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Accueil du site > Tribune Libre > La ‘démocratie’ est-elle enfin possible ?

La ‘démocratie’ est-elle enfin possible ?

Deux possibilités d’organisation d’une collectivité sont possibles : l’une repose sur une pyramide hiérarchique, l’autre sur un réseau de type neuronal. Quels sont les avantages et les inconvénients de ces deux structures ?

  Dès la nuit des temps, le plus fort imposait sa loi et, comme chefs de famille, de tribu, de clan, de troupe, ils soumettaient leur entourage pour vaincre les autres, les éléments, les peurs environnantes… La coercition était l’arme principal du dominant. Les collectivités devenant de plus en plus grande, l’alliance des dominés auraient pu les aider à briser leurs chaînes : l’adjonction de dieux, d’un Dieu devint indispensable. Le père créateur permit de consolider le pouvoir du chef, devenu chef par sa noble naissance le plus souvent, en mettant (au moins théoriquement) démunis et gens aisés dans le même tissu sacré. Dieu mourut après être devenu révolutionnaire, républicain, socialiste et laissa les leaders fort dépourvus quand la bise fut venue. Un autre sacré devint indispensable pour préserver ce qui était pensé comme le nerf des relations sociales : la mise en place d’une domination quelle qu’en soit la source. L’élection au suffrage universelle donne naissance aux démocraties qui permettent à tous de choisir leur maître et ses subalternes sans changer la structure de décision qui peut être illustrée par un arbre à l’envers, le tronc figurant la tête pensante. Un mécanisme électif est évidemment impensable (le plus souvent) dans les entreprises privées, le chef, quelle que soit la strate, est pensé comme le plus apte que les raisons soient sociales, culturelles ou académiques.

 Le fait d’avoir été élu implique-t-il une sacralisation suffisante pour pouvoir prendre des décisions forcément difficiles par définition, les autres allant de soi ?

 Les Démocraties dites représentatives connaissent des problèmes qu’elles auront quelque peine à surmonter. Le leader a de plus en plus de mal à imposer une ligne cohérente à la collectivité qu’il préside car les communautés d’intérêt sont devenues puissantes et omniprésentes dans les médias, et chacune d’entre elles réclame (à tort ou à raison) plus de moyens. Le bain dans un même sacré permet de justifier des inégalités matérielles : votre rémunération n’est pas liée à votre utilité sociale. Dans l’ère du seul quantitatif, l’argent-roi, votre salaire équivaut à votre valeur sociale. La sanctification du chef grâce à son élection au suffrage universel n’est pas suffisante pour le mettre hors de portée des gens du commun. Passé l’attrait de la nouveauté, il ne devient dans une grande mesure qu’un parmi d’autres. Ceci met en péril le processus électif de sacralisation. Aux élections législatives de 2017, 51,3% des français s’étaient abstenus au premier tour. Des taux du même ordre étaient relevés aux élections européennes. Seule l’élection du chef de l’État semble indiquer un intérêt significatif des Français (abstention : 22,23% au premier tour). Le sacré de l’État repose donc grandement sur les seules épaules du Président de la République, comme il reposait autrefois sur celles du monarque, du comité de salut public, de l’empereur, avec essentiellement la même structure patriarcale. L’absence de sacré, d’éloignement (ou de hauteur) conduit immanquablement au manque de respect : le moindre faux pas, le plus anodin des faits divers, l’anicroche politique le plus banal affaiblissent l’être suprême devenu trop ordinaire aux yeux de beaucoup et ne satisfaisant pas ou pas assez vite les besoins terrestres de ses ex-fidèles.

 Les nouveaux textes sacrés proposés sont ceux décrivant des droits plutôt que des devoirs. Ils se déclinent en une multitude de traités, lois, règlements, décrets qui s’adressent à des collectivités plutôt qu’à des individus auxquels la morale ancienne s’adressait. Maintenir la cohérence d’un ensemble implique l’utilisation de diverses armes : la coercition physique ou mentale, l’habileté voire la rouerie. Mais les peuples sont maintenant trop éduqués et trop abondamment informés pour accepter qu’un des leurs, qu’un de leur semblable, puisse leur faire accepter des sacrifices au nom du bien commun, si tant est que ce soit réellement son but ce qui est plutôt rare. Or c’est justement le rôle premier d’un chef : expliquer et faire accepter les décisions difficiles qui demandent des efforts… à tous et à chacun. Des solutions sont proposées pour approfondir l’aspect démocratique des démocraties tout en conservant l’aspect pyramidal, elles ne peuvent donc pas changer radicalement les choses.

 La voie pyramidale implique au niveau mondial une tête constituée des Chefs d’État des 197 pays membres de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Le mode d’emploi à suivre est fourni par « La Charte des Nations Unies » qui codifie les grands principes des relations internationales, depuis l'égalité souveraine des États jusqu'à l'interdiction d'employer la force dans les relations interétatiques. Chaque chef d’État est élu au sein de Démocraties dans lesquelles toutes les opinions conformes au droit sont possibles. Les citoyens-électeurs font part de leurs préférences lors des élections ou, si la situation s’envenime, lors de manifestations voire d’émeutes. 

 Une décision doit avoir un aspect binaire, 0 ou 1, oui ou non, pour pouvoir conduire une collectivité dans une direction donnée, sinon, l’omniprésent bruit de fond empêche tout mouvement cohérent. C’est la raison d’être des pyramides hiérarchiques mais d’autres voies peuvent être empruntées pour obtenir le même résultat.

 Chaque individu reçoit actuellement éducation et informations, il les traite d’une façon intelligente et adopte en conséquence une opinion qu’il échange avec autrui. Un ordre est apporté en transformant les citoyens en militants, les artisans en employés, les auditeurs en cobayes de communicants. L’intelligence est au cœur de chaque individu isolé mais est absente des relations entre individus : des maîtres guident des élèves, des professionnels éduquent des apprentis, des sages servent de modèles à des ouailles… Peut-on faire autrement ?

 Les réseaux de neurones ne mettent pas en œuvre une logique déductive dans laquelle on tire des connaissances à partir de savoirs déjà bien établis en possession de savants (ceux qui savent). Les réseaux de neurones fonctionnent par apprentissage : on assimile dans un premier temps une série d’exemples concrets sans a priori théorique, souvent en très grands nombres. On peut ensuite, grâce aux exemples fournis précédemment, traiter des cas nouveaux non encore rencontrés. Les réseaux de neurones sont capables de fonctionner même en mis en présence d'informations partielles ou brouillées. Il est également possible de partir d'algorithmes peu performants et ensuite d’améliorer leurs performances grâce à l'expérience plutôt qu’en les guidant pas à pas. Dans une telle structure la notion même de vérité issue du rationnel disparaît pour laisser empiriquement place au plus probable, au plus utile voire au plus aimé. Le savant détenteur de savoirs historiques, sociaux, politiques… n’a plus qu’une contribution au milieu d’une multitude d’autres. La notion de chef n’a plus de sens car le système fonctionne sans eux. Les valeurs portées par l’Égalité, la Liberté, la Fraternité sombrent également dans la mer des certitudes expérimentales confrontées à de nouveaux réels.

 Un circuit intégré d’ordinateur peut contenir une dizaine de milliards de transistors, valeur tout à fait comparable aux 100 milliards de neurones que comporte un cerveau. Il y a enfin de l’ordre de 3,5 milliards d’adultes productifs dans le monde susceptibles d’utiliser un ordinateur : comment faire fonctionner un réseau ?

  Un individu donné peut servir comme élément de base d’un réseau de type neuronal sous certaines conditions. La connectique via Internet permet la mise en relation de tous avec chacun mais il faut y introduire quelques caractéristiques pour ne pas engendrer d’immenses vagues inintelligentes basées sur des émois, des affects non maîtrisés, des réactions plutôt que des actions.

 Les réseaux neuronaux sont constitués d’éléments possédant des entrées en provenance d’autres neurones et d’une sortie qui dépend des valeurs d’entrée d’une façon non-linéaire : un signal de sortie est émis sous forme binaire, 0 ou 1, oui ou non, à condition que la somme des valeurs d’entrée soit supérieure à un seuil. La non-linéarité du traitement élémentaire du signal est une condition nécessaire, mais non suffisante, pour obtenir un réseau intelligent. Les valeurs d’entrée sont affectées d’un coefficient (le poids synaptique) qui sont ajustées lors de la phase d’apprentissage du réseau. Si un individu membre d’un réseau se conforme à ces règles, le réseau qui en résulte peut être intelligent. Il ne doit pas réagir aux informations mais les examiner rationnellement et ne transmettre que ce qui est en accord avec son propre libre arbitre (sans aucune limitation de celui-ci). Soumis à une excitation du même type, il doit moduler ses entrées d’information pour tenter de tenir compte de leur pertinence cette fois encore selon des critères qui ne tiennent qu’à lui. Ses sources d’information servant d’entrées doivent être le plus large possible sans élimination de certaines d’entre elles a priori. Il faut se garder de tout réseau militant qui, s’il donne peut-être un sentiment de puissance, est antinomique d’un réseau neuronal efficient car obscurément dépendant de trafiquants de vérités biaisées.

 L’intelligence artificielle peut paradoxalement redonner, voire pour la première fois, donner une chance à la démocratie d’exister. Dans celle-ci le peuple a le pouvoir sans intermédiaires, les voix même les plus humbles comptent autant que celles d’une minorité agissante pour aller vers le bien commun. Et une le pouvoir du peuple par le peuple, une démocratie, pourrait enfin émerger. Les sondages effectués par des instituts spécialisés sont un premier pas dans cette direction.


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41 réactions à cet article    


  • François Pignon François Pignon 29 décembre 2018 11:14

    Tout le rêve de la démocratie est d’élever le prolétaire au niveau de bêtise du bourgeois. le rêve est en partie accompli.

    Gustave Flaubert


    • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 29 décembre 2018 11:23

      @François Pignon
      Ce n’est pas le seul rêve de la démocratie, l’autre est d’en faire des citoyens responsables et conscients.


    • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 29 décembre 2018 11:41

      Tous à vos calculettes, la « démocratie » en sortira peut être ^^ smiley


      • Arogavox 29 décembre 2018 12:09

        @bouffon(s) du roi
        Effectivement,
         la démocratie est un idéal, et ne saurait donc, en aucune façon être réalisée :
        a fortiori, ce serait un grave manque d’entendement que de s’imaginer qu’elle puisse être atteinte par un mode opératoire tout ficelé et par la seule mise en ouvre de techniques savamment élaborées ! 


      • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 29 décembre 2018 17:48

        @bouffon(s) du roi
        Il n’y a aucun calcul dans un réseau de neurones.


      • Xenozoid Xenozoid 29 décembre 2018 17:49

        @Jacques-Robert SIMON

        il y a structure de l’information


      • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 30 décembre 2018 09:20

        @Xenozoid
        Il n’y a pas non plus de structure a priori.


      • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 31 décembre 2018 10:53

        @Jacques-Robert SIMON

        Il n’y a pas de neurones dans « l’intelligence artificielle ».


      • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 2 janvier 19:41

        @bouffon(s) du roi
        Non, il n’y a pas de neurones biologiques.


      • Arogavox 29 décembre 2018 11:45

        Bon, ok pour l’ironie :

        « approfondir l’aspect démocratique des démocraties »

        >>> belle formulation pour signifier que ces « démocraties » n’ont, peut-être, qu’un « aspect » (une posture ?) démocratique. Et que approfondir cette mascarade ne peut effectivement influer que sur son paraître ...

        Belle ironie aussi, que celle-ci qui explicite la mascarade :

        « La sanctification du chef grâce à son élection au suffrage universel n’est pas suffisante pour le mettre hors de portée des gens du commun. »

          

        >>> c’est en effet plutôt ballot de la part de gens qui trop souvent croient remplacer l’ « obscurantisme » des structures cléricales par une structure basée sur les mêmes poncifs : une élection qui conférerait à l’Elu, une infaillibilité pontifiante !

         Pour ce qui est des réseaux il serait plus juste, précis et pertinent d’évoquer la topologie de leur architecture (avec la forme d’une étoile, d’un segment linéaire ou bus, d’un anneau ou d’un maillage) ... et de repérer si cette architecture est centralisée ou distribuée.

         Les attributs de fonctionnement neuronal ou pas étant un autre aspect, concernant le fonctionnement du réseau


        • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 29 décembre 2018 17:50

          @Arogavox
          Je suis d’accord que l’architecture des réseaux est un point important et non traité dans le texte.


        • Fergus Fergus 29 décembre 2018 12:21

          Bonjour, Jacques-Robert

          Très séduisant mais... totalement inapplicable ! Gouverner ne consiste en effet pas uniquement dans l’émergence de décisions qui peuvent être prises dans la transversalité, mais également dans des prises de décisions rapides, voire immédiates, qui s’appuient de surcroît sur des éléments confidentiels. Et seul un personnel politique dûment mandaté pour agir dans de tels cas peut le faire. 

          Qui plus est, vous idéalisez les individus : la grande majorité n’a aucune envie de s’impliquer dans la vie politique. Dès lors, le système que vous préconisez est destiné à être détourné par une minorité.


          • Fergus Fergus 29 décembre 2018 12:25

            La solution reste donc, à mes yeux, dans la démocratie représentative. Mais une démocratie participative améliorée par des outils de démocratie directe et par des outils de contrôle de l’action des élus à tous les niveaux


          • Arogavox 29 décembre 2018 12:45

            @Fergus
             Qui nous prouve que nous ayons besoin d’être gouvernés ?
             Conduits par des conducteurs, ex ducs, duce, caudillots selon l’étymologie commune du latin : ducere.
             
             Et puis « Gouverner c’est prévoir » :
             Savoir réagir vite dans l’instant, quand il est trop tard, c’est la qualité, réelle mais occasionnelle, d’un héros, qui se base sur des instincts, à des instants que l’on doit espérer le plus rares possibles !
             Notre constitution française assigne d’ailleurs plutôt au chef de l’Etat un rôle d’arbitrage ...
              
             Il est par ailleurs bien connu que plus un territoire est étendu, plus les événements qui le concernent doivent être anticipés à long terme :
             quelque mois pour un petit village ; un à deux ans pour une ville ; 5 ans pour un petit pays ; ... et peut-être de l’ordre du siècle et plus pour un empire du Milieu ...

             De plus, connaissez-vous un seul cas historique où les « éléments confidentiels » n’aient pas en fait plutôt desservi la cause des plus humbles ? ...
              
            Quand à l’hypothèse que la grande majorité n’ait aucune envie de s’impliquer dans la vie politique ... on sait qu’il ne faut jamais prendre son cas particulier pour une généralité  (en sachant aussi que s’impliquer peut s’interpréter de différentes façons qu’on ne saurait toutes connaître a fortiori quand on ne cherche pas à les découvrir)


          • François Pignon François Pignon 29 décembre 2018 13:00

            @Arogavox

            «  Qui nous prouve que nous ayons besoin d’être gouvernés ?  »

            Non seulement rien ne le prouve, mais rien ne le justifie, et il existe d’autres projets.

            L’anarchie, mot signifiant à l’origine « absence de hiérarchie », désigne l’état d’un milieu social sans gouvernement, la situation d’une société où il n’existe pas de chef, pas d’autorité unique, autrement dit où chaque sujet ne peut prétendre à un pouvoir sur l’autre.

            Il peut exister une organisation, un pouvoir politique ou même plusieurs, mais pas de domination unique ayant un caractère coercitif.


          • Raymond75 29 décembre 2018 13:19

            @Fergus

            Je partage totalement vos deux commentaires. On idéalise le peuple : la majorité des Gilets Jaunes sont fiers de dire qu’ils n’ont jamais voté et n’ont jamais adhéré à un syndicat. Ils réclament des droits mais nulle trace de devoirs, et chaque revendication porte sur un sujet ponctuel, sans lien avec les autres.

            Les Gilets Jaunes ont fait entendre la voix de la France modeste, ni très pauvre, ni riche ; la voix de populations ignorées. Mais les gilets jaunes ne sont pas LE peuple, mais une partie du peuple.Ce sont majoritairement des petits propriétaires qui ont cru jadis au rêve américain : devenir propriétaire, loin des centres villes (depuis laissés à l’abandon), la voiture qui rend libre, le supermarché où l’on trouve tout ... Et puis ils ont été confrontés à la réalité : endettés ils subissent la précarité économique, il faut une voiture par adulte pour vivre, le travail est de plus en plus loin quand il existe, leur maison est mal isolée, les voisins du lotissement ne sont pas plus sympas qu’ailleurs, les enfants s’ennuient, le supermarché vend des saloperies ...

            Alors ils découvre que eux qui croyaient être les gagnants sont les perdants, et ils se révoltent. Ils ont raison.

            Ils refusent toute organisation, alors comment faire évoluer une société ?

            Notre démocratie est devenue non représentative, du fait de la professionnalisation des politiques, d’où le ’dégagisme’ qui a abouti à une nouvelle majorité, rejetée à son tour. A l’exception de la CFDT, les syndicats se figent dans une opposition stérile et ne défendent que les travailleurs les plus protégés.

            Nous devrions nous inspirer des pays du nord et de la Suisse, où la recherche de consensus est inscrite dans les gènes. Et il faut mettre fin à cette supercherie européenne telle qu’elle est, et qui détruit tous les liens sociaux.

            Mais pour cela, il faut désigner des représentants, leur donner du temps, et sélectionner des gens compétents qui rendent compte.


          • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 29 décembre 2018 17:52

            @Fergus
            À peu près tout le monde utilise Internet : il ne s’agit pas de s’impliquer mais d’être un élément dans un tout au même titre et avec le même poids que les experts.


          • Fergus Fergus 29 décembre 2018 18:12

            @ Jacques-Robert SIMON

            « À peu près tout le monde utilise Internet »

            C’est encore très loin d’être vrai. Et s’il y a des stakhanovistes du web, il y a également parmi les usagers de très nombreuses personnes peu familiarisées ou peu à l’aise avec cet outil.

            « être un élément dans un tout au même titre et avec le même poids que les experts »

            Voilà qui est éminemment inquiétant  ! Certes, les experts ont souvent trop de poids, mais leur opinion est également très souvent plus pertinente que celle des individus lambda comme vous et moi sur la plupart des sujets techniques. Sur quelles bases puis-je par exemple donner un avis sur le budget scientifique de la recherche médicale ? Ou bien encore sur l’opportunité de participer à un programme européen de télécommunications ?

            Désolé, mais ce sont les experts qui doivent être à l’origine des décisions. A condition  et en cela il y a d’incontestables progrès à faire ! — que soit mises en place des mesures drastiques de lutte contre les conflits d’intérêts. 


          • Fergus Fergus 29 décembre 2018 18:30

            Bonsoir, Raymond75


            Merci pour votre soutien. Je partage très largement votre analyse, non sans souligner la grande responsabilité des gouvernants dont le cynisme n’a eu d’égal qu’une forme de naïveté dans la manière dont ont été perçues les promesses des uns et des autres depuis des décennies.


            « Ils réclament des droits mais nulle trace de devoirs »


            C’est l’un des problèmes des Gilets jaunes, et il devra être résolu s’ils veulent, le moment venu, que leurs idées soient gagnantes dans les urnes.


             


          • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 29 décembre 2018 19:50

            @Fergus
            Les experts doivent être au service d’une politique et non l’inverse. Quant à l’utilisation d’Internet dans la vie politique, elle se fera de toute façon (et c’est en partie déjà le cas).


          • Fergus Fergus 29 décembre 2018 22:11

            @Jacques-Robert SIMON

            « Les experts doivent être au service d’une politique et non l’inverse »

            Certes ! Mais il est illusoire de penser que les individus lambda comme vous et moi peuvent se substituer aux experts. D’où le retour à mon précédent commentaire !


          • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 30 décembre 2018 09:21

            @Fergus
            À condition que les élus puissent décider d’autres choses que la distribution de moyens, de subsides, d’allocations.


          • Arogavox 29 décembre 2018 12:23

            Voilà qui apporte de l’eau au moulin des remarquables observations divulguées dès le siècle de Lumières par JJ Rousseau (« si quand le peuple informé délibère ... ») et par Condorcet (par sa mathématique « loi du jury ») :

             " Il ne doit pas réagir aux informations [...] et ne transmettre que ce qui est en accord avec son propre libre arbitre (sans aucune limitation de celui-ci). [...] tenter de tenir compte de leur pertinence cette fois encore selon des critères qui ne tiennent qu’à lui. Ses sources d’information servant d’entrées doivent être le plus large possible sans élimination de certaines d’entre elles a priori. Il faut se garder de tout réseau militant

            "

            Rappel :

             le côté ’vertueux’ révélé par la loi du jury ne peut se produire que si les jurés votent sans calculs électoraux, sans spéculer entre eux sur le résultat du vote ; ils doivent de plus avoir une probabilité de se tromper inférieure à 0.5/1 .
             Et puis, aussi il faut que le vote porte sur une question admettant La bonne solution et non pas la mauvaise (choix binaire) ; ce qui implique l’existence d’une bonne solution ..


            • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 29 décembre 2018 17:53

              @Arogavox
              Merci des références qui me seront utiles.


            • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 29 décembre 2018 13:00

              Bonjour Jacques robert Simon. Cette fois, je ne vous suivrai pas. Le postulat de départ étant pour moi inexact. Le pouvoir PAtriarcal. Et si au contraire ce pouvoir (version freudienne) qui est celui de la possession financière (a ou n’a pas,...) était d’origine bien plus matriarcale. Le sacré commence avec le symbolique, le mystère. Si le mère est généralement certaine, le doute persiste concernant : le père. Et c’est dans ce doute, ce questionnement, cette absence, ce vide que le Sacré peut élever l’individu. DE l’ordinaire à l’extra-ordinaire. Macron dit avoir lu Kantorowicz Google : Ernst Hartwig Kantorowicz est un historien allemand naturalisé américain, spécialisé dans l’étude des idées politiques médiévales et de la sacralisation du pouvoir royal. Son ouvrage majeur, Les deux corps du roi, est devenu un classique de l’histoire de l’État. Pourtant, il n’a pas réussi a incarner ce sacré. Pour diverses raisons. Les français ont en majorité perdu ce sens du Sacré et pense plus à leur fin de moi. L’argent a porte Macron au pouvoir même s’il se dit être investi d’une mission sacrée. Un article d’un psychanalyste a parfaitement décrit cette contradiction. Etre dans le matériel, l’ordinaire et être porté par la philosophie (dont Macron se revendique).https://www.liberation.fr/debats/2018/09/18/emmanuel-macron-mis-a-nu_1679588. Mon commentaire n’est qu’une ouverture à la réflexion. De l’ordinaire au Sacré. 


              • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 29 décembre 2018 17:59

                @Mélusine ou la Robe de Saphir.
                Les élus affrontent des problèmes insurmontables quelles que soient leurs qualités si ils ne se réfugient pas derrière un sacré. La définition de ce sacré n’est pas trop difficile : c’est ce qui réunit tout le monde sans exception (ou presque). Actuellement rien ne réunit l’ensemble d’une population et la valeur argent, par essence, ne le peut pas. Un réseau de neurone n’a pas besoin de sacré.


              • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 29 décembre 2018 13:07

                Ceci complète le précédent article. Trump aurait pu rajouter (en anglais,....). Ah, vous avez vraiment cru au Père Noêl. Je l’ai approché, il se parfume avec de l’Hugo Boss....https://www.liberation.fr/debats/2017/07/23/en-meme-temps-ou-le-grand-ecart-du-nouveau-president_1585661


                • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 29 décembre 2018 13:21

                  Nous verrons si le monde ira vers l’involutif (vu les courses aux cadeaux et au matérialisme de ces fêtes de la consommation) ou l’évolutif. Le sacré qui seul peut maintenir le monde debout viendra-t-il de la base ou du sommet ? Je crains le pire. J’évite personnellement d’aller me balader sur les réseaux afin de préserver cette flamme qui me tient debout. Déjà mettre les pieds sur ces lieux toxiques me semble un très mauvais départ.


                  • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 29 décembre 2018 18:00

                    @Mélusine ou la Robe de Saphir.
                    Vous avez raison de vouloir préserver vos espoirs.


                  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 29 décembre 2018 19:29

                    @Jacques-Robert SIMON

                    je ne peux révéler sur ce site pourquoi je garde espoir. N’oubliez pas que symboliquement je suis très proche des Macron. Par la voie Nyssen,.....


                  • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 29 décembre 2018 19:54

                    @Mélusine ou la Robe de Saphir.
                    En politique je me garde d’être proche de qui que ce soit.


                  • samy Levrai samy Levrai 29 décembre 2018 13:42

                    Et encore un article qui se passe de la définition du mot clef utilisé dans le titre et qui ne produit donc que du vent, ou bien arrive au seul but voulu par l’oligarchie, ne pas demander un concept qui serait utopiste ...

                    Comment un peuple non souverain pourrait il être en democratie ?

                    comment un pays non indépendant pourrait il avoir la maîtrise de son destin ?

                    Il est plus interessant de demontrer que la Russie est une democratie et que nous n’avons rien à voir nous même avec la democratie que de faire un « N »ieme article de masturbation intellectuelle. 


                    • machin 29 décembre 2018 16:51

                      @samy Levrai

                      Z’êtes un europhobe vous, non ? un adepte de la secte du guru FA ?
                      Attention ! les grugus et autres tavanel arrivent avec des cordes... méfiez-vous...


                    • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 29 décembre 2018 18:03

                      @samy Levrai
                      La définition utilisée se trouve dans le Larousse.


                    • samy Levrai samy Levrai 29 décembre 2018 18:29

                      @machin
                      Tu es idiot toi , non ? un adepte euro atlantiste qui ne connait pas le sens des mots ?
                      Les gilets jaunes sont dans la rue et vont bientôt te raser, méfie toi...


                    • samy Levrai samy Levrai 29 décembre 2018 18:43

                      @Jacques-Robert SIMON
                      si tu parles de ça : https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/d%C3%A9mocratie/41420
                      il n’y a aucune definition du mot... juste comme je le disais un truc qui t’expliquerait que democratie n’existe pas, qu’elle ne veut pas dire pouvoir du peuple souverain et qu’il faut lui coller des adjectifs pour que son sens réel soit oublié...
                       demos + kratos avec kratos qui est pouvoir conquis ( aristocratie, autocratie, ploutocratie, idiocratie...) contrairement à archos qui est pouvoir reçu ( monarchie, oligarchie, enarchie, anarchie,...).
                      Nous ne sommes plus en democratie non pas à cause de l’organisation du vote mais parce que nous ne sommes plus souverains.


                    • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 29 décembre 2018 19:56

                      @samy Levrai
                      C’est vrai qu’il y a beaucoup à dire sur les démocraties réelles, formelles ou virtuelles, mais le texte proposé veut seulement montrer que l’on peut se passer de hiérarchie tout en faisant des choses intelligentes.


                    • samy Levrai samy Levrai 29 décembre 2018 23:20

                      @Jacques-Robert SIMON
                      Je suis terriblement rugueux et te demande pardon pour la forme. 


                    • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 30 décembre 2018 09:24

                      @samy Levrai
                      Je m’efforce de ne jamais entrer dans un quelconque combat même verbal.


                    • lloreen 31 décembre 2018 10:40

                      Pour 2019, ayons un objectif commun:La divulgation complète.

                      Voici un trésor à partager.

                      https://vimeo.com/304030726

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