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La gauche peut gagner après le 29 mai !

Après le 29 mai, la gauche doit tirer tous les enseignements des derniers scrutins électoraux, sinon elle passera son tour en 2007 !

L’urgence et la priorité, à gauche, c’est de tirer tous les enseignements du 29 mai, sinon nous ne pourrons pas avancer sur un bon nombre de questions. Nous sommes tenus à un devoir de vérité à ce sujet. Le 29 mai, nos compatriotes ont exprimé clairement la volonté de conserver des services publics, de conserver des politiques publiques, de conserver la laïcité telle quelle. Ils ont dit clairement vouloir rester maîtres de leur destin collectif, ce qui signifie que pour eux, une élection doit avoir un véritable sens politique, et définir une alternative à partir des choix articulés par les uns et les autres. Ils ont rappelé que l’activité économique doit demeurer au service de celles et de ceux qui produisent et concourent à la création de richesses dans notre pays. C’est pour le Mouvement républicain et citoyen une des priorités absolues de la république sociale. Ce n’est pas tant le rassemblement en soi de la gauche qui fait question, ce qui fait question, c’est son contenu. Je dirais même que ce sera le contenu, tout le contenu et seulement le contenu, qui fera que la gauche aura un candidat ou une candidate au second tour de la prochaine élection présidentielle, par exemple. « On peut gagner sur un rejet, on ne peut réussir durablement sans un projet ». La formule est de Laurent Fabius, et elle est juste. C’est pourquoi le Mouvement républicain et citoyen fait la proposition à la gauche de tenir des Etats généraux, pour débattre, échanger, proposer un projet avant l’élection présidentielle de 2007. Pour que la gauche existe, il faut qu’elle ait un projet, il lui faut mieux comprendre la mondialisation libérale, y repérer les failles, parce qu’elle ne remplit pas ses objectifs, nous engouffrer dans ces failles, proposer et résister, car la mondialisation libérale n’est pas une fatalité mais le résultat d’une politique orchestrée par les uns et subie par les autres. Comment ne pas voir, aussi, à travers la consultation du 29 mai, que l’Europe a été la mise en échec de la gauche, en lui extirpant son identité et sa force ? L’identité de la gauche n’est pas d’accompagner le libéralisme et de le corriger à la marge, l’identité de la gauche est de transformer une société qui est aujourd’hui profondément injuste. C’est pourquoi il faut refonder la gauche et réorienter le projet européen, pour redonner confiance à celles et ceux qui ont déserté les rangs de la gauche. Un discours de vérité sur l’Europe telle qu’elle est doit s’accompagner d’un discours de vérité sur l’Europe telle qu’elle peut être. Réorienter le projet européen et renouer avec un désir d’Europe, c’est avant tout se libérer du dogme européiste qui impose l’option libérale par avance. C’est donc faire avancer l’Europe telle qu’elle peut être, c’est-à-dire à travers des coopérations renforcées, intégrant des convergences sociales dans leur mise en application et supportées par une augmentation du budget européen. Bref, il faut que nous travaillions à gauche, sur la scène européenne, à l’édification d’un droit européen du travail exigeant, et c’est pourquoi nous devons aussi ne pas accepter et nous battre pour que notre modèle social, obtenu de haute lutte sociale et politique, ne soit détruit par la droite, et négocier par l’intermédiaire de certains à la Commission européenne. Ce sont ces questions que le Mouvement républicain et citoyen aimerait verser au débat des Etats généraux de la gauche !


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4 réactions à cet article    


  • Scipion (---.---.37.42) 23 janvier 2006 10:20

    De toute façon, si la gauche gagne en 2007, elle perdra en 2012, à cause de cette fraction de l’électorat qui, mécontente des uns, puis des autres, passe de droite à gauche, puis de gauche à droite, élection après élection.

    Il y a de moins en moins de gens qui se font des illusions à ce sujet. Si on pouvait investir en politique, moi, je mettrais toutes mes économies sur l’abstention.

    Il n’y a qu’elle qui ait vraiment de l’avenir dans un pays aussi divisé que la France...


    • Sylvain Reboul (---.---.151.241) 23 janvier 2006 11:43

      Votre position favorable à une Europe « anti-libérale » est parfaitement irréaliste et cela pour une raison très simple : seule une infime minorité des européens est contre une Europe du marché commun et pour une concurrence non libre et faussée et, plus encore, pour une économie administrée par l’état dans un cadre strictement national, ce qui est à l’évidence aujourd’hui encore plus que hier impossible, sauf à nationaliser (étatiser) la totalité des banques, de l’appareil de production et de la distribution ainsi qu’à instaurer un protectionnisme totalement hermétique aux frontières (lesquelles ? Françaises, Européennes, dans ce dernier cas, cela dépendrait, non de nous, mais des autres qui devraient être entièrement d’accord avec cette étatisation généralisée de l’économie).

      À terme c’est bien une forme de totalitarisme étatique qui s’imposerait en admettant qu’un tel projet politique puisse être mis en oeuvre sans nous conduire au désastre économique immédiat. Avec quels capitaux feriez-vous, en effet, tourner l’économie ? Avec ceux qui ne vous auraient pas attendu pour fuir à l’étranger ? Avec quelle monnaie ? Un Franc sans reconnaissance et valeur internationales ? l’Euro alors que nos partenaires n’auraient pas du tout la même orientation et mettraient la France en quarantaine pour préserver la valeur de la monnaie commune ? Voulez-vous nous faire croire que ceux-ci adopteraient immédiatement votre position anti-libérale ? Rêvez-vous d’une révolution européenne sans révolutionnaires européens ? Ou d’une France qui exporterait, à la manière de l’empire au début de XIXème, le révolution dont vous rêvez à coup de bombardiers et d’ogives nucléaires ?

      En vérité votre programme révolutionnaire, si l’on peut parler de programme et non de rève cauchemardesque et incohérent (irrationnel et irréaliste) n’a aucun relais politique et démocratique crédible. La coupure « insuturable », comme a eu raison d’y insister O.Besancenot, passe nécessairement et radicalement entre ceux (PS)) qui veulent accéder au pouvoir dans les conditions du capitalisme mondialisé quitte à rechercher de nouvelles formes de régulations internes et externes du capitalisme plus soucieuses des équilibres socio-politiques et de justice sociale et en vue d’assurer la pérennité de services publics modernisés (lesquels ne sont pas incompatibles avec la concurrence dans le secteur payant de ces services) et les autres (LCR/LO) qui ne veulent surtout pas gouverner, mais qui prétendent vouloir révolutionner la société et rêvent d’un grand soir qui leur offrirait la société socialiste étatiste de leur désir sur un plateau d’argent et cela, si possible, sans guerre civile pour laquelle ni les français, ni eux, ne sont prêts ; ce en quoi ils ne sont (peuvent être), comme vous-même, que des révolutionnaires de la phrase ou, pour dire comme on disait à l’époque de Marx, de la chaire, dépourvus de chair...

      Voulez-vous une gauche révolutionnaire qui fasse la révolution sans violence et cela avec des partis qui ne cherchent qu’à revenir démocratiquement au pouvoir dans un cadre européen ? Et vous croyez que le PS peut marcher dans votre sillage, une fois au pouvoir ? En fait -et vous le savez d’expérience- il ne peut que faire semblant quand il est dans l’opposition pour obtenir vos voix et faire, dès lors qu’il est au gouvernement, ce pour quoi il a toujours été fait, en tant que machine électorale : une plus ou moins douillette et/ou efficace.. social-démocratie de type nordique ou allemand.

      Le choix à gauche est donc bien là où le placent O.Besancenot et Arlette, à savoir entre une pseudo-révolution politiquement et économiquement impossible ou désastreuse et un social-libéralisme difficile, mais possible, comme seule alternative à un ultra-libéralisme despotique réellement antilibéral.

      Pour ma part je refuse un tel choix -et je ne suis pas le seul- qui opposerait un anti-libéralisme financier (qui tourne le dos à la pensée libérale des fondateurs) à un anti-libéralisme national-étatique qui à fait les preuves que l’on sait. Votre révolution sociale-nationale despotique n’est pas la mienne, ni celle de PS, ni celle des français ou des européens. Elle ne peut être soutenue que dans un ciel des idées débarrassé de toute réalité ou impureté objectives.

      Les origines philosophiques de la pensée libérale


      • BB (---.---.186.61) 23 janvier 2006 15:34

        Oui monsieur je partage votre opinion, les Français qui contrairement aux motivations égoïstes et mesquines de la sauvegarde des avantages acquis, dans lequel ont voudrait les enfermer, ont dit non a un monde qu’ils ont vu se profiler derrière ce traité constitutionnel.

        Ils ont finalement choisi la prudence, le temps de la réflexion, sachant que dire non à un traité constitutionnel n’est pas dire non à l’Europe et oui au replis sur soit comme, la encore, certains le laissent à penser.

        On nous dit que le temps de la réflexion, nous ne l’avons pas, que dans ce monde mondialisé la complétion est telle que tout retard dans la mise à plat des avantages sociaux entraînera une dégénérescence irrémédiable (la destruction des avantages sociaux me semble être le vrai danger)

        Ce qui me parait être le plus inquiétant, c’est que ces « on », ces « certains » représentent en fait le gota économico-journalistico-politique (dans l’ordre) et que ce « monde d’en haut » ce monde de l’influence, loin de respecter le choix des électeurs continuent à diaboliser le « non », on n’en repasse une couche chaque fois que c’est possible.

        Le respect du peuple souverain aurait consisté à prendre le risque d’une consulter les électeurs sur la mise en place d’un état nation Europe, puis de demander à ces mêmes électeurs d’élire une assemblée constituante ou toutes les visions, entre fédéralisme, état central, Europe sociale, culturelle, économique, auraient pu se rencontrer dans un texte simple et court qui ne soit pas un agglomérat de traités mais le socle d’une démocratie à l’échelle européenne.

        Voter lorsque tout est joué, débattre sur un texte tout ficelé, à prendre ou à laisser, n’est plus tolérable aux yeux des électeurs, même lorsque toute la machine à convaincre est mobilisée pendant des mois...

        Maintenant, pourquoi M. Hollande a-t-il rejoint M. Sarkozy sur un sujet ou l’affrontement : social contre économie de marché, constitue le cœur du débat ?

        Pourquoi après le front populaire avons-nous droit à un front PS pour la défense d’une position libérale, contre son électorat ?

        Le référendum interne fut un fiasco dans le sens ou il a mis le parti socialiste sur des positions opposées à la majorité de sa base électorale (après l’ampleur de la victoire des régionales c’est bien triste, quelle gâchis !), pourquoi cette précipitation à positionner le PS dans la ligne Chirac au sujet d’un vote décidé par lui et dont il aurait du porter seul la responsabilité politique ?

        Peut-être pour barrer la route aux idées différentes de celles de son premier secrétaire, dans ce cas cela revient à dire que, dans ce parti, les tendances ne peuvent plus s’exprimer...

        On se demande alors comment le parti socialiste, avec sa direction actuelle, pourra prétendre rassembler la gauche dans un projet commun de gouvernement au second tour ?


        • Ludovic Charpentier (---.---.68.100) 23 janvier 2006 17:20

          Excusez-moi, mais si j’ai voté ’oui’ au traité, c’était pour une raison différente de Sarkozy. Sarko voulait utiliser le TCE à des fins de politique d’immigration, j’ai voté pour ce traité qui reconnaissait une place au rôle des syndicats. Le traité était le résultat de négociations laissant des espaces à la droite, comme à la gauche (une marge de manouevre jugée insuffisante). Enfin, on ne va pas refaire le débat.

          Maintenant, le TCE ne doit être qu’une partie du projet du PS qui doit aussi résoudre des questions d’emplois, de logements, de discriminations... Résumer le seul travail de la gauche à l’après-29 mai serait une erreur car je ne pense pas que l’électorat de gauche attende uniquement de savoir ce qu’il va advenir de l’article III-167 du TCE !!!!

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