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Accueil du site > Tribune Libre > La France qui coule, la France qui surnage, et la France qui fait (...)

La France qui coule, la France qui surnage, et la France qui fait semblant…

Ayant étendu son empire sur les PECO, l’Allemagne peut offrir à son élite ouvrière une sous-traitance à bas coûts dans les « colonies » d’Europe centrale et orientale, sous-traitance qui lui permet de ranger l’extrême qualité de ses produits dans une enveloppe tarifaire tout à fait acceptable, laissant ainsi à l’euro lui-même la possibilité de faire sentir sa force à l’extérieur sans que celle-ci puisse apparaître comme trop désagréable : la qualité y est.

Quant à la France, grâce à Charles de Gaulle en particulier et aux mesures sanglantes qu’il a prises dès 1945 (massacres de Sétif, Guelma, Kherrata en Algérie, engagement de la guerre d’Indochine), ainsi qu’à sa décision de se ressaisir des colonies africaines par la force et en faisant fi des populations indigènes entre 1940 et 1944, elle est depuis lors en quête d’un hinterland africain… En vain, jusqu’à présent. C’est-à-dire qu’elle n’y compte plus ni les défaites militaires, ni les défaites diplomatiques…

La voici donc qui se trouve rendue à la condition des autres pays du Sud européen… Et si son prestige selon la dimension qualitative s’est réfugié dans le luxe, la mode, les vins et spiritueux, les suites de la Seconde Guerre mondiale s’avèrent désormais terriblement cruelles pour elle qui se trouve plus ou moins rangée dans les vaincus… Tandis que l’Allemagne triomphe sur toute la ligne… Mais revenons-en à Alexandre Mirlicourtois (vidéo du 11 février 2013) :
« À l’opposé, avec leurs positionnements d’entrée et de milieu de gamme, la Grèce, le Portugal, l’Espagne, la France et, dans une moindre mesure, l’Italie, c’est-à-dire le Sud de la zone, sont dans une logique de lutte par les coûts. »

Et sous l’étreinte de cette grosse cylindrée qu’est l’euro… Ce qui n’empêche cependant pas la France de conserver une place de choix dans la pyramide de l’impérialisme…, place qui lui permet de peser à sa façon sur ces compagnons du… bas de l’Europe… Mais c’est une autre histoire (qui concerne le versant financier)… Sur le strict plan commercial, la France est en quelque sorte retombée dans le panier de crabes des pays livrés à leurs seules forces, c’est-à-dire aux conditions basiques de l’exploitation de l’être humain par l’être humain : le coût du travail, d’un travail qui doit venir alimenter cette grosse cylindrée qu’est l’euro… Il en faut relativement beaucoup pour chaque euro à obtenir…

Suivons maintenant le raisonnement que conduit, pour nous, Alexandre Mirlicourtois, et qui fait apparaître une lutte à découvert particulièrement désagréable pour la France et ses compagnons de mauvaise fortune :
« Un euro en hausse et les produits des pays à bas coût déferlent à nouveau. Un euro en hausse et exporter ne devient possible qu’à marges comprimées. Un euro en hausse et c’est le risque d’une nouvelle vague de désindustrialisation. »

La conclusion montre bien – sans qu’Alexandre Mirlicourtois en fasse toutefois lui-même la remarque – que c’est le niveau d’exploitation des travailleuses et travailleurs des pays membres de la zone Sud de l’euro qui n’est pas suffisant… par rapport à ce qu’exige le « modèle allemand » impérial :
« Sans l’arme du change, pas d’autre solution pour rester compétitif que d’aller encore plus loin dans la déflation salariale. Une voie sans issue, mortelle même. Car on ne réduit pas ainsi les déficits, les dettes et le chômage. La conclusion s’impose alors d’elle-même : il y a un vrai conflit d’intérêt entre le Nord et le Sud sur la valeur de l’euro. Pour l’heure, c’est bien la conception allemande qui domine. Conséquence ? L’euro flambe et les forts deviennent plus forts et les faibles plus faibles. »

En attendant que quelque chose craque quelque part…

Mais risquons-nous un peu plus loin dans le travail d’Alexandre Mirlicourtois, et considérons la vidéo suivante. Il l’a publiée le 18 février 2013. Et nous constatons qu’elle démarre tambour battant :
« Zéro pointé. C’est le bilan de la croissance française selon la première estimation de l’INSEE. Un zéro qui ne nous apprend finalement rien ou pas grand chose sur la réalité de l’économie française car il s’agit là d’une moyenne. »

Il nous le dira ensuite : il faut tout de même distinguer trois catégories… « Une France qui plonge », « Une France qui surnage » et « Une France qui monte, qui bouge et qui gagne ».

Histoire de liquider immédiatement le pire, prenons le premier cas…
« C’est une partie de la France industrielle qui, chassée du haut de gamme par les productions des pays d’Europe du Nord, s’est positionnée sur l’entrée ou la moyenne gamme et se retrouve balayée par les pays à bas coûts. »

Nous retrouvons donc justement ce qui faisait l’objet de la précédente vidéo… La zone de confrontation avec les super-produits allemands tranquillement dopés par la pompe à plus-value installée dans les PECO…
« C’est bien ce qu’illustre la fermeture en rafale d’usines dans les bassins manufacturiers autrefois très puissants, comme en Picardie. Parfois même, des secteurs entiers partent à la dérive. »

Soyons un peu plus précis, et, avec Alexandre Mirlicourtois imageons la chose :
« C’est le cas aujourd’hui de l’industrie automobile qui, en sombrant, entraîne avec elle les filières de transformation en amont comme la métallurgie ou la plasturgie. Les restructurations emblématiques de Peugeot-Citroën ou de Florange y font écho. »

Quant à la France qui « surnage » et à celle qui « bouge », qui « monte » et qui « gagne », il vaut mieux éviter d’en parler. Ce n’est rien qu’un hoquet du passé, pour la première ; et qu’une vague poudre aux yeux, pour la seconde… De fait, de même qu’en 1940 on avait oublié de placer une réserve en avant de Paris (ce qui a foudroyé Churchill venu constater l’effondrement hyper-rapide du front), les lignes arrières françaises sont en réalité totalement inexistantes… Je ne parle pas ici de la projection impérialiste des multinationales qui, elle, est bien réelle, même si elle est beaucoup moins française qu’on ne pourrait le croire…

NB. Cet article est le soixantième d'une série...
« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? »
Pour revenir au document n° 1, cliquer ici


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1 réactions à cet article    


  • Olivier 24 mai 22:13

    Eh oui, pendant que la France sacrifiait tout aux lubies diverses et variées : construction européenne, euro, société multi-culturelle, immigration de remplacement, sans compter le réchauffisme climatique et la guerre au diesel qui est le seul atout de l’automobile française, l’Allemagne, la Chine et les USA jouent leur carte et regardent avant tout leurs intérêts. 

    Mais l’aveuglement et le conformisme de l’opinion en France sont tels qu’une réaction est devenue inconcevable. Nous allons devenir un pays de seconde zone, en attendant de troisième. Mais à qui la faute ? Voilà 40 ans qu’on vote systématiquement pour des clowns, alors maintenant ça se paye.

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