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Accueil du site > Tribune Libre > La dernière guerre de CHIRAC

La dernière guerre de CHIRAC

Pour répondre au malaise social, à une crise politique majeure, J. Chirac a nommé Mr De Villepin. Pour répondre à une édifiante méfiance de l’élite française contre laquelle la majorité des français à voter une sorte de motion de censure, pour se rapprocher du peuple, Mr Chirac choisi un aristocrate jamais élu par personne, dont on peut largement douté de la compétence économique. Pour répondre à une crise de régime importante, autant national qu’européenne, Mr Chirac change le premier ministre et met à la place un formidable élan de nouveauté, une impulsion, un big bang d’idée : son ministre de l’intérieur. Chapeau de nous avoir sorti du chapeau un homme neuf, un homme d’avenir, un leader aux ordres. On se doutait depuis longtemps que Mr Chirac n’en avait pas grand-chose à faire de son peuple, mais là on en est sûr, il se bunckerise, il est en guerre. Mr Villepin, homme étatiste qui veut donc relancer l’économie par un investissement public massif, crée des emplois aidés, on se demande même si il ne va pas nationaliser. Ils vont nous ressortir avec un sérieux de circonstance l’idée des ateliers sociaux de Louis Blanc, homme politique du milieu du dix neuvième siècle, idée que Keynes reprendra un siècle plus tard de manière provocatrice pour illustrer sa vision de l’interventionnisme étatique par l’image des chômeurs qu’on paie pour creuser des trous dans le sol pour les reboucher ensuite, ce qui crée des emplois et soutien la demande. Pourquoi demander un tel sacrifice, une telle lobotomisation à un Villepin qui a soutenu des politiques qui faisaient l’exact inverse pendant tant d’années, et peut on le croire ? De plus il associe a ce vertige d’imagination son pire ennemi, dont les dents raient le parquet : Mr Sarkozy. Un homme qui depuis quelques mois se plaçaient à la hauteur du président, qui est à la tête du parti majoritaire qui se place sous le premier ministre, dont la nomination était un « casus belli » pour lui, et qui de plus n’a en aucune manière la même vision de ce que doit être l’économie. Enfin. Celui qui incarne le nouveau libéralisme à la française a bien sauvé Alstom à coups de milliards publiques, et voulait même un rapprochement avec Areva, ce qui aurait créer un des plus beaux conglomérats publiques que cette terre est connu, ou a rétabli une forme de contrôle direct des prix. Dieu merci, son passage à Bercy fut court. Le pouvoir en place est aux abois, le peuple lui inflige claque sur claque, et qu’est-ce qui a changé pour les français. Rien. Et on ne voit pas bien ce qui va changer. Le résultat du scrutin du 29 mai est une fantastique chance de voir que nous ne sommes plus tout à fait une démocratie, et l’avons-nous jamais été. Le pouvoir est visiblement une drogue de laquelle on ne se défait jamais si on y a goûté, en tout cas nos hommes politiques sont incapables de reconnaître leur défaite, et s’accrochent comme des sangsues. Aucun n’est prêt à changer de politique. Ils ne le veulent pas, et ils ne le peuvent pas. Ne peut-on rien faire contre le chômage : avons-nous tout tenté, en sommes nous à regarder irrémédiablement grimper la courbe, et nous lamenter sur le sort des jeunes dont le taux atteint près de 25%. Certainement pas, mais aucun de ceux qui dirigent n’a l’audace de tenter des politiques audacieuses, de renouveler la pensée. Il n’y a qu’à voir la dette publique, le taux de prélèvement obligatoire..., le gouvernement précédent est censé avoir résolu le problème des retraites, mais il faudra le revoir à horizon 2008, 2010 grand maximum. Pourquoi ne pas essayer de supprimer l’impôt sur le revenu, et de jouer sur la TVA par exemple. En effet, l’impôt sur le revenu a rapporté 52,2 milliards d’euros en 2004 et coûte très cher à récolter, alors que la TVA a rapporté 118,5 milliards. Nous savons que l’économie joue énormément sur la psychologie des acteurs, et leur confiance dans le système et dans l’avenir. Pourquoi ne pas desserrer cette contrainte. La moitié des ménages ne le paie pas, et il fait étau sur les classes moyennes qui font vivre le pays et qui se sentent écrasées, qui se sentent bonnes à payer pour tout, et les revenus très élevés l’évitent en grande partie par les défiscalisations que leur donne l’assemblée. Accouplé à une baisse de la TVA sur les produits de nécessité, et une hausse significative sur les produits de luxe, on donne un sentiment de libération qui peut relancer la consommation, et le surplus de recette de cette relance par la TVA et par l’impôt sur les société comblerait les 50 milliards de l’impôt sur le revenu. Ce n’est q’un exemple de ce que l’on pourrait tenter si nos équipes avaient un tant soit peu de courage. Est-ce la panacée, je n’en sais rien, il y a certainement du bon et du mauvais, mais pourquoi ne pas essayer ? Je suis stagiaire en salle de marché de capitaux. On peut difficilement me taxer de gauchisme. Ce que je vois c’est que mon entreprise me trouve trop cher, qu’elle préfère faire tourner des stagiaires compétents et bien formés par le système scolaire français pour trois fois rien, qu’elle distribue des millions à des patrons qui défilent, que la répartition est totalement erronée. Ce n’est pas un plaidoyer pour mon embauche, j’ai 26 ans, je suis diplômé, j’ai un toit, j’ai des armes pour me battre là ou ailleurs. Tout ce que je sais du point de vue économique, c’est que les recettes utilisées depuis deux décennies ont lamentablement échoué, que nous avons un des taux de prélèvement obligatoire les plus élevé associé à un des taux de chômage les plus élevé, que le modèle social sur cette base là boit la tasse dans la vague de mondialisation, que par les relances publiques promises, il n’y aura que de la dette supplémentaire créée, car ce gouvernement de continuité va se révéler autant que les autres incapable de réformer l’Etat, incapable de supprimer les tentaculaires emplois de bureaucrates, et d’en créer là où il y en a vraiment besoin : dans les hôpitaux -où on laisse la situation pourrir la situation pour voir l’éclosion de cliniques privées, où pour voir les coûts baissés, on n’essaie pas de réformer, de moderniser mais de casser-, des emplois pour nos personnes âgées , qui risquent difficilement la délocalisation, à moins de délocaliser nos vieux, dans les lycées... Le maître mot est répartir : la richesse, les fonctionnaires, le travail... Mais répartir semble rayer du vocabulaire du nouveau couple. Chirac et les siens se replient pour le pire, ils sont en guerre pour préserver ce que sont devenus leurs privilèges. Ceux qui vont souffrir dans les années à venir ne sont pas dans les salons à Paris, à Bruxelles, dans les conseils d’administration des grandes entreprises, au sein de ce capitalisme de connivence, de cette nouvelle noblesse qui a éclose sur la dépression économique et qui se partagent postes et pouvoirs -l’ancien ministre de l’économie Francis Mer était candidat à la présidence du Medef-, mais bien dans nos banlieues, dans nos campagnes, dans nos bassins d’emplois industriels que ce nouveau gouvernement ne reconvertira pas. Le président va profiter des deux dernières années de pouvoir, en faire profiter ses amis, avant de se retirer intouchable en laissant un pays désorienté, révolté, en quasi ruine sociale.


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