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Accueil du site > Tribune Libre > La guerre scolaire : les Rouges contre les Chouans

La guerre scolaire : les Rouges contre les Chouans 

Livre de Jacques Cousin

272 pages

septembre 2020

Editions du Petit Pavé

 

Méticuleux et passionnant

 

L'auteur, ancien instituteur, aujourd'hui à la retraite, nous livre, ici, une œuvre historique sur l'histoire de la guerre scolaire commencée à la fin du 19ème siècle en Mayenne.

La Mayenne, département rural est une terre de tradition catholique, notamment dans les très nombreuses communes rurales.

Si au moment où le livre sort, la paix scolaire semble terminée, il suffisait hier d'un rien pour que tout reparte.

 

Jacques Cousin est allé s'alimenter dans les archives et a recueilli aussi quelques témoignages.

Le métier d'instituteur n'a jamais été de tout repos mais certains ont été héroïques.

Il n'était pas facile d'être enseignant dans « l'école sans Dieu » comme l'appelait les potentats locaux et la hiérarchie catholique toute puissante.

 

Formés par les Ecoles Normales, l'instituteur et l'institutrice devaient être irréprochables et éviter d'entrer dans les conflits locaux.

« Malgré tout, certains commerçants, épiciers ou boulangers, refusaient de servir les jeunes enseignantes.... Leur vie personnelle était soigneusement décortiquée, épiée, tout comme leurs relations ou activités hors de l'école. »

 

Puissante, la réaction cléricale en arrivait à dicter ses ordres à certaines municipalités.

En 1935, le conseil municipal d'Epineux-le-Seguin décide d'installer la mixité à l'école publique ce qui permet d'avoir une école à deux classes de niveaux différents à la place d'une classe unique de garçons et d'une classe unique de filles...

Ce projet a été abandonné car le curé soutenu par l'évêque a menacé de ne plus assurer les services religieux si le Conseil ne revenait pas sur sa décision.

Le prêtre et ses soutiens ont gagné.

 

Gare aux évêques trop conciliants !

 

Mr Geay, « le curé lyonnais », évêque de Laval qui « engage les prêtres et les fidèles à accepter les institutions établies » est honni par les réactionnaires tout puissants.

Arrivé en 1895, il se rendra à la convocation du pape et remettra sa démission en 1904.

C'est une page d'histoire peu connue que nous dévoile l'auteur.

 

Tout est passionnant dans ce livre et notamment l'occupation et la place que joueront les deux camps :

  • les chouans qui ont servi le Maréchal et ont reçu en retour quelques récompenses comme le droit de surveiller les instituteurs publics ;

  • les instituteurs laïques, victimes d'une administration aux ordres....

 

Ah j'oubliais.

L'auteur explique que les crucifix sont restés longtemps accrochés dans les écoles publiques, même après l'adoption de la loi de séparation des églises et de l'Etat !

Cela ne m'étonne pas.

Instituteur en Mayenne au début et au milieu des années 80, j'ai constaté moi même la présence d'un crucifix dans la salle de conseil de la commune de Champéon.... C 'était 80 ans après 1905 !

 

Jean-François Chalot


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17 réactions à cet article    


  • Aristide Aristide 25 mars 11:29

    La guerre scolaire : les Rouges contre les Chouans 


    Le titre est assez prémonitoire du discours qui suit. Une simplification extrême, aucune mise en perspective historique qui explique pour une grande part la réaction des vendéens toujours marqués par les massacres des bleus de la Révolution.

    Si on ajoute que tous les vendéens ne sont des chouans et que les instituteurs n’étaient pas tous des rouges !!!


    • bonnot 25 mars 13:16

      Il ne semble pas que l’auteur fasse dans la simplification, c’est Aristide que l’on sent

      nostalgique.


      • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 25 mars 17:10

        On a connu un peu partout en France les Rouges contre les Blancs. Les républicains plus ou moins à gauche contre les réactionnaires souvent catholiques.L’instituteur contre le curé...

        En Maine-Anjou, on se souvenait des guerres de Vendée mais plus d’un siècle avait passé et nul n’avait envie de rejouer ce vieux conflit sanglant dû notamment à la sottise fanatique des Jacobins qui dirigeaient la République à l’époque.

        Et puis les lignes se sont faites moins tranchées... Mais l’Église de ce temps-là se comportait comme un certain Islam d’aujourd’hui...


        • Aristide Aristide 26 mars 10:42

          @Jean J. MOUROT

          On a connu un peu partout en France les Rouges contre les Blancs. Les républicains plus ou moins à gauche contre les réactionnaires souvent catholiques.L’instituteur contre le curé...

          Le problème des militants d’un camp ou de l’autre, c’est leur ignorance de tous ceux qui ne se reconnaissaient pas dans cet antagonisme artificiel. Et s’il existait une opposition intellectuelle et plus même, c’était le fait d’une ultra minorité.

          Je passe aussi sur la simplification réactionnaires catholiques ... 

          Mais l’Église de ce temps-là se comportait comme un certain Islam d’aujourd’hui...

          C’est sûr, de nombreux attentats intégristes chrétiens ensanglantaient le pays à la fin du XIXème ... 


        •  C BARRATIER C BARRATIER 25 mars 18:28

          On ne parlait pas de chouans dans mon Ardèche natale où je fus instituteur. Le curé n’était pas méchant, mais prêchait contre l’école du diable !J’avais le soutien des parents d’élèves, mon épouse et moi ne sommes jamais allés à l’église que pour les enterrements. On nous surveillait. L’école catholique perdit des élèves devant le succès des miens au certificat d’études (une seule classe dans la commune, donc la classe unique, mixte). Et puis nous avions le soutien de la Fédération des Oeuvres laïques..qui me prêta un projecteur de films 16mm que nous faisions venir en franchise postale. Le samedi soir, la salle de classe devenait salle de cinéma. Des parents d’élèves de l’école privée du village voisin venaient car à l’époque il n’y avait pas la télévision, et voir de grands films (« Madame Miniver, la symphonie pastorale, la valse dans l’ombre... ») était extraordinaire, la plupart des spectateurs n’étaient jamais allés au cinéma.J’utilisais aussi le projecteur pour des films scolaires correspondant aux programmes. Après le film, nous dansions, un habitant avait un accordéon. C’est avec les gens du pays que j’appris la bourrée et la mazurka !

          Nous avions une coopérative scolaire, et les entrées au cinéma très bon marché, la vente de bonbons et caramels, la kermesse en juin, nous permirent d’aller avec deux école voisines à Paris avec un petit autocar, le réseau des Fédérations des Oeuvres laïques nous permettait un hébergement très bon marché. Ce qui émerveilla les plus jeunes ce fut l’achat dans la rue de glaces ! 3 jours à Paris, le musée de l’homme impressionnant, Vincennes et l’immense ménagerie, le Trocadéro avec la Tour Eiffel et surtout l’aquarium avec même un requin ! Dans nos ruisseaux ardéchois il n’y avait que les truites (en abondance).

          Nous parrainions (toujours par les bonnes adresses de la FOL) une école en Vendée(correspondance scolaire, les élèves des deux écoles s’envoyaient, groupées, des lettres et des dessins). Nous avions pu « subventionner » cette école vendéenne, à classe unique comme la notre.

          Voilà comment les élèves sont venus à l’école communale publique de plus en plus nombreux.


          • CHALOT CHALOT 25 mars 18:46

            La bataille entre l’école privée et l’école publique, n’est pas une bataille entre la gauche et la droite, même en Mayenne.

            A la rentrée de septembre 1979, j’arrive en Mayenne pour un poste dans le village de Saint Fraimbault. J’ai tout de suite été accepté : j’ai organisé comme Claude des séances de cinéma où tout le village était convié et j’ai mis en place un voyage scolaire....Non titulaire du poste, je partis l’année suivante pour assurer l’enseignement en maternelles dans un petit village nommé Alexain. Le maire de droite était un républicain qui a tout fait pour l’école publique, celle qui rassemble tous les enfants . J’ai pu reprendre les séances de cinéma, lancer les activités sportives, participer au rayonnement de l’école publique ce qui me valut des articles dans Ouest France.... Le maire connaissait mes idées mais il s’en moquait car ce qui l’importe c’était l’image de son école de celle qui donne de la vie et qui ne sépare pas les enfants dès l’enfance....Il a fait restaurer mon logement de fonction et à mon départ j’ai eu droit à des regrets et à des cadeaux.


            • Danièle Dugelay Danièle Dugelay 25 mars 22:19

              Mon grand-père paternel était instituteur dans le Nord au cours des premières années du XXème siècle. Il a perdu son poste pour avoir fait descendre trop brutalement les escaliers de l’école au curé du village, venu dans sa classe pour le critiquer. Mon grand-père maternel, maire de sa commune, a été décoré des palmes académiques pour avoir réussi à gagner de vitesse un groupe de villageois de droite qui voulait créer une école maternelle catholique dans les années 1950. Il a pu construire sa maternelle publique avant ses adversaires. Comment voulez-vous que je ne soutienne pas notre école de la république ?


              • babelouest babelouest 26 mars 03:38

                Vive l’école publique ! Pourtant mon ancêtre direct des années 1790 était l’un de ces Vendéens soulevés, il est d’ailleurs décédé peu après (blessé, peut-être ?). Curieusement, il s’appelait.... Cousin ! alors que je suis né dans cette partie du Poitou qui dès 1681 subit de plein fouet les Dragonnadeshttps://www.ebay.fr/itm/SAINT-GELAIS-AU-PERIL-DES-DRAGONS-1681-1981-/400752506016.


                • titi 26 mars 10:14

                  @L’auteur

                  « Puissante, la réaction cléricale en arrivait à dicter ses ordres à certaines municipalités. »


                  Et en 2021, la mairie EELV de Strasbourg finance une mosquée.


                  C’est dommage que vous et vos semblables pourfendeurs de curés soient autant aveuglés par les querelles du siècle dernier au point de ne pas voir arriver les querelles futures.



                  • CN46400 CN46400 26 mars 14:59

                    @titi
                    Si Strasbourg, au lieu de vivre sous le vieillot Concordat, vivait sous le régime commun, la question n’aurait aucune raison d’exister.
                    En 12 ans, les cathos strasbourgeois ont reçu 8,6 millions d’€, les protestants, 7,7 millions et les musulmans 3,7millions.....


                  • reptile CYRUS 26 mars 15:09

                    @CN46400

                    Par nature , les religions n’ ayant pas participé au concordat en sont exclus .
                    Combien ont recu les bouddhiste , combien ont reçu les hindhouiste ...
                    ZERO il se sont debrouillé tout seul ...Alors les musulman ne devrais pas trop se plaindre ni en demander .Surtout quand il refuse de signer une charte reconnaissant la laïcité française .

                    Ce régime spécifique à l’Alsace-Moselle reconnaît et organise les cultes catholiqueluthérienréformé et israélite et permet à l’État de salarier les ministres de ces cultes. À son entrée en vigueur en 1802, il reconnaissait égales les trois confessions et les religions présentes. Il est fondé sur le concordat signé en 1801 entre Napoléon Bonaparte et Pie VII, ainsi que sur des lois allemandes votées durant la période du Reichsland d’Alsace-Lorraine. Ce régime n’a été abrogé ni par l’annexion allemande en 1871 ni par le retour des trois départements au sein de la République française en 19191



                  • CN46400 CN46400 26 mars 18:12

                    @CYRUS
                    Apparemment, les athées et les agnostiques ne perçoivent rien, mais paient normalement les impôts....


                  • reptile CYRUS 26 mars 18:26

                    @CN46400

                    Oui pourquoi ne pas financer l’ anticlericalisme ...
                    A titre d’ opinion religieuse ...ceci bien sur si ces anticlericaux 
                    respecte le droit des autre de croire ...

                    l’ autre solution , plus saine est de se rebaser sur la loi de 1905 et ne subventionner aucun culte ...il restera le monde associatif qui n’ interdit pas les association a but religieuse ou politique ...c’ est deja pas si mal .


                  • reptile CYRUS 26 mars 18:27

                    @CN46400

                    pour info je suis pour la religion modéré a titre de philosophie de vie 
                    , mais aussi pour le droit de ne pas croire ...



                  • CHALOT CHALOT 26 mars 10:28

                    Titi ! Je ne vous ai pas attendu pour condamner les maires qui financent la construction des mosquées, Je vous rappelle que depuis 1989 et l’affaire de Creil j’ai participé à tous les combats contre l’islamisme politique....ALORS CERTAINS COMMENTAIRES M’ENERVENT !


                    • babelouest babelouest 26 mars 11:02

                      @CHALOT oh oui, « l’Islamisme politique » est exactement à l’inverse de la laïcité dont nous sommes les défenseurs. A côté même l’Espagne des « rois très catholiques » me paraît presque faiblarde malgré ce que cela a donné.....

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