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Accueil du site > Tribune Libre > La démocratie est une promesse, la participation une nécessité

La démocratie est une promesse, la participation une nécessité

La démocratie participative a sans doute de belles perspectives parce que la démocratie représentative connaît l’usure. L’une ne remplacera pas l’autre, mais le suffrage universel ne pourra plus assurer cette légitimité monopolistique qu’il détient encore. Les idéologues de la démocratie directe vont pourtant être déçus, la démocratie participative répond à d’autres nécessités.

 

Qu’elle soit représentative ou participative, la démocratie est une promesse qui se révèle toujours difficile à tenir dès lors que les usagers ont un peu trop de mémoire. D’ailleurs, en principe, on ne parle pas d’usagers, ni de consommateurs, mais de citoyens - ces admirables individus conscients, rationnels et en activité politique permanente. La démocratie exprime une mythique volonté générale. Néanmoins, dans la réalité, les membres actifs de la société politique se reposent de temps en temps, préfèrent souvent déléguer à des personnes plus qualifiées qu’elles-mêmes pour des raisons qui mêlent la confiance, l’incompréhension devant la chose politique ou le désintérêt. Ainsi, parfois, les citoyens aiment aller à la pêche le dimanche.

Malgré l’idéal démocratique, nos concitoyens vaquent à leurs occupations privées plus qu’ils ne se consacrent au choix des politiques publiques. La démocratie active et directe peut être une passion exaltante en assemblée générale quelques heures, quelques jours, voire tout un mois de mai 1968, mais il est tout de même plus raisonnable de râler contre les responsables publics, même si on les a parfois élus soi-même. Ils sont d’ailleurs en représentation publique continue, chez soi, il suffit de tourner le bouton dès qu’on prend un peu trop conscience du caractère épuisant des contraintes des affaires publiques.

Je me souviens de ce cours de sciences politiques où le professeur Mabileau expliquait aux étudiants l’abstention électorale par un impressionnant catalogue de raisons qui faisaient disparaître intégralement la fainéantise des électeurs. Cela faisait beaucoup rire les étudiants, et cette idéologie au coeur d’un cours de la « science (politique) » me fait encore sourire 30 ans après.

Néanmoins, le niveau culturel de nos concitoyens ayant progressé, la tartine électorale paraît un peu mince pour satisfaire la demande démocratique d’aujourd’hui. Et voilà donc l’entrée en scène de la démocratie participative qui exige évidemment plus de temps que la démocratie passive, pardon représentative. L’obligation de rencontrer, d’écouter et de prendre position de vive voix, au lieu de déposer un bulletin muet dans l’urne, restreint tout de même le périmètre des participants actifs à la politique. La participation est un effort et il est intéressant d’identifier les motivations pour comprendre la chose.

C’est ce à quoi se sont appliqués trois chercheurs de Paris XIII dans un ouvrage consacré au développement durable et à la démocratie participative. Outre la grave hémorragie qui atteint les groupes participatifs si l’on n’est pas très attentif à la méthode, 4 types de motivations s’expriment :

  • le désir d’informer les décideurs, cela recouvre soit un grand altruisme soit un sens du lobbying contenu dans une grande discrétion ;

  • la volonté d’apporter sa compétence personnelle, technique, professionnelle ou associative, en tous cas partielle par rapport à une affaire publique généralement beaucoup plus globale ;

  • la volonté de négocier en faisant valoir des intérêts ou des préoccupations que les représentants élus doivent intégrer. La participation est alors un contre-pouvoir dans le processus d’instruction d’un dossier où les élus évitent les erreurs et où les participants accèdent à l’élaboration sans décider ;

  • et l’idéologie de la démocratie totale avec des militants qui viennent pour faire avancer les mentalités de ceux qui ne sont pas encore évangélisés.

 

Triple légitimation indispensable à toute politique d’envergure

Les auteurs estiment que les participants motivés par une marotte (2ème catégorie) et les participants qui militent pour un idéal (4ème catégorie) ont de fortes chances d’être déçus. Les élus recherchent une légitimation que le suffrage universel ne leur donne plus. Les agenda 21 montre une nouvelle voie politique centrée sur le long terme qui consiste à viser d’abord un diagnostic partagé et ensuite une plus grande transparence dans l’élaboration pour une plus grande visibilité publique des enjeux. Dans un monde où le niveau culturel s’est élevé, la contestation s’est aussi démultipliée. Ce qui importe pour que le processus participatif fonctionne, c’est qu’il puisse y avoir « une possibilité d’hybridation ». Dans ce contexte, l’alliance des fonctionnaires et des élus dans le secret des cabinets, modèle ancestral du pouvoir des notables, finit par rencontrer quelques revers et par sentir ses limites.

Le passage le plus drôle de l’ouvrage des chercheurs de Paris XIII explique comment une administration, en l’occurrence l’Office National des Forêts, peut mettre en oeuvre une démarche participative dans le but d’attester « du renouvellement des pratiques, de la compétence au changement de l’administration ». D’un côté, les élus ont besoin d’être réélu, de l’autre les fonctionnaires ont le désir inextinguible d’être toujours les meilleurs élèves de la classe : l’avenir de la démocratie participative est radieux !

La démocratie représentative repose sur une légitimité trop limitée avec le seul suffrage universel. Elle a besoin d’une part de la technocratie, c’est-à-dire du savoir professionnel des experts, et d’autre part d’un assentiment véritablement analysé du public. Il n’y a plus de politique publique d’envergure sans cette triple légitimité. Qu’il soit électoral ou participatif, tout régime politique a besoin de participation. Bien sûr, on peut rigoler d’Albert Mabileau, mais il n’y a que la participation des citoyens pour légitimer la nécessité de confier les affaires publiques à l’arbitrage des politiques, que ce soit par voie électorale ou par des modalités plus actives.

La demande de démocratie chez les électeurs est forte, mais imprécise. Du côté des élus, le lien de représentation a été avalé par les médias pour se réduire à l’affichage et au zapping. Si l’on veut que les institutions démocratiques gardent une fonction politique, il faut que la demande démocratique puisse se préciser et que les enjeux sur lesquels on appelle les élus à décider puissent davantage s’exposer. La nécessité de participation heurte le mythe de la volonté générale toute entière contenue dans le suffrage universel.

 

 


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54 réactions à cet article    


  • SALOMON2345 16 juillet 2009 11:20

    Intéressantes réflexions partagées et si la théorie développée ne souffre d’aucune contestation le problème, à mes yeux, repose d’une part :
     - sur la possibilité au citoyen à capter « l’information » honnête devant servir à fabriquer son jugement
     - d’autre part, et même si cela était, la capacité à saisir toutes les nuances susceptibles de modifier ce même jugement !
    Je résume, en partie :
     - Hier (sans nostalgie) il y avait « en haut » le (les) responsable(s) politique (l’émetteur) et « en bas » le forum qui recevait UN message ou un concentré, lisible (les récepteurs), lequel constituait et fabriquait la doxa.
    La communication politique (l’offre même multiple pour choisir) n’était pas hyper polyphonique. Un tuyau homogène (contradictoire) et le temps servaient à la réflexion pour les décisions engageant le moyen et long terme, et loin de moi l’idée d’un quelconque monopole mais le refus de l’inaudible aujourd’hui, par la multiplication gigantesque des « à moi le micro », conduisant à la cacophonie et, in fine, à l’impossibilité d’entendre, d’écouter, puis de comprendre !
     - « LÉGITIME » différent de « LÉGAL » : voilà plus qu’une nuance dont je crains que la plupart en ignore la subtilité, la connaissance grandissant sur l’échelle des savoirs, il faut d’abord expliquer le premier échelon et ainsi de suite, sinon on demeure entre experts et toute l’ambition participative est « tronquée » et retombe dans le classique : « signez en bas...à droite, ou à gauche »
    Conclusion (provisoire), cette dispersion du VERBE et cet éclatement des DISCOURS est l’arme bien comprise de l’actuel pouvoir : un chef unique, une presse presque unanime et une opposition dispersée : quelle participation !
    Je suis pessimiste, même si je soutiens votre démarche dans ses attendus.
    Salutations sincères


    • franck2009 16 juillet 2009 12:29

      Il n’y a pas de légitimité démocratique dans un régime sans opposition.

      Quand l’UMP et le PS professent la même idéologie, sans aucuns concurrents extérieurs à ce bipartisme qui a échoué, alors la France est menacée d’implosion.

      La discussion sur la démocratie participative ( redondance des termes ) est un gadget qui n’est plus d’actualité... C’est trop tard.

      La solution immédiate, urgente : La proportionnelle.

      Mais la proportionnelle c’est tellement bassement démocratique. La proportionnelle, celà fait tellement plouc, populiste ... en même temps c’est tellement simple et tellement ’ démocratique ’  ! 

      ...... :).......


      • Sinbuck Sinbuck 16 juillet 2009 12:45

        Article intéressant qui pose le vrai problème de la démocratie représentative : démocratie passive.
        On nous sollicite et on n’a besoin de nous seulement pour déposer un billet de vote dans l’urne. Après, on dégage, on ne sert à rien.
        Le rouleau compresseur que représente un parti politique, son ironie à choisir pour nous les candidats et sa capacité à faire signer des militants seulement pour applaudir à des meeting, mais surtout pas pour participer à l’élaboration des idées, des projets...

        La démocratie participative est la solution à la démocratie future, mais elle suppose que les citoyens doivent participer, et faire l’effort de le faire. Les citoyens doivent pour cela posséder un certain degré de liberté qu’ils ne peuvent obtenir dans un parti politique. Alors où les citoyens peuvent-ils se faire entendre ? Peut-être sur Internet, sur les médias citoyens, les sites persos... Mais aussi dans la vie sociale, à proximité de chez soi, dans sa localité, sur le plan physique en participant à l’édification de la cité.


        • franck2009 16 juillet 2009 13:28

          Les mêmes tares que je relève dans l’article :

          « La démocratie participative suppose que les citoyens doivent participer, et faire l’effort de le faire.... »

          ....et voilà comment le citoyen devient responsable et coupable, c’est sa nonchalance qui condamne la démocratie.

          Moi je le redis : Retour à la proportionnelle = retour du politique.Et alors seulement nous franchirons l’étape vers la démocratie participative.

          L’ennemi de la démocratie n’est pas l’électeur actuel, c’est le système électoral actuel qui a glissé vers un bipartisme totalement illusoire ( ... sauf pour les bénéficiaires actuels du régime ).

          Aux dernières élections : La non-participation record était un geste EMINEMMENT POLITIQUE....

          Nous appelons donc les partisans de la DEMOCRATIE PARTICIPATIVE à réclamer dans un geste de pragmatisme salvateur : LA PROPORTIONNELLE. Autrement ils pourraient-être pris pour de doux rêveurs utopiques. Un peu comme des pacifistes qui proneraient l’espéranto comme seul capable d’amener l’humanité à la paix universel....







        • nightflight nightflight 19 juillet 2009 14:24

          La démocratie participative suppose une participation du citoyen, sa forme n’est à ce stade pas clairement définie.

          On comprend tout de suite qu’il est irréaliste de demander aux gens d’aller une fois par semaine en réunion, et que l’outil informatique et l’Internet seront forcément des technologies privilégiées dans ce cadre.

          La proportionnelle me semble être d’un autre champ de réflexion, puisqu’elle procède d’une modification du mécanisme de vote, et que par conséquent, elle n’introduit aucune nouvelle notion, en matière de participation active du citoyen.


        • plancherDesVaches 16 juillet 2009 13:10

          « le niveau culturel de nos concitoyens ayant progressé »
          Dans le sens téléviseur ?
          « Les élus recherchent une légitimation que le suffrage universel ne leur donne plus »
          S’ils pensaient à leurs électeurs, ça se saurait.
          « La demande de démocratie chez les électeurs est forte, mais imprécise »
          Le lobbying vous parait plus précis... ????
          « La nécessité de participation heurte le mythe de la volonté générale toute entière contenue dans le suffrage universel. »
          Il est vrai qu’on commence à en avoir marre des référendums.

          Si vous voulez aller vers un truandage généralisé comme l’élection présidentielle US, allez
          -y.

          Cerner l’électeur..... Bien du discours commercial, ça.
          Pour qu’il regarde plus les shows télévisés... ????

          Oui, infantiliser est une pratique courante, en plus de manipuler. Mais globallement, c’est la même chose.

          Les politiques se sont tués eux-mêmes. Sans avoir besoin de personne d’autre.
          Peut-être avec l’aide des financiers, ces dernières décennies.
          Mais ça, un paquet de gens le voit. Heureusement.

          Enfoirés de politiques.


          • plancherDesVaches 16 juillet 2009 13:19

            Gloups : dans les pratiques courantes, j’ai oublier :

            CULPABILISER et
            DIVISER.

            Si vous connaissiez un MINIMUM les truandages, vous devriez savoir que dès qu’une association de chômeurs se crée, elle est IMMEDIATEMENT surveillée, voire noyautée mais toujours questionnée au niveau des leaders.
            Et si une tête dépasse : ON LA COUPE.

            Vous imaginez le pouvoir que le nombre aurait... ????


          • plancherDesVaches 16 juillet 2009 13:32

            Je vais continuer dans le sens « politique ».... parce que là, j’ai la rage de lire tant de con.. sal...

            Je me suis fait interwiever par les RG sur une grève d’entreprise. Ma tête devait paraître avenante ou innocente, ou bienveillante... j’ignore.
            J’ai accepté de leur répondre. Aprés tout, il était simplement curieux et avenant, le mec.

            Par contre, le bateau que je lui ai monté, il l’a bouffé du sommet du mat jusqu’à la quille en passant par l’hélice.
            Baiser les RG, je ne pensais pas que ce soit aussi facile.

            Ouais : C’EST CA : LA « POLITIQUE ».

            Enfoirés.


          • plancherDesVaches 16 juillet 2009 13:36

            Tiens : ta « politique », auteur.

            Je ne sais plus quel co..rd vient de dire que l’état allait multiplier les caméras à tous les coins de rue.
            Au moins, on participera à la vie politique. Par l’image.

            Enfoirés.


            • Céline Ertalif Céline Ertalif 16 juillet 2009 14:00

              Eh bien, planDesVaches, l’installation de caméras de vidéo-surveillance n’est pas à proprement parler « ma » politique. Mais alors, finalement, tu en penses quoi de la démocratie participative ?


            • plancherDesVaches 16 juillet 2009 14:33

              Sincérement. Dans les yeux ?

              Elle pue ta politique participative. Et je vais te dire à quel point. Car je ne suis pas un enculé de politique.

              Te parler politique, c’est simple. Car je suis à l’origine du vote à la majorité des 2/3 dans un groupe d’intellectuels particulièrement disparate et individualistes.
              Soit, des leçons de démocratie, peu peuvent m’en faire.
              Même si... ce 2/3, j’en porte encore le poids.
              Il avaient l’intelligence, j’avais la persuasion de les forcer à s’entendre.
              Nos débats sont animés, contradictoires et difficiles. Mais le résultat est là.

              Maintenant, toi, auteur. Crois-tu vraiment que tes paulytikes réussiront encore longtemps à maîtriser le peuple après l’avoir tant baiser... ????


            • Céline Ertalif Céline Ertalif 16 juillet 2009 15:03

              Elle pue ta politique participative.

              Si la politique participative pue, cela signifie que la participation n’est pas une bonne chose. Mon article ne cache pas que ce sont toujours les détenteurs du pouvoir, les élus en démocratie, qui proposent la participation au peuple. L’article souligne aussi la continuité qu’il y a entre participation électorale et participation plus active : donc, je suppose que, dans ton esprit, la participation électorale pue autant que la démocratie participative. N’est-ce pas ?

              Moi, personnellement, je sens bon. Mais cette qualité passe mal par le net.


            • plancherDesVaches 16 juillet 2009 16:05

              Amusant que tu n’ais pas repris ma phrase :
              « S’ils pensaient à leurs électeurs, ça se saurait. »

              Allooons : arrêtons l’hypocrisie deux secondes dans une vie.


            • plancherDesVaches 16 juillet 2009 14:44

              « Il avaient l’intelligence, j’avais la persuasion de les forcer à s’entendre. »

              Dans cette phrase, si tu as 2 grammes d’intelligence, tu remarqueras que mon intérêt s’est EFFACE au regard de l’intérêt des autres.
              J’allais dire : bien au contraire : je dois supporter le poids de ma décision.
              Responsable, cela doit t’être étranger.

              Tu ne peux pas comprendre. Tout comme les paulytiqkes.


              • tonton raoul 16 juillet 2009 15:34

                Salut Céline, c’est Tall


                Le problème que tu soulèves a beau avoir l’air abstrait, il me semble fondamental.
                Il y a effectivement un gouffre de com’ entre les politiciens pros et le bon peuple dont l’essentiel du temps est consacré à nourrir ses enfants ( pour faire simple )
                Pour ce, on pourrait peut-être généraliser l’idée d’un genre de profession qui servirait de courroie de transmission entre les 2. Des gens dont le job à temps plein serait donc de prendre la température sur le terrain, de réfléchir à des solutions, et de proposer leur synthèse aux politiciens.
                Dans la pratique, ça se fait déjà dans divers domaines d’ailleurs. Faudrait peut-être juste l’étendre à d’autres domaines où ça ne se fait pas encore et serait pourtant bien utile.

                En guise d’analogies, je citerais le flic de quartier, l’assistant social, le curé de campagne, le facteur même ... sauf que là, être une courroie de transmission n’est pas leur fonction 1ère

                • plancherDesVaches 16 juillet 2009 16:07

                  Raoul. Avant que je te mette un pain : y’a les RG en transmission...
                  Et bientôt les caméras.


                • tonton raoul 16 juillet 2009 16:20

                  le dernier qui m’a mis un pain est mort juste après... c’était en 1980


                • plancherDesVaches 16 juillet 2009 17:00

                  Tall :

                  Depuis seulement 1980.... tu dois être rouillé.

                  Un bon libéral ou politique tue plusieurs personnes chaque jour que dieu lui donne.

                  Enculés de politiques.


                • tonton raoul 16 juillet 2009 17:07

                  ya pas plus rouillé ... c’est pour ça que plus personne ne l’a fait depuis

                  evidemment, taper au clavier « je vais te mettre un pain », ça, un enfant de 10 ans peut le faire
                  profites-en, ça te permet de rêver ta non-vie

                • plancherDesVaches 16 juillet 2009 17:11

                  Il faut malheureusement pour toi beaucoup plus pour me distraire ou m’enfumer.

                  Un certain sarko en sait quelque chose.


                • plancherDesVaches 16 juillet 2009 17:14

                  Mais...

                  Je t’ai fait réagir, ma grandeur. Pardonnes-moi.

                  Je sais faire le politique aussi, connaissant les méthodes.


                • SALOMON2345 16 juillet 2009 17:30

                  Essayez de partager entre qui pense « bas de plancher » de qui pense « haut de plafond » : seul le scrutin majoritaire permet alors de trancher, quand il est impératif de le faire !
                  La proportionnelle - intellectuellement satisfaisante - est une « non décision » permanente, faute d’une rare majorité justement - elle même intellectuellement pertinente !
                  Pour l’Europe, on voit ce que produit la proportionnelle, autant d’avis différents que d’élus ! Jadis j’ai partagé ce point de vue - la proportionnelle - mais je pense, maintenant - malgré mon désaveu de l’actuelle majorité - que l’efficacité en d’autres circonstances d’une saine majorité, RESPONSABLE, me semble le plus « constructeur », et ce n’est pas un gros mot !
                  Le propos de l’auteur, par ailleurs concerne le comment instruire en amont la décision et non pas le mode électif à choisir entre proportionnelle et majoritaire, ce dernier obligeant à se réunir sur le moins mauvais sinon le meilleur, ou l’essentiel suivant la situation, le contraire d’un non-choix, ex : l’opposition en France représente 72 %, mais, où est-elle ? Eparpillée, chacun étant sûr de son fait...comme au PS hélas !

                  Mon point de vue concerne donc l’élaboration des lois et règlements, à l’exception des lois organiques ou constitutionnelles, dont je dénie le droit moral aux assemblées et au Président d’infirmer le NON du traité 2005 - rejeté par des millions de français - en le transformant en OUI par le vote de moins de 1000 voix !
                  Effectivement, ici ,c’est l’esprit de la LOI qui est violé et non la lettre, et cet exemple ne contredit pas ce qui est évoqué plus haut quant à la pertinence du vote majoritaire !
                  Et pour clore, objets, produits, machines, lois, traités, code de la route, voitures, poudre à canon plutôt que feux de joie, etc : tout dépend comment l’homme use ou abuse de ce qu’il possède ou dirige, les plus cyniques osant sans vergogne affirmer : « un contrat, ça se déchire ! »


                  • plancherDesVaches 16 juillet 2009 18:08

                    Pour avoir rédigé des milliers de contrats, mes contractants, tout comme moi, savions par le respect qui nous l’avait fait signé, que le contrat moral nous permettait de déchirer ce contrat papier si jamais nous nous étions trompés en le signant.
                    Ceci fût exceptionnel et uniquement dû à des imprévus que nous ne pouvions prévoir. Ne pouvant contrôler l’avenir et les réalités du terrain.
                    Je dois être, de fait, l’un des acteurs industriels ayant eu le moins de litiges de ma vie.

                    Encore fallait-il ne pas vouloir enfoncer les autres et leur faire comprendre qu’ils pourraient être perdant en m’enfonçant.

                    Le respect.


                  • nightflight nightflight 19 juillet 2009 14:34

                    Excusez moi, mais je ne vois toujours pas ce que vient faire la proportionnelle dans un débat sur la démocratie active.

                    Peut être qu’il y a une erreur de lien entre l’article et les commentaires ?


                  • tonton raoul 16 juillet 2009 17:37
                    ben là, tu vois, sarko, je m’y frotterais pas ... en tout cas pas à la brutale
                    maintenant pour le politique, si tu veux vivre dans un état de droit, faut réfléchir + constructivement
                    pas facile, dac ...
                    mais c’est ce que Céline essaye de faire

                    • tonton raoul 16 juillet 2009 17:38

                      c’était à plancher, of course


                    • Céline Ertalif Céline Ertalif 16 juillet 2009 18:25

                      On a eu lerma, d’ailleurs de retour, puis maintenant PlancherdesVaches, et quelques autres, je préfère interroger Gros2. Mais c’est une drôle d’idée quand on a un beau chapeau de se balader le crâne tout nu, cher tonton.


                    • tonton raoul 16 juillet 2009 18:48

                      c’est vrai, mais je m’étais dit qu’une nuit sur le mont chauve, ça nous changerait un peu des sempiternelles gondoles à venise ... smiley

                      g2 ne veut pas griller les gens de son camp non plus
                      avec toi, ça va ...

                    • plancherDesVaches 16 juillet 2009 21:15

                      Hhmm...

                      Je vois bien le genre.

                      Pas la peine de perdre son temps avec vous.


                    • jaja jaja 16 juillet 2009 19:10

                      @ l’auteur : « Les élus recherchent une légitimation que le suffrage universel ne leur donne plus. »

                      Tout est dit ici ! La « démocratie participative » un gadget pour sauver l’oligarchie politique et ses privilèges (pas seulement matériels d’ailleurs, Djilas qualifiant le « pouvoir » de « jouissance suprême »...

                      La seule vraie démocratie c’est la démocratie directe (le référendum) où dans l’idéal chacun dispose, avant le scrutin, des mêmes moyens pour se faire entendre et où ensuite chacune et chacun tranche !

                      Utopie ? peut-être mais au moins ce n’est pas prendre les gens pour des cons... La « démocratie participative » existe dans certaines entreprises « branchées »... Quelle pitoyable rigolade où les moutons se déclarent heureux d’être tondus...


                      • jaja jaja 16 juillet 2009 19:12

                        Et retournent ensuite ronchonner dans leur coin, persuadés de bien s’être faits baiser....


                      • Céline Ertalif Céline Ertalif 16 juillet 2009 21:03

                        Moi, je ne sais pas (comme vous vous le savez, semble-t-il) ce qu’est la vraie démocratie. Mais la démocratie participative est assez complexe à mettre en place, et tous les élus ne sont pas enthousiastes, loin de là ! Le gadget n’est pas commode. Il faut vraiment qu’ils aient un problème de légitimation.

                        Au lieu de vous précipiter le poing levé sur la barricade, j’invite à réfléchir aux arguments que je vous livre. Peut être, demain ou dans plusieurs mois, dans votre commune, ou dans votre département, un élu vous sollicitera pour un débat participatif : vous lui direz qu’il est un con, ou vous chercherez sa motivation précise à organiser la débat ?


                      • nightflight nightflight 19 juillet 2009 14:40

                        @Jaja,

                        Et un site internet qui permette de donner son opinion, qui ait la garantie d’être prise en compte, le tout contrôlé par un organisme indépendant, ce ne serait pas un véritable gage d’objectivité et d’indépendance ca ?


                      • Annie 16 juillet 2009 21:26

                        Bonjour Céline,
                        J’apprends beaucoup avec vos articles, même s’ils sont parfois ardus.
                        Le principe de la participation, dans un contexte différent ou peut-être dans le même contexte, n’est pas seulement de faire participer, mais de faire participer ou de représenter ceux qui sont le moins susceptibles de se faire entendre .Cela suppose d’identifier tous ceux qui sont aliénés ou exclus, de fait ou par choix de la démocratie représentative et de représenter leurs intérêts. J’admet que c’est la théorie, mais ce qui me gène dans cette démocratie participative dont vous parlez, est qu’elle ne représente finalement que des intérêts qui sont déjà représentés mais différemment. Cela ne répond toujours pas au problème de l’exclusion, que cette démocratie participative n’attaque pas de front mais semble perpétuer.


                        • Céline Ertalif Céline Ertalif 16 juillet 2009 22:01

                          Bonjour Annie,
                          Cela détend tout de même un peu d’avoir une interlocutrice aimable !
                          Je peux commenter ton observation de 3 façons :
                          - il est possible de faire participer, d’associer à la réflexion les plus démunis. Je pense à ATD quart monde qui en a fait la démonstration plus d’une fois, je pense aussi à certaines expériences dans le monde des handicapés mentaux. Tout est dans la méthode d’écoute, dans la relation (lien d’influence réciproque et action de relater) ;
                          - la question des modalités est au centre des débats des promoteurs de la démocratie participative : cela va de la quasi-cooptation au tirage au sort ;
                          - ce problème de la prise en compte de tous ceux qui restent silencieux, exclus de l’expression publique, est un vieux sujet très antérieur à la démocratie participative : c’est la fonction de qu’il est convenu d’appeler les corps intermédiaires, les associations, les mutuelles, toutes les structures sociales représentatives, au premier rang desquels se trouvent les syndicats.


                        • jaja jaja 16 juillet 2009 21:41

                          Partisan de la démocratie directe et d’un changement radical de société je n’ai pas grand chose à débattre avec ces élus, qui souvent sont loin d’être des cons et savent d’ailleurs très bien mener leur barque et leurs petites ou grandes carrières parsemées de coups tordus contre leurs coreligionnaires....

                          Donc leurs débats pipés pour corniauds se sera sans moi. J’en connais plus d’un, rencontrés à l’occasion de mes activités militantes, de négociations sur des textes d’appel à manifs etc... Ce qui n’a pas grandi mon estime pour eux, bien au contraire....


                          • Céline Ertalif Céline Ertalif 16 juillet 2009 22:09

                            Donc vous protestez au nom de l’objectif de la démocratie directe, mais vous ne les contestez pas, vous refusez de les reconnaître et de les soumettre à la discussion, c’est bien ça ? Vous êtes pour la révolution parce que vous êtes contre le dialogue ?


                          • Philippe Aigrain Philippe Aigrain 16 juillet 2009 22:15

                            Bonjour Céline,

                            Merci de cette clarification importante. Je crois qu’il serait important d’aussi situer la réflexion sur la contribution de la participation à la démocratie dans une diversité d’échelles de temps :

                            • Il y a le temps immédiat de l’effort d’informer ou influencer la décision
                            • Il y a un temps plus long de construire, de faire exister politiquement de nouvelles options pour les politiques publiques
                            • Et enfin, il y a ce qui est sans doute le plus important, le temps de la construction d’un public (des citoyens concernés des affaires communes, porteurs de visions particulières de l’intérêt général).
                            Ces temps sont interdépendants, mais ont aussi leur logique forte. C’est ce troisième temps qui me fait attacher tant d’importance au rôle d’internet, des outils d’expression, de débat et de production collaborative de propositions. Sur ce point voir mon Livre blanc sur la démocratie participative et le débat public utilisant internet.

                            Enfin, j’ai été récemment très impressionné par la lecture de l’ouvrage de Daniel Innerarity (un philosophe politique espagnol) « Le futur et ses ennemis », où il assigne un rôle régénérateur original à la participation citoyenne.


                            • Céline Ertalif Céline Ertalif 16 juillet 2009 23:01

                              Merci de ce message, Philippe. J’avais un peu perdu de vue ce livre blanc, je le remets sur mes tablettes, et j’en cite tout de suite quelques lignes qui vont passionner tonton raoul :

                              Dans certains processus de démocratie participative, des processus de notation jouent un rôle direct sur le débouché de divers étapes et des algorithmes sont utilisés pour calculer des représentations synthétiques de l’ensemble de contributions, par exemple. Ces processus doivent pouvoir être soumis à l’évaluation critique de ceux qui le désirent.

                              Cette présentation des rythmes me conduit à dire que cet article ne fait état que d’un aspect de la limitation de la légitmité par le suffrage universal. L’autre aspect, aussi important, c’est le rôle de l’administration et des experts : inévitablement, entrer dans la démocratie participative c’est dévoiler l’élaboration d’une politique et donc le rôle qu’y tiennent les professionnels. La technocratie à l’échelle nationale est contestée mais connue, le dévoilement de la technocratie locale pourrait être très douloureux pour les représentations collectives de la démocratie.


                            • Céline Ertalif Céline Ertalif 16 juillet 2009 23:17

                              J’ai pu trouver un aperçu de l’auteur (Daniel Innerarity) et de sa réflexion dans cet article (prometteur en effet !).

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