• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > La forteresse Europe : une citadelle assiégée, une prison dorée (...)

La forteresse Europe : une citadelle assiégée, une prison dorée ?

Nous bâtissons des murs. Nous construisons fastidieusement des murailles symboliques et normatives autour des frontières de l’Europe.

Tels des potentats chinois ou romains, nous érigeons autour de nous une forteresse que nous espérons infranchissable. Nous connaissons pourtant l’histoire et les mythes qui courent autour de ces ouvrages. Ni le mur d’Hadrien, ni la Grande Muraille de Chine n’ont su protéger les empires vulnérables des invasions barbares.

L’objet de ce court essai n’est pas de juger de la valeur, positive ou négative, que l’on attribue à l’immigration, ni des systèmes d’autojustification souvent erronés qui sont employés à cette occasion. Il part du constat simple que l’immigration est un des sujets centraux du débat politique en France et en Europe, étant à la fois une nécessité économique et un facteur de déstabilisation sociale ; il suffit pour s’en convaincre de se remémorer ce qui est dit sur la place publique, de façon parfois violente par certains.

Ce constat étant dressé, il nous reste à nous interroger sur deux points importants, mais souvent négligés : quelles sont les causes réelles des immigrations ? Quelles actions peut-on entreprendre pour limiter leur impact sur nos sociétés occidentales ?

Les murs insuffisants

Nous sommes informés quotidiennement des terribles récits de voyages de l’immigration : déserts étouffants, bras de mer traversés sur des esquifs incertains, trains d’atterrissage ou camions frigorifiques transformés en tombeaux. Et, après ces odyssées de souffrance et de mort, le risque de voir tous ces efforts surhumains réduits à néant : la peur d’être découvert, d’être confiné dans ces parcs à bestiaux, appelés pudiquement zones de rétention administrative, d’être renvoyés.

Face à cette volonté farouche, nous opposons l’Europe forteresse. Michel Rocard a prononcé un jour cette phrase fameuse, qui, sortie de son contexte, devient la justification ultime de ce concept : « La France ne peut accueillir toute la misère du monde. »

L’idée serait de dissuader l’immigrant non désiré, concept très flou : les législations nationales et communautaires sont de plus en plus strictes et répressives, les moyens employés de plus en plus importants.

Cette politique est un échec. Nous en avons la preuve à Ceuta, à Melilla, et dans tous ces lieux concentrationnaires où s’entassent des personnes humaines, dans des conditions indignes des valeurs que nous avons établies pour nous-mêmes. Des hommes et des femmes prêts à risquer leur vie pour venir ne se feront pas arrêter par des législations plus dures ou plus cruelles.

Les murs que nous bâtissons aux frontières sont contournés, par des passeurs de plus en plus habiles, ou par des immigrés de plus en plus astucieux. Ils ont par ailleurs des conséquences étranges : des communautés hors-la-loi vivent, travaillent, se perpétuent et meurent sur notre sol, créant des tensions supplémentaires au sein de notre société. D’autre part, des drames personnels (expulsions, morts) se nouent, interpellant notre sens moral. Enfin, les immigrés, légaux ou non, sont soumis à des tracasseries administratives qui ne facilitent en rien leur intégration.

En clair, notre miles d’Hadrien, notre Grande Muraille d’Europe ne sera d’aucune utilité en cas d’explosion du nombre de migrants.

Sommes-nous aveugles ?

Cela ne veut pas dire que le débat sur le contrôle de l’immigration ne soit pas fondé. Les conflits que l’immigration entraîne dans les sociétés européennes montrent, au contraire, l’importance de cette problématique. Cependant, nous nous contentons trop souvent de montrer les conséquences de l’immigration, et pas suffisamment les causes.

Nous dissertons avec énergie sur la nécessité d’intégration, en employant quelquefois la rhétorique curieuse de l’amour (qui vise en général des Français issus de l’immigration, ce qui nous fait tomber dans un tout autre débat), mais nous oublions l’essentiel : pour quelles raisons des peuples entiers émigrent-ils ?

Pauvreté, incertitude, oppression politique ou ethnique. Des hommes et des femmes vivent dans une pauvreté que nous peinons à imaginer ; des massacres atroces sont perpétrés, pour des raisons d’appartenance à une religion, à un parti politique ou à un peuple. Le seul espoir est alors la fuite.

Nos murs nous protègent provisoirement, mais ils nous aveuglent. Nous sommes devenus indifférents à ce qui se passe ailleurs, mais qui a pourtant des conséquences sur notre sol. Les génocides commis au Darfour, au Rwanda, nous semblent lointains.

Pire, nous avons tendance à déshumaniser les immigrés, en leur prêtant des motivations insuffisantes, comme le montre cette étrange notion de "migrant économique". L’être humain n’est-il donc plus qu’un chiffre ? Cette déshumanisation est d’autant plus commode que s’élèvent les barrières de la langue, de la culture et de la couleur de la peau. Nous permettons ainsi que se dressent, au nom d’une logique comptable, ces camps, qui font honte à nos valeurs morales.

Ces murs nous permettent de nous replier sur nous-mêmes, de rester sur notre île d’ignorance ou d’indifférence placide, en échappant au questionnement sur les conséquences de ce repli. Hantés par quelques cauchemars prémonitoires, nous faisons parfois quelques gestes symboliques, mais nous refusons de faire face à notre responsabilité.

Je parle ici de notre responsabilité vis-à-vis de nous-mêmes, et de nos convictions. C’est-à-dire, celle qui conduirait à refuser le « lâche soulagement », à refuser d’autres Münich, en espérant que notre lâcheté ou notre indifférence n’auront aucune conséquence sur nous. C’est-à-dire celle qui pousserait à agir contre la pauvreté, contre les génocides, contre l’oppression, à leur source, dans les lieux-mêmes qui leur servent de théâtre.

Si nous refusons cette responsabilité, si nous refusons de voir ce monde extérieur que nous cachons opportunément derrière ces murs qui nous protègent et nous aveuglent, alors aucun de ces murs, aucune de ces digues ne sera en mesure d’empêcher une immigration plus massive, face à laquelle nous ne pourrons réagir qu’en perdant notre âme.


Moyenne des avis sur cet article :  4.24/5   (42 votes)




Réagissez à l'article

70 réactions à cet article    


  • Adolphos (---.---.59.170) 6 juin 2006 11:53

    « . Il part du constat simple que l’immigration est un des sujets centraux du débat politique en France et en Europe, étant à la fois une nécessité économique et un facteur de déstabilisation sociale ; »

    L’immigration n’est en rien une necessité économique. Faire venir par millions des gens sous diplômés alors que l’on délocalise justement ce genre d’emploi, c’est n’importe quoi.

    « pour quelles raisons des peuples entiers émigrent-ils ? »

    Parce qu’il y a réguliérement des accords politiques entre les chefs d’Etat de ces pays et le notre, pour des raisons diverses autant que discretes.

    « C’est-à-dire celle d’agir contre la pauvreté, contre les génocides, contre l’oppression, à leur source, dans les lieux-mêmes qui leur servent de théâtre. »

    Trés bien, Vive Bush ! Allons faire le ménage en Afrique ! Doublons le budget de l’Armée !


    • zen (---.---.9.130) 6 juin 2006 12:52

      La connerie d’Adolphe, qui ne sait pas lire un texte, a encore frappé !...


    • zen (---.---.9.130) 6 juin 2006 12:56

      Dom, tu sous-entends que c’est tout le système néo-libéral qu’il faut remettre en question, toute la politique d’aide sélective du FMI productrice de misère...les bons sentiments et l’aide caritative ne font que masquer les problèmes de fond...


    • dom (---.---.4.136) 6 juin 2006 12:41

      Très bon article vraiment. L’étendue de l’immigration est liée intimement à l’étendue de la misère sur ce monde. L’immigration et l’émigration massive sont l’expression de la faillite du plan néo-libéral qui n’assure non-seulement pas l’équilibre économique entre les pays mais veut, sous l’égide de Bush, imposer la continuation des déséquilibres et du pillage. Celà a assurément le droit de cesser si on ne veut pas d’immigration de plus en plus massive, car le nombre de laissés-pour-compte ne cesse de gandir sous la bannière de la compétiton forcenée qui aujourd’hui pointe ses têtes nucléaires vers le ciel au lieu de chercher l’apaisement. La compétition dans les arènes de foot on veut bien, là elles sont canalisées, mais quand les boursiers se prennent pour des footballeurs et essaient de s’enfoncer les uns les autres rien ne va plus et la misère gallopante en est le signe. Les confrontations dominatrices ne peuvent qu’être meurtrières et les riches de cette planète feraient bien de ne pas sous-estimer l’ampleur des déséquilibres. Seule l’entraide ne saurait en venir à bout de toute cette misère, il faut accorder à tous les pays le même statut. Peut-être serait-il temps de songer à une monnaie mondiale qui ne soit d’aucune nation en particulier ? Serait-ce une amorce de solution pour corriger les disparités des monnaies ? comment se peut-il que les pays de continents extrêmement riches en matières premières aient des monnaies aussi dévalorisées ? Comment équilibrer les échanges et qu’il y ait de vrais échanges non-tronqués entre les nations ? Et qui d’autre pourrait résorber ces disparités sinon ceux qui feraient bien de voir les avantages qu’ils pourraient tirer d’un rééquilibrage généreux envers les pays sous-développés par rapport aux pays sur-développés ? La domination ? Chute garantie au vu des marées humaines et perte de l’âme. Le sens fraternel ne peut-il entrer dans les rapports économiques ? Sommens-nous, de toutes parts, tellement encroutés dans l’esprit de revanche et de compétition ?


      • Adolphos (---.---.59.170) 6 juin 2006 14:10

        « L’immigration et l’émigration massive sont l’expression de la faillite du plan néo-libéral qui n’assure non-seulement pas l’équilibre économique entre les pays mais veut, sous l’égide de Bush, imposer la continuation des déséquilibres et du pillage. »

        Il faut d’urgence arreter le pinard ! Quel gouvernement est libéral en Afrique ?!?!?!?!? Ils sont tous socialistes !

        Par ailleur Bové et sa clique milite à longueur d’année CONTRE les importations provenant de ces pays, et POUR les subventions aux agriculteurs français ! Qui est libéral alors ?

        « la misère gallopante en est le signe »

        N’importe quoi. L’Afrique est en train de décoller économiquement, cette année ils feront 5% de croissance. S’ils arretent leurs conneries, ils se développeront (d’ailleur on prévoi depuis longtemps que le Zaire devrait devenir une superpuissance, normalement..)


      • Marsupilami (---.---.44.251) 6 juin 2006 15:45

        Ouaf !

        Je signale à Adolphos Hitleros Francos que le Zaïre n’existe plus depuis neuf ans : il a été remplacé par la République Démocratique du Congo (ouaf ! mort de rire). Quant à son économie, c’est vraiment pas la joie. Mais ce pays a d’immenses ressources, et ce sera la Chine qui en profitera.

        Houba houba grrr...


      • Adolphos (---.---.59.170) 6 juin 2006 17:45

        « Je signale à Adolphos Hitleros Francos que le Zaïre n’existe plus depuis neuf ans : il a été remplacé par la République Démocratique du Congo »

        Et ? J’utilise toujours RFA aussi. Personne n’utilise RF, on dit juste la France, et en plus je nomme comme je veux un état étranger -car la zairoi, de toute façon...


      • Marc P (---.---.224.225) 6 juin 2006 13:53

        Bonjour,

        « miles » ou « limes » ?

        sinon que du vrai évidemment...

        Marc P


        • (---.---.116.24) 6 juin 2006 13:57

          Cher Marc,

          Tu auras constaté que j’ai eu quelques problèmes de frappe dans la rédaction de cet article(enfin bon, miles reste un terme militaire, après tout).

          Ca m’apprendra à ne pas me relire.

          Honte à moi

          Elias


        • (---.---.9.230) 6 juin 2006 16:14

          Ok pour la confusion entre le mur (Limes) et le fantassin (miles) mais le problème est que le mur d’Adrien protégeait la (Grande) Bretagne des incursions Pictes et Scotes et n’a jamais été franchi(du moins durant la période romaine). Pour revenir au Limes (le long du Rhin et du Danube avec jonction au niveau des Champs Décumates), il était d’autant plus inéfficace pour protéger des incursions barbares que c’étaient des barbares qui y montaient la garde sur la plus grande partie de son déploiment (les « fédérés » de l’Empire, comme les Bataves ou les Francs, pour se protéger eux-mèmes de barbares plus orientaux comme les Gépides,Alains,Lombards, Goths ou autres Huns). Le Légions Romaines étant en constant déplacement pour parer aux urgences soit sur le Limes en occident soit sur la frontière de l’Iran. Des Romains séjournaient de façon permanente uniquement dans des places fortes isolées telles que Cologne, Mayence, Strasbourg ou Augsbourg... Puis un jour les « barbares » qui assuraient l’essentiel des tàches militaires et de protection on décidé de prendre également le pouvoir politique. Pour la Chine, il me semble qu’il s’agit plutôt d’un éffondrement interne d’un Empire trop étendu et trop centralisé. Les Mongols n’ont eu qu’à s’emparer de la Cité Interdite. L’implosion de l’Empire Soviétique et son Mur de Fer devrait également nous faire réfléchir.

          Le franchissement de ces murs dépend donc de la vivacité (du « mental » pour utiliser une métaphore sportive) des sociétés qui les utilisent. Nos sociétés occidentales ne veulent plus s’embéter avec la procréation nombreuse et l’éducation des enfants, ne veut plus trop travailler (report de l’entrée dans la vie active, allègement du temps de travail, avancement du départ à la retraite) etc...Et le discours actuel (justification économique de l’immigration) est que le recours à l’immigration de masse nous permettra de compenser(« ce sont les enfants des immigrés qui paieront nos retraites »...). Tout comme les Romains d’alors qui recouraient de façon massive à l’esclavage (rapprochement exagéré peut-ètre, mais qui devrait faire réfléchir les tenants de ce discours sur la moralité de celui-ci), et avaient donc en permanence besoin de prisonniers de guerre pour alimenter le marché de la main d’oeuvre servile. Mais l’état de déliquescence était tel qu’il déléguaient l’activité guerrière aux immigrés d’alors (les Barbares)... Avec les conséquences funestes que l’on sait.

          Alors que voulons nous vraiment ? Cessons les bons sentiments et faisons un peu d’introspection. Il n’y a pas que l’Europe qui soit une terre sans guerre (et qui peut donc servir de refuge), il y a des territoires où la croissance économique est bien plus forte que chez nous et qui peuvent offrir des opportunités économiques aux masses déséritées. Alors à quoi nous sert l’appel d’encore plus d’immigrés ? Ne serait pas plus sage, en premier lieu, d’intégrer et offrir un avenir correct aux populations déjà présentes sur notre territoire. La situation est déjà suffisament complexe et mème explosive (cf novembre 2005) comme celà. Règlons déjà nos problèmes internes : qu’est-ce qui est plus urgent ? Donner du boulot aux jeunes adultes des banlieux françaises (qu’ils soient « gaulois » ou non) ou à ceux des banlieux sub-sahéliennes ? A vouloir résoudre contemporainement l’intégralité des problèmes, en on résoud aucun et on accumule la frustration et les dangers. Alors faisons savoir à tous que nous avons déclaré une pause.


        • Adolphos (---.---.59.170) 6 juin 2006 17:49

          « Nos sociétés occidentales ne veulent plus s’embéter avec la procréation nombreuse et l’éducation des enfants, ne veut plus trop travailler (report de l’entrée dans la vie active, allègement du temps de travail, avancement du départ à la retraite) etc... »

          Plus exactement, la production d’enfant en tant que produit est devenue extrémement couteuse. S’il fallait faire des enfants de la qualité de ceux su XIXéme, il reviendraient évidement infiniment moins cher, et il y en auraient plus. C’est pour cela que l’immigration est une stupidité : on fait entrer dans un pays ou les exigeances qualitative sont extrémement élevé des gens qui viennent d’un pays ou c’est exactement le contraire.


        • faxtronic (---.---.127.73) 6 juin 2006 15:16

          Petite precision sur la « chute de l’empire romain ». La « chute de l’empire romain », qui n’en ai pas une, provient de deux facteurs essetiels : La prosperité romaines a permit à ces derniers de se concentrer sur autre chose que la guerre et la conquete, et de non seulement recourir aux mercenaires, mais de plus a remplacer progressivement les officiers romains, base de la sociétés romaines, par des « barbares » (gaulois, syrien, egyptien...) et des immigrés (germains, celtes, franc). Donc cette histoire de forteresse européenne ne peut être comparé à la « chute de l’empire romain », c’est le schema inverse, c’est l’immgration qui provoquer l’évolution catastrophique de l’état romain.


          • faxtronic (---.---.127.73) 6 juin 2006 15:21

            articles interessant, mais melila et ceutas ne sont pas des centres de concentrations commme tu le dis, les mots ont un sens, et comparer à demi-mots melila et ceutas a dachau et auschwitz-birkenau est un sous-entendu dans ton article qui malhonnete.


          • Adolphos (---.---.59.170) 6 juin 2006 17:50

            « melila et ceutas ne sont pas des centres de concentrations commme tu le dis, les mots ont un sens, et comparer à demi-mots melila et ceutas a dachau et auschwitz-birkenau »

            Un camps d’extermination n’est pas non plus un camps de concentration, ou on ne fait que concentrer les gens.


          • Elias (---.---.116.24) 6 juin 2006 16:00

            Cher Faxtronic,

            Le but de cette article n’est pas de disserter sur la chute de l’empire Romain, mais sur l’inutilité des barrières. J’ai cité le Limes d’Hadrien à titre de protection illusoire contre les invasions barbares (en l’occurence, les pictes), pas comme remède contre le déclin programmé d’une civilisation ou d’un empire, même si des liens évidents peuvent être trouvé.

            Mon point de vue est que l’enjeu de l’immigration ne se trouve pas sur notre sol, mais à l’extérieur. Que nous refusons de nous intéresser à ce qui se passe à l’extérieur, et que nous risquons d’en payer le prix. Que nos politiques de plus en plus répressives (la forteresse Europe, donc) n’est qu’une tentative pathétique de nous protéger contre un problème que nous percevons, mais dont nous refusons d’affronter les véritables causes. Et enfin, que le plus lourd tribut que nous payons à cette indifférence est la perte de nos valeurs, que nous sommes en train de sacrifier sur l’autel de la peur, alors même que nous devrions agir.

            Elias

            PS : Concernant la qualification de concentrationnaire, je voudrais te rappeller qu’il ne faut pas confondre camps de concentration et camps d’extermination.

            Un camp de concentration est un centre de détention de grande taille créé pour des opposants politiques, des résidents d’un pays ennemi, des groupes ethniques ou religieux spécifiques, des civils d’une zone critique de combats, ou d’autres groupes humains, souvent pendant une guerre. Le terme se réfère à une situation où les détenus sont sélectionnés pour leur conformité à des critères généraux, sans procédure juridique, plutôt qu’en raison d’un jugement individuel. Bien que le régime nazi ait volontairement introduit la confusion en utilisant le terme de camp de concentration pour désigner ses camps d’extermination, il convient de les distinguer, même si les conditions de détention dans les camps de concentration peuvent mener à des niveaux de mortalité aussi élevés que celles d’Auschwitz.

            Si les camps de Ceuta et de Melilla ne sont pas des lieux aussi abominables que ceux créés par les icones du totalitarisme, ils n’en sont pas moins des camps de concentration. C’est bien ce qui est inquiétant aujourd’hui.


            • Adolphos (---.---.59.170) 6 juin 2006 17:51

              « Le but de cette article n’est pas de disserter sur la chute de l’empire Romain, mais sur l’inutilité des barrières. »

              De fait, l’immigration doit être pousuivi aussi et surtout à l’intérieur même du pays, avec des peines trés durs à la clef C’est la le véritable moyen de décourager ces criminels.


            • faxtronic (---.---.127.82) 7 juin 2006 10:43

              Certes certes mon ami, un camp d’extermination n’est pas un camp de concentration. Mais parle de camps de concentrations a un citoyen lambda, il te citera dachau ou auschwitz, et pas un simple lieu de regroupement. Tu peux dire un centre de regroupement, une zone de regroupement, une centre de detention meme. Mais le terme centre ou camp de concentration est trop connote pour etre utilise de facon innocente.

              Quand a la chute de l’empire romain, c’est une legende. La decadence de l’empire romain provient de sa taille et de son incapacite a faire respecter ses frontieres.


            • Marsupilami (---.---.44.251) 6 juin 2006 16:13

              Ouaf !

              Article gnangnan encore une fois à base de bons sentiments. Michel Rocard avait parfaitement raison quand il disait que « nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde » : c’est non seulement du réalisme, mais aussi de la realpolitik.

              Que faire alors ? Certainement pas ouvrir de généreux bras européens à la marée des desperados des habitants des pays arabes, noirs & musulmans (ce dernier terme recouvrant la plupart du temps les deux premiers). C’est économiquement, matériellement et spirituellement impossible, sous peine de se faire tribaliser et islamiser.

              Quoi d’autre ? L’aide au développement, l’Europe a déjà donné aux Etats de ces pays qui ont démontrer leur impuissance à gouverner pour le bien-être d’une majorité de leurs citoyens : échec total, sauf pour ses paradis fiscaux que les rois nègres et arabes enrichissent.

              Donc quoi ? Aide au développement avec des fonds allant exclusivement à des ONG sur des projets précis, non pas par générosité inconditionnelle, mais parce que c’est l’intérêt bien compris de l’Europe de fixer ces polulations là où elles sont. Ça s’appelle du néocolonialisme soft. L’Europe n’a pas compris ce qu’il fallait faire (c’est-à-dire ça), alors les Etats-Unis, la Chine et l’Inde se sont rués sur l’Afrique pour exploiter ses matières premières sans s’occuper un seul instant des conditions économiques dans lesquelles vivent les arabes et les noirs qui continueront donc d’alimenter l’immigration misérable et musulmane (redondance).

              Houba houba grrr...


              • Elias (---.---.116.24) 6 juin 2006 16:31

                Marsu,

                Michel Rocard a dit « La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais elle doit en prendre fidèlement sa part ». Sa citation tronquée sert de justification au simplificateurs à outrance (dont tu fais partie, malgré un talent indéniable).

                Je n’ai a aucun moment suggéré qu’accepter tous le monde est une politique viable. Cependant, bâtir des murs et s’abriter derrière ne constitue en rien une solution.

                Tu sembles croire que rien n’est possible, et que tu peux être indifférent à tout. Tu peux choisir rester aveugle tant que tu veux.

                Elias


              • Marsupilami (---.---.44.251) 6 juin 2006 16:53

                @ Elias

                Tu m’as mal lu.

                Il est pour moi évident que l’Europe doit avoir une politique d’aide ciblée sur les ONG et non sur les Etats (n’appelons pas ça « postcolonialisme soft » si ça te dérange, seuls les faits m’importent) permettant aux populations voulant émigrer en Europe de vivre assez bien chez elles pour ne pas avoir envie de se casser ailleurs. Ce n’est pas de la générosité, mais du réalisme.

                Et la citation de Rocard, extraite ou non de son contexte (que je connais), reste valable : la France ne peut pas accueillir tous les candidats africains à l’émigration : c’est culturellement et matériellement impossible. La France (je m’en fous, je me sens plus européen que français, mais bon...) ne survivrait pas à ce genre d’invasion de sous-développés économiques et mentaux musulmans et/ou animistes.

                Poser le problème de l’aide au développement, c’est implicitement énoncer le fait que les pays d’où viennent la majorité des candidats à l’immigration (pratiquement tous musulmans) ont complètement foiré. C’est de la faute à qui ? Aux européens ? Ras-le-bol du « sanglot de l’homme blanc ». Il y a une « civilisation » qui a foiré : la civilisation musulmane. Pourquoi les européens devraient-ils payer pour le foirage intégral de cette pseudo-civilisation ?

                Houba houba grrr...


              • Elias (---.---.116.24) 6 juin 2006 17:10

                Marsu,

                Je crois qu’il règne entre nous une incompréhension dommageable. Mon but n’est pas de faire l’apologie de « bons sentiments », ni d’établir la responsabilité de l’homme blanc (ou de l’église, ou de l’islamisme, ou de qui que ce soit, d’ailleurs) pour la misère du monde.

                Cependant, l’Europe est, pour des raisons manifestes, une terre d’accueil idéale pour les populations pauvres (je suis sûr que la baisse des revenus de ces populations, couplée à l’augmentation de leurs coûts, notamment ceux liés au pétrole) ne t’a pas échappé.

                Ce que je décris, c’est une situation inéluctable. Eviter à nos sociétés de subir la déstabilisation qu’implique une immigration massive implique d’avoir une politique d’aide qui permette de créer des conditions favorables à l’existence dans ces pays. Ce qui veut dire être capable de dénoncer certains « gouvernements ». Cela veut dire ne pas fermer les yeux sur les exactions commises au darfour. Cela veut dire soutenir les ONG les plus irréprochables.

                Et cesser de rester dans la dénonciation aveugle de certains phénomènes culturels qui existent mais qui servent trop souvent de distractions ou de prétexte pour ne rien faire.

                Et bâtir des murs plus hauts (il ne s’agit pas pour moi de proner une immigration sans limites, je le rappelle), au détriment de nos propres valeurs (celles que nous essayons de défendre ?), ne sert que de cachette honteuse à notre indifférence.

                Elias


              • Adolphos (---.---.59.170) 6 juin 2006 17:54

                « La France (je m’en fous, je me sens plus européen que français, mais bon...) ne survivrait pas à ce genre d’invasion de sous-développés économiques et mentaux musulmans et/ou animistes. »

                Oh mais si, elle va survivre, ne vous en fait pas. La France repire par siécle. Par exemple il à fallut 90 ans pour virer enfin les protestants.


              • Adolphos (---.---.59.170) 6 juin 2006 17:55

                « Eviter à nos sociétés de subir la déstabilisation qu’implique une immigration massive implique d’avoir une politique d’aide qui permette de créer des conditions favorables à l’existence dans ces pays. »

                Malheureusement, nous sommes nous même au bord de la tier mondisation, et totalement incapable d’aider plus avant ces gens là.


              • Antoine Diederick (---.---.24.188) 6 juin 2006 23:11

                @Monsieur le Marsupial

                Bien, ds le mille, bien ciblé votre remarque.

                Le plus fou ds tout cela ce sont les US qui nous ont poussé à la décolonisation au nom de la liberté la veille de la guerre froide. Je ne me prononce pas sur le bien fondé de la décolonisation mais sur l’immense manip us sur cette question. Parce qu’en fin de compte, l’Afrique en a payé le prix fort, pas les potentats mais les pauvres gens.

                Maintenant les chinois vont en remettre une couche, d’ailleurs ils envoieront sans doute des droits communs pour travailler en Afrique comme si c’était une terre de relegation (la je fais : chiche que c’est ce ainsi qui va se passer ?)

                Et comme il faudra sans doute compter sur le racisme (enfin, on dira ethnocentrisme asiatique, c’est plus poli) chinois ds quelques temps...cela va être joli, joli...

                Et donc souhaitons une dérégulation totale du climat afin de nous préserver ainsi que les mammouth de Sibérie....

                Ô Gulfstream, enfant de la mer suspend ton flux !


              • Antoine Diederick (---.---.24.188) 6 juin 2006 23:14

                Bonsoir Monsieur Elias,

                Ben moi, je pense que si cela continue comme c’est yaura pas de prison dorée que du contraire et donc prenons notre destin en main plus sérieusement....


              • Antoine Diederick (---.---.24.188) 6 juin 2006 23:31

                correction « enverrons »....

                Merci de rectifier...


              • Gil (---.---.93.79) 7 juin 2006 09:47

                @Marsu,

                Vous dites : « l’Europe doit avoir une politique d’aide ciblée sur les ONG et non sur les Etats ».

                Je suis d’accord avec vous sur le fond, mais attention : même les ONG se font raquetter régulièrement... quand ce ne sont pas leurs budgets de fonctionnement qui sont exorbitants en regard du service final rendu à l’usager. Il n’y a qu’à voir le budget « 4X4 » de certaines ONG...

                L’immigration telle que pratiquée depuis 30 ans est génératrice de déséquilibres sociaux chez nous ET dans les pays d’origine. Il n’y a pas qu’en France qu’il y a une fuite des cerveaux !

                De plus, le travail illégal en France appauvri l’état, les caisses sociales, et l’économie au travers d’une concurrence déloyale, ce qui entre autre, génère du chômage. Une solution efficace serait 10 ans de prison systèmatique pour tout employeur d’étranger en situation irrégulière, car ils sont là les véritables esclavagistes ( en plus des mafias de passeurs, naturellement).

                Face à la mondialisation, nous avons 2 choix :

                - soit nous nivelons nos politiques sociales vers le bas, et notre économie n’aura plus à en supporter le coût, et donc pourra se battre à armes égales avec les pays émergents.

                - Soit nous maintenons un bon niveau de prestations sociales, mais nous fermons EFFECTIVEMENT nos frontières. Il n’y a pas 36 solutions.

                Or, nos dirigeants ont déjà à l’OMC, Mitterrand, Chirac et Jospin à l’époque notament, joué la carte de la mondialisation, en se disant, sans consulter les français et sans évaluer convenablement les risques liés à une immigration massive, que l’immigration viendrait à combler le déficit de renouvellement des classes d’âge et ainsi équilibrer les budgets sociaux. C’était une grâve erreur que nous allons payer au prix cher.

                En plus, il se dit de ci, de là, que des accords bilatéraux avec certains pays auraient été passé dans le style « tu me prends tant d’immigrés, et tu pourras exploiter mes ressources naturelles ou exporter chez moi, ... ».

                Alors maintenant, QUE FAIRE ?


              • Daniel Milan (---.---.168.4) 6 juin 2006 16:31

                Brisons les murs de l’oppression !


                • Scipion (---.---.54.20) 6 juin 2006 18:18

                  « ...pour quelles raisons des peuples entiers émigrent-ils ? Pauvreté, incertitude, oppression politique ou ethnique. »

                  Mon c... ! aurait dit Zazie ! Illusions, rêveries, chimères, mirages, séries télévisées !

                  C’est ça, la vérité.

                  Il y a des milliers, ou des dizaines de milliers, d’individus, qui fuient des conditions de vie « atroces », « épouvantables », « insupportables », « effroyables », « monstrueuses », « abominables », « poignantes », mais ils sont encore des millions et des dizaines de millions qui continuent de supporter, sans trop de problèmes, ces conditions de vie insupportables.

                  Donc, stop au chantage !

                  Ceux qui partent ne sont en aucune manière plus à plaindre que ceux qui restent.

                  Refusons de nous laisser apitoyer par les risques que les futurs clandestins sont censés prendre. Ils n’en ont absolument pas conscience a priori parce que ce ne sont pas les passeurs - qui ne sont pas des humanistes de gauche, eux, même si les humanistes de gauche sont leurs meilleurs alliés - qui vont les mettre en garde contre les dangers de la traversée.

                  Une information trompeuse parvient à ces gens, faisons-leur déjà parvenir une information non trompeuse sur les mesures qui ont été prises et qui seront appliquées s’ils s’évertuent à vouloir nous envahir...

                  A Ceuta, la détermination des militaires espagnols a montré que la fermeté inébranlable paie : après quelques assauts infructueux, les candidats au passage se sont calmés. Sans qu’il soit même nécessaire d’ouvrir le feu...


                  • Elias (---.---.116.24) 6 juin 2006 18:38

                    Et vous vous en réjouissez ?

                    Je me demande si je n’ai pas pitié de vous, Scipion.

                    Retournez à vos fantasmes de Zama.


                  • zen (---.---.228.166) 6 juin 2006 18:47

                    On ne peut avoir pitié d’un malade. Il faut le soigner, c’est tout...Y a-il un médecin sur Avox ?


                  • Scipion (---.---.54.20) 6 juin 2006 18:47

                    Encore un qui n’a rien à dire, mais qui tient absolument à ce que ça se sache !

                    Je me demande si ce n’est pas toujours le même, qui utilise plusieurs pseudos.

                    Parce que si une telle vacuité suffisante est aussi répandue qu’il y paraît, ça craint pour l’avenir d’un pays qui fut grand...


                  • Scipion (---.---.54.20) 6 juin 2006 18:55

                    Ce message s’adressait au dénommé Elias, clone de zen, zen clone d’Elias ayant interféré dans l’intervalle.


                  • zen (---.---.228.166) 6 juin 2006 18:53

                    Encore un qui n’a à dire que des conneries et qui tient à ce que cela se sache...


                    • Scipion (---.---.54.20) 6 juin 2006 18:57

                      T’es pas fatigué, zen, d’être nul de chez nul ?

                      Moi, je n’oserais jamais me révéler aussi médiocre, et de façon si constante, à un public si limité soit-il.

                      Tu me rappelles un classique d’Audiard :

                      Les cons ça osent tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît.

                      Alors, surtout, continue, tu facilites l’identification... smiley)


                    • zen (---.---.60.169) 6 juin 2006 19:18

                      T’est pas fatigué, Scipion,de débiter des conneries à longueur de journées...Le classique d’Audiard s’applique bien à toi...


                      • Zamenhof (---.---.199.195) 6 juin 2006 21:37

                        Effectivement tout le problème au départ est qu’on déshumanis les immigrés. Ors ce sont des GENS, des destins, comme vous et moi. Relisez le livre d’Erich-Maria Remarque écrit vers 1935 sur les immigrés allemands qui fuyaient le nazisme et qui étaient ballotés d’une frontière à l’autre, si vous avez besoin de ça pour les voir comme des personnes particuières comme vous, Et en plus c’est un excellent roman.

                        quand à ceux de maintenant rapellez-vous au moins que tout comme l’ancien « rideau de fer » le nouveau tue. des GENS ...


                        • Zamenhof (---.---.199.195) 6 juin 2006 21:38

                          Le lien ! j’espère qu’il marche cette fois


                        • Zamenhof (---.---.199.195) 6 juin 2006 21:47

                          Et chacun est le frère de quelqu’un, le fils de quelqu’un, le mari, ou la mère, de quelqu’un.


                        • Adolphos (---.---.59.170) 7 juin 2006 08:50

                          « vers 1935 sur les immigrés allemands qui fuyaient le nazisme et qui étaient ballotés d’une frontière à l’autre »

                          Si je comprend bien, mais c’est pas trés clair, votre solution est de persister à les faire entrer en Allemagne, parce que ce sont des gens. Mais dites moi, à partir de combien de lepénistes allez vous vous arreter ? Etes vous vraiment prés à sacrifier la république pour l’immigration ?

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès



Partenaires