrates parce qu’elle matérialise une forme première de consensus (tacite - plutôt plus que moins).
                   Mais ne viser qu’à la technique serait lâcher la proie pour l’ombre de la part de celles et ceux dont l’ambition humaine est que chaque citoyen accède à l’art lui-même plutôt qu’à ses produits dérivés seulement !
                   Alors, ’éduquer’ .. ’les gens’ à quoi ? (et par Qui ?!!) : - à une virtuosité dans l’utilisation de techniques (y compris juridiques, administratives ...) ? plutôt qu’à s’efforcer d’acquérir la capacité à créer , co-créer, les nouvelles techniques nécessaires aux impératifs d’adaptation humaine ? 

                   Certes, il est vrai que la qualité démocratique de tout système politique est tributaire des capacités de conscience et de connaissance chez les individus qui le composent ...
                   Mais ces capacités et connaissances ne restent qu’un requis, et non pas une fin en soi.

                   Bref, tout ceci s’éclaire admirablement par le simple constat réalisé par le mathématicien Condorcet lorsqu’il s’est penché sur la technique du scrutin pour en venir à énoncer son fameux : « théorème du jury »
                   A noter que, pour que soit obtenue une augmentation des chances statistiques d’obtenir Le bon résultat par une augmentation des participants au vote, il faut :
                   - d’une part qu’il existe un ’bon résultat’
                   - d’autre part, que la probabilité que chaque juré vote pour la ’bonne’ alternative soit supérieure à 50% ( de là à dire qu’une é-ducation puisse améliorer cette probabilité, c’est une autre affaire, ou un autre crédo )

                   Les démocrates quant à eux retiendront plutôt que les mathématiques confirment que l’union peut faire la force, et essayeront plutôt de se figurer comment ; - quid de la complémentarité des savoirs ou intuitions ? - quid d’une diversité de points-de-vue/perspectves/expériences augmentant les effets de cette complémentarté ?
                   


                • maQiavel maQiavel 14 novembre 22:32

                  @John Wo

                  Bonsoir.

                  Je suis fondamentalement d’accord avec vous sur le fait qu’une démocratie serait inadaptée et que le régime représentatif mérite d’être changé. Mais à mon humble avis , vos arguments ne sont pas les bons.

                  «  regardez autour de vous, une grande partie de la population est inéduquée (pour ne pas dire abrutie), leurs opinions politiques sont basés au travers de la télévision ». 

                   ------> La réponse à ce type d’argument est la suivante : ce n’est pas parce que dans nos institutions actuelles les gens se comportent de cette manière qu’ils le feraient dans n’importe quel cadre institutionnel.

                  On peut très bien imaginez des institutions médiatiques qui élèveraient les capacités de décision des citoyens sur des thématiques précises à l’inverse des institutions actuelles qui les transforment en des masses passionnelles sur lesquelles déverser des torrents de stimuli.

                  Je vais vous donner un exemple concret :

                  -Aujourd’hui, sur la question du nucléaire, je suis un abrutit. Ce n’est pas en lisant le monde ou le figaro ou encore en regardant bfm tv que mon état d’abrutit va changer, au contraire, je le serais d’autant plus que je m’imaginerai connaitre le sujet alors que je ne ferai que répéter bêtement l’avis d’experts payés par des intérêts dont je ne connais même pas l’existence.

                  -Si par contre, vous me mettez dans les conditions des conventions citoyennes proposés par Jacques Testart ( par exemple ) , mon niveau de savoir sera tel que, malgré les défauts de ce protocole,  je pourrais prendre une décision politique en connaissance de cause.

                  Dans les deux cas, il s’agit de la même personne : moi. Qu’est ce qui a donc changé ? Les procédures d’acquisition des informations, de l’organisation du débat et de votations. Autrement dit, les institutions. Donc, si la population actuelle est  abrutie (sur des questions spécifiques car abrutit en général, cela n’a pas de sens), ce n’est pas un fait de nature. L’environnement institutionnel peut permettre l’éclairage des citoyens qui auront à se prononcer politiquement sur des thématiques précises.

                  «  Ils ne prennent même pas le temps de lire le programme politique proposé par les représentants lors des élections, cela ne les empêche pas d’avoir un avis, bien sûr, mais basé sur quoi ? Vous pensez vraiment qu’ils vont prendre le temps de participer à des agoras pour choisir des lois ?  »

                   ------> C’est là que le volontariat a toute sa place : seul ceux qui s’en estiment digne et qui ont la volonté de sacrifier de leur temps libre à s’informer et à débattre d’une question ont le droit de se prononcer politiquement sur cette question !

                  « Est-ce vraiment possible que les gens soient compétents dans tous les domaines ? »

                   ------> Non mais comme vous le dites, c’est aussi le cas de nos représentants actuels. Et pourtant ils décident.

                  Mais la démocratie directe a des avantages :

                  -Les institutions pourraient très bien prévoir la constitution de commissions de citoyens sur les questions les plus complexes. Ainsi, tous les citoyens n’auront pas à être compétent dans tous les domaines, les citoyens seront compétents dans le domaine prévue par la commission à laquelle ils appartiennent.

                  -Il existe des mécanismes de contrôle pour que la corruptibilité de ces commissions soient moindres comparées à celle de nos représentants , rien que le fait que ces commissions soient composés de simples citoyens exerçant des mandats courts et non renouvelables se surveillant les uns les autres et n’ayant aucun intérêt à aller dans le sens des lobbies fait déjà la différence.

                  En ce qui me concerne, la technocratie doit avoir sa place dans les choix politiques de la collectivité mais elle ne peut pas prendre toute la place. Je suis autant opposé à une démocratie intégrale qu’à une technocratie intégrale, tout est une question d’équilibre. 


                • maQiavel maQiavel 14 novembre 22:56

                  Le grand défaut de la technocratie serait la reconstitution, non pas d’une aristocratie mais d’une oligarchie sujette à des intérêts ploutocratiques. Les ploutocrates pourraient très bien s’emparer des procédures de formation et de sélection des technocrates au pouvoir afin qu’ils gouvernent dans leurs intérêts.

                  Il ne faut jamais perdre de vue que dans les sociétés, il existe des intérêts divergents dont la satisfaction mène à des rapports de force.

                  Dans « De la démocratie en Amérique », Tocqueville critique longuement la démocratie mais il lui trouve aussi des vertus que l’aristocratie n’a pas : il explique que l’aristocratie ne travaille que pour elle seule et non pour les gouvernés. Il importe que les gouvernants aient des talents mais selon lui, ce qui importe encore d’avantage, c’est que les gouvernants n’aient pas d’intérêts contraires aux gouvernés  car dans ce cas, les talents pourraient devenir inutiles et funestes.

                  Le peuple  peut commettre de graves erreurs mais il ne suivra jamais systématiquement une tendance hostile à l’intérêt public.

                  Il conclut qu’il existe au fond des institutions démocratiques, une tendance cachée qui fait souvent concourir les hommes à la prospérité générale, malgré leurs vices ou leurs erreurs , tandis que dans les institutions aristocratiques , il se découvre quelquefois une pensée secrète qui en dépit des talents et des vertus , les entraine à contribuer aux misère de leurs semblables.

                  C’est très fort et c’est l’une des raisons pour laquelle, à mon humble avis, on ne doit pas faire l’économie de doses de démocratie directe.

                  Et puis à part la question des intérêts, il y’a quelque chose de fondamental : qui est plus légitime que le peuple pour fixer la finalité des décisions politiques ? Autant l’expert peut prendre des mesures pour accéder à cette finalité, autant il n’a pas la légitimité pour la fixer. 


                • John Wo 15 novembre 07:01

                  @maQiavel et gogoRat


                  Je suis d’accord que si on avait « des institutions médiatiques qui élèveraient les capacités de décision des citoyens », les gens auraient la capacité de s’élever plus facilement, les débats seraient plus intéressant. Néanmoins dans beaucoup de domaines pointus, c’est plutôt en lisant des livres que l’on apprend. Pour moi, la radio ou la télévision, cela devrait être un support pour savoir où en est le débat. Mais pour comprendre les enjeux d’un débat, cela ne peut se faire qu’au moyen de la culture et de l’expérience des gens. Ce n’est pas le rôle des médias d’éduquer mais juste d’informer. 

                  En ce qui concerne le « volontariat », c’est illusoire actuellement de penser que les gens qui ne s’estiment pas digne ne souhaiteront pas donner leur avis. Comment on détermine que l’avis d’une personne est digne ? Pour moi la sélection se fait par la connaissance technique du domaine d’où la technocratie. Mais je n’ai jamais dit qu’il faut être une expert reconnu pour que son avis compte. Comment savoir si les gens ont la connaissance technique : à travers l’éducation sanctionnée par un diplôme ou l’expérience professionnel dans le domaine. Par exemple, pour les lois qui concernent l’énergie, pour que son avis compte, il faut au minimum travailler dans le domaine ou avoir un diplôme dans le domaine.

                  Je suis d’accord que cela suppose une éducation accessible à tous et apolitique. Je suis aussi d’accord que l’éducation doit amener les gens à savoir créer. Mais pour créer une maison par exemple, il faut avoir des connaissances techniques sur la résistance des matériaux. Même pour créer une musique, il faut aussi avoir une connaissance technique de la mélodie (acquise au conservatoire ou par expérience). Sans connaissance technique, c’est possible d’avoir des idées mais pas de créer.

                  Pour moi technocratie, cela ne signifie pas oligogratie ni expertocratie. Dans une technocratie, tous les employés d’un secteur peuvent donner leur avis sur ce secteur et non juste les dirigeants ou les experts. Par ailleurs les lois ne concernent rarement un unique secteur, par exemple les lois de programmations énergétiques ont aussi un impact sur l’environnement et sur l’économie. Ces trois secteurs devraient donc être consultés. 

                  La technocratie serait à mon avis bien plus démocratique que le système représentatif actuel mais elle ne serait effectivement pas au niveau d’une démocratie directe totale.

                • gogoRat gogoRat 16 novembre 10:57

                  @John Wo

                  Juste un exemple concret de situation à laquelle mène votre légitimation Du Pouvoir par l’excellence technique :
                  le cas du brillantissime John von Neumann :(cf https://fr.wikipedia.org/wiki/John_von_Neumann) :
                  « [...] il fait également partie du comité chargé de sélectionner les cibles pour la bombe atomique. Le choix initial de von Neumann (le centre de Kyoto, capitale culturelle du Japon) est alors écarté par Henry Stimson, le ministre de la guerre [...] »
                   
                   
                   Remplacer l’aristocratie des politicards par celles des savants ? (cooptés par des virtuoses autistiques d’un domaine de compétences bien particulier transformé en « chasse gardée » ?) :
                   même une approche purement rationnelle n’a pas plus de chance de démontrer la pertinence de ce crédo,
                   que l’humanité n’a eu de chance jusqu’à aujourd’hui de démontrer rationnellement soit l’existence, soit l’inexistence de Dieu !
                   
                   
                   Claude Bernard disait : « l’art c’est moi, la science c’est nous » !
                   
                   Quiconque s’écarte de cette humilité de bon sens, requise par celles et ceux qui ont l’honnêteté de reconnaître que la conscience humaine n’est pas une équation mathématique, et qu’il serait encore plus fumeux que prétentieux d’accepter qu’un quelconque individu ne ramène la volonté générale à un absolu de son propre cru, n’est pas digne d’être vraiment considéré comme fiable ! (étymologiquement : digne de foi !!)
                   


                • gogoRat gogoRat 16 novembre 14:45

                  @gogoRat
                  « ... [au delà des anciennes questions de phrénologie, en ce qui concerne le vivant] ... tout dépend d’inter-dépendances et de communications » 
                   cf la video, à l’instant 1:14:22
                  ( autrement dit l’ADN n’est pas la clé de tout ce qui caractérise un être vivant - Au figuré, si un peuple peut être vu comme un être vivant, son organisation technocratique ne suffira pas à le définir , et Il aura du mal à se voir « incarné » par un seul des ses atomes !)



                • Attilax Attilax 14 novembre 20:54

                  Pas mal du tout. Je vote pour. Où on signe ?

                   smiley

                  • Christian Laurut Christian Laurut 15 novembre 08:19

                    @Attilax
                    Pour nous rejoindre, c’est ici


                  • Attilax Attilax 15 novembre 12:15

                    @Christian Laurut

                    Merci, vous en avez un de plus.

                  • Attilax Attilax 14 novembre 21:16

                    C’est marrant dans les commentaires de voir tous ces « démocrates » qui ne veulent pas une démocratie directe (c’est à dire la seule) mais un hybride représentatif.

                    Une petite peur panique du peuple à qui on prétend vouloir confier les manettes (pas complètement !), peut-être ? C’est terrible ce besoin de toujours se choisir un maître désigné et de ne pas faire confiance au peuple dans son ensemble. 
                    Auriez-vous oublié les enseignements de Platon, Rousseau, Montesquieu ?
                    « le pire des maux est de donner le pouvoir à ceux qui le veulent. » C’est pourtant clair. Pour qu’un groupe d’individus ne puisse abuser de son pouvoir politique, il suffit de le donner à tout le monde. La loi du plus grand nombre vaudra toujours mieux que la loi d’une minuscule élite qui ne travaille que pour elle. Le peuple est sans doute con et peu éduqué, mais il sait où se trouve l’intérêt général, qui est SON intérêt. Les seuls que ça n’arrange pas sont les oligarques qui nous dirigent et leurs pantins « représentants du peuple », sans oublier leurs clébards, les magnifiques « journalistes »... Eux, leur intérêt n’est pas l’intérêt général.
                    Si on doit un jour se débarrasser de cette caste qui squatte le pouvoir depuis quelques siècles, autant que ce soit complètement, non ?
                    J’aimerais pouvoir dire démocratie sans avoir à ajouter « représentative » pour faire coller mes illusions à la réalité, personnellement. D’autant que ça ne marche pas...

                    • sukhr sukhr 14 novembre 21:28

                      @Attilax
                      Dans un premier temps, la vrai question ce n’est pas « qui votent ? » mais « sur quoi on vote ? »


                      Ex : En Chine, la Démocratie n’est pas directe du tout, peu de gens votent, mais ceux qui votent prennent des décisions concernant la production. En France tout le monde vote, mais sur quels sujets ? Les décisions concernant la production échappent aux élus. 
                       
                      Une démocratie directe qui ne pourrait prendre aucune décision sur la production ne serait pas du tout une démocratie. Mais pour qu’une démocratie, directe ou indirecte, puisse porter sur la production, il faut commencer par abolir la propriété privée des moyens de production

                    • Attilax Attilax 15 novembre 02:08

                      @sukhr

                      N’importe quoi. En France, le peuple vote pour des « représentants », des gens, pas des sujets.
                      Le dernier référendum date de 2006, il a été bafoué, et vu le résultat ils ne sont pas près d’en refaire un. C’est la dernière fois qu’on a voté pour un « sujet », sans ça c’est Sarkozi, Hollande ou Macron, trois-petits tours et puis s’en vont. Après nous avoir niqué un peu plus à chaque fois.

                      Quand à abolir la propriété des moyens de production dans une démocratie, c’est possible si une majorité de citoyen votent pour. Vous n’aurez qu’à les convaincre, bonne chance. Une démocratie peut être communiste, centriste, conservatrice, anarchiste ou même totalitaire si tel est le choix de la majorité. C’est le principe. C’est sans doute ce qui fait peur à nos « démocrates républicains » : on n’a aucune idée de ce ça pourrait donner.
                      C’est pour ça qu’il faut le faire.
                      Pour aller là où la main de l’homme n’a jamais posé le pied.

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