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La lente et pernicieuse introduction d’un régime totalitaire

La lente et pernicieuse introduction d’un régime totalitaire 

Il y a un mois, un accord commercial post-brexit a enfin été validé entre Londres et Bruxelles. Plus de quarante ans après la disparition de Jean Monnet, maitre d’œuvre de l’union Européenne, la Grande Bretagne et l’Irlande du Nord prennent donc le large…dans la douleur ! Les récentes voltefaces du premier ministre Britannique accentuent les divisions entre les pays du vieux continent. Elles parachèvent une succession de dissensions politiques et économiques (ex : non ratification Française et Néerlandaise du traité constitutionnel en 2005, gestion désordonnée de la crise économique en 2008 , absence de position commune à propos des flux migratoires en 2015) qui font vaciller une alliance , pourtant jugée indéfectible il y a 30 ans.
Ces événements dessinent les contours d’une Europe nouvelle. Nos gouvernants la devinent. Les relais d’opinion (journalistes, universitaires, oppositions) l’accompagnent et une faction du corps armé la prédit. Certains d’entre eux, la nourrissent, par leurs ouvrages, leurs interventions télévisuelles et/ou leurs communications webs.
La dialectique est construite et des idées défavorables aux régimes démocratiques actuels se propagent. Pour comprendre ce phénomène il faut, comme à l’accoutumé, regarder dans le rétroviseur de l’Histoire, et ce, avec les yeux du chercheur en psychologie (et atteindre le point Godwin !).

Un dangereux Tryptique : crise économique, rejet des partis historiques et conceptualisation du rejet

Il y a un peu plus d’un siècle, à l’issue d’une guerre mondiale cataclysmique, au bilan humain désastreux et à l’impact géopolitique tragique, l’Allemagne, vaincue, embrassait la République de Weimar. Le national socialisme était une idéologie moribonde, abandonnée par le peuple et rejetée des élites. Le score du NSDAP, diminuait, élections après élections. Le 20 mai 1928, il dépassait péniblement 2% (1,57% à Berlin !).
Le groupe d’extrême droite représentait pour beaucoup, le vestige d’une époque révolue, marquée par des conflits endémiques entre puissances européennes. La patrie de Bismarck profitait des crédits américains et partageait avec ses voisins, les fruits d’une croissance retrouvée et d’un progrès que rien ne semblait arrêter. La presse dépeignait Hitler comme un idiot, un fou. Le Frankfurter Zeitung, quotidien libéral, dressait un portrait peu flatteur du futur Chancelier, en cette année 1928 : « Hitler n’a ni pensée ni réflexion responsable [….] Il a un démon en lui, il s’agit d’une idée maniaque d’origine atavique, qui met de coté la réalité compliquée pour la remplacer par une unité de combat primitive […] Hitler est un fou dangereux [….] il a pris l’idéologie de guerre à la lettre et l’a interprétée de manière presque aussi primitive que si l’on vivait à l’époque de la Volkerwanderung (c’est à dire , au moment de la chute de l’empire romain et des grandes invasions barbares). »

Cette analyse est en partie vraie ; « en partie », car il existe bel et bien « pensée » et « réflexion » chez les Nazis. Conscients du déficit de crédibilité dont souffre leur mouvement, les cadres et Hitler lui même se sont attelés, dès les années 1920, à construire un modèle de société articulé autour des théories eugénistes, alors en vogue au début du siècle. Le darwinisme social devient la pierre angulaire de leur programme. Ils considèrent, eu égard à cette doctrine, que les individus les moins adaptés ont vocation à disparaitre. Autrement dit, aucune action publique ne doit perturber la sélection (naturelle) des plus aptes à survivre ; et pour aller plus loin, elle peut même encourager « des mariages préférentiels entre les meilleures souches [raciales] » (Galton, 1865).
Un tel projet est considéré absurde et dangereux dans un environnement socio-économique stable. Il ne peut exister qu’en cas d'effondrement du système.
C’est chose faite en 1929. Les allemands découvrent que leurs efforts sont anéantis par un krach boursier inédit. Quatre ans plus tard, après plusieurs campagnes électorales et d'interminables tractations, Hitler est nommé Chancelier.
A son arrivée, les fondements du 3ème Reich sont d’ores et déjà établis : favoriser les plus « aptes » (de sang allemand, non juifs, sans tare physique ou psychologique, soutenant massivement le NSDAP), stopper les autres. En dépit d’une progression fulgurante (de 2% en 1928 à 43% en 1933), il lui reste à convaincre une frange encore large d’électeurs, déçus par ses prédécesseurs et préoccupés par l’attitude belliqueuse des Sections d’Assaut. Pour promouvoir leur vision du monde racialiste, le Fuhrer et son entourage, s’inspirent des techniques de communication contemporaine en les poussant à l’extreme. Ils engagent trois chantiers stratégiques : la falsification de l’histoire, la corruption de la communauté scientifique et l’édification d’un nouveau langage politique.

Commençons par la tartufferie historique. Le Reich Millénaire est subordonné à l’existence d’un peuple aryen. Cette notion est une construction de l’esprit ; elle repose sur un passé fantasmé et fait appel à des événements fictifs. Il faut donc lui donner vie. C’est à cet instant qu’intervient le concept de mémoire collective (Halbwachs, 1925 ; Roediger, Henry, Abel, Magdalena, 2015). « La mémoire collective est essentiellement une reconstruction du passé […] elle adapte l’image des faits anciens aux croyances et aux besoins spirituels du présent » (Halbwachs, 1941). Il s’agit d’une mémoire aussi influençable qu’instable (Peschanski parle de mémoire « faible »). Les nazis l’ont compris et s’appuient sur le traumatisme de 1918 (éclatement du pays, cession de territoires, migration forcée) pour justifier leurs exactions. Selon eux, la situation de l’Allemagne (au banc des nations, sous domination Française) n’est pas liée à sa défaite militaire mais s’explique par la faiblesse de ses dirigeants, une mixité ethnique exacerbée et l’influence du lobby juif (liste non exhaustive). A travers cette distorsion de la réalité, Goebbels, Himmler et consort cherchent à fédérer un peuple circonspect, parfois sous alimenté, en proposant une analyse erronée du contexte politico-économique et de ses origines. Pour faire face à la crise économique, sociale et identitaire qui touche leur nation, ils évoquent une Allemagne prospère mais disparue ; prospère car (selon eux) centrée sur elle même, xénophobe et antisémite (la liste n’est toujours pas exhaustive). Le rejet du 'non Allemand’ constitue alors la matrice de leur représentation mentale. Si l’empire a échoué en 1918 et s’il en résulte un régime chimérique, « vomi » par les nouveaux maitres de Berlin, c’est en raison d’une dégénérescence de l’ « archétype germanique ». Un archétype dont la psyché est à la croisée des préceptes développés dans « Le monde comme volonté et représentation » (Schopenhauer), des délires racistes de Houston Stewart Chamberlain et des pamphlets antisémites des Protocoles des Sages de Sion.

Lorsque cette « structure de base » fut ancrée en mémoire chez la population allemande, les cadres du NSDAP convoquèrent la biologie pour justifier l’éloignement puis l’extermination de millions d’individus dits « allogènes » (selon leurs termes). Ils transformèrent des stéréotypes racistes, en vérités scientifiques.
Le stéréotype est par essence, un jugement subjectif. Il est très souvent erroné mais présente l’avantage d’être connu et compris par le plus grand nombre. « Économe, stable, consensuel : autant de qualités qui rendent le stéréotype communicationnellement rentable » (Boyer, 2008). Il l’est d’autant mieux lorsqu’il est étayé par des théories hautement explicatives (Schadron, 2006).
Qu’à cela ne tienne ! Les travaux relatifs aux lois de l’hérédité sont dévoyés et mis au service de la raciologie pour légitimer la scission entre l'archétype germanique et le genre humain.
Otto Reche, à la tête du département d'anthropologie de Vienne, déclare alors « la raciologie […], grâce à notre Führer est devenue l'un des fondements les plus importants de la nouvelle Allemagne ».
Les thèses défendues dans cette discipline sont pourtant en contradiction totale avec les modèles Darwinistes (qui définissent les espèces comme « groupes de populations […] interfécondes »). En ajoutant une strate supplémentaire au monde du vivant , le concept de race chez homo-sapiens sapiens, les auteurs des lois de Nuremberg trouvèrent un écho favorable auprès d’une partie de la communauté scientifique.

Enfin , après avoir construit un passé alternatif et promu une croyance raciste au rang de pseudo-science, les nazis vidèrent les termes national et socialisme de leur signification première. Pour rassurer investisseurs et électorat, tous deux inquiets face à l’expansion du bloc Soviétique, ils s’attelèrent à édifier le socle d’une novlange, en qualifiant le national socialisme de « défense du peuple allemand » et de combat « contre l’internationalisme ». Pourquoi un tel intérêt ? « La langue d'une société […] organise l'expérience des membres de cette société et par conséquent façonne son monde » (Sapir-Whorf). D’un point de vue psychologique, cela signifie que la langue établit un premier niveau d’interprétation du réel ; elle donne à voir une image filtrée du monde. On parle de « représentation interne » (Johnson-Laird). Afin que cette représentation soit partagée par tous, il est préférable d’en être l’instigateur. Sous le 3ème Reich, cela se traduit par le développement d’un champ sémantique nouveau ; champ qui résulte « d’une élaboration consciente et raisonnée » des agents de l’institution nazie, qui appliquèrent « la volonté politique » du Fuhrer à travers son utilisation et sa diffusion (Krieg-Panque, 2012).

En résumé, l’endoctrinement de millions d’européens, leur ralliement à une idéologie xénophobe et leur participation active à l’extermination systématique et industrielle de leurs concitoyens, repose, certes, sur un processus d’idéalisation d’un chef et d’un groupe (Casoni & Brunet, 2005) mais il s’appuie surtout sur un projet sectaire dont découle une vision falsifiée de l’histoire et de la science. Empêcher l’émergence d’un(e) nouveau(elle) leader d’extreme droite (ou d’extreme gauche), prétendant au pouvoir absolu, n’est donc pas suffisant pour stopper le retour de la « bête immonde ». Un tel raisonnement suppose qu’un individu, à lui seul, peut faire basculer la planète dans la terreur et le chaos. Cette grille de lecture est dangereusement restrictive. Hitler et ses acolytes eurent besoin du soutien d’investisseurs, de hauts fonctionnaires et surtout d’intellectuels pour conceptualiser et mettre en oeuvre leur programme ; un programme si succinct, que son application se bornait à une règle élémentaire : « travailler en direction du Fuhrer » (Kirshaw, 1999,2000) . De Reinhard Höhn à Carl Schmitt , en passant par le terrible docteur Mengele, tous disposaient d’un fort bagage universitaire et ont consacré leur carrière à exécuter cette « sinistre » consigne.

En somme, un régime totalitaire émerge rarement, de façon rapide et brutale. Il survient lorsque plusieurs facteurs convergent : un contexte socio-économique défavorable, un échec des politiques traditionnelles et l’adhésion à une idéologie anti-démocratique, d’une fraction du monde académique et des relais d’opinion. La manipulation de l’esprit est pernicieuse et passe, comme nous venons de le voir, par la construction progressive d’une représentation du monde, à la fois simpliste et paranoïaque. Cette représentation est d’autant mieux acceptée lorsqu’elle est véhiculée par des personnalités à fort capital social, reconnues pour leur niveau d'étude, leur notoriété et/ou leur fonction. C’est à cette condition que l’esprit des foules est prêt à accueillir un modèle de société basé sur la haine d’autrui, puis, à désigner l’homme ou la femme, le plus à même d’appliquer un programme extrémiste cohérent avec ce modèle.

Ces conditions sont elles aujourd’hui réunies, en France, en Europe ?

 

L’état actuel de la société , entre similitudes et particularismes

Le triptyque - réécriture de l’histoire, détournement du fait scientifique, novlangue - n’est pas exclusif à l’appareil de propagande nazie. Il constitue depuis la fin du 20ème siècle, un levier de communication privilégié pour bon nombre de représentants politiques. En revanche, il est moins ordinaire qu’il se manifeste au coeur d’une crise sanitaire mondiale, dans un contexte de rejet massif des partis historiques. Ce rejet n’est d’ailleurs pas un épiphénomène consécutif à ladite crise ; il est durable et s’accentue au fil des suffrages (51% d’abstention aux élections législatives en 2017, soit 9 points de plus qu’en 2012 ; 60% aux municipales en 2020, soit 14 points de plus qu’en 2014). De même, la récession provoquée par la COVID19 est loin d’être un événement isolé. Elle s’ajoute à une succession de crises socio-économiques quasi ininterrompues depuis les années 1980 (e.g. explosion du nombre d’entreprises en situation de défaillances dans les années 1990, subprimes en 2008, flux migratoires dès 2015).
Cette dynamique est accompagnée par la médiatisation de projets racialistes, qu’ils soient ultra-conservateurs ou d’extreme-gauche ; projets conceptualisés par des auteurs, artistes, universitaires ou journalistes.

À droite de l’échiquier politique, il est question de civilisation européenne, réunie autour de valeurs chrétiennes et sociales démocrates ; théorie largement défendue dans l’hexagone. Premier exemple d’une distorsion de la réalité. La notion d’Europe n’apparait en réalité qu’à travers la pensée humaniste (et des papes) du 15ème siècle !

Autre sujet de prédilection des conservateurs Européens, le réchauffement climatique. Pour les uns, il est purement fictif, pour les autres il est surestimé. Le fait scientifique est remis en question et le risque environnemental lié à l’usage de certains types d’énergies est minimisé (y compris par des experts).

Enfin, le discours de l’ultra droite est articulé autour d’une réthorique simple et puissante. Il est question de « dictature rose » pour désigner la prétendue pensée unique du camp adverse. On ne parle pas d’immigration mais d’invasion.

Au delà des conservateurs, la défiance à l’égard de l’autorité, du fait historique et des institutions , s’affirme crescendo à gauche de l’échiquier.

Les luttes actuelles pour la parité et contre la xénophobie sont projetées au 17 ème siècle ou à l’heure pré-révolutionnaire. Cette « pirouette histiographique » permet à ses auteurs, par le truchement d'un biais cognitif, la corrélation illusoire, de confondre l’action d’un roi qui gouverne seul (ex : Louis XIV) avec celle d’un chef d’état élu pour 5 ans, au mandat renouvelable une fois (ex : Emmanuel Macron, Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac). Une telle déviation du jugement et de la pensée logique, dresse un continuum (fictif) entre la « cruauté » avérée d’un personnage historique et celle supposée d’une personnalité d’aujourd’hui. Elle est pourtant le fait de journalistes reconnus voire de conseillers officiels.
Pour appuyer leurs hypothèses, ces derniers n’hésitent pas à faire appel à une autre distorsion cognitive : le biais de confirmation. Ils sélectionnent le ou les événements qui confirment leurs analyses, quitte à réduire l’image du même chef d’état (ou de tout autre personnalité) à une partie de son programme voire à des propos décontextualisés.

Au delà de cette lecture singulière du présent, le passé n’échappe pas à un examen de conscience. Des figures et des états, autrefois jugés belliqueux et barbares, sont considérés sous un jour meilleur. Sade, bourreau en son siècle, devient une référence littéraire et ses textes se trouvent enseignés à l’université. Des dictatures d’Amérique du Sud ou d’Asie, sont dépeintes comme des régimes exemplaires par des intellectuels qui n’hésitent pas à apporter leur soutien à ces clones du Stalinisme. Dans ces deux situations , un besoin profond de se conformer à une norme nouvelle (e.g. Sade réhabilité par les surréalistes, l’expansion d’un altermondialisme et d’un antiaméricanisme primaire) anime celles et ceux qui défendent ce cher Marquis ou les nouveaux pères des peuples, et ce faisant renforcent les effectifs de leurs promoteurs. Au lieu de considérer le réel tel qu’il est, ils préfèrent céder au biais de conformité.

La réalité scientifique est aussi mise à l’épreuve. Il y a 70 ans Lyssenko réfutait les théories de l'hérédité car contraires au dogme soviétique. Aujourd'hui des interprétations hâtives concernant les notions de genre et de specisme sont soutenues avec vigueur. Il n’est pas question ici de les discuter mais il est naturel (et scientifique) de tester leur validité. Dans le premier cas, les travaux de John Money (l’un des pères de la théorie du genre), se soldèrent par des événements tragiques ; événements qui sont régulièrement omis dans les débats et qui interrogent sur le bien-fondé de sa théorie. Dans le second, il est légitime de combattre avec fermeté la maltraitance et par la même de défendre les droits des animaux, mais il l’est tout autant de s’interroger sur le caractère binaire de cette approche réduisant les groupes humains à deux catégories : specistes d’un coté et antispécistes de l’autre. Il est également compréhensible de remettre en question les recommandations de mouvements véganistes qui préconisent de substituer le lait animal au lait végétal chez le nourrisson (https://www.francetvinfo.fr/sante/alimentation/belgique-un-bebe-est-mort-apres-avoir-ete-nourri-au-lait-vegetal_2194899.html).

Enfin, ce diptyque est complété par l’instauration d’une novlangue qui mêle anglicisme et argot (« verlan » ou syllabes inversées). Ce nouveau dialecte est caractérisé par un champ sémantique aussi pauvre que versatile ; il limite la capacité d’expression, et par extension, toute réflexion structurée. Le débit de parole est élevé car l’attention est réduite (https://time.com/3858309/attention-spans-goldfish/) ; le locuteur dispose de quelques dizaines de secondes pour faire passer un message à un auditoire constamment à court de distraction. Pour cette raison, les débats se trouvent circonscrits à des échanges de « slogans ». Le développement de cette novlangue est encouragé par de nombreux linguistes, qui le légitiment, en vertu de la nature « dynamique » du langage…

Que retenir  ? Nous dirigeons nous vers un régime autoritaire ?

Le contexte social, économique et démographique de l’Europe de la première moitié du 20ieme siècle n’est en rien comparable à celui du bloc européen de la première moitié du 21ième. La France de 2020 n’est pas l’Allemagne ou la Russie des années 1920-1930. Mon propos n’est donc pas de comparer les militants d’aujourd’hui aux nazis ou aux soviétiques d’hier.
En revanche, nous sommes forcés de constater qu’il demeure, sur notre continent et dans notre pays, une situation socioéconomique défavorable qui se dégrade au gré des crises, entrainant une opposition au système politique actuel et au régime présidentiel ; opposition soutenue par une frange du corps intellectuel. Il convient de veiller à ce que l’histoire ne bégaie pas et que les pratiques mises en oeuvre il y a près d’un siècle, pour convaincre un peuple éduqué, d’accepter et d’appliquer un programme d’une sauvagerie sans limite, ne soient reconduites en notre temps et en notre lieux.
La tâche est d’autant plus complexe qu’elles furent introduites de manière insidieuse et sournoise. Elles se développèrent progressivement sur la base de théories formalisées par des représentants du monde académique. Ainsi, à une époque qui glorifiait le darwinisme sociale, l’anthropologie raciale et le colonialisme, la mise en place d’un système dont les fondements reposaient sur ces principes, apparaissait naturel pour bon nombre de citoyens.
Nous assistons aujourd’hui à une radicalisation du discours politique, qui pourrait se conclure par l’accession au pouvoir d’un(e) nouveau(elle) despote. L’exacerbation de haine qui s’exprime sur le terrain médiatique et associatif donne lieu à des événements tragiquement proches des luttes qui déchiraient l’Allemagne des années 1930. Des militaires à la retraite attendent leur heure. À droite, les positions se durcissent et le refus de l’étranger est affiché au grand jour. À gauche, des individus ne cachent plus leur volonté d‘arranger la réalité historique à leur doctrine, et par la même, de rayer certains personnages et auteurs des manuels scolaires. Ceux qui participent à ces actions (à droite comme à gauche) alimentent le moulin à eau des relais d’opinion d’extreme droite et d’extreme gauche ; ce faisant, ils posent les pierres du chemin qui mènera l'autoritarisme aux portes de l’Elysée. Plus ces manifestations d'hostilité à l’égard du système actuel, c’est à dire d’un régime organisé autour de la « concurrence pacifique pour l’exercice du pouvoir » (Aron) , seront répétées et violentes, plus la marge de manoeuvre des ultras s’étendra.
Si celles-ci prennent part à une stratégie du pourrissement, vouée à révéler l’incompétence des extrémistes une fois aux affaires, alors il serait bon de se plonger dans les archives. En 1933, Franz Von Papen a ouvert, avec le chancelier Von Schleicher, les portes du pouvoir à un certain Adolf Hitler ; tous deux étaient convaincus qu’il échouerait à l’instar de ses prédécesseurs. Von Papen et ses équipes déclaraient alors qu’ils allaient « faire couiner Hitler ». Le résultat fut aussi funeste que leurs prévisions erronées…

 


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28 réactions à cet article    


  • troletbuse troletbuse 5 juin 10:01

    La dictature a été décidée par les maîtres du monde et grâce à la manipulation matraquée par les merdias. Il n’y a plus de citoyens, mais de pauvres larbins qui se jettent dans la gueule du loup les yeux fermés, cela pour leur petit confort actuel qu’ils vont perdre et qu’ils ont déjà perdu. Le pire arrive et c’est peut-être le seul moyen de les réveiller. Mais peut-être sera-t-il trop tard ?


    • Furax Furax 5 juin 21:56

      @troletbuse
      Cette vidéo fait froid dans le dos, je vous assure, et elle confirme, avec beaucoup de force, ce que vous avancez ici :
      https://www.profession-gendarme.com/covid-19-entretien-avec-vera-sharav-rescapee-de-lholocauste/


    • Docteur Faustroll Séraphin Lampion 5 juin 10:45

      Ce qui est en train de se mettre en place, ou plutôt le « perfectionnement » du système déjà en place visant à optimiser les rendements du capital, tout ça n’est pas un « totalitarisme », mais la domination exacerbée de certains groupes sociaux minoritaires sur une majorité qu’ils manipulent.

      L’essence du « totalitarisme » est de vouloir mettre fin à toute division entre les sphères de la société : la société forme un tout unifié où l’Etat, l’économie, l’école, la culture doivent être au service de la cause révolutionnaire ou totalitaire.

      Or, non seulement le système en place, portant le masque d’une pseudo « liberté-égalité-fraternité » baptisée « démocratie », admet la « division sociale », mais il la creuse pour opposer entre eux ses adversaires, en mettant en place et en prenant soin de faire fonctionner la séparation entre de nombreuses instances (société civile et Etat, vie privée et vie publique, classes sociales antagonistes, pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire).

      Le pouvoir de l’état n’est que l’expression de la classe dominante. Ce qui est nouveau, c’est que les ficelles des pantins commencent à s’effilocher sérieusement et à se voir dans ce décor vieillot et défraichi qui n’arrive plus à faire vraiment illusion.

      Malheureusement le public en redemande quand même. Guignol est vieux, mais les spectateurs le sont encore plus !


      • Docteur Faustroll Séraphin Lampion 5 juin 10:59

        @Séraphin Lampion

        du coup, les directeurs du théâtre exigent que le public, lui aussi, porte un masque !


      • Clocel Clocel 5 juin 11:09

        @Séraphin Lampion

        Des tarés qui veulent faire un monde à leur image.

        Quel tort irréversible ils auront fait à l’humanité et à la planète...


      • Docteur Faustroll Séraphin Lampion 5 juin 11:28

        @Clocel

        Leur image, c’est seulement l’évolution de l’épicerie crèmerie en réseaux de grande distribution. Le cœur de métier reste le même : ce sont des épiciers !


      • Clocel Clocel 5 juin 11:50

        @Séraphin Lampion

        J’ai bien connu les épiciers, ils ne ressemblaient pas du tout à ce que j’observe.

        Certes, le commerce n’est pas exempt de vices, mais ce qui est à l’œuvre est diabolique dans le vrai sens du mot, tout doit être souillé, sali, avili, ce sont les maturation de vielles frustrations irréalistes et reconnues comme telles, on ne peut pas aboutir alors on anéantie, tout.

        Regarde les vidéos de Laurent Alexandre, c’est l’archétype de ces déments furieux...


      • babelouest babelouest 7 juin 09:55

        @Clocel D’autant plus déments et furieux, qu’ils apparaissent comme posés et compétents (sauf le squatteur de l’Élysée, vraiment trop mauvais). Le diktateur de 1936 était un peintre raté, lui est un raté tout court..
        .
        Pur le reste, c’est certain, toutes les valeurs, surtout les plus naturelles, sont avilies, tordues, démantelées, écrasées par des compétents en chaos : jusqu’à présent les simples citoyens, abasourdis, ne réagissent pas, ou peu. Il ne faudrait pas que cela dure trop longtemps, car l’ossature, « les Anciens », fatigue, et se fait éliminer par des mesures pseudo-sanitaires dignes de 1933. Il suffit de voir un seul petit détail : l’offensive tous azimuts sur la LANGUE pourtant abondamment défendue (j’ai dû en oublier dans la liste).
        https://ti1ca.com/cc9xa7yq-associations-dans-le-monde-pour-la-defense-de-la-langue-francaise-associations-dans-le-monde-pour-la-defense-de-la-langue-francaise.pdf.html


      • pipiou2 5 juin 11:52

        "nous sommes forcés de constater qu’il demeure, sur notre continent et dans notre pays, une situation socioéconomique défavorable qui se dégrade au gré des crises,"

        Affirmation plutôt péremptoire.

        Sur quel chiffres vous appuyez-vous ?


        • The White Rabbit The White Rabbit 5 juin 12:12

          @pipiou2

          Je me suis posé la même question et j’espere que l’auteur prendra le temps d’y répondre.

          La situation économique actuelle n’a en effet rien de comparable avec celle de l’Allemagne des années ’30.


        • Furax Furax 5 juin 12:15

          "Nous assistons aujourd’hui à une radicalisation du discours politique, qui pourrait se conclure par l’accession au pouvoir d’un(e) nouveau(elle) despote."

          Ne parlez pas du futur nous sommes en plein dedans. Le despote est à l’Elysée.

          Si il y a une vidéo à écouter c’est celle-ci :

          https://www.profession-gendarme.com/covid-19-entretien-avec-vera-sharav-rescapee-de-lholocauste/


          • I.A. 5 juin 19:02

            @Furax

            C’est marrant, c’est exactement ce que j’étais en train de me dire...

            Mais si le titre (« La lente et pernicieuse introduction d’un régime totalitaire »), laisse entendre le parallèle, l’auteur n’évoque que la crise économique à venir, qui certes, paraît inévitable, ainsi que les manipulations politico-médiatiques.

            L’allusion aux généraux à la retraite attendant leur heure fait tout de même sens dans ce texte, qui par ailleurs décrit bien les prémices du fascisme. Diviser la population, faire passer la soumission organisée pour un traitement scientifique, montrer un ennemi intérieur du doigt, convoquer « la folle » sur le devant de la scène pour la battre au second tour, comme en 2017 !

            Nos dirigeants sont prêts à tout pour se faire réélire, y compris jouer avec le feu.


          • Furax Furax 5 juin 22:02

            @I.A.
            Je me demande ce qu’un « quarteron de généraux en charentaises », comme le clamait l’autre précieuse ridicule pourrait faire de pire que ce que nous vivons maintenant en matière de vie démocratique, de privation de libertés, de propagande, de censure et de corruption.


          • L'apostilleur L’apostilleur 6 juin 14:41

            @Furax

            On dirait un commentaire anarcho fasciste smiley


          • troletbuse troletbuse 5 juin 14:13

            Du lourd contre Vaccinator par Jovanovic. Epstein devait posséder pas mal de vidéos de milliardaires moches faisant leur gymnastique avec des belles nanas. J’ai souvent pensé qu’il y en avait aussi sur Le Poudré car sa politique ne peut être anal ysé que par chantage.

            En 2013, Epstein et Gates se sont rendus au parlement européen afin de corrompre certains membres. Le Gateux voulait obtenir le prix Nobel de la Paix.

            https://infovf.com/video/pierre-jovanovic-mes-nouvelles-accusations-contre-bill-gates-zoom-tvl—9462.html


            • Clocel Clocel 5 juin 15:06

              @troletbuse

              PôÔôve Billy... Sa dulcinée le quitte...

              Ça ne la gênait pas qu’il aille tremper sa nouille dans des juvéniles, mais elle ne voulait pas que ça se sache...

              P’tain... Les Maîtres du monde même pas foutu d’assumer leur sexualité...

              Et ils se tapent des gamines, dire le matos qu’ils doivent trimballer...

              Des boutonneux trop tôt montés en graine, s’ils avaient été avec nous à la communale, on les aurait sauvé.

              Et c’est à ça qu’on devrait confier notre santé !?


            • Attila Attila 5 juin 14:15

              @Yehonathan

              Il faut se méfier des comparaisons avec la montée du nazisme. Il y a certes des éléments que l’on retrouve partout comme la crise économique, mais il y a des éléments qui sont spécifiques à l’Allemagne de cette époque. Je conseille la lecture du livre de l’historien Georges Mosse : « Les racines intellectuelles du IIIème Reich »

              .


              • confiture 5 juin 17:42

                La situation de l’Allemagne en 1918 était épouvantable, ruine, traité de versailles

                famine inflation misère totale et quelques familles qui tirent leurs billes du jeux

                donc le terreau est différent, la dessus un fou qui demande de faire disparaitre les déficients mentaux plus quelques fausses attaques tout le reste suit

                Ne pas oublier l’occupation de la Ruhr et la perte de territoires comme l’Alsace et la Lorraine....


                • I.A. 5 juin 19:24

                  La misère engendre souvent des réactions xénophobes, et le spectre d’une crise économique sans précédent peut effectivement pousser les Français à vouloir « parier sur le diable », puisque ce sont toujours les mêmes qui les provoquent, ces crises...

                  En cela, votre article est une belle mise en garde. Mais taire la dictature sanitaire à l’œuvre aujourd’hui, lui fait malheureusement perdre sa crédibilité.


                  • Adèle Coupechoux 5 juin 19:38

                    Ce que je constate c’est qu’à chaque fois que la « gauche a été au pouvoir », il a fallu choisir aux élections suivantes entre la droite et l’extrême droite.

                    Après Mitterrand et après et grâce à ce pourri d’Hollande. 

                    Les dérives autoritaires ne datent pas du Covid mais ce sont durcis avec sa gestion.

                    Nous ne sommes plus libres de circuler. Sous peine d’amendes et de prison. Ni de vivre comme des humains avec l’interdiction des s’embrasser, de se serrer la main, de se réunir, jusqu’à l’interdiction d’éternuer, de tousser, de se moucher, d’avoir une sinusite, d’être en relation avec une personne étant suspectée de Covid...Sous peine d’enfermement.

                    Et avec l’approbation de la majorité de la population et de l’opposition qui surenchérit.

                    Et nous avons bien un régime totalitaire, puisqu’il n’y a plus qu’un parti unique qui quand même -je ne voudrais pas remuer le couteau dans la plaie a eu la majorité aux législatives et a supprimé toute forme d’opposition depuis mars 2020.

                    Encore la même comédie qui se profile pour les prochaines élections...Le Pen ou Macron ?

                    Le nazisme ou le totalitarisme ? 


                    • HELIOS HELIOS 5 juin 23:39

                      = = = le discours de l’ultra droite est articulé autour d’une réthorique simple et puissante. Il est question de « dictature rose » pour désigner la prétendue pensée unique du camp adverse. On ne parle pas d’immigration mais d’invasion. = = =


                      Avec plus de 200 000 entrées legales et illegales chaque année dont l’évaluation est difficile mais importante en France, on ne veut pas parler pas d’invasion ....


                      Pourtant, selon l’historien français Pierre Laborie qui estimait au plus fort de la dynamique allemande pendant la 2eme guerre mondiale (1943) a un total de 200 000 allemands et on parlait d’INVASION !


                      200 000 allemands pour 4 ans de guerre et qui sont rentrés chez eux apres, nous avions une invasion alors que maintenant avec 200 000 nouveaux arrivants chaque année, et qui ne rentrent pas chez eux ensuite nous n’aurions une simple immigration...


                      Il y en a qui se foutent de notre gueule...



                        • troletbuse troletbuse 6 juin 09:24

                          Y-a-t-il en France une seule cérémonie pour le 77eme anniversaire du débarquement ?

                          Rien dans les merdias. On va peut-être bientôt fêter le jour de l’occupation allemande.


                          • babelouest babelouest 7 juin 10:01

                            @troletbuse il aurait mieux valu fêter la victoire de Stalingrad et celle de Koursk....


                          • L'apostilleur L’apostilleur 6 juin 09:53

                            @ l’auteur 

                            « ...Mon propos n’est donc pas de comparer les militants d’aujourd’hui aux nazis ou aux soviétiques d’hier... »

                            Précision utile pour éviter l’amalgame avec ces 40% de français qui seraient tentés par un pouvoir autoritaire. Sondage en résonance avec ces 2/3 de français plutôt en accord avec la lettre des généraux, les policiers...


                            • L'apostilleur L’apostilleur 6 juin 10:17

                              @ l’auteur

                              L’Allemagne du début du XXe s. était tirée par les intentions d’intellectuels au pouvoir imprégnés d’idéologies (*) qu’ils diffusaient par tous moyens. Les ressemblances que vous suggérez avec les réactions en Europe reposent, elles, sur des réactions populaires, pas sur les commentateurs politiques au pouvoir depuis cinquante ans (**). Les ouvriers qui rejoignent les rangs du RN ne sont pas tous des idéologues. 

                              (*) voir le génocide en Namibie de 1904/1908 

                              https://onenpensequoi.over-blog.com/2020/11/pendant-que-des-statues-risquent-un-deboulonnage-discutable-colbert-christophe-colomb-churchill-napoleon-par-le-maire-de-rouen-un-mo

                              (**) encore que nombreux sont ceux qui ont tiré la sonnette ...

                              https://onenpensequoi.over-blog.com/2019/03/si-la-planete-entiere-ou-presque-condamne-l-assassin-des-musulmans-de-christchurch-les-medias-tabloid-ne-s-etendent-pas-sur-la-cause


                              • Zolko Zolko 7 juin 17:57

                                Article qui commence bien, et puis que se rate entièrement de cible à la conclusion : la dictature qui se met en marche vient de la « gauche » et pas du tout de la droite ! Voyons vos points :

                                 

                                réécriture de l’Histoire :

                                que ce soit pour l’Holocaust, le génocide Arménien, le génocide Hutu-Tutsi, la colonisation et la décolonisation ... les politiques décident de l’Histoire. Bien-sûr, pour le moment ils se contentent d’évènements « indisputables » mais ce faisant ils habituent la population à la légitimité des gouvernements à décider de l’Histoire. Considérons aussi la commémoration de la libération du camp d’Auschwitz sans inviter la Russie alors que c’est l’armée Russe qui a libérée ce camp.

                                 

                                racialisation du discours : √

                                Black Lives Matter, appeler anti-sémitisme dès qu’on évoque des Juifs, tout le discours « islamo-gauchiste », la traite négrière de transporter des millions d’Africains d’Afrique vers d’autres continents sous couvert d’aide humanitaire ou de sauvetage en mer ... la guerre contre le blanc chrétien est officiel.

                                 

                                négation de la science : √

                                le Covid-19 est inoffensif pour plus de 99% de la population, on le sait, c’est documenté, et pourtant on ferme la société entière. Les cas mortels concernent des personnes âgées, et pourtant on ferme les écoles alors que les enfants ne craignent absolument rien. Ajoutons l’étude bidon du Lancet, le refus de considérer l’évidence que le virus du Covid-19 a été manipulé génétiquement dans un labo .... toute l’hystérie autour des voitures électriques alors que la science prouve que des moteurs à combustion utilisant des bio-essence ont un cycle fermé sans dégagement de CO2 ....

                                 

                                invention de novlangue : √

                                présentiel, cas-contact, gestes-barrières, distanciation sociale .... non-binaire, trans-genre .... ce sont tous des expressions qui n’existaient pas il y a quelques années.

                                 

                                oui, la lente et pernicieuse introduction d’un régime totalitaire a commencé, mais il vient de la « gôche écolo ».


                                • troletbuse troletbuse 7 juin 22:44

                                  Les nazis vont devenir des petits joueurs compares a Gates, Soros, Rothschild, la plupart des dirigeants de l’UE Trudeau, etc

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