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La France de l’alternance ou … des Français qui refusent le changement

Le premier tour des élections départementales est édifiant. La France ne veut pas changer ses habitudes et redoute le bouleversement démocratique.

Selon les sondages, plus ou moins fiables d'ailleurs, on pouvait s'attendre à d'autres résultats.

Globalement, quand on interroge les Français, un peu partout sur le territoire, et moi-même j'en ai fait l'expérience sur le terrain au cours de ces derniers mois, les citoyens, à quelques exceptions près, paraissent bien mécontents des actions politiques du gouvernement.

Mais voilà que le Parti socialiste, bien qu'il perde divers cantons, se maintient très bien dans l'ensemble, avec un pourcentage quelque peu élevé de satisfaits : comme si le PS avait mené de sérieuses réformes avec des résultats mitigés certes, mais relativement probants pour obtenir un vote honorable.

Autrement dit et approximativement, un tiers de Français est favorable à la politique de François Hollande et de Manuel Valls. Ce qui semble positif pour le PS et pour son avenir électoral.

Côté UMP, c'est une presque une victoire … enfin, tout au moins un succès après les déboires de ce parti politique embourbé dans les scandales et la corruption. Les Français auraient-ils la mémoire courte ? Quant à Nicolas Sarkozy, j'ai très souvent entendu dire à son sujet, au cours de mon tour de France politique, qu'il était « fini » et qu'après son quinquennat plutôt médiocre, il 'avait guère de chance pour revenir en politique.

Et voilà que l'UMP à elle seule, « cartonne » avec plus de 32 % des suffrages … avec un Sarkozy discret mais triomphant.

Que peut-on comprendre dans ces votes de gauche ou de droite qui ne semblent plus avoir aucun sens ?

Évidemment, on peut concevoir que le Front National fait peur. Il est vrai que le spectre de l'extrême droite, du fascisme et de la dictature effraie (grâce aux médias) toujours une classe de la société dite « moyenne », celle qui est ancrée dans ses habitudes quotidiennes : le petit café du matin, la baguette de pain chez le boulanger du quartier, la partie de boules l'après-midi pour les retraités, enfin le petit train-train journalier sans encombre avant d'écouter sagement Pujadas « grand prêtre » de l'information. De même le français moyen apprécie beaucoup le maire de droite ou de gauche qui le salue et qui l'invite au moment des élections à boire un verre au bistrot du coin ; bien que de temps à autre, il s'abandonne dans quelques jérémiades pour un pouvoir d'achat devenu difficile ou pour une petite pension de retraite qui lui fait « tirer le diable par la queue ».

Mais que voulez-vous ce français moyen vous dira très simplement, désabusé « On ne peut rien y faire ! »

Voici donc de forts nombreux citoyens qui baissent les bras, incapables de se mobiliser ne serait-ce qu'une demi-journée ! Et quand à ces mêmes citoyens que l'on voudrait bien éclairer par moment, on vient à leur préciser qu'une alternance serait possible aussi avec d'autres partis de gauche ou de droite, plus petits certes, mais très engagés pour un changement radical, ils restent très sceptiques ou ne sont pas convaincus du tout.

Pauvre France ! Je ne me lancerai pas ici dans d'autres commentaires. Ce serait trop long et financement, cela n'en vaut pas la peine. Très sincèrement, je crois qu'un certain nombre de Français est « indécrottable » ce qui favorise largement les grands partis politiques de ce Pays à pratiquer volontiers l'alternance : un coup à gauche, un coup à droite, et la classe politique dite « républicaine » est parfaitement satisfaite. Ce que Marine le Pen appelle volontiers l'UMPS.

Pourtant ce sont ces abominables problèmes d'alternance programmée qui ont conduit la France dans sa situation actuelle, un mal qui détruit depuis de longues années, la politique, l'économie, l'éducation, la justice et plus généralement la société.

Continuons dans ce sens, et nous vivrons un jour ou l'autre l'effondrement total de la Nation et des valeurs républicaines. Le jour venu, il ne faudra pas se plaindre du sort qui nous sera réservé.

Pierre Reynaud

Co-fondateur et membre du COLLECTIF VOLTAIRE


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16 réactions à cet article    


  • Pascal L 23 mars 2015 19:22
    « une alternance serait possible aussi avec d’autres partis de gauche ou de droite, plus petits certes, mais très engagés pour un changement radical, ils restent très sceptiques ou ne sont pas convaincus du tout » 

    De quel changement radical s’agit-il ? Aujourd’hui, tous les partis, toutes tendances confondues, ne pensent qu’à obtenir des places au chaud, en attendant une hypothétique fin de crise. Ce n’est certainement pas sur les bancs d’une assemblée départementales avec uniquement des pouvoirs sur les collèges, le social et les pompiers qu’on va faire le changement. Et de toutes façon, aucun parti, de l’extrême droite à l’extrême gauche, n’a réellement compris le rapport entre la monnaie, la dette et le chômage. Ou s’ils ont compris, il font semblant de n’y rien comprendre, histoire de ne rien changer.

    Comme le rappelait la philosophe Simone Weil, tous les partis politiques ont une tendance hégémonique et la seule solution et de tous les supprimer. Si nous devons faire un changement radical, c’est sur l’organisation de la démocratie en France avec une organisation très différentes des contre-pouvoirs qui puisse sanctionner toutes les formes de pouvoir qui en abusent. Pour y arriver, il ne suffit pas de voter pour un parti auto-proclamé révolutionnaire.

    Quand au chiffres que vous énoncez, si vous les ramenez au nombre d’électeurs, nous voyons bien qu’aucun parti ne déclenche l’enthousiasme, ce qui montre bien la lucidité des électeurs.

    • oncle archibald 24 mars 2015 09:56

      @Pascal L : « l’organisation de la démocratie en France avec une organisation très différente des contre-pouvoirs qui puisse sanctionner toutes les formes de pouvoir qui en abusent. »


      Je plussoie à deux mains. Le problème n’est pas dans les partis mais dans ce qu’ils font de la « politique ». Au sens étymologique le mot « politique » est formé à partir de deux termes grecs :
      • « polis », qui signifie « cité » (au sens politique du terme) ;
      • « -ikos », suffixe d’adjectif qui donne « -ique » en français .

      Ce mot est donc à l’origine un adjectif et, d’après son étymologie, il signifie « qui concerne le citoyen ».

      Or ce que nous voyons actuellement c’est que les politiques quels qu’ils soient s’occupent d’abord d’eux mêmes et de leurs copains, organisent les conditions les plus favorables à leur réélection, en se moquant comme d’une guigne des « citoyens lambda », vous ou moi. C’est là qu’est le problème et l’organisation de contre pouvoirs avec fortes sanctions pour ceux qui déraillent parait une solution. Pour le moins cela devrait être essayé.


    • alinea alinea 23 mars 2015 19:30

      En tout cas si la gauche, « ma » gauche vote pour Hollande au deuxième tour, eh bien, eh bien.. ; je ne sais pas... je rends ma carte d’électeur, et j’enrage !
      Parce que le changement qu’un tiers de la moitié des Français espèrent comme une embellie passe par le FN, j’en suis au point de me dire, qu’il passe ! Sur le nombre, ils seront nombreux à se rendre compte de l’entourloupe ; mais plus, pour ces départementales dont on ne sait pas grand chose de son futur, si Hollande voit que ça marche, son épouvantail Le Pen, on est foutu : on n’a pas mille ans devant nous avant de faire quelque chose ; mais quelque chose se produira qui rendra tout cela caduc !


      • Le p’tit Charles 24 mars 2015 07:48

        Les Français qui votent son des « JAMBONS »...les seuls valable sont les abstentionnistes... !


        • Alren Alren 24 mars 2015 10:09

          @Le p’tit Charles


          Et les abstentionnistes, ils sont quoi dans votre charcuterie ? Des queues en tire-bouchon ou des groins ?

          Les petits malins qui profitent de l’explosion des inégalités sociales ne rêvent que de cela : que les travailleurs-moutons restent dans leurs chaumières à se lamenter pendant que leurs lois à eux passeront, pour leur plus grand profit.

          Contrairement à ce qu’ils croient, les abstentionnistes « votent », c’est-à-dire qu’ils pèsent sur la décision électorale : ils votent pour le vainqueur désigné par d’autres !

          Avis aux « moinseurs » : ce que je dis ci-dessus est mathématique ! Voter contre c’est soutenir que 2 + 2 ne font pas 4 !
           

        • Le p’tit Charles 24 mars 2015 10:11

          @Alren...Des gens censés qui refusent de voter pour des mafieux....Vous votez je présume.. ?


        • oncle archibald 24 mars 2015 10:37

          @Alren je confirme : Contrairement à ce qu’ils croient, les abstentionnistes « votent », c’est-à-dire qu’ils valident, qu’ils légitiment, la décision électorale prise par d’autres ! Une fois élu l’heureux zélu se moque du score comme d’une guigne et vient pérorer devant les micros zé les caméras : on a gagné, les doigts dans l’nez, ils ont perdu etc etc … 


          Les abstentionnistes sont largement majoritaires en France. Qu’ils en prennent conscience et qu’ils viennent choisir n’importe lequel des candidats ou l’i-un d’entre eux qui se porterait candidat, il est sûr d’être élu.

        • Dom66 Dom66 24 mars 2015 11:30

          @Alren

           Bravo je pense la même chose que vous et je vais citer votre post ici : merci

           

          http://www.agoravox.fr/spip.php?page=forum&id_article=165172&id_forum=4272075&idf=4272839


        • Dom66 Dom66 24 mars 2015 11:37

          @Alren

           Bravo je pense la même chose que vous et je vais citer votre post ici :

           

          http://www.agoravox.fr/spip.php?page=forum&id_article=165172&id_forum=4272075&idf=4272839


        • Aldous Aldous 24 mars 2015 10:46

          Le changement pour le changement... Du baratin.


          • Elliot Elliot 24 mars 2015 12:49

            Sans doute ce qui ancre l’alternance ronronnante dans les habitudes des Français est-il le fait que l’alternative revendiquée par le FN n’en est pas une, qu’elle apporte un remède pire que le mal et que l’on ne redresse pas une nation avec des discours nauséeux qui annoncent des lendemains de confrontations exacerbées ?

            Le FN renforce son implantation mais la genèse de cette dernière est hétéroclite : les gens adhèrent à des bouts de programme mais pas à l’ensemble.

            Son résultat en fait une force non négligeable mais plus proche de la sanction que de l’adhésion.
            Il a peut-être plus ou moins atteint son plafond de verre.

            En tout cas, il semble un fait avéré que la plupart des candidats du FN ( quand ils ont fait campagne ) ne l’ont guère fait sur un programme - si tant est qu’il existât vraiment au-delà d’un sous-localisme de pacotille - mais sur la peur grossièrement entretenue de l’Islam sans d’ailleurs qu’affleure la moindre solution à cette problématique sinon des outrances de langage chez certains de ses candidats particulièrement débiles.

            Dresser les Français les uns contre les autres recèle sans doute encore une marge de progression. 

            Aussi bien Sarkozy fait de nouveau concurrence au FN sur ce terrain. 

            C’est pourquoi l’homme à qui, entre autres hauts faits d’armes, l’on doit le désordre libyen a repris quelques antiennes islamophobes : logique ! il ne peut pas trop critiquer le gouvernement Valls qui met en œuvre ce qui lui avait été dicté par la Commission européenne et qu’il avait accepté la main sur la couture du pantalon.

            Peut-être le plus grave est-il dans ce constat que les Français choisissent majoritairement l’alternance des semblables à défaut d’autre chose et parce qu’ils ont, semble-t-il, intériorisé la vassalisation du pays au Moloch européen ?

                  


            • Pere Plexe Pere Plexe 24 mars 2015 17:27

              @Elliot
              Le FN est un peu dans la situation du PC tant qu’il était un parti d’opposition.
              L’avantage d’être dans l’opposition c’est que tout est possible avec quelques injonction du style « yaka ». Tout mais aussi (surtout ?) son contraire.
              L’arrivée aux responsabilités est tout autre qui ramène durement à la réalité, à ces compromis et rapports de forces.
              Sans chercher à excuser Hollande la situation serait sans doute différente sans Merkel.


            • Garance 24 mars 2015 16:10

              L’auteur


              Comment pouvez-vous écrire que les français refusent le changement ?

              Ils le veulent absolument

              Pourquoi Hollande a-t-il été élu en 2012 ?

              Parce que les français espéraient au « Changement c’est maintenant » promis par Hollande

              Bon d’accord :les français l’ont compris depuis ; c’était du pipeau ; seul Hollande le savait que ce n’était que bobards de campagne

              Par contre il y à un changement que l’UMPS n’avait pas prévu : c’est que le FN s’implante de plus en plus avec un nombre d’électeurs de plus en plus grand , ce à chacune des dernières élections 

              L’UMPS se servait du FN : terminé ; il y a changement

              Ce n’est pas en fumant de gros cigares « made in Cuba » pour faire croire le contraire que cela empêche que le changement espéré arrive enfin à grands pas  smiley





              • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 24 mars 2015 17:25

                «  »Que peut-on comprendre dans ces votes de gauche ou de droite qui ne semblent plus avoir aucun sens ?«  »

                Voilà le genre de questions que j’aime ! La réponse peut surprendre mais je sais que les Français ont peur du changement, ils voudraient un changement gratuit, c’est-à-dire un changement avec garantie, ou encore un changement sans le changement ! Voilà pourquoi ils ont peur de laisser tomber le Pendule Gauche-Droite tout en continuant à le maudire publiquement !

                Ce vote qu a donné quelques voix aux formations périmées n’a évidemment aucun sens, mais le fait que les Français n’abandonnent pas définitivement les partis de l’échec et n’accordent pas toute la confiance au Front National est aussi insolite : La solution ne peut venir d’un « débarquement étranger » la chose n’étant plus envisageable aujourd’hui, c’est aux Français de designer des FRANÇAIS CAPABLES DE REDRESSER LEUR PAYS !


                • Pere Plexe Pere Plexe 24 mars 2015 17:59

                  C’est vrai que le changement au FN on connait !
                  Sauf l’immuable dynastie despotique à sa tête tout à changé en quelques années.
                  Parti ultra libérale il est devenu un parti étatiste (socialiste ?).
                  Antisémite il est devenu l’ami du Crif de la LDJ
                  En revanche il est devenu islamophobe alors que Mégret, qui avait compris l’avantage de changer de bouc émissaire était viré du FN.
                  Il était misogyne il est maintenant dirigé par une femme.
                  Il était homophobe il est devenu gay friendly
                  Anti élite hier,le seul porte parole autorisé maintenant (en dehors de la famille régnante) est énarque haut fonctionnaire et homo...
                   


                  • adeline 1er avril 2015 19:32

                    Toute ma vie j’ai entendu de telles anneries, pauvre france !!!! quelle mascarade.

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