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Accueil du site > Tribune Libre > La fin du diplôme national du baccalauréat

La fin du diplôme national du baccalauréat

"Ce lundi, le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer a annoncé qu’il comptait, à partir de 2022, supprimer les épreuves communes pour créer de nouvelles modalités d’évaluation propres à chaque établissement."  Article dans LeParisien

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Des évaluations "propres à chaque établissement " ? Comment ?

Voilà, nous y sommes... Jean Michel Blanquer nous annonce la fin programmée et définitive de l'examen qu'on appelait "baccalauréat" et qui avait une valeur de 1er grade universitaire reconnu nationalement, et même au-delà de nos frontières... Le sabotage a été savamment préparé et pourtant prévisible pour qui avait fait l'effort de lire le rapport Mathiot remis à Jean Michel Blanquer le 24 janvier 2018.

Tout ce que cachait ce rapport, qui n'a pas été dit, qui a été dissimulé dans une communication clientéliste qui se voulait bienveillante pour l'avenir des élèves, cachait en réalité ce bien sinistre dénouement. Tout ce sur quoi j'ai tenté d'alerter collègues et parents d'élèves, n'a cessé de se vérifier depuis lors. Je veux ici rappeler l'analyse personnelle du rapport Mathiot et les mises en garde que je formulais dès février 2018 en tant que professeur de sciences de l'ingénieur.

 

« Pour les enseignants, déchiffrer les objectifs réels des réformes successives est d’autant moins facile que leur projet professionnel n’est pas exactement celui du gouvernement. Et pourtant, nous devons faire cet effort avant qu’il ne soit trop tard. De son côté, le gouvernement sait en revanche parfaitement où il va, mais ne croyez pas que parce qu’il le sait mieux que nous, nous n’aurions pas à nous en soucier. Il compte précisément sur notre résignation ou sur la confiance aveugle que nous lui accorderions étant entendu que nous sommes d’accord sur le constat des dysfonctionnements et sur les enjeux de l’école de la « réussite ». Parce que l’objectif du gouvernement n’est pas le nôtre, et qu’il nous sait submergés de contraintes professionnelles quotidiennes dont il est lui-même responsable, il nous pense incapables de comprendre ce qu’il nous réserve comme nouvelle déconvenue : la fin de l’école égalitaire, et l'essor d'établissements scolaires en recherche de compétitivité dans les régions et entre les régions, une plus grande compétition entre les élèves, une nouvelle redistribution de nos enseignements, un nouveau rôle à jouer qui n’est pas celui pour lequel nous nous sommes engagés dans l’éducation, de nouvelles fonctions et au final la remise en question de nos statuts… car c’est bien de cela dont il s’agit. Il n’est pas possible que ce projet de réforme passe sans notre complicité ou sans notre soumission.

Oui, il nous est difficile de déchiffrer les enjeux et nous préférons parfois faire confiance à ceux qui ont pris le temps de la réflexion. Mais ne nous y trompons pas, le temps de la réflexion n’a pas été mis à profit pour le bien commun, car si cela était le cas alors le gouvernement aurait privilégié le temps de la concertation plutôt que l’urgence et le passage en force. Parce que fatigués de nous battre, nous préférons faire confiance, il aura suffi au gouvernement d’enrober cette réforme dans une communication rassurante pour qu’elle ne soit plus contestée : « réussite des élèves », « amélioration d’APB avec parcourSup », « non sélection par tirage au sort », etc. Mais il nous faut pourtant nous projeter dans le projet global et voir précisément ce qui se cache derrière l’enrobage démagogique. À chaque proposition, à chaque ligne du rapport Mathiot, nous devons nous demander en quoi elle apporte une réponse aux problèmes posés, et sinon, quel est le véritable objectif dissimulé. N’oublions pas qu’il s’agit là d’un enjeu fondamental, celui du devenir de l’école de la République et de ses valeurs pour l’avenir de nos enfants dans la société que nous voulons mettre en partage.

Ainsi donc le rapport Mathiot commence par le constat des dysfonctionnements actuels, sur lequel il existe un relatif consensus dans la société, et en particulier chez les parents d’élèves. Et puisque ce rapport est technique et complexe, nous sommes tentés de faire confiance à Mr Mathiot, ancien directeur à Sciences Po-Lilles, parce qu’il pense le lycée comme il pense l’université, avec des modules d’enseignements à la carte. Oui les parents d’élèves sont d’accord sur le constat d’un certain dysfonctionnement du lycée, mais nous devons leur rappeler les raisons réelles de la dégradation du service d’enseignement dans l’école publique, et de l’échec (très relatif et discutable) sur les poursuites d’étude… Ne nous y trompons pas, rien dans le rapport Mathiot ne vient apporter les solutions au constat, bien au contraire… Ce que projette le gouvernement n’est pas notre projet de société, celui que nous voulons défendre. Il est au contraire à l’opposé des valeurs qui font que nous avons choisi d’enseigner. Au mieux, il nous rendra donc de plus en plus malheureux dans notre profession. Au pire, il nous poussera à la démission pour nous remplacer par des statuts précaires (jeunes contractuels dociles et forcément dévoués s’ils ne veulent pas perdre leur contrat). Mais dans tous les cas, les valeurs que nous portons seront remplacées dès lors que les nouveaux enseignants seront recrutés sur de nouveaux critères tels que la distinction au mérite, distinction entre les professeurs d’un même établissement mais aussi entre les établissements. Nous y sommes déjà…

Le rapport Mathiot dévoile un changement complet de paradigme, une nouvelle vision purement managériale de l’éducation, des professeurs et des élèves. S’opposent ici deux courants de valeurs : il y a d’une coté l’idée historique et originelle d’une école sous tutelle d’un état bienveillant qui accompagne l’émancipation de tous ses citoyens et assure l’égalité des chances, sans que l’orientation professionnelle des élèves ne soit anticipée outre mesure. De l’autre coté, il y a au contraire une idéologie plus libérale, de dérégulation, d’affaiblissement de l’état et du service public, pour l’ouverture de l’enseignement à un grand marché qui serait forcément vertueux grâce à la compétition de tous contre tous. Ce concept Mathiot n’est que le prolongement de la loi Vidal. Il anticipe le devenir professionnel des élèves avant même que ne soit achevée leur formation citoyenne et culturelle. Nous sommes à l’aube du basculement complet de notre modèle et de ses valeurs républicaines. Si le modèle actuel dysfonctionne, c’est uniquement parce que tout est mis en œuvre pour qu’il dysfonctionne… C’est pourquoi je le redis : à chaque proposition dans le texte, nous devons nous demander en quoi elle améliore les problèmes posés et si ces propositions n’y répondent pas alors quel est leur but réel ?

C’est précisément parce que ce projet ne nous parle pas à priori que le travail de décodage est long, complexe et fastidieux. C’est précisément parce qu’il ne nous parle pas qu’il faut le faire parler, et parce que ceux qui le portent sont déterminés à nous y perdre. Nous n’avons pas le droit de nous dispenser de sa compréhension profonde. Je n’ai bien sûr aucune leçon à donner mais le sujet me tient trop à cœur pour ne pas vous mettre en garde mes chers collègues sur les conséquences d’une politique dont nous voyons déjà chaque année les dégâts sur nos conditions de travail, ainsi que celles des élèves. J’en veux pour preuve les heures d’enseignement qui disparaissent chaque année malgré la hausse des effectifs, les 45 heures supprimées cette année encore sur notre dotation horaire dans notre lycée et contre laquelle le CA a voté une motion ce jeudi 1er février. Bien sûr, faites-vous votre propre avis sur la question. Je vous donne le mien non pas comme une injonction mais comme un exutoire personnel, car j’ai ici besoin de m’exprimer. Je suis en effet très inquiet de ce qui se prépare, et je ne crois pas être le seul...

Un certain nombre de professeurs dénoncent les projets de réforme du baccalauréat et du lycée, ainsi que la réforme de l'accès à l'université. Alors que notre fonction première est de porter et transmettre les valeurs de la République, on nous impose un projet de réforme qui ne respecte aucunement le processus démocratique prévu par les institutions. En effet, à ce jour (février 2018), le texte n’est passé qu’en 1ère lecture à l’assemblée nationale et n’est donc pas officiellement adopté. Pourtant, les professeurs sont sommés de le mettre en œuvre dès à présent. Un certain nombre de collègue dénoncent la méthode antidémocratique et autoritaire du gouvernement pour la mise en application anticipée et accélérée d’une réforme dont nous ne sommes pas d’accord sur le fond à bien des égards.

 À la lecture du rapport Mathiot, il ressort que ce qui se prépare est une révolution idéologique qui vise à détruire les fondements même de l’école de la République et les valeurs fondamentales qu’elle portait jusqu’à présent. Bien sûr rien n’est présenté comme tel dans les objectifs affichés, car il impératif pour le gouvernement de ménager notre mécontentement, plutôt que de le prendre en considération... Il faut pourtant déchiffrer l’origine idéologique de ces réformes. Il faut bien comprendre quel est l’objectif du gouvernement : la mise en application de la politique économique libérale prévue par l’OCDE et L'UE, progressivement mise en place depuis plus de 20 ans, sous prétexte d’austérité nécessaire. Pourtant s’il y a bien un domaine sur lequel il ne devrait jamais être question de faire des économies, c’est assurément sur l’éducation de nos enfants, car ils sont les futurs créateurs d’avenir et les passeurs d’Histoire de demain. Dans ces réformes, le prétexte d’austérité n’est qu’un arbre de communication qui cache la forêt idéologique et sournoise dont il nous est interdit de discuter la légitimité s’agissant pourtant de missions très spécifiques de l’école qui ne saurait être une entreprise, ni ses élèves des marchandises. Je m’alarme donc qu’on atteigne aujourd’hui le point de non-retour, la fin bientôt définitive des valeurs de l’école publique et égalitaire, les seuls valeurs pour lesquelles mon métier a encore un sens.

 Désormais, le lycée ne sera plus un lieu d’émancipation, d’éducation et de partage de notre culture française construite autour de l’égalité et de la fraternité. L’école qu’on nous promet sera une institution de mise en compétition de chacun contre tous avant même que ne soient enseignées nos valeurs communes, avant même que nos jeunes ne soient émancipés dans un esprit critique et par des savoirs disciplinaires transmis par nos prédécesseurs qui les ont eux-mêmes acquis dans le temps long de notre Histoire commune. On nous promet une école qui classe au lieu de former, qui préfère les grilles de compétences normalisées et la mise en algorithme comptable de critères quantitatifs, plutôt que la mise en valeur des sensibilités qualitatives et de l’histoire humaine et sociale.

 L’école deviendrait donc une institution qui organise le recrutement des élèves pour les entreprises, une agence d’enregistrement des futurs effectifs disponibles sur le marché du travail, futurs intérimaires aux statuts précaires, noyés dans la masse salariale, dévoués corps et âme pour le salaire minimal qu’autorise leur soi-disant « réussite » vis-à-vis de leurs camarades de promotion qui auraient « moins bien réussi ». Pourtant au final, il n’y a que 50 000 postes non pourvus à cause de l’inadéquation entre la formation et le besoin, mais en revanche il y a toujours 3,5 millions de chômeurs et seulement 500 000 places disponibles sur le marché de l’emploi.

 Alors, quel est le véritable enjeu ? De quelle réussite parle-t-on réellement ? Quel élève peut accepter qu’au bout de son parcours « réussi », il doive céder sa place pour un camarade qui a fait le même parcours, mais dont la « réussite » serait mieux reconnue ? Le diplômé est-il condamné à ce que sa réussite, qui lui a été vendue comme telle, soit finalement un échec devant une réussite prétendue supérieure ? Et à son tour, l’élève dont la réussite est supérieure pourra-t-il accéder au poste professionnel auquel il pouvait pourtant prétendre, sans contrepartie financière supplémentaire pour une formation complémentaire, compte tenu de sa médiocre formation dans l’école publique ? Ce jeu de dupe de la compétition effrénée pour « la réussite » n’a d’autre objectif que de dévaloriser sans cesse l’école publique ainsi que le mérite de chaque élève afin de permettre in-fine l’exploitation « rentable » de sa force de travail ? Quel avenir pour nos gosses à qui on ne cesse de faire croire en leur chance sans jamais la leur donner ? Au final, ils seraient condamnés à accepter le discours sans cesse rabâché que leur réussite risque de finir en un échec qui justifierait qu’ils soient moins bien rémunérés sur le marché de l’emploi. Et s’ils n’acceptent pas ces conditions d’exploitation abusive, ils devront disparaitre dans les statistiques du chômage malgré leur haut niveau de qualification. Au final, une fois la faim venue, il y a toujours un chômeur surqualifié qui n’a d’autre choix que de se soumettre aux règles du jeu que nous sommes en train de cautionner si nous ne réagissons pas. Heureusement, les 3,5 millions de chômeurs (pour 500 000 places) ont toujours une solution de secours : faire d’autres formations encore et toujours, et de préférence les payer au prix fort de sorte que leur seul coût justifie leur valeur dans l’entreprise, laquelle entreprise aura elle-même exigé et fourni la prestation formatrice. Les élèves défavorisés socialement n’obtiendront donc jamais un meilleur statut social que celui de leurs parents dans le déterminisme de la loi Vidal. Bienvenue dans le système de caste !

 Dans ce contexte, celui qui prétendra vouloir « réussir », aura-t-il vraiment la prétention de devenir meilleur ? Car que sera devenu le critère de réussite si ce n’est un leurre pour la compétition lucrative, pour l’encouragement à la surqualification, pour faire du marché de l’emploi un vivier de précaires toujours disponibles et dont le nombre croissant deviendrait le nouvel indicateur du CAC40 ? Ne réussirait donc pas celui qui a l’intention de devenir meilleur, mais juste celui qui a les moyens de tirer le meilleur parti d’un système pourri… Alors réussir quoi exactement ? Réussir à produire une valeur ajoutée profitable à tous, ou réussir l’accaparement individuel et le rabougrissement de notre devenir commun ? L’unique espoir d’exploiter plutôt que d’être exploité comme seule perspective de survie ? Le droit au salaire seulement si celui-ci est indexé sur la rapacité ?

Doit-on considérer qu’il n’y a rien de mieux à réussir dans la vie que des économies sur le potentiel de nos gosses, alors qu’ils portent en eux les solutions contre les injustices de demain ? Ne soyons pas dupe de ce chantage à la « réussite » qui ne résout absolument pas les problèmes de notre avenir commun mais qui au contraire va finir de détruire ce qui nous permettait encore de faire société.

Ces projets de réforme sont élaborés non pas en partant des besoins des élèves et des propositions des professionnels de terrain, mais en fonction d'un cadrage horaire minimaliste, de limitations de places ou d'options, et sont des injonctions imposées « par le haut ». Elles ne visent pas à améliorer la situation des enseignants, ni à garantir les bonnes conditions de travail des élèves pour leur réussite au baccalauréat. Au contraire, elles ne sont guidées que par une prétendue politique d’austérité. Ainsi, elles s’emploient uniquement à réaliser des économies, à réduire les heures de cours, à baisser le nombre de recrutements aux concours de l’enseignement (baisse de 20% en 2018), à diminuer le nombre de postes de professeurs dans les établissements, et par conséquence à augmenter les effectifs par classe, malgré la hausse démographique constante.

 Bref, sous prétexte d’une indispensable austérité que nous avons fini par prendre pour une fatalité, le gouvernement s’emploie à poursuivre son travail de sape entreprit par les gouvernements précédents, afin de détruire l’école publique comme le prévoient les directives de la politique économique de l’OCDE (voir le cahier de politique économique n°13 du centre de développement de l'OCDE : la faisabilité politique de l'ajustement), afin de créer un marché privé de l’enseignement malgré les lourdes conséquences que cela implique : la compétition toujours plus belliqueuse entre les jeunes citoyens empêchant toute solidarité, avec les dangers que cela implique dans une société de plus en plus instable, et la perte de maitrise de l’état sur les programmes communs et sur l’enseignement de nos valeurs communes qui sont pourtant le socle indispensable du « vivre ensemble » dans la nation.

 L'introduction de la sélection à l'entrée de l'université montre bien le refus d'investir dans les postes d’enseignants et dans les places nécessaires au bon fonctionnement de l'enseignement supérieur. Cette réforme signe la fin de la démocratisation de l'accès à l'université ainsi que la fin du baccalauréat comme premier grade universitaire. Il assurait pourtant un niveau minimal équivalent à tous les élèves quelles que soient leurs origines sociales. Et si tel n’était déjà plus le cas avant, alors c’est à cette reconquête et uniquement à cela qu’il faut travailler, plutôt que d’aggraver encore les inégalités. Désormais les inégalités ne sont plus seulement entre les élèves des établissements mais entre les établissements eux-mêmes. Désormais serait encouragé la sélection précoce dès l’entrée en seconde par le choix personnalisé des modules d’enseignement.

 La réforme du bac, par la baisse du nombre d'épreuves nationales, terminales et anonymes et par la hausse du contrôle local, va dynamiter la valeur du bac, va accentuer les inégalités sociales et territoriales. C'est donc un enseignement au rabais qui sera proposé à la jeunesse. Ce lycée à la carte augmentera inévitablement les inégalités sociales entre ceux qui auront choisi le bon parcours et le bon établissement scolaire grâce à leurs prédispositions sociales et les autres moins avertis, handicapés par la mise à l’écart permanente de leur statut social. Par la formation à la carte, les inégalités ne seront plus seulement sociales mais aussi territoriales car tous les lycées ne pourront pas proposer la même offre aux élèves selon les contraintes et les moyens de l’établissement. Expliquez-moi collègues, comment vous obligerez vos élèves à choisir votre matière plutôt qu'une autre afin d'avoir une meilleure chance de garder votre poste à la rentrée suivante (ou au semestre suivant puisque les heures seront annualisées en fonction du choix des majeurs et des mineurs par semestre) ? Pire encore, oserez-vous demander aux élèves de choisir votre discipline, votre option ou votre spécialité, tout en sachant que les parcours proposés dans votre lycée ne permettent pas d’accéder à la formation post-bac sollicitée par l’élève sur parcourSup, car le lycée voisin qui est mieux reconnu accapare toutes les places ? Serez-vous prêt alors à changer d’établissement ? Croyez-vous que vous y serez bien accueilli ?

 

 En résumé, l’objectif n°1 exprimé dans le rapport Mathiot, c’est de faire en sorte que l’épreuve terminale du bac ne soit plus prise en compte pour la poursuite d’étude. Ceci est exprimé dans le fait que les options choisies dès la seconde ainsi que le contrôle continu en cours de formation (CCF) déterminent pour les 3/4 l’orientation choisie sur parcourSup. Ainsi le diplôme identique et égalitaire qui devait permettre à tous les élèves de s’orienter selon leur choix dès lors qu’ils ont obtenu le bac, devient secondaire, donc inutile. Seul compte à présent le parcours contraignant et prédéterminé pour l’orientation post-bac, et peu importe si l’élève n’a pas pu acquérir les savoirs communs, ainsi que la maturité nécessaire à sa prise de décision.

 C’est donc la mort du bac national qui garantissait un ensemble exhaustif de connaissances communes, la mort de l’équité dans les écoles et entre les écoles, l’encouragement à la compétition entre les établissements, l’encouragement au clientélisme, à la promotion des arguments malhonnêtes et vendeurs, dans le seul but d’optimiser le remplissage des classes ou de garder son poste, avec les moyens très inégaux dont disposent les établissements et les régions. Le contrôle en cours de formation (CCF /EC /E3C) ne sera qu’un outil de dévalorisation du bac pour que seule la réputation de l’établissement devienne déterminante. C’est la fin des postes pérennes pour les professeurs du public, la porte ouverte à la précarisation, l’encouragement à la vacation et aux contrats privés. C’est un nouveau paradigme qui redéfinit complètement la vocation de l’école. C’est la fin de l’école de l’émancipation et de l’esprit critique, et le début de l’entreprise de ressources humaines qui ne forme plus à rien, si ce n’est à la capacité d’adaptation des élèves aux futures agences de recrutements pour les métiers de la compétitivité. "Le grand oral" et parcourSup sont la parfaite illustration de cette idéologie réductrice qui consiste à préparer les élèves à la communication sur la forme plutôt que sur le fond et à l'apprentissage du mensonge.

 ParcourSup ne résout en rien les problèmes d’APB mais au contraire les aggrave. Alors qu’auparavant l’ensemble du champ des savoirs permettait à l’élève de choisir sa voie en toute connaissance de cause à la fin du cursus du second degré, la réforme prévoit à l’inverse que l’élève choisisse d’abord sa voie sans aucune motivation, afin de lui imposer des savoirs minimalistes. Ce qui nous était présenté comme une réforme pour l’amélioration d’APB et de l’orientation est en réalité une inversion complète de la hiérarchie des normes au lycée, de notre modèle de société et des valeurs émancipatrices qu’elles portent…

 Les réformes dépassent tous les clivages politiques. Quelle que soit votre couleur politique, j’ose espérer que l’autoritarisme n’est pas encore complètement en marche et que le débat démocratique est encore possible. Aussi je vous invite à visionner cette vidéo d’explication (https://youtu.be/GS7GZjy7G0g) car elle participe du débat que le gouvernement n’a pas souhaité que nous ayons à priori. Je crois vraiment que l’heure est grave car ces réformes annoncent la fin de la promotion des valeurs républicaines dans les établissements scolaires, la fin de l’émancipation des élèves et de l’élévation de leur conscience, au profit de l’assujettissement aux seules valeurs ultralibérales, mercantiles et consuméristes - et je pèse mes mots - Ce n’est pas parce que les jeunes y sont déjà confrontés quotidiennement, qu’il ne faut pas résister avec eux, ou qu’il faut perdre de vue les missions de l’école publique. Il ne sert à rien de rappeler sans cesse nos valeurs dans les discours solennels ou d’écrire « égalité et fraternité » sur les frontons de nos écoles, si nos méthodes d’enseignement, ainsi que leurs contenus prônent le contraire. Si nous ne réagissons pas, nous allons inévitablement vers une autre forme de société, plus prédatrice et plus inégalitaire, une société qui embrigade nos enfants et enferme leur esprit critique dans une vision réductrice de l’avenir, une vision du chacun pour soi, sans autre alternative. C’est pourquoi nous professeurs avons une grande responsabilité. Si nous voulons rester dignes de notre fonction et garants des valeurs de la République, nous ne pouvons abandonner toute la conception de la société à une idéologie unilatérale, individualiste et rétrograde. Au contraire, l’école a toujours défendu dans l’histoire le pluralisme, le progressisme, la diversité des cultures et l’humanisme. Nous savons mieux que ne le savent nos élèves tant que nous ne leur avons pas enseigné, que seule l’éducation toujours réaffirmée assure une paix durable, et cette éducation ne saurait évidemment se réduire à l’unique esprit de compétition entre les individus et à la seule loi du plus fort. Si l’Homme prétend vraiment se distinguer par son « intelligence » sur l’ordre de la nature, alors n’oublions pas que par définition l’intelligence demeure nécessairement collective. »

Nicolas Straniero


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20 réactions à cet article    


  • Aristide Aristide 30 juin 10:32

    L’auteur aurait pu faire un petit effort pédagogique pour poser le vrai problème d’une réforme du baccalauréat qui lui ôterait sa dimension nationale.

    Je m’attendais à une mise en évidence de quelques points importants soulevés par cette réforme, non, à la place un long discours, un très long discours ...

    C’est vrai que ce sujet est extrêmement complexe, mais tout de même, un petit effort de structuration et de synthèse n’aurait rien enlevé au fond ... mais bon ... 


    • Albert123 30 juin 11:06

      la mort du bac c’est sous la gauche en 1985 et son « 80 % d’une classe d’âge au niveau bac » que cela a été mis en place

      pour obtenir ce résultat il a fallu non pas élever le niveau (ce qui est compliqué) mais baisser les exigences (ce qui est l’art des médiocres).

      Remercions donc le travail de destruction de la gauche dont le macronisme est le direct successeur et qui est effectivement un projet collectiviste pour la masse au service d’une petite oligarchie vivant grassement sur son dos


      • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 30 juin 11:26

        @Albert123
         
         ’’ (tuer le bac) un projet collectiviste pour la masse’’
         
         C’est tout le contraire.


      • Aristide Aristide 30 juin 11:29

        @Albert123

        Le concept de classe unique étendu au collège est aussi à mon sens une des causes. Il me semble que Giscard en 1975 n’était pas de gauche, s’il faut rendre à César ce qui est à César.

        « un projet collectiviste pour la masse au service d’une petite oligarchie vivant grassement sur son dos », il suffit d’ôter le mot collectiviste et le remplacer par capitaliste pour affirmer que Marchais aurait pu le dire ...


      • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 1er juillet 09:00

        @Aristide
         
         ’’ il suffit d’ôter le mot collectiviste et le remplacer par capitaliste pour affirmer que Marchais aurait pu le dire ’’
         

        En effet, puisque les consommateur n’ont pas besoin s’être instruits. Bien au contraire.


      • Nicolas Straniero Nicolas Straniero 1er juillet 18:55

        @Albert123

        "La mort du bac c’est sous la gauche en 1985 et son « 80 % d’une classe d’âge au niveau bac » que cela a été mis en place.
        Pour obtenir ce résultat il a fallu non pas élever le niveau (ce qui est compliqué) mais baisser les exigences (ce qui est l’art des médiocres).
        "

        C’est bien ça le problème en effet. La gauche n’avait sans doute pas prévu que la droite préférerait baisser les exigences plutôt que de se tenir au défi d’élévation général du niveau, auquel la gauche s’était engagée. Qui sont les médiocres ? smiley


      • Aristide Aristide 30 juin 11:22

         L’école deviendrait donc une institution qui organise le recrutement des élèves pour les entreprises, une agence d’enregistrement des futurs effectifs disponibles sur le marché du travail, futurs intérimaires aux statuts précaires, noyés dans la masse salariale, dévoués corps et âme pour le salaire minimal qu’autorise leur soi-disant « réussite » vis-à-vis de leurs camarades de promotion qui auraient « moins bien réussi ». 


        Cet extrait m’a particulièrement intéressé tellement il est contre-productif.

        L’auteur regrette que l’école forme des jeunes aptes à intégrer la vie professionnelle qui les attend pour la plupart. Mieux encore, le regret de l’évaluation et de la compétition. 

        Deux faits que l’auteur devraient connaitre :

          le diplôme du bac malgré tout ce que l’on dit, donne aux titulaires un chance beaucoup plus grande de rentrer rapidement dans la vie active que ceux qui n’en disposent pas. Toutes les statistiques démontrent, même au seul niveau bac, que la recherche du premier emploi est beaucoup plus courte et que les salaires sont meilleurs surtout au bout de deux ans. En général les diplômes bac et Bac +2 etc, sont discriminants tant en durée de recherche d’emploi que de niveaux de rémunération...

          la compétition, terme mal choisi, moi je parle de concurrence, sera la règle dans TOUTE la vie professionnelle, et il ne s’agit pas de démonter leurs concurrents mais simplement de mettre en avant sa compétence professionnelle, sa capacité d’évolution, de maitrise, de management, ... idem pour l’évaluation qui est une obligation indépassable ...

        Il faut tout de même être en dehors des réalités que rencontreront la quasi-totalité des jeunes bacheliers pour pondre de telles inepties. Tous savent ou devront apprendre que les diplômes sont utiles et que la concurrence n’est pas un méchant concept.

        Je n’ai même pas osé parler du lien de subordination qui est un pilier du salariat et qui devrait être enseigné dès le plus jeune age. La discipline et le respect des profs en constitue le premier mais important aspect ...Je n’ai même pas osé parler de la formation en alternance pour les posts bacs, tellement elle est décriée et sous-estimée pour son aspect « soumis au patronat », alors que tous ceux qui en sortent sont mieux payés et trouvent plus rapidement du boulot ...


        • eddofr eddofr 30 juin 12:10

          @Aristide

          Ce qui différencie la compétition de la concurrence, c’est le même règlement pour tous les concurrents d’une part, et le volontariat d’autre part.


        • Nicolas Straniero Nicolas Straniero 1er juillet 18:43

          @Aristide
          "— le diplôme du bac malgré tout ce que l’on dit, donne aux titulaires un chance beaucoup plus grande de rentrer rapidement dans la vie active que ceux qui n’en disposent pas. Toutes les statistiques démontrent, même au seul niveau bac, que la recherche du premier emploi est beaucoup plus courte et que les salaires sont meilleurs surtout au bout de deux ans.

          « 

          Je ne conteste pas cela, mais pour combien de temps encore ? Que voudra le bac demain dans l’esprit des entreprises et de quel bac parlera-t-on ? Celui qu’on a passé dans un lycée réputé ou celui qu’on a passé dans un lycée de ségrégation sociale ?
          Mon intervention visait précisément à alerter sur le risque que le bac ne représente plus une garantie nationale d’un niveau acquis, car il ne sera plus un diplôme nationalement reconnu comme tel, mais soit un faire-valoir ou soit un repoussoir selon le lieu d’obtention du diplôme. On peut s’en réjouir parce que ce serait un moyen comme un autre de sélection, mais on peut aussi se donner les moyens de nos ambitions : que TOUS les élèves sans exception aient un même niveau minimal reconnu au sortir du lycée. C’était la raison d’être du bac, ça ne le sera plus.

           »— la compétition, terme mal choisi, moi je parle de concurrence, sera la règle dans TOUTE la vie professionnelle, et il ne s’agit pas de démonter leurs concurrents mais simplement de mettre en avant sa compétence professionnelle, sa capacité d’évolution, de maitrise, de management, ... idem pour l’évaluation qui est une obligation indépassable ...

          Il faut tout de même être en dehors des réalités que rencontreront la quasi-totalité des jeunes bacheliers pour pondre de telles inepties. Tous savent ou devront apprendre que les diplômes sont utiles et que la concurrence n’est pas un méchant concept."

          Non non, je ne parle pas de concurrence, mais je parle bien de compétition des élèves comme les espèces d’un biotope... S’il est vrai que le rôle de l’école est d’émanciper les jeunes, et donc de leur enseigner la réalité à laquelle ils seront confrontés, ça ne signifie pas que l’école doive elle-même promouvoir en son sein des valeurs qu’elle juge primitives ou rétrogrades...

          Tout à fait d’accord sur le fait qu’il faille apprendre à l’école le lien de subordination, comme le fonctionnement des corps intermédiaires dans le cadre de l’instruction civique.. s’agissant d’un certain cadre de fonctionnement de notre société. Mais la encore, l’enseigner aux élèves ne signifie pas que l’école doive s’interdire d’interroger le cadre lui-même et ouvrir l’esprit critique sur ce qui permettrait de le dépasser.

          Cordialement.


        • Parrhesia Parrhesia 30 juin 12:13

          Je reprends ici, à quelques mots près, un commentaire que je viens de proposer par ailleurs :

          «  Tout système éducatif respectable devait être saboté car défavorable par nature à l’instauration des systèmes révolutionnaires tant le système communiste que le système mondialiste !!!

          Et c’est ce qui s’est passé ! I Le système éducatif français en vigueur avant la seconde guerre mondiale, et qui avait fait ses preuves, a été saboté sous prétexte d’actualisation ou de modernisation !!! »

          Et maintenant, cherchez quels ont été et quels sont les coupables à tous les niveaux et à qui le crime profite réellement aujourd’hui !



          • Tesseract Tesseract 30 juin 13:47

            Et où peut on passer le bac balais brosse mention serpillière ? smiley


            • Le421... Résistant Le421... Résistant 30 juin 18:08

              Dès qu’on parle du massacre de l’Éducation Nationale, on mets en cause « la gauche ».

              Ce qui me fait bien rigoler parce que j’ai 65 ans et je n’ai encore vu aucun vrai gouvernement de gauche...

              Des plus à droite, des moins à droite, des ni de gauche ni de droite donc, encore à droite et puis voilà tout.

              Sachez qu’un idiot est beaucoup plus facile à manipuler qu’une personne instruite et intelligente.

              Donc, la volonté de garder les « riens » au niveau du caniveau est la caractéristique des premiers de cordée. Le pire, c’est que souvent, les gosses de ces derniers sont des busards feignants et prétentieux qu’on mets, par copinage ou népotisme, aux commandes des grands sites du pays, politiques ou industriels.

              Et cela conduit à une décadence qui n’a rien à voir avec l’immigration ou autre fadaise pour racornis du bulbe...


              • ASTERIX 30 juin 18:47

                @Le421... Résistant

                reponse d ’in INSOUMIS tout a fait d’accord avec toi
                qu’on arrete de nous infantiliser les ATTAL DARMANIN MACRON VERAN CASTEX et tant d’« autres irresponsables incompétents »


              • titi 30 juin 20:47

                @L’auteur

                « une plus grande compétition entre les élèves, une nouvelle redistribution de nos enseignements, un nouveau rôle à jouer qui n’est pas celui pour lequel nous nous sommes engagés dans l’éducation, de nouvelles fonctions et au final la remise en question de nos statuts… »


                A vrai dire le bac vous vous en foutez.

                Ce qui vous embête que soit remise en cause une des raisons pour lesquelles vous avez choisi (ou pas choisi, d’ailleurs car je me souviens bien quels profils choisissaient l’IUFM quand j’étais étudiant)

                Et dans les principales causes des choix des enseignants il y a Juillet et Aout.


                • Aristide Aristide 1er juillet 07:38

                  @titi

                  Ne jetez pas l’opprobre sur tous les enseignants, de nombreux ont une vraie vocation, je ne sais que cela par expérience. Mes quatre enfants ont tous eu des instits et des profs de qualité, pas toujours au top mais ... . Je ne dirais pas que c’est tous, mais de là à les classer dans une catégorie de cossards, le nez dans le calendrier pour les vacances scolaires ...

                  Sur leur statut, je ne connais pas de catégorie professionnelle qui se dispense de le défendre ... Vous avez raison sur le prétexte trouvé par certains syndicats, pas tous, consistant à faire passer leur lutte catégorielle, justifiée ou non, pour une lutte pour l’usager, les enfants, ...


                • Le421... Résistant Le421... Résistant 1er juillet 08:12

                  @titi
                  Ça me fait penser à une blague...
                  Le type se fait arrêter, un gars en bleu s’approche de la portière et dit :
                  Bonjour, gendarmerie nationale !!
                  Le conducteur réponds :
                  Bien fait pour ta gueule, t’avais qu’à mieux travailler à l’école !!

                  J’en ai une aussi avec les caissières de supermarché...

                  Bref, si on vous enlève les clichés, vous allez mal vivre !!


                • Nicolas Straniero Nicolas Straniero 1er juillet 18:00

                  @titi
                  Vous m’aurez donc mal lu.
                  Il faut vraiment faire preuve d’une grande malhonnêteté intellectuelle pour ne pas voir dans mes 400 lignes combien je suis inquiet pour l’avenir du bac, mais aussi et surtout pour l’avenir de l’éducation nationale de façon générale. Une ligne seulement pour alerter sur le statut des profs, que les réformes successives mettent à mal... Je n’en ai rien détaillé mais je pourrais.

                  Oui je soupçonne que depuis 30 ans, détruire notre statut est l’objectif inavoué des réformes successives qui en réalité sont des contre-réformes. Oui je soutiens qu’au nom de cette stupide idéologie néolibérale, les réformes visent à abaisser le statut des profs au niveau des autres statuts du privé pour la compétition de tous contre tous dans un moins-disant social, et sous prétexte illusoire d’un mieux-disant économique.
                  Lisez « les mesures de stabilités peu dangereuses » des recommandations de l’OCDE à la page 30. Tout est prévu et écrit depuis les année 1990. Pour arriver à ses fins, Blanquer (mais aussi d’autres avant lui) sacrifie toute l’éducation de nos jeunes et compromet l’avenir de générations entières. Un gâchis par pure idéologie. Si vous regardez les choix de la politique menée dans le collège(réforme 2015), puis dans l’enseignement supérieur (loi Vidal), puis enfin dans le lycée(parcoursup), rien ne va dans le sens du soucis d’une meilleur éducation pour les jeunes, ce n’est pas leur sujet, même si bien-sûr tout est enrobé de belles paroles bienveillantes auprès de l’opinion, à destination des parents d’élèves.. « L’école de la confiance », blablabla... Et bien sûr, on n’oublie pas d’opposer parents et professeurs dans des campagnes de culpabilité

                  qui les mettent en cause. Les parents, sourds de nos alertes, de nos manifs, de nos grèves, se rendant bien malgré eux complices de la casse de l’école et de l’inculture de leurs propres enfants, pourvu que les profs perdent leurs vacances...alors que nous avons le même objectif... Entendez-nous s’il vous plait.


                • Jean de Beauce Jean de Beauce 1er juillet 13:52

                  Le bac est désormais un certificat de fin d’études secondaires. Ce qui compte, c’est le parcours post-bac et le projet de l’élève dans le supérieur. Depuis plus de 20 ans, il faut au moins un bac+2 pour décrocher un emploi correctement rémunéré, et c’est ainsi dans tous les pays occidentaux. C’est seulement l’évolution normale de la société.


                  • babelouest babelouest 1er juillet 14:24

                    @Jean de Beauce , l’évolution normale de la société ? En quoi ?
                    .
                    Alors que je préparais mon bac, et que j’étais chez mes parents à l’occasion des vacances de printemps, le (jeune) médecin passe à la maison. Il me voit dans mes livres, et ma mère lui lance « Auriez-vous envie de repasser le Bac ? » Et lui de répondre « Oh non, surtout pas ! »
                    .
                    Quand je l’ai passé, cela représentait 17% de la classe d’âge. Sachant que cela correspondait aussi à une classe d’âge en augmentation, en raison du baby-boom. Souvent j’ai l’impression que les Bac+2 d’aujourd’hui sont un peu faiblards. Ils n’y peuvent rien, il semble que certaines bases leur aient été mal enseignées, ou plus enseignées du tout. La faute au ministère.


                  • nemesis 2 juillet 12:14

                    La Chine envisage de créer des écoles privées en Europe donc en France : le diplôme de fin d’études sera l’équivalent du baccalauréat « niveau Shanghai ».

                    A une condition, que les élèves choisissent le chinois en 2ème langue étrangère avec note éliminatoire.

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Nicolas Straniero

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