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Accueil du site > Tribune Libre > La France doit sortir de son immobilisme

La France doit sortir de son immobilisme

L’objectif d’empêcher l’application d’une loi votée et promulguée démocratiquement est affirmé actuellement par une partie des responsables politiques. C’est le cas de la loi Travail, contestée en particulier pour son renversement de la hiérarchie des normes. Cet objectif renverse la hiérarchie politique, en donnant à la minorité le pouvoir de s’opposer à la majorité. Cette position pourrait se retourner contre ceux qui la tiennent, le jour où ils seraient majoritaires, et ce refus du régime démocratique empêche l’évolution de la société française.

 

La démolition de l’autorité politique par elle-même

Aucun des problèmes fondamentaux auxquels la France est confrontée n’a été réglé : l’école et l’université, la magistrature et la police, l’hôpital et la médecine de ville ont été réformés mais sans résoudre les problèmes auxquels ils sont confrontés : l’échec scolaire n’a pas diminué, l’université reste très mal gérée, les magistrats sont toujours débordés de dossiers, l’action de la police est de plus en plus contestée, le déficit des hôpitaux persiste et les déserts médicaux sont aussi nombreux.

C’est le résultat de l’inefficacité des réformes effectuées, et aussi de la perte d’autorité du pouvoir politique confronté à une obstruction systématique. Les manifestations en réaction aux réformes prennent une forme assez inquiétante : intransigeance des manifestants, haine pour ceux qui ne sont pas d'accord, refus de toute limitation des droits sociaux, et contestation de toute autorité policière. Une frange de manifestants, que l’on a vue récemment dans l’opposition au barrage de Sivens, à l’aéroport de Notre Dame des Landes et à la loi Travail, mais qui est présente lors de toutes les réunions politiques internationales, est particulièrement organisée et violente : elle cherche l’affrontement brutal avec la police.

Cette obstruction déborde de plus en plus souvent du cadre démocratique : la loi sur le Contrat Première Embauche (CPE), a été votée, publiée au Journal Officiel, et ensuite abrogée sous le gouvernement Villepin en 2006. La loi Travail, contestée par des manifestations permanentes et parfois violentes, a été plus ou moins dénaturée. Les partis d’opposition n’ont pas soutenu la démocratie dans ces affaires : la loi de la majorité a disparu devant leur intérêt à court terme.

À l’opposition politique s’est ajoutée une critique sévère des personnalités au pouvoir : Nicolas Sarkozy en particulier a suscité une haine chez un grand nombre d’opposants et d’intellectuels, au point qu’Alain Badiou, professeur de l’École normale supérieure, l’appelle dans un essai « l’homme aux rats ». François Hollande s’est présenté dans sa campagne présidentielle comme « le Président normal », laissant évidemment entendre que le précédent ne l’était pas, avant d’être dénigré par suite de l’échec de sa politique et de ses déclarations parfois surprenantes. On peut penser qu’Emmanuel Macron subira le même sort. Ce dénigrement ne se limite pas aux membres du gouvernement : l’ensemble de la classe politique souffre d’une image de marque détestable dans la population, par suite de scandales comme l’affaire Cahuzac. 

Il a pour conséquence une dévalorisation du discours politique, c’est-à-dire une perte de confiance envers les responsables politiques. La perte d’autorité de ces derniers s’étend à la police et rend son action beaucoup plus difficile, toute « bavure » exacerbant les comportements d’opposition

Comment faire face à cette obstruction ?

Pour faire face à cette obstruction violente et systématique, il faut d’abord la comprendre et l’expliquer. Il ne s’agit pas ici de l’obstruction à l’action policière contre la délinquance dans les banlieues, mais à l’action politique démocratique.

Tout le monde n’a plus qu’un mot à la bouche : démocratie. Mais beaucoup ont oublié sa signification : la démocratie est la loi de la majorité de la population, représentée par des élus (démocratie indirecte) ou non (démocratie directe). Une loi, votée après un débat parlementaire, promulguée et publiée au Journal Officiel, doit être appliquée parce que c’est la loi de la majorité politique. Les manifestations de protestation pendant le débat parlementaire sont normales, mais les tentatives d’obstruction à son application après le vote ne sont ni plus ni moins que des manœuvres antidémocratiques, puisque leur but est d’empêcher par la violence l’application d’une loi voulue par la majorité politique.

Il faut comprendre pourquoi les syndicats et les partis politiques d’opposition contestent la loi de la majorité. Le contenu de la loi est certes en cause, mais les contestataires savent que, dans un régime démocratique, c’est la loi de la majorité qui s’impose. On retrouve ici une problématique que j’ai abordée dans mon essai Un projet social-libéral pour la France et que j’ai résumée dans un article publié sur le site Agoravox. Cette opposition à la loi de la démocratie rejoint la position du libéral Tocqueville : « Je regarde comme impie et détestable cette maxime qu’en matière de gouvernement la majorité a le droit de tout faire et pourtant je place dans les volontés de la majorité l’origine de tous les pouvoirs.[1]

Cette position d’obstruction résulte d’un excès de pouvoir de la majorité, qui transforme la démocratie en dictature de la majorité. Les opposants disent au fond que la majorité n’a pas tous les droits, et cette réaction est en réalité salutaire, non pas par l’obstruction faite à la loi, mais par la reconnaissance que la loi de la majorité a des limites.

Cette reconnaissance reste implicite, parce que les partis d’opposition, s’ils parviennent au pouvoir, veulent imposer leur loi à tous sans restriction. « Vous avez juridiquement tort parce que vous êtes politiquement minoritaire » a déclaré le député socialiste Laignel en s’adressant à l’opposition de droite minoritaire en 1981. Si l’on accepte cette affirmation, il faut aussi l’accepter lorsque la majorité politique a changé.

La solution consiste donc à limiter le pouvoir de l’État et à laisser les différentes parties négocier les conditions d’un contrat. Mais pour l’instant, cette solution n’est pas envisageable : elle n’a même pas été évoquée pendant la campagne présidentielle.

Faire face à l’obstruction systématique prévisible de certains partis d’opposition et syndicats sera une tâche bien difficile du futur gouvernement. Compte tenu de l’impossibilité de réduire le pouvoir de l’État, la seule position raisonnable des opposants démocrates au mouvement En marche ! est la suivante : contester toutes les mesures prévues par le gouvernement si elles paraissent inadaptées à la situation, et soutenir toutes les lois votées par le Parlement même en cas de désaccord. Dura lex sed lex. La priorité est au rétablissement du fonctionnement démocratique normal.

La France doit sortir de l’immobilisme qui la tue doucement, aller au bout des réformes quitte à les abroger après un changement de majorité.

 

 

[1] Tocqueville A., 1981 (1ère éd. 1840), De la démocratie en Amérique, tome I, p. 348, Garnier Flammarion, Paris.


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21 réactions à cet article    


  • Ben Schott 13 mai 13:01

     
    La France doit sortir de l’immobilisme, et j’ajouterai même qu’elle doit entrer dans le mobilisme !
     
    Encore un article de blabla.
     


    • Thierry FOUCART Thierry FOUCART 13 mai 16:50

      @Ben Schott
      Très intéressant comme commentaire.


    • Sozenz 13 mai 13:29

      il y a un triuc que j aimerais que l on m’explique :

      Pourquoi les gens pensent que les reformes qui ont été faites ou pas faites sont des échecs .
      que les objectifs n ont pas ete atteints
      Pourquoi les gens ne veulent pas raisonner autrement et se poser la question . mais si j avais voulu le résultat et la mise en place de ce qui se passe maintenant , aurais je fait autrement pour faire passer des mesures de plus en plus hard ..
      Pourquoi les gens prennent les élites aussi cons qu eux ?


      • Thierry FOUCART Thierry FOUCART 13 mai 14:30

        @Sozenz
        Pour le chômage, lisez l’essai de Bertrand Martinot « Pour en finir avec le chômage ». Pour l’école, lisez Reconstruire l’école de votre serviteur, pour la médecine , plus d’un an d’attente pour avoir un RV avec un ophtalmologiste à Poitiers, pour l’hôpital, discutez avec un praticien hospitalier etc.



      • Laulau Laulau 13 mai 13:33

        Le problème, Monsieur l’auteur, c’est que notre « démocratie » a permis à deux partis, qui si j’en crois les résultats électoraux récents, ne représentent même pas 30 % des votants, a gouverner sans partage depuis des décennies. Et quand je dis 40% je néglige que certaines voix ont été obtenues par le fameux « vote utile » contre l’épouvantail FN.
        Par ailleurs, si vous êtes un fervent démocrate, vous devriez relire notre constitution qui, malgré ses gros défauts, reconnais le droit syndical et le droit de manifester. Droit quenos partis en place reconnaissent volontiers et encouragent, au Vénézuela et partout où les gouvernements tentent de lutter contre la finance internationale.


        • Laulau Laulau 13 mai 13:35

          @Laulau

          correctif : il fallait lire

          Le problème, Monsieur l’auteur, c’est que notre « démocratie » a permis à deux partis, qui si j’en crois les résultats électoraux récents, ne représentent même pas 30 % des votants, de gouverner sans partage depuis des décennies. Et quand je dis 30% je néglige ....


        • Thierry FOUCART Thierry FOUCART 13 mai 14:43
          @Laulau
          Oui, la majorité est très relative et les Français sont divisés en quatre parties plus ou moins de même taille. Je connais la constitution quasiment par cœur. La loi constitutionnelle confie à la majorité le rôle de diriger le pays, elle ne confie pas à une minorité le soin de l’en empêcher. Les manifestations et les syndicats sont indispensables dans le fonctionnement démocratique, mais quand ils organisent des blocages d’usine, qu’ils empêchent les gens de travailler, etc. ils ne respectent pas la loi et outrepassent ce rôle. Un parti qui les soutient dans ce genre d’action a une position antidémocratique puisqu’il empêche la majorité (relative) de gouverner. Même le Front national ne l’a jamais fait.
          La position défendue dans l’article ne dépend pas de la majorité au pouvoir. Si le Front de Gauche ou le Front national avait gagné aux élections , je dirais la même chose.


        • laertes laertes 13 mai 15:36

          @Thierry FOUCART : votre raisonnement ne tient pas.
          Exemple : "Oui, la majorité est très relative et les Français sont divisés en quatre parties plus ou moins de même taille. Je connais la constitution quasiment par cœur. La loi constitutionnelle confie à la majorité le rôle de diriger le pays«  Vous constaterez par vous-même que ces deux parties sont antinomyques. En effet, on ne peut raisonnablement se targuer d’une majorité artificielle (non réelle) quand on est en fait en..........minorité REELLE. Et cela s’applique à tout le monde (FI et FN compris). Quand par exemple on impose d’une manière faussement démocratique un projet de loi à cause de cette foutue constitution perverse contre les intérêts de la vraie majorité comme ds le cas de la loi travail (49.3 es-tu là ?) il ne faut pas s’étonner que les gens s’y opposent............ en majorité. La constitution de la Vème est vermoulue (comme la constitution américaine qui permet par exemple à Trump ou Bush d’être élus alors qu’ils sont minoritaires). elle était bonne qd il y avait un Général de Gaulle qui obtenait plus de 60 % des suffrages lors d’un scrutin où on ne votait pas encore contre quelqu’un. Ce temps est terminé. Si on vous écoutait, on serait encore à l’époque de la Charte où on pensait que seuls les possédants avaient la légitimité pour voter démocratiquement. Puisqu’on parle de démocratie Macron n’a qu’à soumettre à votation , comme dans le cas de la suisse ses grands projets... et on verra le résultat.............. beaucoup plus démocratique lui qu’un individu qui doit 60% de ses voies à des gens qui ont voté contre MLP. Macron n’a aucune majorité REELLE. Il n’ a qu’une majorité artificielle cinquième république. Quant à l’histoire rebattue de la »pédagogie" , les gens ne sont pas des enfants et savent pertinemment quels sont leurs intérêts. Et s’ils ne sont pas écoutés, ils se chargeront de dégager ces idiots avec plus de violence encore au prochain tour. 


        • Laulau Laulau 13 mai 15:46

          @Thierry FOUCART
          Vous persistez ou vous ne m’avez pas bien compris : notre système fait que la « majorité au pouvoir » n’est pas une majorité ! Capito ?


        • pallas 13 mai 13:52

          Monsieur Thierry FOUCART

          La France ne peut pas sortir de son immobilisme, bien au contraire les portes de l’enfer se sont ouvertes sur notre pays.

          La corruption touche l’ensemble des infrastructures, passant des petites entreprises aux grandes, ainsi que les services publics.

          Les passes droits et le copinage, donc la médiocratie en définitive, mettant en avant pour chefs, des incompétents notoires, n’ayant absolument aucunes intelligences.

          C’est le Principe de Peter.

          Mais voici La Revanche du Rameur, qui au final s’arrête, et la barque n’avance plus, et comme personne ne peut le remplacer, l’embarcation part à la dérive.

          Nos entreprises sont rachetés les unes après les autres par des puissances étrangères, ou bien font faillites, il n’y a personne pour redresser la situation, et les plus vertueux ne lèveront même pas le petit doigt.

          Le Shadow Banking en parallèle de ça, comme La Bête, grossis et grossis, devenant une menace des plus graves, mais chut !!!, pas le dire.

          Pour finir l’état social de notre pays est catastrophique, l’explosion aussi de ce coté là.

          Je vais m’arrêter la, car il y a pleins d’autres choses à dires, tel l’écologie, les maladies, etc etc etc.

          La situation est bien plus grave que vous ne l’imaginer.

          Salut


          • Sergio Sergio 13 mai 16:32

            Quand on parle de mobilité, cela fait référence au changement, on le constate aux résultats des Elections Présidentielles, probablement confortées aux futures Législatives. 

            Si on fait un lien avec les techniques de relations d’aide, on s’aperçoit qu’il ne faut jamais lever les freins qui s’opposent aux changements. Et pourtant, des idées de ’ progrès social ’ ont été développées, pas assez certes, et probablement trop précoces. 
            Les français auraient-ils peur d’être heureux ? Il manque cruellement de pédagogie dans tout cela, je crois que les politiciens se trompent de discours. Les français se cantonneraient-ils dans la plainte ? sur Agoravox, par exemple !

            Un peu de provocation, imaginons un système par référendum comme en Suisse, comment voudriez-vous décider par vous même de la politique de votre pays, tant il y a de fromages à choisir ?

            • Gemini Gemini 13 mai 17:28

              Le début de l’article commence déjà très mal.

              Considérer que la loi Travail a été voté démocratiquement est faux. C’est, au contraire, l’exemple parfait du caractère anti-démocratique de nos institutions.

              Cette loi n’était pas au programme de François Hollande. Elle n’avait donc pas à être votée. En outre, plus de 70% des français y étaient opposés. Elle a malgré tout été imposée à coups de 49.3, de matraques, et d’interdiction de manifestations.

              Où est la démocratie là-dedans ?

              La suite de l’article est en revanche plus intéressante, mais me semble également reposer sur de faux postulats. La faute, cependant, à nos institutions que ne sont pas démocratiques.

              Dire qu’une loi votée est l’expression de la volonté de la majorité est déjà, en soi, faux. Prenons comme exemple la dernière élection présidentielle : Macron a été élu. Combien de français sont-ils réellement en accord avec son programme ? Sur ses 24% du premier tour, les enquête révèlent que seuls environ 15% ont réellement voté par adhésion, les autres l’ayant fait uniquement par vote utile et peur d’un second tour Fillon/LePen. C’est là où l’on trouve l’anti-démocratie de nos institutions qui arrivent à forcer une bonne partie de l’électorat pour des candidats dont ils n’approuvent pas le programme. Ne parlons même pas du second tour…

              Donc, en réalité, le programme de Macron est voulu et demandé par 15% des votants, soit, si on prend en compte l’abstention, environ 10%. Ajoutons que même au sein de cette base réduite, on peut facilement supposer que ce n’est même pas 100% du programme qu’ils souhaitent. Mais rien, aucun espace n’est prévu pour permettre d’exprimer et de débattre de ces nuances.

              Nous ne vivons en réalité absolument pas en démocratie puisque les lois votées sont en réalité voulues et souhaitées par une base extrêmement faible.

              Le seul moyen pour les 90% qui ne sont pas en accord qu’il reste sera la rue, puisque rien n’est prévu dans nos instutions pour prendre en compte leurs besoins et désirs.


              • Thierry FOUCART Thierry FOUCART 13 mai 18:49
                @Gemini
                Vous avez raison sur le plan de la réalité. Mais j’ai raisonné sur la base des règles constitutionnelles. Ces règles sont actuellement inadaptées et conduisent à une situation où une petite minorité, qui est la majorité relative (très), a en charge le gouvernement du pays. Quel que soit le mode d’élection, ce sera le cas, parce que les électeurs ne sont pas d’accord avec la totalité du programme de leur candidat quel que soit ce candidat. Il y a des débats, prévus avant le vote et la promulgation de toute loi, et l’expression de l’opposition est normale tant que la loi n’est pas votée. Le problème sera que ce débat n’existe pas avant la publication d’ordonnances, mais après. Il y a une règle du jeu, et si les mécontents ne veulent pas l’appliquer, c’est parce qu’ils la jugent injuste. Mais ils ne sont pas d’accord entre eux, et, quelque soit le gouvernement, il sera minoritaire, et il y aura toujours une majorité de mécontents qui voudra aussi changer la règle du jeu. Pourquoi ? Je propose comme explication que l’Etat est trop présent dans la vie des gens et des entreprises, a trop de pouvoir et se substitue aux partenaires sociaux et aux individus. C’est ce que j’ai appelé dans un article antérieur la dictature de la majorité politique. Si tout le monde est d’accord pour changer la règle, personne ne l’est sur celle qu’il faut appliquer. Cela peut conduire à un régime politique dangereux. 
                Que faire ? Débattre et discuter avant la promulgation d’une loi, et l’appliquer après. En cas d’échec, il faudra changer la majorité.

              • Gemini Gemini 15 mai 10:18

                @Thierry FOUCART

                Effectivement, nous partageons le constat sur l’état non démocratique de nos institutions.

                Je ne suis pas certain, en revanche, que nous partagions le constat sur l’immobilisme de notre pays. Il me semble au contraire que celui-ci change, et plutôt très rapidement. Peut-être un peu moins que certains de ses voisins. Mais au vu des changements en cours (explosion des inégalités, pouvoir politique de plus en plus faible, marchés de plus en plus puissants, paupérisation, destructions écologiques, etc.), je ne suis pas sûr que « sortir de notre immobilisme » pour aller encore plus vite dans cette mauvaise direction soit une bonne chose.

                Le changement, le but visé par la plupart de ceux qui veulent nous sortir de l’ « immobilisme », n’est en réalité qu’une volonté de soumission de l’homme et de la nature au développement économique et technique.

                Je vous invite à lire par exemple, sur ce sujet « Le Changement », de Bernard Charbonneau.

                Il me semble urgent, au contraire, de nous arrêter, de réfléchir à mettre en place de meilleures institutions bien plus démocratiques, permettant ainsi à chacun d’entre-nous d’être autonome dans une société elle-même autonome, et, enfin, prendre à bras le corps le réel défi de notre siècle : la dégradation et destruction de notre environnement et de notre planète.

                Ici, par autonome, j’entends à l’opposé de notre société hétéronome actuelle, où nous sommes soumis à l’hégémonie du marché.

                Je suis en pleine découverte/lecture des œuvre de Cornelius Castoriadis, qui me semblent extrêmement intéressantes pour penser ces sujets. 


              • Thierry FOUCART Thierry FOUCART 16 mai 07:53
                @Gemini
                Les difficultés restent : chômage, éducation, santé, etc., et il faut les régler à court terme. Pour éviter la soumission au marché, il me semble que la première chose à faire est de résoudre le problème de la dette publique : toute hausse des taux d’intérêt serait catastrophique. Je ne crois pas du tout à l’explosion des inégalités qui ne sont pas mesurables, quoiqu’en pensent des économistes comme Piketty (j’en ai parlé dans un article précédent).
                L’évolution du pouvoir politique est le résultat de l’omnipotence de l’Etat. A force de vouloir tout prendre en charge, il multiplie les mécontents. Pour rétablir une démocratie réelle, c’est-à-dire fondée sur une volonté commune, je ne vois pas d’autre solution que de limiter son pouvoir.
                Enfin, les problèmes fondamentaux sont de l’ordre du long terme. L’évolution nécessaire des mentalités ne dépend pas de nous, mais des pays comme la Chine, l’Inde qui représentent à elle deux une bonne partie de la population. On ne sait pas comment la surpopulation va être limitée, et on peut être très inquiet à ce sujet.
                Merci pour votre référence. Je vais lire Charbonneau.


              • Gemini Gemini 16 mai 12:45

                @Thierry FOUCART

                Que de sujets !

                Concernant les difficultés que vous mentionnez, je les partage en effet. En revanche, bien qu’il soit indéniable que la Chine et l’Inde soient des mastodontes en termes de population, cela ne doit surtout pas nous empêcher de déjà changer nous-mêmes. Nous, occidentaux, sommes ceux qui ont mené le monde où il en est aujourd’hui. À nous, maintenant, de changer notre modèle et de montrer que le nouveau est bien mieux.

                Pour le chômage, le problème me semble insoluble dans notre monde actuel. Nous produisons déjà bien trop de choses inutiles et la catastrophe environnementale s’amplifie chaque jour. De très nombreux emplois actuels sont nuisibles et devraient être supprimés.

                À l’inverse, les besoins et tâches réellement utiles aux citoyens ne sont pas valorisées financièrement — seul étalon de la valeur actuellement — ce qui fait qu’elles ne sont pas faites ou pas correctement. Je pense notamment à la santé, aux services publics, à la culture, à l’agriculture paysanne, tout ce qui contribue à notre bien être mais n’est pas mesurable en valeur monétaire.

                Nous devrions transformer notre société vers beaucoup plus de sobriété (en France, nous consommons déjà 3 planètes environ…) énergétique, moins de gadgets, moins de déplacements polluants en voiture et en avion, plus de déplacements doux à pied et en vélo, en train pour les plus longues distances. De même, réapprendre à mettre un pull en hiver chez soi, mieux isoler son habitation aussi. Sur l’agriculture, revenir à une agriculture bien plus paysanne, remembrer la campagne, s’approprier la permaculture et les nouvelles techniques agricoles permettant une très bonne production tout en respectant enfin les sols et la vie dont ils dépendent. Nous pourrions ainsi également fortement augmenter la qualité de notre alimentation.

                Également, notre environnement serait bien meilleur . moins de pesticides et engrais, mois de particules fines, meilleure eau, meilleur air. Nous serions donc bien moins malades. De même, plus de déplacements actifs signifie également bien moins de problèmes de santé. Ce qui fera du PIB en moins, des emplois dans la pharma en moins, mais également diminuera les besoins en personnels de nos hôpitaux et centres de soins, et pourtant, tellement de bien-être général en plus.

                Toutes ces choses là seraient excellentes pour notre pays et notre société, mais mauvaise du point de vue de nos indicateurs actuels.

                Cela devrait permettre de s’assurer que chacun de nous a une occupation utile aux autres et à soi-même, plutôt qu’un travail bureaucrate aliénant, frustrant, et même parfois nuisible (avocat fiscaliste aidant les riches à pratiquer l’évasion fiscale, ou tout simplement une bonne part de l’agro-industrie, etc.)

                Bref, sans changement complet de notre façon de faire et de voir, nous n’avons pas de solution avec notre imaginaire actuel : le progrès avec comme seule fin le progrès, l’argent avec comme seule fin l’argent.

                Nous pourrions continuer longtemps cet échange sur les divers sujets. Mais je crois que ça ferait long et ça finira peut-être par vous lasser :x


              • Gemini Gemini 16 mai 12:48

                @Thierry FOUCART
                Pour compléter, écrit par une homme bien plus cultivé que moi, qui exprime vraiment ce qu’il me semble être le constat de notre réalité, et même ce que nous devrions faire : https://www.monde-diplomatique.fr/1998/08/CASTORIADIS/3964


              • epicure 13 mai 20:17

                L’auteur doit sortir de la soumission au système.

                La démocratique c’est un ensemble.

                La loi travail n’a jamais été choisie démocratiquement :
                hollande a été élu par un électorat plutôt à gauche, hors la gauche historiquement a toujours défendu le modèle le plus démocratique : la hiérarchie des normes par le haut.
                Donc hollande et la majorité des électeurs n’ont pas voté pour l’inversion de la hiérarchie des normes car ce n’était pas dans le programme, et c’est contraire à la ligne idéologique qu’était sensé suivre hollande.

                Déjà les manifestations ont eu lieu avant que la loi ait été votée.
                Elle n’a pas été votée démocratiquement mais sous la menace du 49-3 et des pressions sur les députés.
                Rien de démocratique dans cette loi.

                Bref ce que tu dis sur la loi du travail n’est qu ’erreurs ou mensonges.

                Dans une vrai démocratie, le gouvernement de valls n’aurait pas proposé cette loi, car ce n’était pas dans les demandes de la majorité.
                L’inversion de la hiérarchie des normes ne sert en fait que des intérêts minoritaires : celui des patrons qui veulent imposer leurs pressions sur les salariés pour orienter les résultats des négociations.
                En démocratie, il y a égalité entre les négociants, mais avec l’inversion de la hiérarchie des normes, il y a inégalité de rapports de force entre les patrons et les employés, les rapports ne sont pas démocratiques.
                Avec la norme par le haut, les représentants syndicaux et les représentants patronaux sont à égalité, il n’y a pas de relation hiérarchique entre eux.

                Mais avec des mots dénués de sens, on peut tout dire avec, même son contraire, comme dans cet article.


                • foufouille foufouille 14 mai 07:51

                  ta justice bourgeoise de droite accepte n’importe quelle plainte d’un bourgeois du style : les feuilles des arbres du voisin ont bouché la piscine ( mais pas les siennes de celles de la forêt proche ).
                  sinon, toi et tes enfants, vous travailler bien pour 4€ de l’heure ?


                  • aliante 14 mai 08:34

                     (j’espère que les groupes pharmaceutiques x ou y)lui ont offert assez de gel désinfectant
                    pour se nettoyer les mains après les avoir serrer aux gueux sur les places publics
                    le mépris ,le mépris quand tu le tiens......ce n’est pas un homme du peuple ,c’est l’homme d’un clan:L’oligarchie euro atlantiste
                    ,la loi travail fait parti des recommandations de l’Ue Merkel a eut un orgasme au soir de son élection
                    La feuille de route Gopé :,déréglementation des professions libérales,uberisation généralisée
                    loi travail ,baisse des indemnités chômages, hausse de la tva......certainement encore plus de guerres au profit de l’otan
                    Macron est une marionnette ,un pantin ,un représentant de commerce
                    Mal élu après une ostracisation des concurrents directs ,,promotion du Fn en parallèle
                    ,Appliquant un traité que la majorité des gens ont rejeté en 2005
                    Elle est ou la légitimité de cette classe politique vendue ?

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