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Accueil du site > Tribune Libre > La désinformation nerf de la guerre numérique

La désinformation nerf de la guerre numérique

JPEG Les diffuseurs compulsifs de fakes et les complotistes pathologiques ne sont pas ceux qu'on croyait. Selon l'université d' Oxford qui y a affecté ses moyens technologiques et humains au cours des années 2017, 2018 et 2019, les techniques de propagande numérique sont de plus en plus exploitées par les partis politiques de gouvernement ou susceptibles de gouverner, ainsi que par au moins 70 États et presque autant d'organisations internationales satellites de ces états.

 

Une étude sans complaisance :

Le rapport de l'université d'Oxford rédigé par des experts en culture numérique aidés par des sociologues et des psychologues, et une ribambelle d'étudiants enquêteurs, énonce clairement : « Au cours des trois dernières années, des agences gouvernementales et des partis politiques ont utilisé les réseaux sociaux pour diffuser de la propagande politique, polluer l'information en ligne et entraver la liberté d'expression et la liberté de la presse. »

Depuis la campagne présidentielle américaine de 2016, au cours de laquelle les interventions de l'organisation russe Internet Research Agency (IRA) avaient été mises en évidence par le comité du renseignement du Sénat US avec le concours de l'Institut Internet d'Oxford, le processus d'ingérence s'est développé. En 2017, les chercheurs ont recensé 28 pays dans lesquels des campagnes de désinformation ont été menées. La liste, non exhaustive, en comptait 48 en 2018 et 70 en 2019. Pourquoi se priver, c'est le moyen de pression le moins onéreux du monde ?

Bien évidemment les régimes autoritaires les plus répressifs, susceptibles de subir des sanctions économiques en cas d'actions brutales étalées au grand jour, sont parmi les États qui ont manifesté une particulière appétence pour les trucages en douce. Au tableau de déshonneur les premiers prix sont attribués à la Chine, l'Iran, la Russie, l'Arabie Saoudite, le Venezuela, l'Inde et le Pakistan.

 

Cuisines chinoises

Première au hit parade des fakes, la Chine, « devenue un acteur majeur dans l'ère de la désinformation » selon le rapport. Alors que Pékin s'affaire généralement à censurer et à étouffer les signes de dissidence sur les réseaux sociaux, le mouvement pro-démocratie qui conteste depuis quelque temps l'autorité du gouvernement de Hong Kong a contraint les maîtres de Pékin à affiner et affirmer une stratégie de communication plus subtile que leur matraquage habituel. Ainsi ont-ils créé une fausse apparence de free speech avec des critiques limitées du régime sur des points tangentiels connus de tout le monde, afin de crédibiliser des « opposants » sur mesure.

Une fois bien installés dans le paysage numérique, ces petites mains sapent les infos défavorables aux autocrates à l'aide de témoignages mesurés et de traits d'esprit qu'on ne s'attend guère à trouver chez les thuriféraires d'un régime totalitaire. Quelques vidéos orientées, sans la lourdeur de la propagande officielle, évitent le piège du manichéisme et contribuent à troubler les esprits conciliants.

Dans le même temps et sans que rien ne semble les relier entre eux, un mouvement d'apparence spontanée s'est formé pour dénoncer les actions menées par les opposants au gouvernement, bénéficiant cette fois de la complaisance des autorités et de l'appui du Quotidien du peuple, l'organe de presse officiel de Pékin. Les canaux sont multiples : Weibo, WeChat et QQ qui sont les plates-formes chinoises les plus connues, mais aussi TikTok, YouTube, Facebook ou Twitter, sur lequel des milliers de comptes pro-Pékin ont éclos depuis le début des troubles à Hong Kong, puis la dénonciation du sort peu enviable fait aux Ouïgours.

Bien que l'idée initiale ait été de créer un intranet géant étanche, celui-ci sert d'abord à surveiller les conversations privées, la plupart du temps anodines... Aujourd'hui, toute critique du traitement du coronavirus est officiellement considérée comme « malvenue » par les hiérarques. Sur l'intranet bridé, les commentaires qui expriment des inquiétudes sont effacés au bout de quelques minutes. Mais les personnes qui ont exprimé des doutes ont été repérées. Trop nombreuses pour être toutes arrêtées, elles sont fichées pour le jour où elles commettront quelque incartade ou auront une faveur à demander aux pouvoirs publics.

Trahie par les trackers : La Chine a élevé une « grande muraille numérique » susceptible de filtrer tout ce qui entre et tout ce qui sort. Mais cette forteresse n'est vraiment utilisable qu'en période de crise. Car la censure doit composer avec les impératifs du e commerce. La grande majorité des pages Web embarquent, en plus de leur contenu, des trackers, composants publicitaires destinés à transmettre des informations pouvant intéresser et fidéliser les internautes, avec pour objectif de leur adresser des publicités ciblées. Et bien sûr cela fonctionne en feed back. Avec toutes les data combinatoires et les tris croisés qu'on peut imaginer, car on ne chôme pas non plus aux pays des prospects.

Dès lors, la grande muraille numérique filtre comme un chinois. En effet 87 % du trafic des trackers en provenance de Chine aboutissent aux USA et 10% en Europe contre 3 % seulement qui demeurent à l’intérieur du pays.

De la sorte, une très grande quantité de données de nature économique mais aussi géostratégiques sortent de Chine par le biais des trackers auxquels elles sont liées. Donnant des informations sur les niveaux de production, les projets de diversification à court terme, les réseaux de distribution et les mouvements de populations, corrélées aux photos satellites. Et que les analystes de la NSA n'ont plus qu'à décortiquer. En se méfiant toutefois des trackers mitonnés pour enfumer l'adversaire.

 

Le téléphone arabe full speed

En Arabie Saoudite, où le roi a 2 millions d'abonnés sur son compte Twitter et répond directement à ses sujets, une « ferme à trolls » a été créée pour cibler les dissidents qui s’expriment sur les réseaux sociaux, les discréditer et semer le doute, la crainte et la suspicion parmi eux. Un emprisonné fouetté puis décapité au sabre ne fait pas taire des centaines de contestataires, certains installés à l'étranger, d'autres créant cette illusion grâce à des proxies ouverts, des machines mal configurées ou des sites experts à forger des IP aléatoires. Il fallait donc trouver autre chose que la répression sauvage. Pas à la place mais en plus.

Le royaume a commencé par infiltrer Twitter dès 2010 avec une cellule de communication dirigée par un proche de Mohamed ben Salman, un certain Saud al-Qahtani, démis officiellement de ses fonctions après l'affaire Khashoggi. Jusqu’alors principale cible virtuelle avant de devenir réelle.

Des centaines de jeunes gens à l'aise dans une double culture, cumulant la tradition islamique avec les codes des mondes virtuels, sont rémunérés pour procéder à la diffusion de messages pro-gouvernementaux, au trollage des conversations critiques, plus efficace que la censure brute, et au harcèlement des dissidents du pouvoir sur les réseaux sociaux. Les fermes à trolls ne sont plus l'apanage de la Russie !

Il est intéressant de noter qu'un certain nombre de prosélytes salafistes parmi les plus excités ont appris ainsi le métier de manipulateur d'opinion. Avant de décider, sans doute à la suite d'une crise de foi, de se placer au service d'autres causes plus radicales. Voire de se mettre à leur propre compte en ouvrant une succursale d'un réseau terroriste.

Mais à la différence des Occidentaux naïfs qui leur offrent la tribune d'un procès lorsqu'ils les arrêtent, le Mabahith ou police secrète d'Arabie Saoudite ne s'embarrasse pas de juridisme. En liaison ponctuelle avec le Mossad via l'interface des services spéciaux égyptiens pour pouvoir nier toute collusion si nécessaire, ils traquent les traîtres jusque dans les pays européens dont certains dirigeants préfèrent fermer les yeux, trop heureux que d'autres passent le kärcher à leur place. Avec parfois des bavures. Dans toute guerre il y a des victimes collatérales.

 

Les cyber troops de la théocratie

Les ayatollahs se vantent d'avoir à leur service les meilleurs informaticiens du monde. Cela n'a pas empêché Stuxnet en 2010 de contaminer 35.000 systèmes informatiques en Iran même. Désorganisant l'administration et l'économie. Parmi les cibles : la centrale nucléaire de Bouchehr dont les centrifugeuses étaient supposées produire du plutonium militaire. Le virus aurait modifié les programmes gérant les vitesses de rotation des centrifugeuses, entraînant une dégradation de celles-ci et des explosions en série.

Les dégâts de ce malware n'ont pas été seulement matériels mais aussi psychologiques. Les auteur de la cyber attaque ont laissé entendre qu'ils n'auraient pu réussir sans des complicités à l'intérieur. Résultat : de malheureux techniciens suspects, parce que peu assidus à la mosquée, furent pendus pour trahison.

La même ruse, reposant sur des faits avérés cette fois, a joué après l'élimination du général Soleymani. Des hackers israéliens auraient réussi à introduire des mails compromettants dans les ordis de quelques pontes de la sécurité, semant une certaine pagaille, des discours confus et déclenchant une purge en cours.

Le lendemain de l'exécution du chef de guerre, une caricature attribué à l'Iran apparut sur la page d'accueil du site de la FDLP (Federal Depository Library Program) une bibliothèque juridique peu protégée qui met à la disposition du public des textes publiés par l’État fédéral. Ce dessin montrait le président Trump frappé au visage et ensanglanté. L'Iran a revendiqué avec retard cette intrusion mais rien ne prouve que ses hackers en soient les auteurs car, d'habitude en pareil cas, loin d'effacer leurs traces ils font tout pour signer leurs actions.

L’Iran est beaucoup plus efficace dans le contrôle des mauvaises pensées et des mauvaises fréquentations de ses ouailles puisque depuis 2012 ce pays a instauré un intranet national filtrant les accès à l'internet mondial. Enfin, pas pour tout le monde. Le guide Ali Khamenei a toujours son compte Instagram !

Les failles du rempart ont été renforcées en 2016 par de nouveaux blocages plus stricts instaurant un « internet halal » (sic) alimenté par une source d'information gouvernementale et religieuse unique. Les échanges entre particuliers sont contrôlés par des comités de surveillance qui doivent rendre des comptes aux gardiens de la révolution. Officiellement destinées à protéger la population contre les contenus « immoraux », la censure et la répression se sont étendues aux informations sur le monde extérieur dont l'attractivité est condamnable, et aux sites consacrés aux droits fondamentaux, notamment ceux des femmes.

À l'étranger, l'ombre de l’Iran plane sur des opérations de désinformation et de déstabilisation. Ainsi en 2018, Facebook a procédé à la fermeture de près de 3.000 comptes et Twitter à 2.600, tous liés à une campagne d’influence menaçant des Iraniens ou des personnes d'origine Persane installées en Amérique qui refusaient de trahir leur nouveau pays... Fin 2019, Facebook et Twitter ont fermé encore plusieurs centaines de comptes faisant la promotion des intérêts de Téhéran et incitant les Américains de religion musulmane à perpétrer des actes de sabotage et des attentats.

 

L'Amérique ric rac

Outre-Atlantique, une série d'articles publiée fin 2018 par le « New York Times » et le « Washington Post » exposait comment des experts en réseaux sociaux s'étaient inspirés des méthodes de l'Internet Research Agency pour favoriser le candidat démocrate à une élection sénatoriale partielle en Alabama. « Certaines personnes sont convaincues que les Démocrates doivent répondre au feu par le feu », justifiait alors une chercheuse engagée, sollicitée sans donner suite aux projets d'interviews.

Avec des serveurs qui contrôlent et filtrent les malwares, l'amélioration des firewalls, la mise-à-jour permanente des antivirus, et la sensibilisation d'un public plus aguerri qu'il y a 10 ou 15 ans, les malfaisants de la toile ne parviennent plus à museler aussi aisément leurs adversaires ou à les discréditer en usurpant leurs identités.

Le recrutement par la C.I.A, mais aussi par des firmes privées de cyber défense, de hackers repentis capables de traquer les nuisibles jusque dans leurs tanières, a contraint ces derniers à adopter des méthodes plus sophistiquées pour recueillir ou détourner des données, sinon asséner leur point de vue.

Certaines techniques sont devenues des classiques aujourd'hui : la propagation de fake news par des faux profils contrôlés depuis des « fermes à trolls », le recours à des bots pour gonfler artificiellement la popularité d'un compte ou la résonance d'un propos, des cohortes de trolls chassant en meute pour harceler des réfractaires. Ou pour convaincre ou punir des journalistes. Ou encore faire verrouiller un forum qu'ils ont échoué à contrôler... La pratique s'est professionnalisée, avec des structures hiérarchiques et des rémunérations aux résultats comme c'est d'usage aux States. Actuellement, Facebook reste le canal privilégié avec des campagnes menées dans 56 pays sur les 70 recensés par l'étude d'Oxford.

Si la plate-forme FB communique régulièrement sur sa lutte contre ces « comportements inauthentiques coordonnés » (belle périphrase pour ne pas dire enfumages) le phénomène est loin d'être endigué.

Les deep fakes sont même en train de s'institutionnaliser. Avec des contenus (vidéos, discours, dialogues, animations) plus vrais que nature mais générés ou co-gérés par des algorithmes à partir de propos et d'images véritables ré-assemblés. Puis diffusés de façon virale à travers des « influenceurs » créés ou stipendiés pour la circonstance. On imagine facilement le pouvoir de manipulation de ces pratiques déloyales... Alors que se profile cette année l'élection présidentielle américaine. Mais qu'on se rassure, les équipes de Trump ne sont pas les seules à utiliser ces subterfuges.

 

Et en France ?

Il y a 20 ans, on pouvait lire sur la toile des infos inédites, parfois surprenantes, en tout cas inhabituelles, considérées comme tendancieuses ailleurs. Le web pouvait apparaître alors comme le contrepoids nécessaire aux médias officiels corsetés, dont les fausses controverses étaient diluées dans le politiquement correct.

Mais aujourd'hui, la déception est grande : 30% des internautes viennent pour s'informer sur des produits et des services ou faire des achats, 28% sont là pour jouer en ligne, 25% pour regarder des vidéos ou écouter de la musique, 14% pour papoter de tout et de rien sur les réseaux sociaux et 3% pour fréquenter des sites de news et éventuellement participer à des discussions.

Malgré des radios et des télés serviles, celui qu'on appelle « le Coréen » dans les allées du pouvoir, à savoir le dénommé Cédric O trouve qu'on n'en fait pas assez dans le domaine de la désinformation. Ce macronien pur jus ne supporte pas le persiflage des humoristes, pas bien méchants pourtant, et encore moins les rares reportages réalistes sur les séismes sociaux qui secouent la France.

Aussi, avec ses complices, ils ont commencé à criminaliser la diffusion de fausses nouvelles (personne n'avait osé depuis le tristement célèbre duo Pétain Laval) étant entendu que seul le gouvernement et ses sbires sont capables de trier le vrai du faux.

Françoise Nyssen, éphémère ministresse de l'inculture, a eu le temps de mettre en place en 2018 une plate-forme de ré-information sur France Télévisions, Radio France, Arte France, France Médias Monde, TV5 Monde, France 24, et l'Institut national de l'audiovisuel (INA), les groupes qui structurent l'audiovisuel public français et disposent de solides relais sur la toile.

Cela a abouti à ce spectacle pitoyable : des aboyeurs patentés qui se comportent comme leurs homologues de Corée du Nord. Avec un air ampoulé et une componction archiépiscopale, vêtus comme des clercs de notaire pour faire sérieux, ils dégoisent les vérités officielles en dénonçant avec une rare agressivité tout ce qui pourrait déconsidérer leurs bons maîtres.

 

Le web ring de catch pour tous

Les télés et radios étant bien encadrées par les propagandistes et les publicitaires, divers groupes de pression se sont reportés sur le web créant des sites, des blogs, des mailing lists, des vidéos et des profils multiples sur les réseaux dits sociaux.

Simples accessoires pour ceux qui n'en avaient pas vraiment besoin pour diffuser leur idéologie, étant ouvertement aidés par des grands groupes financiers et des États étrangers. Parmi eux : le GIEC, les religions monothéistes et diverses sectes cosmo planétaires, mais aussi des lobbies du business vert... Mais ils tenaient à ouvrir un champ de bataille pour riposter contre ceux qui critiquent leurs pratiques, dénoncent leurs gurus et retournent sur le grill les fondamentaux de leurs lavages de cerveaux.

Outils indispensables pour ceux qui, micro-partis, artistes ringards ou politiciens à la ramasse, négligés par les flux main stream, espèrent gonfler leur importance et ratisser un nouveau public. Se prétendre victime de la censure ouvre des portes, comme si les marchés porteurs n'étaient pas exploités par les forcenés de l'audimat.

Avec en commun : l'utilisation des techniques des nuisibles du web : le spam pour convaincre, le mail bombing pour punir, les DOS pour bloquer, des comptes et des blogs fantôme se renvoyant les uns aux autres pour générer une pertinence artificielle sur les moteurs de recherche, l'invasion des forums de discussions pour montrer leurs muscles, avec un sournois mélange de trolling et de flaming pour décourager leurs contradicteurs. Ils n'avaient juste pas prévu qu'ils rencontreraient des coriaces capables de s'organiser en cercles de ripostes utilisant d'autres méthodes que les leurs. Une cure de jouvence pour d'anciens combattants de l'époque épique d'Usenet.

Cependant la crédulité des uns, l'inculture des autres, l’absence d’esprit critique et le suivisme moutonnier chez beaucoup, ont fait de certains des proies rêvées pour les imposteurs et les propagandistes de tout poil. Surtout lorsque ceux-ci ont su flatter leur public en lui faisant croire qu’ils partageaient avec lui des vérités occultées, hautement confidentielles... Nourrissant l’illusion de les faire entrer dans le monde ésotérique de ceux qui savent et voient au-delà de l’horizon. Aboutissant in fine à des pathologies de dissonance cognitive et d’enfermement obsidional.

 

Les click machines

Elles désignent des softs destinés initialement à leurrer les bots des sponsors sur des sites payés au nombre de clics sur leurs bannières. Par cher, mais quand il y en a un million et plus... Certains ont servi aussi, en redondance avec des profils fantômes, pour appuyer les éloges de sites commerciaux, de produits et services divers, d'hôtels, de restaurants, de compagnies aériennes, etc...

Le principe est simple, une fois paramétré pour accepter-éliminer les cookies et effacer ses propres traces, le soft cherche quelques centaines de machines mal configurées ou de proxies ouverts afin de disposer d’un premier stock d’IP. Puis il clique sur le lien ciblé, reste le nombre de secondes imparties, se déconnecte et se reconnecte aussitôt avec une autre IP. Et en même temps, il scanne inlassablement la toile en quête de nouvelles IP.

Ainsi le bot de la cible, paramétré pour ne pas compter 2 fois la même IP ou des cookies réitérés est trompé, et si l’annonceur consulte le log avant de payer, il a la preuve du nombre considérable de contacts différents qui ont vu sa pub. Bien évidemment, ça fonctionne aussi au profit des partis politiques qui gonflent leur audience pour impressionner les médias, sans payer de coûteux sondages truqués.

Dopés par la facilité que permettent ces artifices, des webmasters de sites du pouvoir comme d'autres gérant des sites des oppositions, se sont mis à leur tour à la fabrication de statistiques avantageuses de fréquentation, et d'approbation de leurs pseudo-sondages.

Certes la désinformation n'a d'effet durable que sur 2 à 4% des cibles. Mais l'effet à 3 jours peut frôler les 10% et faire vaciller des convictions fragiles. Et quand on sait que beaucoup d'élections non truquées dans les urnes se gagnent à la marge et au dernier moment...

 

Pour en savoir plus, graphiques et stats :

https://comprop.oii.ox.ac.uk/wp-content/uploads/sites/93/2019/09/CyberTroop-Report19.pdf

 


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31 réactions à cet article    


  • rogal 4 mars 15:30

    Nil novi sub sole, nisi electronica via.


    • CLOJAC CLOJAC 4 mars 15:41

      @rogal

      « Nil novi sub sole, nisi electronica via. »

      C’est quoi ce dialecte ? ça sonne italien mais la phrase correcte serait :
      niente di nuovo sotto il sole, l’elettronica non cambia nulla


    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 4 mars 16:21

      @CLOJAC Et le latin, vous en avez entendu parler ? Bon Nihil serait mieux que Nil dans le proverbe tiré de la Vulgate.


    • rogal 4 mars 17:15

      @Bernard Mitjavile
      Point de Vulgate. Les bons auteurs latins.


    • CLOJAC CLOJAC 4 mars 17:30

      @Bernard Mitjavile

      « Et le latin, vous en avez entendu parler ?  »

      Non je n’ai pas étudié pour devenir curé.
      Quant à l’électronique dans une langue morte...


    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 4 mars 22:21

      @rogal C’est une maxime connue de l’Ecclesiaste (Ancien Testament) attribuée à Salomon et traduite en latin dans la Vulgate qui est écrite en bon latin


    • rogal 5 mars 02:54

      @Bernard Mitjavile
      Vous avez tout à fait raison, mais j’ai entrepris de moderniser cet ouvrage un peu vieillot et en cela... nil obstat.


    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 5 mars 12:39

      @CLOJAC D’accord. Ceci dit le latin comme le grec ancien ne sont pas si mort que cela si l’on considère l’étymologie des mots.


    • CLOJAC CLOJAC 5 mars 18:35

      @Bernard Mitjavile

      Votre latin n’est pas tout à fait mort, car dans des régions d’Italie on parle des dialectes qui y ressemblent, d’où ma première réaction.


    • CLOJAC CLOJAC 5 mars 22:58

      Last but not least, Face Book a supprimé en 2019 plus de 6,6 milliards de faux comptes.
      Avec 7,5 milliards d’habitants sur terre, cela fait quasiment un compte par personne en incluant les nouveaux nés, les moribonds, les arriérés mentaux, les comateux et les grabataires !
      Quelle que soit leur pays d’émission, les fermes de trolls chôment pas ! ! !

      https://www.msn.com/fr-fr/actualite/technologie-digital/comment-facebook-a-supprimé-plus-de-six-milliards-de-faux-comptes-grâce-à-une-nouvelle-ia/ar-BB10NbZY ?MSCC=1583445092&ocid=spartandhp


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 5 mars 23:17

      @CLOJAC

      Zut ...même pas été supprimé vu que je n’y suis jamais allé...décidément je passe a coté de mon époque...sniff


    • CLOJAC CLOJAC 5 mars 23:45

      @Aita Pea Pea

      J’avais fermé mon compte FB il y a plusieurs années car j’en avais assez du spam qui s’y infiltrait, mais ici en passant par le FB de la mairie, pratique pour toutes les formalités, j’évite les pubs intempestives et en profite pour retrouver de vieux amis. 


    • Hugo Drax Hugo Drax 4 mars 15:37

      Quand je vois le logo « Vu à la télé » sur l’étal : je passe mon chemin. Ce n’est pas du snobisme… C’est un réflexe de consommateur adulte considérant que rien n’est gratuit en dehors des économies du partage.

      Comment faire la différence ? Si tu en as besoin tu prends, sinon tu dénigres les casse-pieds et tu ignores les crétins !


      • CLOJAC CLOJAC 4 mars 15:58

        @Hugo Drax

        « Quand je vois le logo « Vu à la télé » sur l’étal : je passe mon chemin. »

        Moi aussi, c’est dissuasif. 
        Mais aujourd’hui les pubeux sont plus sournois. Avec les images subliminales et autres stimuli sensoriels furtifs (slogans, musiques, souvenirs artificiels) 


      • Hugo Drax Hugo Drax 4 mars 16:51

        @CLOJAC

        Mais aujourd’hui les pubeux sont plus sournois. Avec les images subliminales et autres stimuli sensoriels furtifs (slogans, musiques, souvenirs artificiels) 


        Sans tv depuis 40ans, Professionnel IT, j’ai vu une vidéo, il y a assez longtemps d’un dj qui exprimait cela… Conspi, conspi, conspi, jusqu’au moment où ont retenti les notes qui précèdent une annonce dans les gares SNCF…

        Pour revenir aux réseaux sociaux aux cgu pour le moins gratinées, on apprend très vite en informatique pro à configurer son terminal, son poste de travail, son environnement logiciel, et, sa sécurité. Ceci permet la productivité nécessaire pour ne pas se faire virer.


      • Ratatouille 2 le retour Ratatouille 2 le retour 4 mars 19:57

        De mieux en mieux,achat d’un aspirateur sur amazon (oui je sait)

        pour ma mère (ouf) je reçois quelques jours plus tard une lettre (une vrai) ou l’on me demande de mettre 5 étoiles en commentaire et de faire une capture d’écran ou vidéo,et d’envoyer à une adresse mail.

        scanner de la lettre ci dessous...évidement pas de signature..

        20 euros ... ?

        https://storage.canalblog.com/26/75/1679409/126144421_m.jpg?618993

        l’aspi sur amazon 2192 commentaires

        https://www.amazon.fr/gp/product/B07B928N8P/ref


        • Hugo Drax Hugo Drax 4 mars 20:40

          @Ratatouille 2 le retour
          C’est le logiciel pour la capture vidéo d’écran que vous cherchez ?


        • Ratatouille 2 le retour Ratatouille 2 le retour 4 mars 21:50

          @Hugo Drax
          ba non .. ! je sait faire avec win 10 touche window et imprim écran
          ----------------------------------------------------------------------------
          Leurs 20 euros ils peuvent se les mettre ou je pense...
          Les internautes pour leurs recherches se fient aux notations et aux commentaires,forum etc. Si des entreprises commencent à vous soudoyer ,c’est la fin de la confiance, de l’étique, et le début de l’arnaque généralisée,du chaos,de la manipulation,l’on ai à plus petite échelle au cœur de l’article.Alors à grande échelle je vous laisse imaginé,ne trouvez-vous pas curieux que l’on puisse jeter des bombes sur des enfants ,alors pour le reste c’est NO limite


        • Hugo Drax Hugo Drax 4 mars 23:54

          @Ratatouille 2 le retour

          ne trouvez-vous pas curieux que l’on puisse jeter des bombes sur des enfants ,alors pour le reste c’est NO limite


          Comme le disait Dennis Hopper en 1994 dans le blockbuster Speed avec Keanu Reeves et Sandra Bullock¹ : « Le destin d’une bombe, c’est d’exploser… ». Votre réponse colle à votre identité numérique, j’ai fait de même.

          Mon vieux chapeau gris a perdu son éclat avec cette informatique commerciale, teinté par une noirceur à peine soupçonnable… À l’inverse de vous, je ne me fais aucune illusion sur le poids de la réalité dans ce foutoir ; Par contre, il rayonne de ses derniers feux dans le reste — Les 3%, nous indique @Clojac — dans lequel Moraline & prosélytisme marchands & politiques partisans n’ont pas, pour moi, le droit de cité.

          ¹ Nous avons tous les deux des avatars de cinéma.


        • CLOJAC CLOJAC 5 mars 08:03

          Complément d’information à l’article :

          La liste noire des sociétés chinoises susceptibles d’ouvrir des back doors dans leurs produits et donc d’opérer des transferts de data illicites s’accroît.
          Bonne occasion de mélanger l’éthique et le business dans la mesure où ces sociétés sont aussi des concurrentes de sociétés américaines, en même temps que des fournisseurs ou des acheteurs de puces créant des dépendances stratégiques inquiétantes dans les 2 sens.

          Après HuaWeï, sous surveillance permanente avec des licences temporaires, on doit ajouter SUGON fabricants de supercalculateurs et propriétaire de l’appli musical TikTok, adoptée par les ados et où rodent des prédateurs sexuels...
          Mais aussi soupçonné de fournir au Guoanbu (services d’espionnage) des logiciels de déchiffrement massif de mots de passe.

          Sous surveillance également HIGON filiale de SUGON qui travaille pour le marché chinois des servers d’e commerce, brassant des quantités phénoménales de données mondiales, mais aussi l’institut de technologie informatique Wuxi Jiagnan qui travaille comme Sugon sur la génération d’ordinateurs exascales, 5 fois plus rapides que l’ordinateur actuel le plus puissant, destinés au téléguidage des missiles de l’armée chinoise.

          Sans oublier Megwii, un système sophistiqué de reconnaissance faciale, destiné en principe à sécuriser les transactions on line, mais dont l’exportation via des smartphones pourrait servir à traquer les dissidents chinois à l’étranger.

          Sur la sellette également, HIKVISION et DAHUA 2 sociétés spécialistes des réseaux de vidéo surveillance, qui contrôlent 1/3 du marché mondial, et dont les data peuvent être exportées en temps réel en Chine pour contrôler qui bon leur semble à l’étranger.
          Enfin Hiflytek et Meia Piko, entrepries expertes en cyber sécurité, capables d’identifier toute personne et de récupérer rapidement tous les mots de passe possibles et imaginables.
          Mais parfois l’arroseur est arrosé comme Meng Hongwei ancien directeur d’interpol (porté « disparu ») qui avait laissé cet organisme infiltrer les réseaux chinois de surveillance au titre d’échanges réciproques.


        • Ratatouille 2 le retour Ratatouille 2 le retour 4 mars 20:17

          Je suis aller voir mon psychiatre et je lui est dit que je ne pouvait plus regarder BFMTV ,il en à en conclut que je faisait un dénis de réalité,j’ai ajouté que notre président était un gros menteur,il m’a doublé la dose,maintenant je suis guéri,heureux en paix,mais je dort 23 heures par jour.


           smiley

          • CLOJAC CLOJAC 5 mars 08:09

            @Ratatouille 2 le retour

            « maintenant je suis guéri,heureux en paix,mais je dort 23 heures par jour ».

            Une thérapie efficace pour échapper à une addiction préjudiciable à la santé, consisterait à te débarrasser de ton ordi, ton smartphone, ta tablette et tous les autres appareils diaboliques en les donnant à des pauvres. smiley


          • MAUGISMICHEL MAUGISMICHEL 5 mars 02:52

            Article de propagande calomnieuse à l’encontre des pays en résistance face à l’empire US, le plus grand générateur de fake news.

            L’auteur à l’instar de « l’université d’Oxford » est absolument incapable de donner un seul exemple concret.

            Mais l’auteur bien sûr connaît comme tout le monde les fake news qui émanent de l’empire.

            « Au cours des trois dernières années, des agences gouvernementales et des partis politiques ont utilisé les réseaux sociaux pour diffuser de la propagande politique, polluer l’information en ligne et entraver la liberté d’expression et la liberté de la presse. »

            Traduction en langage concret..

            Au cours des trois dernières années, des agences gouvernementales ( RT SPUTNIK) et des partis politiques (Généralement communiste, de gauche anti-impérialiste, ont utilisé les réseaux sociaux pour diffuser de la propagande politique (VRAIES et qui gênent l’Empire), démentir voire réfuter l’information donnée par les grands moyens de propagande de l’Oligarchie du Kapital, et entraver la liberté d’expression des mercenaires grassement payée de cette propagande, et leur liberté de nuire pour continuer à perpétuer leur politique ordurière sur le monde.

            ps : le terme propagande ne signifie pas forcément fausses informations.
            c’est l’information contradictoire de l’autre.


            • Ruut Ruut 5 mars 08:20

              Ah l’art de fausser les statistiques...

              C’est en train de fausser le marché du traitement des BIG Datas par saturation d’infox politiquement demandées....


              • phan 5 mars 09:08
                Exemples de désinformations : Le mensonge de la lune et du 11 septembre 2001

                Enfin, pour tous ceux qui l’auraient oublié, la plus grande, la plus énorme, la plus gigantesque des fake news jamais inventée n’est pas l’oeuvre d’un journal, d’une télévision ou d’une radio, c’est l’oeuvre d’un Etat. En l’occurrence, l’Etat américain, sous l’administration Bush. Rappelez-vous, c’était le 5 février 2003 devant les Nations-Unies à New-York. Pendant 80 minutes, Colin Powell se livre à un véritable réquisitoire contre l’Irak, il montre des photos satellite, il brandit un flacon d’anthrax et explique que Sadam Hussein est en train de fabriquer une bombe nucléaire. 
                On connaît la suite, le 20 mars 2003, les forces armées américaines envahissent l’Irak qu’elles occuperont pendant 8 ans avant de se retirer le 18 décembre 2011, pour un coût estimé à 3 000 milliards de dollars. 10 ans après, à l’occasion de la publication d’un livre, Colin Powel avoue à propos des armes de destruction massive que « Saddam Hussein ... n’en possédait pas un gramme ». Et oui, tout cela n’était qu’un énorme mensonge destiné à justifier l’invasion américaine et le pillage du pétrole irakien. Juste une fake news en fin de compte.
                Et si vous pensez que seuls les américains sont capables de manipuler ainsi les peuples, rappelez-vous de l’affaire du sang contaminé ou du nuage radio-actif de Tchernobyl qui avait touché toute l’Europe mais s’était miraculeusement arrêté aux frontières de la France.


                • Hugo Drax Hugo Drax 5 mars 09:41

                  J’ai trouvé la fille de Xenoïd


                  • Hugo Drax Hugo Drax 5 mars 09:46

                    @Hugo Drax
                    Ça passait dans la prévisualisation…
                    Je vais faire un lien


                  • soi même 5 mars 13:37

                    La désinformation est aussi vieux que l’histoire de l’humanité, la seule différence avec le passé c’est l’immédiateté qui est accélérer .


                    • MAUGISMICHEL MAUGISMICHEL 5 mars 17:30

                      @soi même

                      « La désinformation est aussi vieux que l’histoire de l’humanité, la seule différence avec le passé c’est l’immédiateté qui est accélérer . »

                      En quoi cela fait avancé le chmilblik ?

                      Non, la différence est que maintenant on sait qui propage les mensonges et les calomnies envers ceux qui avant ne pouvait présenter leur vérités, la vraie.

                      D’ailleurs avant il n’y avait pas de désinformation, il n’y avait que la voix du Kapital !

                      Par exemple : La guerre du Vietnam par les ordures US aurait elle été possible sans la désinformation selon laquelle un torpilleur vietnamien aurait tiré sur 2 destroyers US dans le golf du Tonkin ?

                      La guerre d’Irak aurait elle été possible sans le mensonge des ADM de Saddam 

                      etc...


                    • CLOJAC CLOJAC 5 mars 19:16

                      @soi même

                      « La désinformation est aussi vieux que l’histoire de l’humanité, la seule différence avec le passé c’est l’immédiateté qui est accélérer .  »

                       Dans les relations diplomatiques comme dans les échanges commerciaux, y compris entre alliés de circonstances, la connaissance des plans de l’autre, de ses forces et de ses faiblesses, en masquant ses propres spécificités ou en les maquillant de façon à en donner une fausse représentation, peuvent être considérés comme des éléments consubstantiels de toute activité interactive dont seuls des niais peuvent s’offusquer.

                      Ne jamais oublier le fameux aphorisme de Von Clausewitz : « la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens » qu’on peut bien évidemment inverser, et étendre aux guerres commerciales comme à celles d’influences.

                      Cela s’inscrit dans un contexte de stratégies de contournement, ou de ruses concurrentielles, que les anthropologues tiennent pour un progrès dans la mesure où les humains renoncent provisoirement à la violence (même si celle-ci demeure sous-jacente) pour obtenir ce qu’ils convoitent ou pour faire agir autrui à leur avantage.
                      Les technologies modernes n’ont fait qu’amplifier des pratiques immémoriales grâce à l’immédiateté mais aussi à la globalisation et à l’élargissement des possibilités d’action-réaction en temps quasi-réel, à tous les secteurs des relations humaines.

                      A ce jeu-là, les Chinois avaient un coup d’avance sur les autres, dans la mesure où Sun Tzu et ses successeurs leur ont enseigné depuis 25 siècles :
                      « L’art de la guerre, c’est de soumettre l’ennemi sans combat ».


                    • Désintox Désintox 6 mars 15:06

                      ÉCRIT PAR UN EXPERT !

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