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Accueil du site > Tribune Libre > La « gestion des élèves » au sein des établissements scolaires (...)

La « gestion des élèves » au sein des établissements scolaires japonais

 Partie 1 : Introduction au Seito Shidou et ma perception du système japonais

 Enseignante titulaire d'anglais en lycée au Japon depuis 3 ans (en savoir plus sur moi et mon parcours), je vous propose aujourd'hui de découvrir comment on "gère les élèves" (bien que ce terme soit totalement inapproprié, vous allez le voir) au sein des établissements nippons.

 Au Japon, on appelle « seito shidou » le terme qu'on utiliserait en France pour "gestion des "élèves". Il n’existe pourtant pas d’équivalent en français, même pas ce fameux « gestion des élèves », parce que justement, il ne s’agit pas de gestion. En anglais, le terme correspondant est «  student guidance  ». « Guider les élèves sur le chemin de la vie » si vous vous sentez l’âme d’un poète. Si le seito shidou n’a pas d’équivalent en français, c'est sûrement parce que ce rôle d’éducation n’est traditionnellement pas exigé des enseignants Français. Le fait est que les enseignants Japonais jouent un rôle primordial dans l’éducation des élèves Japonais.

 En tant que Français, je pense que nous avons un clair désavantage dans ce type de travail, tout simplement car nous n’avons généralement en tête aucun modèle d’enseignant qui aurait aussi joué le rôle d’éducateur (à la Japonaise, j’entends) au sein des établissements dans lesquels nous avons étudié. En tout cas, je n’ai personnellement aucun modèle auquel me référer pour ce rôle, ce qui s’avère être un important handicap pour l’exercer au quotidien. Si on ajoute en plus les différences culturelles évidentes et les méthodes d’éducation qui ne se ressemblent en rien, vous pouvez deviner que je me balade en territoire inconnu depuis le début. Il y a bien sûr des livres pour se renseigner sur le sujet, mais ils ne traitent souvent pas de cas particuliers, ni ne donnent de directives d’action pour tel ou tel type de cas.

 Le seito shidou s’apprend sur le tas d’après ce qu’on m’a dit, ou bien en observant les autres enseignants, ou encore en leur demandant des conseils sur la conduite à tenir dans telle ou telle situation. On fait des erreurs (on en fait encore plus quand on est de culture différente), donc il faut juste s’habituer à être totalement incompétent sur le sujet pendant quelques années. Perspective très rassurante, vous en conviendrez (oui, c’était ironique). Ajoutez à cela que je suis quelqu’un d’impatient, intransigeant et très directif (tout ce qu’il ne faut parait-il pas avec des adolescents), je pense que vous pouvez comprendre que le seito shidou, c’est franchement pas gagné d’avance pour moi.

 Mais comme j’ai la volonté d’apprendre, j’observe. Je prends note des différences, j’essaie de réajuster mes valeurs et mes croyances pour m’adapter à mon nouvel environnement, et même si j’arrive à percevoir des tendances, l’ensemble reste encore assez loin de ma portée pour l’instant, en particulier car il va à l’encontre de tout ce que j’ai connu. Un exemple ? J’ai connu le système de croix au lycée : une croix pour exercice non fait, une croix pour un retard, une croix pour oubli de matériel, etc. Au bout de 3 croix, nous avions 1 heure de colle. La schlague pour nous faire rentrer dans le rang. Eh bien au Japon, il n’y a pas d’heures de colle. Pour commencer. Ensuite, il n’y a généralement pas de système hyper répressif pour faire en sorte que les élèves obéissent. Donc pas de croix pour exercice non fait, oubli de matériel ou autre.

 Tout se gère avec “bienveillance”. On ne sanctionne pas les oublis de matériel, les exercices non fait etc. Le but est de faire en sorte que les élèves adoptent les bons comportements, de façon naturelle, grâce à un encouragement constant de la part des enseignants. Un exemple : dans le collège ou j’exerçais il y a 4 ans, les élèves qui arrivaient en retard, même en plein milieu de journée, n’étaient jamais rappelés à l’ordre, pas plus qu’on exigeait d’eux des explications. Ils rentraient simplement en classe, même en plein milieu de cours. On les accueillait à bras ouverts. Le concept derrière tout ça ? Pour faire simple : au lieu de frapper le chien qui revient vers vous après 10 min à l’appeler en vain, vous le félicitez d’être revenu vers vous avec moultes calinoux pour qu’il apprenne qu’il est toujours bon de revenir auprès de son maitre. Renforcement positif en somme. Oui, les humains ne sont pas des chiens. N’empêche que c’est la seule image qui me semble pouvoir illustrer la situation. Autant dire que j’ai du mal à m’habituer au concept moi qui ne suis habituée qu’à la schlague des heures de colle et au rapport de force constant avec les élèves. Bien entendu, les exclusions temporaires ou définitives existent et sont utilisées sans retenue lorsque le comportement a été jugé inexcusable. Il existe en plus des sanctions d’avertissements, travaux d’intérêt général, etc. utilisés lorsque jugés nécessaires. Mais je me demande comment les élèves en viennent à rentrer dans le rang, à obéir, alors qu’on exerce apparemment peu de contraintes sur eux, comparé à ce que j’ai connu dans mon lycée français il y a plus de 15 ans…

 Il faut s’intéresser au concept d’amae (lien 1, lien 2) pour essayer de comprendre. Il existe vraiment une interdépendance affective qui est créée et renforcée au quotidien entre enseignants et élèves, et entre élèves eux-mêmes. Les élèves ne veulent pas nuire aux enseignants ni aux autres élèves et veulent faire des choses “bien” (comportement + études) pour faire plaisir à l’enseignant, se faire féliciter etc. Et ce comportement est renforcé par les actions entreprises par les enseignants (renforcement positif). Mais c’est sans oublier la valeur groupe qui est très forte et qui cultive la crainte de l’exclusion par comportement inadapté, amenant à la perte du soutien du groupe. Ce dernier étant considéré comme protecteur et rassurant, les gamins apprennent à redouter de perdre ce soutien, d’être exclu. Comme on leur apprend aussi que leur déchéance aura des répercussions sur leur famille et les membres de leur groupe (la honte partagée, qui peut mener aussi à une mise à l’écart pour se débarrasser de l’élément considéré comme un boulet pour le groupe), ils se retrouvent dans un système particulièrement vicieux, mais diablement efficace, d’infantilisation et de contrôle répressif de leur comportement, basé sur la peur…

 Ce système peut paraître non souhaitable d'un point de vue français, mais il est tout à fait adapté à la société japonaise qui est très exigeante envers ses membres qui la composent. J'ai décrit ce système avec nombre de termes négatifs mais les résultats que je constate à mon petit niveau (et qu'on ne peut que constater au niveau national par ailleurs) sont époustouflants : certains gamins arrivent dans notre lycée avec un manque certain d'adaptation aux exigences de la société japonaise (en gros, ils sont mal élevés, même d'un point de vue français, parfois n'ont pas beaucoup de morale) et sortent de notre lycée totalement rééduqués, transformés, aptes à s'insérer dans la société japonaise, sans nuire à autrui, ni à eux-mêmes.

 Je pense écrire d'autres articles sur le sujet, notamment des études de cas, mais en attendant vous pouvez aller lire un autre article de mon blog sur le Seito Shidou et ma façon de l'appliquer dans ma matière (en anglais).


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39 réactions à cet article    


  • patrick22 11 juin 2018 09:50

    Merci. Vos articles pourraient faire un peu réfléchir nos « grosses tètes »
     de l’EN.....
    Mais non .... on continue les bêtises.... sans moyen... Ça brasse de l’air et fait souffrir parents enfants et éducateurs......
    Il existe d’autres voies.... mais il faut vouloir que ça change.... Nos élites ne le souhaitent pas.... !!!!
    Merci d’ouvrir les perspectives.....


    • nemuyoake nemuyoake 11 juin 2018 10:09

      @patrick22
      C’est sûr qu’en France, les élites brassent de l’air en ce qui concerne leurs nouvelles réformes faites à l’arrache, qu’ils imposent chaque année. Pas le temps d’implanter la précédente que la suivante est déjà imposée.


    • pallas 11 juin 2018 10:51
      nemuyoake
      Bonjour,

      Au Japon etre « gaucher » est considéré comme un handicap, en Turquie c’est pire car considéré comme un être démoniaque.

      Le Japon est un monde de reflet, ou chacun est le miroir de l’autre.

      Beaucoup de japonais quittent le pays, n’en pouvant plus de cette prison.

      La France est un chaos, un univers sombre et de violence, mais l’individu est libre, pour peut qu"il sache ce débrouiller un minimum et avoir l’instinct de survie.

      J’attend de votre part un article sur l’unité 731, ou bien du viol des femmes coréennes, lors de la seconde guerre mondial.

      Le Japon une nation pourrie jusqu’à la moelle, pire que La France en vérité.

       smiley

      Salut

      • nemuyoake nemuyoake 11 juin 2018 12:10

        @pallas
        Euh, non, être gaucher n’est pas considéré comme un handicap. Avant, cela l’était, comme en France avec les « gauchers contrariés ».

        Non, très peu de Japonais quittent le pays. Ils ont parfaitement conscience de l’état des autres pays et préfèrent rester au contraire dans leur zone de confort (ce qui est dommageable à mon avis). Ils sont très japonocentrés dans leurs préoccupations (et ça non plus ce n’est pas une qualité).

        Sinon, vous trollez, donc don’t feed the troll, comme on dit. Salut aussi. ^^


      • pallas 11 juin 2018 12:36

        @nemuyoake


        Ben voyons je troll, argument facile.

        Si ont parlaient des bars de confort ou plutôt sur la prostitution des jeunes filles mineures à Tokyo.
        La pédophilie au Japon surpasse La France pourtant 3 mes mondiale.

        Il y a beaucoup de jeunes femmes adultes de type occidental d’une 20 enes d’années s’affichant la bas dans les bordels à prostitution en faite.

        Vous n’avez pas idée de mon savoir, on peut discuter de l’actuel changement de l’armée, un ré armement massif, prête à faire la guerre à La Chine, nation qui est devenu folle, digne d’Orwell.

        Le Japon est condamnée à disparaitre à cause de la radioactivité, les élites et citoyens fuient vers l’Argentine, Inde, USA, une petite minorité au Maroc.

         smiley

        Vous me faites sourire.

        Salut

      • nemuyoake nemuyoake 11 juin 2018 12:40

        @pallas
        Ce sont les enseignants qui les prostituent peut-être ? Ce sont les directeurs qui ont violé les femmes de Corée ? Je vous parle de seito shidou au cas où vous n’auriez pas lu l’article.


      • Aristide Aristide 11 juin 2018 12:28

        ... certains gamins arrivent dans notre lycée avec un manque certain d’adaptation aux exigences de la société japonaise (en gros, ils sont mal élevés, même d’un point de vue français, parfois n’ont pas beaucoup de morale) et sortent de notre lycée totalement rééduqués, transformés, aptes à s’insérer dans la société japonaise, sans nuire à autrui, ni à eux-mêmes.


        Conclure de la « qualité » d’un type d’éducation à partir d’exemples concernant une minorité me semble assez ... contestable.



        • nemuyoake nemuyoake 11 juin 2018 12:37

          @Aristide
          J’ai donné un exemple concret pour illustrer mon propos. Pas besoin d’ergoter alors que vous savez aussi bien que moi que les Japonais sont en général (je dis bien en général) bien « élevés », polis et de « bons » citoyens lorsqu’ils sortent du système scolaire japonais. Pour une fois, cette image que les Français ont des Japonais n’est pas usurpée (même s’il y a bien sûr des contre-exemples vu qu’il ne s’agit que d’une tendance).


        • pallas 11 juin 2018 13:02
          nemuyoake

          Je peut aller encore plus loin,

          Dans les années 1990, des médicaments contre l’anxiété ont été vendu, sa supprimai littéralement la conscience, rendant l’individu un zombie.

          Au Japon, il est facile de détruire la conscience d’autrui, car celle ci est considérée comme une anomalie.

          Nous sommes loin du Shintoïsme.

           smiley

          Salut

          • nemuyoake nemuyoake 11 juin 2018 13:07

            @pallas
            Encore aucun rapport avec le Seito Shidou...


          • pallas 11 juin 2018 13:31

            @nemuyoake


            Je vous parle de la réalité, du suicide des jeunes, le harcèlement moral et physique, de viols, de meurtre.

            Le Japon est un cauchemars et en effet nous sommes loin du « Seito Shidou », la réalité est celle ci.

            Les SDF formant un bidonville géant à Shinjuku, et autres provinces, de ce mépris et individualisme de chacun.

            Le Japon est pire que La France en terme d’égoïsme de chacun et de corruption.

            Les chiffres de la délinquance et criminalité sont faux, ils sont au moins au même niveau que La France.


            Salut

          • nemuyoake nemuyoake 11 juin 2018 13:37

            @pallas
            « Les chiffres de la délinquance et criminalité sont faux, ils sont au moins au même niveau que La France »

            Rien qu’avec ça, j’ai la confirmation que vous n’avez aucune idée de ce dont vous parlez.


          • leypanou 11 juin 2018 16:30

            @nemuyoake

            A votre place, je ne perdrais pas mon temps à répondre à des gens qui n’ont rien à faire de leur journée et qui postent n’importe quoi sous n’importe article.

            En tout cas, j’ai appris (un peu) le Sheitou Shidou : un peu de culture sur cette société qui mérite d’être mieux connue.

          • Trenien 11 juin 2018 20:31
            Je rejoins le point de vue de leypanou : il est inutile de répondre à un troll (assumé ou pas).
            Si pallas veut faire dans la discussion constructive (musclée ou pas), il n’aura qu’à appuyer ses remarques avec des sources fiables. Dans l’état actuel des choses, ça dépasse à peine le stade du borborygme inarticulé.

          • nemuyoake nemuyoake 11 juin 2018 22:35

            @leypanou
            J’avais espoir d’avoir une discussion constructive avec lui, mais c’était peine perdue.

            Merci pour votre commentaire, j’essaye d’œuvrer en ce sens.


          • nemuyoake nemuyoake 11 juin 2018 22:36

            @Trenien
            J’aurais pas dit mieux, merci.


          • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 11 juin 2018 13:33

            « Mais c’est sans oublier la valeur groupe qui est très forte et qui cultive la crainte de l’exclusion par comportement inadapté, amenant à la perte du soutien du groupe. » c’est oublier que l’individu ne peut réellement se construire, qu’en se positionnant par rapport à la norme. Je suis différent ou différente : donc : je ne SUIS pas le troupeau. Poubelle.


            • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 11 juin 2018 13:40

              Heureusement, le japon ne produit pas que de fausses perles de culture et certains ou certaine sortent du lot : https://fr.wikipedia.org/wiki/Wong_Kar-wai. Mais il s’agit d’un Hong-Kongais,.....https://www.youtube.com/watch?v=gw9fKuymA0I


              • nemuyoake nemuyoake 11 juin 2018 13:41

                @Mélusine ou la Robe de Saphir.
                Vous aussi vous ne faites quasiment que des commentaires qui n’ont absolument aucun rapport avec le sujet... 


              • Wildbill 11 juin 2018 16:31
                "Mais c’est sans oublier la valeur groupe qui est très forte et qui cultive la crainte de l’exclusion par comportement inadapté, amenant à la perte du soutien du groupe"
                C’est là selon moi le point le plus important qui fait la différence en terme de réussite globale du systême d’éducation japonais sur le Français.
                Mais ça se retrouve dans tous les domaines de la société japonaise.
                L’individu japonais est élevé depuis tout petit et surtout depuis la fin de l’ère Edo comme un élément de réussite de sa famille d’abord et de la société toute entière qui lui fait comprendre que son échec serait non seulement une honte personnelle mais ça à la rigueur c’est sécondaire,mais surtout une honte familiale et donc une sorte de trahison envers la nation toute entière.
                L’individualisme n’a pas sa place au Japon à la différence de la France post 68arde où il l’est la caractéristique principale de la société.
                Au Japon,c’est l’individu qui doit s’adapter au groupe et donc à la société pour la réussite de celle ci et en France,c’est l’inverse.
                Il y a donc bien sûr des laisser pour compte et le système de pensée japonais est source d’intense frustations mais globalement,le système a fait ses preuves.
                Rappelons qu’il y a un peu plus d’un siècle et demi le Japon vivait encore au Moyen-Age.


                • Jason Jason 11 juin 2018 18:48

                  @Wildbill et @nemuyoake bonjour,


                  « L’individualisme n’a pas sa place au Japon à la différence de la France post 68arde où il l’est la caractéristique principale de la société. »
                  Je ne crois pas que l’individualisme soit un mal, ou du moins qu’il se montre toujours sous ses aspects négatifs. De plus l’individualisme n’est pas une caractéristique des années ’68 (ou post-68).

                  Il suffit de le canaliser vers les tendances altruistes et coopératives, ce qui est difficile dans nos sociétés de consommation intensive et de compétitivité exacerbée, j’en conviens.

                  En ce qui concerne les différences de sociétés ou de réflexes sociaux tels que notre sympathique contributrice nous les montre, j’aimerais revenir à un aspect fondamental de la société française, et sans doute européenne. C’est celui de la culpabilité, du péché originel, de la chute due à l’expulsion de l’Eden, proposés par la pensée chrétienne. L’individu y est considéré comme mauvais, coupable, pratiquement à la naissance. Il est parcouru par des instincts méchants, égoïstes, et donc il faut s’en méfier et corriger ces mauvais penchants. D’où une nécessité de discipline et de châtiments pour le remettre dans le droit chemin. Le former, l’éduquer.

                  Dans nos républiques l’individu ne naît pas innocent. Il n’y a que les lois positives qui posent que toute personne est considérée innocente à moins d’être prouvée coupable. Mais ce paradigme ne fonctionne pas dans le système éducatif où se faufile le filigrane chrétien décrit ci-dessus. La discipline, les contraintes, les punitions sont les cortèges de cette éducation.

                  Qu’en pensez-vous ?

                • Wildbill 11 juin 2018 20:56

                  @Jason

                  « Je ne crois pas que l’individualisme soit un mal »
                  L’individualisme n’est peut être pas un mal en soi mais il tombe (très !) souvent dans l’égocentrisme dû à la nature humaine.
                  L’individualisme/égocentrisme de la société française actuelle est absolument une résultante de la pensée post 68arde qui cache son égocentrisme derrière des apparences d’ouverture.
                  C’est de l’hypocrisie.
                  « Il est interdit d’interdire »ect.,C’est quoi sinon de l’individualisme ?...
                  Quant à la civilisation européenne,donc la France basée sur la pensée gréco-romaine et ensuite sur le christianisme et son besoin de culpabiliser tout le monde pour tout et de punir pour garder le controle du peuple,il est assez vrai et cette mentalité a régnée pendant tellement de temps qu’elle a influencée la Révolution Française et sa Terreur où les têtes ont volées dans tous les sens.
                  Le Japon,c’est une autre philosophie,pas forcément meilleure,juste différente à la base mais c’est surtout une autre tradition sublime qui a subie un choc civilisationnel terrible en 1860 qui comme je l’ai dit l’a forcée pour survivre à passer du Moyen-Age à l’ère moderne en quelques décennies.
                  En 1906,la flotte japonaise met une raclée à la flotte russe pour garder Hokkaïdo.
                  A l’époque c’était un choc mondial qu’on a oublié depuis mais ça montre les bouleversements ultrarapides que la société japonaise a dû s’imposer et son pouvoir de résiliance dû justement à cette mentalité fondée sur le groupe et non sur l’individu mais qui depuis un siècle rendant selon moi les japonais complêtement schizophrènes,tiraillés entre la tradition et la modernité jusqu’à la folie.
                  L’individualisme est une absurdité pour l’être humain qui est un animal social
                  L’être humain devient fou dans la solitude.

                • nemuyoake nemuyoake 11 juin 2018 22:44

                  @Wildbill
                  Oui, au Japon, l’école n’est par exemple pas considérée comme un ascenseur social. Selon les textes officiels, elle doit développer une pensée originale, la personnalité des élèves et toutes ces caractéristiques qui ont l’air très françaises mais elle se retrouve engluée dans ce système de groupe et de devoir moral envers le groupe qui est en opposition avec les buts (qu’on se demande d’ailleurs s’ils ne sont pas écrits sur le papier juste pour faire joli et faire plus « international » ou « moderne » alors qu’en réalité ce dont la société japonaise a besoin pour perdurer dans son état, ce n’est surement pas des gens individualistes).


                • Jason Jason 12 juin 2018 08:11

                  @Wildbill


                  Nature/culture. Je ne crois pas à une nature humaine unique, monolithique et qui a existé de tous temps. Je crois plutôt à la culture, au milieu, à la parenté, à l’enfance, et aux moeurs qu’on nous apprend. Loin de la mécanique cartésienne de l’homme-machine.

                  Quand on quitte l’Hexagone, la nature humaine tend à s’estomper quelque peu. En fait, ce qui me déplaît dans cette notion de nature humaine, c’est surtout le mauvais usage qu’on en fait et son côté rigide qui explique tout. Et donc n’explique rien en proposant des axiomes inébranlables.

                  Je préfère rester sceptique et fluide. Les statues, ce n’est pas pour moi. Vous le devinez, je suis iconoclaste, ça me va très bien.

                • L'enfoiré L’enfoiré 11 juin 2018 17:16
                  @nemuyoake bonjour,

                   Un pays très différent que j’aimerai voir un jour.
                   Merci... toujours intéressant d’en apprendre plus...



                  • nemuyoake nemuyoake 11 juin 2018 22:55

                    @L’enfoiré
                    Merci pour l’article. Si je puis me permettre, Amélie Nothomb (de son vraie nom Fabienne) n’a pas « très bien » connu le Japon, au contraire. Elle n’y est pas née, contrairement à ce qu’elle prétend, c’est son personnage qui y est né. Elle est restée au Japon de l’âge de 2/3 ans à 5 ans, et y est revenue une fois adulte pour une seule année. Elle décrit donc le Japon fantasmé de son enfance et celui qu’elle décrit à l’âge adulte est celui d’une expérience dans une grande entreprise des années 90, soit il y a presque 30 ans, où elle a été incapable de s’adapter justement parce qu’elle ne connaissait pas la culture japonaise (d’un autre coté, qui aurait envie de s’adapter à ça ?). Il existe toujours ce genre d’entreprises mais elles ne sont plus la norme et n’existent que dans les grandes métropoles.


                  • nemuyoake nemuyoake 11 juin 2018 23:17

                    @L’enfoiré
                    Je rajoute que si vous aimez le Japon, la culture japonaise et que vous vous intéressez aux différences culturelles, comment un nouvel arrivant au Japon peut trouver des moyens de les gérer etc. Vous pouvez lire mon livre en emprunt gratuit sur Amazon KDP. https://www.amazon.fr/dp/1980838135

                    Les 20 premières pages sont mises à disposition gratuitement sur internet ici.

                    https://www.monbestseller.com/manuscrit/9409-intuitu-personae


                  • L'enfoiré L’enfoiré 12 juin 2018 11:46
                    @nemuyoake

                    En effet, Amélie est née à Etterbeek au sein d’une famille catholique de la noblesse belge.
                    Mais elle n’est pas le sujet..
                    Il y a un commentaire que j’ai ajouté hier qui me semble plus important : le Japon va accepter des migrants.
                    Ça c’est nouveau parce que le pays est imperméable aux étrangers qui voudraient s’y installer.
                    Ils devront probablement apprendre le japonnais.
                    C’est probablement par les robots que les Japonnais pensaient l’éviter.
                    Les retraités sont de plus en plus nombreux et je suppose que leurs frais sont compensés par des taxes sur les robots.
                    Pouvez-vous confirmer cette info ?

                  • nemuyoake nemuyoake 12 juin 2018 11:55

                    @L’enfoiré
                    Le Japon va accepter des migrants pour un max de 5 ans non renouvelables, et avec interdiction de faire venir leur famille. Du moins, c’est ce que j’ai entendu aux info.

                    Il existe déjà un visa d’apprenti et les entreprises japonaises l’utilisent pour employer de la main d’œuvre étrangère à bas prix et les exploiter.

                    A mon avis, c’est juste pour faire illusion de s’ouvrir à l’immigration et satisfaire les entreprises en manque de main d’œuvre (donc l’économie) sans risquer de devoir accueillir des migrants à long terme. Ils ne veulent vraiment pas de migrants économiques. Ils ont trop peur de se faire envahir.


                  • L'enfoiré L’enfoiré 13 juin 2018 09:20
                    @nemuyoake
                    Un autre message sur le Japon qui vaut son pesant d’or.
                    Au Japon, toute personne qui veut travailler a un emploi


                  • L'enfoiré L’enfoiré 11 juin 2018 17:43
                    @nemuyoake

                    Une question : est-ce que le « seito shidou » est une sorte d’enseignement « par l’autre bout » comme je l’avais appelé ?

                    • L'enfoiré L’enfoiré 11 juin 2018 17:47
                      Une autre : quel est votre connaissance de la langue japonaise parlée et écrite comme vous y êtes depuis quelques années ?
                      L’anglais est bien sûr la bouée de sauvetage, mais c’est loin d’être suffisant pour en comprendre les finesses.

                    • nemuyoake nemuyoake 11 juin 2018 22:57

                      @L’enfoiré
                      Je travaille dans un environnement 100% japonais avec du travail administratif à faire, donc oui, je parle et j’écris le japonais. Pas encore avec un niveau native par contre.


                    • nemuyoake nemuyoake 11 juin 2018 22:59

                      @L’enfoiré
                      Non, le seito shidou concerne l’éducation, pas l’instruction de type Freinet.


                    • patrick22 12 juin 2018 09:00

                      Pauvres de nous.... !!!!
                      Je disais juste à cette dame que le point de vue de l’éducation au japon est intéressant, et je la remerciai de l’avoir présenté....
                      Qui a prétendu que le Japon est la panacée des cultures... ?????
                      Qui a dit que la société japonais est sans critique.... ?????

                      Agoravox est le spécialiste des engueulades pour rien.... Chacun croit voir d’autres trucs dans des articles pourtant clairs.....

                      Amicalement


                      • nemuyoake nemuyoake 12 juin 2018 11:48

                        @patrick22
                        Je suis toujours contente d’avoir des commentaires comme le votre et je continuerai de toute façon à écrire des articles sur le Japon pour les gens comme vous.

                        Je ne demande pas qu’on soit d’accord avec moi ou qu’on éprouve un amour inconditionnel pour le Japon (ce n’est même pas mon cas), je souhaite juste faire connaître un peu mieux ce pays, avec ses qualités et ses défauts, grâce à mes articles.


                      • kalachnikov kalachnikov 12 juin 2018 12:13

                        Bonjour.

                        Je suis dubitatif avec vos ’résultats époustouflants’.

                        En tous temps, la culture japonaise a été coercitive, un lieu d’étranglement de l’individualité, ce qu’on discerne facilement à travers les productions artistiques ou pornographiques (on peut y lire l’inconscient collectif). Si on ouvre la porte à cet inconscient - et la conduite nippone pendant la seconde guerre mondiale le démontre -, on tombe très vite sur une bête sauvage, rendue sauvage, derrière le vernis policé.
                        Il y a de surcroît au japon tout un contexte psychiatrique et on peut penser qu’en fait cette société apparemment clean dissimule une souffrance individuelle incandescente.

                        http://www.slate.fr/story/93549/reponses-psychiatrie-question-suicides-en-masse-japon

                        https://fr.wikipedia.org/wiki/Hikikomori

                        Etc, etc.


                        • nemuyoake nemuyoake 12 juin 2018 21:45

                          @kalachnikov
                          Les Japonais sont des êtres humains comme les autres, des bêtes comme les autres. Cette violence n’est pas admise et du coup, quand elle jaillit, elle est d’autant plus violente. Certaines personnes ne supportent pas cette société, ne peuvent pas s’y adapter et en souffrent. Pour info, je souffre de dépression chronique depuis mon jeune âge et je m’y trouve très bien. 

                          Il n’empêche que c’est une société où la criminalité et la délinquance y sont extrêmement faibles justement grâce à cette éducation et c’est particulièrement agréable à apprécier au quotidien. La violence des relations entre les personnes n’a pas disparue mais elle est contenue et cela aussi est un agréable changement par rapport aux relations interpersonnelles françaises remplies d’agressivité.

                          Personnellement, je préfère vivre dans cette société « coercitive » car j’adore la liberté qu’elle me procure. Mais je comprends qu’on puisse ne pas apprécier et surtout je comprends qu’on ne soit pas d’accord, surtout si on a jamais vécu au Japon, car j’étais comme ça moi aussi. Je l’étais même après mon premier séjour au Japon (cf mon livre), mais tout a changé lorsque je suis rentrée en France et que j’ai subi un choc culturel inversé.

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